mardi, juillet 17, 2007

Rencontre du troisième type

Je ne suis pas revenu sur ce blog sur l'opération Velib', ces fameux vélos en libre service à Paris, non pas parce que je ne trouve pas l'opération sympathique, mais parce que ce micro-événement a fait l'objet d'une telle surenchère médiatique que je ne souhaitais pas en rajouter, à ma modeste mesure.
Pourtant, ça inspire certains comme ce vieux David Abiker qui a pondu sur le sujet une petite chronique du meilleur goût. Scrollant distraitement parmi les commentaires de son post, je suis tombé sur un animal incroyable, issu d'un écosystème que je ne croyais pas exister vraiment: le Gaétan B. Un mec incroyable, hors du monde, dont je reprends la prose pour vous éviter de le rechercher.
Eloignez les enfants sensibles, et prenez votre respiration, vous entrez dans un monde différent, minéral et agressif:

"

Vous mettez le doigt sur ce que je déteste dans le Vélib’ : une régression du droit de propriété, sur lequel est bâti toute civilisation un tant soit peu ambitieuse. Ce sera comme d’habitude le triomphe de la crasse et du vandalisme, perfusés par l’argent public. Voir ces belles réussites françaises que sont les RER ou les HLM.

La mutualisation forcée des coûts des déprédations et des vols entraîne une explosion de ceux-ci, par rapport à un système où chacun est propriétaire et prend soin de sa bicyclette. A tel point que les coûts de maintenance annoncés à Lyon sont de l’ordre de 4000 € par vélo et par an ! Boboland, qui n’est plus à un paradoxe près, invente le vélo plus cher qu’une petite voiture ! Affligeant.

D’ailleurs j’aimerais bien qu’on consolide le bilan écologique : combien de tonnes de CO2 pour tous les employés de maintenance (un bonhomme = 2L de pétrole par jour) ? Combien de tonnes d’acier, de plastique pour construire et réparer les vélos ? Logistique de transport ? Travaux d’aménagement ? Papier pour affiches publicitaires ?

Et en plus on se paye de croire que c’est gratuit (M. Decaux investissant probablement par pure philanthropie).

La bêtise des moutons bêlants, perpétuellement destinés à se faire tondre par les parasites sociaux que sont les délinquants et la gauche, m’écoeure.

"

Et oui je sais. Et je ne pense pas que ce soit du second degré...

Je crois que c'est la première fois de ma vie de petit teigneux psychorigide que je ne ressens pas l'envie, à la lecture d'un point de vue si mesquin, mauvais, haineux, de m'énerver, d'argumenter en retour (ou à tout le moins de fourrer mon point dans la gueule de ce connard). Non point.
Parce que je crois que ce qui m'énerve au premier lieu devant des interventions de ce genre, en temps normal, c'est surtout la bêtise du contradicteur, mais prise au sens "stupidité" et non pas "méchanceté". J'enrage que le contradicteur fasse fausse route parce qu'il raisonne mal, et je brule de le confronter à mon point de vue pour le ramener dans le droit chemin (relatif à mon point de vue, évidemment).
Mais Gaétan B. est au delà de cela. Gaétan B. vit sur une autre planète, triste, aigrie, où le partage et la générosité sont des crimes. L'agressisivité lui est consubstancielle. Je ne peux pas espèrer me faire comprendre de Gaétan B., pas même en rêve. Nous vivons dans deux plans parallèles, sans communication possible. Et je n'ai d'ailleurs pas trop envie de l'entrainer sur ma planète à moi, en fin de compte...

PS: A la réflexion, si je ne ressens effectivement pas la moindre envie d'argumenter avec lui, je reviens sur ma position vis à vis du poing dans la gueule. C'est probablement la seule chose à faire.
PPS: A l'origine, je cherchais une image d'Orangina Rouge ("Pourquoi est-il aussi méchant?") pour illustrer ce blog. Je suis tombé sur celle des faux frères, qui m'a bien fait marré... Je l'ai donc choisie, alors précidément que je ne mets pas dans le même panier cette boule de haine absolue qu'est Orangina-rouge-Gaétan-B. et Sarkozy. Malgré tout le mal que vous savez que je pense de ce dernier.

dimanche, juillet 15, 2007

Un peu de politque...


Un peu de politque en ce dimanche soir ensoleillé.

