dimanche, septembre 16, 2007

L'acte inconnu


Hier soir, j'étais stressé comme pas possible. Je passais le deuxième volet des épreuves pour l'obtention de ma troisième étoile de bobo, et je ne voulais surtout pas le rater. Après le free-jazz à la Villette, j'avais un paquet de points de retard, alors j'ai bachoté comme un bête: ipod, Telerama, Masque et la Plume, j'ai mis toutes les chances de mon côté.

Il s'agissait d'aller voir - et d'apprécier - l'Acte Inconnu, de Valère Novarina, au théâtre national de la Colline. Pour vous donner une idée du thème, je cite le début de la présentation officielle de la pièce:
" L’Acte inconnu est un archipel d’actes contradictoires : acte forain, prologue sous terre, cascades de duos, accidents de cirque, spirales, rébus. Autant de figures, d’attractions, comme autant de mouvements d’un ballet… « Le rocher d’ombre », « L’étoile des sens », « La parole portant une planche », « L’amour géomètre » : quatre pièces renaissent l’une de l’autre et sont jetées aux points cardinaux.
"
Vous voyez le genre: du théâtre contemporain où se croisent des types déclamant des monologues à tiroir, sans queue ni tête, sous le regard ravi d'une salle de connaisseurs. Je n'en menais pas large.
Pour Elena la fayotte, évidemment, c'était du velour. Elle avait déjà eu une bonne note en free-jazz, et là il s'agissait d'un spectacle pour lequel elle bosse, et qu'elle avait déjà vu. L'éternelle première de la classe, quoi!

Vous n'êtes pas sans savoir que Valère Novarina est un dramaturge et peintre brillant qui s'intéresse tout particulièrement au langage. Il a créé pour ce faire un monde à lui, où les mots sont privés de leur sens premier, et par là même nous interroge sur la substance de l'Etre.
Enfin, j'imagine que c'est (en partie) ce qu'il fallait comprendre de cette pièce. Personnellement, je n'ai observé qu'une succession de sketchs avec des mots qui n'existent pas que je n'ai su, du haut de ma grande Culture, rapprocher que de Jamel, Gad Elmaleh ou des Robins des Bois. Il faut être juste: par la grâce des acteurs (grandioses), j'ai passé un quart d'heure hilarant lors des sketchs caricaturant les jargons politiciens, économistes et scientifiques.

Seulement, la pièce à duré 2h10, et c'est vachement long 2h10 pour un quart d'heure de marrant. Surtout que la seconde moitié du spectacle a complétement délaissé l'humour pour sombrer dans un verbiage philosophico-esthétique qui m'a totalement perdu, et que j'ai trouvé d'une prétention sans limite. Genre: "regarde comme je suis fort, je dis des trucs philosophiques trop puissants, mais avec des mots bizarres parce que je suis trop brillant pour m'abaisser à le dire de manière intelligible".

Je vais donc vous surprendre: j'ai été recalé. J'ai bien essayer d'expliquer au jury que j'avais beaucoup aimé les acteurs, surtout quand Dominique Pinon il fait la poule, que j'avais deviné que la mise en scène était bien foutue (à un moment il y a un effet spécial: la lune elle parle!), ça n'a visiblement pas suffi. Dur.
Par contre, j'ai croisé dans les couloirs une Elena triomphante qui a obtenue sa troisième étoile avec mention. Mais elle est sympa, elle a quand même réussi à m'incruster au pot d'après spectacle... et là devant des bouteilles, je me défend vachement mieux!

jeudi, septembre 13, 2007

Youpi!

Arrêt sur images rebondit. Pour ceux qui n'ont pas suivi, viré de la télé malgré près de 200000 pétitionnaires, Schneiderman and co s'installent sur le web. Soutenus par les petits bras des abonnés...
En attendant la version définitive de leur site - avec notamment des vidéos de chroniques et débats comme à la télé - des billets écrits se trouvent sous arretsurimages.net.
Abonnons nous, abonnons nous!

Rhaaaaa

Très bonne 'nalyse du match d'hier chez les cahiers du football.

mercredi, septembre 12, 2007

Vive polytechnique, et vivent les banquiers!


L'argumentation du sieur Guillet, polytechnicien et banquier d'affaire de son état, est un délice: claire, argumentée, solide, fine... Il nous explique, chiffres économiques à l'appui, pourquoi la France est loin d'être ridicule vis à vis des Etats-unis et de l'Angleterre, ces modèles si indépassables...
Du bonheur...

Dancefloor time


Sans renoncer le moins du monde à la nouvelle scène française, et en attendant la chronique des grands Ben Harper et Manu Chao, je m'en vais vous causer de trois albums assez différents de mes petites habitudes. Ca gigote sur le dancefloor avec Justice, Mika et les scissor sisters.


Le premier paragraphe sera français et hétérosexuel, par la grace de Justice. Il s'agit d'un groupe d'électro-house de taille minimale: il sont deux, tous deux plus jeunes que moi (ça nous rajeunit pas). Ils ont connu en leurs cinq ans de carrière une ascension très rapide, couronnée par un album - cross - qui est un gros succès commercial et critique. Ils ont même fait la couverture de Télérama, c'est vous dire.
Leur originalité est de teinter fortement leurs chansons de rock assumé. Il parait que ça fait polémique dans les milieux électro purs et durs, mais je soupçonne que c'est aussi pour ça que ça me plait particulièrement: ça sonne comme de la vraie musique instrumentale, bien en place mais inspirée, naturelle, talentueuse. Jetez une oreille sur D.A.N.C.E pour vous faire une idée...
Je conseille en particulier l'écoute à ceux qui veulent effectuer des tâches rébarbatives au boulot en hochant la tête avec entrain... Non, ce n'est pas du vécu!


Mika a un style plus exhubérant, démonstratif, au choix brillant ou énervant (rayez la mention inutile). Je dois avouer être parti dans l'écoute de Life in cartoon motion avec un a-priori très négatif devant le large succès commercial du bonhomme auprès des petites ados, le jeune âge du bonhomme et ses clins d'oeils appuyés à Queen et Georges Mickael. J'ai rien contre les petites ados, hein, si vous saviez à quel point j'ai pensé à certaines d'entre elles quand j'étais minot, mais tout cela puait le plan marketing à la Star Ac'...
Et bien pas du tout. L'album semble l'expression sincère d'un artiste bizarre, doué, original et m'as-tu vu. L'histoire raconte que Mika, immigré libanais à l'accent anglais étrange, s'est enfermé dans le silence pendant plusieurs années devant les railleries de ses camarades de classe (l'anglais est méchant). Il s'y est construit un petit monde avec des couleurs fluos et des paillettes, et a commencé à travailler cette voix capable de monter très haut qui le rend si étonnant/insupportable. Après un ou deux singles à succès, une maison de disque au nez fin lui a donné les moyens de produire un bel album qui rencontre un succès phénoménal.
Mika prend le pari de nous replonger au milieu des années 70 et de ses plus belles discos. Pour faire bonne mesure, il s'autorise toutes les démonstrations techniques imaginables et ne recule devant aucune montée en puissance basique, et saupoudre le tout avec une voix sur-aïgue qui peut insupporter. Ca passe ou ça casse, mais en ce qui me concerne, ça passe: on se fait plaisir en première intention, sans arrière-pensée, et tant pis si on sombre dans la facilité!
Mais attention, écoutez deux-trois chansons avant de vous jeter dans l'album pour vous faire votre idée. Mais si Mika prend chez vous, bonjour le bonheur, les danses solitaires dans l'intimité de votre bureau, et les reprises chantées-fausses à la Roxane!


A propos, j'en viens au troisième laron du post: les scissor sisters. Et pas d'ambiguité là non plus: on est là pour bouger, chanter, onduler, en pantalons moulants violets. Pas de grande ambition si ce n'est de faire la fête, sans complexes.
Les scissor sisters sont un pur produit -les plus observateurs d'entre vous l'auront deviné en étudiant de près la photo illustrant ce post - de la scène gay américaine. Ils sont connus pour leurs prestations scéniques hallucinantes, archi-festives et purement disco. Leur dernier album - Tadah!, c'est son nom - est à cette image: efficace, généreux, bondissant - mais loin d'être révolutionnaire. On peut donc là aussi être enthousiaste à son écoute si on est emporté par l'ambiance, disco paillettes et whisky coca, ou bien le juger sans intérêt.
Je traverse peut-être une période de remise en question de mes orientations musicales, mais ça a là aussi bien pris chez moi. Je ne peux pas m'empêcher de fredonner d'une voix de fausset les refrains de leurs tubes, tout en levant progressivement les bras en l'air en ondulant le bassin sur un rythme lassif.
Un bonheur simple et festif, quoi!

