Affichage des articles dont le libellé est Zique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Zique. Afficher tous les articles

lundi, avril 05, 2010

La Canaille



Nous arrivons à un de mes temps préférés de bloggeur émérite. Quand j'ai fait une découverte musicale incroyable, à laquelle j'adhère complètement, et que je peux la partager avec mon large lectorat.
Ce n'est pas tant que j'ai envie de me la péter "découvreur de talents" (quoique c'est vrai que c'est toujours un peu flatteur), mais c'est surtout que j'accroche tant à l'écoute de cet album que j'ai envie qu'un maximum de mes potes y jette une oreille - confiant que le talent du groupe en question fera le reste.
Ainsi donc, après les sommets que constituent Mr Roux, la Blanche et Batlik (voire Loïc Lantoine si on veut bien considérer qu'il n'était pas assez connu quand je l'ai mentionné), let me introduce... la Canaille!

Il s'agit d'un groupe de Montreuil, pas évident à classifier. Si le chant est clairement rap, la musique dépasse de loin la boîte à rythme et les samples répétitifs habituels. La formation de base est même franchement rock (guitare et basse), enrichie d'un solide sampler-scratcheur (ce qui nous ramène au hip-hop). Mais en outre, des amis violonistes, trompetistes et sytaristes se joignent à la fête, ce qui donne de chansons en chansons des colorations jazzs ou world. Vu la profondeur musicale du truc, c'est un peu rude de les limiter au qualificatif de rap!
Le plus simple est de consacrer quelques minutes à la petite sélection de leurs chansons que je vous ai amoureusement concoctée pour vous faire une idée de l'OVNI en question. Seule ma belle-sœur a su condenser l'essentiel de l'esprit de la Canaille en une courte définition qui, si elle n'est pas parfaitement exacte, restitue l'essentiel: c'est du rap gaucho.

En effet, l'intérêt premier de la Canaille ne vient pas pour moi de leur instrumentation (même si elle est de tout premier plan), mais des textes. Sérieusement, férocement, engagés. Mais aussi formidablement talentueux...
Même si j'ai une tendresse toute particulière pour les groupes engagés, je craignais de me lasser d'un groupe dont l'intégralité des textes suinte exclusivement la colère rouge. J'avais peur qu'un réquisitoire trop systématique ne tourne rapidement en rond sans spécialement faire avancer le schmilblick, à la façon de ces groupes adolescents dont l'analyse politique ne va pas plus loin que "casse toi Sarko" et "le racisme, c'est mal". C'est plutôt sympathique, mais ça ne s'écoute pas en boucle.
On en est loin ici. Les chansons varient les tons (parfois), mais surtout les angles pour chanter la colère sociale. Elles sont joliment amenées, bien construites et argumentées, et, disons le, contiennent de jolies et percutantes images poétiques ("le bruissement des pantoufles avant le bruit des bottes", pour ne citer qu'elle). Et elles gardent toujours cette infalsifiable sincérité de la révolte viscérale.
Fort, beau, et intelligent, quoi...

Et j'ajoute prolixe!
Car à peine écouté l'album que je me suis rué à leur concert. Je m'attendais à un moment fort, mais craignais que les garçons n'aient pas un répertoire permettant de tenir beaucoup plus d'une heure. Une heure de panard, c'est déjà énorme, me direz vous.
Et bien figurez vous que les garçons ont en plus la plume généreuse, puisqu'une bonne moitié des chansons ne sont pas présentes sur leur album. Et quel bonheur, de découvrir à cette occasion une brassée de textes tout aussi bien sentis et, chose rare, que l'on peut apprécier dès la première écoute!
Bref, je ne saurais trop vous conseiller de donner sa chance à ce grand groupe...

Plus accessoirement, la Canaille m'a donné l'occasion de me frotter à un public de concert de rap. Expérience partielle puisqu'une bonne partie de la salle était constituée, comme moi, de bobos attirés par les diffusions sur FIP ou France Inter. Mais malgré tout, l'avant scène de la première partie, 100% rap celle là, fut peuplée de jeunes à casquette au milieu desquels j'ai eu l'impression de faire tâche. J'y ai appris, par exemple, qu'apparemment on n'applaudit pas dans ce genre de concert, mais qu'on préfère ovationner un bras en l'air! je le note...
Cela dit, outre cette confrontation pittoresque, j'ai aussi eu l'impression que l'artiste en première partie - Swift Guad - n'avait pas non plus sa plume dans sa poche. Certains de ses textes, servis par une voix de dur whiskyteux (mais desservis par une musique bombomesque sans finesse), m'ont tant plus que je me suis offert son album.
Pour ceux d'entre vous qui 1- auraient écouté la sélection de la Canaille et 2- sauraient faire abstraction de l'imagerie de gros dur de rap bien stéréotypée, je conseille l'écoute (et pas trop la vision) de ce clip:


Et tant que j'y suis, j'expédie le reste de mon actualité musicale vite fait bien fait. C'est court, percutant et forcément injuste, mais je n'ai pas connu de grand choc à part la Canaille ce dernier trimestre.
Le live de Ben Harper est sympathoche, sans plus. L'album accoustique d'Arthur H vaut une écoute, mais n'égale pas les originaux. Le dernier album de Jeanne Cherhal est intéressant, mais pas à se rouler par terre.
Par contre, je me suis mis sur le tard à Izia, jeunette bombe rock. Tout en premier degré frontal comme il convient à ce style, c'est une boule d'énergie au talent vocal considérable. Je l'honore en ajoutant deux de ses morceaux à ma sélection. Côtoyer la Canaille après tout le bien que je viens d'en écrire, ça veut tout dire.

dimanche, février 07, 2010

Jewels


Les trois albums de cette chronique musicale comptent une belle confirmation, et deux bijoux. Pas mal comme programme, n'est-il pas?



La confirmation, c'est le nouvel album de Batlik: l'heure des choix. Les textes super-engagés, qui alternent avec des histoires minimalistes plus légères, répondent bien présent. La guitare virtuose et la voix bien particulière marquent les morceaux de la talentueuse patte Batlik.
Mais là où cet album diffère un peu des autres à mon sens, c'est par la complexité des arrangements qui gagnent en profondeur, grâce notamment à une clarinette élégante toujours placée bien comme il faut. Seulement, et je ne sais pas si c'est lié à ce travail en profondeur sur la musique, mais il me semble que l'heure des choix ne comporte pas, comme les deux albums studio précédents, de chanson à la mélodie simple et ravageuse, propre à emporter le nouvel auditeur.
Pour le fan aguerri, ce nouvel opus est tout à fait à la hauteur des précédent, et creuse même un peu plus le sillon du bonhomme. Par contre, de fraiches esgourdes devraient peut-être se tourner vers Juste à côté ou Utilité pour rentrer dans son monde.