Je viens en effet de me replonger tardivement dans l'affaire Clearstream, grâce une fois encore à ce petit hâvre d'intelligence et de générosité qu'est Là bas si j'y suis (podcast là). Car l'affaire Clearstream, la vraie, est infiniment plus intéressante que la pantalonade bidouillo-politicienne, dont les médias nous rebattent les oreilles d'autant plus volontiers que Sarkozy y tient le beau rôle. Je vais essayer d'être clair.

La vraie affaire Clearstream (Clearstream I), révélée par le journaliste Denis Robert, porte sur une chambre de compensation luxembourgeoise. Si j'ai bien compris, il s'agit de sorte de banque de banques, qui déplace les sommes faramiseuses mises en jeu lors de transactions financières. Seulement, alors que ces échanges phénoménaux devraient être transparents au possible (parce que qui dit libéralisme dit transparence, comme chacun sait), Denis Robert a mis en lumière l'existence de comptes non-publiés, qui permettent d'effectuer des tas d'opérations dans le silence le plus total. Et donc, en plein coeur de l'Europe, d'allégrement laver de l'argent sale. En quantité pharaonique.
Il se trouve que cette affaire a vite été éclipsée par une affaire bien moins importante (Clearstream II, donc) mais infiniment plus people: des industriels et hommes politiques ont probablement falsifié certaines listes de comptes, en possession des journalistes, pour discréditer certains de leurs concurrents. C'est pas joli joli, mais il est bien dommage que ce fait divers people détourne notre regard d'un affaire majeure riche d'enseignements sur la façon dont le monde des puissances financières fonctionne.

Car Là-bas si j'y suis insiste sur le fait que cette affaire révéle à la marge le fait que les opérations financières sont extrêmement centralisées. Toute idée de régulation de la finance est écartée d'un haussement d'épaule par les spécialistes à la Jean-Marc Silverstre sous prétexte que les flux financiers sont incontrolables, filent de tous les côté, et contourneront sans embage tout loi internationale. Ah franchement, il ne faut vraiment rien connaître aux réalités de la finance pour dire des conneries pareilles. Pff, réguler les marchés financiers, impossible je vous dis!
Avec Clearstream, on apprend qu'en fait les opérations financières transitent toutes par un petit nombre de chambres de compensations. Elles ne sont pas perdues dans un tas de paradis fiscaux inaccessibles et mal fréquentés, mais gentiment rangées dans les bases de données de nos voisins très propres sur eux. Et donc elles seraient aisément contrôlables et imposables si la volonté politique y était. Voila qui est vertigineux...

Enfin, dernier tiroir de l'affaire Clearstream I, le journaliste Denis Robert se voit submergé de procès coûteux pour avoir osé s'attaquer aux puissants de la finance. Voila qui démontre qu'il ne fait pas bon chatouiller ces gens là, et qu'on est quand même vachement mieux à chanter les louanges de la rupture du 14 juillet.
Un comité de soutien à Denis Robert se trouve là.

PS: Vous noterez que pour l'occasion, j'ai remplacé les anti-liens du blog par de vrais liens intéressants.

Un week-end de célibataire

... de temps en temps, finalement, ça a du bon!
Mais quelque chose me dit que je ferais bien de commencer à ranger. Je sens comme une menace diffuse s'incarner peu à peu...

mercredi, juillet 11, 2007

Sinon...


...neuf messages sans un seul commentaire, ça commence à faire...
Je sais bien que ma maman est en vacances, mais soyez sympa, faites un geste, me laissez pas tout seul.

L'étude à la con du jour

Et non, avec un titre de la sorte, je ne vais pas vous parler du choc fiscal de Sarkozy (non, non et non). Bien qu'il y ait bien des choses à dire...
Je ne reviendrai pas non plus sur les navrantes nouvelles des peoples politiques (non, non et non. Pas de lien là, vous voyez auxquels éléphants je pense). Bien qu'il y ait bien des choses à dire... Et des corsées...

