jeudi, avril 17, 2008

Le blues de Saint-Vincent

Nous sommes ravis de ce qui nous arrive. Ra-vis.
Ravis évidemment, d'abord, surtout, quasi-uniquement par le petit bonhomme, plutôt (très) mignon, plutôt calme (pour l'instant), et plutôt très très adorable. Vous jugerez sur pièces. C'est une star, c'est une vraie bombe.
Mais nous sommes ravis aussi de la façon dont se sont déroulés l'accouchement et les trois jours à la clinique qui l'ont suivi. Le personnel, des sages-femmes aux infirmières, était absolument adorable rassurant, doux, détendu. Du bonheur. A croire qu'elles ont une épreuve de gentillesse, coefficient 9000, à l'examen final de leurs études. Croyez-moi, c'est un plaisir de se faire cajoler, rassurer, par un personnel compétent, disponible, et avec le sourire.

Il faut dire qu'il est aidé en cela par l'organisation de la clinique elle-même. Véritable petit village enclavé dans Paris, la clinique (publique et gratuite) Saint Vincent de Paul se présente sous forme d'une succession de bâtiments de deux à trois étages, la plupart assez anciens, séparés par des petites routes verdoyantes.
C'est calme, c'est tranquille, c'est tout mignon, et les différentes unités (du moins celles que nous avons côtoyées) sont à taille humaine. Le pied. On peut y accueillir dignement des patients, au lieu de traiter des cas à la chaîne.

Mais quel gâchis, vous allez me dire! Quel manque d'efficacité, quel archaïsme! C'est bien beau, toute cette humanité, ces soins à taille humaine, ce petit havre de paix, mais ça doit coûter les yeux de la tête! Et c'est des sous à nous, vu que c'est public et gratuit! In-ad-mi-ssible!
Et bien je vous rassure, chers contribuables. Les différents services de Saint-Vincent-de-Paul vont bientôt (en 2011 il semblerait) migrer vers un nouveau bâtiment, moderne, efficace, et froid comme il se doit, de l'autre côté de la rue, à l'hôpital Cochin. Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, on aura également besoin de moins de personnel puisqu'on fusionnera les deux maternités. On ne sait pas ce que deviendra le site de Saint-Vincent, ni même s'il restera dans la main de l'Etat.

Alors évidemment on continuera à être bien traité, à Cochin. Evidemment les bébés naîtront en aussi bonne santé là-bas qu'ici. Et peut-être même que le personnel réussira à rester agréable, dans les locaux plus antipathiques et avec un rythme de travail plus effreiné.
Mais bordel, va-t-on continuer longtemps à effacer, rationnaliser, gommer, tous les "petits trucs en plus" qui subsistent encore de ci de là? Tout ce qui est gratuit, inefficace, doit-il à tout prix être ramené dans le rang pour économiser trois francs si sous, même si ça donne lieu à des souvenirs inoubliables? Est-ce qu'on veut vraiment laisser à tous nos petits Gael un monde hyper-fonctionnel, hyper optimisé, mais si froid et sans surprise?

Putain, on y était si bien dans cette clinique... Les esprits tatillons nous feront remarquer que si on se dépêche un peu, on peut y faire naître la soeur ou le frère de Gael... Mais ce qui est sûr, c'est que Gael n'y assistera pas à la naissance de son gamin à lui.

mardi, avril 15, 2008

Tous ensemble tous ensemble!

Quel beau symbole que de voir le jour de la naissance de Gael nos deux nations converger à nouveau, dans leur vision du monde et de la société! Et rejoindre une Europe de la même couleur, bleu froid.

Nous tenons à chaudement remercier tous ces braves électeurs, des deux côtés des Alpes, qui surmontent leur légitime rejet de la politique afin, tout de même, de se rendre aux urnes. C'est pas facile, quand on est un pauvre-électeur-dégouté-de-la-politique, surtout quand on voit les impots qu'on paye.
Et de porter à bout de bras au pouvoir des hommes politiques qui ont la sagesse d'être pragmatiques, de fuir des rhétoriques archaïques de partage, et qui vont de l'avant dans le monde tel qu'il est.
Voila qui fait entrer de plein pied nos deux beaux pays dans le XXIème siècle, dans un paysage sans générosité, sans partage, sans solidarité, dirigée seulement par les valeurs du pognon et de la feuille d'impôt. Un monde froid, fonctionnel et mécanique, sans rêve ni chaleur.

Gael vous remercie chaudement pour cette vision courageuse, à long terme, pauvres petits "dégoutés de la politique".
Et vous emmerde.



PS: De notre côté, nous n'avons pas les mêmes valeurs, pauvres rebuts minoritaires que nous sommes. Malgré le grand bonheur qui illumine nos journées, nous trouvons le temps d'avoir mal devant cet égoïsme en situation de monopole.
Si vous voulez faire un tour du grand côté de notre bonheur, par contre, le lien d'hier fonctionne toujours, et pointe vers un plus grand nombre de photos. Je continuerai à l'approvisionner pendant quelques temps, disons au moins un semaine.
Regardez donc ce futur qui chante!

lundi, avril 14, 2008

Gael est né!

IntroducingGael

Le petit Gael est né ce jour, à 2h40. Il pése 3kg700 mais est plus fort que n'importe quel bébé. L'accouchement s'est bien passé, et la maman et le bébé vont très bien.

vendredi, avril 11, 2008

Chronique musicale

Ca y est, c'est le printemps, et ça tombe de tous les côtés. Pour une raison qui m'échappe, les distributeurs de disques s'évertuent à lancer les albums dans des périodes très spécifiques: c'est soit mi-avril/mi-juin, soit octobre/novembre. Si je comprends bien que la période précédent Noël soit faste, et les mois de juillet-aout au régime sec, je ne vois pas bien pourquoi janvier-mars doit être nécessairement une période de vaches maigres... M'enfin, il doit y certainement avoir de profondes raisons marketing derrière tout ça, établies par des mecs vachement malins qui ont bien réfléchi sur le sujet...
Quoiqu'il en soit, c'est le pied ces temps-ci. On a droit à du très bon, voire du grandiose, avec Bashung, Gnarls Barkley, Grand corps malade ou Camille.

Et bien, tenez vous bien, je ne vais pas vous en parler! Non, je vais plutôt consacrer ce post à ratrapper mon petit retard sur les albums passés dont je ne vous ai pas entretenu. Ce n'est pas seulement pour le plaisir de vous faire languir, et d'envoyer se faire voir les majors avec leurs stratégies de pénuries à la mords-moi-la-flamme, mais ça va surtout me permettre de temporiser un peu. Ce serait dommage de ne pas ciseller une petite critique bien réfléchie du somptueux dernier Camille par exemple.



Je passe rapidement sur Hot Chip et Vampire week-end, deux objets alternatifs et pleins de personnalité. Ils enchantent les critiques, mais m'ont simplement traversé les esgourdes sans laisser beaucoup plus qu'un souvenir vaguement agréable. Je dois rater quelque chose, mais maintes écoutes ne me l'ont pas révélé.
Pour prouver que je ne suis pas qu'un défenseur absolu de la musique française, je glisse également sur le dernier album de Juliette. Comme d'habitude très sympa, il amuse avec ses textes, sa forte personnalité, et son épaisseur musicale, mais ne m'a pas accroché non plus outre mesure.

J'en viens au cas de Cali. Je ne sais pas si je vous ai déjà narré ma première rencontre avec le bonhomme, aux Francos de la Rochelle. J'étais pour une fois en avance, à l'avant de la fosse, et étais en bonne place pour voir Cali ouvrir une belle soirée sur la place Saint-Jean d'Âcre. Il faisait beau. Des groupes que j'adore le suivaient.
Et bien, il m'est tellement sorti par les yeux à surjouer le poète engagé, porté par la scène, que j'ai abandonné mon excellente place pour aller boire une petite binouze, en attendant que le massacre cesse. Mais après ce premier contact catastrophique, j'ai appris à l'apprécier. A tel point qu'à une époque j'écoutais ses deux permiers albums en boucle.
Et bien son nouvel album m'a fait à peu près le même effet. La première écoute est irritante au possible, parce que Cali aime à enfoncer les portes ouvertes. Droit devant. L'amour, c'est beau. La guerre, c'est mal. La résistance, c'est noble. Tout au premier degré, les cheveux au vent.
Et ben figurez vous que j'ai fini par accrocher. Merde, c'est pas révolutionnaire, mais je le crois sincère, et je trouve cette naïvité rafraichissante. Et puis, finalement, c'est vrai que l'amour c'est bien et que la guerre c'est nul, non?
En plus il sait y faire: ses musiques sont entrainantes, et se marient parfaitement avec sa façon si caractéristique de chanter. Moi, j'adhère. Mais je ne vous promets pas qu'il en ira de même avec vous.


Et sinon, je dois avouer être tombé, comme des millions de paires d'oreilles, sous le charme de Yael Naïm. Vous savez, cette chanteuse israélienne vivant à Paris, et qui était bien partie pour faire une carrière musicale sans relief (elle a été pendant trois ans à l'affiche d'une comédie musicale à grand spectacle).
Elle en a eu marre, elle a refusé de multiples propositions bien rémunérées de continuer sur la même voie, et elle a pondu depuis son appartement, seulement accompagnée d'un compère percussioniste, l'album personnel qui casse tout actuellement, de Paris à New-York.
C'est tout simple, tout élégant et gracieux. De jolies mélodies, une musique pas si simpliste que ça, et la magie opère. Ne vous laissez pas arrêter par le succès foudroyant de l'album: c'est bien plus qu'un consensuel petit objet commercial.

mardi, avril 08, 2008

La grande classe

Après pourquois.com, voici une autre source d'enrichissement personnel, pour apprendre des choses quand les calculs trainent un peu au boulot: les études de l'Insee (et oui!).
Le tableau consacrée aux pratiques culturelles des français, rapporté par alternatives économiques, nous apprend en particulier qu'un homme sur deux ne lit pas même un livre par an (les femmes sont moins catastrophiques), et que les jeunes lisent plus que les vieux (ce qui m'a étonné). Les chiffres de visite du théâtre, des concerts, voire même du cinéma, sont aussi tristes à pleurer. Malheureusement, le tableau liant pratiques culturelles et milieu social confortent les clichés: quatre cadres sur cinq lisent, contre un ouvrier sur trois...
Heureusement qu'il nous reste la télé!

lundi, avril 07, 2008

la vie est une jungle

En pur produit de notre bon monde libéral, je suis flexib', comme mec. Je m'adapte, en souplesse et sans arrière-pensées, à mon petit environnement. C'est ainsi que, comme tout bon parisien qui se respecte, je me suis très bien fait au métro.
Je sais, nombreuses sont les personnes sensibles qui ne s'épanouissent pas dans cet environnement parfois un peu trop convivial. Mais là où beaucoup ne voient que lumières blafardes, visages fermés et odeurs suspectes, je ne pense que "déplacement sans soucis, peu onéreux et écologique" et surtout "heure de lecture quotidienne assurée".
Seulement, il est un être vil qui hante les wagons de métros qui me donne des sueurs froides et me réveille parfois la nuit., Un monstre de bêtise et d'égoïsme que je déteste presque à l'égal du manipulateur de trolley inconscient. Une plaie pour l'humanité, quoi.

