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mardi, juin 22, 2010

Catharsis


Oui, tu as raison.
Notre relation se délite. Et c'est de ma faute, rien que de ma faute. Je te délaisse. Je n'ai pas posté depuis des lustres.
Tu connais mes excuses. J'ai tant à faire! Gael, les copains, la coupe du monde, des lectures, le soleil quand il veut bien pointer le bout de son nez...
Je sais ce n'est pas une raison... Il y a pas si longtemps, ça ne m'empêchait pas de venir te voir souvent. C'est de ma faute.
Je t'ai délaissé.
Mais maintenant c'est fini, je te jure. J'ai ouvert les yeux. Je reviens vers toi.
Je t'en supplie, reprends moi!

Calme toi chouchou. Non, je ne reviens pas maintenant juste parce que ma dernière occupation majeure vient de me plaquer. Pas du tout!
Remarque... Oui, tu as vu juste, comme toujours! C'est à la faveur de l'élimination récente des Bleus que j'ai compris l'importance que tu as pour moi.
Tu vois, tu es toujours là pour moi. Quand j'en ai gros sur la patate, quand je ne sais plus vers qui me tourner pour partager mon spleen, quand j'ai la gueule de traviole, tu es toujours là... Tu ne me demande rien, tu es là, à l'écoute. Et ça fait un bien fou...
Et là, Dieu sait que j'en ai gros sur la patate.

Vois-tu, je fais partie d'une espèce rare.
Je suis un passionné de foot qui suit l'équipe de France qui est accablé par ses derniers matchs et leur élimination méritée, mais qui ne se console pas en se racontant qu'elle s'est métamorphosée du jour au lendemain en un ramassis de branleurs incompétents.
Je suis un cas rare, je sais, mais ma réaction aux piteuses prestations récentes n'a pas été d'inventer un étrange complot qui aurait mis un incompétent ultime aux manettes de la sélection (ultime au sens que même le dernier des piliers de bar ou - pire - des journalistes sportifs serait capable d'accoucher une équipe infiniment plus soudée et structurée), doublé d'un mystérieux vent de démotivation transformant une équipe de pros au faite de leur rayonnement technique, et qui - rappelons le - dispute l'épreuve la plus importante de savie, en un ramassis de je-m'en-foutiste minables.
Je tendrais plutôt à croire, bêtement, que la mayonnaise n'a pas pris dans ce groupe, mais que la chose méritait d'être tentée. Que de petits riens font qu'un ensemble d'individualités prometteuses se métamorphose en une équipe cohérente dont les membres se comprennent en un regard - ou pas. Des petits riens tel qu'un coup de bol au bon moment dans le premier match. Ou un entraineur qui trouve la bonne phrase au bon moment. Ou une certaine sérénité médiatique qui permet à un groupe de se construire.
Tu ne t'étonneras pas, cher blog, d'apprendre que je passe pour le dernier des abrutis de le maintenir mordicus ma position. Mais je persiste et signe: je n'avais rien à redire a-priori aux choix de l'entraineur dont j'ai eu connaissance (composition, organisation stratégique).

Vu ce qu'on a vu, mais surtout vu la tempête médiatique haineuse chauffant à blanc l'événement, forcément, je me sens seul.
Pourtant déjà accablé par les performances puis l'élimination de mon équipe favorite, je me retrouve, isolé, face à une large et étonnante Sainte-Alliance de spectateurs ombrageusement ravis des tristes prestations bleues. On y côtoie, copains comme cochons, les anti-foots et les footeux fanatiques haïssant Domenech. Ils sont partout. dans le métro. A la cantine. Sur le web. Partout je vous dis.
Remarquez qu'on peut interpréter le phénomène comme un magnifique message d'espoir. Bien qu'à l'opposé complet du spectre du ballon rond, deux groupes antagonistes se retrouvent fraternellement autour des bonnes vieilles valeurs de l'insulte et du lynchage médiatique.

Je comprends partiellement la position des premiers cités (les anti-foots). Il est vrai que le battage médiatique autour de la compétition doit être insupportable pour ceux qui ne sont pas partie prenante (il l'est aussi pour les autres, mais on supporte mieux j'imagine). Cela dit, si ils croient que les JTs de TF1 (que par ailleurs ils ne regardent jamais) vont s'ouvrir sur un quart d'heure expliquant en profondeur les causes des tensions ethniques au Kirghizistan maintenant que la France est éliminée, je crains qu'il ne se fourvoient.
Par ailleurs, bon nombre de ces anti-foots retirent un plaisir tribal très proche de celui qu'ils reprochent aux footeux. Ils se revendiquent des dizaines de fois par jour de leur statut d'appartenance au groupe des "anti-foot" (par opposition à celui des cons d'en face, les footeux). D'ailleurs, un bon nombre d'entre eux suivent fiévreusement les résultats de nos équipes favorites pour le plaisir régressif de chambrer les malheureux vaincus dès que possible. Quelle preuve d'ouverture d'esprit, il est vrai, de s'infliger un sport qui ne nous intéresse pas juste pour pouvoir rabaisser les autres!

Le deuxième groupe me désarçonne par la radicalité de sa haine portée à l'équipe de France en général et Domenech en particulier. Plus qu'au supporter de base, qui a tout de même le don de me mettre hors de moi quand, bien conditionné par les médias, il choisit de scander "Domenech démission" dans des matchs sans enjeux où il serait censé soutenir son équipe, c'est d'abord et avant tout l'innombrable brochette d'éditorialistes et de commentateurs a posteriori qui me sort par les yeux.
Dans leurs papiers enflammés, écrits après la bataille, ça va sans dire, tout parait absolument évident. Il fallait évidemment faire ce qu'il aurait fallu faire et qui n'a pas été fait, voyons voyons. Mais ces leçons malhonnêtes ne seraient qu'irritantes si elles n'étaient professés sur un ton outrancier appelant presque au soulèvement populaire pour mettre en place une autre philosophie d'équipe. Si on écoutait leurs précieux conseils, il ne faudrait que quelques heures pour ramener notre équipe au firmament footbalistique qu'elle n'aurait jamais dû quitter.
Tant de haine me dégoûte. Domenech n'était certainement pas le meilleur pour le job, c'est clair maintenant. Peut-être même est-il mauvais (mais je ne crois pas, vu son palmarès que tout le monde a l'air d'oublier). Pour autant, faut-il en aller jusqu'à cette campagne de haine unanime, hors de toute proportion, et orchestrée par des personnalités aussi respectables que Vincent Duluc et Pierre Menès (ils ont tant fait pour la France!) ?
Et le pompon, c'est qu'alors même que Domenech doit se plier quotidiennement à des séances d'humiliation publiques où des "envoyés spéciaux" se donnent des frissons de courageuse impertinence journalistique en lui jetant au visage des question toutes plus mal intentionnées les unes que les autres, il se voit reproché son manque de transparence!
S'il dit que l'équipe va pas bien, il lâche ses hommes, et s'il dit qu'elle va bien, il travestit la réalité. Dans les deux cas, l'édito outré se tient, et la feuille de chou se vend.