Je vais plutôt me faire l'écho d'une étude anglaise très morale, qui croise intelligence (à travers l'infaillible indicateur du QI) et bonheur sentimental (à travers le mariage). On y apprend que les chances pour un homme de se marier augmentent avec son QI (+35% pour chaque pallier de 16 points), alors qu'évidemment celles des femmes chutent drastiquement avec leur QI (-40% pour 16 points de QI). D'où la double conclusion imparable: les hommes préférent les connes, et les femmes préférent les riches.
Voila voila. C'était l'étude à la con du jour. Demain, je m'attaquerai à un autre préjugé, que je m'efforcerai d'appuyer par une étude anglo-saxone des plus solides.
En vous remerciant, bonsoir.

mardi, juillet 10, 2007

Avocat et berger


L'année musicale prend ses quartiers d'été et fuit notre belle capitale ensoleillée pour s'aventurer dans l'Autre France à l'occasion des festivals. Faut faire des efforts pour élever l'esprit des Provinciaux, nom de dl'a.
Mais la vie culturelle parisienne ne s'arrête pas à si bon compte, et c'est le ciné qui prend courageusement la relève des accordéons défaillants par l'intermédiaire de deux très bons films: Raisons d'état et L'avocat de la terreur. Un film et un documentaire, sobres, qui mettent en valeur la force de leur sujet et font froid dans le dos.

Raisons d'état est un film fraichement sorti où De Niro nous parle de la naissance de la CIA, épaulé par quelques potes à lui: Matt Damon, Angelina Jolie, Alec Baldwin, Joe Pesci, John Turturro, pour ne citer que ceux dont je me souviens.
L'histoire ne lâche pas d'une semelle Edward Wilson, brillant étudiant de Yale qui se retrouve de fil en aiguille (et de société secrète en coups de main patriotiques) mélé à la création de la CIA. Et qui découvre qu'on ne s'épanouit pas forcément follement dans cette ambiance paranoïaque, et qu'il est délicat de mener une vie de famille équilibrée en bossant 15 heures par jour 7 jours sur 7 pour l'Etat.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que notre bon Bob de Niro a choisi une entreprise ambitieuse (voire casse-gueule) pour son retour à la réalisation en cherchant à brosser une telle saga sur deux décennies (et pendant 2h45). Surtout que la ribambelle de star qu'il a à son service est à double-tranchant: le film peut vite devenir un défilé de star sans intérêt.
Et bien force et de constater que Bob s'est joliment sorti de ce piège. Le film est parfaitement équilibré, et raconte une histoire passionante sans effets de manche et grosse cascade. On est plutôt dans une ambiance de film noir maîtrisé, ce qui sied bien au propos fin du film et nous fait revivre une époque peu sympathique mais très intéressante.

Mais malgré tout son talent, Bob n'arrivera pas à effacer le choc du documentaire magnifique de Barbet Schroeder consacré à Vergès: l'avocat de la terreur. 2h15 d'interviews, sans commentaires, qui scotchent de la première à la dernière seconde.
D'abord parce que la vie de Vergès donnerait matière à une dizaine de romans policiers: Résistance, engagement aux côté du FLN, puis des palestiniens, huit années de disparition (Cambodge ou Palestine?), puis un retour dans la lumière pour défendre dictateurs africains, terroristes d'extrême gauche et nazis. Ca fait beaucoup pour un seul homme!
A ce curriculum vitae s'ajoute l'ambivalence du bonhomme, qui a glissé de progressivement de causes héroïques, puis défendables, à des prises de position complétement condamnables. Le tout avec élégance et une forte dose de cynisme.
Toute l'habileté du metteur en scène est de s'effacer derrière son sujet, sans trop en faire. Mais sans complaisance non plus: en multipliant les entretiens ou images d'archives contredisant la version de Vergès avec a-propos, il nous donne à voir crûment les nombreuses hypocrisies et aspects abjects du personnage. Vergès garde toute sa force mais n'en sort pas grandi, et à travers lui, on se laisse entrainer dans une réflexion vertigineuse sur le terrorisme (c'est mal). Ou préférez-vous le terme de résistance (c'est bien)?
Superbe.

dimanche, juillet 08, 2007

Avis à la population

Lectrice, lecteur, je me dois de te mettre en garde.
C'était dans l'air depuis un bon moment, mais voila, c'est fait, Elena et moi-même avons succombé à notre achat compulsif du trimestre: un joli reflex numérique. Comme on culpabilise comme des bêtes de s'être payé un superbe engin dont nous n'explorerons qu'une infime partie des possibilités, il est fort probable que nous jouions dans un futur proche aux apprentis-artistes-photographes. Et que nous alimentions le blog de nos plus beaux clichés, pour nous convaincre que ce n'était pas un coup de tête de jeunes cadres pleins de sous.
Vous voila donc prévenus. Fuyez tant qu'il en est temps!

samedi, juillet 07, 2007

Just the very best



La petite chronique musicale de la semaine porte sur deux albums qui ont en commun d'être excellents et éponymes (voui voui). Par contre, ils se rangent aux deux extrémes de la musique que j'aime. A main gauche, le déjanté foufou de Chin-chin. Et à main droite, les textes poétiques et la musique minimale d'Imbert Imbert.

