dimanche, février 18, 2007

La vie des autres


Notre tendresse pour le cinéma allemand, héritier de moultes soirées aixoises inoubliables, fait que nous ne pouvons pas rater les bons films teutons arrivant sur nos écrans ces temps-ci. Il faut dire que c'était une attirance facile à assumer vue la rareté des films allemands passant la frontière, jusqu'à une période récente. Mais il semble que le cinéma allemand connaisse une renaissance, comme en témoigne l'arrivée chez nous de plusieurs films récemment, parmi lesquels Ping pong et La vie des autres.

C'est ce dernier que nous sommes allés voir mardi. Il traite d'un sujet fort peu sexy a priori: l'ambiance diffuse de délation et de contrôle en RDA. Nous suivons un employé zélé de la Stasi, qui a pour mission d'écouter jour et nuit un écrivain de théâtre et son amie actrice. Non que ce couple soit spécialement suspect d'être critique envers le régime: ils sont même de trop parfaits défenseurs du système. Mais il se trouve qu'un haut fonctionnaire est amoureux de l'actrice, et aimerait se débarasser de son encombrant petit copain...
Or les personnages vont évoluer, que ce soit d'une part l'écrivain va progressivement devenir critique envers le régime, ou d'autre part l'espion, qui vit à son rythme, et va le comprendre et le couvrir.

Jusqu'à où? Allez voir le film, qui est une belle réussite. Non seulement il rend bien compte de l'ambiance délétère si particulière de ces régimes totalitaires en fin de vie, mais en plus il est passionnant. On se s'ennuie pas une seconde, ce que je crains toujours de ce type de film: l'histoire est admirablement menée, et superbement défendue par les acteurs, l'espion minéral en tête.
Et vous trouverez en outre certainement, cerise sur le gateau, un charme tout particulier à l'écoute de cette belle langue aux douces harmoniques en allant le voir en VO!

samedi, février 17, 2007

Maceo parker


Ce qu'il y a de malheureux avec toutes les sorties récentes que j'ai à vous raconter, c'est qu'elles ne me laissent pas le temps de vous les raconter! C'est d'autant plus génant dans le cas de Maceo que
  1. le concert était absolument génial
  2. il me donne l'occasion de montrer que je sais aussi aller voir du pas-français-pas-accordéon. Et paf.
Maceo Parker est un saxophoniste qui a notamment fait ses premières armes au service de James Brown. Autant dire que son truc, c'est le saxo péchu. Il s'est depuis affimé comme un grand monsieur de la happy music.
Kesako? De l'avis de Maceo, c'est la musique qui te fait shake your body automatically avec un petit sourire aux lèvres et le regard un peu dans le vide. La recette: 1% jazz, 99% funk, 100% groove! Vous voyez que le monsieur a le sens de la formule, et si vous ne voyez toujours pas de quoi il cause, jetez une oreille sur son magnifique Live on planet funk.

Je l'avais déjà vu il y a quatre ans de cela (c'était mon premier concert parisien!) à l'Elysée Montmartre dans sa formation classique: des vieux brisquards blacks comme lui, dans des costards noirs impeccables, qui, armés de divers cuivres, se mettaient sur orbite les uns après les autres.
J'en garde un si bon souvenir de péche, de bonheur et de talent que je suis retourné le voir mercredi au Grand Rex en compagnie de ma fidèle Elena et d'un consultant saxophoniste qui souhaite garder l'anonymat. Ce désir de discrétion vient du au fait que Maceo, Dieu vivant du saxo, a un style non académique qui révulse la prof de saxo dudit Fred, qui souhaite donc rester anonyme pour éviter toute représaille. Appelons le Bob, alors.

Et arrêtons nous deux secondes sur la salle, le Grand Rex, que nous avons pénétré pour la première fois ce soir là, Elena, Bob et moi. J'en suis resté coi: l'accoustique est à tomber par terre, et l'organisation de la salle en deux étages, avec un dénivellé impressionnant, garantit à tout le monde une vue dégagée sur la scène et une assise très confortable. On comprend qu'elle soit la salle de ciné de référence pour les avant-premières de cinéma.
Dans ces conditions, le craquage des décorateurs pourrait presque être passé sous silence. Mais ce serait quand même dommage de ne rien dire du plafond en forme de voute céleste étoilée, et surtout des deux reconstitutions de villa romaines ou grecques en plâtre rose anoblissant les recoins de la salle.

Bref. Ce concert était un peu particulier en ce sens que Maceo n'était pas venu avec son groupe habituel, mais il a été invité par le WDR Big Band, le big band de la chaîne de radio nationale allemande. Ca sentait le roussi: nous craignions de voir une belle soirée funk glisser dans une ambiance jazz trop difficile à apprécier, et ce d'autant plus que le thème de la soirée était roots and grooves. Roots pour une première moitié de concert consacrée aux racines de l'inspiration de Maceo à travers des reprises de Ray Charles, et groove à travers des reprises de Maceo lui-même à la sauce big band. Nous eussions pu craindre que le roots désigne le jazz chiant qu'ils avaient envie de jouer, et le groove une partie plus commerciale, sans intérêt pour eux, jouée pour éviter que le public de bourrin ne casse la salle.

Non point. La soirée a été des plus réussies: les nombreux ziquos connaissent leur métier et nous ont délivré quelques solos ébouriffants (notamment le clavier, petit pépére chauve qui ne paye pas de mine mais s'agite comme un damné quand c'est à son tour de soliloquer), les chansons étaient des plus accessibles pour nos pauvres oreilles profanes, ... et Maceo a tout pété.
Dans la partie roots, il a rendu hommage à Ray Charles avec sobriété, sans solo trop démonstratif, en montrant notamment qu'il est un très bon chanteur dont la voix de jazzman noir a complétement retourné Elena... Et dans la partie groove, il a tenu toute ses promesses en déroulant son répertoire de happy music qui tue, avec force solos stratosphériques.
Il faut dire que la couleur de la partie groove était annoncée dès le départ par le remplacement du batteur filiforme et du contrebassiste en costard de la partie roots par deux piliers de bar anglais à moitié obèses, qui n'étaient pas là pour faire dans la finesse mais pour faire groover dans les chaumières. Nous avons été en particulier amusés de voir que les cuivres étaient isolés du batteur fou furieux par une paroi vitrée, histoire de ne pas perdre tous leurs tympans dans les cinq premières minutes du concert! Nous avons pu nous rendre compte lors des solos bianires de l'animal que cette précaution était tout à fait justifiée!

Bref, on a fort logiquement passé la moitié de cette deuxième partie de concert debout, à balancer la tête, et nous sommes sortis encore une fois tous tourneboulés des presques trois heures de concert proposées par Maceo. Bob est retourné faire ses gammes toutes la nuit!

mercredi, février 14, 2007

Plan de travail chargé


Pour ceux qui n'ont pas eu la joie de le recevoir par mail, voici la liste des concerts dont nous pensons prendre des places très bientôt:
  • La Blanche, révélation Vinci 2006, au Café de la Danse le 8 mars.
  • Mr Roux, révélation Vinci 2006 1/2, dans la salle minuscule du studio de l'hermitage le 21 mars.
  • Babylon Circus à la maroquinerie le 3 avril. Du gros reggae-ska qui rend heureux, dans une toute petite salle.
  • Juliette au théâtre du Chatelet le 5 avril. De la chanson française hyper classique aux textes formidables.
  • Hurlements d'Léo à la Maroquinerie le 10 mai. Du gros français-fanfare qui tâche à la Maroquinerie, ça va être le feu.
  • Vincent Delerm à l'Olympia entre le 30 mai et le 1er juin. Il parait qu'il est énorme sur scène, aussi étonnant que ça puisse paraître.
  • Mademoiselle K, révélation Vinci 2007 (pour l'instant), à l'Elysée Montmartre en juin. Du rock sincère et frétillant.
D'autres noms que nous écartons finalement qui pourraient intéresser du monde: Adrienne Pauly, Anis (écartés parce que je serai peut-être à Mada en cette fin avril!), Balbino Medellin (guitariste chanteur hispanique de Mano Solo), Mano Solo (même soir que Babylon Circus!). Quelques gros: Aerosmith, Daft Punk, Air, Bob Dylan, Iggy and the Stooges, Asian Dub Fundation, Jay jay Johanson et André Rieu.

lundi, février 12, 2007

Mais c'est qu'elle insiste!


Jugez plutôt!

Scoop


Le cours d'eau principal du pays le plus pauvre d'Europe, la Moldavie, est la rivière Prout.
Ah quand ça veut pas...

samedi, février 10, 2007

Coup de gueule constructif


Je suis colère. Je bouillonne. Je vous préviens, je sens que je vais péter un coup de gueule, nom de dieu!
Et non, ma frustration ne vient pas du match de football-playstation Nantes-Valenciennes qui s'achéve sur une honteuse victoire des nordistes. Ils n'ont certes pas démérité, mais planter cinq buts au gardien de l'équipe qui aurait due être championne du monde, c'est vraiment pas sympa!
Non, mon couroux est causé par une vermine qui ravage notre belle société mondialisée. Peu à peu, à l'insu de tous, elle s'est immiscée dans notre quotidien sous des dehors séduisants, avant de pourrir viscieusement la vie de l'honnête voyageur, et de monter la population en deux clans iirémédiablement ennemis. Saleté.