(Quoi, vous pensez que je traverse peut-être plus une période de remise en question de mes orientations sexuelles que musicales? Tsss.)

mardi, septembre 11, 2007

Triste spécificité française

Une petite douceur en attendant des posts plus étoffés:
"
Mais c’est une vieille habitude nationale : la France est un pays qui pense. Il n’y a guère une idéologie dont nous n’avons fait la théorie. Nous possédons dans nos bibliothèques de quoi discuter pour les siècles à venir. C’est pourquoi j’aimerais vous dire : assez pensé maintenant. Retroussons nos manches.
"
Christine Lagarde, ministre des finances. (Source: fiable!)

Allez hophophop. Au boulot!

dimanche, septembre 09, 2007

Chronique sports et médias

Que les médias soient partisans quand ils traitent de la politique ou de l'économie, soit. Mais alors, qu'ils le soient aussi quand ils parlent de choses sérieuses telles que le sport, c'en est trop! On nous ment, on nous manipule, camarades!

Je me fais ici l'écho de l'excellente analyse d'un de mes oncles, qui a relevé une information intéressante lors d'une revue de presse attentive aux lendemains des mondiaux d'athlétismes. Le quotidien français de référence, l'Equipe, y hurlait comme à son habitude avec les loups, sur le mode "ah que les Français sont mauvais: leurs dirigeants sont nuls et ils ne sont pas motivés, on vous l'avait bien dit". Refrain qu'ils alternent avec succès depuis près d'un siècle avec "les Français sont trop forts: leurs dirigeants sont malins et ils sont hyper motivés, on vous l'avait bien dit". On n'est pas premier quotidien français pour rien!
Pour appuyer cette rengaine de la nullité française, reprise par tous les médias et par suite par tous les Français, l'Equipe énumérait en marge de son article polémique la liste des athlètes français avec leur classement mondial et leur performance aux Mondiaux.
A côté d'articles outrés, donc.

Or, il ressortait de cette liste qu'hormis le marcheur Yohan Diniz (dont les performances au cours de l'année n'étaient pas données), les deux meilleurs français étaient troisièmes de leur spécialité (Mehdi Baala et Muriel Hurtis). En d'autres termes, si la logique mondiale avait été parfaitement respectée, nous aurions dû revenir avec deux médailles de bronze, point barre.
Il est donc un peu rude de parler de naufrage quand on revient avec deux médailles d'argent! Et complètement stupide de se donner un objectif de huit médailles, n'est-il pas? Saut à espérer que toutes les autres nations s'écartent gentiment sur notre passage...

Merci donc à mon oncle pour cette édifiante observation, qui me permet de parler de sport sans revenir sur la piteuse performance française vendredi soir au rugby!
(Que je mets essentiellement sur le compte d'une mauvaise tactique française et d'une excellente stratégie argentine, soit dit en passant. Mais ne le disons pas trop fort, ça pourrait entacher la réputation du très médiatique Laporte).

vendredi, septembre 07, 2007

Lever de rideau

A toutes fins utiles, je vous signale cette très bonne présentation de la structure du rugby donnée par rue89. Si la partie sur les règles du jeu est vraiment basique, la présentation des postes et de leurs stars est très instructive.

mercredi, septembre 05, 2007

Chut

Un athlète a été convaincu de dopage aux mondiaux d'athlétisme. Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais moi j'étais passé bien au travers: il s'agit du français Naman Keita. La faute à un calme médiatique étonnant dans la foulée d'un Tour de France qui a remonté nos "journalistes" sportifs comme des pendules contre le dopage...

mardi, septembre 04, 2007

Tais toi et pompe!


Bien d'accord avec l'édito déprimant de Politis de cette semaine...
(Ecrit avant l'éventuel dérapage sarkozien sur la peine de mort, et le vacarme médiatique qui s'en est suivi)

dimanche, septembre 02, 2007

We feed the world


Sur les bons conseils de Daniel, nous avons poursuivi notre éducation sur la nourriture industrielle ce week-end. Après Notre pain quotidien, nous sommes hier allés voir l'édifiant We feed the world - le marché de ma faim. (Comme 140000 cinéphiles français d'ailleurs, une bien bonne nouvelle pour ce documentaire passionnant.)

Le réalisateur autrichien Erwin Wagenhofer y illustre par l'exemple, de manière claire et implacable, différents aspects scandaleux de la malbouffe mondiale. Pourquoi les industriels sont-ils très intéressés par les documents remplis par les petits pécheurs français? Pourquoi les tomates consommées en Europe ont souvent 3000km de trajet derrière elles? Et pourquoi chassent-elles souvent la production locale sur des marchés africains? Pourquoi les Brésiliens rasent-ils la forêt amazonienne pour produire du soja, alors qu'ils n'en mangent pas? Et tout plein d'autres questions pertinentes.
Les réponses nous sont apportées sur un plateau, brut de décoffrage, par le bouillant rapporteur des Nations unies pour le droit à l'alimentation d'une part, et par toute une gallerie de personnages attachants d'autre part: le vieux pécheur breton, le jeune Brésilien énervé, le vieil industriel désabusé qui démonte tristement la politique de son employeur, etc. Et en plus de cette dimension politique, Wagenhofer nous plaque sous les yeux, de manière plus crue encore que Notre pain quotidien, les circonstances épouvantables dans lesquelles sont élevés les poulets que nous mangeons...
Extrêmement instructif donc, et forcément révoltant. Surtout que le documentaire se termine par une interview (probablement habilement coupée au montage) d'un PDG de Nestlé incarnant à merveille cette surexploitation de nos ressources sans considérations morales.

Le film n'étant pas de la dernière fraicheur (il est sorti fin avril), je conseille à ceux d'entre vous qui ne pourront pas le voir facilement de jeter une oreille à l'interview de Ziegler dans la-bas si j'y suis.

Encore un scandale international

Nous sommes, moi le premier, tant obnubilés par notre président je-dis-pas-que-c'est-bien-ce-qu'il-fait-mais-au-moins-ça-change que nous nous intéressons moins aux sujets internationaux qu'il ne le faudrait.
Je pense ici en particulier à l'incroyable scandale du monoxyde de dihydrogène révélé par un petit groupe d'étudiants américains courageux. S'il trouve vraiment peu de retentissement dans l'hexagone, ce scandale a plus d'impact aux Etats-Unis, de sorte que l'on peut espérer faire plier les lobbys industriels pour en interdire l'utilisation.

Le monoxyde de dihydrogène (en anglais «Dihydrogen Monoxide» ou DHMO) est peut-être la seule, parmi les espèces chimiques qui peuvent présenter un danger pour la vie humaine, à être aussi répandue. Il est sans couleur, sans odeur et sans saveur, et il tue des milliers de personnes chaque année.
La plupart de ces décès sont causés par l'inhalation accidentelle de monoxyde de dihydrogène, mais ses dangers ne s'arrêtent pas là. Une exposition prolongée à sa forme solide entraîne des dommages graves des tissus. Parmi les symptômes résultant de l'ingestion de monoxyde de dihydrogène on peut observer une sudation et une miction excessives, et éventuellement une sensation de ballonnement, des nausées et vomissements, ainsi qu'un déséquilibre électrolytique corporel. Pour les sujets dépendants, le sevrage de monoxyde de dihydrogène signifie une mort certaine.
Et la liste de ses dangers de s'arrête pas là. Pour en avoir un aperçu complet, jetez un oeil sur le site des étudiants américains en question. C'est édifiant, surtout quand on réalise la fréquence avec laquelle ce composé est utilisé.

Ninja master


Impressionnant le mec!
(Brought to you by Léon)

samedi, septembre 01, 2007

Pour le plaisir


Malgré tout le mépris que j'ai pour la pub (que, grâce à un zappage habile, je ne subis plus qu'au ciné et sur le Net), je ne peux m'empêcher de vous faire découvrir cette vidéo issue d'un article spécial blondes sur desourcesure.com (mention spéciale aux trois premières!)

Fantasy rugby

Comme pour la coupe du monde de foot de l'an passé, je vous invite à me rejoindre sur Fantasy rugby pour pimenter encore un peu plus les choses.
Une fois incrit (gratuitement bien sûr), vous devrez former votre équipe à partir des différents joueurs participant à la Coupe du Monde de rugby, et ce à partir de crédits limités. Bien évidemment, les grandes stars néo-zélandaises coûtent bien plus cher que les cireurs de banc portugais.
Ensuite, durant la compétition, les joueurs retenus vous rapporteront des points en fonction de leur performance... et nous pourrons repérer le plus fin sélectionneur d'entre nous! Pour ce faire, soyez assez bon de rejoindre ma formation VinciFormation (code 8071-1435), afin que nous puissions facilement comparer nos performances!