Mais rentrons maintenant dans le cœur des bijoux. Les amis d'Allain Leprest nous gratifient d'une deuxième compilation de reprises de ses chansons dans Chez Leprest II. Parmi les intervenants, citons La rue Ketanou, Alexis HK, Olivia Ruiz ou Anne Sylvestre (et oui).
L'idée est de mettre en valeur les splendides textes du méconnu Leprest, dont les enregistrements manquent un peu de puissance musicale. Si le travail sur la musique reste sobre, les intervenants se rattrapent largement sur l'interprétation. Grâce à eux, on se prend en pleine tronche les textes formidables de ce grand bonhomme, ce qui est bien le but de la manœuvre. Tour à tour féroces (Je ne te salue pas), tendres (Arrose les fleurs, la retraite) ou amusants (Le temps de finir la bouteille), ils sont toujours magnifiquement poétiques. Consacrez dix minutes aux quatre chansons que je vous ai sélectionné ci-dessus, et vous allez voir ce que vous allez voir (commencez donc par je ne te salue pas...).
J'adore.

Et enfin, je suis navré de ne pas pouvoir vous faire écouter quelques morceaux de Fantazio, intraçable sous deezer. Il ne vous reste plus qu'à vous faire une idée sur leur excellent site.
Le Fantazio Gang, c'est avant tout une bande de quatre habités de la scène aux instruments improbables (monsieur Fantazio le contrebassiste en tête), ne reculant dans aucune expérimentation festive. Je n'ai jamais eu la chance de les voir en concert, mais leur excellent album Cinq mille ans de danse tourne en boucle dans mes esgourdes depuis deux mois. Il respire l'énergie de la scène, les collaborations éclectiques, et les envolées originales. Mais surtout, là où je suis impressionné, c'est que malgré toute cette richesse, l'album reste parfaitement accessible et très bien équilibré.
J'adore aussi.

vendredi, janvier 22, 2010

Slap time

Contrairement à ce que suggèrent quelques mauvaises langues, je n'aime pas que l'accordéon (quoiqu'il n'y ait pas de honte).
J'aime aussi la basse. La noble et discrète babasse, qui donne toute son épaisseur à bien des morceaux. Quand à la faveur d'un One shot not (émission de concerts sur arte que nous découvrons à peine, et qui nous charme par son aptitude à rendre des ambiances du live), je suis tombé sur cette extraordinaire prestation de Marcus Miller, je me suis dit que je me devais de la présenter à mon lectorat fidèle.
Coupez le téléphone pendant 20 minutes (allez, au moins pendant les 8 minutes qui vont de la deuxième à la dixième), mettez vous à l'aise dans votre petit fauteuil, montez le son, et profitez.

A part ça, les prestations ce Catherine Ringer et de Ben Harper valent également leur pesant de cacahouettes.

lundi, janvier 11, 2010

Mano


A force de le savoir menacé et pourtant de le voir toujours présent, à vif et sans concessions, album après album, j'en étais venu à croire que ce jour n'arriverait pas. La nouvelle de la mort de Mano Solo m'a bouleversé. C'est bien sûr un artiste dont je suis extrêmement client depuis une quinzaine d'année. Mais la proximité avec lui est d'autant plus forte qu'il a utilisé en grande partie ses chansons pour se raconter, se mettre à nu, jeter ses colères, ses tristesses et plus récemment ses joies à ses auditeurs. Plus qu'un chanteur dont j'aime les chansons, j'avais l'impression que c'était un type bien que je connaissais bien.

D'où mon émotion en apprenant par hasard, entre nouvelles du froid hivernal et des soldes saisonières, sa disparition. Je vous fais grâce des longs discours et des citations de ses chansons crépusculaires: plus simplement, ça fait mal et ça fait chier.

lundi, décembre 14, 2009

Top 10 2009

Je suis donc maintenant en mesure de vous livrer la liste de mes albums préférés de l'année 2009 - à temps pour des cadeaux de Noël de dernière minute?
Avec le recul, c'est une bien bonne année. A part le live de Lantoine que je place très très haut, les autres albums sont assez homogènes (de sorte que je ne sépare pas, comme l'année dernière, les cinq premiers des autres).
Ce qui ne veut pas dire qu'ils soient moyens! Tout cela, c'est du très très bon. D'ailleurs, quand on voit que Ben Harper, Syrano ou Gossip doivent pointer dans la deuxième partie du classement, et que Manu Chao, M ou Mickey 3D n'ont même pas l'honneur d'y figurer, c'est bien que le niveau est très élevé.
Mais trève de blabla, voici le verdict:

1- Loïc Lantoine - à l'attaque.
2- Java - maudits français.
3- Monsieur Roux - un été caniculaire.
4- Sanseverino - les faux talbins.
5- Peter Doherty - Grace/wasteland.
6- Ivan avec un I.
7- Ben Harper - white lies for dark times.
8- Syrano - le gout du sans.
9- Placebo - Battle for the sun.
10- Gossip - Music for men.

dimanche, décembre 13, 2009

Déstockage de chronique musicale


Notre emploi du temps chargé de fin d'année repousse encore et encore la chronique musicale que je m'étais promis d'écrire, et qui est rendue urgente par le fait que j'aimerais conclure comme d'habitude l'année par le top 10 des albums que j'ai préféré, de sorte que je profite du court temps mort pendant lequel j'ai pu échapper à l'attention de Gaelou pour vous livrer une chronique rapido.

Je commence par trois albums sympatoches, mais que je n'ai pas trouvé inoubliables. Le clan des Miros, de Renan Luce, confirme l'impression de l'album précédent. Les textes sont bien troussés, les mélodies efficaces, et il serait bien dommage de ne voir en ce chanteur qu'un animal médiatique destiné à charmer les minettes propres sur elles. Son album est agréable, mais on ne s'en relève pas la nuit.
Ca me fait bien plus mal de dire cela de Rentrer au port de Mano Solo, mais mon verdict est cruellement le même: agréable mais oubliable. Le garçon reste un solide monument dans mon panthéon personnel après avoir aligné album coup de poing sur album coup de poing, sans oublier de courageusement se renouveler au fil des années... du moins jusqu'au disque les animals. Les deux productions qui le suivent (dont rentrer au port) me laissent plus froid; elles ne sont pas désagréables et restent troublantes d'intensité par moment, mais elles accrochent bien moins mon oreille et mon attention que les albums précédents. Ca me chagrine doublement: d'une part j'ai la plus haute estime pour Mano, et d'autre part les critiques ne relaient pas du tout mon impression, de sorte que j'ai peur de passer complètement à côté de quelque chose.
Est-ce moi qui ne suit plus capable de me laisser absorber par le même genre de chansons qu'avant? Je ne crois pas, mais mon sentiment sur le dernier disque de Volo - en attendant - plaide en ma défaveur. Une ou deux perles en émergent (Réguler, Il parait), mais le reste de l'album m'est apparu relativement plat bien que sympathique.
Désolé les gars...