Je cesse immédiatement mes effets d'orateur pour vous livrer en pâture l'infâme coupable: le trolley. Vous savez, cette nouvelle sorte de valise à roulette, pourvue d'un manche téléscopique qui évite la pénible tâche d'avoir à la porter.
Elle a dans un premier temps séduit le cadre dynamique: ça fait joli et efficace, et en plus c'est taillé pile-poil pour être admissible comme bagage à main dans les avions. Ce qui permet audit cadre de court-circuiter la si pénible attente de sept minutes à l'atterrissage pour récupérer ses bagages. Evidemment, quand tous les cadres dynamiques font passer leurs valises pour des bagages à main, tous les passagers normaux galérent pour trouver un spot pour déposer leur manteau mais, oh, je bosse moi!
Cette situation scandaleuse eût pu légitimement donner une première prise à une haine viscérale pour le trolley, agent du Capital égoiste, mais heureusement l'interdiction récente des mousses à raser et dentifrices en cabine empêche les cadres dynamiques de continuer à jouer à ce jeu là.
Sauf à puer de la gueule à l'arrivée. Ce qui est assez rédhibitoire pour un jeune cadre dynamique, reconnaissons-le.

Ce n'est donc pas le motif de mon mépris profond pour cet objet démoniaque. Le problème, voyez-vous, c'est qu'il s'est démocratisé. C'est tellement pratique! Le sac à dos, ça fait ados attardé. La valise classique, c'est chiant comme tout à trainer. Alors à côté le trolley, quel bonheur!
Là où le bât blesse, c'est que le trolley a la fâcheuse habitude d'être un petit peu en retard sur son fier possesseur. En position dynamique, s'entend. Voire, quand le bras télescopique est particulièrement long et/ou que son "conducteur" particulièrement petit, il peut être très en retard sur lui. (Je suis assez fier d'avoir écrit cette phrase sans remarque méprisante pour Sarkozy.)
Ceci, c'est de la physique de base, vous êtes bien d'accord avec moi. La distance bras-sol étant inférieure à la distance trolley plus manche, ben quand on bouge, le trolley traine derrière, c'est évident. Même un téléspectateur d'Arthur doit pouvoir comprendre cela, non? Et s'il ne comprend pas, il a qu'à regarder, merde!

Or, ne me demandez pas pourquoi, aucun des blaireaux à trolleys ne semble en avoir conscience. Sous prétexte que le trolley est trainé derrière eux, il n'existe plus, il se dématérialise, il fusionne avec eux... je nais pas, mais en tout cas il ne peut pas géner quiconque. Im-po-ssible.
Cet étrange phénomène psychologique, allié au fait que ces petites valises sont si pratiques à manier qu'elles permettent de se mouvoir sans aucune difficulté, conduit tous les braves voyageurs à trolley à zigzaguer sans vergogne, oublieux de leur bagage, et donc à balayer aveuglément tout ce qui se trouve dans leur sillage.
On assiste ainsi dans toutes les gares, dans toutes les stations de métro, dans tous les aéroports, à des scènes apocalyptiques. De la violence gratuite. De la destruction pure.
Les trolleyeurs, toujours plus nombreux, répandent de longues traines de désolation parmi les autres voyageurs, laissant des milliers de leurs contemporains pliés en deux de douleur. Et paf, un violent coup des les tibias, vicieux, rapide, imparable, à l'italienne. Les innocentes victimes n'ont pas le temps d'apercevoir l'ennemi rampant, vif et sournois, camouflé dans des teintes sombres indiscernables, que les voila extropiées et agonisantes.

Alors de grâce, sachez refuser le charme vénéneux du trolley. Ne vous comportez pas comme ces milliers d'égoistes qui, pour un peu de confort, fauchent leur prochain sans vergogne.
Et si jamais vous cédez, je vous en supplie, gardez ce post dans un coin de votre esprit. Ne serait-ce que pour éviter de fusiller du regard vos victimes, comme si elles avaient fait exprès de shooter dans votre bien! Parce que ça, ça donne vraiment des envies de meurtre! Qu'il faut un long post pour exorciser...

mardi, février 06, 2007

Ca faisait longtemps...


Ce qu'il y a de bien dans une campagne électorale comme celle-ci, lancée bien trop en avance et centrée sur une peopolisation ridicule, c'est qu'elle permet de bien belles réflexions en réaction avec la médiocrité ambiante. Je pense aux Guignols et à Moustic notamment. Et à Arrêt sur image et son corollaire du bigbangblog bien sûr.
Je me répéte évidemment (et soyez gentils de ne pas plus me le reprocher qu'aux "journalistes" qui le font à longueur d'année), mais les deux nouveaux posts qu'on y trouvait ce matin sont encore une fois des plus enrichissants (celui de David Abiker et celui de Judith Bernard). Ils éclairent de deux perspectives intéressante l'émission sarkozienne d'hier soir, évidemment saluée comme une grande réussite par les éditorialistes d'Europe1, de la presse gratuite et... du Figaro (ah ça alors).
Et au hasard du post de Judith Bernard, on trouve un lien vers la pétition d'Alternatives Economiques, pour les impots. Et oui, on peut être *pour* les impots dans ce monde de beauf, n'en déplaise aux boîtes de conseil en déclaration d'impots cassant les couilles de cibles habilement choisies (genre le centralien diplômé depuis plus de cinq ans) le samedi matin. Enfin je me comprend...

dimanche, février 04, 2007

Le Normand ne mâche pas ses mots


Nous rentrons d'un week-end très sympa, comme à l'acoutumée, dans le Cotentin. Déformation blogeuse oblige, je n'ai eu de cesse que de me demander quelle photo je choisirais à mon retour pour illustrer cette nouvelle passionante. Un panorama sauvage dont la région a le secret? Une photo d'art rendant compte de la convivialité alcoolique du week-end? Ou plus traditionnellement une photo ridiculisant Elena?
C'est alors que l'évidence a jailli lorsque notre balade nous a amené à l'entrée du lieu-dit illustrant ce post...

mardi, janvier 30, 2007

L'actualité en débugant

En attendant que le programme il tourne, on n'est pas obligé de rester inactif! Hein? Quand même...
J'en connais qui profiteraient des temps morts pour bosser sur un deuxième projet en parallèle, ou pour se former en lisant des articles morceau par morceau.

Ben là je ne suis pas de ceux là. Alors j'en profite pour effectuer ma revue de presse, et c'est l'occasion pour moi d'attirer derechef votre attention sur le bigbangblog de Daniel Schneiderman et de sa petite troupe. Parmi toutes les contributions intéressantes qu'on y trouve, je vous conseille les articles récents sur le bilan de Sarkozy, le dégomage des "gaffes" de Royale (ou encore là), la tendresse du Figaro pour Sarkozy (scoop), l'oubli de l'aspect légérement catholique de l'abbé Pierre (auquel était consacré l'Arrêt sur Images de dimanche), le coup étrange des héros cancéreux, etc. Comme quoi la campagne présidentielle peut aussi acoucher d'articles intéressants (pour la critiquer)!

Quasi sans-faute!


Je suis tombé sur cette carte de la pollution atmosphérique en Europe, quantifiée par le N02, hier soir lors de ma lecture du Spiegel. Et je vous demande de préter attention aux hauts lieux de pollution. Attention. Pas aux tristes jaunes de gonzesse, pas aux pauvres rouges cerise de tapettes qui abondent ici et là.
Non, je veux parler des vrais endroits pollués, là où le bitume est palpable dans l'atmosphére, et qui sont localisés par un rouge-noir dégueulasse de bon aloi. Ca se trouve où? Paris-Benelux-Italie du Nord essentiellement. Ou autrement dit: Aachen-Paris-Modena!
Ah on est balèzes! Un quasi sans-faute, quand on rappelle qu'on est allé en vacances à Madrid et Istambul (sans parler de Berlin, Munich et Londres). Mais je dois me retirer de la lumière et laisser le premier plan à Elena, qui elle a eu le courage de ne pas passer ses vingt premières années dans un lieu lâchement protégé tel que Nantes.
Standing ovation pour notre courageuse candidate dont le sourire étincellant ne masque pas les poumons tous noirs!

lundi, janvier 29, 2007

Bretons and Normands will take over


Le Spiegel apporte dans un entrefilet une nouvelle réjouissante et morale. Deux études américaines ont conclu que les employés qui boivent gagnent jusqu'à 14% de plus que les abstinents. Dans le même ordre d'idée, les jeunes qui ont connu des beuveries lors de leurs études gagnent dix ans plus tard nettement plus que leurs petits camarades tournant au jus d'orange. Ceci semble-t-il parce que boire en société permet de tisser des liens assez solides avec des collégues. "Les buveurs en société intégrent plus rapidement les réseaux et entretiennent leurs relations. Leurs blackberries ménent à de nombreux contacts, qui finissent par valeur du cash" nous apprend l'auteur de l'étude "No boose? You may loose".
Il faut tempérer ces résultats sur deux points. Ils ne sont valables que pour les hommes - désolé Elena! Et d'autre part, il semble que se bourrer la gueule tout seul dans son coin n'apporte rien. Dur...

dimanche, janvier 28, 2007

Les vrais champions du monde

Elena a eu la gentillesse d'attirer mon attention sur le classement des pays où il fait le mieux vivre, établi par la revue de voyage américaine International living, et reprise par le Corriere della Sera. Deux gages de sérieux et d'objectivité: le Corriere c'est écrit tout petit donc c'est sérieux, et International living c'est établi par des experts, américains de surcroit donc c'est de l'info blindée-blindée.

