samedi, novembre 10, 2007

Musique maestro!

Que du bon du très bon, de l'excellent dans mes petites oreilles ces temps-ci! A tel point que je ne vais pas m'attarder sur les pourtant très écoutables Babyshambles, Artic Monkeys, Amy Winehouse, Emily Loizeau et Beirut (par ordre croissant de préférence) pour ne pas encombrer vos playlists futures. N'hésitez pas à leur donner une chance cependant une fois écoutés les quatre groupes qui suivent...





Commençons en souplesse avec les méconnus canadiens de Wolf Parade (en tout cas, moi je connaissais pas avant que Tom ne m'oriente les esgourdes en leur direction). Il s'agit à la base de deux potes qui s'amusaient à jouer ensemble, sans prétention. Leurs amis d'Arcade Fire leur ont mis un gros coup de pied aux fesses en les invitant à faire leur première partie. En trois semaines, les deux loulous se sont constitués un repertoire permettant de relever le défi, et poursuivent sur leur lancée depuis.
C'est de l'indie pop tout bon, à la Arcade Fire, en un peu plus électrique-punk: frontal mais riche, gothique mais joyeux, énergique et habité, bref, du tout bon!

Venons en aux français de la troupe, nom de d'la, avec les frangins de Volo. Prenez un des Wriggles, laissez-le inviter son frangin épris de philo (et dont la voix et la guitare sont à la hauteur de son frère), et vous obtenez Volo. Des sortes de Wriggles qui se calment, arrêtent de bondir partout et s'asseyent sur un tabouret le temps de nous délivrer des mélodies sympas, mais surtout des textes superbes. Tour à tour engagés, marrants, et philosophes, voila qui fait du bien à la tête!

Venons en au cas Renan Luce. Je dois avouer m'être méfié de ce joli garçon qui déboule de nulle part, estampillé "nouveau Bénabar", et remplit l'Olympia de jeunes admiratrices à peine pubères dès son premier disque. Voila qui fleure le marketing à plein nez...
Et bien son album a eu raison de ma méfiance. Il regorge de chansons rêveuses ou marrantes, petites histoires bien vues et bien racontées. Son talent ne tient pas vraiment à sa prose proprement dite (on sent bien que certaines rimes sont là pour "boucher les trous" du texte), mais aux thèmes abordés, et à la façon dont ils sont amenés. Du destin aléatoire de la page blanche à la narration d'une nuit d'insomnie aux côtés d'une amie dans un sommeil profond (ça me dit quelque chose...), tout cela est charmant et, autant le dire, joliment poétique.
Une petite louche de politique moins consensuel, et un peu plus de travail sur les rimes qui bloquent, et le deuxième album sera tout bonnement extra!

Et, au milieu de cette compétition très relevée, la palme va au nouvel album des grands Radiohead: In Rainbows. On a tellement glosé de leur initiative le de mettre en vente en ligne exclusivement, et à un prix à définir par le client, qu'on a presque oublié de saluer son incroyable qualité.
Comme il est de coutume chez Radiohead depuis une dizaine d'année, l'album est hyper-riche et travaillé, ambitieux et planant. De nombreuses lignes mélodiques s'entrecroisent autour de la voix superbe de Thom Yorke, ce qui donne un album compliqué: il a d'une part une unité formidable (à tel point qu'il est dommage d'écouter les chansons indépendamment les uns des autres), mais il arrive d'autre part que les chansons changent du tout au tout entre leur début et leur fin. On découvre un monde unique, mais surprenant.
A la différence des derniers albums de Radiohead, qui poursuivaient la même philosophie mais avaient tendance à m'endormir tant elles me faisaient planer (Kid A. et Amnesiac essentiellement), je trouve que celui-ci réussit parfaitement son pari: il est magnifique certes, mais aussi prenant: pas besoin de se mettre en position du lotus pour en apprécier la substantifique moelle! (Quoiqu'il lui manque un petit quelque chose d'électriquement frontal pour atteindre le sommet absolu d'Ok computer, si je puis me permettre de faire la fine bouche).
Quoiqu'il en soit, In Rainbows reste quelque chose de grand, et d'enthousiasmant. Vous pouvez donc vous le procurer légalement pour une somme à votre appréciation sur le site suivant (quand à moi, j'ai choisi 10 euros, soit seven pounds fifty. Faut relancer l'économie mancunéenne, quand même!)

vendredi, novembre 09, 2007

Les promesses de l'ombre


Toujours sur la bréche, nous sommes allés voir hier soir le fraichement sorti les promesses de l'ombre de David Cronenberg. Un film sombre, vénéneux et magnifique, qui commence par la mort en couche d'une fille mère dans les bras d'une sage femme attentionnée (ça nous détend toujours en ce moment, ce genre de scène). Le journal intime de la victime (en russe) en main, ladite sage femme fait des pieds et des mains pour retrouver la famille du bébé. Ce faisant, elle débarque benoîtement au milieu d'une famille de la mafia russe qui a deux-trois choses à se reprocher...

Le film est superbe. C'est d'abord et avant tout un thriller rondement mené, peur au ventre et histoire maline incluses. Mais c'est surtout "un film de Cronenberg", plein du charme sombre et torturé dont il est coutumier. Il réussit le tour de force de donner au film une atmosphère réaliste, quasi-documentaire, tout en poursuivant une recherche esthétique aboutie. Le film est donc graphiquement superbe sans que la tension ne soit un instant relâchée, ce qui sert à merveille la plongée dans le monde dépaysant et voisin de cette famille mafieuse russe de Londres.
Pour entretenir cette tension, Cronenberg a recours comme dans History of violence a des explosions d'hyper-violence, rares mais très frontales. Ce choix très intelligent (mais dur à encaisser parfois) permet de maintenir le spectateur en haleine sans aligner des centaines de maccabhés, et plus profondément montre toute l'horreur des meurtres sans la mise à distance "jeu vidéo" dont sont coutumiers la plupart des polars. La bande-annonce ne fait d'ailleurs pas justice à cette parcimonie dans la quantité de scènes d'action...

Mais alors le film culmine surtout par le personnage central, celui d'un mafieux russe mystérieux joué par Viggo Mortensen. Une classe incroyable au service de l'intrigue, un magnétisme de malade, une attitude impeccable et illisible, et des explosions animales au moment opportun... Waow!

mercredi, novembre 07, 2007

Rhétorique pour populo

Parmi les 9 phrases (et demies) de notre président rapportées dans un article du Monde ayant trait à l'attitude du gouvernement vis à vis des mouvements sociaux à venir, j'en reproduis six:
  • "Nous avons trop reculé, nous ne pouvons plus reculer".
  • "Si on veut être exemplaire, il faut donner l'exemple".
  • "La France à beaucoup de retard, ce retard nous allons le rattraper".
  • "Cela va un peu bouger, mais c'est normal quand on fait de réformes, ça bouge toujours un peu".
  • "On me promet un novembre difficile. C'est pas le mois de novembre qui sera difficile, mais c'est tout le quinquennat".
A mon arrivée en Allemagne, j'avais été choqué par la campagne de pub du grand tabloïd national, le Bild, qui se vantait de n'employer que 200 mots de vocabulaire. Non seulement il me semblait navrant de mettre en avant son indigence, mais en plus je m'étonnais qu'aucun de ses lecteurs ne se sente insulté. Autant écrire en gros: "journal pour neuneu sachant à peine lire".

Et bien la rhétorique sarkozyste, pourtant éloquent orateur parait-il, porte le même genre de message. "Je - vous - fais - des - phrases - simples - pour - que - vous - comprenez - bande - de - crétins. Puisqu'il n'y a que ça que vos pauvres petits cerveaux puissent ingérer, sans se faire mal au crâne, je ne vais communiquer qu'avec des slogans qui claquent, à base de 200 mots de vocabulaire, et je ne lésinerai pas sur les répétitions. Vous êtes contents?"

Et le pire, c'est qu'ils sont contents.

mardi, novembre 06, 2007

Les vieux et Groland


Pour répondre à ma maman concernant ce que je reproche aux plus de cinquante ans, tout en fêtant les 15 ans du Groland (qui fait l'object d'un joli documentaire que je conseille aux heureux abonnés de canal).

PS: Mais leur vengeance peut être terrible:

dimanche, novembre 04, 2007

Vinci prend l'avion un jour de grève


Je trouve ça d'un banal d'être bloqué un jour de boulot par les grèves RATP ou SNCF... Le vrai top travailleur se retrouve coincé à l'aéroport, c'est tellement plus distingué!
Et merde, puisque la mode est à la richesse décomplexée (dite bling bling semble-t-il), au 140% d'augmentation assumé et à la rolex en évidence, je l'avoue: mon rêve absolu, celui auquel je suis prêt à tout sacrifier, est d'être un jour victime d'une grève du pilote de mon jet perso! Ce jour là, oui, je serai arrivé! Et qu'est-ce que je serai heureux...