Pour vous faire saliver, je vous livre en avant-première mon équipe à moi. Avant de rire devant mes avants géorgiens, mes deuxième lignes canadiens et troisième lignes japonais, essayez de former votre équipe à vous avec le peu de crédit que l'on a au début, vous verrez! Et vous noterez que ma ligne d'arrière à par contre fière allure!

jeudi, août 30, 2007

Le traquenard de l'année

Le soleil revient, c'est donc la rentrée, ça ne trompe pas. Alors certes, c'est pas marrant de retrouver taff et transports en commun, mais il y a au moins une bonne nouvelle: les festivals en Province se terminent, et donc les concerts reprennent.
Dans le cadre de notre opération "pour dix accordéons achetés une guitarre électrique offerte", j'ai cédé aux supplications d'Elena et accepté d'aller voir Sonic Youth au Paris Jazz Festival, histoire de changer un peu de la chanson française qui m'enchante.

J'y suis allé à reculons parce que Sonic Youth c'est plus que du rock indé, c'est à peine moins que du punk de la grande époque, c'est du "noise rock". Du son très saturé, des larsens à gogos, du binaire en furie avec des braillards qui ne savent pas chanter. Elena adore, mais moi je préfére de loin un bon violon tsigane sur des textes dépressifs.
Jugez vous-mêmes, Sonic Youth c'est ça:



C'es rude, hein?
Seulement, le vrai piège n'était pas là. Ce n'était finalement pas tant le fait que ce soient les sauvages de Sonic Youth qui étaient sur scène qui comptait, mais bien plus le fait qu'ils étaient invités dans le cadre du Paris Jazz Festival. Sonic Youth et jazz. Etrange... Punk et saxo?
Il ne fallait donc évidemment pas s'attendre à de bons petits standards des familles, joués par des musiciens distingués, sur un joli rythme ternaire du type "tchic-tchitchic-tchic-tchitchic".
Non point.

Ce qui fait kiffer des Sonics vieillissants (mais toujours voués au culte du Bruit), et qui se marie à merveille avec le côté avant-gardiste du Paris Jazz Festival, c'est le free jazz. Le free jazz est au jazz ce que la musique contemporaine est à la musique classique: l'harmonieux c'est définitivement trivial, vive la dissonance, époumons nous dans nos saxos en bougeant les touches le plus vite possible, ça va être super cool!
Alors ça c'est très très rude. Je vous invite à vous en faire une idée, afin de compatir avec mon martyre, en jetant un oeil à cette vidéo de Peter Brötzmann qui a fait la première partie du concert.

Ca calme. Et il faut imaginer la scène: Elena et moi attendions du rock qui tache, et voici ce petit bonhomme distingué, en costard, qui pénétre à petits pas sur la scène. Il prend le micro le temps de lâcher une ou deux blagounettes, nous mets dans sa poche, prend sa respiration... et se lance dans un morceau de bravoure dissonnant du type de celui de la vidéo. Et le plus dingue, c'est qu'alors qu'Elena et moi-même croyions assister à un sketch (un peu long), le bonhomme s'est fait ovationner par un public unanime à la fin de son premier morceau!

Le reste fut à l'avenant: Sonic Youth a ensuite invité trois marioles du même tonneau à les accompagner sur une impro free-jazz de 45 minutes (au secours), avant de nous gratifier d'une heure de concert plus classique (du noisy rock, donc). Ca m'a fait tellement de bien de retrouver un semblant de structure à des morceaux que j'ai même bien accroché dans un premier temps, avant de reprendre mes esprits et de lâcher l'écoute insupportable de ces "chansons" grinçantes et couinantes...
Et le pompon à l'issue de cette soirée de cauchemar fut de retrouver à la sorite une Elena rayonnante, épanouie, enthousiaste... Elle a adoré le concert (à part la première partie, quand même)... Je peux te dire, elle va en bouffer de l'accordéon!

Cyberboycott de S. repoussé


Et non, Nicolas S. n'est pas qu'un people un peu mégalo, un peu maladroit, un peu agité, mais finalement pas le mauvais gars.
Ce n'est pas non plus le facho méchant dictatorial (à mon avis).
C'est juste un banal ultralibéral (sous blister à paillettes) qui va nous faire mal, très mal. Et leur faire du bien, beaucoup de bien.

(Je sais, je m'étais promis de ne plus parler de lui pendant un temps. Mais pour une fois, on nous parle de ce qu'il a au fond de la tête... Et qui va tout droit se loger à grande vitesse au fond de notre ...)

mercredi, août 29, 2007

La mascarade continue

Les courtiers londoniens ont bénéficié de bonus records. Faut dire qu'ils ont très bien travaillé, comme l'emballement des banques d'hypothèques l'a récemment montré...

A ce sujet, le Monde analyse les raisons de la crise dans cet article. On y retrouve la plupart des ingrédients cités dans ma 'nalyse à moi (plus les nobles hedge funds, et une jolie réflexion sur les banques centrales qui incitent peut-être les banques à faire n'importe quoi en les protégeant).
Il manque juste, étrangement, ce qui est pour moi la cause numéro un de cette crise: l'amplification de tous les petits événements par des spéculateurs grégaires. Ai-je tort, ou bien est-il difficile d'évoquer cette piste sans se faire taxer d'antilibéralisme?

mardi, août 28, 2007

Bande annonce

De quelques albums dont la chronique vous pend au nez: Mika, Volo, Feist et monsieur Ben Harper...




dimanche, août 26, 2007

Une furieuse odeur de vaseline


J'ai toujours été impressionné par les Spécialistes, les Experts économiques qui semblent tout comprendre des mécanismes du Marché (à ce sujet, je vous conseille cet excellent opus de là bas si j'y suis). Moi je n'y comprends rien, et je culpabilise comme une bête depuis qu'on m'a répété sans cesse que c'était typiquement français. Zut alors. J'ai honte, pour moi et pour mon pays rétrograde.

Alors évidemment je n'ai rien compris à la crise récente ayant secoué nos braves marchés. J'ai juste senti qu'on avait eu chaud, mais qu'heureusement on semblait sorti de l'auberge. Ouf.
Comme j'aimerais être un peu moins con la prochaine fois que notre existence sera menacée par un soubresaut économique engendré par une fragilité structurelle des emprunts immobiliers américains, j'ai essayé d'y voir plus clair, armé de mon Spiegel, de mon Courrier International et de mon Charlie Hebdo (où pour une fois oncle Bernard était clair).
Je vous soumets les bribes que mon petit esprit candide en a retenu. Pardonnez ma naïvité, je débute, mais je pense que la lecture de ce long post peut apporter quelques enseignements (nuancés, vous me connaissez).