Loin des sempiternels indicateurs économiques dont on nous rebat les oreilles (mais, étrangement, me donnent peu envie d'échanger ma place avec un travailleur chinois ou un retraité suisse, n'en déplaise à Jean-Marc Silvestre), loin des coupes du monde qui peuvent être volées honteusement, cette classification se base sur neuf critères objectifs et justes: le coût de la vie, la culture et le temps libre, l'économie, l'environnement, la liberté, les infrastructures, la sécurité (ah!), les risques (?) et le climat. Ca me semble juste, équilibré et facilement quantifiable (la liberté et l'environnement par exemple. M'enfin rien d'insurmontable pour des experts, hein).

Et qui c'est qui péte tout, qui domine la classification de la tête et des épaules? La France, monsieur! Meilleure infrastructure du monde (mais on paye trop d'impot, je vous rassure), économie solide (quoiqu'on en dise), le meilleur système de santé du monde, un coût de vie relativement peu élevé hors de Paris, des campagnes diverses et magnifique, et une des plus belles et romantiques capitales du monde. Et paf! C'est pas moi qui le dit, c'est écrit en anglais sur le site du magazine. Je ne me permettrais pas...
Le succulent de la chose est que l'Italie, malgré son climat et une note de richesse de culture maximale, n'est que huitième! Ah la honte! Et encore plus doux à nos petites oreilles franchouillardes, nos voisins anglais se retrouvent 37èmes (derrière notamment l'Uruguay et l'Estonie)!
Ah... Merci Elena d'avoir illuminé ma journée en me présentant ce classement tout à fait discutable et subjectif, mais qui fait bien plaisir. Cela dit, quand on sait que l'Australie est deuxième, suivie de la Hollande et de la Nouvelle-Zelande, on se dit qu'effectivement ce type de classement peut donner des surprises...

samedi, janvier 27, 2007

Pinard day



Comme on n'est pas des petits joueurs, nous nous sommes levés ce matin dès potron-minet pour assister à une initiation à la dégustation du vin. Deux heures de théorie et deux heures et demi de pratique, pour être rappelés à la médiocrité de notre odorat et de notre palais, mais surtout pour deviner un peu toute la richesse qui se cache dans des verres bien remplis...
Nous avons de la suite dans les idées alors nous sommes allés cette après-midi peupler notre nouvelle petite cave. Suivant les conseils experts de notre caviste, nous nous sommes offerts 18 bouteilles (euh, 17 à l'heure où je vous parle) diverses et prometteuses, dont une petite demie-douzaine que nous allons chercher à faire viellir un peu. Et qui seront donc les joyaux de notre mini-collection. Ne vous formalisez pas si on ne les débouche pas lors de votre passage; on les garde pour les vrais amis!

Joyeux urbains


C'est pas tout ça, on se laisse griser par quelques posts culinaires, et on en oublie de parler musique. Et c'est d'un très gros morceau de la nouvelle scène française qu'il s'agit: les joyeux urbains.
Pour vous dire, c'est un tellement gros morceau que beaucoup de mes potes partagent leur dévotion pour ce groupe (à vrai dire, tous ceux qui les ont vu en concert), tant et si bien que je les considérais connu de la blogosphère entière. Ce n'est qu'en réalisant que mes disciples nantais, pourtant pointus, n'en avaient jamais entendu parler que j'ai réalisé l'urgence de ce post.
Pour vous re-dire, c'est un tellement gros morceau que c'est le groupe qui a définitivement fait basculer Elena du côté de la nouvelle scène française (avec -M-). Avant cela, elle supportait les concerts où je la trainais, mais se laissait encore abuser par le côté vieillot de l'accordéon et de la chanson à texte. Depuis elle adore et a décidé de prendre la nationalité française. (Ou le décidera très prochainement, je m'en porte garant).
Vous voyez un peu la taille du morceau, non? Il est gros.

Bref. Les joyeux urbains sont quatre, jusqu'à une période récente dans une formation classique: batterie, contrebasse, guitare, accordéon-clavier-guitare. Depuis peu, ils ont décidé d'alléger leur set et c'est devenu guitare-ukulélé-boîte (pour la batterie).
Mais par delà toutes ces finesses, ce qui fait l'intérêt du groupe c'est qu'ils sont incroyablement marrants. Les textes sont une tuerie: Achéte un chien, la canadienne, il est petit, les anglais... et le formidable diner mondain en tête. Que du cultissime.
C'est à hurler de rire sur CD, et est bien sûr encore plus incroyable sur scène. Ce sont des comédiens à part entière bourrés d'énergie. On se marre du début à la fin du spectacle, et en plus de ça ce n'est pas (que) de l'humour facile: ils créent des personnages décalés qui se débattent dans des univers parfois très fins.
Et pour autant, la musique reste importante et n'est pas complétement écrasée par le texte. Les mélodies en particulier sont bien efficaces et contribuent à rendre certaines répliques cultissimes.

Je ne saurais donc trop vous conseiller de faire connaissance avec ces petits loulous. Notamment, s'ils passent en concert à côté de chez vous (ce qui est probable au vu de la tournée qu'ils entament), vous pouvez y aller les yeux fermés, même avec des gens pas trop sensibles à ce type de musique (j'ai essayé).
Sinon, je vous conseille de commencer par leur CD live Devant des gens. Leur album studio de référence serait Supersexy. Je suis moyennement emballé par leur virage ukulélé, qui permet de donner une touche Wriggles à leurs spectacles (donc très beau et très scénique), mais prive un peu leur zique de péche et leur spectacle d'impro par moment. Cela dit, leur dernier album recéle aussi de très bons titres: fais moi un bon café, un peu fort mais ouais et aux portes de la gloire notamment.

Ouf, l'oubli est réparé, et avec moulte cirage (mérité)! Ah, sauf que dans tout ça j'ai oublié de vous préciser que nous sommes allé les re-re-re-voir en concert lundi à l'Olympia. Et qu'évidemment c'était formidablement drôle.

jeudi, janvier 25, 2007

Et n'y reviens plus


Je vous rassure, suite à mon cri d'hier soir, les choses sont revenues à la normale. Un tirage d'oreille bien mérité après, me voila dignement accueilli par des spaghettis aux fruits de mer. C'est pourtant pas compliqué!

mercredi, janvier 24, 2007

Ma femme vire au bio


... et c'est horrible.
De retour d'un petit périple professionnel dans un pays où on sait apprécier la cuisine franche et sans fioriture (j'étais à Hambourg, où la Currywurst coulait à flots), je me réjouissais déjà des raffinements culinaires qui m'attendaient à la maison. Le mariage délicat des deux meilleures cuisines du monde, française et italienne. Serais-je accueilli par un bon confit, par une tartiflette ou par des lasagnes ou carbonaras? Quelle douce incertitude!
Erreur! Voila t'y pas que ma femme prète oreille aux tristes augures qui prétendent qu'il faut manger des légumes, qu'il ne faut pas abuser du beurre, et que la viande n'est pas indispensable. N'importe quoi! Voyez un peu le truc qu'elle a préparé: une assiette d'oeufs, de potimarron (kesako?) et de champignons...
Mais qu'est-ce-que c'est que ces conneries! C'est quand même pas vraiment mangeable ce truc là? A la limite quand on a été malade, je veux bien, mais là j'ai rien fait de mal, j'ai aucune raison de m'infliger ça! C'est spongieux, ça a pas de goût et c'est tout pas gras! Je ne vois vraiment pas l'intérêt, merde!
Les choses vont donc changer dans les plus brefs délais. J'achète dès demain une nouvelle friteuse pour recentrer les débats. Non mais...