Figurez vous un métro normalement rempli. J'entend par là qu'on doit pouvoir y entrer sans trop de peine, et pouvoir y lire sans trop de gêne (dès lors qu'avec un peu de métier, on sait se placer correctement, évidemment. Qu'on sait par exemple repérer la dame de petite taille qu'on pourra acculer d'un coup de coude bien placé pour se créer son petit espace à soi, enfin vous voyez ce que je veux dire quoi, c'est l'enfance de l'art). Je ne postule quand même pas un wagon où l'on peut s'assoir, il ne faut pas non plus se placer dans des conditions trop idylliques.
Nous voila donc modérément comprimés, plutôt bien répartis dans le wagon, et chacun vaque à sa petite lecture matinale. Histoire de vous planter le décor, ça signifie typiquement 30% de lecteurs de Métro, 30% de lecteur de 20 minutes (on déconne pas avec la pluralité de l'information), 10% de Figaro (je vais vers la Défense, je vous rappelle), 10% de Micro Hebdo (je vais vers la Défense, je vous rappelle!), 10% d'Anna Gavalda (les filles libre-penseuses) et 10% d'Harlan Coben (les mecs libres penseurs).

Nous constatons donc, que sur la base de rites complexes et de normes remontant à la nuit des temps (et qui échappent aux touristes de passages, récoltant par la même des regards haineux bien mérités), les usagers chevronnés que nous sommes avons su spontanément nous organiser pour occuper aussi bien que possible l'espace. Quatre à six sur chaque barre disponible, et tout le monde est content.
Quand soudain entre l'être vil. Parisien lui aussi jusqu'au bout des ongles, il n'éveille pas la méfiance de l'autochtone que je suis. D'un pas assuré, il se taille lui aussi sa place, donne lui aussi un discret petit coup de coude à la dame de tout à l'heure, dégaine son Figaro (je vous ai dit qu'il était vil!) et...

Au lieu de prendre le poteau à pleine main, ce beau poteau poisseux que des milliers de voyageurs ont pris avant lieu ce même jour, et que des milliers de voyageurs prendront après lui, voila qu'il s'y adosse!
Le fourbe. L'enfoiré. Le salopiot! Comme ça, l'air de rien, monsieur se créée sa petite place trois étoiles, et peut confortablement consulter les cours de la Bourse comme si le métro était quasi-vide.

Mais ce faisant, les quatre autres voyageurs dont l'intégrité physique dépend de ce contact avec le poteau, vital à chaque accélération/décélération, se voient confrontés à une alternative insoluble. Ou bien ils migrent vers d'autres poteaux, tristes et défaits, et devront batailler de plus belle pour gagner un espace acceptable. Ou bien ils restent sur leur poteau d'origine, du bout des doigts, et doivent supporter le contact corporel du malotru.

Evidemment, vous qui ne connaissez pas les pactes secrets de la vie parisienne, vous suggéreriez d'interpeler le quidam pour lui expliquer le problème... Mais non, malheureux, jamais on ne se parle dans ce genre de situation.
Le seul échapatoire envisageable consiste à remuer la main prisonnière de la manière la plus insupportable possible pour le goujat. De fermer le poing pour lui faire une méchante boule dans le dos, là où il est le plus vulnérable. Mais pour peu qu'il soit plongé dans le cours du Nasdaq, qu'il ai de gros problèmes de sudations ou qu'il prenne goût à ce type de torture, et nous voila impuissants, battus, déconfits, penauds. Reste plus qu'à retourner pourchasser la petite dame de tout à l'heure.
Elle va prendre cher, d'ailleurs. Elle payera pour l'autre. Non mais.

dimanche, avril 06, 2008

Mort d'une inconsolée

Je viens juste de terminer le livre de David Rieff sur la mort de sa mère, Susan Sontag: Mort d'une inconsolée. Des réflexions justes et puissantes sur un combat désespéré contre la maladie, ainsi que sur les sentiments des survivants, doublées du portrait d'une intellectuelle à la volonté de fer.
Le livre est décrit très justement son éditeur et par Telerama.

Sortez, vous êtes cernés!

Vu les prix de l'immobilier à Paris, de plus en plus de locataires restent dans leurs petits studios exigus. C'est vrai, ils les ont souvent aménagés avec goût en des lieux chaleureux et tout confort. Mais il est parfois temps de quitter ce cocon pour emménager dans plus grand. Le premier pas est bien sûr difficile: il est toujours délicat de quitter son petit chez-soi pour se jeter dans l'inconnu.
Mais ça vaut le coup: il y a des tas de merveilles à découvrir au dehors. Et puis, les proprios commencent à en avoir marre et aimeraient bien récupérer leur studio, nom de Dieu! Quand le bail est fini, il faut sortir, Monsieur!

samedi, avril 05, 2008

Top 10 des séries

Allez, pour clarifier un peu tout ça, et en attendant d'un dire plus sur Six feet under, je vous propose un petit top 10 de mes séries préférées.
C'est du très très bon.

1- The Sopranos;
2- Desperate Housewives;
3- Friends (pour l'ensemble de son oeuvre);
4- Six feet under (susceptible de monter dans le classement);
5- New York Police Blues (avec une tendresse particulière pour les saisons 2 à 6);
6- Dexter;
7- Seinfeld;
8- 24 (saisons 1 à 3, surtout pas au delà);
9- The Lost Room;
10- Regenesis.

Je vous fais donc grâce des accrocheurs mais creux Lost et Prison Break. Et j'ai l'honnêteté de ne pas faire figurer Oz dans le classement, série admirable mais si violente et désespérée que je n'arrive pas à m'accrocher au delà de la saison 3. Et dans le genre "succès d'estime auquel je n'accroche pas vraiment", Angels in America a tout mon respect, mais m'a quand même franchement ennuyé.
The Shield m'a paru trop léger, trop clipeux; Rome trop violent et désespéré; Heroes tout simplement pas crédible ni intéressant; Weeds ne me fait honnétement pas rire beaucoup (mais je l'ai regardé en VO, ce qui est vraiment rude); et Joey n'est que l'ombre de l'alchimie réussie du temps de Friends.
Enfin, je signale avoir bien aimé les deux premières saisons de la série française PJ. Mais j'avoue ne pas avoir vraiment donné sa chance ni à Julie Lescaux, ni à Navarro!

Lost pour de bon

C'était la saison décisive pour Lost. Vous savez, cette série où des touristes échoués sur une île mystérieuse affrontent d'énigmatiques autochtones. Une série tout entière montée sur le suspense: "Qui sont les autochtones? Quelle est cette île d'où émanent des phénomènes paranormaux? Et les touristes sont ils vraiment là par hasard?"
Ta-ta-ta... (Musique angoissante)

Après un entrainant début de première saison posant les données du problème, la série s'était fourvoyée dans des intrigues secondaires. Les scénaristes cherchaient au mieux à allonger la sauce pour faire durer la poule aux oeux d'or, au pire à cacher le fait qu'ils n'ont aucune explication à proposer aux mystères initiaux.
Seulement, ça c'est vu et les spectateurs ont commencé à quitter le navire. Les responsables de la série ont pris conscience du problème, et ont juré leurs grands dieux qu'ils arrêteraient de délayer l'intrigue. C'est promis, en trois saisons raccourcies (10 épisodes au lieu de 23), ils allaient tout nous dire, sans plus temporiser (ce qui tombe bien, étant donné que les acteurs réclament des cachets de plus en plus élevés).
J'attendais donc avec impatience la saison 4, d'autant plus que la saison 3 s'était bien terminée: elle a rebondi de manière pour moi convaincante, en semblant s'orienter vers une conclusion. Et en plus, on peut enfin regarder la série en toute légalité grâce au téléchargement payant.

Las. C'est une catastrophe.
Je concède qu'effectivement les scénaristes coupent court aux intrigues secondaires (genre: plongeons dans le passé de deux personnages secondaires pour savoir ce qu'ils faisaient dans l'avion qui s'est écrasé. On s'en fout!). Et effectivement, l'intrigue principale avance à peu près à chaque épisode.

Mais c'est d'une lenteur...
Certes, on se concentre sur l'histoire principale, mais les scénaristes ne veulent surtout pas nous donner trop d'informations à chaque épisode. Alors on lâche un petit quelque chose, qui entraîne une foule d'interrogations logiques... auxquelles on ne répond pas. Ce sera pour plus tard. Et oui, faut tenir les trois années qui restent, quand même.
Et le plus énervant, c'est que la plupart de ces révélations ont lieu lors de dialogues entre les personnages... et on voit systématiquement les interlocuteurs se murer rapidement dans le silence, ou sortir des généralités philosophico-religieuses pour ne pas en dire plus. Sans aucune logique, juste comme ça, et en arborant un regard douloureux genre "si tu savais ce que je sais, tu demanderais pas..." C'est déjà frustrant la première fois, mais imaginez quand c'est systématique!