  • Alors en fait, ne nous voilons pas la face, si on est passé à deux doigts d'une crise économique, c'est parce que le Marché a paniqué. Tout ce qui concerne les emprunts immobiliers américains, ce n'est que la petite étincelle qui a destabilisé les investisseurs: quand ils ont vu que (pour des raisons que je tente d'expliquer plus bas) la Réserve Fédérale baissait ses taux d'intérêt, ils ont eu peur, les petits loups.
Et comme tout l'art du spéculateur c'est de réagir comme tout le monde, avec si possible quelques secondes d'avance, ils ont voulu vendre leurs titres pour récupérer leur blé dare dare. (Et cet affolement a commencé en Asie, ce qui explique que nos "journalistes" économiques se focalisent pas mal sur cette région ces jours ci).
Voici donc la morale numéro 1: les traders, tout impressionnants qu'ils soient avec leurs costards et leur grande gueule, ne sont autre que des moutons de Panurge qui ont failli nous envoyer dans le mur, à partir d'un petit événement économique.
  • J'en viens au petit événement en question. L'extraordinnaire dynamisme consumériste américain qu'on nous vante encore et encore a un revers: les américains vivent à crédit. Quand tout va bien, ça roule, et ils peuvent effectivement faire tourner l'économie mondiale à plein régime en achetant des écrans plasma.
Mais quand ça va de travers, tout peut s'écrouler. Et nous devons notre frayeur récente à une jolie invention locale: le prêt revolving. Si j'ai bien compris, il s'agit d'une formule permettant des prêts à taux variables: ils restent honnêtes si tout va bien, mais sont réévalués à la hausse à chaque échéance non payée. Avec un effet de cercle vicieux qui crève nos petits yeux aveugles à la beauté de l'économie ultralibérale: si tu ne peux plus payer, ça devient beaucoup plus cher donc tu ne peux toujours pas rembourser.
Ce type de prêt a tout intérêt à être accordé à des mauvais payeurs, qui se retrouvent à rembourser des traites toujours plus exorbitantes. Ce qui permet de presser les plus pauvres comme des citrons, dirais-je benoîtement. Non, ce qui permet à tout un chacun de souscrire à des prêts, et d'accéder à la propriété, me rétorquera-t-on avec juste raison!
Moralité numéro 2: les pauvres, ça rapporte!
  • Seulement, je vous rassure, il n'y a que certains types de banques qui proposent ce type de prêt: les banques d'hypothèques. Les banques sérieuses, les banques françaises (ou suisses) notamment, ne s'abaisseraient jamais à ça. Non pas parce que c'est immoral, mais parce que c'est trop risqué!
Sauf que. Sauf que ça rapporte un max. Alors les banques respectables ont souvent, par l'intermédiaire d'une de leur filiale d'investissement, acheté des gros paquets de prêts revolving aux banques d'hypothèques. Pas assez pour les mettre en danger, d'autant plus que ces prêts risqués sont assurés par le patrimoine de l'emprunteur: le pauvre débiteur pourra toujours revendre la maison qu'il s'est acheté avec si il a trop besoin de thunes! D'autant plus que son prix ne cesse de monter, ad vitam eternam.
Moralité numéro 3: nos banques, même les plus classiques et respectées, jouent des jeux dangereux avec nos sous. (Notez qu'on en profite en partie à travers les intérêts qu'ils nous reverssent)
  • Sauf que, évidemment, tout cela est bien instable. Le marché de l'immobilier américain a fléchi, empéchant une partie des pauvres débiteurs en faillite de rembourser leur dette (extravagante) en vendant leur maison. Les banques d'hypothèques ont donc eu des difficultés, et avec elles, dans une moindre mesure, toutes les banques classiques partenaires.
Cet effet a bien sûr été amplifié par les spéculateurs sus-cités, qui se sont mis à retirer leurs parts dans ces banques vite fait bien fait.
Mais c'est plus facile à dire qu'à faire. Les banques institutionnelles n'ont en effet pas assez de cash pour rembourser tous leurs clients à un instant donné puisqu'une bonne partie du fric qu'on leur confie est placé pour faire des petits (et est donc inaccessible pendant un temps).
Ce sont alors les gentilles banques centrales (celles des Etats) qui libérent les liquidités dont banquiers et spéculateurs ont besoin! Autrement dit, elles mettent à disposition des banques institutionnelles du cash immédiatement disponible, à bas taux d'intérêt, afin que celles-ci puissent prestement rembourser les moutons de Panurge. Et que la crise en reste là.
(Effet de bord: cette mise à disposition de liquidités peut inquiéter plus encore nos braves moutons de Panurge, qui peuvent vite fait faire péter l'économie mondiale en cherchant à récupérer tout leur fric au plus vite.)
Voici donc une jolie moralité numéro 4: à la fin, ce sont les Etats (tant décriés), qui limitent les dégats commis par les banques, en leur permettant de rembourser les spéculateurs. Avec nos impots!

Voila voila. Je ne sais pas si certaines choses m'ont échappé, mais c'est ainsi que j'ai compris la situation. Et je ne sais pas vous, mais ça me donne bien envie de continuer à faire l'effort de mieux comprendre comment l'Economie marche, ne serait-ce que pour comprendre l'étendue de l'arnaque.
Parce que, si je puis avancer une opinion personnelle, qui pourrait être la moralité numéro 5, je trouve qu'on est bien de la baise, à tous les niveaux.
Les spéculateurs font joujou avec notre société, et plus prosaïquement aussi avec notre fric, ils se font un blé fou quand tout va bien (et de notre côté nous devons nous contenter des molles retombées d'un taux de croissance un peu supérieur) et quand tout péte à cause de leurs conneries, c'est nous qui remboursons.

samedi, août 25, 2007

La rentrée littéraire


Vous êtes sur un blog alternatif, voire underground, je vous signale. Par conséquent, le révolté que je suis va aller une fois encore à contre-courant en vous conseillant un livre à lire sur les plages après les vacances. Ahah.
Remarquez que vu le temps auquel on a eu droit (malgré les impots qu'on paye, c'est-y pas malheureux), j'aurais été sympa de vous indiquer ce très bon bouquin d'espionnage préalablement à vos congés estivaux car vous auriez alors pu vous consoler des averses à répétition en faisant une justice à ses quelques 1200 pages, peinards sous le auvent.
Et oui, je sais, 1200 pages, ça tétanise un poil... Mais j'y reviendrai.

Le bouquin en question est La compagnie de Robert Littell. (Qui n'est autre que le père de Jonathan, l'auteur des Bienveillantes. Faut croire qu'on aime les gros pavés dans la famille). Nous y suivons, sur pas moins de 45 ans (de 1947 à 1991), le parcours de quelques nouvelles recrues de la CIA et du KGB: leurs missions au service de leur gouvernement respectif et leur recherche d'éventuelles taupes dans leur environnement.
Comme Robert Littell, ancien journaliste pour Newsweek, connait bien ses dossiers, il nous apprend plein de choses sur différents temps forts de la guerre froide (la césure à Berlin, l'insurrection de Budapest, la crise des missiles à Cuba, soutien à l'Afghanistan et l'effondrement de l'URSS notamment), et plus encore sur le fonctionnement en interne de la CIA.
Tout cela a l'air admirablement bien renseigné, et nous fait ressentir ce que pouvait être le quotidien d'un espion, entre ennui quotidien, mauvaises fréquentations, insondable tristesse devant les échecs de certaines entreprises et euphorie devant la réussite de certaines autres. En outre, Littell se garde bien de faire de son roman une ode à la CIA, d'abord parce qu'il en souligne les nombreux échecs moraux (il n'y a qu'à voir les épisodes sur lesquels il s'étend: Hongrie, Cuba, Afghanistan), et ensuite parce qu'il montre que les agents du KGB croyaient servir le même type d'idéal.

Mais je vous avoue que ce n'est pas cet aspect didactique qui m'a poussé à dévorer ce dense bouquin. Si c'est une réussite, c'est d'abord et avant tout parce que son intrigue est formidablement prenante, son cadre est très dépaysant et ses personnages riches et attachants. Que ce soient les personnages fictifs ou les personnages réels d'ailleurs, dont le fascinant et paranoïaque John Angleton qui a fait l'objet du film Raisons d'état de De Niro. Le portrait du neuneu Ronald Reagan vaut aussi son pesant de cacahouettes.
En un mot, La Compagnie est passionnant; il a enflammé tous ceux qui l'ont eu entre les mains autour de moi (et continue ses ravages). Et pour modérer l'aspect impressionnant des 1200 pages, il faut s'avoir que le bouquin est structuré en différentes parties de 150-250 pages, qui peuvent être lues successivement comme des romans de taille raisonnable.
Mais je vous parie que vous n'arriverez pas à vous arrêter sagement à la fin de chacune d'entre elle...

Les affaires reprennent

Je vois deux aspects positifs à la fin de nos vacances.

Primo, on cesse de se laisser embobiner par les prévisions météo bidon type "aujourd'hui temps pourri, demain début d'amélioration, et dans trois jours alors là je vous jure, temps idéal". Et ce en boucle pendant tout l'été. Je ne suis pas adepte de la théorie du complot, mais ça ressemble quand même fortement à de l'autosuggestion au bénéfice de l'industrie du tourisme.
Ou bien sont-ce tout simplement les modèles des météorologues qui sont incapable de prédire la course étrange de l'anticyclone des Acores? Il serait temps de s'y mettre, alors. Hop hop, au boulot les gars, vous êtes à la masse!

Secondo, les journalistes critiques sont de retour sur la Toile, et on y apprend des choses très intéressantes au saut du lit.
La palme comme souvent à Schneiderman, qui semble nous préparer un site internet Arrêt sur Images pour pallier son élimination d'antenne. Lors de mes écoutes estivales de l'autoradio, guettant la météo (on y revient), j'avais bien remarqué qu'on nous rebattait les oreilles de faits divers tous plus horribles et moins intéressants les uns que les autres.
Qu'y apprend-on sur la société, le monde, ou que sais-je? Rien, si ce n'est qu'il y a, et il y aura toujours, quelques tarés tordus archi-dangereux. Ce n'est pas un scoop formidable, mais ça permet de se complaire dans quelques reportages glauques qui font frémir le vacancier dans ses tongues humides.
Si je me suis donc ému avec force jurons de ce qui occupait les journaux (Je cite: mais ils nous font chier avec leurs conneries d'affaires pédophiles merde, c'est pas plus important l'aide minable accordée par la France à la Martinique, bordel!), j'étais complétement passé au travers d'une info très importante relevée par Schneiderman. Sarkozy vient de renier sa promesse la plus populaire, celle d'alléger les impots des aspirants-propriétaires (le fameux cadeau fiscal), et ce dans le silence le plus général. C'est quand même dingue que les journaux n'en disent rien, alors même qu'ils étaient tombé à bras raccourci sur Eric Woerth qui avait essayé de nuancer cette promesse entre les deux tours!