Pour autant, je ne suis pas définitivement devenu imperméable à l'ensemble de mes groupes favoris puisque j'ai beaucoup aimé le deuxième opus des aventures de Pit'Ocha, le héros dont les ogres de barback suivent les aventures dans leurs albums adressés aux enfants. Un album jeunesse, c'est forcément particulier, mais celui-ci a trouvé grâce à mes grosses esgourdes d'adulte d'une part parce que la musique est travaillée en diable (ce qui ne surprendra pas les fans des ogres), et d'autre part les textes ne sont pas niais... et même parfois succulents quand Pit'Ocha s'en prend à notre président! Et oui, ils ont beau s'adresser à un très jeune public, les ogres ne peuvent pas s'empêcher d'en mettre une couche sur le petit Nicolas!
Mickey 3D ne se prive pas non plus de ce plaisir dans la grande évasion. Ce groupe aussi est parfaitement fidèle à son habitude. Des textes denses et bien foutus, portés par une musique très solide, et défendus par un chant très particulier. Le débit monotone du chanteur m'a toujours un petit peu rebuté, mais les histoires qu'il raconte sont si bien construites, et la musique si bien en place, que mes réserves ont été largement balayées.

Mais de toute cette moisson, j'ai vraiment vu un album sortir nettement du lot. Il s'agit des faux talbins de Sanseverino. Vous aurez certainement compris à la lecture de mes chroniques musicales que j'ai beaucoup de respect pour les groupes et chanteurs qui prennent le risque de se renouveller. Sanseverino est un coutumier du fait, mais ça n'a pas été jusqu'alors une absolue réussite dans ses albums studios. (Je ne fais pas ici de litote: j'ai vraiment apprécié ses albums précédents, mais ils n'étaient pas parfaits à mon sens.)
Je ne jetterais par contre rien dans les faux talbins. Après le jazz manouche et le big band notamment, nous voici plongés dans une ambiance très années 50 dans un album aux teintes de variétés qui se concentre particulièrement sur le destin des petits bandits de l'époque.
Ce décor rapidement planté est d'ailleurs assez réducteur puisque l'ambiance varie beaucoup d'une chanson à l'autre, passant de la gaudriole au plus frontal désespoir. Si la tonalité change, la maitrise musicale et la fougue des textes reste inchangée. L'album est à la fois réjouissant et un peu régressif par moments, tout en restant très haute qualité dans la musique comme dans les textes.
Respect.

vendredi, octobre 02, 2009

J'achète un M...

Découvrez la playlist ZiqueSept2009 avec Java

On parle beaucoup de la rentrée littéraire, mais je vous avoue être beaucoup plus sous le choc de la rentrée musicale, qui frappe très fort. Une rentrée marquée cette année sous le signe du "M". Non que le dernier album de -M- soit à ce point essentiel, mais que, entre -M-, Manu Chao, Mano Solo, Miossec et Mickey 3D, il fait bon être initialisé comme il faut pour être distribué!
N'ayant pas eu le temps d'approffondir l'écoute de Mickey, Mano, Volo et Emilie, je me les garde au chaud pour un post futur. Par contre, -M-, Miossec, Manu Chao et Java ont bien profité de la semaine de codage que j'ai derrière moi pour imprégner mes esgourdes.

-M- a décidé de sévérement remettre en question sa recette habituelle pour pondre un album plus mélancolique, moins festif, et assez ambitieux: il me semble encore plus travaillé qu'à l'ordinaire, et les paroles sont marquées par le partenariat avec Brigitte Fontaine.
Parti sur des a-priori ambigus (j'apprécie qu'un artiste se lance dans une nouvelle direction, mais je n'ai jamais accroché à Fontaine - et le matraquage publicitaire m'a pesé), j'aime globalement l'album. Un peu trop compliqué (voire prétentieux) par moment, il est aussi souvent touchant. Si je suis un peu déçu, c'est parce que j'adorais littéralement les albums précédents. Celui-ci est juste bon.

Miossec ressort un album digne de ses meilleurs moments. Malgré la colaboration avec yann Tiersen, on ne doute pas un instant du contributeur majeur: voix naïvo-désabusée inimitable, textes touchants centrés sur des looseurs, mélodies nées sur une guitare sèche... Aux antipodes de l'approche de -M-, le bonhomme creuse son sillon avec des chansons à la touchante justesse, qui ont mille qualités mais ne surprennent pas. J'aime aussi.

Quittons le rayon du spleen pour rejoindre la fiesta du live de Manu Chao. J'ai déjà vu le français le plus mondialisé mais le moins mondialisé (je me comprends) deux fois sur scène. Pour un bonheur incroyable à la fête de l'huma il y a des années, et pour une déception à Bercy cette année.
Et bien, ce double-album marathon combine ces deux aspects. Une pêche sans fin, des mélodies internationalement appréciées reprises aux amphétamines côté pile. Un mur musical un peu monocorde, un peu répétitif côté face.
Une résultat mitigé, donc? Pas exactement. Malgré l'excellente tenue des autres albums qui hantent mon ipod ces temps-ci, c'est cet disque que l'écoute le plus. Ces heures de plaisir m'ont permis de trancher: on passe vite outre l'impression initiale de décrocher après une ou deux chansons, de sorte que ce live est parti pour habiter ma discographie pendant des années.

Bien que je sois - vous l'aurez compris - content des disques précédents, j'ai quand même trouvé à chipoter sur chacun d'entre eux. Sur le dernier Java, point de chichi. Tout est bon, gardez tout!
Java, c'est ce groupe né du concept a priori invivable de rap-musette. Et ben mes amis, quelle réussite! Premièrement, ça tient une pêche phénoménale (que nous allons goûter en concert le 1er décembre). D'autre part, la coloration musette, utilisée pour faire des samples funky, et épaulée par une base rythmique très solide, apporte une identité super intéressante - et originale - au groupe. Enfin, les textes sont souvent désopilants, et parfois super-touchants.
Un must, je vous dis, les gars.

mardi, juillet 14, 2009

Musique!



Et oui, ça vous pendait au nez, voici donc la petite chronique musicale qui se faisait attendre depuis quelque temps. Peu de mes groupes français de référence ayant sorti de nouveauté ces deux derniers mois, j'ai ouvert mes esgourdes à tous les vents, avec des fortunes diverses. De lourds échecs (Nine Inch Nails, Sonic Youth), des mélodies pas désagréables mais vite oubliées (Michael Jackson - et oui...), des petites choses accrocheuses dont je vous entrentiendrai peut-être plus tard (Regina Spektor, Peaches)... et d'indiscutables réussites.

Je commence par une valeur sure, Placebo, qui sort après trois années de silence Battle for the sun. On change radicalement, puisque le batteur (presque) original du trio a été remplacé, et qu'une violoniste est en passe de devenir membre à part entière du groupe. On change également le style qui devient moins sombre et plus épique, aidé en cela pas la fougue du nouveau jeune batteur.
On change radicalement mais... au final, ça ne change pas fondamentalement. Battle for the sun reste du Placebo pur jus, frontal, torturé, indissociable de la voix du chanteur. Comme d'habitude à la première écoute, j'ai eu plaisir à retrouver ce groupe que j'aime beaucoup. Comme d'habitude, je me suis surpris à penser à autre chose lors des écoutes suivantes, et me suis dis que cet album était bien mineur. Et comme d'habitude, j'ai réalisé que je l'ai écouté en boucle pendant un mois avec grand plaisir!
Bref, cet album est un digne successeur de la discographie du groupe, plaira à leur large public, et continuera a rebuter le reste des auditeurs.