Commençons par les barrés de Chin chin (et leur album éponyme - Chin chin). Après le formidable concert ci-dessous narré (avec talent-merci), l'écoute de leur CD ne rend pas plus facile la classification de leur musique: funk-électro-rock? Happy easy listening? Joyful disco music? Faites vous donc votre idée en écoutant Miami sur leur playlist myspace, et votez pour votre style favori dans les commentaires!
Quoiqu'il en soit, c'est joyeux, péchu, original, et ça garde pas mal de son intérêt sur CD. Dur de ne pas bouger son popotin et de ne pas tendre vers l'optimisme à l'écoute de leur album, même si c'est d'abord et avant tout sur scène qu'il faut les voir! Du talent, de la péche, des paillettes, et parait-il des textes amusants.

Mais nous ne sommes pas que de joyeuses moelles épiniaires. Aussi, quand, suants et heureux, vous aurez passé la nuit à onduler en pantalon moulant pattes d'eph, je vous propose de vous élever avec le sombre et poétique Imbert imbert (et son album eponyme - Imbert Imbert). Imbert, c'est le contrebassiste du groupe De rien, qui fait un petit écart perso, armé de son brillant crayon et de sa contrebasse.
Fini de rigoler donc, et place à des textes superbes mais souvent sombres sur la vie, l'amour et les mouches (malheureusement, ma préférée - Goût de crasse - n'est pas en écoute sur son myspace... Jetez donc une oreille à Malgré moi, une des plus optimistes du lot). La musique s'efface pour mettre en avant les textes, d'où une impression d'aridité à la première écoute. Il serait dommage de s'arrêter tant le garçon dit de belles choses avec simplicité et sans concession...

jeudi, juillet 05, 2007

Chin chin bumcello birdy nam nam

Ne cherchez pas, je ne craque pas, je ne suis pas devenu un fou tout bégayant, pas plus que je ne cherche à faire venir les extraterrestres en choisissant un titre si étrange pour ce post. Il s'agit tout simplement des trois groupes que nous sommes allés voir hier soir au Cabaret remixé: Chinchin, Bumcello et Birdy Nam Nam. Parfaitement.
Loins de mes chers accordéons et à mille lieues des guitares saturées chères au coeur d'Elena, nous nous sommes aventurés sur les terres étranges et fascinantes de l'électro. Un peu par acquis de conscience, pour prouver à la Terre entière notre ouverture d'esprit, car nous pensions nous ennuyer ferme au pays des boumboums électroniques.
Tout faux. Le concert fut formidable, péchu, virtuose.

En bon cadre assistant à un concert en milieu de semaine, j'ai accueilli la première partie (Chin chin donc) avec le silencieux mépris de celui qui ne voit dans leur prestation que l'heure de sommeil qui s'envole. Et bien cet effet n'a pas duré bien longtemps.
Formation étrange batterie-guitare-clavier-jembé-xylophone(-tambourin-flute traversière), ils nous ont servi avec enthousiasme un rock-électro-funk bizarre qui suait le talent. Monstrueux sur scène, ils ont vite mis dans leur poche le sage public parisien avec une belle énergie à paillette. Une double palme au bassiste phénoménal qui vout fait groover n'importe quoi avec ses gros doigts bondissants, et surtout au chanteur au look incroyable (costume jaune, feutre, et cheveux longs dignes d'une pub de shampoing) à l'incommensurable énergie.
C'est un bonheur complet sur scène, et vaut peut-être également le coup sur CD (je vous confirme ça dès que possible).