Et d'autres éclairages alternatifs foisonnent, que ce soit sur Cécilia évidemment, sur un député UMP qui veut mettre des boules puantes sous les SDF (Birenbaum du 25 aout), sur le jugement des fous, l'attaque des soutiens des sans-papiers, le bourrelet sarkozyen, ou encore l'infiltration de policiers provocateurs dans les manifs antilibérales (au Canada).
Certes, tout cela est dans le fond bien déprimant. Mais après deux semaines à carburer à France Info, il est de plus revigorant de trouver de l'info critique et des commentaires outrés.

Nous revoilà!



Et je ne veux pas dire, mais depuis qu'on a élu un nouveau président qui change, on a vraiment un temps de merde.
Je vous dis pas la honte vis à vis de la famiglia qui nous honorait de sa présence, et à qui nous espérions donner un perçu des avantages des vacances balnéaires sur l'Océan...

mercredi, août 15, 2007

Vacances

Je m'arrache à mes vacances (humides) pour vous signaler ça. Encore un truc faux qu'on nous enfonce dans le crâne à force de répétitions...

vendredi, août 10, 2007

Expérience très amusante


Salut les amis,
je pointe vers une vidéo très amusante concernant une expérience qui vous apprendra beaucoup sur vous-même. Il s'agit d'une expérience liée à la perception, qui demande un peu de concentration, mais qui est des plus instructive. J'en ai pratiqué une variation il y a quelques temps sur Arte, et elle m'avait tourneboulé.
Vous allez voir deux équipes de basket se faisant des passes assez rapides. Une équipe blanche, une équipe noire. Le tour de force consiste à bien se concentrer, et à essayer de compter combien de passes se font les deux équipes pendant les 45 secondes que dure la vidéo.
C'est chaud, alors concentrez-vous bien, bonne chance, et on se retrouve dans les commentaires pour le debriefing. La vidéo est là.

mercredi, août 08, 2007

Tout va mal

Une petite 'nalyse raffraichissante sur notre pays où tout va si mal bien qu'on y soit si bien. Ca me fait toujours marrer quand les chiffres vont aussi clairement à l'encontre du discours dominant.

(PS: Je précise que je n'ai rien à voir avec le Vinz du dernier commentaire bidon.)

lundi, août 06, 2007

Et le dijo...

penelope
Allez, un petit dernier encore: le blog rigolo et mignon comme tout de Pénélope Jolicoeur.
Je sais, c'est un truc de meuf plein de rose et tout, mais c'est tellement drôle (et, avouons-le, beau) que j'assume ma recommandation! D'autant plus que les ziques sélectionnées sont très respectables...

Le journal du futur


Très bon!
Découverts grâce à la-bas si j'y suis, la joyeuse troupe des sous-réalistes nous enchante de journaux importés du futur. Ca se mange sans faim!

(Et une petite douceur pour la route...)

jeudi, août 02, 2007

La rentrée concert

Et hop! Ca va repartir plus sauvagement que jamais à la rentrée. Voici la petite sélection des concerts du trimestre à venir de tonton Vincent (avec en gras ceux que je ne raterai à aucun prix):

  • 29 aout: Sonic Youth à la cité de la musique.
  • 27 septembre: Cocorosie à l'Olympia.
  • 28 septembre: Imbert Imbert au zébre.
  • 2 octobre: Abd Al Malik à l'Olympia.
  • 3 octobre: les Fatals Picards à la Cigale.
  • 16 octobre: les Ogres au grand Rex.
  • 23 octobre: mon côté punk au café de la danse.
  • 29 octobre: Fantasio à l'Européen.
  • 30 octobre: Imbert Imbert au bataclan (si jamais on le rate au zébre...)
  • 12 novembre: Devendra Banhart et Andrew Bird à l'Olympia dans le festival des Inrocks.
  • 19 novembre: No smoking orchestra au Bataclan (c'est le groupe de Kusturika).
  • 28 novembre: Riké au bataclan.
  • 3-4 décembre: Arno au Bataclan.
Vivement la fin des vacances!

Quelle énergie!

Peu de sexe, beaucoup de stress.
Une étude de l'Apotheken Umschau citée par le Spiegel nous apprend que les gens qui ne sont pas comblés par leur vie sexuelle se jettent facilement dans le travail, et acceptent souvent des postes prestigieux et exigeants...

mardi, juillet 31, 2007

Vinspson


Yo,
pour reprendre en douceur contact avec le monde du blog maintenant que je me suis débarassé du joug de deux jeunes italiennes en goguettes sqauttant mon canap', je vous invite à créer votre avatar Simpson là.
Le mien est une création de ma gentille épouse. Ca se voit qu'elle est toujours amoureuse...

mercredi, juillet 25, 2007

Bah merde

Ulrich Muehe, le formidable acteur principal de La vie des autres, vient de mourir.

mardi, juillet 24, 2007

Superdupont

Y a pas que nous que Sarkozy énerve. L'irritation gagne l'Europe entière devant la propension du bonhomme à occuper le devant de la scène, comme l'explique le Spiegel. Après la récupération de traité simplifié (qui doit bien plus à Merkel et Barroso qu'à Sarko), après les tentatives (réussies) de faire basculer EADS du côté français, les Allemands s'émeuvent du dernier sketch sarkozyen: la récupération des infirmières bulgares.

On apprend dans cet article teuton que l'affaire était réglée bien avant l'élection de Sarkozy, grâce notamment aux contacts discrets que le ministre des affaires étrangères allemand (Steinmeier) avait noué avec le fils Kadhafi, et grâce à la persévérance de l'UE. Un dédommagement aux familles des victimes (complété par l'état lybien d'ailleurs), la subvention d'un hopital, et hop l'affaire était dans le sac. (Si vous me croyez pas, c'est raporté en français ici.)
Et donc non seulement Sarkozy n'avait rien avoir avec ce lent travail de négociation, mais en plus il a failli faire tout capoter: voyant débouler le ravi de la crèche en quête de succès populaire, le gouvernement lybien a tenté de faire monter les enchères. Et il l'a d'ailleurs peut-être obtenu, puisque l'émir du Katar vient, à la demande de Sarkozy, de souscrire à une "aide humanitaire exceptionnelle".

Voila un activisme qui ne va pas améliorer notre image d'arrogance dans l'opinion internationale. Et qui risque de coûter cher à la France, si Sarko continue à faire parler le porte-monnaie pour aligner les libérations spectaculaires.
Il parait qu'il vise maintenant la libération de la prix nobel de la paix birmane Aung San Suu Kyi... Moyennant un ou deux porte-avions et la visite de Johnny, ça doit pouvoir se faire.

lundi, juillet 23, 2007

Pas le temps...


... je sais, je sais, ça ne vit pas beaucoup cette dernière semaine sur le blog... Mais bon, j'ai trois italiennes sur le dos, alors j'ai pas que ça à faire. Il en va du rayonnement de la France, et il me tient en outre tout particulièrement à coeur de souligner l'infériorité de l'Italie vis à vis de notre beau pays à chaque occasion pertinente. Appelons cela le syndrome materazzi...

Remarquez j'ai des excuses: les actualités musicales et sportives sont au point mort, et les journalistes alternatifs qui pourraient éclairer l'agitation sarkozyenne (et paf les enseignants, et poum les sans-papiers, et pif les juges, et pang les impots des riches, et crunch les chercheurs) sont sur les plages... Il va falloir se contenter de la mine attristée du superprésident à chaque fait fivers, et de sa mine réjouie à chaque événement sportif ou people...

Tout au plus puis-je me permettre de pointer sur quelques liens intéressants, puisés comme d'hab' dans mes liens favoris. Une 'nalyse de l'attirance sarkozienne sur les otages (post du 23 juillet), une autre sur les "festivités" du Vel d'hiv, et une dernière sur l'engagement politique des sportifs.
Une belle bande de connards, Laporte en tête. Le fait qu'il se soit vanté de n'avoir jamais ouvert un livre n'a pas empêché Sarkozy de l'appeler à de hautes fonctions...
Allez Vikash!

mardi, juillet 17, 2007

Rencontre du troisième type

Je ne suis pas revenu sur ce blog sur l'opération Velib', ces fameux vélos en libre service à Paris, non pas parce que je ne trouve pas l'opération sympathique, mais parce que ce micro-événement a fait l'objet d'une telle surenchère médiatique que je ne souhaitais pas en rajouter, à ma modeste mesure.
Pourtant, ça inspire certains comme ce vieux David Abiker qui a pondu sur le sujet une petite chronique du meilleur goût. Scrollant distraitement parmi les commentaires de son post, je suis tombé sur un animal incroyable, issu d'un écosystème que je ne croyais pas exister vraiment: le Gaétan B. Un mec incroyable, hors du monde, dont je reprends la prose pour vous éviter de le rechercher.
Eloignez les enfants sensibles, et prenez votre respiration, vous entrez dans un monde différent, minéral et agressif:

"

Vous mettez le doigt sur ce que je déteste dans le Vélib’ : une régression du droit de propriété, sur lequel est bâti toute civilisation un tant soit peu ambitieuse. Ce sera comme d’habitude le triomphe de la crasse et du vandalisme, perfusés par l’argent public. Voir ces belles réussites françaises que sont les RER ou les HLM.