En outre, je crois bien qu'il faut se rendre à l'évidence: il n'y a pas d'explication qui tienne la route à cet histoire d'île à la con. Les scénaristes essayent dans la douleur de clore la chose de manière aussi satisfaisante que possible, mais c'est visiblement mission impossible. D'où la multiplication de motivations obscures pour le comportement des personnages, souvent camouflées dans un mysticisme qui me sort par les yeux. Histoire d'aller, dans la couleur, vers un dénouement plus que tiré par les cheveux.
"J'ai fait n'importe quoi parce que c'est l'Ile qui veut ça". Ma vaffanculo! Tu vas pas nous jouer ce joker pourri deux fois par épisode?

C'est dommage, parce que j'aurais bien aimé qu'on me prouve que cette série, qui m'a passionné, n'était pas qu'une grosse baudruche sans contenu, mais qu'elle se close de manière satisfaisante. Ca aurait été grand.
Hélas, force est de constater que ce n'était qu'un objet marketing efficace, accrocheur mais sans aucun fond. Tiens, notre fine équipe de communicants n'a-t-elle pas joué un rôle de consultant dans la chose?

Pour nous consoler, nous nous sommes mis à une série grandiose dont je vais bientôt vous entretenir: Six feet under. C'est malin, c'est fin, c'est corrosif, c'est touchant, c'est juste... et ça fait apparaître cruellement la médiocrité des grosses productions tape-à-l'oeil type Lost...

vendredi, avril 04, 2008

The communicants stricke back

Je m'étais un peu trop tôt inquiété du sort des communicants de Sarkozy. Vous vous souvenez, les responsables de la formidable stratégie "les français votent à gauche car ils veulent plus de droite".
Je m'étais alors incliné dans un post précédent devant la finesse machiavélique de cette approche d'une part, et d'autre part devant le courage touchant au tragique de cette équipe qui, en préconisant cette stratégie pour sauver l'UMP en danger, avait par la même scélé son sort. Le seul tort que concédait la droite étant d'avoir mal expliqué sa politique, il allait de soi que les courageux communicants devaient être sacrifiés pour rendre la chose crédible. Snif.
C'est beau comme du Shakespeare. Dur à avaler, mais magnifique. Tragique et sublime. A côté la fin d'Armageddon c'est rien tu vois. Tomber pour ses idées, quelle classe, quelle élégance, quelle intégrité.

Malgré la beauté du geste, la pillule restait dure à avaler. Je dois vous avouer que j'ai du mal à trouver le sommeil, en pensant à ces communicants, désoeuvrés, ne pouvant plus rendre intelligible de subtiles messages.
Mais c'était oublier que Sarkozy n'est pas homme à abandonner ses troupes dans la nature. Après Martinon reclassé dans les palaces de New-York, nos braves communicants se sont de toute évidence vu attribuer une nouvelle mission.
Mais attention: du travail à leur mesure. Du délicat. Du dangereux. De l'explosif même.

Il a fallu toute la classe de cette dream team pour nous sortir du guépier olympique. Merde, on voudrait bien profiter des jeux peinards, mais là ça commence à sérieusement se voir que la Chine n'est pas fréquentable. On est en plus censés être le pays des droits de l'homme; ça ferait quand même faire petit joueur de mettre nos mouchoirs sur le Tibet et d'aller péter la bise aux hauts fonctionnaires locaux quand même.
Mais de là à boycotter, faut pas exagérer. C'est toujours sympa, les jeux. on gagne des trucs au tir à l'arc et au judo en moins de 62 kilos (et plus de 61).
Pis on va se mettre mal avec les Chinois, et comment qu'on va faire pour vendre nos avions et nos centrales après?

Hum.

Faudrait donc trouver un geste fort, pour marquer le coup. Dire que c'est inacceptable. Mais sans vexer les Chinois... Dur dur, les mecs. Faut trouver un truc couillu, mais en même temps tout doux...
La solution est tombée il y a quelques heures.

Tant pis si ça fait grincer des dents, tant pis si ça dérange les puissants du monde, mais on des des oufs, nous, on a des principes: on va porter un putain de badge les mecs!
Et attends, un badge qui balance. il va y avoir un peu écrit dessus "Pour un monde meilleur". Et paf. Dans le fion, les dictateurs! Ahahah, j'en connais qui doivent se sentir mal dans leurs pompes, d'un coup!

Et voila donc une nouvelle mission délicate accomplie par nos brillants communicants!
Je laisse la conclusion au journaliste de sports.fr, qui laisse un peu son objectivité professionnelle de côté pour porter une sévère griffure politique:
"
Le port du badge, oui. Avec l'espoir que l'on assistera à un effet boule de neige.
"
Un fol espoir, les gars... T'imagine si il y avait plein de mecs qui portaient le badge, comme ils flipperaient les tortionnaires?

Vive la communication, vive la diplomatie, et vive le sport.

jeudi, avril 03, 2008

Et pourquoi?

Pour me préparer aux attaques existencielles de Bob dans deux-trois années ("Papa, pourquoi ci? Et pourquoi? Et pourquoi?"), j'ai trouvé un site excellent: pourquois.com.

Le concept: quand on se pose une question fondamentale de la vie quotidienne (Pourquoi le gel coiffant fixe les cheveux? Pourquoi l'Amérique Latine s'appelle-t-elle ainsi? Pourquoi dit-on 'portrait craché'?), on le poste sur le site, et une bonne âme passant pas là nous répondra.
Il est extrêmement sympa de se ballader parmi les archives, bien classées, du site. On se forge une culture insoupçonnée sur les petits riens de la vie. Et si on est sage, on peut même s'autoriser à faire un tour sur le petit bêtisier (Pourquoi les crottes de pigeons sont-elles noires sur les voiture blanches et blanches sur les voitures noires ?).

Mais avant cela, il faudra que je domine Bob lors de sa phase "c'est quoi ça?" Et j'ai pas trouvé de site sur le sujet...

dimanche, mars 30, 2008

Avez-vous signé la pétition?

Comme tous les quatre ou cinq ans, les grandes institutions financières ont galopé droit dans une crise majeure, qui nous place devant la sympathique alternative suivante. Ou bien on laisse ces brillants analystes payer le prix de leur conduite inconséquente: ce qui doit faire faillite fera faillite, et ce qui doit survivre survivra. C'est l'attitude la plus morale, et on pourrait même prendre un certain plaisir à voir les arrogants financiers punis par là même où ils ont péché. Mais la finance est un édifice si instable qu'il est quasi-certain que la crise prendra alors des dimensions formidables, et touchera aussi fortement "l'économie réelle" - c'est à dire nous.
(J'ai d'ailleurs une tendresse toute particulière pour ce nouveau terme "d'économie réelle". Est-ce à dire que les sommes formidables manipulées par les grands gourous de la finance, dont on nous vante la clairvoyance et l'héroïque intrépidité depuis des années, sont virtuelles? Voire qu'elles confisquent de l'argent "réel" pour des jeux "abstraits"? Bref...)

Il ne reste donc que la seconde possibilité, comme à chaque fois: l'Etat doit sauver les plus grands opérateurs financiers afin de circonscrire la crise. C'est ce qui commence à se mettre en place, avec le spectaculaire sauvetage de l'antipathique banque d'affaire Bear Streams par l'administration Bush, pourfendeuse d'interventionnisme devant l'éternel.
L'Américain vivant dans l'incertitude depuis que les prêts idiots qu'on lui a proposé lui ont pété à la gueule doit être ravi que ses impôts servent à soutenir l'institution qui les a inventé...

Parce qu'ils sont fatigués que cette mascarade se répète sans cesse (la crise passée, les financiers oublient très vite ce qu'ils doivent à l'Etat, et repartent de plus belle dans leur enrichissement inconséquent), un groupe d'économistes européens propose de saisir l'occasion pour changer quelque peu les règles du jeu, ainsi que l'explique Fréderic Lordon dans ce passionnant Là-bas si j'y suis.
Pourquoi en effet ne pas assortir le sauvetage par l'Etat de conditions? L'Argentine a par exemple payé très cher les fonds que le FMI lui a concédé: elle a dû appliquer à la lettre ses nombreuses injonctions, et métamorphoser la structure de sa société comme on le lui ordonnait (avec la réussite que l'on sait, d'ailleurs). Pourquoi à l'inverse devrait-on se contenter de donner les sous nécessaires aux banques au bord de la faillite, sans rien exiger en retour?

Puisqu'il faut commencer par un bout, ces économistes proposent de s'attaquer à un point très précis: abroger l'article 57 de la Constitution Européenne qui inscrit dans le marbre la totale liberté des capitaux. Vous savez, cette Constitution que seuls de mauvais européens à moitié xénophobes n'ont pas voulu avaliser?
Et pour, qu'enfin, cette question majeure apparaisse dans les agendas politiques (en particulier des partis de gauche...), ces économistes cherchent à faire du bruit, et ont lancé une pétition sur le sujet. Qui est relayée en France, en italie, en Espagne, en Allemagne et en Pologne.
N'hésitez pas à y jeter un oeil, voire à jeter une oreille à l'émission de LBSJS qui lui est consacrée. C'est tout à fait édifiant - et très argumenté).

(Note: il est parfois difficile de se connecter au site de la pétition. Il faut essayer encore et encore...)

samedi, mars 29, 2008

Aimez les bobos

Puisque notre actualité est assez calme (et oui, la grande nouvelle se fait attendre. Patience...), je m'en vais profiter de ce post "libre" pour préciser ma pensée sur le terme de bobo, et tout ce qui s'ensuit.
Attention les yeux, je suis pas là pour déconner.

A mon sens, le bobo est à l'origine une sympathique caricature d'un nouveau type de citadin, parfois tout à fait pertinente (notamment à mon endroit). D'un côté intello-alternatif, avec une grande tendresse pour la culture intègre et désargentée, mais d'un autre côté vivant dans le confort matériel, sans aucun problème de conscience.
Il est donc de bonne guerre de s'engouffrer dans le boulevard qui nait de cette ambiguïté "j'aime vivre comme un pauvre, sauf que je veux mon petit confort" pour se foutre gentiment de la gueule dudit bobo.