En attendant donc, j'ai modestement subi la grève des stewards et hotesses Air France. Et attention coco, de la synthèse de grève chiante pour l'usager. Parce qu'à mon avis il faut différents éléments pour que la grève soit bien pénible comme il faut.

D'abord, et assez paradoxalement, il faut que la grève ne soit pas totale. Sinon, la chose est entendue, on rentre chez soi, ou on trouve un autre moyen de transport. C'est pénible certes, surtout quand le déplacement est urgent et que la chose dure, mais on échappe au goût si particulier de l'incertitude, cet espoir sans cesse déçu qui rend l'attente si intensément inoubliable.
Ah, qu'elles sont âcres ces heures d'attente à scruter les écrans d'information dans la moiteur de la masse des voyageurs mécontents. Ah, qu'ils sont vicieux ces déferlements d'incertitude et d'espoir au rythme des rumeurs parcourant l'aéroport!

Mais c'est encore meilleur quand on ne sait rien, quand l'arbitraire régne. Quand par exemple les syndicats d'hotesses et stewards choisissent une subtile technique de guérilla ne permettant aucune prévision fiable: en ne se déclarant qu'au dernier moment (juste avant d'embarquer par exemple), ou en refusant tout contact avec le patronnat pendant le préavis, on entretient cette bonne vieille incertitude.

Pour que la fête soit complète, il faut évidemment que le patronnat y mette du sien. Chez Air France, on n'est pas comme ces fiottes de la SNCF et de la RATP, qui communiquent à qui mieux mieux. Dans le plus pur style sicilien, on reste digne et on se tait. On répand quelques infos manifestement fausses (90% puis 70% des vols assurés), on met en branle un numéro vert inutile, et surtout on ne dit rien dans l'aéroport.
Dans mon cas, ils ont même été jusqu'à couper les haut-parleurs des bureaux d'enregistrement. La seule manière d'être informés des vols dont l'enregistrement été ouvert était donc de faire le siège de ces bureaux, encastrés dans la foule suante des voyageurs inquiets et perdant parfois leur calme...

Dans ces conditions, je vous le certifie, l'impact de la grève sur les voyageurs sera total. Même un petit vacanciers comme moi, dont le vol n'a été retardé que de deux heures, en garde un souvenir ému. Mais si vous voulez vraiment que ça reste, ne vous relâchez pas et pensez à la cerise sur le gateau. Quelques idées en vrac:
  • Si le voyageur peut rater sa correspondance et ne partir que le lendemain, c'est pas mal.
  • Si vous l'orientez mal vers la navette qui le mène à l'hotel, de sorte qu'il perde 45 minutes à l'attendre nuitamment en vain, c'est bien.
  • Si la réception de l'hotel l'ignore et laisse passer tout ce qui a plus de 50 ans sous son nez, ça commence à devenir bon.
  • Si vous lui perdez ses bagages à l'arrivée (et ne les lui restituez qu'en toute fin de séjour), c'est excellent.
  • Et si la recherche des bagages est rendue plus difficile par la faute de l'hotesse qui l'a mal orienté vers la navette la veille, et a gardé le reçu des bagages, c'est carrément formidable!
En espérant que ces conseils puissent servir aux 95 catégories professionnelles qui vont faire grève dans les mois qui viennent par la grâce des courageuses et pertinentes (et inévitables et modernes) réformes de notre président à l'écoute, je vous pris d'agréer, camarades, l'expression de mes sentiments les plus militants.

PS: Remarquez, 95 catégories, ce n'est que le centième de celles qui vont se faire enfler de près ou de loin par l'orientation que prend le pays (et pour laquelle nombre d'entre eux ont voté!)

Petit clip sympa


Dégoté sur le site de Reg'.
Voila qui me parle parfaitement, moi qui dois me restreindre à trois cafés maximum par jour sous peine de laisser la caféine inonder trop facilement mon fragile petit organisme!
On ne le dit pas assez, mais la recherche demande une discipline de fer pour ne pas sombrer...

samedi, novembre 03, 2007

Semaine sicilienne

Vous connaissez ma conscience professionnelle: jamais je ne partirais en vacances sans ramener des anecdotes amusantes à raconter à mon fidèle lectorat. Vous aurez donc le droit aux billets "Vinci prend l'avion pendant la grève", et "Ele et Vinci choisissent des hotels où il est impossible de dormir" (voire à un "Ele et Vinci assistent à une poussée de xénophobie sécuritaire") dansun futur proche.

Mais en m'attardant d'entrée sur ces pitoresques épisodes, je risquerais de vous donner l'impression que nos petites vacances se sont réduites à cela. Ce qui serait plus que mensonger: la Sicile (ou plus précisément sa côté est, puisque nous avons visité Syracuse-Noto-Taormine et Catane) a été à la hauteur de sa réputation.
Elle nous a offert des paysages superbes, en commençant par une belle arrivée en avion autour de l'Etna, et en finissant sur un panorama hahurissant sur la côte ionienne depuis Taormine. Elle nous a ébloui par sa richesse culturelle: théâtres grecs et romains, chateaux normands (teintés d'inspirations arabes) et églises baroques. Et elle a enrobé le tout d'une douceur estivale qui a permis un bain libérateur dans la Méditerrannée. Si si, le 1er novembre!
Mais surtout, surtout, elle a déployé toute la richesse de sa cuisine a base de bons légumes, d'huile d'olive et de poissons et fruits de mer freschissimi! Le resto de Syracuse que nous avait conseillé Ubaldo, et qui se fait directement livrés par les bateaux de pécheurs amarrés à trois mètres de sa porte, vaut à lui seul le déplacement...
Le pied. Mais plutot que de trop en faire, je vous invite à jeter un oeil à nos petites photos:

vendredi, octobre 26, 2007

Quelques moments de plénitude...

... offerts par Taratata.




mercredi, octobre 24, 2007

Mo côté punk


On s'en revient d'un concert de Mon côté punk, ce collectif initié par les chanteurs de la rue Ketanou et qui, après avoir agrégé des membres de divers groupes (dont Loïc Lantoine), a l'air de se stabiliser en un groupe moins pléthorique et plus structuré. Formidable, évidemment.
C'est LE groupe de scène par excellence: des chanteurs péchus, généreux, bordéliques, portés par des musiciens impressionnants et parfaitement en place. Ils trainent leur curiosité à travers plein de styles musicaux: rock, punk, français accoustique, raï, tzigane, fanfare yougo, etc.
Cette prise de risque permanente a un prix: les chansons sur album sont plus inégales; on va de perles absolues (C'est peut-être), à des choses plus banales (Le Nord). Par contre sur scène mon vieux, là ça ne se discute pas. Une fois n'est pas coutume, la vidéo capturée au téléphone portable ouvrant ce post vous permet de vous en faire une idée. Ou, mieux encore, le medley de leur myspace.
Si vous avez l'occasion, allez donc les voir (les dates sont sur le myspace), d'autant plus que les billets sont pas chers (ils y tiennent), et que les membres du groupe se balladent tranquillou dans le public avant leur entrée en scène, tous disposés à discuter un peu avant de mettre de feu.

mardi, octobre 23, 2007

Très bon

Le site de détournement de couvertures de martine, indiqué par l'ami Bix!

lundi, octobre 22, 2007

And the winner is...

Amis lecteurs,

j'ai quelques questions pour vous.

Sachant que je me rend quotidiennement au travail en métro,
sachant que nous partons en vacances en Sicile avec Elena, elle en train,
moi en avion avec Air France,
  • avons-nous une chance de voir un jour la Sicile?
  • aurons-nous un jour des vacances normales (après deux semaines de pluies en aout, des vacances à la plage coincés à Paris?) ?
  • vous me donnez combien de temps de devenir de droite et pester contre les grèves en général?
PS: Dans le détail, c'est encore plus le bordel car Elena part en train pour Modène, puis va en avion en Sicile (et elle décolle avant que je ne parte de Paris). Alors:
  • Doit-elle embarquer alors que je ne saurai pas si mon avion est maintenu?
  • Pourra-t-on se faire rembourser tout ou partie du trajet?
PPS: C'est encore plus le bordel, parce que nous utilisons pas moins de quatre compagnies aériennes pour effectuer ce trajet (c'est pas de notre faute, c'est opodo qui a fait ça tout seul). Allez vous faire rembourser dans ces conditions...

samedi, octobre 20, 2007

Applaudissez maintenant.