La mutualisation forcée des coûts des déprédations et des vols entraîne une explosion de ceux-ci, par rapport à un système où chacun est propriétaire et prend soin de sa bicyclette. A tel point que les coûts de maintenance annoncés à Lyon sont de l’ordre de 4000 € par vélo et par an ! Boboland, qui n’est plus à un paradoxe près, invente le vélo plus cher qu’une petite voiture ! Affligeant.

D’ailleurs j’aimerais bien qu’on consolide le bilan écologique : combien de tonnes de CO2 pour tous les employés de maintenance (un bonhomme = 2L de pétrole par jour) ? Combien de tonnes d’acier, de plastique pour construire et réparer les vélos ? Logistique de transport ? Travaux d’aménagement ? Papier pour affiches publicitaires ?

Et en plus on se paye de croire que c’est gratuit (M. Decaux investissant probablement par pure philanthropie).

La bêtise des moutons bêlants, perpétuellement destinés à se faire tondre par les parasites sociaux que sont les délinquants et la gauche, m’écoeure.

"

Et oui je sais. Et je ne pense pas que ce soit du second degré...

Je crois que c'est la première fois de ma vie de petit teigneux psychorigide que je ne ressens pas l'envie, à la lecture d'un point de vue si mesquin, mauvais, haineux, de m'énerver, d'argumenter en retour (ou à tout le moins de fourrer mon point dans la gueule de ce connard). Non point.
Parce que je crois que ce qui m'énerve au premier lieu devant des interventions de ce genre, en temps normal, c'est surtout la bêtise du contradicteur, mais prise au sens "stupidité" et non pas "méchanceté". J'enrage que le contradicteur fasse fausse route parce qu'il raisonne mal, et je brule de le confronter à mon point de vue pour le ramener dans le droit chemin (relatif à mon point de vue, évidemment).
Mais Gaétan B. est au delà de cela. Gaétan B. vit sur une autre planète, triste, aigrie, où le partage et la générosité sont des crimes. L'agressisivité lui est consubstancielle. Je ne peux pas espèrer me faire comprendre de Gaétan B., pas même en rêve. Nous vivons dans deux plans parallèles, sans communication possible. Et je n'ai d'ailleurs pas trop envie de l'entrainer sur ma planète à moi, en fin de compte...

PS: A la réflexion, si je ne ressens effectivement pas la moindre envie d'argumenter avec lui, je reviens sur ma position vis à vis du poing dans la gueule. C'est probablement la seule chose à faire.
PPS: A l'origine, je cherchais une image d'Orangina Rouge ("Pourquoi est-il aussi méchant?") pour illustrer ce blog. Je suis tombé sur celle des faux frères, qui m'a bien fait marré... Je l'ai donc choisie, alors précidément que je ne mets pas dans le même panier cette boule de haine absolue qu'est Orangina-rouge-Gaétan-B. et Sarkozy. Malgré tout le mal que vous savez que je pense de ce dernier.

dimanche, juillet 15, 2007

Un peu de politque...


Un peu de politque en ce dimanche soir ensoleillé.

Je viens en effet de me replonger tardivement dans l'affaire Clearstream, grâce une fois encore à ce petit hâvre d'intelligence et de générosité qu'est Là bas si j'y suis (podcast là). Car l'affaire Clearstream, la vraie, est infiniment plus intéressante que la pantalonade bidouillo-politicienne, dont les médias nous rebattent les oreilles d'autant plus volontiers que Sarkozy y tient le beau rôle. Je vais essayer d'être clair.

La vraie affaire Clearstream (Clearstream I), révélée par le journaliste Denis Robert, porte sur une chambre de compensation luxembourgeoise. Si j'ai bien compris, il s'agit de sorte de banque de banques, qui déplace les sommes faramiseuses mises en jeu lors de transactions financières. Seulement, alors que ces échanges phénoménaux devraient être transparents au possible (parce que qui dit libéralisme dit transparence, comme chacun sait), Denis Robert a mis en lumière l'existence de comptes non-publiés, qui permettent d'effectuer des tas d'opérations dans le silence le plus total. Et donc, en plein coeur de l'Europe, d'allégrement laver de l'argent sale. En quantité pharaonique.
Il se trouve que cette affaire a vite été éclipsée par une affaire bien moins importante (Clearstream II, donc) mais infiniment plus people: des industriels et hommes politiques ont probablement falsifié certaines listes de comptes, en possession des journalistes, pour discréditer certains de leurs concurrents. C'est pas joli joli, mais il est bien dommage que ce fait divers people détourne notre regard d'un affaire majeure riche d'enseignements sur la façon dont le monde des puissances financières fonctionne.

Car Là-bas si j'y suis insiste sur le fait que cette affaire révéle à la marge le fait que les opérations financières sont extrêmement centralisées. Toute idée de régulation de la finance est écartée d'un haussement d'épaule par les spécialistes à la Jean-Marc Silverstre sous prétexte que les flux financiers sont incontrolables, filent de tous les côté, et contourneront sans embage tout loi internationale. Ah franchement, il ne faut vraiment rien connaître aux réalités de la finance pour dire des conneries pareilles. Pff, réguler les marchés financiers, impossible je vous dis!
Avec Clearstream, on apprend qu'en fait les opérations financières transitent toutes par un petit nombre de chambres de compensations. Elles ne sont pas perdues dans un tas de paradis fiscaux inaccessibles et mal fréquentés, mais gentiment rangées dans les bases de données de nos voisins très propres sur eux. Et donc elles seraient aisément contrôlables et imposables si la volonté politique y était. Voila qui est vertigineux...

Enfin, dernier tiroir de l'affaire Clearstream I, le journaliste Denis Robert se voit submergé de procès coûteux pour avoir osé s'attaquer aux puissants de la finance. Voila qui démontre qu'il ne fait pas bon chatouiller ces gens là, et qu'on est quand même vachement mieux à chanter les louanges de la rupture du 14 juillet.
Un comité de soutien à Denis Robert se trouve là.

PS: Vous noterez que pour l'occasion, j'ai remplacé les anti-liens du blog par de vrais liens intéressants.

Un week-end de célibataire

... de temps en temps, finalement, ça a du bon!
Mais quelque chose me dit que je ferais bien de commencer à ranger. Je sens comme une menace diffuse s'incarner peu à peu...

mercredi, juillet 11, 2007

Sinon...


...neuf messages sans un seul commentaire, ça commence à faire...
Je sais bien que ma maman est en vacances, mais soyez sympa, faites un geste, me laissez pas tout seul.

L'étude à la con du jour

Et non, avec un titre de la sorte, je ne vais pas vous parler du choc fiscal de Sarkozy (non, non et non). Bien qu'il y ait bien des choses à dire...
Je ne reviendrai pas non plus sur les navrantes nouvelles des peoples politiques (non, non et non. Pas de lien là, vous voyez auxquels éléphants je pense). Bien qu'il y ait bien des choses à dire... Et des corsées...

Je vais plutôt me faire l'écho d'une étude anglaise très morale, qui croise intelligence (à travers l'infaillible indicateur du QI) et bonheur sentimental (à travers le mariage). On y apprend que les chances pour un homme de se marier augmentent avec son QI (+35% pour chaque pallier de 16 points), alors qu'évidemment celles des femmes chutent drastiquement avec leur QI (-40% pour 16 points de QI). D'où la double conclusion imparable: les hommes préférent les connes, et les femmes préférent les riches.
Voila voila. C'était l'étude à la con du jour. Demain, je m'attaquerai à un autre préjugé, que je m'efforcerai d'appuyer par une étude anglo-saxone des plus solides.
En vous remerciant, bonsoir.

mardi, juillet 10, 2007

Avocat et berger


L'année musicale prend ses quartiers d'été et fuit notre belle capitale ensoleillée pour s'aventurer dans l'Autre France à l'occasion des festivals. Faut faire des efforts pour élever l'esprit des Provinciaux, nom de dl'a.
Mais la vie culturelle parisienne ne s'arrête pas à si bon compte, et c'est le ciné qui prend courageusement la relève des accordéons défaillants par l'intermédiaire de deux très bons films: Raisons d'état et L'avocat de la terreur. Un film et un documentaire, sobres, qui mettent en valeur la force de leur sujet et font froid dans le dos.