La star


Ma jolie thèse ne cesse de procoquer des remous en plus haut lieu. Scientifiquement, c'est un pavé dans la mare, ce que reconnait le jury de la célèbre fondation Métivier en lui attribuant le prix de la meilleure thèse (2006, menée à l'IRISA, en collaboration avec l'industrie. Ouais d'accord on devait être trois à concourrir!)
Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est plus ou moins l'antichambre du prix Nobel. Plus ou moins.

samedi, janvier 20, 2007

Un lexomil et une BD

Le blog est décidément fort pauvre en coups de gueule ces jours-ci. Pourtant, les gué-guerres pré-électorales offrent un terrain fertile à l'indignation... Mais bon, j'ai déjà dit et répété que je considérais que les premiers coupables du grave virage 100% people de la politique étaient les médias (vous ai-je déjà conseillé la vision d'Arrêts sur Image?)... et leurs téléspectateurs minables. Quand on veut du divertissement, du divertissement, du fun et des paillettes, mais surtout pas de vilaines prises de tête, ben il ne faut pas s'étonner que médias et politiques ne proposent plus que ça.
Bref. Du coup, je me désintéresse complétement de cette pré-campagne. La question pour moi centrale (vote utile ou vote sincère) donnera lieu à de sévéres prises de tête, des lectures attentives de programmes (vous savez, le document indigeste que personne ne ne lit) et qui sait des posts passionnants, mais plus tard. Contrairement à ce qu'on essaye de nous faire croire, y a pas le feu. C'est fin avril si je ne m'abuse, et en plus un français sur quatre se décide dans le dernière semaine, ce qui relativise le cirque actuel.

Mais cetta absence de coups de gueule me frustre un peu. J'ai en effet une théorie à laquelle je tiens beaucoup, selon laquelle il est sain de s'énerver, de pousser des coups de gueule, de s'indigner. On me rétorque à l'envi qu'objectivement ça ne change rien, que Chirac reste toujours aussi minable, l'économie toujours aussi aveuglément libérale et l'Italie toujours championne du monde que je gueule ou pas. Alors je ferais bien pour mes petites artères et pour la sérénité des débats à table de ma calmer un petit peu, des fois.
Mais donc je ne suis pas d'accord. Tant qu'on ne révolte devant les trucs révoltants, au moins on n'est pas indifférents, et c'est déjà beaucoup. On risque moins de se comporter comme un connard après. Enfin, vous connaissez la chanson, je pense.

Mais alors ce qui m'impressionne au plus haut point, c'est les gens qui dépassent ce qu'adroitement je résumerais par le dualisme "engagement/casse-couille". Bref, des types qui arrivent à être intéressés, impliqué, engagés sans hurler tout le temps et avoir envie d'insulter tout lecteur du Figaro croisant son chemin.
Etienne Davodeau est de ceux-là. (Putain, elle part de loin cette intro!) Il s'agit d'un auteur de BD réaliste, genre dont nous raffolons. Vous savez, ces BDs souvent en noir et blanc, racontant des histoires d'aujourd'hui avec finesse et humilité (Joe Sacco et Alex Robinson entre autres).
Mon frangin et ma belle soeur, fins connaisseurs de mes petites passions, m'ont offert un joli coffret de Davodeau, rassemblant trois albums: Quelques jours avec un menteur, rural! et les mauvaises gens. Le premier raconte une semaine de vacances entre potes qui dégénére en un terrorisme à la peinture à l 'eau des plus sympathiques, Rural! raconte l'histoire vraie de paysans bio confrontés au tracer d'une autoroute et Mauvaises gens raconte la naissance de l'engagement des parents de l'auteur dans la campagne angevine.
Ce dernier album, couvert de récompenses, est particulièrement brillant: il raconte un parcours particulièrement pour moi atypique (engagement politique grâce au catholicisme!), et le fait avec une simplicité et une justesse incroyable. Et c'est cela aussi qui transpire dans rural!, autre sujet engagé: avant tout, les histoires de Davodeau sont humaines, calmes et mesurées. Sans coup de gueule. Et elles n'en sont que plus fortes, car moins partisanes (en apparence).
Alors moi je dis bravo. Et accessoirement je vous conseille la lecture assidue de cet auteur, parce qu'en plus de cela ses bouquins sont passionnants et que les personnages, très attachants, nous sont particulièrement proches.

jeudi, janvier 18, 2007

Moi 1 - Philippe 0


Je continue mes efforts désespérés de me replonger aux sources du rock sous les conseils de Philippe Manoeuvre, pape du bon goût en blouson de cuir. Il est sympa Philippe, je ne doute pas qu'il ait une culture majeure du domaine, mais peut-être devrait-il faire plus sobre dans ses critiques. Par exemple, je cite:
"
Dans le meilleur des cas, je drône des Sonic Youth s'élève vers les hauteurs d'un jazz modal trépané par des guitares hélicoïdales. La rythmique vit sa vie et des guitares savament désaccordées saturent le haut du spectre, comme une toîle de Rauschenberg.
"
Je veux bien prendre sur moi, passer outre certains abus, mais avouez que là il y a des baffes qui se perdent! Une douche froide et au lit, merde!
Surtout que le bonhomme continue de me conseiller des grands noms qui me laissent froid: Can, Neil Young, Johnny Cash, tout ça m'ennuie gentiment. Je sais que c'est furieusement pas cool et ça évoquerait certainement des images suréalistes sur fond de guerre industrielle trépanée à Philou, mais je dois avouer que ça résonne vieillot et lointain à mes petites oreilles.

Mais par contre, je me suis laissé conseiller par moi-même le premier album de mademoiselle K, et là ça déchire. Je ne suis que rarement déçu par mon bon goût.
Le hasard veut que ce soit l'album le plus purement rock délivré depuis longtemps par la nouvelle scène française. Formation tout ce qu'il y a de plus classique: basse-guitare-batterie, autour de la chanteuse-guitariste, qui a fort bien fait de rater son Capes pour se lancer la tête la première dans le rock.
C'est tout en première intention, basique, efficace et sincère, et en plus porté par la jolie voix de la chanteuse. Elle est capable de passer de tons très féminins à une voix parfaitement androgyne, comme sur le tube matraqué à la radio (mais qui n'en reste pas moins très bon) ça me vexe. Je trouve l'album parfois un peu faible sur les morceaux plus lents (quoique...), mais tous les morceaux péchus sont un bonheur complet. Loin du blabla de Philou, des bons vieux morceaux rentre dedans qui font taper du pied et bouger la tête avec classe.
Elle passe en concert à l'Elysée Montmartre le 12 juin... Quelque chose me dit qu'on y sera. Et pas Philippe, vu que ses guitares ne m'ont pas l'air hélicoïdales...

mardi, janvier 16, 2007

Bonsoir le web!


Devant les centaines de milliers de post de fans menaçant de se donner la mort si le blog persistait dans son silence, je me fais un plaisir de revenir enchanter le quotidien de la France entière, qui en a bien besoin ne serait-ce que pour oublier qu'elle paye trop d'impot et que l'initiative n'est pas récompensée, ce qui est un mal typiquement français.
Cela dit, je ne vais pas me laisser guider mon ordre de jour par la fan numéro un, non mais. La liberté éditoriale avant tout. Vous ne saurez donc rien pour l'instant de ce beau concert de Sanseverino. Vous ne saurez pas qu'il joue avec un big band cuivré tout nouveau, qu'il a ses ziquos habitués toujours aussi incroyables - et une péche inimitable. Je vous en parlerai calmement plus tard, comme d'ailleurs de l'auteur de BD que m'a fait découvrir mon frère (Etienne Davodeau), ou de notre ballade dans le XVIème, dont le charme inimitable se devine derrière les barreaux gardant des voies privées.
Je n'en parlerai pas maintenant, car un sujet d'une actualité brulante fait irruption sur nos télescripteurs: le blog a un an. Enfin un peu plus, j'ai raté le coche. Souhaitons donc tous ensemble (oui, tous les cinq!) un bon anniversaire au blog, ce formidable ôde narcissique à mes coups de coeur et de gueule. Quand on connait l'espérance de vie des blogs (4 mois), ça vaut bien un débouchage de grappa.
A la vôtre, et à la prochaine!

PS: Nous fêtons également les 10 000 fautes d'orthographes et les 100 posts faisant référence à une finale injustement perdue. Quelle coïncidence alors.

samedi, janvier 13, 2007

Pas le temps


D'écrire beaucoup ces temps-ci... Je vous aime quand même!

mardi, janvier 09, 2007

Rock is still alive!


Je me croyais perdu définitivement à la cause. Il est loin le temps du Nirvana écouté en boucle, de l'intégrale de Led Zep, des murs de la chambre percés des solos d'Hendrix ou des envolées des Doors. Et ne parlons pas des poussées d'adrénalines à répétition dues à l'écoute prolongée d'AC/DC et des Guns!
Je ne regrette rien bien sûr (non, même pas les Guns!), mais force est de constater que je me suis tranquillement déporté peu à peu vers un style "nouvelle scène française" (TM). (Ce terme m'énerve). Alors bien sûr je me prosterne toujours quotidiennement devant ma collection de Noir Désir, mais rares sont les CDs saturés à être venus enrichir mon répertoire ces derniers temps.

(J'assume complétement ce goût d'ailleurs. Les détracteurs de l'accordéon et des chansons à textes devraient écouter de plus près La rue Ket, mon côté punk et la blanche, cela fissurerait leurs certitudes. Bref. Je veux juste m'assurer que ce post n'est pas compris comme un reniement de mon écoute militante de la NSF. Que ce soit clair. Bordel.)