Allez, vous prendrez bien une petite chronique rugby à deux heures du coup d'envoi de la finale? Ca ne se refuse pas, d'autant plus qu'elle ne porte pas sur tout le mal que je pense de Bernard Laporte, ni sur la grande déception française (tout au plus vais-je vous signaler cette analyse très intéressante à ce sujet).
Grâce à mon cher papa (qui a eu la présence d'esprit de réserver des places plus d'un an en avance), j'ai pu assister à Nantes à trois matchs des poules: Canada-Pays de Galles; Angleterre-Samoa et Pays de Galles-Fidji. Il a du nez mon papa, ces trois matchs là ayant comptés parmi les plus beaux du Mondial: des équipes sympathiques (à une exception près - et encore, je n'ai en fait rien contre cette courageuse équipe anglaise), du suspense, une ambiance bon enfant, du soleil et du beau jeu.

Seulement, les organisateurs n'ont pas voulu laisser parler ces seuls atouts. Ils ont décidé d'offrir aux spectateurs privilégiés que nous fûmes plus qu'un match: un véritable spectacle. A show, comme on dit Outre-Atlantique.

Et oui, le temps où l'on allait bêtement au stade pour voir du sport est révolu, bande de nazes. Il faut créer un événement, divertir le spectateur sans cesse, quitte à mettre le sport un peu au second plan. Mets du rythme coco, sinon le supporter va s'ennuyer!
C'est ainsi que la musique doit occuper, d'urgence, tout espace disponible. A peine le match terminé, on envoie des chansons discos pour faire taper des mains au populo. Et évidemment, la mi-temps est intégralement occupée par des pubs assourdissantes, rentabilisant les écrans géants (vu le prix des billets - et le nombre de braves bénévoles recrutés pour l'occasion, ce n'est vraiment pas nécessaire à la solidité financière de l'entreprise, d'ailleurs).
Impossible donc de partager une saine 'nalyse du match avec ses voisins sans s'égosiller. Résultat: après quelques tentatives crevantes pour aller à contre-courant, on se retrouve emporté par le torrent de ce zapping événementiel à la con. Oh des jolies 'nimages, oh une musique qui fait boum-boum! Pas le temps de révâsser à la jolie partie qu'on vient de voir...

Mais le pompon vient des animations musicales pendant le match. Sachez que quand l'arbitre demande un arbitrage vidéo, on a droit au jingle de "Qui veut gagner des millions" qui fait peur. Vous savez, les faux battements du coeur, au cas où on ne comprendrait pas qu'il y a de la tension dans l'air.
Mais la goutte qui fait déborder le vase, c'est que la plupart des fanfares bon enfant qu'on entend à la télé sont en fait des bandes enregistrées, jouées aux instants clés par le DJ du stade. Un petit temps mort, hop, on nous balance un "tu tu tu tu tu tutututu tutu - olé".

Mais qu'on nous foute la paix bordel de merde. On nous prend vraiment pour les derniers des crétins, avec ces animations à la con, qui trahissent vraiment l'image que ce font les organisateurs des spectateurs: des blaireaux à moitié concernés, incapables de se concentrer pour suivre le match deux minutes de rang, et qui risqueraient d'être tout perdus si on les livrait à eux mêmes deux secondes! (Ben qu'est-ce qu'on fait les gars, y a plus de musique... A l'aide!)
Mais le sport c'est pas ça! Regarder du sport, ce sont des heures et des heures de partie aride, tendue ou désagréable; ce sont des coups du sort, des résultats illogiques, des pénaltys truqués et des buts contre le cours du jeu à la pelle... pour quelques moments de pur bonheur, pour des gestes magiques, pour des victoires arrachées au bout du suspense. Bref, tout le contraire d'un spectacle bon marché, calibré, qui brillotte à tous les coups mais ne surprend jamais.

Avec cette américanisation du sport, on finit par gommer de purs instants de poésie. Témoin, ce haka formidable, improvisé après le match par les courageux Samoas défaits, à l'unisson du stade tout entier... mais pollué par une musique techno niaise qui l'a couvert et que personne n'a pensé à couper...
Ca devait pas être dans le script de l'event, j'imagine.

jeudi, octobre 18, 2007

Tous ensemble tous ensemble

Le combat continue!
Vous vous doutez de ma solidarité avec le mouvement actuel luttant contre la casse systématique du système social.
(Je vous la fais courte et brève, comme dirait un ami à moi. Une remise à plat me semble absolument nécessaire et juste, pour remettre à jour la liste des boulots pénibles - et donc ceux donnant droit à des "avantages" (ou plutôt dédomagements).
Mais je m'oppose à un nivellement pur et simple vers le bas. Surtout quand il passe sous silence les différences de salaires entre "désavantagés" et "avantagés".
Bref, ouvrons le débat sérieusement pour de vrai, plutôt que de taper sur tout ce qui dépsse sans chercher à comprendre.)

Mais mon soutien est surtout transcendé par le fait que cette grève des transports me permet de réaliser un rêve. Oui, aujourd'hui, enfin, je peux travailler en slip (de chez moi)! Ce que je suis bien, ce que je suis à l'aise! Et beau avec ça (si, si).
Quel bonheur! Alors, camarades, continuons le combat!

lundi, octobre 15, 2007

7h58 ce samedi là


La seule critique que je puisse faire à cet excellent film est son titre, d'autant plus pourri qu'il n'a qu'un rapport ténu avec son intrigue. Le titre original Before the Devil knows you're dead (issu d'un proverbe irlandais "Enjoy half an hour in heaven, before the devil knows you're dead") est d'ailleurs bien plus sympa.
A part ce détail, donc, 7h58 ce samedi là est incroyable. C'est la quintescence de la tragédie: deux frères, apparemment tout ce qu'il y a de plus normaux et de bien insérés dans la vie, décident d'effectuer un petit braquage sans danger pour se sortir de petits problèmes financiers. Sauf qu'évidemment, tout se passe mal - et pire que mal. Et qu'en plus les protagonistes s'avérent progressivement pas si normaux que ça.

Ce refrain est tout ce qu'il y a de plus classique, mais ce qu'il y a de remarquable ici est qu'il est mis en musique par-fai-tement. Les acteurs - les deux frères Philip Seymour Hoffman et Ethan Hawke en tête - sont absolument parfaits et la réalisation de Sidney Lumet, habile et discrète, sert parfaitement l'histoire.
Car c'est dans le scénario que tient toute la force du film. Et nous pouvons donc, par la grâce de ces grands acteurs et de ce réalisateur chevronné, profiter parfaitement de son implacable mécanisme qui, de fash-back en révélation, nous révéle toute l'étendue du désastre vers lequel courrent les deux frangins.
C'est noir, c'est très noir, mais que c'est bon quand c'est si bien raconté!

PS: Si je vous ai déjà convaincu, ne regardez pas la bande-annonce! Sinon, c'est pas grave, il y a plein d'autres rebondissements...

dimanche, octobre 14, 2007

Souriez! Vous êtes filmés

Big brother is watching you...
Grâce à Google analytics, j'ai tout plein de statistiques sur la fréquentation de mon blog. 139 visites de 47 internautes différents, cette semaine! Dont un marocain, deux allemands et un québéquois, figurez vous.
Et alors ce qui est beau avec un site réservé à quelques happy few, c'est que je peux presque vous faire coucou sur cette carte! J'ai une petite idée sur qui se cache à Nantes, à Caen, à Toulouse, à Pau, à Perpignan, à Rennes... Coucou à vous!
Par contre pour Quimper, Aix-en-Provence et Bordeaux, je séche...

Et la cerise sur le gateau, c'est ça:
Un habitant de Neuilly m'a fait l'honneur d'effleurer mon blog. Bon, il n'y est resté que 0 secondes, mais il n'est pas interdit de rêver que ce soit notre président adoré (je fais gaffe maintenant) qui ait lu ma prose.
Surtout qu'efficace comme il est, il ne lui faut pas beaucoup plus de 0 secondes pour se faire une idée de la situation!

PS: Promis, je n'abuserai pas de cet outil flippant pour vérifier qui se connecte quand. C'était juste rigolo d'avoir une vue d'ensemble des mecs à qui je cause...

samedi, octobre 13, 2007

Monkey - a journey to the west


Toujours en quête de sensations fortes, et pas échaudés pour un sou par nos expériences théâtre contemporain ou free jazz, nous sommes allés jeudi voir un opéra chinois: Monkey - a journey to the west au théâtre du Châtelet. En fait, la prise de risque était bien moins grande qu'il n'y parait puisque c'est un opéra résolumment grand public, spectaculaire et pour toute la famille.