Un peu à reculons, je me suis lancé dans l'écoute du dernier Gossip, Music for Men. Si le groupe existe depuis une dizaine d'année, il n'a connu un large succès que depuis deux-trois ans avec Standing in the way of control. J'étais quelque peu sur la défensive car je craignais le coup publicitaire tant j'entendais parler de la grosse-chanteuse-lesbienne-à-la-pèche-incroyable-sur-scène. Ca avait des petits airs de Star Ac' un peu déviante...
Et bien je me suis pris une grosse baffe à l'écoute de l'album. Il est vrai que la chanteuse (Beth Ditto) crève l'écran et est omniprésente. Mais ça me semble tout à fait pertinent tant sa voix est belle et puissante et son dynamisme communicatif. Et surtout, elle est loin d'être lâchée en rase campagne pour faire de virtuoses tours de force sans grand intérêt. Ses petits amis la soutiennent d'un rock indé solide bien senti et parfaitement en place.
Voila un disque produit aux petits oignons et qui sent donc un peu le marketing, mais un marketing mis au service de tant de talent et de sincérité qu'on serait bien bête de bouder son plaisir.

Mais je ne vais pas vous abandonner en pure terre anglo-saxonne car l'album que je préfère de cette cuvée (outre l'indispensable Monsieur Roux dont je vous ai parlé il y a peu) est Ivan avec un i. Ses chansons ne sont pas en écoute sur Deezer, alors allez donc jeter une esgourde sur son site, par exemple à J'aime plus les filles ou Moi j'ai Paris (ma favorite, Moins de cent, n'est malheureusement qu'en écoute partielle sur le site de la fnac).
Ivan est l'ancien chanteur de mes chouchous les Fatals Picards, qu'il vient de quitter pour se lancer dans une carrière personnelle. On comprend bien pourquoi à l'écoute Du temps à louer: s'il a gardé sa voix rentre-dedans et une affection pour les guitares saturées qui apparait ponctuellement, il a mis un mouchoir sur son énergie bondissante punkoïde pour prendre un virage romantique. Et oui!
Et bien que j'adorais le second degré teinté de politique des Fatals, je ne regrette pas du tout ce choix. Avec sa plume mal dégrossie et ses expressions à la limite de la correction grammaticale, le bonhomme a un vrai style riche de métaphores étonnantes mais d'une justesse confondante qui m'ont retourné plus d'une fois. Un écriture parfaitement au diapason de son style de fanfaron malpoli qui a le courage de nous faire découvrir une sensibilité des plus touchantes.
Ca a l'air prétentieux comme ça, c'est en fait tout naturel et parfaitement modeste. J'ai beaucoup aimé.

dimanche, juin 21, 2009

Je hais la fête de la musique

Je hais la fête de la musique.
Oui, je sais. Je suis mordu par la musique; je vous fatigue à longueur de posts en vous relatant mes dernières découvertes; je vous incite lourdement à acheter des albums, particulièrement ceux de petits groupes; je vous inflige les comptes-rendus des concerts auxquels j'assiste en espérant vous inspirer à découvrir les artistes en question sur scène.
Oui, je sais. Engagé à gauche, prônant la solidarité, je devrais me faire le porte-drapeau d'une des rares fêtes populaires qui touche la France dans son ensemble (ou du moins en grande partie).

Oui d'accord. So much pour la théorie. J'ai néanmoins un contre-argument puissant à vous opposer: la fête de la musique, c'est tout pourri.
Peut-être faut-il que je développe?
Mes expériences, nombreuses, de la fête de la musique sont de trois types. Et dans les trois cas, elles sont de cuisants échecs.

Premier cas: on se retrouve avec des copains "dans le centre", sans plan très précis. Nous voila donc dans des ruelles bondées, à passer frénétiquement d'une petite scène à une autre, sans jamais s'arrêter plus d'une demie-chanson sur l'une d'entre elle (ou alors c'est simplement parce qu'on n'arrive pas à avancer).
Premièrement, il est très difficile d'apprécier de petits groupes de styles divers sur des sonos de fortune, surtout quand les deux stands voisins mêlent leur basse métal ou leur batterie jazzy à l'accordéon qu'on cherche à écouter. Et deuxièmement, parce que le groupe de copains n'arrivera jamais à se mettre d'accord sur une scène méritant un arrêt non symbolique (ou retrouve l'emballement de groupe empêchant le choix d'un restaurant dont je me suis fais l'écho un peu plus tôt). Et enfin, je ne sais pourquoi, mais on considérerait avoir raté notre fête de la musique si nous n'avions pas sillonné l'intégralité du "centre" dans la soirée.
Bilan: un butinage inintéressant, beaucoup de bousculades, du stress, des jambes douloureuses et des bières à 8 euros dans des gobelets en plastique. Qui collent aux semelles, ensuite.

Deuxième cas: expérimentés et cherchant à éviter le piège du premier cas, on potasse, on se prépare, et on ne vise qu'un seul et unique événement prestigieux. Arthur H, Peter Doherty ou Olivia Ruiz pour les parisiens; Ghislaine et son accordéon ou Toto et sa vielle de gambe pour les Provinciaux. Ce sera ce groupe là, un point c'est tout.
Seulement, quelle n'est pas notre déception de n'assister qu'à un set raccourci d'une petite heure, donné devant un public peu concerné - hé, c'est gratuit, peuchère! A part pour les fidèles absolu qui se sont ménagé une place dans les premiers rangs, il est bien difficile de suivre le mini-concert entre les badauds qui vont et viennent, et les jeunes cools qui passent le concert à se hurler des vannes aux oreilles, ou à s'appeler les uns les autres au portable.
Si vous aimez un artiste, n'allez surtout pas le voir à la fête de la musique. Cassez votre tirelire, et plutôt que de l'apercevoir sur une place qui résonne (et sur laquelle il pleut, si vous êtes à Nantes), vous les verrez pour de vrai, tranquillement, devant un public passionné.
Ne vous méprenez pas, moi je suis pour la culture pour tous, hein! Mais à condition que tous ces cons ne viennent pas me faire chier...