Mais me voila rattrappé par de mauvaises fréquentations. Lutz et Alex ayant laissé tomber le prosélytisme pour quelques temps, c'est à Tom et Elena que je dois un nouveau plongeon dans le rock. Le premier en me fournissant une liste de lecture, et la deuxième de manière plus agressive en m'offrant "la discothéque rock idéale" à Noël. Le message est clair.
En bon ingénieur analytique, j'ai procédé par ordre en me procurant les albums en question (ne me demandez pas comment...), et en les écoutant lors de mes trajets en transports en commun. Le RER A s'y préte pas mal, on retrouve l'ambiance des fosses de concerts, en un peu plus tassé mais beaucoup moins expansif.
Et c'est parti plutôt mollement. Phoenix et TV on the radio ne m'ont pas déplu, mais j'ai pas du tout accroché aux Stooges, à Love is all ni à Subtle. J'ai pas mal aimé Patti Smith et Sonic Youth, mais il n'avait pas de quoi casser trois pattes à un canard. Mes vrais coups de coeur sont allés à James Brown (Sex machine) et à Beirut Orchestar, mais on peut difficilement qualifier l'un comme l'autre de rock. Ou me trompe-je?

Je me croyais donc définitivement passé de l'autre côté quand j'ai jeté une oreille, à la faveur du codage d'une transformée de Fourier retournée, sur the dresden dolls. Enorme. Fantastique.
Il s'agit d'un duo américain qui fait du cabaret punk. Un style musical nouveau, qui ne se limite d'ailleurs pas à l'aspect musical mais mène à une esthétique année 20-gothique étonnante, comme vous pourrez en juger sur leur très beau site internet là.
Musicalement, la dame est au piano, et le monsieur tabasse sa batterie (et fait parfois un saut au violon ou à la gratte). Pour rendre le truc encore plus péchu (le piano frappé et le bourinage de batterie posent déjà des bases respectables), la dame déclame des champs à mi-chemin entre scandage punk, et chant rock puissant. Ah oui, elle a une très jolie voix.
Bref, ça bouge comme du White Stripes, c'est joli comme tout, et on sent une richesse esthétique derrière tout ça qui n'a rien à envier aux Cocorosies. Et ça suppure le rock par tous les pores, mes amis!
I'm back.

PS: Sur leur site, y a des chansons en écoute.
PPS: Le blog n'est pas mort non plus, vous voyez bien!

jeudi, janvier 04, 2007

Working class hero

S'en est donc fini des posts quotidiens à rallonge, des balades parisiennes, des cinés trois fois par semaine et des grasses mats' systématiques. Après ce gros mois sabbatique, me voila de retour dans la vie active.
Non point par besoin purement matériel (quelle vulgarité), mais parce que je ne pouvais me résoudre plus longtemps à priver le monde de mes lumières. Il eût été inacceptable de laisser tous ces pauvres malades être mal soignés, tous ces beaux emplois ne pas être créés... sans parler de tous les beaux rêves de mes nouvelles collègues-femmes!
N'empêche, c'est dur de réapprendre à se lever!

lundi, janvier 01, 2007

Buen'anno!





Toute notre équipe 'stachus, notre chorale de babies, et ma femme aimante se joigne à moi pour vous souhaiter une bonne et heureuse année.
IN BON LANE 2007 ZOT TOUT, comme on dit là ouqu'il fait très beau.

samedi, décembre 30, 2006

Enfin!


J'ai n'un bon téléphone qui fait nappareil photo! Je vais pouvoir photographier des trucs intéressants, vous vous rendez pas compte!

Harlan Coben



Question à deux tortellis: c'est quoi la différence entre un polar et un thriller? Le premier fait plus classe, plus recherché mais plus vieillot que le moderne et efficace second, mais encore? Le premier fleure la pipe de Simenon et le thé d'Agatha Christie et le second la grosse production hollywoodienne, certes... Est-ce à dire que les polars doivent être sérieux mais chiants, et les thrillers passionnants mais décevants?

Quoiqu'il en soit, j'ai fait connaissance lors de ces fêtes avec Harlan Coben, auteur de thrillers (ou de polars), par la voie de mon frangin. C'est lui qui a eu l'idée d'aller voir Ne le dis à personne, adaptation pour le cinéma d'un de ses bouquins. J'ai beaucoup aimé ce film. Grâce à son incroyable brochette d'acteurs (Cluzet-Croze-Dussolier-Scott Thomas-Baye-Rochefort-Berléand, s'il vous plait!) d'abord. Grâce à la réalisation de Guillaume Canet qui arrive à rendre l'histoire joliement digeste également (même s'il a quelques envolées lyriques douteuses, genre le héros tombe en face d'un cerf dans la forêt).
Mais c'est avant tout la qualité de l'histoire qui m'a scotché: non seulement la situation de base est des plus intriguante (on tue la femme sans histoire d'un type sans histoire. Et huit ans après, la morte recontacte son mari), non seulement l'explication finale est satisfaisante bien qu'évidemment emberlificotée, mais en plus on avance naturellement vers le dénouement en assimilant progressivement toutes les nouvelles infos. Et en plus la méchante est très réussie.

J'ai tellement été convaincu par ce film que j'ai prestement acheté un bouquin de Coben, Juste un regard, à qui j'ai pu rapidement régler son compte à la faveur d'un train de nuit. L'accroche de départ est une autre variation du complot s'abatant sur une famille sans histoire: une maman trouve au milieu des photos de vacances qu'elle vient de faire développer une vieille photo qu'elle n'a jamais vu, sur laquelle elle devine son mari. A peine l'a t'il vue qu'il s'enfuit dans sa bagnole et ne reparait jamais.
Et j'ai eu la même impression que devant le film: c'est sacrément bien foutu, et ça tient la route. En plus de ça, le méchant est vraiment fascinant. J'étais tellement convaincu que j'ai réussi à ignorer la traduction française minable, où les tournures approximatives côtoient les contresens. Je vous conseille donc chaudement cet auteur, mais en VO si possible! Il m'a tout l'air d'écrire des polars dignes de thrillers, ou réciproquement.

PS: Pour la fine bouche, trois des plus belles erreurs de traduction qui m'ont sauté aux yeux:
  • Parlant d'un aspirant professionnel de football américain, multipliant la muscu pour être au niveau: "Mais ce n'était pas suffisant pour la première ligne". Comme s'il cherchait à se muscler pour tenir une certaine position stratégique! Il s'agit évidemment de la première ligue, la première division de football américain.
  • Jolie figure de style: "Il avait disparu de sa banque de mémoire". Même en 6ème ça ne passerait pas.
  • Et le faux-ami qui tue (niveau seconde): "Eventuellement, elle passerait chez une de ses cousines". Et non! En anglais, eventually veut dire finalement.
C'est pas possible qu'un pro fasse ce genre d'erreurs, non?

vendredi, décembre 22, 2006

Dr V vous aime


Magnanime, sensible aux vrais problèmes des français, Dr Vinci a décidé dans son immense bonté de donner un coup de pouce à ceux de ses nombreux lecteurs qui sont encore en panne d'inspiration pour Noël. Pour leur éviter de passer en revue les 207 posts de cette année afin de se rappeler les nombreux CDs et films dégotés et analysés par ses soins, tâche passionnante mais dépassant les capacités d'analyse du lecteur non titulaire d'un doctorat, il a décidé de les gratifier d'un TOP 10 des meilleurs CDs de l'année.
Pour des raisons de suspence et pour m'assurer une audiance croissante tout au long de la lecture de ce post, je commence par la fin:

10- Gorillaz - Demon days.
9- Cocorosie - Noah's ark.
8- Ben Harper - Both sides of the gun.
7- Arthur H - Adieux tristesse.
6- Olivia Ruiz - La femme chocolat.
5- Syrano - Musique de chambre.
4- Grand corps malade - Midi 20.
3- Camille - au Trianon.
2- La Blanche - Disque d'or.
1- Mr Roux - Ah si j'étais grand et beau.

Je suis bien triste, au sein de cette compétition acharnée, de ne pouvoir citer les excellents Llanto por Ignacio Garcia Sanjez Mejitas, Debout sur le zinc, Miossec, Placebo, Jeanne Cherhal, Loïc Lantoine, Ogres de Barback et autres Sanseverino, qui ont contribué à faire de cette année un océan de bonheur musical. Dire que dans cette période faste de musique française, il en est pour n'écouter que la Star Ac' et ses avatars...

jeudi, décembre 21, 2006

Hasard du calendrier

De retour de mes courses de Noël, où j'ai fait et me suis fait des petits cadeaux sans trop compter, je suis tombé sur un reportage sur le surendettement (sur france 5). On y suivait le destin de quelques personnes dont la vie est pourrie pendant des années par le remboursement de dettes pas si importantes que ça, face à des créditeurs pas tous si innocents que ça (en particulier les banques poussant au crédit à la consommation).
C'est sûr, ça renvient un peu à enfoncer les portes ouvertes car tout le monde compatira devant ces personnages dignes souffrant pour pas grand chose. N'empêche, c'est le genre de piqûre de rappel qui me remet les idées en place, me fait réaliser mon bonheur, et relativiser la position de tous ces braves gens ne voyant que du bon dans le monde marchand complètement libre. A l'heure où le micro-crédit est à la mode, un petit mini-crédit pour nos pauvres à nous ne ferait pas de mal.

