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dimanche, juin 21, 2009

Je hais la fête de la musique

Je hais la fête de la musique.
Oui, je sais. Je suis mordu par la musique; je vous fatigue à longueur de posts en vous relatant mes dernières découvertes; je vous incite lourdement à acheter des albums, particulièrement ceux de petits groupes; je vous inflige les comptes-rendus des concerts auxquels j'assiste en espérant vous inspirer à découvrir les artistes en question sur scène.
Oui, je sais. Engagé à gauche, prônant la solidarité, je devrais me faire le porte-drapeau d'une des rares fêtes populaires qui touche la France dans son ensemble (ou du moins en grande partie).

Oui d'accord. So much pour la théorie. J'ai néanmoins un contre-argument puissant à vous opposer: la fête de la musique, c'est tout pourri.
Peut-être faut-il que je développe?
Mes expériences, nombreuses, de la fête de la musique sont de trois types. Et dans les trois cas, elles sont de cuisants échecs.

Premier cas: on se retrouve avec des copains "dans le centre", sans plan très précis. Nous voila donc dans des ruelles bondées, à passer frénétiquement d'une petite scène à une autre, sans jamais s'arrêter plus d'une demie-chanson sur l'une d'entre elle (ou alors c'est simplement parce qu'on n'arrive pas à avancer).
Premièrement, il est très difficile d'apprécier de petits groupes de styles divers sur des sonos de fortune, surtout quand les deux stands voisins mêlent leur basse métal ou leur batterie jazzy à l'accordéon qu'on cherche à écouter. Et deuxièmement, parce que le groupe de copains n'arrivera jamais à se mettre d'accord sur une scène méritant un arrêt non symbolique (ou retrouve l'emballement de groupe empêchant le choix d'un restaurant dont je me suis fais l'écho un peu plus tôt). Et enfin, je ne sais pourquoi, mais on considérerait avoir raté notre fête de la musique si nous n'avions pas sillonné l'intégralité du "centre" dans la soirée.
Bilan: un butinage inintéressant, beaucoup de bousculades, du stress, des jambes douloureuses et des bières à 8 euros dans des gobelets en plastique. Qui collent aux semelles, ensuite.

Deuxième cas: expérimentés et cherchant à éviter le piège du premier cas, on potasse, on se prépare, et on ne vise qu'un seul et unique événement prestigieux. Arthur H, Peter Doherty ou Olivia Ruiz pour les parisiens; Ghislaine et son accordéon ou Toto et sa vielle de gambe pour les Provinciaux. Ce sera ce groupe là, un point c'est tout.
Seulement, quelle n'est pas notre déception de n'assister qu'à un set raccourci d'une petite heure, donné devant un public peu concerné - hé, c'est gratuit, peuchère! A part pour les fidèles absolu qui se sont ménagé une place dans les premiers rangs, il est bien difficile de suivre le mini-concert entre les badauds qui vont et viennent, et les jeunes cools qui passent le concert à se hurler des vannes aux oreilles, ou à s'appeler les uns les autres au portable.
Si vous aimez un artiste, n'allez surtout pas le voir à la fête de la musique. Cassez votre tirelire, et plutôt que de l'apercevoir sur une place qui résonne (et sur laquelle il pleut, si vous êtes à Nantes), vous les verrez pour de vrai, tranquillement, devant un public passionné.
Ne vous méprenez pas, moi je suis pour la culture pour tous, hein! Mais à condition que tous ces cons ne viennent pas me faire chier...

Et j'en viens au troisième type d'expérience de la fête de la musique: je me baricade chez moi, m'occupe de Gaelou et veut me coucher tôt.
Mais voilà, j'habite à 200 mètres de la grande scène de Denfert-Rochereau! Et je n'ai ni double-vitrage, ni boules quiès triple épaisseur telles qu'utilisées par les astronautes de la nasa. Alors, jusqu'à deux heures du mat', et avant que Gaelou ne se réveille sur le coup de 6h, j'entends la version résonnée, filtrée dans les basses, des groupes se produisant sous mes fenêtres.
Et même Spleen ou Alexi HK, que normalement j'aime bien, vont me peser cette nuit. J'envisage toute une série de représailles: ne plus acheter ces artistes; pire, les télécharger; boycotter leurs sponsors: Oui FM (de toute façon, quatre tubes en rotation lourde...), et surtout, Ricard. Pendant toute une semaine, je ne boirai que du pastis 51, na!
Je hais la fête de la musique