Tu vois donc, cher blog, que j'en ai gros sur la patate, d'autant plus que je sais qu'en tant que "supporter n'ayant pas retourné sa veste" de service, je vais me prendre environ 350 remarques sur le sujet demain au boulot, de la part de membres actifs des deux groupes sus-cités. Il faut dire que ma position de centralisateur des paris de la coupe du monde m'expose particulièrement.
Ca me fait vraiment du bien d'en parler avec toi, à cœur ouvert, les yeux dans les yeux.
On se remet ensemble, dis?

(Sinon, je vais devoir attendre deux jours que l'Italie nous rejoigne dans l'avion pour l'Europe. J'aurais alors une confidente partageant un sort voisin sous la main, et pourrait m'abstenir à nouveau de bloguer)

vendredi, décembre 18, 2009

Très bon

Les recettes des narrations des reportages télé, décryptées par Telerama.

jeudi, avril 02, 2009

Ils sont vraiment... ils sont vraiment


Qui parmi vous, lecteurs, ne s'est jamais trouvé avec un groupe d'amis/parents/collègues à déambuler dans une ville inconnue quand sonne l'heure du repas et vient le moment de choisir un resto? Et surtout, qui parmi vous à réussi à s'acquitter de cette tâche en moins d'une heure quand, terrassé par la faim, on cesse de sauter de crêperie en pizzeria puisque, évidemment, le choix ne conviendra jamais parfaitement à tout le monde? "Oh, non, je suis pas très chinois. - Et moi j'ai mangé un pizza hier -Pis là ça a pas l'air très sympa"...
Dès qu'on est en groupe et qu'on doit décider de quelque chose, c'est la croix et la bannière. Ca prend des plombes, on discute sans fin, on se ressert un apéro, et on rediscute encore. C'est très sympa et pittoresque, mais faut pas être pressés.

Or, pressés, on l'est parfois. Ah, ces réunions interminables en entreprise où rien jamais ne se décide! Et bien figurez vous qu'il existe quelques rares exceptions à ces modèles d'inefficacité bavarde que nous sommes.
Et oui.
Nos dirigeants.

A l'occasion du G20, ils se retrouvent pour rien de moins que pour juguler une crise mondiale et refonder un système sur lequel le monde entier se fonde depuis plus d'un demi-siècle (enfin, pas un monde complètement entier sur toute cette période, mais beaucoup beaucoup de gens, tu vois).
Pour corser la chose, ils ne se retrouvent pas à deux ou trois. Ni même huit, comme au bon vieux temps. A 20! Enfin, plutôt à 35 puisque parmi les 20 l'Europe ne compte que pour un siège.
Et puis tu peux y aller sur les différences de point de vue! Y a des pauvres et des riches, des ultra-libéraux et des modérés, des Chinois, des Indiens, des Brésiliens et des Polonais. Perso, j'aimerais pas avoir à choisir un resto avec toute cette smala! Faudrait des semaines! "-On est tous d'acoord? -Ben non, je suis sikh, je ne mange pas de crêpes au froment..."

Pour un resto, ce serait galère, mais pour refonder le capitalisme, pas de problème! Si on regarde de près le programme du G20, on se rend compte que ces messieurs ne se sont réunis qu'aujourd'hui. Et encore, c'est tranquille le petit rythme: petit dej' à 8h, session du matin de 9h à 12h, déjeuner de travail (quand même) puis petite réunion digestive de 14h à 16h, et là on pond le communiqué final. Un coup d'Eurostar, et on est rentré pour l'apéro, justement!

Cinq heures.
A trente-cinq.
Ca doit faire dans les huit minutes de temps de parole par tête. Disciplinés, efficaces les gars! Et je te fais cadeau de la rédaction du communiqué pendant la réunion, ainsi que des problèmes de traduction!

D'où cette légitime interrogation qui me taraude.
Hommes politiques et médias ne nous auraient-ils pas mentis en nous vendant une réunion cruciale-au-sommet-où-tout-se-joue? Les décisions n'ont-elles pas plutôt été prises pendant les semaines qui précédent, entre sherpas travaillant jours et nuits?
Et notre président n'a-t-il pas fait tout un foin pour rien en menaçant de taper de son petit poing sur la table si les débats ne le satisfaisaient pas alors qu'ils connaissait probablement déjà quel serait l'accord final exact?

lundi, janvier 12, 2009

Eloge de la subjectivité


Vu le nombre de fois que j'ai fait référence à son site, vous devez connaitre mon affection profonde et mon respect absolu pour Daniel Schneidermann, l'animateur d'arret sur images. C'est donc un honneur mêlé de regret que de voir un sujet de post que je mûrissais depuis quelques jours rédigé sous sa plume ce matin. Evidemment, son billet n'aura pas la puissance de conviction du mien, appuyé par mes capacités rhétoriques hors du commun, mais le bonhomme ayant de la bouteille en tant que chroniqueur, il a quand même réussi à défendre correctement son sujet et il est fort probable que l'Histoire, si fascinée par les premiers, accolera son nom à ce sujet plutôt que le mien. Mais bon... (En parlant de rhétorique, quand je fais une phrase trop longue, je la contre-balance par une autre très courte. Si c'est pas puissant ça.)

Je m'agace que les médias ne semblent connaitre que deux façons de traiter un sujet polémique. Variante 1, l'évidence écrasante. On ne présente qu'un aspect de la chose, à grand renfort d'experts et d'hommes politiques sûrs-de-leur-fait-soyons-sérieux-voyons. Les exemples les plus marquants restent le libéralisme (jusqu'à une période récente, et dont je vous pronostique qu'elle ne durera pas plus que la crise actuelle) et la constitution européenne. A ce propos, je ne me lasserai pas de répéter l'avis démocratiquement exprimé des nonistes (dont je suis) a été plus que bafoué. C'est une telle évidence qu'on n'en parle pas, mais pour moi ça discrédite plus la politique que les frasques et petites phrases des uns ou des autres. Fin de la parenthèse.
Variante 2, beaucoup plus répandue, la justaposition de positions antagonistes. On présente successivement le point de vue numéro 1, puis pendant un temps strictement identique le sujet numéro 2, et on clot les débats immédiatement.
Un partout, la balle au centre.

C'est le niveau "C'est mon choix" du débat. Chaque partie s'agite, débale ses arguments, mais à la fin, on s'embrasse, on se respecte, aucune différence d'opinion n'est grave, aucune décision n'est à prendre, aucune synthèse à faire. Pour ou contre le string à l'école? Ben on s'en fout, on peut être pour, on peut être contre, ce qui compte c'est qu'on respecte la diversité de l'autre, et à la semaine prochaine!
Ce qui se défend pour des sujets sociétaux secondaires est beaucoup plus gênant pour des thèmes plus importants. Et comme c'est ce même mode de "débat" en forme de juxtaposition de prise de position qui est utilisée sur tous les thèmes, on glorifie l'ouverture d'esprit absolue au détriment des opinions tranchées et des principes. Pour prendre un exemple récent, on peut faire intervenir un spécialiste convaincu que l'économie va à sa perte, le mettre face à un expert certain que tout va pour le mieux dans le meilleur des monde financier possible, et on se sépare sans avoir avancé d'un pouième dans cette discussion centrale.