Après un lever de rideau de ce calibre, la partie était loin d'être jouée pour les deux groupes qui allaient leur succéder: Birdy Nam Nam et Bumcello. Birdy Nam Nam, c'est un collectif de turntablism, comprendre de jeunes penchés sur leurs platines avec leur casque sur une oreille. Ils sortent des sons bizarres de leurs engins, qu'ils modulent avec leurs petites mains afin de sortir le jimmick qui tue. Toute la finesse du truc, c'est qu'ils sont quatre à mixer simultanément, de sorte qu'il leur faut se comprendre pour sortir le bon son au bon moment. C'est très sympa à voir.
Et ils ont donc partagé la scène avec Bumcello pour une soirée en impro total. Il s'agit du duo ultra-talentueux formé de Cyril Atef à la batterie et Vincent Ségal au violoncelle. Je sais, sur le papier on peut difficilement imaginer formation plus bancale que celle là, mais ils sont d'une inventivité folle pour bricoler des morceaux hypnotisants avec leurs instruments de prédilection et deux bouts de ficelle. Ce qui fait qu'on se les arrache (ils ont participé à des dizaine de CDs, dont celui de -M-, et ménent des projets en parallèle), mais ils continuent à faire de ci de là des concerts en impro totale qui fascinent les spectateurs.

Et donc hier, ces deux groupes se sont rencontrés pour le plus grand plaisir de nos esgourdes. C'est très impressionnant de voir ces champions du feeling se proposer diverses pistes d'impros les uns aux autres, en essayant de ne pas prendre toute la place. Ca tatonne, ça tatonne, ça se cherche du regard, et petit à petit ça se met en place, les gimmicks sont de plus en plus entrainants et justes, les variations tombent pile, sous les hourras public attentif mais prêt à s'enflammer dans les plus beaux moments de bravoure.
Très impressionnant. Je dois avouer que les Bumcellos ont de mon avis plus crevé l'écran que Birdy Nam Nam, probablement parce que les instruments traditionnels me sont plus familiers (et on voit ce qu'ils font!) et se fondent moins dans une rythmique de fond hypnotisante. D'autant plus que leurs envolées virtuoses gagnent en profondeur grâce au solide boulot des platines...

C'est donc sur cette heure et demie en apesanteur, fascinés par cette musique dépaysante et étonnés par la virtuosité des ziquos que s'est achevée cette fort belle soirée au pays de l'électro. Super.
On y reviendra très probablement.

Autosatisfaction


Ce sont des choses qui sont toujours sympa à entendre (même si elles ne sont pas toutes vraies).
Le sketch de Bill Maher, présentateur de la chaine HBO, est rapporté par desourcesure, sur une page sur laquelle on trouve aussi les vidéos des anti-français.

mercredi, juillet 04, 2007

Lève les genoux!

Je le savais. Je le savais!
Au moment où les journalistes se gargarisaient des sorties en footing de notre hyperprésident, je m'étais toujours étonné que personne ne commente son style de course lourd et rigide. Pourtant, vu le nombre de joggueurs en France, il devait crever les yeux de nombreux observateurs que la foulée présidentielle était loin d'être aérienne, et que les moyennes annoncées (footing de 5km en 45 mins) étaient ridicules...
Mais bon, j'ai mis mes impressions sur le compte de ma subjectivité, et les distances parcourues en un temps record sur le compte des serrages de main émaillant le parcours.

Or, je viens de tomber sur un article du journal suisse l'Hebdo, rapporté par Courrier International, où une professeur de sport confirme cette analyse:
" Il faut le reconnaître, Nicolas Sarkozy court mal. Sa foulée est d'une inefficacité ahurissante pour un homme qui se veut synonyme d'efficience. [Lorsqu'ils courent avec lui,] François Fillon et ses gardes du corps doivent tirer sérieusement sur le frein pour ne pas le dépasser. Son déplacement est laborieux. Ses rictus de souffrance accompagnent des efforts bien mal récompensés parce que mal investis. (...)
Comment expliquer un pareil écartement des jambes? Ses pieds orientés à 11h05, voire 10h10 évoquent Chaplin, mais ne favorisent pas sa course. Idem pour le moulinet du bras droit. Quant à sa foulée rasante, due à un cycle arrière quasi inexistant, elle ne lui permet pas de rebondir, mais le scotche carrément au sol."
Analyse sans concession confirmée par une étude plus technique menée dans l'Equipe (et rapportée ici dans le Nouvel Obs).