jeudi, avril 02, 2009

Ils sont vraiment... ils sont vraiment


Qui parmi vous, lecteurs, ne s'est jamais trouvé avec un groupe d'amis/parents/collègues à déambuler dans une ville inconnue quand sonne l'heure du repas et vient le moment de choisir un resto? Et surtout, qui parmi vous à réussi à s'acquitter de cette tâche en moins d'une heure quand, terrassé par la faim, on cesse de sauter de crêperie en pizzeria puisque, évidemment, le choix ne conviendra jamais parfaitement à tout le monde? "Oh, non, je suis pas très chinois. - Et moi j'ai mangé un pizza hier -Pis là ça a pas l'air très sympa"...
Dès qu'on est en groupe et qu'on doit décider de quelque chose, c'est la croix et la bannière. Ca prend des plombes, on discute sans fin, on se ressert un apéro, et on rediscute encore. C'est très sympa et pittoresque, mais faut pas être pressés.

Or, pressés, on l'est parfois. Ah, ces réunions interminables en entreprise où rien jamais ne se décide! Et bien figurez vous qu'il existe quelques rares exceptions à ces modèles d'inefficacité bavarde que nous sommes.
Et oui.
Nos dirigeants.

A l'occasion du G20, ils se retrouvent pour rien de moins que pour juguler une crise mondiale et refonder un système sur lequel le monde entier se fonde depuis plus d'un demi-siècle (enfin, pas un monde complètement entier sur toute cette période, mais beaucoup beaucoup de gens, tu vois).
Pour corser la chose, ils ne se retrouvent pas à deux ou trois. Ni même huit, comme au bon vieux temps. A 20! Enfin, plutôt à 35 puisque parmi les 20 l'Europe ne compte que pour un siège.
Et puis tu peux y aller sur les différences de point de vue! Y a des pauvres et des riches, des ultra-libéraux et des modérés, des Chinois, des Indiens, des Brésiliens et des Polonais. Perso, j'aimerais pas avoir à choisir un resto avec toute cette smala! Faudrait des semaines! "-On est tous d'acoord? -Ben non, je suis sikh, je ne mange pas de crêpes au froment..."

Pour un resto, ce serait galère, mais pour refonder le capitalisme, pas de problème! Si on regarde de près le programme du G20, on se rend compte que ces messieurs ne se sont réunis qu'aujourd'hui. Et encore, c'est tranquille le petit rythme: petit dej' à 8h, session du matin de 9h à 12h, déjeuner de travail (quand même) puis petite réunion digestive de 14h à 16h, et là on pond le communiqué final. Un coup d'Eurostar, et on est rentré pour l'apéro, justement!

Cinq heures.
A trente-cinq.
Ca doit faire dans les huit minutes de temps de parole par tête. Disciplinés, efficaces les gars! Et je te fais cadeau de la rédaction du communiqué pendant la réunion, ainsi que des problèmes de traduction!

D'où cette légitime interrogation qui me taraude.
Hommes politiques et médias ne nous auraient-ils pas mentis en nous vendant une réunion cruciale-au-sommet-où-tout-se-joue? Les décisions n'ont-elles pas plutôt été prises pendant les semaines qui précédent, entre sherpas travaillant jours et nuits?
Et notre président n'a-t-il pas fait tout un foin pour rien en menaçant de taper de son petit poing sur la table si les débats ne le satisfaisaient pas alors qu'ils connaissait probablement déjà quel serait l'accord final exact?

mercredi, janvier 07, 2009

Offline


Je le savais! Je le savais!
Mes potes qui m'ont offert un joli camescope ne comprenaient pas ma gêne quand j'ai découvert que les données devaient être transférées de la cassette du camescope au PC via une liaison firewire. Firewire, firewire... mais j'ai pas, ça! (J'avais opportunément évité de cocher la case facultative "firewire" (pour 10 euros) lors de l'assemblage de mon PC...)
"Voila qui est un peu rageant, mais on ne va pas en faire une montagne, mon bon Vinci! Il n'y a qu'à investir dans une carte PCI (à 15 euros) pourvue de ces bonnes prises! Ca se branche en deux secondes, et le problème est résolu! Problème réglé, tiens, ressers-moi un verre plutôt."