La coscienza di Zeno

Ma forte dépendance au Spiegel ne me laisse que quelques rares moments de liberté, à la faveur de vacances ou décès de mon facteur, pour entamer d'autres lectures. Je suis donc particulièrement rigoureux (voire chiant) sur mes choix de bouquins, et il a fallu tout l'enthousiasme d'Elena pour me convaincre de glisser en tête de ma précieuse liste de lectures La conscience de Zeno d'Italo Svevo.
Qui d'autre qu'une chargée de communication aguerrie aurait pu réussir le tour de force de vendre à un lecteur psycho-rigide un roman italien du début du siècle (en VO), précurseur de l'acceptation de la psychanalyse en Italie, porte-étendard de Schopenhauer et Freud, admiré par Joyce et Kafka? Voilà qui sentait furieusement l'ennui et l'antiquité, le total-respect-pour-ton-oeuvre-mais-là-tu-me-fais-chier-je-vais-plutôt-m'ouvrir-un-bon-polar.
Erreur! Ce roman est tout bonnement époustoufant. Je vous avoue que je n'ai probablement pas perçu tout l'intérêt littéraro-historique de cette oeuvre pour le Trieste sortant de la première guerre mondiale, mais j'ai par contre pris mon pied dans une narration furieusement ironique, égocentrique, cruelle et réjouissante.
Ca m'a fait un peu l'effet d'un Woody Allen acide, d'une comédie anglaise cynique parfaitement réussie. Le lecteur est plongé dans l'examen de conscience d'un gentil minable égocentrique, Zeno Cosino, malade imaginaire racontant sa vie à la faveur d'une psycho-analyse. Les grandes étapes en sont sa tentative avortée d'arrêter de fumer, la mort de son père, la conquête de sa femme, la vie avec son amante et la vie professionnelle. Chacune d'entre elle est un échec retentissant, raconté et analysé en toute innocence par leur minable auteur.
La beauté de la chose, c'est que le lecteur se prend d'affection par le blabla égocentrique et pas toujours trivial du narrateur, et que les coups de théâtre de comédie grinçante se trouvent magnifiés et par la surprise, et par les justifications décalées de l'auteur. Ce bourgeois très propre sur lui, toujours à se plaindre de la dureté du monde, fait plonger une infirmière dans l'alcool pour recommencer à fumer, se fait gifler par son père mourrant qui trépasse aussitôt, épouse celle des trois filles de son employeur qu'il n'aime pas après s'être fait rembarré par les deux autres, rate l'enterrement de son meilleur ami parce qu'il se plante de cortège, etc.
Grâce à ce comique très réussi, et à l'attachement qu'on éprouve pour ce looser fini, je n'ai pas pu lâcher ce bouquin, et ai très vite oublié qu'il était vieux d'un siècle. Voila une bonne idée pour se donner l'air original et cultivé (quoi, tu ne connais pas cet auteur triestino majeur? Mais c'est lui qui a vulgarisé la psychanalyse en Italie au début du siècle, voyons...) tout en profitant d'une excellente lecture (putain qu'il est con! Ah mais quel minable ce mec, trop fort!).

mercredi, décembre 20, 2006

Mondovino revient, et il est pas content


La meilleure preuve que la série de dix films d'une heure dérivés des rushs de Mondovino est une réussite, c'est qu'elle a réussi sans coup férir à nous détourner de notre consommation de séries US pourtant bien rôdée: Desperate housewives, prison break, lost et grey's anatomy dans des moments de faiblesses.
Pourtant accrocs à ces séries bien foutues et fortement addictives, nous n'avons pas lâché un moment le visionage des passionnants moyens métrages de Mondovino. L'auteur-réalisateur-monteur Jonathan Nossiter présente sa série non comme un simple Mondovino le film, version longue, mais comme un ensemble de films indépendants, explorant des sujets séparés et bien définis.
A vrai dire, je doutais un peu de ces affirmations (d'autant plus que le distributeur est TF1 vidéo, et n'aurait rien contre fructifier le filon sans vergogne). Je me serais d'ailleurs déjà estimé heureux de passer plus de temps en la compagnie des charismatiques vignerons-terroir bourguignons ou du sud-ouest, et de me moquer de la vision réductrice de monsieur Rolland, des Mondavis et des grosses maisons bordelaises. Mais il est vrai qu'on explore des thèmes nouveaux (vin de garage, vin brésilien, ...), qu'on fait de nouvelles rencontres (gros producteurs américains arrogants, scientifique prédisant la note Parker d'un vin non encore élaboré, producteur de vin de garage, petit producteur bordelais et gros producteur bourguignon) et qu'on apprend à mieux connaître les personnages adorables ou détestables du film. Autant de points qui avaient dus être évacués du film pour le garder digeste.
Grâce à cette volonté d'enrichir le propos, Nossiter transpose à la série les grandes qualités du film, sur une toute autre longueur. La thèse centrale contre l'uniformisation des goûts est renforcée (par les points de vue multipliés sur le phénomène), et affinée (on comprend un peu mieux les "méchants", dont le défaut majeur est d'écraser les autres).
Mais on a un bonheur fou à regarder ces films, qui forment surtout un formidable hymne au vin: on crève d'envie d'être invités à la table des personnages les plus charismatiques que l'on rencontre. En attendant, on a envie d'inviter des potes à se faire une bonne bouffe bien arrosée!

samedi, décembre 16, 2006

Derniers rappels


Il y a bien sûr l'absolue médiocrité de Johnny, qui met en valeur une fois encore un autre pan de la personnalité de ce "monstre sacré de la scène". Comme déjà démontré, entre autres, par sa scandaleuse adoption accélérée, par ses passe-droits multiples obtenus par la grâce de l'amitié qui le liait à la famille Chirac, par son opportun soutien au Sarkozy montant et par sa grossière tentative de récupérer sa nationalité belge, le héros bêlant n'est pas juste un brave crétin doué pour la scène: c'est avant tout un enfoiré prêt à toutes les compromissions pour protéger, un petit plus encore, son immense monceau de fric.
Il y a encore la bêtise de ses fans, soutenant sans faillir leur vedette, sans réaliser le lien direct qu'il y a entre leur RMI, l'état de leurs routes, et la longueur de yatch de leur pauvre star.
Il y a le révélateur soutien géné de Sarkozy, qui montre que cet homme là n'est peut-être pas simplement un opportuniste populaire, mais qu'il a probablement des idées derrière la tête. Si j'étais de mauvaise composition, je dirais de chercher du côté de son frangin, presque chef du Medef (mais ça ce serait trop vu).
Il y a encore la responsabilité de nos médias, et la passivité de leurs téléspectateurs, dont un nouvel aspect vient d'être éclairé par le Spiegel. Comment expliquer le fait que 50% des allemands ont plus peur de l'insécurité aujourd'hui qu'il y a quelques années, alors que presque tous les délits sont en recul (utilisation d'armes à feu, vols, assassinats, cambriolages)? A tel point qu'ils pensent que la criminalité a augmenté de 37% en dix ans, alors qu'elle a en fait reculé de 5%? Facile: dans le même laps de temps, les emissions violentes à la télé ont augmenté de 50%. Et si c'est à la télé, ça doit être vrai...
Et puis l'engagé Joey Starr qui passe à la Star Ac', le dimanche qu'on enterre à force d'ouvertures exceptionnelles (pour une fois, je vous renvoie vers un édito de la Croix cité sur Inter, à 1h37m55 de l'enregistrement), Renaud qui se dépolitise, le FN qui se respectabilise, le bordel en Israel, au Liban, et Irak et au Darfour (auquel je ne consacre moi-même qu'une place 100 fois inférieure au crétin de Johnny).

Mais ce n'est pas tout.

Il y a aussi les balades parisiennes, le boulot d'Elena qui se présente bien, le tramway parisien passant contre la bagnole, le superbe canular de la télé belge dont Arrêt sur image nous parlera en détail demain, notre cave à vin qui est annoncée, et le bouquin italien super d'Italo Svevo La conscienza di Zeno dont je vous parlerai plus tard, comme du formidable cycle de films Mondovino la série.
Mais c'est aujourd'hui d'une bédé formidable dont je voudrais vous entretenir.