Alors d'un côté, c'est vrai, c'est spectaculaire. Les acteurs bondissent en tout sens, et nous déroulent tout l'arsenal de l'acrobate du cirque de Pékin: sauts périlleux, mono-cycle, contorsionisme, jonglage avec assiettes, etc.
Mais ce qui nous a vraiment plu (et ce qui nous a attiré vers ce spectacle), c'est la filiation du spectacle avec Gorillaz, ce projet hybride manga-musique autour de l'imaginatif chateur de Blur, Damon Albarn. C'est le dessinateur qui a créé le petit monde visuel de Gorillaz (Jamie Hewett), qui a créé costumes et décors du spectacle. Beaux comme tout.
Et surtout, les musiques ont été composées par Albarn himself. Et mon Dieu que ce mec est doué, et qu'il nous fait plaisir en mixant instruments classiques et sonorités pop plus contemporaines.

Mais à côté de cela, le spectacle me semble pécher beaucoup par son côté tape-à-l'oeil. "On vous a promis du spectacle, vous allez en avoir pour votre argent!", semblent s'être dits ses producteurs. Du coup, l'enchainement des morceaux de bravoure acrobatiques ressemble vite à une démonstration technique, impressionnante certes, mais sans âme. Il en va de même pour les décors, changés bien trop souvent, comme pour nous en mettre plein les mirettes.
Dommage, les scènes réussies irradiant une poésie subtile (l'aquarium et la débauche essentiellement - grâce à la musique d'Albarn notamment) qui est malheuresement trop souvent écrabouillée par le rouleau compresseur "Holiday on ice au pays du cirque du soleil".

Ce spectacle présente donc atouts et faiblesses. Et alors, au bout du compte, est-ce une réussite ou pas?
Et bien c'est malheureusement un critère bien pragmatique qui a emporté la décision: le théâtre du Châtelet étant un théâtre à l'italienne, il a été construit avec deux objectifs majeurs: assurer une accoustique excellente en tout point de la salle, et permettre à tout le monde de bien se montrer. Par contre, visiblement, le fait de permettre aux spectateurs de bien voir la scène n'importait pas des masses.
C'est ainsi que, bien que nous n'ayons pas pris les pires places au poulailler, nous ne pouvions péniblement apercevoir que les deux tiers de la scène (et dans une perspective étrange). Comme en plus de ça il nous fallait tanguer de droite et de gauche pour éviter un poteau cachant le milieu de la scène, et osciller de bas en haut pour lire les sur-titres de la pièce, nous n'avons pas été enclins à être portés par ses atouts, et lui sommes resté bien extérieur...
Surtout Elena qui a roupillé pendant la moitié de la représentation!

Siciliano zono

C'est officiel.
Après des semaines de combat acharné avec le boulot d'Elena (à qui nous avons fini par faire une offre qu'ils ne pouvaient pas refuser), nous partons en Sicile la semaine de la Toussaint.
Voila qui me console un peu d'avoir finalement donné les billets à ces felons d'anglois.

vendredi, octobre 12, 2007

Pas facile facile

... d'être enceinte.
Mais c'est quand même pas compliqué de faire le ménage, merde!

Look at that!

Oui, vous voyez bien. Ou si vous ne voyez pas, regardez de plus près (vous pouvez aussi cliquer dessus, si vous voulez):
C'est bien cela.
Deux places pour la demi-finale de demain: France-Angleterre. Après une matinée passée à me battre en vain sur le Net sans succès lundi (au boulot, soit dit en passant) pour arracher des places, me voila en possession de deux Sésames pour ce match mythique. Vous voyez bien, elles sont dans mes petites mains à moi!
Et attention: il s'agit de places en Présidentielles s'il vous plait. Les mieux placées: au beau milieu, pour ne rien rater de cet affrontement mémorable!
Alors évidemment, ce sont les plus chères aussi. 400 euros prix officiel, et celles ci valent même 500 euros au marché noir (et probablement quelques milliers d'euros aux abords du stade).
Mais que voulez-vous, faut ce qu'il faut.

Sauf que...
Sauf que ces places ne sont pas pour moi! Elles m'ont bien été proposées, mais en bon futur père de famille, j'ai décliné l'offre, le coeur en berne. 500 euros la place, ça va chercher dans les 6-7 euros la minute de match, faut pas exagérer. Laisser mon enfant souffrir de la faim pour aller voir un match, c'est irresponsable: je refuse (après une bonne demie-heure de tergiversation, quand même).

Le cruel destin a cependant voulu que j'ai ces billets en main, la veille même du match, pour les transmettre à leurs acquéreurs (qui habitent plus près de chez moi que de chez le revendeur). Quelle torture! Qui m'oblige à leur ouvrir la porte demain? A ne pas filer au stade en douce? En revendant la deuxième place, voire!
Surtout que le pire est que les acheteurs sont de vils anglois! Qui vont bassement soutenir nos adversaires, et conspuer nos vigoureux héros! Les lâches... Les faquins... Vais-je les laisser conspuer le Pays des Lumières et de Monsieur Nicolas Sarkozy?

Quel dilemme cornélien! Vais-je rester fidèle à la morale et leur donner les billets qu'ils ont payé, ou, en bon patriote, vais-je les leur voler pour pousser nos vaillants Bleus de mes petits poumons? Le match s'annonce si serré que ma décision pourrait faire pencher la balance...
Je me laisse la nuit pour y réfléchir...

Control


Un joli film, sombre et beau, parmi la myriade de perles innondant les cinés ces dernière semaines (7h58 ce samedi là, This is England, Jesse James, Un secret, L'ennemi intime...): Control. Il s'agit de l'histoire de l'ascension, puis de la décadence, d'Ian Curtis.
Ne me dites pas que vous ne connaissez pas Ian Curtis! Le jeune chanteur de Joy Division, étoile filante néo-punk ayant traversé l'Angleterre en cinq années et deux albums? Le groupe était porté à bout de bras par son chanteur charismatique, habité, intense, et mélancolique: Ian Curtis. Chanteur qui se suicida, à l'âge de 23 ans et à la veille de décoller pour sa première tournée-consécration aux Etats-Unis.
Le réalisateur Anton Corbjn a fait le choix de nous raconter son histoire tragique et étonnante de manière quasi-documentaire: noir et blanc magnifique (Corbjn n'est pas photographe de formation pour rien), aucun effet de manche, la musique est quasiment absente (hors les concerts et enregistrements, bien sûr). C'est donc beau et juste, mais frôle parfois l'ennuyeux dans la première partie du film, consacrée à la création du groupe. C'est du moins mon point de vue de bobo difficile fatigué et sortant du bureau (BoDiFaSoBu).
Mais l'intérêt du film est surtout dans la description de la déprime de Curtis, étouffé par la gloire, par sa triste banlieue mancunéenne, par son épilépsie, et par des histoires de coeur dont il n'arrive pas à se dépétrer. Le Bodifasobu a été scotché par cette deuxième partie, juste, délicate, et portée par un jeune acteur exceptionnel dont le charisme n'a rien à envier à son modèle: Sam Riley.
Magnifique et juste, donc.

jeudi, octobre 11, 2007

Sar-causons

Ca fait longtemps qu'on n'a pas parlé de lui, tiens. (Reste calme, môman!)
Quelques liens intéressants sur ce qu'il a dit sur l'immigration, tout ce qu'il a dit sur plein de trucs, et une 'nalyse de comme il le dit (issue de l'excellent site arretsurimages.net ;) ).

mercredi, octobre 10, 2007

Nos amies les stars

Je ne veux pas me vanter, mais figurez-vous que je connais personnellement très bien notre tout frais prix Nobel de physique, Albert Fert. Et oui. Ca vous en bouche un coin.
Et je l'ai même tiré d'un fier guépier en lui prodiguant mes conseils...
(C'est lui qui est lascivement allongé sur la photo. Le français est quand même sacrément plus cool et détendu que l'allemand, nest-il pas).

Enfin... Disons que je connais quelqu'un qui le connait très bien. Ou plutôt, que je connais très bien quelqu'un qui le connait.
Enfin bref: mon pote Alex, il a refusé une thèse chez Albert, qui venait soit dit en passant régulièrement parler rugby avec son co-bureau. Et puis après, Albert il a été président de la thèse à mon pote Alex, ce qui m'a donné l'occasion de côtoyer le glorieux homme au cours d'un pot mémorable.
Enfin, je me souviens plus du pot que du glorieux homme, mais ça fait quand même drôle de faire le lien entre un gars qui décroche la plus prestigieuse des récompenses scientifiques, et un type qu'on a croisé dans le hall sombre de la triste campagne de Saclay, un verre de champagne à la main et un discours sur la spintronique à la bouche.