Sauf que je rechigne toujours à modifier la config de mon PC. Je vous le confesse, j'ai peur de mon PC. Il me domine psychologiquement. Il a tous les pouvoirs sur moi, je suis sa chose... Pas un truc facile à avouer à des potes assoiffés, surtout quand on bosse dans l'informatique!Mais,
Mais j'ai l'expérience de la chose: à chaque fois que je change un pouième à ma config', le fragile château de carte informatique niché dans mon PC s'effondre immanquablement, et je suis bon pour une semaine à démonter, réinstaller, télécharger et tester.
C'est épanouissant comme tout.

J'ai donc fait tout ce que j'ai pu pour éviter de franchir le pas. J'ai regardé si on ne pouvait pas passer par un port USB2 plutôt que du firewire (non). Si je ne pouvais pas échanger mon caméscope contre un équivalent permettant de passer par un port USB 2 (non).
J'ai commandé une nouvelle façade qui comprend une prise firewire. Ça a été tout un poème de la recevoir: la boîte auprès de laquelle je l'ai commandé s'est plantée dans ses étiquettes d'expédition et j'ai reçu à la grande loterie qui s'en est suivie un magnifique câble Ethernet de 20m de long, très esthétique mais dont je n'ai absolument rien à foutre. Face à cette méprise, ils se sont engagé à lui substituer ma façade, mais ne sont pas venus au premier rendez-vous et se sont perdus au second.
Passons. Enfin en possession de ma précieuse façade, tout frétillant d'impatience, j'ai très vite constaté que je ne pouvais pas l'utiliser car ma carte mère non plus ne contenant pas l'entrée firewire nécessaire (en option, 10 euros!)

De guerre lasse, j'ai craqué.
J'ai commandé la carte PCI-firewire.
...
Mon destin était en marche.

Elle m'est parvenue hier, à 19h45 précise (avec dix jours de retard, quand ça veut pas...). Voici la triste chronologie des événements:
  • 19h45min10s. J'éjecte Gael dans les bras maternels et bondis sur mon PC. Y a des priorités dans la vie.
  • 19h45min45s. J'éteins le PC et débranche tout.
  • 19h46min12s. J'ouvre la tour, retire la carte PCI réseau wifi qui sert à rien, et monte la carte PCI firewire à la place. L'opération se déroule sans embage.
  • 19h47min30s. Je repositionne la tour à sa place, rebranche tout, reboote le PC.
  • 19h47min30s-55s. Je flippe pendant le boot du PC. Que va-t-il se passer cette fois-ci? j'ai peur j'ai peur j'ai peur.
  • 19h48min25. Le PC a booté. Tout à l'air normal. Ouf.
  • 19h48min26s. Eureka! Une bulle apparait et m'annonce que mon nouveau matériel, la carte PCI, a été détectée et que le pilote correspondant est bien installé. Miracle! Vive le science, vive windows!
  • 19h48min35s. Je vérifie qu'Internet marche. Il marche. Je vérifie que la télé marche. Elle marche. Bonheur. J'ai eu tort de douter. Vive l'informatique.
  • 19h48min45s. J'essaie de brancher mon camescope au PC, et constate que le câble que j'emploie n'est pas le bon.
Malgré ce léger point noir, l'opération a l'air couronnée de succès. Satisfait, je me rappelle que j'ai un fils à qui je vais péter la bise. Tiens, il y a même ma femme autour! Allez, un autre bisou!
Le coeur léger, je retourne à mon PC. Pompompom.
Et là, c'est le drame:
  • 19h51. Internet ne fonctionne plus. Je tripote, et me rend compte que la livebox fonctionne toujours très bien (TV, téléphone, wifi ok). C'est donc mon PC qui comprend plus comment lui causer. Je reste calme et je reboote.
  • 19h53. Internet ne marche toujours pas. Je fais quelques tentatives dans les menus du réseau, et n'y comprends goutte. Dans le doute, je reboote.
  • 19h55. Internet ne marche toujours pas. Je me dis que si ça se trouve, c'est la livebox qui n'arrive plus à parler au PC. Je la reboote donc, ce qui se fait de manière assez animale en la débranchant et la rebranchant.
  • 19h55min01. La livebox rebranchée reste inerte. Au lieu d'un joyeux balais lumineux montrant qu'elle essaie de discuter avec tout plein de monde, rien, juste deux lumières palotes et fixes. Je débranche, rebranche, rien, pareil. La livebox m'a l'air morte...
  • 19h55min42s. Les plombs sautent. Ca n'a rien à voir, notre appart' a juste du mal à encaisser trois chauffages qui tournent à fond les ballons, mais ça tombait bien, alors que j'étais agenouillé, mi-indécis mi-accablé, devant ma moribonde livebox!
Donc si je récapitule, alors que je devais brancher une bête carte PCI, opération durant deux minutes en théorie:
  • mon caméscope ne communique toujours pas avec le PC;
  • mon PC ne communiquait pas avec une livebox, même quand celle-ci n'était pas atteinte;
  • ma livebox a trépassé.
Magique! Et le tout en me laissant l'espoir que l'opération s'était bien passée. Cruel destin!
On ne me reverra pas installer quoique ce soit de si tôt! je suis reparti pour l'habituelle semaine de bidouillages informatiques, et nous serons privé d'internet et de téloche jusqu'à ce que les choses s'arrangent...