D'ailleurs, plus que bédé il s'agit de comicpuisque l'auteur en est américain et l'histoire saucissonée en petis épisodes. Je le précise pour la beauté de l'exactitude puisque si vous demandez des comics dans un magazin, vous aurez vite fait de vous retrouver dans un rayon de super-héros années 70 où des fans jusque-boutistes vous toiseront d'un oeil mauvais pour les avoir dérangé dans leur tanière.
C'est dans un magasin de bouquins beaucoup moins pittoresque que j'ai acheté cette bédé en faisant mes courses de Noël. Le truc classique: tu rentres pour acheter un beau livre chiant à une connaissance, et tu ressors avec une bédé super pour toi.
Il s'agit de Derniers rappels d'Alex Robinson. C'est son deuxième album après De mal en pis, pavé à forte connotation autobiographique racontant avec humour et tendresse la vie de trentenaires new-yorkais, et primé un peu partout. Ayant adoré le précédent album, comme tous ceux qui l'ont tenu entre leurs mains, j'étais ravi de découvrir le nouvel opus (qui commence à être primé un peu partout).
Je craignais et j'espérais tout à la fois d'acoir à faire à une simple copie de l'album précédent. D'autant plus que la couverture, comme la présentation initiale de la narration (on suit en parallèle six ou sept personnages) et les dessins (très réussis, et même franchement impressionnants sur la fin) sont proches. Cette fois-ci, Robinson développe une galerie de personnages beaucoup plus divers, et qui ne sont pas tenus ensemble par leur simple habitat naturel comme dans De mal en pis (New-York de jeunes employés célibataires), mais par une intrigue allant vers le dramatique, comme le montre le chapitrage à la façon d'un compte à rebours. Elle va emmener inexorablement les trajectoires des personnages à s'entrecroiser et pour certaines se percuter jusqu'au dénouement final.
C'est donc tout logiquement qu'on est moins dans le ton de l'humour que dans le bouquin précédent, mais les personnages gardent LA grande qualité des bédés de Robinson: ils sont intéressants, riches, détaillés, et attachants. C'est encore une fois un grand plaisir de s'attacher à toute cette petite troupe (la rock-star en cours d'inspiration, de l'informaticien looser, des serveurs homos, etc), d'autant qu'ils ne nous délivrent pas que des réflexions triviales. Mais le gage de qualité ultime est qu'il est encore plus difficile de refermer cet album que De mal en pis avant d'en avoir englouti les 350 pages, car, en plus d'être attachés aux personnages, on est vite pris par le suspense de l'intrigue.
(En plus, on peut trouver des bonus complémentaires sur le Net, telles ces planches ci)

mercredi, décembre 13, 2006

L'employée du mois


Elena a été prise dans un nouveau boulot!
A mi-temps d'abord, puis à plein temps normalement. Il s'agit de trouver des dates pour tout un tas de spectacles, certains d'entre eux étant pas mal connus. Ce sera donc valorisant, et riche en contacts intéressants!
Pour plus d'infos, contacter l'heureuse élus!

Un parisien sort de chez lui




On nous répète tant que la météo actuelle est exceptionnelle qu'on en oublie presque qu'elle est très agréable! Certes, elle doit troubler le sommeil des 5% de la population qui vont au ski chaque année, mais pour ce qui est des autres, avouons que c'est du bonheur!
Pour ma part tout du moins, je l'avoue bien volontiers! Armé de mon précieux guide Vert des idées de promenades à Paris, je mets à profit mes journées de libertés pour effleurer un peu les richesses cachées de la capitale. Ce qui est vachement plus sympa ces jours-ci que par un temps pourri "normal". Non que les richesses visibles soient dégueulasses d'ailleurs; nous avons silloné les hauts lieux touristiques de Paname la semaine dernière en compagnie de la famiglia avec bonheur. Avouons qu'il ne viendrait pas spontanément à l'esprit des parisiens que nous sommes devenus de traverser de Trocadero, ou d'emprunter les bateaux-mouches, bien que ce soit fort agréable.
Mais les richesses peu connues sont des plus intéressantes également, surtout quand elles conduisent à revisiter un quartier que l'on croyait connaître, ou encore mieux à découvrir un coin de Paris qu'on croyait sans intérêt. C'est de cette deuxième catégorie que sont issues les deux premières photos ci-dessus: elles ont été prises dans le quartier de Vaugirard dans le XVème. Mais j'ai également retraversé la Butte-aux-cailles et Montparnasse ces jours-ci, et je peux vous dire que les itinéraires et conseils de mon pote le guide vert donnent une toute autre dimension à ces petites virées. Pour preuve, la troisième photo a été prise à moins de 200m des quais de Montparnasse, dans l'ancienne maison du sculpteur Bourdelle. Qui l'eut cru?

Juste récompense

Le Monde révéle que les patrons des entreprises françaises du CAC 40 gagnent en moyenne 300 SMICs.

mardi, décembre 12, 2006

La consommation, ça rend vraiment pas heureux


Aaaaaaaaaaaaaahhh!
Désolé d'entamer le 200ème post de la sorte, mais nom de dieu de bordel de merde commence à y en avoir ras le bol de toutes ces conneries!
J'étais paisiblement parti pour dilapider une partie de mon pécule dans divers achats inutiles, des petites choses améliorant notre confort. On a beau être peu matérialistes, on n'en reste pas moins des ingénieurs amoureux de belle technoligie. Et à chaque fois ça merde!

Ca commence avec la télé par internet. Je reçois tout frétillant le décodeur, déballe joyeusement... et constate qu'on ne peut avoir la télé par internet que par la télé, mais pas par l'ordinateur. Je pensais que les possesseurs d'une carte télé pouvaient raisonnablement être assimilés à des téléphages normaux, et ben non.
J'ai donc commandé la prise péritel-composite qui va bien... et là j'obtiens la télé en noir et blanc! Epaulé par un spécialiste de haut vol, j'arrive à percer les mystères du réglage en Pal-B... et constate qu'on m'a abonné à l'insu de mon plein gré à TPS. TPS, tsss... Qui peut me donner le nom d'un programme diffusé par ce truc qu'il ait envie de voir? (A part le poker...)

Je cherche à me remonter le bourichon en commandant, après une soigneuse étude de marché, un téléphone portable faisant appareil-photo. Tout content, je guette le passage du facteur quotidiennement. Un beau jour, je reçois un mail m'informant que le facteur était passé sans me trouver et qu'il retenterait sa chance le lendemain. Et évidemment, il passe le lendemain en mon absence... et m'informe qu'il retourne le colis à l'expéditeur! Sans le déposer à ma concierge comme c'est fait d'habitude, et surtout sans passer par la poste voisine, où je rêvais de le retirer.
Intringué, j'interroge ma concierge paranoïaque qui me dit que c'est pas le facteur habituel, qu'il avait l'air bizarre et que le colis était éventré. Je ne prend pas trop ces informations au sérieux, et me rend à la Poste quand même, où on remonte la piste de mon colis. Figurez-vous que sans même avoir vu une seule fois le facteur, j'ai refusé le colis le vendredi, avant de l'accepter le samedi!
Nos inspecteurs se perdent en expectatives, mais, je vous rassure, n'excluent aucune hypothèse. Facteur pourri? Voisin en quête de cadeau pour ses enfants? Je suis partisan de la thèse du facteur qui retourne à l'envoyeur le colis parce qu'éventré (ce qui expliquerait que quelqu'un l'ait accepté le samedi, et peut-être même que le facteur l'ai marqué comme refusé pour pouvoir le retourner).

Et la cerise sur le gateau, c'est l'investissement dans un séche-linge, pour nous faire gagner de la place en nous débarassant de l'étendoir. Il fut livré en temps en en heure... mais sans son kit de montage sur notre machine à laver! Qui arrivera un jour par la poste, mais qui en attendant est toujours bien au chaud dans les hagards de Darty.
Ce qui est doublement ballot. D'une part les livreurs de Darty n'ont pas pu le monter pour nous, ce qui augure d'une scoliose et peut-être de dégâts de eaux dans un avenir proche. Et d'autre part, au lieu de gagner de la place, on a pour l'instant un séche linge débranché dans le couloir! C'est très décoratif, mais bon...

Et ce que je trouve vraiment merveilleux dans ce système, c'est que pour comprendre les problèmes posés et poser des réclamations, il faut en passer par des appels à des 08xxx qui sont surtaxés! On ne vous délivre pas le service prévu, mais on va vous l'expliquer si vous nous filez 5 euros. Quelle classe!
J'ai donc décidé à partir de maintenant d'arrêter de consommer. Désolé pour les cadeaux de Noël, mais c'est une posture politique à laquelle je tiens très fort depuis peu.

vendredi, décembre 08, 2006

Visiter Paris pendant la tempête...


...avec la famiglia, c'est possible! Et dans la bonne humeur, encore!

mardi, décembre 05, 2006

Syrano


Bien le bonjour, mesdames et messieurs,

laissez-moi vous présenter aujourd'hui le groupe original et percutant Syrano, qui prouve à la face du monde entier qu'on peut naître chartreux et s'en sortir. Avec brio qui plus est.

J'aime partager avec vous mes découvertes musicales, ce qui m'oblige à définir à gros traits le type de musique en question. C'est souvent acrobatique puisqu'à la frontière de différentes influences, mais là c'est le bouquet! Slam-chanson festif et politique, aux influences tziganes mâtinées d'Henri Dés? Ce serait réducteur, car je n'aurais pas évoqué les poussées ska oniriques ni rap-symphonique orchestral...