Mais libre à vous de vous en foutre.

PS: Je ne veux toujours pas me vanter, mais j'ai un pote qui bosse dans la boîte à Charpak, aussi.
PPS: Par contre, je vous l'accorde, aucun de nos deux prix Nobel vivants ne me connaissent, moi. Mais un jour viendra...
PPPS: Quel est ce fier guépier dont je l'ai tiré par un conseil? Ben, disons que je lui ai indiqué où se trouvaient les petits fours...

mardi, octobre 09, 2007

Les fatals picards


La saison des concerts est repartie! Elle a débuté la semaine dernière par la dernière date parisienne des Fatals picards avant que leur chanteur-fondateur charismatique Ivan ne quitte le groupe, et autant le dire tout de go: ce concert a tenu toutes ses promesses.
Je vous avais déjà parlé de leur excellent dernier album, Pamplemousse mécanique, perle d'énergie, d'humour et d'engagement que je vous engage à écouter d'urgence (ou à tout le moins de jeter une oreille sur les quatre chansons à vot' service sur leur myspace). A l'écoute de l'album, on se dit que ces chansons rythmées, nerveuses, inventives et de bonne humeur doivent être un bonheur sur scène.
Et on a bien raison. Elles sont portées par trois ziquos (guitare basse batterie) discrets mais solides (le batteur est d'ailleurs un sosie du papa d'Elena), qui font place nette à deux chanteurs bondissants, survitaminés, qui on la particularité, quand ils ne partent pas dans des disgressions souvent très drôles, en plus de chanter bien. De la balle donc.

D'autant plus que tous les éléments étaient de leur côté: la salle (la Cigale), en format fosse, est un cocon des plus conviviaux et bien foutu, avec un plancher qui s'éléve bien comme il faut. Le public était au quart de poil: passionné mais pubère, il sautait partout au bon moment, mais sans sombrer dans l'hystérie hurleuse des petits jeunes (qui peuvent parfois pourrir un concert avec leur zèle mal placé). En plus, l'audience était gentille et a patiemment applaudi une première partie pourtant pénible.
Et enfin, nous avons eu droit à un bien joli cadeau, avec le passage de Didier Wampas sur scène. Vous n'êtes pas sans savoir que les Wampas étaient l'autre grand groupe punk candidat à représenter la France à l'Eurovision cette année, et qu'ils ont été battu par les Fatals sur le fil. Ce qui nous a donné droit à un chambrage en règle (les Fatals ayant fini avant-avant-derniers de cette prestigieuse compétition), puis aux reprises des deux des plus grands tubes des Wampas (Faut voter pour nous et Rimini).
Voila deux heures de bonheur et de pêche. La cuvée 2007-2008, qui risque d'être la dernière que nous pourrons vivre sans retenue, commence sur les chapeaux de roue!

PS: Comme les Fatals ont eu droit à une jolie vidéo il y a peu, j'illustre ce post par une vidéo des Wampas!

samedi, octobre 06, 2007

Sauvons la recherche


Non, la recherche ne sert pas à rien! Cette remise de prix le prouve!

vendredi, octobre 05, 2007

Special dédicace to Bob


Comprenne qui pourra.

Special dédicace to Elena


... ces temps-ci. Comprenne qui pourra!

Mémére et pépére

Ca nous rajeunit pas!
Un petit site permet de se vieillir (ou rajeunir, ou changer de sexe, ou transformer en manga...) C'est rigolo, mais je ne vous cache pas qu'il faut quelques essais pour arriver à des résultats sympas.

L'élégance du pachyderme

Là, Nicolas, ça devient n'importe quoi!

lundi, octobre 01, 2007

Rigolons un peu en attendant des posts plus fournis

  • Avez-vous entendu la dernière idée de Chritine Boutin pour lutter contre le problème du logement? Contruire un étage supplémentaire à toutes les maisons!

"Je propose d'étudier une idée tout à fait iconoclaste: pourquoi ne pas autoriser pendant une durée limitée, avec toutes les précautions nécessaires, les propriétaires qui le souhaitent à construire un étage supplémentaire sur leur habitation", a-t-elle déclaré.

"C'est une idée séduisante, car nous n'avons pas assez de foncier disponible pour construire des logements", s'est-elle justifié, précisant : "C'est une idée qui doit être creusée, il faut l'affiner".

Autre avantage pour Christine Boutin: "Construire un étage supplémentaire, ça peut se faire très rapidement, ce n'est pas consommateur d'espace, et cela peut resserrer les liens inter-générationnels, si les parents peuvent loger leurs enfants, par exemple".

  • Connaissez-vous le nouveau salaire de Strauss-Kahn, socialiste qui milite depuis son plus jeune âge pour plus de justice sociale? 495 000 dollars net d'impots, tout simplement. Ca va chercher dans les 23 SMICs, ça...
  • Et je vous signale avant d'aller prendre mon train pour Eidhoven (snif) un billet très intéressant de Schneiderman sur le site d'@SI.

mercredi, septembre 26, 2007

A better world

Ma soif de comprendre la crise économique liée aux crédits d'hypothèques américains m'a donné l'occasion de passer outre l'aspect un brin aride d'alternatives économiques, et de me plonger dans sa très enrichissante lecture.
Ce mensuel consacré à l'économie, calme, réfléchi et surargumenté est l'arme absolue pour contrer les "experts" libéraux qui tirent leur seule légitimité de leur jargon abscons et de deux-trois chiffres parcelaires qu'ils nous jettent au visage. Là, tout cela est calmement analysé, clairement expliqué, et on comprend bien mieux à quel point les mesures économiques qu'on nous impose sont infondées.

Une illustration parmi tant d'autres: Alternatives économiques a créé un petit site permettant de réaliser l'énormité de l'arnaque sur les arbitrages fiscaux du gouvernement: il nous est proposé de faire notre arbitrage personnel, et on croit rêver quand on voit le nombre de logements sociaux ou de travailleurs sociaux qu'on pourrait s'offrir si nous renonçions à la diminution de l'impot sur la succession décidée par Sarkozy, ou la défiscalisation des intérêts d'emprunt.
Faites vos jeux, le monde n'en sera que meilleur!

lundi, septembre 24, 2007

Incroyable

Un bon ami féru de théâtre contemporain vient de me faire connaitre le site devinettor, qui est tout bonnement époustouflant. Il s'agit de jouer, cette fois avec l'ordinateur, au célébre jeu d'enfant "Pense à quelqu'un... et je te pose ensuite une série de questions, auxquelles tu répondras par oui ou par non, et je vais finir par deviner de qui il s'agit".
Et ça marche du feu de dieu, sans truquage, juste sur la base d'analyses statistiques des réponses donnés par les anciens testeurs. Essayez, vous allez être bluffés!

La grande classe

Pour une fois, ma chronique musicale, consacrée aux deux grands albums sortis récemment de messieurs Ben Harper et Manu Chao, sera courte et efficace. Il suffit en effet presque de dire que ces deux artistes ont été une fois encore à la hauteur de leur talent pour donner une idée de la qualité de leur albums.

Ben Harper a la bougeotte: loin de se limiter à son style d'origine formidable (folk accoustique brillant), il explore album après album de nouveaux horizons. Après son CD de gospel (avec les Blind Boys of Alabama), et en attendant son prochain album de reggae, c'est sur le terres de la soul des années 50 qu'il promène son talent (et celui de son non moins brillant groupe, les Innocent Criminals) dans Lifeline.
Pour retourner aux sources spontannées du genre, il a enregistré cet album en une semaine, sur du vieux matériel analogique, dans un cadre dépaysant: Paris (cocorico!) Et c'est une réussite totale: brillant comme du Ben Harper, intégre comme du Ben Harper, mais aussi discret comme du Ben Harper. Tous ses brillants musiciens, à commencer par lui-même, mettent leur talent au service de l'émotion des chansons, sans frime ou démonstration technique.
La grande classe.