Raisons d'état est un film fraichement sorti où De Niro nous parle de la naissance de la CIA, épaulé par quelques potes à lui: Matt Damon, Angelina Jolie, Alec Baldwin, Joe Pesci, John Turturro, pour ne citer que ceux dont je me souviens.
L'histoire ne lâche pas d'une semelle Edward Wilson, brillant étudiant de Yale qui se retrouve de fil en aiguille (et de société secrète en coups de main patriotiques) mélé à la création de la CIA. Et qui découvre qu'on ne s'épanouit pas forcément follement dans cette ambiance paranoïaque, et qu'il est délicat de mener une vie de famille équilibrée en bossant 15 heures par jour 7 jours sur 7 pour l'Etat.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que notre bon Bob de Niro a choisi une entreprise ambitieuse (voire casse-gueule) pour son retour à la réalisation en cherchant à brosser une telle saga sur deux décennies (et pendant 2h45). Surtout que la ribambelle de star qu'il a à son service est à double-tranchant: le film peut vite devenir un défilé de star sans intérêt.
Et bien force et de constater que Bob s'est joliment sorti de ce piège. Le film est parfaitement équilibré, et raconte une histoire passionante sans effets de manche et grosse cascade. On est plutôt dans une ambiance de film noir maîtrisé, ce qui sied bien au propos fin du film et nous fait revivre une époque peu sympathique mais très intéressante.

Mais malgré tout son talent, Bob n'arrivera pas à effacer le choc du documentaire magnifique de Barbet Schroeder consacré à Vergès: l'avocat de la terreur. 2h15 d'interviews, sans commentaires, qui scotchent de la première à la dernière seconde.
D'abord parce que la vie de Vergès donnerait matière à une dizaine de romans policiers: Résistance, engagement aux côté du FLN, puis des palestiniens, huit années de disparition (Cambodge ou Palestine?), puis un retour dans la lumière pour défendre dictateurs africains, terroristes d'extrême gauche et nazis. Ca fait beaucoup pour un seul homme!
A ce curriculum vitae s'ajoute l'ambivalence du bonhomme, qui a glissé de progressivement de causes héroïques, puis défendables, à des prises de position complétement condamnables. Le tout avec élégance et une forte dose de cynisme.
Toute l'habileté du metteur en scène est de s'effacer derrière son sujet, sans trop en faire. Mais sans complaisance non plus: en multipliant les entretiens ou images d'archives contredisant la version de Vergès avec a-propos, il nous donne à voir crûment les nombreuses hypocrisies et aspects abjects du personnage. Vergès garde toute sa force mais n'en sort pas grandi, et à travers lui, on se laisse entrainer dans une réflexion vertigineuse sur le terrorisme (c'est mal). Ou préférez-vous le terme de résistance (c'est bien)?
Superbe.

dimanche, juillet 08, 2007

Avis à la population

Lectrice, lecteur, je me dois de te mettre en garde.
C'était dans l'air depuis un bon moment, mais voila, c'est fait, Elena et moi-même avons succombé à notre achat compulsif du trimestre: un joli reflex numérique. Comme on culpabilise comme des bêtes de s'être payé un superbe engin dont nous n'explorerons qu'une infime partie des possibilités, il est fort probable que nous jouions dans un futur proche aux apprentis-artistes-photographes. Et que nous alimentions le blog de nos plus beaux clichés, pour nous convaincre que ce n'était pas un coup de tête de jeunes cadres pleins de sous.
Vous voila donc prévenus. Fuyez tant qu'il en est temps!

samedi, juillet 07, 2007

Just the very best



La petite chronique musicale de la semaine porte sur deux albums qui ont en commun d'être excellents et éponymes (voui voui). Par contre, ils se rangent aux deux extrémes de la musique que j'aime. A main gauche, le déjanté foufou de Chin-chin. Et à main droite, les textes poétiques et la musique minimale d'Imbert Imbert.

Commençons par les barrés de Chin chin (et leur album éponyme - Chin chin). Après le formidable concert ci-dessous narré (avec talent-merci), l'écoute de leur CD ne rend pas plus facile la classification de leur musique: funk-électro-rock? Happy easy listening? Joyful disco music? Faites vous donc votre idée en écoutant Miami sur leur playlist myspace, et votez pour votre style favori dans les commentaires!
Quoiqu'il en soit, c'est joyeux, péchu, original, et ça garde pas mal de son intérêt sur CD. Dur de ne pas bouger son popotin et de ne pas tendre vers l'optimisme à l'écoute de leur album, même si c'est d'abord et avant tout sur scène qu'il faut les voir! Du talent, de la péche, des paillettes, et parait-il des textes amusants.

Mais nous ne sommes pas que de joyeuses moelles épiniaires. Aussi, quand, suants et heureux, vous aurez passé la nuit à onduler en pantalon moulant pattes d'eph, je vous propose de vous élever avec le sombre et poétique Imbert imbert (et son album eponyme - Imbert Imbert). Imbert, c'est le contrebassiste du groupe De rien, qui fait un petit écart perso, armé de son brillant crayon et de sa contrebasse.
Fini de rigoler donc, et place à des textes superbes mais souvent sombres sur la vie, l'amour et les mouches (malheureusement, ma préférée - Goût de crasse - n'est pas en écoute sur son myspace... Jetez donc une oreille à Malgré moi, une des plus optimistes du lot). La musique s'efface pour mettre en avant les textes, d'où une impression d'aridité à la première écoute. Il serait dommage de s'arrêter tant le garçon dit de belles choses avec simplicité et sans concession...

jeudi, juillet 05, 2007

Chin chin bumcello birdy nam nam

Ne cherchez pas, je ne craque pas, je ne suis pas devenu un fou tout bégayant, pas plus que je ne cherche à faire venir les extraterrestres en choisissant un titre si étrange pour ce post. Il s'agit tout simplement des trois groupes que nous sommes allés voir hier soir au Cabaret remixé: Chinchin, Bumcello et Birdy Nam Nam. Parfaitement.
Loins de mes chers accordéons et à mille lieues des guitares saturées chères au coeur d'Elena, nous nous sommes aventurés sur les terres étranges et fascinantes de l'électro. Un peu par acquis de conscience, pour prouver à la Terre entière notre ouverture d'esprit, car nous pensions nous ennuyer ferme au pays des boumboums électroniques.
Tout faux. Le concert fut formidable, péchu, virtuose.

En bon cadre assistant à un concert en milieu de semaine, j'ai accueilli la première partie (Chin chin donc) avec le silencieux mépris de celui qui ne voit dans leur prestation que l'heure de sommeil qui s'envole. Et bien cet effet n'a pas duré bien longtemps.
Formation étrange batterie-guitare-clavier-jembé-xylophone(-tambourin-flute traversière), ils nous ont servi avec enthousiasme un rock-électro-funk bizarre qui suait le talent. Monstrueux sur scène, ils ont vite mis dans leur poche le sage public parisien avec une belle énergie à paillette. Une double palme au bassiste phénoménal qui vout fait groover n'importe quoi avec ses gros doigts bondissants, et surtout au chanteur au look incroyable (costume jaune, feutre, et cheveux longs dignes d'une pub de shampoing) à l'incommensurable énergie.
C'est un bonheur complet sur scène, et vaut peut-être également le coup sur CD (je vous confirme ça dès que possible).

Après un lever de rideau de ce calibre, la partie était loin d'être jouée pour les deux groupes qui allaient leur succéder: Birdy Nam Nam et Bumcello. Birdy Nam Nam, c'est un collectif de turntablism, comprendre de jeunes penchés sur leurs platines avec leur casque sur une oreille. Ils sortent des sons bizarres de leurs engins, qu'ils modulent avec leurs petites mains afin de sortir le jimmick qui tue. Toute la finesse du truc, c'est qu'ils sont quatre à mixer simultanément, de sorte qu'il leur faut se comprendre pour sortir le bon son au bon moment. C'est très sympa à voir.
Et ils ont donc partagé la scène avec Bumcello pour une soirée en impro total. Il s'agit du duo ultra-talentueux formé de Cyril Atef à la batterie et Vincent Ségal au violoncelle. Je sais, sur le papier on peut difficilement imaginer formation plus bancale que celle là, mais ils sont d'une inventivité folle pour bricoler des morceaux hypnotisants avec leurs instruments de prédilection et deux bouts de ficelle. Ce qui fait qu'on se les arrache (ils ont participé à des dizaine de CDs, dont celui de -M-, et ménent des projets en parallèle), mais ils continuent à faire de ci de là des concerts en impro totale qui fascinent les spectateurs.

Et donc hier, ces deux groupes se sont rencontrés pour le plus grand plaisir de nos esgourdes. C'est très impressionnant de voir ces champions du feeling se proposer diverses pistes d'impros les uns aux autres, en essayant de ne pas prendre toute la place. Ca tatonne, ça tatonne, ça se cherche du regard, et petit à petit ça se met en place, les gimmicks sont de plus en plus entrainants et justes, les variations tombent pile, sous les hourras public attentif mais prêt à s'enflammer dans les plus beaux moments de bravoure.
Très impressionnant. Je dois avouer que les Bumcellos ont de mon avis plus crevé l'écran que Birdy Nam Nam, probablement parce que les instruments traditionnels me sont plus familiers (et on voit ce qu'ils font!) et se fondent moins dans une rythmique de fond hypnotisante. D'autant plus que leurs envolées virtuoses gagnent en profondeur grâce au solide boulot des platines...