C'est là que je rejoins ce bon Daniel. Cette glorification de l'absence de prise de position touche aussi parfois l'information. Evidemment, il est heureux que nos médias ne soient pas transformés en machine de propagande assenant une vérité officielle sur tous les sujets (ce qui nous raménerait à la variante n°1), mais l'extrême inverse est également gênant.
Pour reprendre l'étude de cas proposée par Daniel, le traitement millimétriquement symétrique de la guerre à Gaza confine au ridicule. Tout le monde (ou à presque - voir ce billet qui pour moi échappe à toute logique, et est définitivement ridiculisé par sa chute) se rend bien compte de l'asymétrie du conflit (si vous voulez mon point de vue sur le sujet, il se recoupe très fortement avec celui-ci). Mais attention, là, pas question de trancher trop clairement, on reste dans l'égalité parfaite de temps de parole (ou devrais-je dire dans l'égalité parfaite du temps de propagande). Surtout que le terrain est glissant, une accusation d'antisémitisme est si vite arrivée...
Cela dit, en l'espèce, j'ai été plutôt agréablement surpris. Même si le point de vue d'Israel est fortement repris (plus que ne le mérite sa cohérence à mon avis), la disymétrie est si forte que l'impartialité journalistique est fissurée. Je n'ai pas beaucoup de doute sur l'opinion profonde de la plupart des journalistes que j'ai entendu parler du sujet.

Je quitte donc le terrain de l'information chère à mon Daniel pour en revenir à cette question des débats sans décision. Ce qui me gêne vraiment, c'est qu'on ancre profondément en beaucoup d'entre nous l'idée qu'avoir des opinions tranchées, c'est mal. Prendre position, ce n'est pas avoir des convictions, des idéaux, ce n'est pas avoir examiné les faits et tranché une bonne fois pour toute en son âme et conscience.
Non. Prendre position, c'est s'enfermer, se ranger à une idéologie, et diaboliser inutilement l'autre côté. C'est être sanguin et bien naïf. S'il y a des gens pour penser le contraire, c'est bien que l'opinion d'en face est défendable. Ce ne sont pas des monstres quand même, non?
Pour bien faire, il faut rester neutre en toute chose, et se décider mollement au cas par cas, prudemment prudemment, sans être vraiment sûr de soi.

Je ne sais pas si ce mal est général dans toutes les couches de la société, mais je peux vous dire que chez les cadres, l'épidémie est à un point très avancé. Si tu n'es pas capable de fonder ton jugement sur Sarkozy sur des arguments qui peuvent chacun être étayés par des articles chiffrés parus dans des journaux d'une neutralité reconnue et des citations dont tu peux réciter le contexte avec précision, tu n'as aucune chance de les convaincre. Si en plus tu t'agites, tu te passionnes, tu t'échauffes, tu apporteras autant de preuve de ta subjectivité, et ton avis sera définitivement discrédité.

Mais bordel, avoir des positions, c'est bien! C'est la preuve qu'on veut quelque chose pour cette vie, plutôt qu'attendre passivement que les événements nous arrivent sur la gueule! C'est le signe d'une morale, d'une vision des choses, qui essaye de se manifester dans la vraie vie.
Et peut-être, de la changer par une impulsion qui dépasse les simples soubresauts de l'économie et des conflits éthniques ancestraux.

Et pour vous remercier de m'avoir suivi jusque là, je vous propose cette vidéo, qui fait autrement plus avancer le schmilblick au niveau philosophique:

lundi, novembre 03, 2008

Quelle fatigue!

Ah qu'est-ce qu'ils me fatiguent! Je suis las, fatigué, de ces putains de médias. Et encore, je ne m'abreuve pas à la sauce TF1 mâtinée d'Europe 1, je vous dis pas mon état sinon.
Alors voilà, à tellement surjouer, sur-exposer, sur-commenter l'événement, ils vont réussir à me faire détester Obama. Bien évidemment, on ne peut que se réjouir de son arrivée en lieu et place de Bush à la Maison Blanche. Avant, tout aussi évidemment, de se retrouver tout déçu de ses décisions futures. Ainsi va la démocratie: tu perds tu l'as dans l'os, tu gagnes t'es déçu. Heureusement qu'on gagne pas trop souvent, nous autres!
Bref, mais à force d'envoyés spéciaux, d'émissions spéciales en direct de là bas, d'analyses et re-analyses photocopiées qui ne font pas avancer le débat, j'en ai plein les oreilles. (Pour être poli) Est-ce que son avance dans les sondages est telle qu'il est sûr d'être élu? Ou bien les nombreux vilains racistes US peuvent-ils le faire perdre quand même? Restez avec nous jusqu'à mercredi, ne zappez pas!
Ahhhh mais lâchez nous un peu nom de Dieu! De toute façon, jusqu'aux résultats, il n'y a rien de nouveau à dire, non?

Un événement important, facile à filmer, facile à commenter, et hop c'est la voie royale pour occuper des heures et des heures d'antenne. Ils avaient déjà réussi à me faire détester Bétancourt quelques heures seulement après sa libération. A me gonler avec la crise financière bien qu'il y ait tant de choses importantes à en dire, qui dépassent le "est-ce que ça commence à s'arrêter ou ça ne fait que débuter. Ben on en sait rien." (A ce sujet, une solution originale au problème est proposée là).
Et c'est maintenant Obama que je hais suite à leur pilonnage incessant...

Au passage, une des ficelles pour faire durer le suspense me fait doucement rigoler. L'effet Bradley, vous savez, le fait que dans le "secret de l'isoloir" (expression obligatoire quand le sujet est abordé), les gens sont enclins à ne pas voter pour un Noir même s'il est proche de leur opinion. Ca me fait marrer, non pas parce que cet effet est négligeable ou inintéressant, mais parce qu'il nous est détaillé avec une sorte de condescendance pour ces bouseux d'Américains, tous plus ou moins racistes quoiqu'on en dise. Nous, on est au dessus de tout ça bien sûr...
Hé, les mecs, c'est quel pays qui est sur le point d'élire un Noir? Et quel autre qui a mis Le Pen au second tour? Alors, un peu de retenue, les pépéres.

Outre que le matraquage médiatique est abrutissant, il a en plus l'effet secondaire de cacher les vraies infos importantes. (Oui, l'élection américaine c'est important, mais qu'on nous en parle une fois le résultat connu, plutôt que de nous pomper avec les derniers voyages de McCain et Obama!) Après 10 minutes sur le sujet, et avant 3 minutes de sport (sur lesquelles je ne crache pas), il ne reste plus de la place que pour parler d'une nouvelle.
Grand jeu, laquelle est-ce, parmi les trois suivantes:
  • La retraite à 70 ans. (Ah mais seulement pour les volontaires bien sûr! Ahaha)
  • Le rejet partiel de la proposition de taxation des stock options, des parachutes dorés et des actions gratuites pourtant émise bruyamment par notre président (source: Reuters cité par arrêt sur images).
  • Une dame a été bouffée par des chiens (d'où l'image classieuse illustrant ce post. Slogan: dogs don't always have it easy - les chiens n'ont pas toujours une vie facile).