J'accepte le chambrage de bon cœur, d'autant que ce prototype m'est tout à fait sympathique. Le type en question a du fric; il pourrait donc sagement vivre dans le XVIème et lire calmement les pages saumon du Figaro dans un fauteuil Louis Philippe, sans jamais croiser quelqu'un de bronzé.
Mais non: il préfère vivre dans un hangar d'artiste, dans un quartier coloré, et s'ouvrir au monde dans toute sa variété en assistant à des expos avant-gardistes et en allant voir des films d'ailleurs (pour aller à fond dans le cliché, là aussi).
Encore une fois, je suis bien d'accord qu'il y a de nombreuses limites à cet exercice. Le hangar d'artiste a certainement été refondu en un loft très confortable, le quartier coloré se dépeuple fortement de sa composante populaire alors que les loyers montent en flèche, etc. N'empêche que ce choix de vie, ouvert, curieux, et alternatif, a toute ma sympathie.

Mon vrai problème avec le terme de bobo est qu'il a pour beaucoup quitté son image de caricature (pertinente et sympathique), pour devenir un repoussoir agressif - fortement politisé. Tu es bobo, donc tu n'es pas sérieux, tu es un pauvre guignol qui se rend intéressant à jouer au pauvre alternatif, mais tu pues l'hypocrisie. Tu es et resteras d'abord et avant-tout un bourgeois. Et surtout, disons le, tu n'as pas le droit d'être de gauche! Eternel argument à la con.
Et ça, ça m'énerve prodigieusement. Non, ce n'est pas parce qu'on a du fric qu'on doit refuser plus de solidarité. Le riche a bien le droit de voter à gauche; les pauvres votent à droite de toute façon! Et ce n'est pas parce qu'on peut se payer un appart' dans un immeuble calme d'un quartier authentiquement bourgeois qu'on a tort de vouloir s'installer dans des coins plus populaires. (Certes, ça aura pour effet secondaire de faire monter les loyers et de virer les vrais populaires, mais croyez-vous vraiment que les bourgeois "pur jus" n'auraient pas colonisé le quartier eux aussi?)

Bref.
Encore une fois, la plupart des vannes qui me sont envoyées sur ce sujet ne me dérangent pas du tout, car elles visent les vraies petites ambiguïtés du bobo, sans porter de message politique agressif. Mais je me méfie, car ce terme est une arme très puissante pour les argumentaires de droite: en deux syllabes, ils peuvent décrédibiliser n'importe quel contradicteur, comme ils le firent avec le funeste terme de "gauche caviar" (lui aussi pertinent dans certains cas, mais utilisé à toutes les sauces).
Notez qu'on est en train de vivre la même chose en symétrique avec le terme de droite bling-bling - même assonance, même percutant, même cliché. Il est pour l'instant attaché à quelques hommes politiques en particulier, mais si il s'étendait à l'ensemble des bourgeois "pur jus" dans les semaines qui viennent, il serait tout aussi injuste - et tout aussi puissant.

dimanche, mars 23, 2008

Planer au cinéma



La chronique cinéma de la semaine est placé sous le signe de la rêveir avec A bord du Darjeening Limited et Be Kind Rewind (ou Soyez sympa, rembobinez pour le titre français raté). Deux films très personnels mais accessibles, dont on sort de fort bonne humeur.

En voiture Simone avec le Darjeening Limited, cette promenade en train type Orient Express de trois frères plus décalés les uns que les autres, dans une Inde de carte postale. Il s'agit du troisième film de l'inénarrable Wes Anderson, le réalisateur de la mythique Vie Aquatique passé maître en ambiances ouatées, personnages planants et travelling poétique au ralenti.
J'ai retrouvé avec plaisir la patte acidulée de ce vieux Wes, d'autant que tous ses acteurs sont parfaits dans leur rôle en apesanteur. Cela dit, à la différence de ce que j'ai lu dans plusieurs critiques qui fêtent ce film comme un œuvre majeure d'une élégance folle, je n'y ai pas vu beaucoup plus qu'un bon moment plein de charme.
Ce qui est déjà beaucoup, notez.

J'ai plus clairement été conquis par Be Kind Rewind, film là aussi porté par son inimitable réalisateur Michel Gondry. Réfractaire aux effets spéciaux compliqués, Gondry pond comme à l'accoutumée un film super-inventif bricolé avec trois bouts de chandelles et quelques personnages hyper attachants.
L'histoire est au diapason: un vieux propriétaire d'une vidéothèque de quartier poussiéreuse laisse les clés de la boutique à son assistant pendant quelques jours. A peine a-t-il le dos tourné qu'un troisième larron démagnétise toutes les bandes. Pour ne pas décevoir leurs rares clients, les deux compères se décident de tourner à la va-vite des remakes maison des différents films qui leurs sont réclamés. D'où moultes rigolades et de beaux moments de poésie autour des effets spéciaux bricolés.
Cérise sur la gateau, l'histoire est mignone et assez juste, et les acteurs excellents, l'halluciné Jake Black en tête. Et mentionnons finalement que le site officiel du film est excellent, et donne accès aux remakes tournés par les deux héros, pour une rigolade supplémentaire après le film!

samedi, mars 22, 2008

Avis au lectorat

Ami lecteur,
si je ne t'ai pas eu par mail le mois passé, pourrais-tu m'envoyer un message (sur mon adresse wanadoo) afin que je remette à jour ma liste de contact, disparue lors de la réinstallation PC.
Il est fort possible que tu aies envie de profiter du mail général que je ne manquerais pas d'envoyer pour fêter l'arrivée de Bob, quelque part dans le mois qui vient...

Si l'UIMM m'était contée

Non content d'être toujours une émission des plus intéressante sur les travers des médias, Arrêt sur Images donne une seconde chance aux citoyens un peu distraits comme moi pour comprendre la vraie portée de certaines informations. Il y a quelques mois, ils m'avaient déjà permis de mieux comprendre la ténébreuse affaire Clearstream en m'encourageant à ne pas me laisser distraire par une péripétie secondaire (le bidouillage des listings pour incriminer des hommes politiques), qui cachait le vrai problème du blanchiment d'argent à niveau quasi industriel, et sur le sol européen.

ASI met en ligne une émission du même acabit consacrée à la caisse noire de l'UIMM. Bien qu'elle plus facile à comprendre que Clearstream (il ne s'agit après tout que d'une bête histoire de corruption), force est de constater que je me suis vite satisfait des explications officielles: il s'agirait d'une ancestrale histoire de financement des syndicats, nous a-t-on dit. Et quand l'affaire revient sous le feu des médias, c'est sur des histoires finalement très secondaires de personnes: Gauthier-Sauvagnac contre Parisot.
Si vous regardez l'émission (qui est accessible à tous les internautes, même aux non abonnés à ASI), vous serez sûrement comme moi sous le coup des questions majeures sur lesquelles nous ne nous sommes pas arrêtés. Est-on sûr de la destination des fonds? Pourquoi personne ne fait-il état de l'hypothèse la plus nauséabonde (et pas la moins probable): une partie de l'argent aurait servi à acheter des votes parlementaires pour des lois écrites par l'UIMM? Pourquoi la justice est-elle exceptionnellement lente sur le sujet, laissant le temps au puissant Gauthier-Sauvagnac de négocier (et monnayer) le pacte du silence avec l'UIMM? Alors que dans le bureau d'en face du juge d'instruction chargé de l'affaire travaille Van Ruinbeck, autrement plus actif sur un dossier impliquant le petit Kerviel? Et pourquoi personne ne souligne t-il que Sarkozy (alors ministre des finances) et Breton ont été mis au courant de l'affaire il y a plus de trois ans, sans rien entreprendre?
En plus, l'émission nous donne l'occasion, en marge de toutes ces questions centrales, de mieux comprendre le quotidien d'un journaliste d'investigation financière... particulièrement succulent quand il raconte que son employeur d'alors, le Figaro, pas particulièrement hostile au Medef, a bien été obligé de publier ses premières révélations.

Bref, je vous encourage à y jeter un oeil, en vous avertissant qu'il m'a fallu bien dix minutes pour accrocher véritablement au débat. Une fois cet effort fait, c'est passionnant, et je pense que le sujet mérite vraiment qu'on s'y attarde une petite heure.
S'il vous reste deux-trois minutes à la fin du visionnage, cet article d'alternatives économiques sur les tenants et aboutissants de la gueguerre Parisot-Gauthier Sauvagnac est aussi très instructif.

jeudi, mars 20, 2008

Craquage politique


Moi qui avait tant la foi en Nicolas Sarkozy, en la renaissance de la France par un président, jeune, dynamique, décompléxé et moderne, je vous avoue que la soirée électorale de dimanche m'a laissé au fond du trou. Tout flagada. Plus le goût de rien.
Ce n'est pas tant la glifle inflingée à Nicolas qui m'a fait mal: je m'y attendais. Non, ce qui m'a affligé, c'est de voir la façon dont la majorité à minimisé la chose.

Ridicule.
Minable.
Et insultant.

Moi qui rêvait d'un président différent, droit dans ses bottes, loin des petits jeux politiciens, j'aurais voulu qu'il encaisse la nouvelle de front. Comme un homme. Sans nous mentir. Mais quoi à la fin, Nicolas n'est-il pas ce super-héros courageux et sans arrière-pensées?
Passe encore qu'il se planque pendant la dérouillée (bien que cela ne colle déjà pas trop à l'image d'intrépide maker qu'il a vendu aux gogos). Mais le niveau zéro de la dignité, c'est le jeu de dénégations ridicules auxquel se sont livrés ses sbires.