Manu Chao, à l'inverse, reste dans son dernier album la Radiolinea solidement campé sur le style latino-world-mélodique qu'il a inventé. Disons le tout net: c'est moins "panache" que l'inventivité de Ben Harper, mais son style est tellement original par nature (il est le seul à faire ce genre de musique, du moins avec cette qualité) que c'est une superbe réussite quand même.
Il continue donc, à l'aide de ligne mélodiques réucpérées ici et là et de sons enregistrés au hasard de ses promenades de part le monde, de nous faire voyager dans une ambiance latino bigarrée. C'est positif, engagé et dépaysant, et ça ne ressemble à rien d'autre qu'à du Manu Chao au sommet de sa forme.
Deux grands albums de grands artistes, donc.

samedi, septembre 22, 2007

Fiche de lecture

Quelques semaines d'entrainement à trois footings d'1h30-2h par semaine, ça en fait du temps privilégié, l'ipod rivé à l'épaule, à l'écoute de là bas si j'y suis. Qui a dit que le sport était l'ennemi de la réflexion? Ou que les sportifs étaient forcément de droite?
Non seulement cette émission offre un havre de générosité et de curiosité dans un paysage médiatique monotone, mais en plus ses auteurs ont le bon goût de mettre à notre disposition un site gratuit où des centaines d'émissions sont patiemment archivées, dans l'attente de nos petites oreilles. Il vient d'ailleurs de faire peau neuve, quittant un look très "site des années 90" pour du flash moderne du meilleur effet.


La critique majeure de la subjectivité, principalement anti-libérale, faite à là-bas ne me dérange pas le moins du monde. D'une part parce que c'est clairement affiché et assumé, d'autre part parce que la subjectivité pro-libérale est chez elle partout ailleurs, et enfin et surtout parce qu'il y en a marre de cette mollesse journalistique visant à surtout ne jamais prendre position. Là-bas prend position de manière claire et argumentée, et ça tombe bien, je suis de leur avis!
Mais j'invite ceux qui y restent rétifs à se faire leur petite idée en piochant une des émissions suivantes. Fort de mes heures d'écoute bondissante, je vous propose une petite sélection d'écoute. Je me permets même de diviser les émissions en quatre types:
  • Les émissions légères, respirations triviales et parfois un brin vulgaires entre deux émissions plus engagées. Ce sont souvent les moins bonnes à mon sens, mais on y trouve quelques perles, dont ce mythique proctologue (mot clé "protologue" dans le moteur de recherche de là-bas).
  • Les entretiens avec des penseurs, politiques, économistes, artistes. Ces émissions sont du niveau de leurs invités, c'est-à-dire souvent excellentes. J'ai été passionné par le cycle sur Noam Chomsky ("Chomsky et compagnie"), par celui sur les années 80 ("le cauchemar des années 80") ,par la rencontre avec Jean Ziegler à l'occasion de la sortie du film We feed the world ("We feed the world") et par l'entrevue avec feu Lucie Aubrac ("le verbe résister doit toujours se conjuguer au présent").
  • Des reportages à l'étranger, qui nous font toucher de manière très vivante, directe, presque organique, la réalité quotidienne dans différents pays. Je pense particulièrement à la rediffusion d'un reportage sur l'industrie textile en Inde ("Comment meurent les bateaux et qui coud ma chemise"), ainsi qu'aux reportages sur les fondamentalistes chrétiens américains en Israel ("Au nom de Jésus, rendez-nous Gaza"), et au récit très choquant d'une coréenne (du Nord) échappée d'un camp de travail ("Corée du Nord: tandis qu'ils agonisent").
  • Et enfin, mes petits chouchous, ce sont les reportages près de chez nous. Avec une tendresse particulière pour ceux placés "du côté de l'ennemi": on en apprend beaucoup sur les courtiers ("enrichissez-vous"), sur les habitants de Neuilly ("Ballade au Sarkosistan") et sur les évadés fiscaux en Belgique ("SDF: Belgique, terre d'asile") quand on se fait passer pour leur pote! C'est d'ailleurs ce dernier reportage succulent, écouté ce matin même et diffusé en début de semaine, qui a motivé l'écriture de ce post. Mais je n'oublie pas des reportages plus classiques, tel qu'"Iréne et son camion" (sur le destin incroyable d'une protituée) et "Faut quand même avoir la moelle" (sur le montage de la fête de l'Huma cette année).
Bref, tout cela est curieux, malin, intéressant et souvent bouleversant ou étonnant. Ca mérite largement de passer outre les plus inégales séances du répondeur qui ouvrent traditionnellement les émissions...
Bonne écoute à vous!

jeudi, septembre 20, 2007

De la générosité, vite!


A tout ceux qui en ont plein le cul de voir l'autre nous donner des leçons sur comment nous sortir de notre nullité, avec sa mine réjouie, son putain de dynamisme mal poli et son mépris communicatif de la générosité et du partage, je prescris un bol d'air pur et concerné sur le myspace de Batlik. Commencez donc pas 99 pas, puis requinquez vous sur la naissance de la poésie.
Je vous en recause un de ces quatre.

La puissance du canapé

Deux mois que je me prépare au marathon; un mois que je cours trois fois par semaine entre 1h et 2h. Je suis chaud comme la braise, le canapé ne m'aura pas!
Je visais le marathon de la Rochelle. Idéalement placé fin novembre, il me laissait le temps de bien me préparer à cette dure épreuve. En plus, la Rochelle c'est beau, c'est plat, et surtout c'est un coin que j'aime beaucoup depuis tout petit. Tout est en place, le canapé ne m'aura pas!
Grâce à la sagesse de mon grand âge, j'ai décidé de ne pas m'inscrire tout de suite à l'épreuve. Je voulais attendre d'être sûr de mon coup, et m'inscrire seulement quand la préparation serait bien lancée. Je ne suis pas de ces blaireaux qui, sur un coup de tête, s'inscrivent, se donnent l'impression d'acheter leur marathon et, plus tard, la queue basse, décident d'abandonner faute de condition.
Sage le mec. Le canapé ne l'aura pas.

Dimanche soir, j'ai consulté à tout hasard le site du marathon. Alerte rouge: c'était quasi-complet depuis une semaine, il fallait de toute urgence s'inscrire avant que la barre des 8500 inscrits soit atteinte. Aïe aïe aïe.
J'ai donc pris rendez-vous au plus vite chez le toubib pour récupérer le nécessaire certificat médical.
En vain.
Depuis hier soir, le site du marathon de la Rochelle affiche complet.

C'est un signe du destin. Je vais m'acheter des bières, me jeter sur le canap', et regarder du sport. Y a plus que ça à faire.

mardi, septembre 18, 2007

Mon frère est fils unique


Nous avons opté hier pour une sortie moins ambitieuse que celle de samedi et sommes allés voir Mon frère est fils unique, film italien à peine sorti. Elena l'attendait de pied ferme tant elle en avait entendu de bien, et tant le livre dont il est tiré (il fasciocommunista) lui avait plu.
On y suit sur 15 ans la rivalité de deux frères hauts en couleurs: Manrico le beau fils charismatique mais peu fiable, et Accio ("la teigne"), entier, toujours énervé, buté et idéaliste. C'est surtout ce personnage fascinant qui a fait le succès du livre puis du film: tout en instinct, nerf et grande gueule, il ne lâche jamais rien, à commencer par ses idéaux. Et le fait qu'il se plaigne sans cesse dans un italien romagnoli fleuri ajoûte encore à son charme...
Pour rester digeste, le film a élagué beaucoup de la fine analyse politique du bouquin pour se recentrer sur la rivalité sentimentale et politique entre les frangins. Un très bon choix finalement: le film est bien équilibré (ce qui n'était pas gagné étant donné la densité du bouquin, et l'ambition de suivre Accio de ses 10 ans à ses 25 ans), rythmé, marrant, étonnant.
On ressort ragaillardi de ce voyage dépaysant dans la villa de Latina (construite par Mussolini près de Rome) des années 60-70, porté par d'excellents acteurs (vous noterez l'acteur de Montalbano dans un rôle de fasciste succulent).
Et surtout, on fait un petit peu connaissance avec l'écorché vif Accio, en espérant récupérer un peu de son énergie au passage!

dimanche, septembre 16, 2007

L'acte inconnu


Hier soir, j'étais stressé comme pas possible. Je passais le deuxième volet des épreuves pour l'obtention de ma troisième étoile de bobo, et je ne voulais surtout pas le rater. Après le free-jazz à la Villette, j'avais un paquet de points de retard, alors j'ai bachoté comme un bête: ipod, Telerama, Masque et la Plume, j'ai mis toutes les chances de mon côté.