mardi, septembre 23, 2008

The IT crowd


Et oui, les posts se faisant rares, j'ai décidé de m'adresser à la crème de la crème de mon nombreux lectorat. Aux meilleurs des meilleurs. A la fierté de la France et de l'Humanité.
Je ne parle évidemment pas des financiers, à la face de qui il est enfin bon de cracher ces jours ci, mais bon sans remettre vraiment en cause le système, soyons sérieux. Notre frétillant président vient à peine de prononcer un vribrillonant plaidoyer sur le sujet à la tribune de l'ONU qui doit bien faire marrer ses amis neuilléens. Ils n'ont pas trop à s'en faire, quand on voit par exemple la faible attention avec laquelle l'opinion publique prend connaissance de la chute du prix du pétrole, après six mois pendant lesquels les spécialistes se sont succédés pour lui expliquer que c'était logique, mécanique, et n'avait rien à faire avec la spéculation. Si ça continue, on va finir par découvrir qu'un trois pièces à Paris ne vaut pas vraiment 830 000 euros. (Véridique. Mais il faut dire qu'il a une salle de bain très aérée.)

Bon, je ne vous dérange pas pour déverser tout le mal que je pense sur le manque de sérieux de nos contemporains. Je voulais donc m'adresser à la crème de la crème.
J'ai nommé:
Les ingénieurs.

Amis binoclards, j'ai deux conseils à vous prodiguer, dans deux registres bien différents.
Premier conseil. Si vous vous intéressez un peu à la photo, je vous recommande très chaudement les deux bouquins de René Bouillot: cours de photographie et cours de photographie numérique. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l'optique de formation des images, la chimie des pellicules et l'électronique du numérique. Evidemment, le gars René, c'est pas le poète et l'artiste. C'est pas le gars qui va te raconter l'art de la composition et disserter sur la puissance de l'inspiration. Mais par contre, quel puits de science clairissime sur le moindre des petits aspects de la physique des photos!
Et il a accouché de deux bouquins hyper intéressants bien qu'un brin aride, et pour lesquels un bagage scientifique est très conseillé! Moi, je me régale.

Le deuxième conseil s'adresse par contre à une audience bien plus large. Nous venons de découvrir, avec Ele, une petite série anglaise très marrante: the IT crowd. Le sujet est des plus séduisants: nous suivons la petite division du support informatique d'une grande entreprise, composée d'un geek, d'un nerd, et d'une chef absolument incompétente.
Je sais, le pitch peut laisser sceptique, notamment pour qui ne connait pas la différence entre un geek ou un nerd. Voire ne connaissait pas l'existence de ces deux mots.
Pour ne pas bêtement vous conseiller une série qui risquerait de ne pas vous plaire, je me suis donc muni d'un sujet-test représentatif de la normalité: Ele. Elle rigole assez rarement à mes blagues sur les adresses IP, et ne sais pas configurer un routeur éthernet. Elle ne sait pas ce qu'elle rate, mais passons.
Et bien figurez vous que the IT crowd a obtenu brillament le label tout public en faisant rire aux larmes notre sujet test. Je peux donc chaudement conseiller la série même aux non-informaticiens, qui peuvent se faire une idée de la qualité de la série dès maitenant via cette vidéo sous-titrée (et étrangement accessible légalement sur le net via google vidéos).
Have fun!

vendredi, août 08, 2008

Avis à mes chers fidèles


Chers fidèles,

tout d'abord, je précise que je vous adore et je vous chéris.

Vous n'aurez pas été sans noter que la folle semaine de reprise acharnée du blogage a été loin de tenir ses promesses. Vous en aurez peut-être conçu quelque rancœur: aller sur un blog fréquemment, c'est un peu comme se rendre tout frémissant à un rendez-vous galant. La déception est énorme quand on se rend compte qu'on s'est vu poser un lapin.