"Les français nous sanctionnent parce qu'ils veulent qu'on aille plus loin dans notre politique. Et que l'on la leur explique mieux (parce qu'ils sont un peu cons)"

Enorme.
Faut oser sortir ça, les yeux dans les yeux de la caméra, sans sourciller. Et le maintenir mordicus, encore et encore, sous les quolibets du camp opposé, et le regard goguenard des journalistes. Ouvrir de grands yeux ébahis. Mimer une sainte colère.
A ce petit jeu là, Darcos et Woerth rejoignent Dati et Lagarde dans mon petit panthéon personnel des politiciens capables de te jurer sur la tête de leurs enfants que la Terre est plate, la Tour Eiffel n'existe pas, ou que l'économie libérale est la seule solution à tous les problèmes. Avec un aplomb tel que tu pourrais te demander si tu n'es pas tombé dans un monde parallèle plat, sans Tour Eiffel ni solidarité.
Du grand art.

Je suis d'autant plus retourné que je n'attendais pas grand chose de cette soirée làsur le plan des réactions du personnel politique. Il me semble très artificiel de demander des réactions immédiates à des responsables à peine battus, surtout quand nos braves compatriotes les acclamaient quinze jours avant.
J'aurais considéré comme normales des réactions mollasonnes, pas claires et légérement minimisatrices. Pour tout dire, il me semblerait logique que les battus se disent:
"On s'est pris une rouste parce que nos réformes n'ont pas encore porté leurs fruits, mais je crois que c'est le chemin qu'il faut suivre. On va donc serrer les dents, adoucir un peu notre sauce pour pas se faire foutre dehors, et puis quand on cueillera les fruits de notre travail, on se fera réélire."
En l'espèce, je suis convaincu qu'ils ont tort, mais c'est le jeu de la démocratie qu'ils s'accrochent à leurs idées (de merde). Ils auraient dû enrober un peu ce speech, rester dans le flou, et ils auraient pu retourner à leur tâche destructrice sans trop faire de bruit.

Mais non.
Après probablement des jours et des jours de brainstorming par leurs brillants communicants, ils se sont mis d'accord sur la formidable ligne de défense "En fait les français ils en veulent plus". Il doit falloir faire des études en marketing très poussées pour choisir une stratégie si convaincante.
Je vois d'ici la scène. A la réunion de crise UMP, le vénérable chef de la séance, expérimenté et malin comme un singe: "Les mecs, on s'est chié dessus avec le coup du scrutin local-qui-n'est-pas-national. Faut qu'on trouve autre chose pour le second tour, ou Nicolas il va s'énerver". Silence. Réflexion intense.
Quand soudain, un jeune loup encravaté se lève. "Bon sang, mais c'est bien sûr. Hé, les gars, si on faisait comme si en fait, les gens, ils avaient voté à gauche pour nous dire qu'on n'était pas assez à droite. Tu vois, comme ça on pourrait continuer à faire comme avant". Brouhaha admiratif.
Le vénérable chef de séance: "Bravo coco. C'est super malin. Ils vont y voir que du feu les rouges."


Crédibilité zéro.
Bref...

Cette brillante équipe de communicants a d'ailleurs disparu le lendemain du scrutin, victimes collatérales de leur propre brillante stratégie. Ils ne concédaient en effet à l'UMP qu'une seule faiblesse: sa communication - pavant donc la voie à leur propre éviction. A chacun de déterminer en son âme et conscience si c'est la preuve d'un sens du sacrifice qui confine au martyre, ou d'une bêtise qui dépasse l'imagination.

samedi, mars 15, 2008

Il était temps

Ne nous voilons pas la face: nous nous embourgeoisons.
Fini le temps de la petite piaule spartiate, avec une table, deux chaises, un pieu, un PC branlant et un frigo à bières et pizzas surgelées. Nous avons maintenant un appart' tout bien rempli, et notre équipement flirte avec l'inutile.

Je ne parle évidemment pas du nouveau PC, des deux téléphones, du décodeur satellite ou de la chaîne wifi, perles de technologie qu'il serait barbare de remettre en question. Non, je pense à notre dernière acquisition pour laquelle nous venons de passer la fine frontière séparant le futile amusant de la dépense franchement inutile. Après plus de cinq ans de vie commune, Elena a réussi a me convaincre d'acheter un aspirateur.
Soupir...

La photo du post illustre l'état du réservoir après le premier passage de la bestiole (pour bien vous rendre compte, vous pouvez cliquer dessus). Les militants de la propreté absolue me feront remarquer que cette pile de quinze centimètres de haut de poussière prouve bien combien cet achat s'imposait.
Je vous avoue pour ma part rester très sceptique: puisqu'on vivait de manière épanouie dans un appart' si poussiéreux selon les canons de l'aspiro, c'est bien que les aspirateurs vont trop loin dans le nettoyage. Non?

Qui aurait soupçonné un tel amas de crasse dans notre nid d'amour, franchement?
...
Mouais.
...
Je veux dire qui à part Ele?
...
Et maman.
...
Et toutes les lectrices de ce blog.
...
Et les lecteurs non célibataires?
...
Alors?
...
Vous voyez.
On aurait quand même mieux fait de s'acheter une deuxième guitare pour guitar hero, les mecs, non?
Je suis sûr que Bob sera d'accord avec moi.

vendredi, mars 14, 2008

Allain Leprest au Bataclan

Tant que nous sommes jeunes, fous et sans attaches, nous croquons la vie à pleines dents. C'est ainsi que nous sommes allés voir Allain Leprest et ses invités mercredi au Bataclan. Et ouais, Elena était enceinte de huit mois, mais c'est pas ça qui va nous bloquer à la maison! (Surtout quand le concert est assis...)
Je vous ai déjà fait de la pub pour Allain Leprest, ce chanteur aux textes magnifiques dont l'audience est assez confidentielle (car le monsieur fuit les honneurs) mais de grande qualité (on ne compte plus les "grands" de la chanson qui en sont fan).

Quoiqu'il en soit, ses textes sont superbes, touchants, justes, énervés, à fleur de peau et de bistrot. Ils ont d'ailleurs pris un sérieux coup de jeune récemment puisqu'ils ont été repris par différents chanteurs sur l'album-hommage Chez Leprest que je vous re-recommande on ne peut plus chaudement. Je vous rappelle qu'il a quand même fini deuxième au Top Vinci 2007, ce qui n'est pas peu dire. Jetez vous dessus avant que le volume 2 ne sorte (il est prévu pour le milieu d'année), sans quoi vous auriez l'impression désagréable d'avoir un train de retard.

Et donc le concert auquel nous avons assisté mercredi était dans le prolongement de cet album. Leprest a chanté quelques uns de ses plus beaux textes avant de s'assoir à la terrasse du bar monté sur la scène, et de regarder ses amis reprendre ses chansons. Parmi mes chouchous, il y avait Olivia Ruiz, mon côté punk, Loïc Lantoine ou Agnès Bihl, mais on peut aussi citer Enzo Enzo, Nilda Fernandez, Daniel Lavoix, Hervé Villard ou Jamait. Vous voyez, il y en a pour tous les goûts!

Comme sur l'album (mais achetez le nom de Dieu!), ces reprises sont des merveilles: les superbes textes sont revigorés par des instrumentations un peu plus péchues, et surtout des interprétations de grande classe.
Mais - petit regret - leur interprétation en concert ne va pas beaucoup plus loin que dans l'album. C'est probablement intrinséque aux "concerts choraux" avec tant d'invités: chacun joue sa petite partition sans trop s'étendre, d'une part pour ne pas trop tirer la couverture à lui, et d'autre part parce que visiblement il ne maîtrise pas aussi bien la chanson qu'il interpréte que celles de son propre répertoire. (Honte quand même à ceux qui avaient besoin de lire leur texte pour ne pas se tromper... pas terrible quand il s'agit de rendre hommage à un grand écrivain de chansons!). Du coup, on a droit à une copie parfaite des chansons (magnifiques) de l'album, mais sans le petit plus du concert.

Ce petit bémol mis à part, le concert était beau, très agréable (puisque les chansons de l'album - l'ai je évoqué? - sont magnifiques), mais c'est surtout ce diable de Leprest qui a apporté l'énorme plus de la soirée: l'émotion. Tous ses amis partis, il nous a re-chanté lui-même trois ou quatre de ses compositions avec une tension et une énergie palpable. Le bonhomme a beau être moins doué que ses potes au niveau de l'interprétation, il est autrement habité par ses textes, qu'il nous envoie frontalement de sa grosse voix rocailleuse.
C'était tout à fait touchant, d'autant que la salle était au diapason. Leprest est peu connu, mais ses fans (de tous âges, ce qui est très sympa) se sont rués sur ce concert de prestige (et qui fera d'ailleurs l'objet d'un DVD). Le concert était complet plus d'un mois à l'avance.
D'autant que - et ça nous l'ignorions en nous y rendant - Leprest encaisse actuellement une grave maladie avec beaucoup de dignité. Quand, sans se plaindre, il nous envoie ses textes sombres et combatifs à la tronche, je peux vous assurer que l'émotion est là... Et que vivre ça en concert, c'est quelque chose...

mardi, mars 11, 2008

Home sweet home

Ah, ce qu'on est bien dans notre appart' réaménagé! Le salon est plus cosy qu'avant, la chambre de Bob est des plus fonctionnelles, la cuisine est devenue bien plus pratique, et notre petite chambre avec coin bureau nous satisfait complètement. Tout cela est bien propre et formidablement agencé, grâce en soit rendue à notre brillante architectrice d'intérieur...

Seul petit point faible: le coin PC.
C'est certes un modèle de multimédia, compact et multi-fonction avec téléphones, télé, chaîne hi-fi et évidemment accès Internet. Je vous passe les nombreux efforts qu'il m'a fallu pour que tout cela fonctionne (Parenthèse informatique à l'adresse de qui ça intéresse: saviez-vous que débrancher puis rebrancher un PC peut foutre en l'air tous ses pilotes vidéo, et que brancher et débrancher une livebox peut lui ruiner son fragile paramétrage? Et oui...), mais nous voila doté d'un centre multimédia du meilleur effet.
A part une petite faiblesse au niveau des branchements... Et oui, pour que toutes ces merveilles technologiques communiquent efficacement entre elles, il ne faut pas moins de 14 branchements qui vont et viennent de l'unité centrale, de l'écran, des baffles, des téléphones et du décodeur (et de la webcam, et du clavier, et de la souris, et de l'antenne...).
Ami lecteur, joue avec Zeblog: clique sur la photo pour la voir en grand, et retrouve ces 14 branchements! En prime, tu pourras voir la connection wifi la plus bête du monde: la Livebox est en contact physique avec le PC à qui elle est par ailleurs reliée en wifi!