Il s'agissait d'aller voir - et d'apprécier - l'Acte Inconnu, de Valère Novarina, au théâtre national de la Colline. Pour vous donner une idée du thème, je cite le début de la présentation officielle de la pièce:
" L’Acte inconnu est un archipel d’actes contradictoires : acte forain, prologue sous terre, cascades de duos, accidents de cirque, spirales, rébus. Autant de figures, d’attractions, comme autant de mouvements d’un ballet… « Le rocher d’ombre », « L’étoile des sens », « La parole portant une planche », « L’amour géomètre » : quatre pièces renaissent l’une de l’autre et sont jetées aux points cardinaux.
"
Vous voyez le genre: du théâtre contemporain où se croisent des types déclamant des monologues à tiroir, sans queue ni tête, sous le regard ravi d'une salle de connaisseurs. Je n'en menais pas large.
Pour Elena la fayotte, évidemment, c'était du velour. Elle avait déjà eu une bonne note en free-jazz, et là il s'agissait d'un spectacle pour lequel elle bosse, et qu'elle avait déjà vu. L'éternelle première de la classe, quoi!

Vous n'êtes pas sans savoir que Valère Novarina est un dramaturge et peintre brillant qui s'intéresse tout particulièrement au langage. Il a créé pour ce faire un monde à lui, où les mots sont privés de leur sens premier, et par là même nous interroge sur la substance de l'Etre.
Enfin, j'imagine que c'est (en partie) ce qu'il fallait comprendre de cette pièce. Personnellement, je n'ai observé qu'une succession de sketchs avec des mots qui n'existent pas que je n'ai su, du haut de ma grande Culture, rapprocher que de Jamel, Gad Elmaleh ou des Robins des Bois. Il faut être juste: par la grâce des acteurs (grandioses), j'ai passé un quart d'heure hilarant lors des sketchs caricaturant les jargons politiciens, économistes et scientifiques.

Seulement, la pièce à duré 2h10, et c'est vachement long 2h10 pour un quart d'heure de marrant. Surtout que la seconde moitié du spectacle a complétement délaissé l'humour pour sombrer dans un verbiage philosophico-esthétique qui m'a totalement perdu, et que j'ai trouvé d'une prétention sans limite. Genre: "regarde comme je suis fort, je dis des trucs philosophiques trop puissants, mais avec des mots bizarres parce que je suis trop brillant pour m'abaisser à le dire de manière intelligible".

Je vais donc vous surprendre: j'ai été recalé. J'ai bien essayer d'expliquer au jury que j'avais beaucoup aimé les acteurs, surtout quand Dominique Pinon il fait la poule, que j'avais deviné que la mise en scène était bien foutue (à un moment il y a un effet spécial: la lune elle parle!), ça n'a visiblement pas suffi. Dur.
Par contre, j'ai croisé dans les couloirs une Elena triomphante qui a obtenue sa troisième étoile avec mention. Mais elle est sympa, elle a quand même réussi à m'incruster au pot d'après spectacle... et là devant des bouteilles, je me défend vachement mieux!

jeudi, septembre 13, 2007

Youpi!

Arrêt sur images rebondit. Pour ceux qui n'ont pas suivi, viré de la télé malgré près de 200000 pétitionnaires, Schneiderman and co s'installent sur le web. Soutenus par les petits bras des abonnés...
En attendant la version définitive de leur site - avec notamment des vidéos de chroniques et débats comme à la télé - des billets écrits se trouvent sous arretsurimages.net.
Abonnons nous, abonnons nous!

Rhaaaaa

Très bonne 'nalyse du match d'hier chez les cahiers du football.

mercredi, septembre 12, 2007

Vive polytechnique, et vivent les banquiers!


L'argumentation du sieur Guillet, polytechnicien et banquier d'affaire de son état, est un délice: claire, argumentée, solide, fine... Il nous explique, chiffres économiques à l'appui, pourquoi la France est loin d'être ridicule vis à vis des Etats-unis et de l'Angleterre, ces modèles si indépassables...
Du bonheur...

Dancefloor time


Sans renoncer le moins du monde à la nouvelle scène française, et en attendant la chronique des grands Ben Harper et Manu Chao, je m'en vais vous causer de trois albums assez différents de mes petites habitudes. Ca gigote sur le dancefloor avec Justice, Mika et les scissor sisters.


Le premier paragraphe sera français et hétérosexuel, par la grace de Justice. Il s'agit d'un groupe d'électro-house de taille minimale: il sont deux, tous deux plus jeunes que moi (ça nous rajeunit pas). Ils ont connu en leurs cinq ans de carrière une ascension très rapide, couronnée par un album - cross - qui est un gros succès commercial et critique. Ils ont même fait la couverture de Télérama, c'est vous dire.
Leur originalité est de teinter fortement leurs chansons de rock assumé. Il parait que ça fait polémique dans les milieux électro purs et durs, mais je soupçonne que c'est aussi pour ça que ça me plait particulièrement: ça sonne comme de la vraie musique instrumentale, bien en place mais inspirée, naturelle, talentueuse. Jetez une oreille sur D.A.N.C.E pour vous faire une idée...
Je conseille en particulier l'écoute à ceux qui veulent effectuer des tâches rébarbatives au boulot en hochant la tête avec entrain... Non, ce n'est pas du vécu!


Mika a un style plus exhubérant, démonstratif, au choix brillant ou énervant (rayez la mention inutile). Je dois avouer être parti dans l'écoute de Life in cartoon motion avec un a-priori très négatif devant le large succès commercial du bonhomme auprès des petites ados, le jeune âge du bonhomme et ses clins d'oeils appuyés à Queen et Georges Mickael. J'ai rien contre les petites ados, hein, si vous saviez à quel point j'ai pensé à certaines d'entre elles quand j'étais minot, mais tout cela puait le plan marketing à la Star Ac'...
Et bien pas du tout. L'album semble l'expression sincère d'un artiste bizarre, doué, original et m'as-tu vu. L'histoire raconte que Mika, immigré libanais à l'accent anglais étrange, s'est enfermé dans le silence pendant plusieurs années devant les railleries de ses camarades de classe (l'anglais est méchant). Il s'y est construit un petit monde avec des couleurs fluos et des paillettes, et a commencé à travailler cette voix capable de monter très haut qui le rend si étonnant/insupportable. Après un ou deux singles à succès, une maison de disque au nez fin lui a donné les moyens de produire un bel album qui rencontre un succès phénoménal.
Mika prend le pari de nous replonger au milieu des années 70 et de ses plus belles discos. Pour faire bonne mesure, il s'autorise toutes les démonstrations techniques imaginables et ne recule devant aucune montée en puissance basique, et saupoudre le tout avec une voix sur-aïgue qui peut insupporter. Ca passe ou ça casse, mais en ce qui me concerne, ça passe: on se fait plaisir en première intention, sans arrière-pensée, et tant pis si on sombre dans la facilité!
Mais attention, écoutez deux-trois chansons avant de vous jeter dans l'album pour vous faire votre idée. Mais si Mika prend chez vous, bonjour le bonheur, les danses solitaires dans l'intimité de votre bureau, et les reprises chantées-fausses à la Roxane!


A propos, j'en viens au troisième laron du post: les scissor sisters. Et pas d'ambiguité là non plus: on est là pour bouger, chanter, onduler, en pantalons moulants violets. Pas de grande ambition si ce n'est de faire la fête, sans complexes.
Les scissor sisters sont un pur produit -les plus observateurs d'entre vous l'auront deviné en étudiant de près la photo illustrant ce post - de la scène gay américaine. Ils sont connus pour leurs prestations scéniques hallucinantes, archi-festives et purement disco. Leur dernier album - Tadah!, c'est son nom - est à cette image: efficace, généreux, bondissant - mais loin d'être révolutionnaire. On peut donc là aussi être enthousiaste à son écoute si on est emporté par l'ambiance, disco paillettes et whisky coca, ou bien le juger sans intérêt.
Je traverse peut-être une période de remise en question de mes orientations musicales, mais ça a là aussi bien pris chez moi. Je ne peux pas m'empêcher de fredonner d'une voix de fausset les refrains de leurs tubes, tout en levant progressivement les bras en l'air en ondulant le bassin sur un rythme lassif.
Un bonheur simple et festif, quoi!

(Quoi, vous pensez que je traverse peut-être plus une période de remise en question de mes orientations sexuelles que musicales? Tsss.)

mardi, septembre 11, 2007

Triste spécificité française

Une petite douceur en attendant des posts plus étoffés:
"
Mais c’est une vieille habitude nationale : la France est un pays qui pense. Il n’y a guère une idéologie dont nous n’avons fait la théorie. Nous possédons dans nos bibliothèques de quoi discuter pour les siècles à venir. C’est pourquoi j’aimerais vous dire : assez pensé maintenant. Retroussons nos manches.
"
Christine Lagarde, ministre des finances. (Source: fiable!)