Et j'en viens au troisième type d'expérience de la fête de la musique: je me baricade chez moi, m'occupe de Gaelou et veut me coucher tôt.
Mais voilà, j'habite à 200 mètres de la grande scène de Denfert-Rochereau! Et je n'ai ni double-vitrage, ni boules quiès triple épaisseur telles qu'utilisées par les astronautes de la nasa. Alors, jusqu'à deux heures du mat', et avant que Gaelou ne se réveille sur le coup de 6h, j'entends la version résonnée, filtrée dans les basses, des groupes se produisant sous mes fenêtres.
Et même Spleen ou Alexi HK, que normalement j'aime bien, vont me peser cette nuit. J'envisage toute une série de représailles: ne plus acheter ces artistes; pire, les télécharger; boycotter leurs sponsors: Oui FM (de toute façon, quatre tubes en rotation lourde...), et surtout, Ricard. Pendant toute une semaine, je ne boirai que du pastis 51, na!
Je hais la fête de la musique

vendredi, juin 12, 2009

Mr Roux à l'Européen


Ce n'est pas parce qu'on est un jeune père qu'on cesse d'avoir toute vie sociale! J'ai donc profité de ma sortie-concert désormais bisannuelle pour aller voir un de mes deux chouchous-injustement-méconnus: monsieur Roux, à l'Européen. (L'autre, c'est La Blanche, qui passera en Novembre à l'Européen. Chic chic chic, je pourrais me faire ma deuxième sortie de l'année à cette occasion).

Trois ans après son premier - et mythique - album, Erwan Roux affronte donc le virage de tous les dangers en sortant son deuxième album: Un été caniculaire. Permettez moi donc une digression pour commenter ce bel objet, d'ors et déjà promis à une place de choix dans mon palmarès de l'année.
Finalement, la seule chose que je puisse reprocher à cet album, c'est que le premier l'ait précédé. Évidemment, je n'ai pas ressenti le même choc qu'à l'écoute de "Ah si j'étais grand et beau", non pas parce qu'il est moins bon, mais parce que je ne pouvais pas redécouvrir, partant de rien, la verve de ses textes à la fois cyniques, sans concession, tendres et justes.
Non seulement l'été caniculaire est tout à fait au niveau, mais puisqu'il ne peut pas dépasser le côté surprenant, sauvage et brut de décoffrage du premier, il a décidé de l'enrichir, en le développant par d'autres côtés.
La musique est infiniment plus travaillée, et même si le dépouillement du premier album allait tout à fait avec ses textes rentre-dedans, c'est un plus appréciable. Et une fois la patte rouxienne posée sur une bonne moitié des textes (Le vote utile, Fais moi peur, C'était mieux avant, Un été caniculaire pour ne citer qu'eux), le bonhomme décide de mettre sa plume brillante au service d'autres ambiances, parfois à l'occasion de duos fort bien choisis, souvent pour le meilleur (notamment pour un brillant 3870 secondes) et une fois pour le pire (Marie-Chantal - désolé je peux pas).
Mais bon, on cause, on cause, mais le mieux c'est de porter une oreille attentive là. Puis, sous le choc, de se mettre debout sur ses petites pattes de derrière et d'aller d'urgence acheter l'album (qui, à la différence du précédent, se trouve sans effort dans toutes les bonnes crémeries).

Mais ce concert, donc?
Ben c'était de la balle, coco. Évidemment, vu mon degré d'affection pour le petit gars, il eût fallu une prestation particulièrement pitoyable pour que j'en ressorte déçu. Mais on en était loin.
Je commence par le public: enthousiaste, nombreux, un peu trop porté sur le filmage en pirate du concert - et surtout, jeunes jeunes jeunes! Se retrouver dans les 10% les plus vieux d'un concert, qui plus est non peuplé de pisseuses amoureuses du chanteur, ça file un choc!
Monsieur Roux était accompagné de ses camarades de toujours: une contrebasse bien en place et un guitariste multi-instrumentiste talentueux, capable à lui tout seul de donner de quelques arpèges à contre-temps du relief à toute chanson. Mais comme Mr Roux commence visiblement à percer, il a pu s'acheter en plus un batteur, et un clavier-orgue.
Ainsi, aux mélodies bien accrocheuses et à l'ambiance détendue distilléeaux transitions est venue s'ajouter une vraie profondeur musicale. Non seulement pas mal de styles musicaux sont visités l'air de rien (rock qui tâche, contry, slow, reggae), mais surtout le groupe est capable de belles montées en puissance musicales qui vous scotchent leur Vinci sur son fauteuil.
Ainsi donc, après avoir acheté votre CD, je vous ordonne de vous rendre à la guichèterie la plus proche, et d'y acheter votre billet pour le prochain concert du garçon près de chez vous. Ou loin d'ailleurs, vous ne le regretterez pas!

Ah et pis tiens, un mot en passant sur la première partie: un mec tout pas beau, qui chante tout seul, avec un cheveu sur la langue. La guitare est bien en place, la voix assez particulière mais les textes si beaux, si marrants, si tendres ou si justes que j'achète les yeux fermés. Le gars s'appelle Boule, son site est là (oui, il s'appelle sitedeboule.com), et comme je sais que vous êtes des grosses feignasses en fin de post, je vous mets même deux chansons sur place à emporter.

dimanche, mai 31, 2009

Nouvelle fournée






Cela fait un bon mois que je ne vous ai pas tenu informé de l'actualité de mes esgourdes. Je vous sens étouffés par le suspense, le souffle court, n'y tenant plus. Grand seigneur, je m'en vais vous libérer en vous offrant une délicieuse chronique musicale.

Convaincu par une chronique enthousiaste de Télérama, je me suis aventuré loin de mes guitares et accordéons favoris avec Oxmo Puccino et son dernier album, Larmes de paix. Si comme moi vous ne le connaissiez pas, il s'agit d'un rappeur reconnu avant tout pour sa plume.
Je ne sais pas si sa réputation de poète, que les médias ont tendance à décerner à tort et à travers, est parfaitement méritée, mais il n'en reste pas moins que les textes sont riches et intéressants. Le bonhomme commence à être sérieusement connu, ce qui lui vaut un album impeccablement produit, où la musique réhausse des paroles qui ne sont pas laissées à nu. Il a le courage (et l'habileté) de visiter de multiples styles musicaux, souvent avec succès (Sur la route d'Amsterdam, 365 jours), parfois avec moins de bonheur (Partir 5mn).
Bref, l'album ne m'a pas offert de choc esthétique fondateur, mais est bien agréable à écouter. Quand une production efficace a l'intelligence de ne pas étouffer le talent, pourquoi ne pas jeter une oreille...

J'ai une très haute opinion de toi, lecteur, donc je suis certain que tu te rappelles parfaitement du groupe La Blanche, un de mes deux coups de coeur stratosphériques parmi les artistes beaucoup trop peu connus (avec Mr Roux). Et bien ils sortent un nouvel album, Imbécile heureux.
Là où les deux autres albums brillaient par leurs paroles sublimes, fantastiquement belles (on peut pour le coup parler de poésie), défendues par les musiques péchues, le nouvel album choisit de mettre les paroles plus en retrait, pour créer des ambiances plus que pour raconter de longues histoires. C'est une évolution tout à fait intéressante, qui vise à passer en quelque sorte du monde de Brassens à celui de Bashung.
Le pari est réussi, dans un sens: chaque morceau, servi par des musiques subtiles, nous emmène dans un petit monde envoutant. Malheureusement, la production de l'album a visiblement été difficile, puisque le projet est passé en court de route d'album classique à mini-album (5 titres). Les cinq titres survivants restent très bien produits, mieux peut-être que ceux des deux albums précédents, mais c'est court, très court, quand il s'agit de créer de subtiles ambiances et de dépayser l'auditeur.