Emballé par les événements, Brice Hortefeux, très joueur, a décidé de tenter le banco. "Putain, ils sont tellement focalisés sur Obama qu'ils ne verraient même pas que je vais faire une réunion européenne sur l'immigration à Vichy! Tu me crois pas? Chiche? Je le tente"
C'est pas passé loin, Brice, mais ça c'est quand même vu...

samedi, octobre 04, 2008

De crisae economicam

Je ne peux pas dire que la crise financière actuelle m'ai surpris. Non pas que je l'ai prédite bien sûr, je n'entend rien à la mécanique subtile des produits financiers mise en jeu, comme tout le monde. Y compris les financiers eux-même d'ailleurs, comme il nous est apparu récemment.
Mais il ne fallait pas être grand clerc pour se douter que cette sphère super-active, qui avançait toujours plus vite et sans aucune règle dans son petit monde, allait finir par se manger un mur un de ces quatre. On ne roule pas à 100 à l'heure, tous feux éteints, dans la direction qui nous arrange le plus sans risquer l'accident, quand même.
Je ne suis pas surpris, mais deux points particuliers me semblent particulièrement intéressants.

Je suis d'abord stupéfait par le retournement complet de l'opinion - ou plus exactement de l'image de l'opinion publique qui nous est transmise par les médias et les politiques - sur le sujet. Il y a encore un an et demi, tout le monde semblait cautionner le système économique international. Les altermondialistes restaient une minorité folklorique, mais les gens sérieux s'entendaient à dire que le monde tel qu'il était fonctionnait finalement assez bien.
Certes, il semblait y avoir de l'abus parmi les golden boys de la finance, mais on ne le disait pas trop fort, étouffé par la honte de ne pas comprendre du tout comment fonctionnaient les choses dans cette petite bulle qui gouvernait le monde. Il fallait bien se rendre à l'évidence que c'étaient eux qui comprenaient comment tournait le monde, et pas nous. Il n'y a avait qu'à voir leur niveau de vie, et leur ton assuré quand ils s'exprimaient dans les médias.
Petite parenthèse: je ne croyais pas ça possible, mais je me prends à regretter amèrement le départ de Jean-Marc Sylvestre de France Inter. J'aurais bien aimé voir comment il analysait la situation... J'envisage de m'abonner à LCI pour le regarder se dépêtrer de ses contradictions. Fin de la parenthèse.
Et bien maintenant que les financiers se sont plantés, nous voila complètement désinhibés. Chacun peut dire ce qu'il pense sans arrière pensée. Et l'on découvre - surprise - que 90% de la population a le plus grand mépris pour ces charlots de traders, et ce depuis toujours. Une opinion qui était très minoritaire dans les médias, et assez peu représentée sur l'échiquier politique.
On pourrait d'ailleurs même se demander si la montée de l'extrême gauche aux élections ne serait pas qu'un vote protestataire idiot, mais si peut-être ces gens là sont sincères. Voire si les gens qui ont voté "non" à la Constitution Européenne n'étaient pas que des bourrins aveuglés par la colère et le mauvais vin. Passons.
Bref, pour résumer ce premier point, j'ai sincèrement été étonné de découvrir qu'une très large majorité de la population méprisait la finance, mais qu'ils n'osaient pas s'exprimer et étaient étouffés par un discours dominant complètement à l'opposé. Ca fait du bien de se sentir moins seul, à tel point que je dois avouer que cette crise me réjouis plus qu'elle me fait peur. (Si c'est pas malheureux, pour un père de famille...)

Le second point est plus anecdotique. Quoique.
Parmi les nouveaux mots dont on nous abreuve (titrisation, crédits pourris, prêt revolving, et tout ça), il y a un terme qui me frappe tout particulièrement. L'économie réelle.
La crise atteindra-t-elle l'économie réelle? Oh mais non, ma bonne dame, vous n'avez rien à craindre, le système français est solide. Jamais les crédits pourris ne rejailliront sur l'économie réelle, ah non alors.
L'économie réelle. Et on nous balance ça comme si c'était évident pour tout le monde. Comme si, depuis les décennies qu'on nous bassine avec le beauté, la puissance, la modernité de la finance, on nous avait clairement expliqué que c'était de l'économie virtuelle. Un joujou abstrait, qui a son importance mais qui quand même n'a pas la solidité de l'économie réelle.
Alors d'un côté je suis bien content d'apprendre que tout ce que nous créons à la sueur de notre front ne vive pas dans le même monde que les milliards manipulés en quelques secondes par les traders. Que le 50 000 milliards d'euros de création de richesse et service de part le monde l'an dernier ne soient pas comparables aux 500 000 milliards d'échanges financiers qui ont eu lieu. Bien content.
Mais je me demande. Il vaut mieux devoir 5000 dollars réels ou 20000 dollars virtuels? Qu'est-ce qui pèse plus lourd: 1 kilo d'euros réels ou 1 kilo d'euros virtuels? Non, dites moi, parce que j'ai bien l'impression que les financiers ils se sont payés des Ferrari réelles et des villas réelles, avec l'argent virtuel qu'ils avaient. Et cet argent virtuel, il l'ont pris sur les bénéfices des entreprises, qui elles créent de la valeur réelle?
Alors de deux choses l'une. Soit effectivement l'économie financière est virtuelle et il est bien dommage que ce soit elle qui ait gouverné nos économies, et par suite nos politiques et nos vies, depuis 20 ans. Soit l'argent virtuel est tout aussi réel que l'autre, et d'une on ferait bien de remettre à plat ce système, et deux on pourrait arrêter de se foutre de notre gueule.

Une très bonne émission d'arrêt sur images sur le sujet se trouve là (Je ne sais pas si elle est accessible aux non abonnés). On y comprends bien des choses sur les raisons de la crise et sur son traitement médiatique. La question de savoir pourquoi elle est incarnée à la télé par des traders virés, plutôt que par les bien plus nombreux particuliers chassés de leur maison y est notamment soulevée.
Et puis je vous signale une analyse intéressante sur les dégats de la pensée positive (vous savez, le fait qu'en entreprise il faut toujours être positif, y croire, et jamais douter que les objectifs sont inatteignables). Je l'ai lu dans courrier international, mais il se trouve aussi ici. Et le lire sur boursorama.com, je trouve ça exquis!

vendredi, septembre 19, 2008

Pouet


Et, dans un autre ordre d'idée, si vous voulez savoir à quelle sauce je serai mangé dimanche 29, jetez un coup d'oeil là.

dimanche, juin 29, 2008

Ode au drapeau

"Le problème en France...". "Le retard français...". "C'est typiquement français...". "Vous savez en France..."
Avec la parcimonie et la légèreté qu'on connait aux médias, politiques et experts, on entend encore et encore cette litanie à tout bout de champ. Il est visiblement de bon ton de cracher sur ce modèle de société, encore et encore, avec ce petit air de papa-nâvré-mais-un-peu-compatissant devant un gamin attachant, mais terriblement casse-couille.
"-Je suis Français et très attaché à mon pays, mais là voyez vous ma pauv' dame quand même il y a des archaismes nâvrants, gnagnagna gnagnagna, donc le libéralisme c'est super. - Ah bon, ben vu votre jolie cravate vous devez savoir de quoi vous parlez, alors d'accord."