Du coup, malgré de méritoires efforts pour passer les fils proprement dans un premier temps, nous héritons maintenant d'une jungle assez peu esthétique. C'est malheureux quand même à l'ère du wireless, n'est-ce pas. (N'empêche, sans notre connection wifi, nous aurions 15 branchements différents, ce qui deviendrait complètement inadmissible).
Il faudra certainement revoir un peu tout cela, ou du moins le cacher élégamment derrière une planche solidement arrimée, pour obtenir notre certification ISO 9000 "baby gambade à quatre pattes".

dimanche, mars 09, 2008

Nous l'attendons de pied ferme


Il arrive... et nous allons le recevoir avec tous les honneurs dû à son rang.
La petite chose de 50 cm n'a pas encore déboulé que le paysage est déjà amplement modifié. Une penderie géante, un nouveau bureau, une bibliothèque, des étagères, deux meubles de rangements, et bien sûr un petit lit et une table à langer se sont matérialisées dans notre appart' pour nous permettre de sereinement attendre son Altesse Bob.

Enfin quand je dis matérialisé... Il a quand même fallu une dizaine d'heure de vissage à toute notre équipe pour réaliser l'exploit.
Je remercie donc tout particulièrement le frangin qui a su émerger d'une soirée bien arrosée pour nous porter main forte, Tomtom a la perceuse magique, Jeff qui a traversé la France pour nous rendre service, Bix qui a sacrifié son ultime soirée parisienne avant la transhumance pour nous soutenir, Alex dont les qualités de visseurs ne sont plus à démontrer, et la Commin family dont les seniors ont avancé les montages multiples tandis que les juniors mettaient l'ambiance, puis testaient le lit.

Bob réalise t-il à quel point il est déjà aimé?

mercredi, mars 05, 2008

Très bon

Ce courrier d'un lecteur de Télérama, court et percutant. Il est intitulé "Méprise". Je cite:
"
Le pauvre ne faisait que lire la réponse à son SMS.
"

lundi, mars 03, 2008

Dexter

On devrait proposer des séances de désintoxication pour les fans achevant le visionnage des Sopranos. Se retrouver comme ça, du jour au lendemain, privé de cette grande série qui rythmait notre petite vie quasiment quotidiennement, c'est rude! Qui plus est alors que la grève des scénaristes a franchement plombé la productivité des séries établies (encore pris en otage...).
Si nous n'avions eu que les pauvres nouveaux Lost anciens the Shield (bof) à nous mettre sous la dent, nous aurions facilement pu sombrer dans la démence la plus profonde. Heureusement, mon bon frangin a bien pris soin de nous en nous faisant une publicité appuyée pour Dexter.

Et il a bien fait d'appuyer sa publicité l'animal, parce que le pitch semblait bien aride. Dexter s'intéresse en effet à un scientifique de la police, très doué, spécialiste es serial killer... et qui se trouve être un serial killer lui-même.
Alors, l'idée a beau être amusante, on ne pensait pas qu'elle pourrait mener très loin. Et surtout nous ne nous voyions pas passer nos soirées à suivre des heures durant les aventures d'une crevure, fût-ce enrobée avec force humour noir et cynisme.

Et bien au contraire, on adhère à fond.
Car voyez-vous, Dexter est un tueur en série qui a le bon goût d'avoir une éthique: il ne tue que les pires assassins - ce qui le rend plus facile à suivre, et à apprécier. Le grand atout de la série, c'est que le personnage est attachant, figurez-vous. Loin d'être un monstre banal, c'est un observateur cynique dont on découvre progressivement la profondeur - et l'humanité. Ce n'est évidemment pas de la grande psychologie, mais ça tient la route et pave une intringue fort bien gaulée, d'autant plus que l'acteur principal est excellent dans ce rôle.
Evidemment, les excellents scénaristes ricains ne se contentent pas de ce point fort (le personnage de Dexter, suivez bordel), mais enrichissent le tout de nombreux ingrédients de qualité: quelques petites énigmes bien foutues, d'excellentes vannes, des personnages secondaires attachants... et surtout une intrigue principale qui nous tient en haleine toute la saison.

Bref, si on n'atteint pas le grand art des Sopranos, on assiste quand même à une série riche, culotée, divertissante, et fatta bene. Ca n'a l'air de rien, mais c'est la plus belle récompense dans une bouche italienne.

dimanche, mars 02, 2008

Et pendant ce temps...


on bosse à l'arrivée de Bob. Grand nettoyage et impitoyable élimination des affaires inutiles. Les plus observateurs devineront la poussette au premier plan.

Bien mais pas top


On ne peut s'empêcher de se sentir chroniqueur potentiel à plein temps quand on est l'heureux rédacteur d'un blog recevant des centaines de visites chaque heure. Il n'est alors de pire punition que de sentir un post potentiel s'envoler. Par exemple, quand le film que je regarde ne me parait ni très bon (envolé le post dithyrambique!), ni particulièrement mauvais (envolé le post destructif!).
Or, les deux derniers films que je suis allé voir tombent exactement dans le ventre mou du "bien mais pas top". Qu'à cela ne tienne, je m'en vais vous en entretenir malgré tout parce qu'il est d'abord intéressant d'apprendre que certains films particulièrement alléchants ne sont pas si formidable que cela (à mon sens), et qu'ensuite mes critiques enthousiasmées à venir gagneront en crédibilité. Non, je ne suis pas cet auguste critique qui sort systématiquement ravi de chaque projection!

Suivons l'ordre chronologique avec Juno, cette petite comédie fraiche sur une ado qui se retrouve enceinte, encaisse la nouvelle avec placidité, et cherche de bons parents adoptifs pour son rejeton. A voir les critiques, on pouvait attendre une merveille de comédie comme les petits studios américains savent parfois le faire, en équilibre parfait entre vannes ravageuses politiquement incorrectes, et tendresse pour des personnages très humains.
Et bien comme vous vous en doutez, je n'ai pas trouvé que le film atteignait ces sommets. Il est tout à fait sympathique, contient quelques très bons moments et un nombre tout à fait respectable de bonnes vannes, mais il n'y a vraiment pas de quoi se bousculer pour aller le voir. Ce n'est pas beaucoup plus qu'un bon moment vite oublié selon moi.

Mais bon, allant voir une comédie, on ne s'attend pas vraiment à sortir tourneboulé de la projection. C'est plus problématique dans le cas du très récent There will be blood, avec l'oscarisé Daniel Day Lewis. Il s'agit d'une épopée ambitieuse, relatant l'ascension puis la chute d'un magnat du pétrole parti de rien au début du XXème siècle. On passe deux heures quarante à suivre la trajectoire du bonhomme, qui est pratiquement de tout les plans, dans le décor rude et fascinant dans la ruée vers l'or noir.
Le sujet est si ambitieux, le réalisateur si chevronné, l'acteur principal si bon et les critiques si reluisantes que nous nous sommes précipités les yeux fermés voir le chez d'œuvre attendu. Et là aussi, la révélation ne fut pas au rendez-vous.
La peinture de l'époque est fascinante, le personnage principal, et pas mal des secondaires, tout à fait intéressants... mais comment dire, c'est lourd, c'est long, et c'est si prétentieux que tous les talents mis au service du film ne réussissent pas à le transcender.
A la fin, on salut la virtuosité de la réalisation, le talent des acteurs, et la qualité de la reconstruction de l'époque... mais les éloges sont forcés. On n'a pas pu s'empêcher de regarder sa montre, et de sortir du film peu à peu. Surtout lors du dernier acte, censé être le paroxysme du film mais qui nous a semblé aller si loin, notamment dans la performance d'acteur, qu'on n'y croyait plus.
Une belle chose, pétrie de talent, mais, osons le dire, qui rate son ambitieux objectif à notre avis. Et à celui des inrocks, une fois n'est pas coutume seul journal au diapason de notre jugement: "Attention, faux chef d'œuvre!"

jeudi, février 28, 2008

Annie superstar

"
Même en voyant monter sur l'écran l'étrange visage en pointillés de François Mitterrand, on n'y croyait pas encore. Puis on réalisait que toute notre existence d'adulte s'était passée sous des gouvernements qui ne nous concernaient pas, vingt-trois ans qui apparaissaient, à l'exception d'un mois de mai, comme une coulée sans espérance, d'où aucun bonheur n'était venu des choses politiques. On en éprouvait de la rancune comme si quelque chose de notre jeunesse nous avait été volé. Après tout ce temps, au soir d'un dimanche brumeux de mai qui effaçait l'échec de l'autre, on revenait dans l'Histoire avec une cohorte de gens, les jeunes, les femmes, les ouvriers, les profs, les artistes et les homos, les infirmières, les facteurs, et on avait tous envie de la faire à nouveau.
"

Tiré de Les Années, d'Annie Ernaux, un livre au premier abord aride mais recommandé si chaudement par le Masque et Télérama que je m'y suis lancé.
J'y reviendrai certainement, mais c'est je pense ce que j'ai lu de plus fondamental depuis très longtemps. Ses 250 petites pages traversent la vie de l'auteur, de sa petite enfance pendant la guerre (et en deçà par l'intermédiaire du récit des anciens) à nos jours.
Le formidable de la chose, c'est qu'Ernaux réussi à nous ramener en quelques traits précis et justes à la société des différentes époques traversées, tout en décrivant son intéressante trajectoire personnelle. On a tout à la fois l'impression d'y être, et de prendre avec l'auteur un recul des plus instructifs sur les excès de ces différentes périodes.
Et en plus, le livre reste humble et plaisant à lire. Tellement qu'il faut que je me contienne afin de ne pas dévorer en quelques soirées un bouquin dont chaque page est une merveille ouvrant la voie à des méditations à (au moins) dix niveaux de lecture.
Formidable.