Et pour finir, on en vient à deux valeurs sures, qui confirment chacun dans leur genre.
Olivia Ruiz d'abord, avec Miss Météore. Voila un autre exemple d'album commercial, avec moultes collaborations médiatiques (des duos en veux-tu en voilà). Oui mais là aussi, le talent est là. Rien de bien bouleversant pour qui connait les autres albums de la demoiselle, mais de très bonnes choses dans la même lignée. Le titre caché, en duo avec le chanteur des Têtes raides, m'a particulièrement tapé dans l'esgourde.

Et puis, enfin, l'homme qui jamais ne déçoit. L'homme qui toujours se réinvente, tout en gardant sa patte. Ben Harper nous offre avec White lies for dark times de nouveau un grand, très grand album.
Après quelques virées gospelisantes, après un album-instantanné enregistré en quelques jours à Paris, après de bien beaux albums parfaitement équilibrés avec les Innocent Criminals, il a choisi de se redonner un coup de fouet en retrouvant les Retentless 7. Une formation plus nerveuse, plus rock que les Innocent Criminals, avec qui il avait déjà sorti Both side of the gun.
Et bien, que vous dire? C'est tout simplement - encore - superbe. Jugez vous-même.

jeudi, avril 16, 2009

Il est frais mon poisson...


Ils sont beaux mes CDs, ils sont beaux mes CDs, m'sieurs dames! La récolte n'a pas particulièrement donné en quantité, mais alors là là qualité mes aïeux, je vous dis que ça!

Une chronique musicale ne serait pas vraiment digne de mon blog s'il n'y avait pas un régional de l'étape, un bon petit groupe français pétri de talent. Cette fois-ci, c'est Syrano qui s'y colle, avec son second album Le goût du sans. Syrano présente une étrange fusion des genres entre une musique à forte teinte "chanson", violons et ogre de barbarie en tête, et un chant plus proche du rap, dense et rythmé.
Je vous avais déjà parlé de ce groupe à plusieurs reprises (ils ont pas une vie facile, ils viennent de Chartre. Il faut donc leur faire toute la pub possible!), et j'attendais leur album avec une impatience d'autant plus vive qu'il sort trois ans après le premier. Et c'est une belle réussite. D'abord, leur musique n'a rien perdu de sa pèche ni de son originalité. Les paroles sont intéressantes quoique inégales; émouvantes touchant au poétique parfois, ou bien enrâgées et entrainantes, elles tombent aussi à l'occasion dans le naïf et la facilité.
Bref, ça reste du très bon. Mais en prime, Syrano élargit son répertoire avec cet album, et visite du folk plus classique (seul, chantant à la guitare), et du glam rock du meilleur effet. J'adore. En plus, les illustrations ravissantes de l'album (ainsi que les animations des clips) sont faites par le chanteur avec ses petites mains!
Finalement, le seul reproche que je pourrais faire à l'album est d'être un peu trop long, au risque d'étouffer l'auditeur lors des premières écoutes. M'enfin, quand on n'a que cela à redire...

Venons en à une autre réussite, dans un tout autre style: Grace/Wasteland de Peter Doherty.
Voila un album auquel je ne croyais pas du tout; je voyais d'avance cette grande saucisse poseuse de Doherty se faire téléguider par d'infames producteurs pour capitaliser sur son image d'artiste maudit... Et bien j'ai tout faux: l'album confirme - ce à quoi je ne croyais plus - que Doherty est à tout le moins bourré de talent et de finesse. Et est même possiblement un des tous grands du rock.
L'album est beau, tout simplement. Un mélange irracontable, fin et sensible d'une part, rentre-dedans et brut d'autre part. Les mélodies sont à la fois simples et puissantes, et la voix du bonhomme reflête à plein ce mélange de douceur et d'éraillé. En plus, ceux qui s'y entendent en langue de Shakespeare (ou qui prennent le temps de lire doucement les lyrics) jurent que les textes sont magnifiques.
Un grand album, donc.

Et pour vous remettre, je vous propose une petite chose tout à fait savoureuse: Lost in the eighties des Lost Fingers. Il s'agit tout simplement de la reprise, à la sauce jazz manouche, des tubes les moins recommandables des années 80: Pump it up, Part-time lover, Billie Jean, Tainted love...
Ca nous rajeunit, et permet d'onduler en toute dignité au son de ces tubes efficacissimes. "Hey, c'est du second degré, mec!" D'autant plus que les reprises, pour moi pour qui la culture manouche se limite à Sanseverino, sont des plus agréables!

mardi, mars 10, 2009

Vieux potes


Cette fois-ci, ce sont presque uniquement de vieilles connaissances qui me rendent musicalement visite. Et qui ne me rajeunissent pas des masses.

Suivons donc l'ordre chronologique des souvenirs. Le U2 passionnant s'arrête définitivement pour moi avec Achtung Baby. Le dernier - No line in the horizon - est agréable et pas inintéressant, mais bon, il me passe quand même facilement entre les oreilles sans laisser beaucoup de traces.

Par contre, Sinsemilia et son En quête de sens m'a plus convaincu. Je sais, nombreux sont ceux que leurs paroles de reggae moral rebutent. Je comprends qu'ils peuvent être mépris pour des donneurs de leçon prétentieux. Personnellement, je les crois sincères au delà de tout soupçon quand ils assurent ne pas se donner plus d'importance qu'à n'importe quel type un peu idéaliste, un peu gaucho, refaisant le monde toute la nuit autour d'un feu sur la plage.
Partant de là, leurs paroles sont des plus rafraichissante pour qui veut prendre un peu de recul sur ce monde dont on nous vante le réalisme et le pragmatisme. Dans leurs meilleurs moments elles sont fortes et touchantes, et dans leurs pires phases, j'excuse de grand coeur leur naïveté.
Musicalement, leur rock-reggae est parfaitement en place, et est suffisamment riche pour que l'ambiance change pas mal de chanson en chanson. Ce dernier album ne révolutionne pas la musique, mais il permet de retrouver un vieux bon pote fiable, perdu de vue pendant 5 ans et qui revient fidèle à lui-même, un peu plus mature.

Dans une veine un peu équivalente, la rue Ketanou est également venue nous péter la bise avec A contresens. Ca fait également bien plaisir de retrouver leurs mélodies simples, leur générosité rentre-dedans et leurs paroles au-dessus de la mélée. Cependant, je vais être un peu dur, mais il me semble qu'à la différence de Sinse leur dernier album n'apporte pas grand chose à leur discographie.
C'est un peu cruel car eux aussi essayent de se renouveler musicalement, en s'avançant aux frontières du rock électrique ou en s'ouvrant à des sonorités plus jazz. Mais - peut-être parce qu'ils n'ont pas la profondeur musicale de l'orchestre Sinsemilia - ça n'a pas suffit à complètement renouveler l'intérêt.
Attention, l'album est tout à fait sympathique et je l'écoute avec plaisir, mais il est loin de me marquer autant que les livraisons précédentes. Peut-être vieillis-je, remarquez.