Bon, vous me connaissez, je ne vais pas monter au créneau pour défendre notre fier Drapeau et notre belle Histoire. Remarquez d'ailleurs que les plus fervents pourfendeurs de notre pays attardé, Sarkozy en tête, sont aussi les premiers à chanter la grandeur de notre Histoire, les sacrifices de nos Grands Hommes, et la Place Particulière de Notre Pays dans la Destinée de l'Humanité. Tout ça tout ça.
Mais ne nous y trompons pas: ce n'est pas la France-pays-drapeau-histoire qui est attaquée en rotation lourde dans les médias. C'est à la France-société (un peu) solidaire à laquelle tous ces vibrionnants experts encravatés s'en prennent. Le sous-titre est clair: il est établi qu'il faut abandonner notre système pour aller vers le modèle anglo-saxon (ou, si on veut être poli et avancer masqué, le modèle suédois - en oubliant sa dimension sociale dans un deuxième temps, évidemment).

Cette mode n'est vraiment pas nouvelle, mais je m'effraie de la voir si bien prendre autour de moi. C'est assez vicieux: jouant sur le contresens "défense de la France = nationalisme", ainsi que sur une propension assez naturelle (et saine) à l'autocritique, on a vite fait de se laisser emporter par ces arguments. D'autant que les plis soucieux sur le front des commentateurs paternalistes sont extrêmement convaincants.
Du coup, le gimmick est passé dans le langage commun, à tel point qu'on ne se rend plus bien compte qu'on abonde sans cesse dans le sens des libéraux et qu'on milite à son insu pour l'abrogation de notre société (un peu) partageuse - alors qu'une majorité de Français a l'opinion inverse. Au café, en famille, à la cantine: "Tu sais, c'est typiquement français..."

Ces mesquineries lexicales n'ont l'air de rien, mais elles ont à mon avis une importance cruciale. Un électeur qui a intégré au plus profond de son petit cervelet que "modernité = libéralisme", "archaisme = social = France vieillissante" et "réforme = bien (quelle qu'elle soit)", ne sera pas alarmé quand Sarkozy annoncera ses projets de démantellement à la prochaine présidentielle. Et alors, faute de critère fort, il votera à nouveau pour la candidat qui a la plus belle cravate, la plus "grande dimension internationale" (c'te rigolade), ou qui n'aura pas cet air d'institutrice si énervant.

samedi, juin 14, 2008

Deux petits liens en passant

  • Une intéressante émission d'Arrêt sur Images, cette fois-ci accessible sans abonnement, consacrée à la défiance des médias traditionnels et des politiques vis à vis d'internet. Voila une bonne occasion pour les non-abonnés de voir ce qu'ils ratent.
  • Denis Robert, le journaliste qui avait découvert Clearstream (et dont je vous avais parlé précédemment) jette l'éponge. La banque-blanchisseuse Clearstream l'a submergé d'assignations devant la justice pour l'épuiser et faire un exemple. Ils ont obtenu gain de cause au Luxembourg sur un de ces procès, ruinant virtuellement Denis Robert. On peut le soutenir là.

jeudi, juin 12, 2008

La quatrième dimension

Les journalistes sont friands de date-limite, de compte à rebours. La tension monte, et l'audience avec elle. Ils se régalent quand un match-clé se rapproche, quand un palmarès va être annoncé, ou quand une personnalité va annoncer sa candidature pour tel ou tel poste. Mais l'apothéose, l'événement prévisible et attendu par excellence, ce sont les élections. On l'a vu dernièrement avec la longue litanie des différentes primaires américaines.
Le compte-à-rebours du jour, c'est le référendum en Irlande. Vous n'avez pas pu y échapper. La problématique est simple: les Irlandais, seul indéfectible peuple à avoir le droit de s'exprimer sur la constit... pardon le traité européen risquent de dire "non".
Quel suspense. L'auditeur en frissonne: quel coup de théâtre ce serait! L'événement est du pain béni pour le journaliste, qui se plait à en éclairer toutes les conséquences possibles: la mécanique bruxelloise serait bloquée; les 25 pays membres, effondrés de devoir repartir une troisième fois à zéro, alors qu'ils avaient remaquillé à la va-vite la Constitution dans le dos des électeurs; et surtout Sarkozy serait tout marri d'hériter d'une présidence européenne sans importance, lui qui rêve de grandes choses pour distraire son électorat de ses échecs domestiques.

Autant les journalistes sont extrêmement diserts sur toutes ces conséquences, qui ont de claires dimensions "people" (il s'agit en fait de savoir si telle ou telle personne, plus ou moins antipathique, sera frappée par ce coup du sort), autant ils sont particulièrement expéditifs sur les raisons qui pourraient pousser les Irlandais à voter "non". Et là, rien de nouveau sous le soleil: il n'y a pas de bonnes raisons de voter "non", c'est absolument certain. France Inter nous présente d'ailleurs une alternative explicite: il s'agirait ou bien d'un vote protestataire, ou bien d'un vote anti-européen. Le noniste est soit accablé par sa dure vie et un petit peu idiot (ce qui peut au moins lui valoir un peu de commisération de la part des médias), soit méchant et renfermé sur lui-même. Point final.
Aujourd'hui comme hier, politiques et médias sont unanimes pour dire que c'est cette Europe ou rien. Voter "non" pour en avoir une autre reste toujours aussi impensable.
C'est quand même dingue: la "non" est quand même très largement plébiscité (et le sera peut-être à nouveau), mais ni politiques ni médias ne sont prêts à lui accorder ne serait-ce qu'une once de doute, et se remettre un tout petit peu en cause. Remarquez, ça devient un peu un prophétie auto-réalisatrice: à cause de la scandaleuse surdité des politiques (pas beaucoup aiguillonnés par les médias) qui s'entêtent à proposer encore en encore le même schéma libéralo-obscur aux peuples qui le refuse, on n'est pas prêt de voir l'émergence d'une Europe des peuples et non du fric.

samedi, mai 17, 2008

Ils sont forts ces Allemands

Le Spiegel poursuit cette semaine sa série de dossiers consacrés à la démocratie, en se focalisant sur son recul dans l'opinion des Allemands. L'article contient pléthores de sondages déprimants (genre 25% des Allemands s'estiment insatisfaits du fonctionnement de la démocratie en Allemagne), moultes éclairages intéressants (basés sur des entretiens dans divers villages perdus d'Allemagne de l'Est), et avance pas mal d'explications édifiantes sur le pourquoi du recul de la politique dans l'opinion des gens.
La dernière d'entre elles me semble des plus dignes d'intérêt. Je me hasarde à une traduction du passage correspondant pour les quelques rares lecteurs du blog dont les connaissances dans la langue de Goethe sont quelque peu rouillées.