Mais j'ai une excellente excuse.
Non, je n'avais rien d'autre de bien important à faire. Rentré un peu plus tard que d'habitude du boulot, j'ai profité de mon temps libre pour converser avec ma belle éloignée, pour regarder des films et jouer au poker. J'aurais tout à fait pu préférer à une de ces activités un bon petit post des familles, ce qui m'aurait d'ailleurs fait économiser pas mal d'argent si ça avait été en lieu et place de la dernière activité citée. Et par suite, à Gael d'être nourri correctement et de pouvoir aller à la fac. Mais bon, ce qui est fait est fait, et j'ai d'ailleurs vendu ses vêtements de bébé sur ebay pour pouvoir me refaire, alors il n'y a pas d'inquiétude à avoir, vous voyez bien.

Balayant mes archives, j'ai remarqué une courte interruption du blog il y a un bon mois. Et figurez vous que ça a correspondu exactement à la libération d'Ingrid Bétancourt.
Et oui.
Mettez vous à la place des Farcs qui, au fond de leur jungle pleine de moustiques agressifs, n'avaient pour seul loisir que la consultation épisodique de mon blog. Le reste du temps, il fallait écouter l'autre cul-bénite essayer de les convertir avec son chapelet, ça devait être usant.
Le blog sans nouveaux posts, il ont craqué et libéré notre Ingrid.
(Je tiens à préciser que je n'ai pas été le seul à jouer un rôle dans cette histoire. Le président Sarkozy a été un acteur majeur de l'heureux dénouement des événements).

Je me suis donc décidé à renouveler l'exploit. Pour protester contre la tenue des Jeux Olympiques en Chine, je me mets en grève du blog jusque début septembre. Et paf.
Tremblez, pourriture de dictateurs communistes! Déjà c'est pas très sympa d'oppresser un peuple qui n'a pas le droit de choisir ses dirigeants, ni de s'exprimer. Mais bon, sensibilisé par l'habile argumentaire des moralistes du CIO, je n'aurais pas osé protester de ce seul fait tant il est vrai que je dois respecter tous les modèles de société, et pas seulement la démocratie occidentale.
Il est vrai qu'il me faut concevoir que si ça se trouve, les chinois aiment bien se faire passer les coucougnettes à la gégéne quand ils expriment un léger désaccord sur une décision du Parti. Je ne suis pas sinophile, et l'idée de donner des leçons post-colonialistes aux sympathiques dirigeants chinois m'est tout à fait étrangère. Et en plus, les Jeux doivent célébrer l'Amour entre les Hommes, et pas être le théâtre de sordides revendications politiques.

Si je m'oppose avec la dernière énergie à la tenue des Jeux en Chine, c'est pour une raison tout autre. Je trouve inhumain, oui tout bonnement inhumain, de tenir ce grand événement sportif dans un pays qui a le culot de se trouver en fort décalage horaire avec nous.
Quel scandale! C'est qui qui va devoir se lever à 3h du mat' pour regarder du tir couché à 30 mètre? C'est qui qui va mettre sa santé en danger pour rester éveillé pendant les 50 kilomètres de marche? Et c'est qui qui va devoir écarquiller ses pauvres yeux pour apprécier la grâce des lanceuses du poids dès potron-minet?

C'en est trop.
Pour faire plier les caciques de cette triste dictature, même si je dois pour cela vous "prendre en otage" (TM), je me mets en grève illimité du blog pendant mes vacances.

Hasta la victoria sempre,

Che Vinci

samedi, mars 29, 2008

Aimez les bobos

Puisque notre actualité est assez calme (et oui, la grande nouvelle se fait attendre. Patience...), je m'en vais profiter de ce post "libre" pour préciser ma pensée sur le terme de bobo, et tout ce qui s'ensuit.
Attention les yeux, je suis pas là pour déconner.

A mon sens, le bobo est à l'origine une sympathique caricature d'un nouveau type de citadin, parfois tout à fait pertinente (notamment à mon endroit). D'un côté intello-alternatif, avec une grande tendresse pour la culture intègre et désargentée, mais d'un autre côté vivant dans le confort matériel, sans aucun problème de conscience.
Il est donc de bonne guerre de s'engouffrer dans le boulevard qui nait de cette ambiguïté "j'aime vivre comme un pauvre, sauf que je veux mon petit confort" pour se foutre gentiment de la gueule dudit bobo.