Enfin, une petite déception (elle aussi à nuancer: j'ai dit "petite"!) me vient des Fatals Picards et leur Sens de la gravité. Alors que les deux albums précédents étaient pléthoriques en textes à hurler de rire et à s'enrager politiquement, étayés par des musiques variées quoique péchues, le dernier album est plus court et plus monotone. Les textes ont leurs bons moments aussi, mais je n'ai pas trouvé de perles absolues comme sur le dernier album (qui en regorgeait).
Et les 13 courtes chansons souffrent la comparaison d'avec les 17 longs morceaux de Pamplemousse Mécanique, d'autant que deux des 13 sont des auto-reprises! Voila qui donne un goût de mini-CD de transition bien décevant. D'autre part, les Fatals se recentrent clairement sur le gros rock qui tâche point barre. C'est très efficace et ça doit bien donner en concert (voir le formidable Seul et célibataire 2, que je ne peux écouter au boulot sans gigoter partout), mais moins varié qu'avant.
Difficile de ne pas voir dans cette perte (relative) de la richesse des textes et de la musique les conséquences du départ d'Ivan, le minuscule et chauve membre fondateur qui vient de quitter le groupe pour se consacrer à sa carrière perso... Dommage, car - vous l'aurez compris - même si l'album est plaisant, il est loin de ses deux formidables prédécesseurs.

jeudi, janvier 29, 2009

Top 100


Béotien comme pas deux, et échaudé par les médias qui promettent souvent à tort monts et merveilles, je savais qu'on envisageait pour un lointain avenir que la musique et la vidéo à la demande bouleverseraient nos manières d'appréhender les albums et de regarder la téloche.
Soit. J'étais même au fait des possibilités du téléchargement illégal (que je condamne avec la plus extrême fermeté, évidemment).
Mais voila-t-y pas que je découvre coup sur coup:
  1. Que je peux regarder tous les films de Canal, que je rate systématiquement pour cause de coachage de Gael et de couchage précoce, gratos pendant un mois quand je veux, en les téléchargeant depuis une mignone petite widget. (Calmez-vous, ce n'est valable que pour les abonnés!)
  2. Que je peux écouter à peu près ce que je veux, quand je veux, depuis le web, grâce à Deezer. Ca me dispense pas d'acheter les albums, mais ça permet de partager très facilement ses coups de coeur, et de découvrir de nouveaux groupes grâce aux radios intelligentes qui proposent des artistes "s'approchant" de ceux qu'on a choisi au départ. (Ceci n'est pas une hypocrite remarque politiquement correcte, je tiens à vraiment acheter les albums. Quand je vois tant de collègues qui ne donnent pas un sou aux artistes qu'ils écoutent parce que "c'est trop cher", mais qui claquent sans sourciller des centaines d'euros dans des écrans plats ou autres gadgets technologiques, je perd parfois mon sang froid. Bref.)
Je sais, je m'enthousiasme quand la plupart d'entre vous connaissez parfaitement Deezer et le VOD depuis une éternité (enfin disons, quelques mois, on est sur internet)!

Alors, bricoleur comme pas deux, je me suis arrangé pour pouvoir écouter Deezer depuis ma chaine (bon, j'ai juste branché mon ipod sur l'entrée AUX de ma chaine...) Ce qui m'a poussé à me composer une compilation ultime afin d'époustoufler mes hôtes.
J'ai donc décidé de choisir mes 100 chansons préférées. Tous les styles, tous les temps. Je vous dis pas la pression, et les choix cornéliens auxquels il a fallu que je me plie.
Je vous livre donc le résultat, avec deux précisions. Malgré sa richesse, Deezer ne m'a pas permi de convoquer toutes les chansons que je voulais de Camille, et surtout rien de Led Zep ni des Red Hot Chili Peppers (il manque tout simplement leur magnifique album Blood Sugar Sex Magic). Et d'autre part, quand il a fallu arbitrer, je me suis donné pour critère de privilégier les chansons que j'adore, qui me donnent des frisons à l'écoute, en essayant de faire abstraction de l'affection que je porte aux artistes. Ca ne m'a pas trop poussé à favoriser les "tubes" je pense, mais certains artistes très homogènes tels que Radiohead peuvent paraitre sous-représentés au final.
And the winners are...

samedi, janvier 17, 2009

Lantoine encore

Une fois n'est pas coutume, l'édition enrichie de l'album de Lantoine vaut le coût. Le DVD inclus ne contient pas une bête autopromo ou un making of mal foutu, mais deux vidéos bien intéressantes. La première est une interview de Lantoine et Pierron entrecoupée d'extraits de concert, qui éclaire bien la démarche fragile de la paire. En particulier, on y apprend qu'ils se présentent souvent en spectacle en laissant diverses parties à l'improvisation, ce qui confirme deux de mes expériences. Premièrement, il arrive régulièrement qu'il y ait des moments de flotements dans leurs concerts, conséquences de choses peu répétées. Et deuxièmement, il n'est pas étonnant qu'en réunissant les plus réussies de ces prises de risques dans un DVD live, on obtienne un album du tonnerre!
La deuxième vidéo est un court métrage très réussi dénonçant la surconsommation, que les Lantoine diffusent en lever de rideau de leurs concerts. Réalisé par une étudiante pour son projet de fin d'étude, il est sacrément impressionnant. Je l'avais recherché sur le Net après le concert de Lantoine auquel j'avais assisté, sans succès. Il est donc enfin trouvable en toute légalité sur cet album!

jeudi, janvier 15, 2009

Lantoinatitude


Attention, album énorme (qui mérite une image énorme)!
Je parle de l'album live de Loïc Lantoine sorti récemment, A l'attaque. Vous savez certainement tout le bien que je pense du bonhomme, mais je récapitule. C'est d'abord un formidable parolier, voire, disons le, un poète qui convoque avec quelques mots de prolo de superbes images. C'est ensuite un interprète intense, habité, qui fait si bien vivre ses chansons qu'on oublie très vite qu'il ne chante pas mais parle de sa grosse voix.
Et enfin, Loïc Lantoine, ce n'est pas que le chanteur, mais c'est aussi son contrebassiste François Pierron, virtuose modeste qui insuffle leur rythme et leur mélodies aux chansons en mettant en valeur les paroles. (Si j'osais abuser de votre patience, j'ajouterais qu'en plus Lantoine a le bon goût d'être bien bien engagé. Ca fait du bien).
Bref, voila bien une formation complétement suicidaire: deux mecs dégingandés, des textes écrits sur le bord d'un comptoir, un chanteur qui sait pas chanter et un seul ziquos avec un instrument hyper ingrat. Mais la mayonnaise prend fichtrement: on touche au magique et ça ne ressemble à rien d'autre.