Le Spiegel rapporte les propos de la présidente de l'institut pour la Demoskopie Allensbach, la douce Renate Köcher (qu'on ne présente plus).
"
Lors du long entretien qu'elle nous accorde, elle cite diverses menaces pour la popularité de la démocratie - l'Union Européenne, les décisions prises au profit de la sécurité et au détriment de la liberté - mais tout cela ne l'inquiète pas outre mesure. Ce qu'elle craint avant tout, ce sont les gens qui ne tirent leurs informations que de la télévision.
" La télévision a du mal à faire passer des messages complexes et abstraits. Elle a besoin de cas particuliers, de situations, d'individus en particulier." Ceux qui ne s'informent que par le biais de la télé perdent la vision d'ensemble, le sens des perspectives et de la complexité de la démocratie. "On est incapable de raisonnements abstraits en terme de groupes ou de catégories. On préfère former des jugements parcellaires sur la base de cas particuliers."
C'est la lecture permet de corriger ce travers d'après Renate Köcher, mais c'est là qu'elle en vient à un constat qu'elle trouve dramatique. Au début des années 90, plus de 50% des Allemands ayant entre 14 et 29 ans lisaient un quotidien. Ils ne sont même plus 30% à le faire désormais. Et les habitudes de lectures changent très peu au cours d'une vie. Celui qui ne lit pas de journaux à 20 ans n'en lit pas non plus à 50. Et on ne peut pas se consoler avec le fait que les jeunes migrent vers les journaux sur internet. Ce sont en effet essentiellement les lecteurs de journaux papier qui fréquentent les sites parlant de politique.
Qu'est-ce que cela implique pour la démocratie? "La capacité de jugement de la société diminue". On peut en imaginer les conséquences: "une plus grande propension à être manipulé par une sélection ciblée des faits divers, une dictature de l'émotion basée sur des cycles d'indignation". En d'autres termes, la société devient plus sensible aux populistes de tout bord, et souhaite que ce qui est populaire soit imposé sans passer par de lents et compliqués processus démocratiques.
"

Sur un thème voisin, j'ai beaucoup apprécié une chronique de la deuxième heure d'Eclectik sur France Inter. Elle portait sur le "droit de ne pas être informé" dans le cas particulier de l'affaire Fourniret, dont les médias se complaisent à rapporter tout le sordide quotidiennement.
J'aurais aimé écrire sur le blog cette chronique, qui se trouve au début de la deuxième heure de l'émission. Et si vous avez la flemme de le rechercher, vous pouvez aussi écouter l'intéressante interview de Denis Robert.

samedi, mars 22, 2008

Si l'UIMM m'était contée

Non content d'être toujours une émission des plus intéressante sur les travers des médias, Arrêt sur Images donne une seconde chance aux citoyens un peu distraits comme moi pour comprendre la vraie portée de certaines informations. Il y a quelques mois, ils m'avaient déjà permis de mieux comprendre la ténébreuse affaire Clearstream en m'encourageant à ne pas me laisser distraire par une péripétie secondaire (le bidouillage des listings pour incriminer des hommes politiques), qui cachait le vrai problème du blanchiment d'argent à niveau quasi industriel, et sur le sol européen.

ASI met en ligne une émission du même acabit consacrée à la caisse noire de l'UIMM. Bien qu'elle plus facile à comprendre que Clearstream (il ne s'agit après tout que d'une bête histoire de corruption), force est de constater que je me suis vite satisfait des explications officielles: il s'agirait d'une ancestrale histoire de financement des syndicats, nous a-t-on dit. Et quand l'affaire revient sous le feu des médias, c'est sur des histoires finalement très secondaires de personnes: Gauthier-Sauvagnac contre Parisot.
Si vous regardez l'émission (qui est accessible à tous les internautes, même aux non abonnés à ASI), vous serez sûrement comme moi sous le coup des questions majeures sur lesquelles nous ne nous sommes pas arrêtés. Est-on sûr de la destination des fonds? Pourquoi personne ne fait-il état de l'hypothèse la plus nauséabonde (et pas la moins probable): une partie de l'argent aurait servi à acheter des votes parlementaires pour des lois écrites par l'UIMM? Pourquoi la justice est-elle exceptionnellement lente sur le sujet, laissant le temps au puissant Gauthier-Sauvagnac de négocier (et monnayer) le pacte du silence avec l'UIMM? Alors que dans le bureau d'en face du juge d'instruction chargé de l'affaire travaille Van Ruinbeck, autrement plus actif sur un dossier impliquant le petit Kerviel? Et pourquoi personne ne souligne t-il que Sarkozy (alors ministre des finances) et Breton ont été mis au courant de l'affaire il y a plus de trois ans, sans rien entreprendre?
En plus, l'émission nous donne l'occasion, en marge de toutes ces questions centrales, de mieux comprendre le quotidien d'un journaliste d'investigation financière... particulièrement succulent quand il raconte que son employeur d'alors, le Figaro, pas particulièrement hostile au Medef, a bien été obligé de publier ses premières révélations.

Bref, je vous encourage à y jeter un oeil, en vous avertissant qu'il m'a fallu bien dix minutes pour accrocher véritablement au débat. Une fois cet effort fait, c'est passionnant, et je pense que le sujet mérite vraiment qu'on s'y attarde une petite heure.
S'il vous reste deux-trois minutes à la fin du visionnage, cet article d'alternatives économiques sur les tenants et aboutissants de la gueguerre Parisot-Gauthier Sauvagnac est aussi très instructif.

vendredi, février 15, 2008

Ils sont vraiment trop forts

C'est à travers de telles perles que je site d'arretsurimages prouve comme il est essentiel: en enquêtant sur ce dont nous ne pensons pas à nous méfier.
Dans l'article en question, ils démontrent que le chiffre, pourtant très plaisant pour moi, des 40% d'augmentation de gains pour les grands patrons du CAC 40 ne veut absolument rien dire. On y apprend entre autre chose que les calculs étaient faits avant la baisse de la bourse, et surtout que seuls les patrons dont les traites étaient en hausse y étaient pris en compte!
Les heureux abonnés d'ASI peuvent dès maintenant lire l'article complet, les autres attendre qu'il soit déclaré d'utilité publique... ou s'abonner!

vendredi, février 01, 2008

Millenium et Monde

Je suis en train de dévorer le troisième (et malheureusement dernier) tome de Millenium de Stieg Larsson, dont je vous ai parlé plus bas. J'ai déjà vanté ces polars dont le rythme est très particulier, et qui ne ressemblent à rien de connu: l'auteur peut prendre des centaines de pages pour planter des personnages ou décrire des ambiances; ils peut mêler des intrigues diverses, de style et d'importance variable.
Une des composantes de ses histoires porte sur les malversations financières, les manipulations dans les comités de direction pour prendre le pouvoir sur telle ou telle boîte, et pour faire des sousous de manière pas toujours propre. L'auteur étant journaliste, ces magouilles se passent occasionnellement au sein de gros journaux.

Pourquoi vous dis-je cela (outre le plaisir de repasser une couche sur Millenium)?
Et bien parce que je viens enfin de comprendre les embrouilles qui sont en train de se jouer au Monde, et qu'elles ont comme un air de famille avec les fictions dont je me délecte en ce moment. Quand on suit l'actualité du Monde de loin, on a juste l'impression d'une crise liée à des difficultés financières, qui pousse les journalistes à défendre 1- leur poste menacé par un plan social 2- d'obscures idéaux d'indépendance face à d'éventuels nouveaux actionnaires.
Et bien c'est bien plus grave que cela. J'ai appris le détail de la chose dans ce document très clair (7 pages), rédigé par des journalistes du Monde et repris sur le site de Plantu.