(A peine une page plus loin que le passage que je vous ai cité:
"
La peine de mort abolie, l'IVG remboursée, les immigrés clandestins régularisés, l'homosexualité autorisée, les congés rallongés d'une semaine, la semaine raccourcie d'une heure, etc. Mais la tranquillité se troublait. Le gouvernement réclamait de l'argent, nous en empruntait, dévaluait, empêchait les francs de sortir du pays par un contrôle des changes. L'atmosphère tournait à la sévérité, le discours - "rigueur" et "austérité" - à la punition, comme si avoir plus de temps, d'argent et de droits était illégitime, qu'il faille revenir à un ordre naturel dicté par les économistes. Mitterrand ne parlait plus du "peuple de gauche". On ne lui en voulait pas encore.
")

mardi, février 26, 2008

Veuillez excuser cette interruption momentanée du blog


...mon brave disque dur principal vient en effet de s'éteindre. A l'âge vénérable d'un mois et demi!
Au moins n'a-t-il pas souffert: il nous a quitté silencieusement dans la nuit de vendredi à samedi. Nous fûmes donc cueillis à notre réveil par un écran noir qui annonçait la triste nouvelle de manière sobre et indiscutable. No booting devicet.
Le service d'intervention rapide s'est donc jeté sur le patient sans plus attendre, laissant de côté son café à demi-entamé pour tripatouiller les entrailles de l'ordi, en pyjama.
Las, rien n'y a fait. Le diagnostic fut vite établi: le disque dur principal était mort, irrémédiablement, ainsi que l'ont confirmé les officiels de la hotline de Dell, dépéchés sur place.
Nous sommes bien sûrs touchés au plus haut point par cette perte, qui a notablement assombri notre week-end. C'est dans ces moments là qu'il est important d'être entouré, et pas qu'un peu: dans les dix heures qui ont suivi l'annonce de la disparition de WDC 000248537 (snif), un couple d'amis et un frangin anonymes (ils se reconnaitront) nous avaient déjà prêtés deux portables, pour parer au plus urgent et rester propres.
Cette double preuve d'amitié (et le rétablissement d'Internet) nous ont réchauffé le coeur, bien sûr, mais le coup reste rude. Il reste que je suis bon pour repasser un joli paquet d'heures à réinstaller le bouzin, et le reconfigurer aux petits oignons, bordel!
Ce qu'il y a de bien au moins avec un crash si rapide, c'est qu'on n'a pas perdu beaucoup de données personnelles...

jeudi, février 21, 2008

Flash

Le rapide flash d'info sur FIP m'a vraiment mis en joie. Pendant que Sarkozy nous amuse de ses fumigènes anecdotiques, notre pays suit son petit bonhomme de chemin.
Parisot va toujours plus loin dans ses prises de position alarmistes. Elle n'a peur de rien, sur ce coup là! On va devenir un pays du Tiers Monde avec une croissance à 1.7, c'est horrible! Merde, qu'est-ce qu'on attend pour faire plus d'ehures sup, il en va du destin de notre Nation. La misère est à nos portes!
Et alors qu'on se gargarise du but de Benzema d'hier, on continue à faire le ménage parmi nos sans-papiers dans la finesse et l'humanité. Un bébé de 15 mois en centre de rétention, séparé de force de son père, allez!
Si seulement on pouvait croire que les 16% de têtes de noeuds qui ont voté pour Sarkozy, et qui maintenant le désapprouvent, ne se feront pas avoir la prochaine fois...

Les parents modèles

Maintenant que j'ai lu des bouquins consacrés aux bébés, j'ai bien compris que, contrairement à ce qu'on imagine, l'arrivée d'un enfant est un petit bouleversement. Si, si. Il parait que ça change pas mal la vie, que le bébé ne s'endort pas nécessairement dès qu'on a envie qu'il nous laisse tranquille, qu'il ne se tait pas instantanément quand on le lui demande, et qu'il a besoin de manger régulièrement, même quand on l'oublie.
Mouais... A mon avis, tout ça c'est un peu une question d'éducation... Affamé ou pas, un bébé élevé comme il faut ne la raménera pas si la noble figure d'autorité qu'est son père fronce un peu les sourcils, je pense.
C'est typique de ce triste esprit post-soixante-huitard de laisser les chiards imposer leurs quatre volontés (et gnagna j'ai faim, et gnagna il me faut deux ans avant d'arrêter de me chier dessus...). Je suis sûr qu'avec une bonne figure d'autorité, on doit pouvoir imposer le sens des valeurs au gamin dès son plus jeune âge, et en faire une petite chose malléable et surtout silencieuse.
Bref.

Par contre, il est un point surprenant avec lequel, à la réflexion, je suis parfaitement d'accord. Figurez-vous que le bébé à besoin d'espace, et qu'il faut notablement réorganiser l'appartement en vue de sa venue. C'est étonnant à première vue, étant donné qu'un bébé, ça va chercher dans les 50cm x 25cm x 10cm, soit à peine plus que la tour de mon nouveau PC (très silencieux, lui), mais finalement ça se tient.
Elena est donc allée courageusement faire une descente chez Ikea, et je peux vous dire que maintenant on l'attend de pied ferme! Jugez plutôt: elle a commandé une penderie géante, une bibliothèque, un bureau, une vitrine et divers rangements pour la salle de bain et la cuisine. Je vous dis pas combien ça a coûté, ce serait indécent.

Voila voila. Je peux vous dire qu'avec tout ça, on va être fin prêts pour accueillir Bob!
Quoi? On a oublié des trucs? Je ne vois pas ce que vous voulez dire... Des trucs pour Bob? Un lit, une table à langer, tout ça?
Euh...
Oups!
Héhé...

lundi, février 18, 2008

Soprano toujours


Permettez moi de repasser une couche... Nous venons ce week-end de terminer les Soprano. Vous savez, cette série monumentale qui se passe dans la mafia italo-américaine.

Que dire?
C'est formidable. C'est admirable. C'est surprenant. C'est stupéfiant.

Faites-moi confiance: s'il faut quelques épisodes pour véritablement "rentrer dedans" cette série, elle vaut mille fois cet effort. C'est beau. C'est fin. C'est subtil. C'est puissant. Et on n'en sort pas indemne.

Tentez le coup. Et s'il vous faut des données un peu plus concrètes que ma simple parole pour vous décider, voila un article assez complet, quoiqu'un peu béat, sur le sujet.

vendredi, février 15, 2008

The mask live

Comme mes parents il y a une trentaine d'années, et comme mes grands-parents avant eux (là, je m'avance peut-être un brin), je me suis rendu hier, au bras de ma large compagne, assister à l'enregistrement du Masque et la Plume à la Maison de la Radio.
Et voui.
J'ai vu de mes yeux vu Jérôme Garcin, là, comme je vous vois. Enfin, mieux que je vous vois parce qu'évidemment là je ne vous vois pas. Il était pas à 20 mètres de moi. Comme Arnaud Viviant. Comme Olivia de Lamberterie. Comme Xavier Leherpeur. Oui, j'ose le dire: comme Jean-Marc Lalanne et Jean-Louis Ezine. Et oui. Jean-Louis Ezine soi même.

Je sais que ça doit laisser la plupart des pauvres provinciaux que vous êtes froids comme une belette devant un musée. Alors que vous profitez d'une vie simple et authentique, vous avez naturellement peu de temps à consacrer aux choses de l'esprit. Je vous envie parfois cette immédiateté, cette vie véritable: la journée aux champs, le soir au PMU et tous les mois une soirée Bingo dans la salle polyvalente...
Ca peut être ça, le bonheur!

Mais vous devez imaginer (allez-y, faites un effort, vous pouvez le faire) que pour moi, Parisien raffiné que d'aucuns cherchent à rabaisser en le qualifiant du borborygme bobo, le Masque est un graal, un absolu. Comment dire pour que vous me compreniez bien, c'est une messe, oui c'est ça, une messe que je ne manquerais pour rien au monde. Ou un derby entre les gars de not'club et ceux du village d'à côté. Vous voyez?

Alors quel aboutissement que d'y assister en vrai, en chair et en os.
L'émission correspond absolument à l'impression de convivialité et d'intelligente discussion qu'on en a à la radio: les chroniqueurs sont vifs et ont l'expression fine et spontanée, et tout semble se passer dans le naturel et la décontraction. Trois petites choses seulement ont différé de l'image que je m'en faisais.

Premièrement, les intervenants ne sont pas rassemblés sur une scène bien établie, autour d'un joli bureau comme en en voit à la télé, mais autour de vieilles tables pliantes couvertes de papier crépon bleu. Point d'artifice pour ce qui ne transpirera pas à l'écoute, mais par contre on ne mégote évidemment pas sur la sonorisation. Les micros sont tout ce qu'il y a de plus impressionnants, de sorte que vous pourrez certainement percevoir mon rire distingué lors des diverses saillies drolatiques servies par les chroniqueurs.

Deuxième surprise: on n'est pas accueillis par un chauffeur de salle, ou même par l'animateur. On se met en place alors que les intervenants bavardent entre eux ou s'installent, sans un regard pour le public. Garcin finit par nous dire deux trois phrases gentilles avant que retentisse le fameux générique, et hop c'est parti pour une émission en roue libre. S'ensuit une mini-pause de cinq minutes, à peine le temps pour les chroniqueurs de l'émission achevée de récupérer leurs manteaux et aux nouveaux de déposer le leur, et on entame la deuxième émission.

Dernière surprise: à peine la deuxième émission terminée, le public se lève comme un seul homme et quitte tranquillement la salle, sans solliciter les intervenants, ni même attendre qu'ils quittent leur poste.
Il y a là aussi un côté un peu abrupt, un peu consumériste, mais on peut aussi le lire comme quelque chose de naturel: on assiste à l'émission avec plaisir, mais on n'est pas du genre à attendre un grand show, ni à courir après les autographes. Voila du calme et de la simplicité qui sont à mille lieu du cliché de l'aspirant-critique mondain que traine le Masque.
Et paf.