Mais, donc, tout cela, nous le savions déjà des deux albums studio du duo. Avec ce live, il y a un vrai plus. D'abord, il marque une gradation dans l'intensité du chant de Lantoine. Face à un public conquis, c'est certainement plus facile de défendre mieux encore ses textes.
Et surtout, les albums studios sont très dépouillés. Jusque là, je croyais que c'était consubstantiel à la Lantoinitude car je ne m'imaginais pas qu'il était possible de préserver la magie du duo Lantoine/Pierron si on enrichissait trop la partie instrumentale. Je pensais qu'on perdrait nécessairement un peu de vue les textes en rompant le subtil équilibre chant parlé-contrebasse.
J'avais bien tort. Lantoine a invité sur sa tournée de concert différents musiciens, doués et subtils (parmi lesquels le batteur de Noir Désir, et le percutioniste de Tryo), qui savent indubitablement enrichir la musique sans nuire à l'ensemble. Les morceaux en sortent indéniablement renforcés.
J'adore. J'écoute en boucle. Et je vous invite très amicalement à y gouter en consacrant dix minutes à cette petite sélection de l'album. Si vous êtes pas scotchés, faut qu'on cause.

vendredi, janvier 02, 2009

dEUS en concert on-line

Même si je ne trouve pas que leur dernier album soit leur meilleur, dEUS reste un groupe très intéressant... et une des plus grandes sensations en concert que j'ai connu. Le Spiegel a le bon gout de nous offrir ce concert récent gratuitement, et en bonne qualité:

lundi, décembre 29, 2008

Top 10 des albums.


Et voici donc, sous vos yeux ébahis, le top 10 des albums de l'année (ou plus exactement, que j'ai découvert cette année). Les cinq premiers sont absolument incontournables, et très difficiles à classer l'un par rapport à l'autre. C'est pourquoi pour compenser j'ai mis Bashung en illustration.

1- Musica Nuda - 55 21 (mais Musica Nuda et Live à FIP sont presque aussi bons).
2- Camille - Music Hole.
3- Batlik - Juste à côté.
4- Album hommage à François Béranger - Tous ces mots terribles.
5- Alain Bashung - Bleu pétrole.

6- Grand corps malade - Enfant de la ville.
7- Yael Naim - Yael Naim.
8- Benabar - Infréquentable.
9- Didier Super - Ben quoi?
10- Everlast - Love, War, and the Ghost of Whitey Ford.

Et, en grand maitre des nouvelles technologies, je vous ai même concocté une playlist avec quelques uns des meilleurs titres des albums sus-cités (du moins, de ceux disponibles sous deezer):

dimanche, décembre 28, 2008

Dernière chronique musicale de l'année


Et bien non, vous n'aurez pas immédiatement droit au top 10 des meilleurs albums de l'année 2008, car je dois au préalable vous narrer mes dernières écoutes. Back to the roots, c'est du français, du français, et encore du français.

Je passe rapidement sur Anais et son deuxième album, The love album. Elle a intelligemment évité de rééditer son Cheap Show, rigolo et bancal, et opté pour un album léché et bien produit. Ce choix courageux et malin est à moitié réussi: l'album n'est pas désagréable, mais il ne m'a pas accroché outre mesure. Il mérite probablement que je lui laisse une chance lorsque l'actualité des disques sera moins chargée.
Le dernier Delerm, 15 chansons, m'a en revanche plu sans réserves. En voila un qui creuse obstinément son sillon d'album en album. Au grand désespoir de ses détracteurs, il préserve sa patte très caractéristique: voix éthérée, namedropping à gogo et chroniques teintées de parisianisme. Je continue cependant à trouver que la chose à du charme, et que les albums successifs se renouvellent (encore une fois, en restant bien dans leur genre) suffisamment pour ne jamais me lasser.

Je ne sais par contre pas trop quoi penser d'Abd el Malik et de son dernier album, Dante. Vous connaissez le style: des textes très bavards, engagés et riches, sur des musiques à mille lieues du rap, convoquant avec bonheur jazz et violons.
Mon cœur balance selon que les textes m'emportent ou m'irritent. Sont-ils sensibles, justes et brillants (Roméo et Juliette, Paris mais, ...), ou pédants, prétentieux et sans talent (Gilles écoute un disque, C'est du lourd, HLM tango, ...)?
A chacun de voir... Je dois avouer cependant que j'écoute beaucoup cet album.

Le diagnostic est beaucoup plus simple à poser concernant le dernier live de Sanseverino (aux Bouffes du Nord): j'adore! Comme il aime visiblement à le faire, il se présente dans une formation différente de son habitude (je vous rappelle que nous l'avons vu se produire accompagné d'un xylophoniste!): deux accordéonistes et sa guitare!
Voila qui donne une relecture intéressante de pas mal de ses morceaux. Mais l'essentiel n'est pas là: on retrouve plutôt toute sa pêche scénique déjantée qui rayonne de l'album, pêche qui ne nuit jamais à la qualité de sa musique, par ailleurs parfaitement en place.
On a même le droit à de beaux inédits, parmi lesquels Rimini des Wampas et une superbe version française de A boy named Sue de Johnny Cash. Et à d'inénarrables prises de parole out of control, que ce soit sur la musique américaine ou l'explication des paroles de ses chansons (lors de laquelle nos amis catholiques prennent un peu cher).

Mais l'album de cette fournée qui m'est resté le plus au travers des esgourdes et l'avant dernier album studio de Batlik, Juste à côté.
Batlik, c'est ce chanteur-guitariste indépendant jusqu'au bout des ongles que j'ai découvert comme beaucoup il y a deux ans à l'occasion de la sortie de son album Utilité. Son style est assez particulier: il a une voix pincée avec laquelle il chante des kilomètres de texte, et une façon virtuose mais assez originale de jouer de la guitare.
Mais passée ces premières constatations, le charme opère instantanément. Batlik est engagé de chez engagé, et ça évidemment, ça me plait, vous me connaissez. Mais c'est loin d'être tout. Ce type est pétri de talent, et a un don pour trouver des harmonies accrocheuses qu'on se surprend à reprendre sous sa douche pendant le mois suivant la première écoute. En plus, il a le bon goût d'être accompagné avec discernement et beaucoup de talent par un multi-instrumentiste dont la clarinette, notamment, fera fondre votre petit cœur. Si son dernier album studio a connu un bon petit succès (encore très loin de celui qu'il mérite), le précédent est fait du même bois.
Engagement, sensibilité, personnalité, talent, harmonie, que dois-je rajouter pour que vous donniez sa chance à Batlik?

Découvrez Batlik!


Histoire de remettre une couche, je vous entretiendrai lors de ma prochaine chronique musicale du live à peine sorti de Batlik, ainsi que de celui de Loïc Lantoine qui a commencé à tourner en boucle dans mon ipod...

mardi, novembre 18, 2008

Noir Dez

Pour ceux qui seraient passé au travers, Noir Désir a mis deux nouvelles chansons en téléchargement gratuit sur son site. Je les trouve excellentes: la voix à la limite de la rupture, entre colère et sensibilité, est toujours portée par la mécanique électrique impitoyable du groupe. J'attend avec impatience le nouvel album auquel ils travaillent probablement.