Il en ressort que le Monde risque de perdre son indépendance, alors même que ses statuts semblaient la lui garantir (la société des rédacteurs est majoritaire dans les prises de décisions). Cependant, ce solide postulat a peu à peu été émiété par Alain Minc. Dans un premier temps pour de bonnes raisons: le Monde avait besoin en 94 d'argent frais pour survivre, ce qui c'est fait en faisant entrer divers petits actionnaires extérieurs dans le capital du journal.
Seulement, au fil des ans, la direction du journal a eu la folie des grandeurs et a racheté divers autres titres (dont Télérama et Courrier international). Et il fallait toujours plus de sous pour financer ces emplettes, de sorte que certains petits actionnaires inoffensifs sont devenus gros et dangereux. A commencer par Lagardère, grand amateur de journaux (et ami de Sarkozy - tiens).

Et voici maintenant la crise de trop: une nouvelle recapitalisation amènerait les actionnaires extérieurs à dépasser la société des rédacteurs: ce serait la fin de l'indépendance.
Le descriptif des derniers soubressauts de ce thriller qui n'a rien à envier à Millenium sont particulièrement étonnants, et aussi détaillés sur arretsurimages.

mardi, janvier 08, 2008

La vie à 80%


Ceci posé, râlons. Râlons contre cette horreur de télévision italienne.

Bien que ses émissions soient d’un niveau à faire passer TF1 pour un refuge d’intellectuels en quête de sens (on est quand même dans le pays qui a inventé la Cinq !), ce n’est pas son contenu qui me dérange le plus, mais son omniprésence. La télé est devenue un compagnon indispensable, allumé toute la journée, que le plus souvent personne ne regarde vraiment mais que personne ne peut bien sûr ignorer. Un parasite souriant, vrombissant, tout en paillettes, qui s’incruste dans les moments les plus conviviaux de la vie.


On mange devant le journal. Ou plutôt devant les journaux, car il est habituel d’en regarder trois ou quatre de suite (et qu’importe s’ils présentent les mêmes reportages !) On prend le café devant le premier jeu (con) de la soirée, puis on discute devant un deuxième jeu (très très con), et enfin on lit le journal devant un troisième jeu (moyennement con – et oui, il se fait tard donc on peut commencer à parler au cerveau).

Si on s’aventure à aller saluer un membre de la famille, occupation conviviale s’il en est (bien qu’un peu fatigante à forte dose), on est sûr de retrouver en fond sonore, imperturbable, cette putain de télé. Et n’envisagez même pas la piste de la fuite au restaurant : il y a bien longtemps qu’ils ont été envahis par la téloche eux aussi. Et attention, pas en fond visuel sur une chaîne musicale relativement inoffensive, mais avec le son, et branchée sur une série américaine ou un jeu. Bah merde, on va pas limiter les potentialités de la télé quand même !

Pour mieux comprendre ma détresse, il faut savoir que je n’ai pas pu apprécier vraiment la meilleure pizza que j’ai mangé depuis un an par la faute de Chuck Norris. Qu’imaginer de mieux en effet que d’imposer Walker Texas Ranger à tous les hôtes du resto un samedi soir ?


Le plus hallucinant dans tout cela est que la téloche s’est tellement incrustée que personne ne la remet en question. Elena et moi-même avons essayé d’expliquer notre point de vue à de nombreux italiens très respectables, fins et curieux par ailleurs, sans être le moins du monde compris. Notre diatribe rencontrait un regard étonné, mi-bienveillant, mi-désarçonné, et on changeait bien vite cette discussion sans queue ni tête.

C’est quand même dingue que des gens tout à fait intéressants ne se rendent pas compte que les moments sympas qu’ils peuvent vivre en famille ou entre amis perdent une partie de leur saveur du fait de la boîte à con qui ronronne en arrière-plan. Je veux bien que les autochtones aient acquis, à force d’habitude, une capacité de concentration bien supérieure à la mienne, mais pourquoi ne pas simplement éteindre cette télé bouffeuse d’espace ? Et profiter à 100% de la famille ?
Je vous assure que tous ces grands mots qui peuvent sembler d'abstraites mises en garde de puriste de la lecture prennent un vrai caractère d'urgence ici!


Vous noterez d’ailleurs que je me suis placé dans ce post dans l’hypothèse favorable où l’on ignorait scrupuleusement ce que racontait la téloche toute la journée. Mais je tremble en pensant aux tristes contenus (faits divers, pub, politique people…) qui, peu à peu, s’insinuent dans notre petit cerveau…

vendredi, décembre 28, 2007

Non c'est non! Non?

Joli portfolio audio dans le Monde.fr.
A l'occasion de la nouvelle année, le "journal de référence" nous gratifie de retours sur les temps forts de l'année qui s'achèvent. C'est le tour du traité de Lisbonne.
Je vous laisse savourer le commentaire...
...
...
Impeccable non?
Pas un mot sur le scandale consistant à ratifier un clone de la "constitution" très libérale que le peuple français a pourtant rejeté. Les faits sont bien reconnus au détour d'une phrase (que le traité "simplifié" est quasiment le même que la "constitution" précédente), mais pas dans le but de s'interroger sur cette manoeuvre franchement anti-démocratique.
Il s'agit juste de dire qu'on s'est tiré d'un fier guépier, ohlala, même s'il faut regretter que les fieffés anglois en aient profité pour faire reculer plus encore l'Europe politique.

Bilan: ces enfoirés de nonistes nous ont juste fait perdre du temps, et encore un brin de la dimension politique de l'Europe. Alors que bordel de merde pour une bonne partie nous avons voté "non", envers et contre tous les médias et politiques, précisément parce que ce traité n'était qu'économique, libéral, et pas politique!

J'avais un instant espéré que la scandaleuse subjectivité des médias et politiques d'avant ce référendum cesserait avec ce clair camouflet. Et que l'occasion serait belle pour eux de s'interroger, de se critiquer, de s'excuser et de changer - pourquoi pas?
Erreur complète. Non seulement le résultat est ignoré, mais en plus les leçons d'europhilie continuent avec une arrogance redoublée.
Par contre, la sagesse populaire est un argument de poids quand il s'agit de légitimer Sarkozy...

Ma vaffanculo!

mardi, novembre 27, 2007

jeudi, novembre 22, 2007

Sans liberté de blamer la solidarité...

... il n'est pas d'éloge flatteur.
Ben ouais, avec la grève, je rentre tard et tout naze à la maison, alors le blog en souffre, forcément. Mais cette grève n'a pas que de mauvais côtés; elle m'a permis notamment de vivre une expérience incroyable au pays des lecteurs du Figaro...

Pour me rendre chez mon collègue motorisé, je me tape 20 minutes de marche matin et soir, aux côtés d'une circulation ultra-dense, et donc dans un air quelque peu suffocant. Ce faisant, je longe dans les derniers mètres un batiment triste hébergeant une riante fac de droit, ornée de diverses affiches militant à droite de la droite. Enfin, une fac de droit normale, quoi.
Il semble cependant que cette de fac de droit là soit pourvue d'un groupuscule de gauchistes particulièrement actif, car on y distribue à l'entrée gratuitement des exemplaires du Figaro du jour. Et oui, on fidélise cette pépinière de conna..., euh de conservateurs, dès leur plus jeune âge...