Ils sont vraiment trop forts

C'est à travers de telles perles que je site d'arretsurimages prouve comme il est essentiel: en enquêtant sur ce dont nous ne pensons pas à nous méfier.
Dans l'article en question, ils démontrent que le chiffre, pourtant très plaisant pour moi, des 40% d'augmentation de gains pour les grands patrons du CAC 40 ne veut absolument rien dire. On y apprend entre autre chose que les calculs étaient faits avant la baisse de la bourse, et surtout que seuls les patrons dont les traites étaient en hausse y étaient pris en compte!
Les heureux abonnés d'ASI peuvent dès maintenant lire l'article complet, les autres attendre qu'il soit déclaré d'utilité publique... ou s'abonner!

mercredi, février 13, 2008

Amusons nous avec la mafia russe

Pour nous détendre un peu dans cette période où nous sommes assaillis par nos doutes de futurs parents, Elena et moi-même sommes allés voir hier soir une petite pièce de théâtre bon enfant et sans prétention. Nous nous sommes gaillardement rendus dans la ravissante banlieue d'Aubervillier assister à une représentation de Slogans.
L'intrigue est inspirée de Maria Soudaïeva, qui était, vous ne l'ignorez pas, une poétesse russe contemporaine, engagée aux côtés des protituées russes qu'elle essayait d'affranchir de la mafia. Cette courageuse petite dame a fini par sombrer dans la folie, tant et si bien qu'elle s'est suicidée dans un hopital psychiatrique. Elle laisse une oeuvre marquée par la douleur, qui culmine dans la langue qu'elle a inventée pour dire l'indiscible.

Et oui.

La pièce raconte la triste fin de deux prostituées qui ont échappé à la mafia, avant d'être rattrappées par les tueurs lancés à leurs trousses. Dans ces cas là, on torture les malheureuses pour l'exemple, longtemps, cruellement, avant de les mettre à mort. En documentant le tout par quelques photos qui passeront l'envie aux suivantes d'essayer de prendre la tangente.
Pendant une heure et quart, nous sommes en compagnie de ces deux femmes brisées par la torture, qui attendent à demies inconscientes le retour de leurs bourreaux. Le tout est narré du bord de la scène par une Maria Soudaieva au bord de la folie, et par la muse des protituées dont la langue est poético-absconse.

Ambiance...
Autant vous dire que c'était pas du Feydeau, les amis. On avait hésité avec le Diner de cons dans un premier temps, mais on avait plutôt envie de vivre une petite plongée dépaysante vers Vladivostok. Le charme slave, rien de tel pour vous illuminer une soirée!

Plus sérieusement, je ne sais trop quoi penser de cette pièce.
D'abord, la scénographie est superbe. Elle est inventive sans tout étouffer, sans prendre trop de place. La scène est superbe, les miroirs sans tain sont utilisés à merveille, la lumière est magnifique, la musique et la vidéo parfaites. Comme les actrices sont impeccables, la pièce est non seulement belle mais forte, très forte, très prenante.
C'est donc une réussite... si ce n'est que le sujet est ce qu'il est. Franchement, je n'ai rien contre aller voir des films ou pièces portant sur des sujets forts, déprimants, réalistes, mais là... En définitive, on assiste pendant 1h15 à l'agonie de deux nanas, battues à mort...
Je ne sais pas si ça apporte grand chose finalement... Mais je ne sais pas non plus s'il n'est pas utile, nécessaire, urgent de nous faire toucher du doigt l'absolue abomination de cette mafia...

Me voila donc bien indécis... Comme la plupart des spectateurs, d'ailleurs. A ce qu'il parait, bien que la pièce soit définitivement intéressante et convertit brillament ses intentions, le succès n'est pas complétement au rendez-vous, en majeure partie parce que le bouche à oreille ne fonctionne pas.
Il est en effet très difficile de conseiller cette pièce à quiconque, même si on en sort tout flagada.

lundi, février 11, 2008

Communiqué

Si le blog est un peu calme ces temps ci, c'est parce que je suis très pris.
Concerts, cinés, musées, expos, le traintrain quoi. Sans compter mes prenantes obligations professionnelles, et surtout le besoin impérieux de préparer avec tout le sérieux et l'amour qu'il mérite l'arrivée de Bob parmi nous.
Voila voila...

Tant que j'y suis, pour ceux qui sont passé au travers du buzz du moment:

dimanche, février 10, 2008

Courir moins bête

Avec les beaux jours qui reviennent, je retrouve enfin la motivation pour courir quelques footings. Il était grand temps! Et pas seulement parce que ça va contribuer à réduire un peu mon petit ventre confortable...
Comme je cours en écoutant là bas si j'y suis, ça fait également un bien fou à la tête. Je me rend compte que ce petit oasis de générosité m'avait beaucoup manqué, après deux mois à tourner au pain sec et à Jean-Marc Silvestre.

Je ne saurais trop vous conseiller de vous bloquer 45 minutes pour écouter l'émission suivante (Je vous fais grâce des 10 minutes de répondeur du début, toujours inégales). Elle est basée sur ce chiffre fort, énorme, fondamental, que l'on n'entend pourtant jamais: en 20 ans, la part des salaires dans le PIB français a baissé de 9,3%. Autrement dit, quand en 1987 66% de la richesse produite en France partait dans les salaires, cette part a chuté à 57% en 2007. Les 9,3% manquant repartent vers le capital (les actionnaires), ce qui est vachement plus moderne mais fait tout de même question.

Et c'est là l'intérêt majeur de cette émission: elle a le mérite d'ouvrir le débat, de poser la question taboue de la répartition des richesses. Je peux concevoir qu'on soit opposé à une politique volontariste dans ce domaine, mais à tout le moins on devrait mener ce débat essentiel. Or, tous les intervenants semblent l'éviter d'un haussement d'épaule.
C'est à la limite compréhensible de la part de Sarkozy, puisqu'il a intérêt de part sa position et ses opinions à nous faire croire qu'effectivement les caisses sont vides, et qu'on ne peut pas prendre d'argent ailleurs que dans nos poches en travaillant et cotisant plus. Il est par contre tout à fait honteux que les médias ne fassent pas plus écho de ce débat, unis qu'ils sont dans l'idée que seule une croissance supérieure peut résoudre nos problèmes. Et il est franchement scandaleux que la gauche gouvernementale, dont c'est normalement la sensibilité, n'en pipe jamais mot, même en plein cœur de la campagne électorale.

Je vous conseille donc derechef cette émission, qui est qui plus est solidement argumentée, et qui nous montre ce vertigineux 9,3% de différentes perspectives instructives.
J'ai dit.

mercredi, février 06, 2008

Bob ou Berlu, il faut choisir

Putain il est fort ce Berlusconi... Il met toutes les chances de son côté...
Comme par hasard, les élections législatives tombent pile, mais alors pile, pour l'arrivée programmée de Bob. Il a trouvé le moyen idéal de priver la gauche de la voix fidèle et sincère d'Ele. Si Bob nait le 14 au matin, elle aura peut-être encore le temps de courir, avec sa perfusion et son coufin sous le bras, apporter son vote au contigeant battu d'avance de la gauche italienne...
On n'a qu'à se dire que c'est un pari sur l'avenir: soit Bob votera comme il faut, soit il n'aura pas à manger de toute façon. (Et pareil pour les goûts footbalistiques, le choix des études et du style musical préféré).

Et pis chez nous, tout fout le camp.

mardi, février 05, 2008

Une fois de plus

Alternatives Economiques nous donne un point de vue clair, calme et circonstancié sur la crise de la Société générale.

vendredi, février 01, 2008

Millenium et Monde

Je suis en train de dévorer le troisième (et malheureusement dernier) tome de Millenium de Stieg Larsson, dont je vous ai parlé plus bas. J'ai déjà vanté ces polars dont le rythme est très particulier, et qui ne ressemblent à rien de connu: l'auteur peut prendre des centaines de pages pour planter des personnages ou décrire des ambiances; ils peut mêler des intrigues diverses, de style et d'importance variable.
Une des composantes de ses histoires porte sur les malversations financières, les manipulations dans les comités de direction pour prendre le pouvoir sur telle ou telle boîte, et pour faire des sousous de manière pas toujours propre. L'auteur étant journaliste, ces magouilles se passent occasionnellement au sein de gros journaux.

Pourquoi vous dis-je cela (outre le plaisir de repasser une couche sur Millenium)?
Et bien parce que je viens enfin de comprendre les embrouilles qui sont en train de se jouer au Monde, et qu'elles ont comme un air de famille avec les fictions dont je me délecte en ce moment. Quand on suit l'actualité du Monde de loin, on a juste l'impression d'une crise liée à des difficultés financières, qui pousse les journalistes à défendre 1- leur poste menacé par un plan social 2- d'obscures idéaux d'indépendance face à d'éventuels nouveaux actionnaires.
Et bien c'est bien plus grave que cela. J'ai appris le détail de la chose dans ce document très clair (7 pages), rédigé par des journalistes du Monde et repris sur le site de Plantu.

Il en ressort que le Monde risque de perdre son indépendance, alors même que ses statuts semblaient la lui garantir (la société des rédacteurs est majoritaire dans les prises de décisions). Cependant, ce solide postulat a peu à peu été émiété par Alain Minc. Dans un premier temps pour de bonnes raisons: le Monde avait besoin en 94 d'argent frais pour survivre, ce qui c'est fait en faisant entrer divers petits actionnaires extérieurs dans le capital du journal.
Seulement, au fil des ans, la direction du journal a eu la folie des grandeurs et a racheté divers autres titres (dont Télérama et Courrier international). Et il fallait toujours plus de sous pour financer ces emplettes, de sorte que certains petits actionnaires inoffensifs sont devenus gros et dangereux. A commencer par Lagardère, grand amateur de journaux (et ami de Sarkozy - tiens).

Et voici maintenant la crise de trop: une nouvelle recapitalisation amènerait les actionnaires extérieurs à dépasser la société des rédacteurs: ce serait la fin de l'indépendance.
Le descriptif des derniers soubressauts de ce thriller qui n'a rien à envier à Millenium sont particulièrement étonnants, et aussi détaillés sur arretsurimages.