C'est donc sur cette heure et demie en apesanteur, fascinés par cette musique dépaysante et étonnés par la virtuosité des ziquos que s'est achevée cette fort belle soirée au pays de l'électro. Super.
On y reviendra très probablement.

Autosatisfaction


Ce sont des choses qui sont toujours sympa à entendre (même si elles ne sont pas toutes vraies).
Le sketch de Bill Maher, présentateur de la chaine HBO, est rapporté par desourcesure, sur une page sur laquelle on trouve aussi les vidéos des anti-français.

mercredi, juillet 04, 2007

Lève les genoux!

Je le savais. Je le savais!
Au moment où les journalistes se gargarisaient des sorties en footing de notre hyperprésident, je m'étais toujours étonné que personne ne commente son style de course lourd et rigide. Pourtant, vu le nombre de joggueurs en France, il devait crever les yeux de nombreux observateurs que la foulée présidentielle était loin d'être aérienne, et que les moyennes annoncées (footing de 5km en 45 mins) étaient ridicules...
Mais bon, j'ai mis mes impressions sur le compte de ma subjectivité, et les distances parcourues en un temps record sur le compte des serrages de main émaillant le parcours.

Or, je viens de tomber sur un article du journal suisse l'Hebdo, rapporté par Courrier International, où une professeur de sport confirme cette analyse:
" Il faut le reconnaître, Nicolas Sarkozy court mal. Sa foulée est d'une inefficacité ahurissante pour un homme qui se veut synonyme d'efficience. [Lorsqu'ils courent avec lui,] François Fillon et ses gardes du corps doivent tirer sérieusement sur le frein pour ne pas le dépasser. Son déplacement est laborieux. Ses rictus de souffrance accompagnent des efforts bien mal récompensés parce que mal investis. (...)
Comment expliquer un pareil écartement des jambes? Ses pieds orientés à 11h05, voire 10h10 évoquent Chaplin, mais ne favorisent pas sa course. Idem pour le moulinet du bras droit. Quant à sa foulée rasante, due à un cycle arrière quasi inexistant, elle ne lui permet pas de rebondir, mais le scotche carrément au sol."
Analyse sans concession confirmée par une étude plus technique menée dans l'Equipe (et rapportée ici dans le Nouvel Obs).

Alors évidemment la qualité de la course de notre président ne préjuge en rien de la qualité de sa politique. Sauf que c'est bien Sarkozy qui a choisi de le mettre en scène, ce fameux footing-décontracté-dynamique-moderne.
Il est donc amusant, sinon révélateur, de découvrir que cette splendide métaphore voulue par le principal intéressé se heurte à de bien tristes limites si on pousse l'analyse un peu plus loin.
Et il est bien triste, sinon révélateur, que bien peu de "journalistes" ayant couvert l'"événement" n'aient rélevé la piètre qualité de la foulée présidentielle, ne fut-ce qu'au détour d'une petite phrase distanciée dont les journaleux raffolent.

dimanche, juillet 01, 2007

Sacrés Belges



Ils sont vraiment très très forts.

samedi, juin 30, 2007

Persepolis


Comme promis, nous nous sommes rués hier soir voir Persepolis, le dessin animé de Marjane Satrapi tiré de sa formidable BD. Elle y raconte son enfance iranienne agitée, traversée par la chute du chah, l'élection des islamistes, la guerre cotnre l'Irak et la normalisation de la vie sous la coupe des islamistes.
Le pari est pafaitement tenu. Comme la BD, le dessin animé oscille avec justesse entre les péripéties amusantes de la vie d'une gamine vive et les événements dramatiques connus par l'Iran.Toute la réussite de Persepolis tient en ce qu'il est à la fois une autobiographie amusante de l'enfance, et un document d'une grande force sur l'Iran de ces années là. Loin de s'affaiblir, ces deux aspects de la narration se renforcent en se donnant mutuellement de la profondeur et de l'humanité. Et plus basiquement, on rit et pleure beaucoup.
(Enfin, pour les pleurs, faut surtout voir avec Elena. Moi je reste un homme fort et solide, hein.)
En outre, le style de dessin de la BD a parfaitement été porté au cinéma: ces noirs et blancs tranchés sont d'une grande beauté, et la mise en scène inventive regorge de bonnes idées pour illustrer le propos avec élégance.
En un mot comme en cent: allez me voir ce petit chef d'oeuvre! Et en bonus, vous pourrez regarder ensuite les making-offs de ce projet compliqué sur le myspace de Persepolis!

vendredi, juin 29, 2007

Revue de web

Alors que la pétition bat des records inattendus, l'affaire Arrêt sur Images n'en finit pas de connaître des péripéties. Un point clair (et un peu partial, mais qu'importe quand le partial a raison) nous est donné sur desourcesure.com, qui reporte le passage de Schneiderman sur En Aparté ce midi.
En bonus, pas de Ioulia cette semaine, mais les pensées de David Abiker, et surtout des documents d'archives du jeune chien fou Schneiderman rentrant dans Serge July il y a près de 20 ans. Il faisait déjà les gros yeux.

Enfin, Birenbaum revient sur l'efficacité du web pour faire exploser quelques affaires récemment. Et il en profite pour pointer sur un reportage sur notre hyper-président dont le second degré est d'autant plus succulent qu'il est passé au journal de 20 heures de France2.

Les chansons d'amour, le retour


Je ne saurais que trop vous conseiller d'investir dans le CD du film "Les chansons d'amour", film dont je vous ai entretenu plus bas. Il bénéficie d'une offre promotionelle novatrice: l'équipe du film, pour vous remercier de votre achat, et vous envoie à domicile des actrices en vous remercier d'un clin d'oeil plein de charme.
C'est ainsi qu'hier, j'ai voyagé à deux mètres de Clotilde Hesme en rentrant du boulot. Y a pas à dire, voila un regard qui vous clot en beauté un journée de dur labeur...

Vérifiez tout de même que cette offre est aussi valable en Province. Il m'étonnerait que beaux et cultivés comme ils sont, les acteurs aillent se perdre dans vos tristes villages, fut-ce pour vous remercier de l'achat du CD.
Mais vous pourrez vous consoler en l'écoutant encore et encore tant il est magnifique. Vous connaissez certainement le concept: Alex Beaupain a composé les chansons qui émaillent le film à l'intention des acteurs, qui chantent d'une voix un peu hésitante ces balades simples et touchantes.
On est donc à mille lieues des morceaux archi-travaillés de Modest mouse par exemple. Point ici de multiples niveaux de lectures, mais des mélodies entêtantes, pleines de charme mélancolique. Elles se marient à merveille avec les deux thèmes du film: si le premier se révéle dès la bande-annonce (l'amour hésitant), le second vous tombe dessus par surprise au milieu du film. Je laisse donc le temps au lecteur voulant se préserver le plaisir du changement d'orientation du film de quitter là sa lecture.
Là. Je compte jusqu'à dix.
(...)

Fort bien. Le deuxième thème, très fort, est le deuil. Un des personnages disparait subitement, et le film montre en grande partie comment les autres essayent d'accepter sa disparition et de repartir dans la vie. Et bien cette mélancolie absolue, ces attentes, ce sentiment d'injustice latent, cette colère sans coupable, sont retrouvent parfaitement dans ces jolies chansons touchantes, sans démonstration excessive, toutes en finesse. C'est simple, c'est imparable, et c'est magnifique.
Et c'est encore plus beau pour qui a les images du film en tête.

mardi, juin 26, 2007

Chercheur? Une passion

Avant d'être un enfoiré de fonctionnaire planqué, les candidats-chercheurs/maîtres de conférence en bavent pour être pris. Il faut démontrer son haut niveau scientifique (ou linguistique, ou historique, ...), ce qui est normal.
Mais pas seulement (voire pas du tout), ainsi que nous l'illustre cet article du Monde sur les concours.

lundi, juin 25, 2007

Forrest is back




... et il est pas tout seul.
M'sieurs dames, je suis pas peu fier de vous annoncer que j'ai fini le premier marathon de ma vie. Et en 3h25 encore! Ca tire encore un peu, mais bon, finalement ça se fait bien...

Surtout quand on le fait en relais, à quatre! Du coup, j'ai pu sans trop de problème effectuer mes 13km en 1h05 (soit 12km/h), ce qui permet à la team Philips, au diapason, de figurer bien plus honorablement qu'elle ne l'aurait cru au palmares du prestigieux marathon-relais de Choisy-le-roi.

PS: C'est moi qui ai pris le dernier relais, d'où mon visage nettement plus marqué que celui des autres sur la dernière photo!