Mon regard a ainsi été attiré par la page de garde de ce respectable quotidien, qui avait la particularité d'être illustrée d'une photo faisant un amalgame de bon aloi entre le mouvement de grève dans son ensemble, et les quelques sabotages de la journée d'hier. Il été doux de noter que ladite photo était à peu près deux fois plus grosse que l'entrefilet consacré à la mise en examen de Chirac.
J'ai enfin pu m'emparer de cet objet honni, en toute bonne conscience, et vivre un grand moment de plénitude. Quelques secondes plus tard, je suis en effet monté dans la voiture de mon collègue, à l'arrière car sa femme attendait un peu plus loin de prendre la place du passager avant. Et j'ai donc fait quelques mètres, le Figaro à la main, dans une voiture avec chauffeur pour me rendre au boulot. C'était un peu le but de ma vie (ça et acheter un gros pick-up avec un pare-buffle), voilà qui est fait.

En outre, j'ai pu m'amuser à feuilleter ce "respectable quotidien". Woaw. C'est absolument vertigineux de penser que nombre de nos contemporains voient l'actualité à travers ce prisme là.
C'est presque un exercice de salubrité publique: on devrait tous au moins une fois par an se forcer à lire ce truc pendant un quart d'heure au moins. Je vous conseille en particulier la page "opinions" du jour, couverte d'attaques méprisantes envers les grévistes, et qui a regonflé ma solidarité avec ce mouvement, bien émoussée par les galères sus-citées.

mercredi, novembre 07, 2007

Rhétorique pour populo

Parmi les 9 phrases (et demies) de notre président rapportées dans un article du Monde ayant trait à l'attitude du gouvernement vis à vis des mouvements sociaux à venir, j'en reproduis six:
  • "Nous avons trop reculé, nous ne pouvons plus reculer".
  • "Si on veut être exemplaire, il faut donner l'exemple".
  • "La France à beaucoup de retard, ce retard nous allons le rattraper".
  • "Cela va un peu bouger, mais c'est normal quand on fait de réformes, ça bouge toujours un peu".
  • "On me promet un novembre difficile. C'est pas le mois de novembre qui sera difficile, mais c'est tout le quinquennat".
A mon arrivée en Allemagne, j'avais été choqué par la campagne de pub du grand tabloïd national, le Bild, qui se vantait de n'employer que 200 mots de vocabulaire. Non seulement il me semblait navrant de mettre en avant son indigence, mais en plus je m'étonnais qu'aucun de ses lecteurs ne se sente insulté. Autant écrire en gros: "journal pour neuneu sachant à peine lire".

Et bien la rhétorique sarkozyste, pourtant éloquent orateur parait-il, porte le même genre de message. "Je - vous - fais - des - phrases - simples - pour - que - vous - comprenez - bande - de - crétins. Puisqu'il n'y a que ça que vos pauvres petits cerveaux puissent ingérer, sans se faire mal au crâne, je ne vais communiquer qu'avec des slogans qui claquent, à base de 200 mots de vocabulaire, et je ne lésinerai pas sur les répétitions. Vous êtes contents?"

Et le pire, c'est qu'ils sont contents.

samedi, septembre 22, 2007

Fiche de lecture

Quelques semaines d'entrainement à trois footings d'1h30-2h par semaine, ça en fait du temps privilégié, l'ipod rivé à l'épaule, à l'écoute de là bas si j'y suis. Qui a dit que le sport était l'ennemi de la réflexion? Ou que les sportifs étaient forcément de droite?
Non seulement cette émission offre un havre de générosité et de curiosité dans un paysage médiatique monotone, mais en plus ses auteurs ont le bon goût de mettre à notre disposition un site gratuit où des centaines d'émissions sont patiemment archivées, dans l'attente de nos petites oreilles. Il vient d'ailleurs de faire peau neuve, quittant un look très "site des années 90" pour du flash moderne du meilleur effet.


La critique majeure de la subjectivité, principalement anti-libérale, faite à là-bas ne me dérange pas le moins du monde. D'une part parce que c'est clairement affiché et assumé, d'autre part parce que la subjectivité pro-libérale est chez elle partout ailleurs, et enfin et surtout parce qu'il y en a marre de cette mollesse journalistique visant à surtout ne jamais prendre position. Là-bas prend position de manière claire et argumentée, et ça tombe bien, je suis de leur avis!
Mais j'invite ceux qui y restent rétifs à se faire leur petite idée en piochant une des émissions suivantes. Fort de mes heures d'écoute bondissante, je vous propose une petite sélection d'écoute. Je me permets même de diviser les émissions en quatre types:
  • Les émissions légères, respirations triviales et parfois un brin vulgaires entre deux émissions plus engagées. Ce sont souvent les moins bonnes à mon sens, mais on y trouve quelques perles, dont ce mythique proctologue (mot clé "protologue" dans le moteur de recherche de là-bas).
  • Les entretiens avec des penseurs, politiques, économistes, artistes. Ces émissions sont du niveau de leurs invités, c'est-à-dire souvent excellentes. J'ai été passionné par le cycle sur Noam Chomsky ("Chomsky et compagnie"), par celui sur les années 80 ("le cauchemar des années 80") ,par la rencontre avec Jean Ziegler à l'occasion de la sortie du film We feed the world ("We feed the world") et par l'entrevue avec feu Lucie Aubrac ("le verbe résister doit toujours se conjuguer au présent").
  • Des reportages à l'étranger, qui nous font toucher de manière très vivante, directe, presque organique, la réalité quotidienne dans différents pays. Je pense particulièrement à la rediffusion d'un reportage sur l'industrie textile en Inde ("Comment meurent les bateaux et qui coud ma chemise"), ainsi qu'aux reportages sur les fondamentalistes chrétiens américains en Israel ("Au nom de Jésus, rendez-nous Gaza"), et au récit très choquant d'une coréenne (du Nord) échappée d'un camp de travail ("Corée du Nord: tandis qu'ils agonisent").
  • Et enfin, mes petits chouchous, ce sont les reportages près de chez nous. Avec une tendresse particulière pour ceux placés "du côté de l'ennemi": on en apprend beaucoup sur les courtiers ("enrichissez-vous"), sur les habitants de Neuilly ("Ballade au Sarkosistan") et sur les évadés fiscaux en Belgique ("SDF: Belgique, terre d'asile") quand on se fait passer pour leur pote! C'est d'ailleurs ce dernier reportage succulent, écouté ce matin même et diffusé en début de semaine, qui a motivé l'écriture de ce post. Mais je n'oublie pas des reportages plus classiques, tel qu'"Iréne et son camion" (sur le destin incroyable d'une protituée) et "Faut quand même avoir la moelle" (sur le montage de la fête de l'Huma cette année).
Bref, tout cela est curieux, malin, intéressant et souvent bouleversant ou étonnant. Ca mérite largement de passer outre les plus inégales séances du répondeur qui ouvrent traditionnellement les émissions...
Bonne écoute à vous!