Allez hophophop. Au boulot!

dimanche, septembre 09, 2007

Chronique sports et médias

Que les médias soient partisans quand ils traitent de la politique ou de l'économie, soit. Mais alors, qu'ils le soient aussi quand ils parlent de choses sérieuses telles que le sport, c'en est trop! On nous ment, on nous manipule, camarades!

Je me fais ici l'écho de l'excellente analyse d'un de mes oncles, qui a relevé une information intéressante lors d'une revue de presse attentive aux lendemains des mondiaux d'athlétismes. Le quotidien français de référence, l'Equipe, y hurlait comme à son habitude avec les loups, sur le mode "ah que les Français sont mauvais: leurs dirigeants sont nuls et ils ne sont pas motivés, on vous l'avait bien dit". Refrain qu'ils alternent avec succès depuis près d'un siècle avec "les Français sont trop forts: leurs dirigeants sont malins et ils sont hyper motivés, on vous l'avait bien dit". On n'est pas premier quotidien français pour rien!
Pour appuyer cette rengaine de la nullité française, reprise par tous les médias et par suite par tous les Français, l'Equipe énumérait en marge de son article polémique la liste des athlètes français avec leur classement mondial et leur performance aux Mondiaux.
A côté d'articles outrés, donc.

Or, il ressortait de cette liste qu'hormis le marcheur Yohan Diniz (dont les performances au cours de l'année n'étaient pas données), les deux meilleurs français étaient troisièmes de leur spécialité (Mehdi Baala et Muriel Hurtis). En d'autres termes, si la logique mondiale avait été parfaitement respectée, nous aurions dû revenir avec deux médailles de bronze, point barre.
Il est donc un peu rude de parler de naufrage quand on revient avec deux médailles d'argent! Et complètement stupide de se donner un objectif de huit médailles, n'est-il pas? Saut à espérer que toutes les autres nations s'écartent gentiment sur notre passage...

Merci donc à mon oncle pour cette édifiante observation, qui me permet de parler de sport sans revenir sur la piteuse performance française vendredi soir au rugby!
(Que je mets essentiellement sur le compte d'une mauvaise tactique française et d'une excellente stratégie argentine, soit dit en passant. Mais ne le disons pas trop fort, ça pourrait entacher la réputation du très médiatique Laporte).

vendredi, septembre 07, 2007

Lever de rideau

A toutes fins utiles, je vous signale cette très bonne présentation de la structure du rugby donnée par rue89. Si la partie sur les règles du jeu est vraiment basique, la présentation des postes et de leurs stars est très instructive.

mercredi, septembre 05, 2007

Chut

Un athlète a été convaincu de dopage aux mondiaux d'athlétisme. Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais moi j'étais passé bien au travers: il s'agit du français Naman Keita. La faute à un calme médiatique étonnant dans la foulée d'un Tour de France qui a remonté nos "journalistes" sportifs comme des pendules contre le dopage...

mardi, septembre 04, 2007

Tais toi et pompe!


Bien d'accord avec l'édito déprimant de Politis de cette semaine...
(Ecrit avant l'éventuel dérapage sarkozien sur la peine de mort, et le vacarme médiatique qui s'en est suivi)

dimanche, septembre 02, 2007

We feed the world


Sur les bons conseils de Daniel, nous avons poursuivi notre éducation sur la nourriture industrielle ce week-end. Après Notre pain quotidien, nous sommes hier allés voir l'édifiant We feed the world - le marché de ma faim. (Comme 140000 cinéphiles français d'ailleurs, une bien bonne nouvelle pour ce documentaire passionnant.)

Le réalisateur autrichien Erwin Wagenhofer y illustre par l'exemple, de manière claire et implacable, différents aspects scandaleux de la malbouffe mondiale. Pourquoi les industriels sont-ils très intéressés par les documents remplis par les petits pécheurs français? Pourquoi les tomates consommées en Europe ont souvent 3000km de trajet derrière elles? Et pourquoi chassent-elles souvent la production locale sur des marchés africains? Pourquoi les Brésiliens rasent-ils la forêt amazonienne pour produire du soja, alors qu'ils n'en mangent pas? Et tout plein d'autres questions pertinentes.
Les réponses nous sont apportées sur un plateau, brut de décoffrage, par le bouillant rapporteur des Nations unies pour le droit à l'alimentation d'une part, et par toute une gallerie de personnages attachants d'autre part: le vieux pécheur breton, le jeune Brésilien énervé, le vieil industriel désabusé qui démonte tristement la politique de son employeur, etc. Et en plus de cette dimension politique, Wagenhofer nous plaque sous les yeux, de manière plus crue encore que Notre pain quotidien, les circonstances épouvantables dans lesquelles sont élevés les poulets que nous mangeons...
Extrêmement instructif donc, et forcément révoltant. Surtout que le documentaire se termine par une interview (probablement habilement coupée au montage) d'un PDG de Nestlé incarnant à merveille cette surexploitation de nos ressources sans considérations morales.

Le film n'étant pas de la dernière fraicheur (il est sorti fin avril), je conseille à ceux d'entre vous qui ne pourront pas le voir facilement de jeter une oreille à l'interview de Ziegler dans la-bas si j'y suis.

Encore un scandale international

Nous sommes, moi le premier, tant obnubilés par notre président je-dis-pas-que-c'est-bien-ce-qu'il-fait-mais-au-moins-ça-change que nous nous intéressons moins aux sujets internationaux qu'il ne le faudrait.
Je pense ici en particulier à l'incroyable scandale du monoxyde de dihydrogène révélé par un petit groupe d'étudiants américains courageux. S'il trouve vraiment peu de retentissement dans l'hexagone, ce scandale a plus d'impact aux Etats-Unis, de sorte que l'on peut espérer faire plier les lobbys industriels pour en interdire l'utilisation.

Le monoxyde de dihydrogène (en anglais «Dihydrogen Monoxide» ou DHMO) est peut-être la seule, parmi les espèces chimiques qui peuvent présenter un danger pour la vie humaine, à être aussi répandue. Il est sans couleur, sans odeur et sans saveur, et il tue des milliers de personnes chaque année.
La plupart de ces décès sont causés par l'inhalation accidentelle de monoxyde de dihydrogène, mais ses dangers ne s'arrêtent pas là. Une exposition prolongée à sa forme solide entraîne des dommages graves des tissus. Parmi les symptômes résultant de l'ingestion de monoxyde de dihydrogène on peut observer une sudation et une miction excessives, et éventuellement une sensation de ballonnement, des nausées et vomissements, ainsi qu'un déséquilibre électrolytique corporel. Pour les sujets dépendants, le sevrage de monoxyde de dihydrogène signifie une mort certaine.
Et la liste de ses dangers de s'arrête pas là. Pour en avoir un aperçu complet, jetez un oeil sur le site des étudiants américains en question. C'est édifiant, surtout quand on réalise la fréquence avec laquelle ce composé est utilisé.

Ninja master


Impressionnant le mec!
(Brought to you by Léon)

samedi, septembre 01, 2007

Pour le plaisir


Malgré tout le mépris que j'ai pour la pub (que, grâce à un zappage habile, je ne subis plus qu'au ciné et sur le Net), je ne peux m'empêcher de vous faire découvrir cette vidéo issue d'un article spécial blondes sur desourcesure.com (mention spéciale aux trois premières!)

Fantasy rugby

Comme pour la coupe du monde de foot de l'an passé, je vous invite à me rejoindre sur Fantasy rugby pour pimenter encore un peu plus les choses.
Une fois incrit (gratuitement bien sûr), vous devrez former votre équipe à partir des différents joueurs participant à la Coupe du Monde de rugby, et ce à partir de crédits limités. Bien évidemment, les grandes stars néo-zélandaises coûtent bien plus cher que les cireurs de banc portugais.
Ensuite, durant la compétition, les joueurs retenus vous rapporteront des points en fonction de leur performance... et nous pourrons repérer le plus fin sélectionneur d'entre nous! Pour ce faire, soyez assez bon de rejoindre ma formation VinciFormation (code 8071-1435), afin que nous puissions facilement comparer nos performances!

Pour vous faire saliver, je vous livre en avant-première mon équipe à moi. Avant de rire devant mes avants géorgiens, mes deuxième lignes canadiens et troisième lignes japonais, essayez de former votre équipe à vous avec le peu de crédit que l'on a au début, vous verrez! Et vous noterez que ma ligne d'arrière à par contre fière allure!