L'essentiel est de savoir que l'alchimie marche à merveille entre le chanteur-slameur-texteur-dessinateur Syrano et sa petite troupe accordéon (ahh)-guitare-violon-violoncelle-ordi. Ce méli-mélo d'influences est soudé par une grosse pêche, beaucoup de générosité et - disons le - de talent. D'excellentes fréquentations qui viennent donner un coup de violon (Simon de Debout sur le zinc) ou d'accordéon (La Rue Ketanou) ne gâchent rien...

Au premier contact, on a l'impression d'être emporté par une fanfare bordélique (ce qui était renforcé par leurs anciens costumes multicolores à la Etrange noël de monsieur Jack qu'ils portaient aux Francos). Mais la deuxième écoute révéle qu'on a affaire à beaucoup plus mûr que cela: la zique est parfaitement équilibrée, et les textes, parfois un peu trop "condensé de la misère du monde", sont souvent beaux et parfois magnifiques (Monsieur Neige, Une minute de silence, Dans ma bulle).

Bref, si on récapitule, le CD est parfait car riche, varié, original et équilibré. Mais ce que nous avons vu hier soir c'est que les concerts sont aussi supers, pêchus, inventifs, généreux (il a fait la bise à la moitié du public à la fin d'une chanson, dont à moi - et pas à Elena!)

Encore un groupe mortel, quoi! Dans ces conditions, faut quand même le faire exprès pour continuer à snober toute la richesse et la générosité de ces "petits" groupes tout près de chez nous!
PS: Je ne peux malheureusement pas pointer vers des extraits de leurs chansons sur leur site: vu le succès de leur premier album, leur site à explosé!

samedi, décembre 02, 2006

Un anniversaire placé sous le signe du pinard!


Ma chère et tendre connaissant (et partageant) les goûts de son poète de mari, j'ai eu droit à trois cadeaux hier, et les plus malins d'entre vous noterons qu'ils s'en dégage une thématique commune:

  • Le coffret DVD des 10 films Mondavino. L'auteur raconte 10 histoires de vin à partir des rushs du film; certaines étaient déjà présentes dans le film mais sont plus développées, et d'autres sont carrément nouvelles. C'est un vrai bonheur de se retrouver au contact de passionnés charismatiques, et le montage délicieusement subjectif permet quand même de comprendre dans une certaine mesure le point de vue des "méchants" (industriels du pinard). Cela permet des discussions enrichissantes, mais n'exclue pas un bonheur archi-cruel quand on apprend que les Mondavis, fiers de leur empire et de leur entrée en bourse (ce qui se dit dans le jargon hypocrite local going public), se sont fait dégager de leur propre boîte par leurs actionnaires!
  • Une demie-journée d'initiation à la dégustation. Comme je lui avais fait le même cadeau, nous pourrons y aller ensemble, et en revenir un peu moins bêtes face à un verre.
  • Un repas d'anniversaire (lasagne aux cêpes) arrosé d'un superbe Côte du Rhône!

Vivement mes 29 ans, qu'on s'en remette une!

vendredi, décembre 01, 2006

Comment vivre en travaillant?


Mon Dieu, que je plains ces gueux qui doivent travailler du matin au soir! Quelle indigence culturelle, quel vide intérieur! Comment peuvent-ils trouver le temps de profiter de la richesse du monde, de s'intéresser aux dernières nouveautés culturelles et technologiques? Comment flâner dans la capitale, errer dans les musées, prendre le temps de cuisiner? Quelle tristesse...

Depuis que je suis au chômage, je ne sais plus où donner de la tête. Je n'ai plus le temps de rien. Après une légère grasse mâtinée, je m'abime dans la lecture de la presse (enfin du Spiegel, quoi). Il est alors rapidement temps de se lancer dans un footing pour entretenir mon corps d'athlète en écoutant Le masque et la plume, ou les dernières découvertes musicales (François Vé, Syrano, rue d'la gouaille, vendeurs d'enclume, vaguement la jungle, ou le dernier Aldebert). Vient alors le repas, regressif, où je me gave de ce qu'Elena n'interdit d'ordinaire (choucroute, pizza surgelée, cassoulet voire McDo dans des moments de faiblesses).
C'est alors que vient le moment du pic d'activité: je me lance dans une activité culturelle. Il peut s'agir de ciné (Casino Royale, The host), de musée (le rêve du scientifique: la palais de la découverte) ou encore d'une balade (comme aujourd'hui dans le quartier Vaugirard).
Il est alors déjà 17h, et il est temps de rentrer finir ma lecture, et tenir à jour ma correspondance. Je peux ainsi sereinement commencer à cuisiner pour ma femme, qui rentre du boulot, fourbue mais souriante. Nous pouvons alors vaquer, heureux et détâchés des basses contingences matérielles...

Bref, je vous plains, vous autres besogneux. J'espère que vous gardez un peu de vivacité intellectuelle le soir pour entrevoir la plénitude de journées oisives mais dynamiques.
Amicalement votre,

le prince Vinci de Auveraille

mercredi, novembre 29, 2006

Requiem pour un con


Il est de tradition de terminer un bon petit Spiegel par une page Carnet, qui précéde la double-page People, regression bien méritée après la lecture de 200 pages d'articles denses en allemand. En bon chrétien que vous connaissez, je me réjouis assez rarement d'apprendre la disparition de mes semblables (surtout qu'il s'agit pour la plupart de vieux acteurs allemands que je ne connais pas), mais je dois avouer que ma première réaction à l'annonce de la mort de Milton Friedman ne fut pas l'abattement, la révolte ou la tristesse.
Ce brave homme fut le hérault de l'ultralibéralisme. Mais il ne s'est pas contenté de son rôle d'un universitaire fanatique, dont la théorie anti-keynésienne a été sanctionnée par un prix Nobel d'économie; il a activement colporté ses théories agressives dans le champ politique, bouleversant la vie de centaines de millions de personnes. Il fut d'abord entendu dans les respectables dictatures d'Amérique, Chili en tête, dans les années 70, puis influenca Margareth Thatcher, avant de devenir conseiller politique de Ronald Reagan. Du beau linge, n'est-il-pas?
Mais ce que je lui reproche, plus encore que de défendre un point de vue extrémiste, c'est d'être resté sourd à toute analyse du résultat objectif de ses politiques. Ma haine absolue du bonhomme remonte à une de ses interviews dans le Spiegel suintant le cynisme et le mépris pour l'Humain, variable sans intérêt dans sa croisade ultralibérale.
Et attention, je ne pense pas donner là un point de vue altermondialiste, même si le vocabulaire est voisin: ce type était un véritable fondamentaliste qui aspirait à une société sans Etat, juste avec un Marché, et méprisait ouvertement tout le reste. Ce qui fait qu'au delà les opinions politiques, on a le droit de ne pas s'attrister outre mesure de la disparition d'un type qui a fait du mal à beaucoup de monde, sans jamais s'en repentir.
Surtout qu'il a vécu jusqu'à 94 ans, l'enfoiré.

mardi, novembre 28, 2006

Sport primitif


Ce week-end a été émaillé par deux grands moments de culture.
  • Nous sommes allés au musée des arts premiers au quai Branly, que j'avais déjà eu l'occasion de traverser au pas de course lors d'une fête de boulot. Malgré tout le mal qu'on pense de l'instigateur de ce projet, ça me semble être une réussite totale. Le musée est beau, architecturalement original, bien foutu, et avec un éclairage mettant en valeur les oeuvres avec une classe hallucinante. Et la thématique, que je pressentais chiante et un brin colonialiste (genre forcons nous à trouver que ces sauvages sont pas aussi crétins qu'on croit), est en fait passionnante, et rend justice à l'inventivité des peuplades en question. Tout cela est extrêmement riche puisqu'on saute en quelques pas de l'Océanie à l'Afrique, mais a permis au pauvre béotien que je suis de se faire une idée de la richesse et de l'esthétisme en cours aux quatre coins de la planète.
  • Dans la lignée de ce retour aux sources "premières", nous sommes allé voir trente mâles massifs se percuter à pleine vitesse pour France-Argentine au stade de France. Nous fûmes accueillis en cette fin d'après-midi par une ambiance familiale qui change de l'agressivité footbalistique, et avons pu profiter d'un beau mâââtch à cinq essais, dans une douceur printanière étonnante pour la saison. Il était en outre extrêmement intéressant pour les téléspectateurs que nous sommes de regarder pour une fois un match d'une perspective globale. Ne pas se contenter d'une vue grossissante sur le coeur de l'action permet de mieux juger du travail de positionnement stratégique opéré par les deux équipes. Voila qui appelle une suite: nous allons donc voir France-Pays de Galles au tournois des VI nations, ce qui permettra de voir ce que ça donne quand le public est un peu plus concerné.

Télé achat



Tout plein de sketchs au bon accent de là bas sous http://www.tetesaclaques.tv/