J'accepte le chambrage de bon cœur, d'autant que ce prototype m'est tout à fait sympathique. Le type en question a du fric; il pourrait donc sagement vivre dans le XVIème et lire calmement les pages saumon du Figaro dans un fauteuil Louis Philippe, sans jamais croiser quelqu'un de bronzé.
Mais non: il préfère vivre dans un hangar d'artiste, dans un quartier coloré, et s'ouvrir au monde dans toute sa variété en assistant à des expos avant-gardistes et en allant voir des films d'ailleurs (pour aller à fond dans le cliché, là aussi).
Encore une fois, je suis bien d'accord qu'il y a de nombreuses limites à cet exercice. Le hangar d'artiste a certainement été refondu en un loft très confortable, le quartier coloré se dépeuple fortement de sa composante populaire alors que les loyers montent en flèche, etc. N'empêche que ce choix de vie, ouvert, curieux, et alternatif, a toute ma sympathie.

Mon vrai problème avec le terme de bobo est qu'il a pour beaucoup quitté son image de caricature (pertinente et sympathique), pour devenir un repoussoir agressif - fortement politisé. Tu es bobo, donc tu n'es pas sérieux, tu es un pauvre guignol qui se rend intéressant à jouer au pauvre alternatif, mais tu pues l'hypocrisie. Tu es et resteras d'abord et avant-tout un bourgeois. Et surtout, disons le, tu n'as pas le droit d'être de gauche! Eternel argument à la con.
Et ça, ça m'énerve prodigieusement. Non, ce n'est pas parce qu'on a du fric qu'on doit refuser plus de solidarité. Le riche a bien le droit de voter à gauche; les pauvres votent à droite de toute façon! Et ce n'est pas parce qu'on peut se payer un appart' dans un immeuble calme d'un quartier authentiquement bourgeois qu'on a tort de vouloir s'installer dans des coins plus populaires. (Certes, ça aura pour effet secondaire de faire monter les loyers et de virer les vrais populaires, mais croyez-vous vraiment que les bourgeois "pur jus" n'auraient pas colonisé le quartier eux aussi?)

Bref.
Encore une fois, la plupart des vannes qui me sont envoyées sur ce sujet ne me dérangent pas du tout, car elles visent les vraies petites ambiguïtés du bobo, sans porter de message politique agressif. Mais je me méfie, car ce terme est une arme très puissante pour les argumentaires de droite: en deux syllabes, ils peuvent décrédibiliser n'importe quel contradicteur, comme ils le firent avec le funeste terme de "gauche caviar" (lui aussi pertinent dans certains cas, mais utilisé à toutes les sauces).
Notez qu'on est en train de vivre la même chose en symétrique avec le terme de droite bling-bling - même assonance, même percutant, même cliché. Il est pour l'instant attaché à quelques hommes politiques en particulier, mais si il s'étendait à l'ensemble des bourgeois "pur jus" dans les semaines qui viennent, il serait tout aussi injuste - et tout aussi puissant.

jeudi, décembre 20, 2007

Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise?

Voila, c'est comme ça. La flemme, les courses de Noël, de bons bouquins, de bonnes séries, et le blog sommeille. (En plus je passe mes journées à écrire un rapport, alors le soir j'ai un peu envie de faire autre chose.)
Ben c'est comme ça, et pis c'est tout.

Souffrez, lecteurs exigeants, que les posts ne soient pas débités au kilomètre. On ne peut pas tout avoir: le sublime de posts admirablement bien sentis, et un rendement calibré pour la grande distribution.
Et oui, faut laisser la part du rêve, et la magie de l'inspiration faire son oeuvre. On parle art et philosophie, pas production de masse, mes braves! Je suis une frèle hirondelle portée par les vents changeants de la poésie, finalement. Flap flap, vole petite hirondelle, vole, loin du rendement sarkozyste ambiant!

Alors vous allez arrêter de râler, quitter votre confortable position de consommateur, et prendre un peu la mesure des morceaux de bonheur que je vous délivre quasi-quotidiennement. Ca vous fera les pieds, pour une fois.
De toute façon, les bouquins que je lis assidument m'expliquent qu'il faut apprendre dès le plus jeune âge à gérer sa frutration.
Non mais. Je vais pas tout vous céder, moi.

(Pffff. Chuis fatigué, moi...)