Alors évidemment la qualité de la course de notre président ne préjuge en rien de la qualité de sa politique. Sauf que c'est bien Sarkozy qui a choisi de le mettre en scène, ce fameux footing-décontracté-dynamique-moderne.
Il est donc amusant, sinon révélateur, de découvrir que cette splendide métaphore voulue par le principal intéressé se heurte à de bien tristes limites si on pousse l'analyse un peu plus loin.
Et il est bien triste, sinon révélateur, que bien peu de "journalistes" ayant couvert l'"événement" n'aient rélevé la piètre qualité de la foulée présidentielle, ne fut-ce qu'au détour d'une petite phrase distanciée dont les journaleux raffolent.

dimanche, juillet 01, 2007

Sacrés Belges



Ils sont vraiment très très forts.

samedi, juin 30, 2007

Persepolis


Comme promis, nous nous sommes rués hier soir voir Persepolis, le dessin animé de Marjane Satrapi tiré de sa formidable BD. Elle y raconte son enfance iranienne agitée, traversée par la chute du chah, l'élection des islamistes, la guerre cotnre l'Irak et la normalisation de la vie sous la coupe des islamistes.
Le pari est pafaitement tenu. Comme la BD, le dessin animé oscille avec justesse entre les péripéties amusantes de la vie d'une gamine vive et les événements dramatiques connus par l'Iran.Toute la réussite de Persepolis tient en ce qu'il est à la fois une autobiographie amusante de l'enfance, et un document d'une grande force sur l'Iran de ces années là. Loin de s'affaiblir, ces deux aspects de la narration se renforcent en se donnant mutuellement de la profondeur et de l'humanité. Et plus basiquement, on rit et pleure beaucoup.
(Enfin, pour les pleurs, faut surtout voir avec Elena. Moi je reste un homme fort et solide, hein.)
En outre, le style de dessin de la BD a parfaitement été porté au cinéma: ces noirs et blancs tranchés sont d'une grande beauté, et la mise en scène inventive regorge de bonnes idées pour illustrer le propos avec élégance.
En un mot comme en cent: allez me voir ce petit chef d'oeuvre! Et en bonus, vous pourrez regarder ensuite les making-offs de ce projet compliqué sur le myspace de Persepolis!

vendredi, juin 29, 2007

Revue de web

Alors que la pétition bat des records inattendus, l'affaire Arrêt sur Images n'en finit pas de connaître des péripéties. Un point clair (et un peu partial, mais qu'importe quand le partial a raison) nous est donné sur desourcesure.com, qui reporte le passage de Schneiderman sur En Aparté ce midi.
En bonus, pas de Ioulia cette semaine, mais les pensées de David Abiker, et surtout des documents d'archives du jeune chien fou Schneiderman rentrant dans Serge July il y a près de 20 ans. Il faisait déjà les gros yeux.

Enfin, Birenbaum revient sur l'efficacité du web pour faire exploser quelques affaires récemment. Et il en profite pour pointer sur un reportage sur notre hyper-président dont le second degré est d'autant plus succulent qu'il est passé au journal de 20 heures de France2.

Les chansons d'amour, le retour


Je ne saurais que trop vous conseiller d'investir dans le CD du film "Les chansons d'amour", film dont je vous ai entretenu plus bas. Il bénéficie d'une offre promotionelle novatrice: l'équipe du film, pour vous remercier de votre achat, et vous envoie à domicile des actrices en vous remercier d'un clin d'oeil plein de charme.
C'est ainsi qu'hier, j'ai voyagé à deux mètres de Clotilde Hesme en rentrant du boulot. Y a pas à dire, voila un regard qui vous clot en beauté un journée de dur labeur...

Vérifiez tout de même que cette offre est aussi valable en Province. Il m'étonnerait que beaux et cultivés comme ils sont, les acteurs aillent se perdre dans vos tristes villages, fut-ce pour vous remercier de l'achat du CD.
Mais vous pourrez vous consoler en l'écoutant encore et encore tant il est magnifique. Vous connaissez certainement le concept: Alex Beaupain a composé les chansons qui émaillent le film à l'intention des acteurs, qui chantent d'une voix un peu hésitante ces balades simples et touchantes.
On est donc à mille lieues des morceaux archi-travaillés de Modest mouse par exemple. Point ici de multiples niveaux de lectures, mais des mélodies entêtantes, pleines de charme mélancolique. Elles se marient à merveille avec les deux thèmes du film: si le premier se révéle dès la bande-annonce (l'amour hésitant), le second vous tombe dessus par surprise au milieu du film. Je laisse donc le temps au lecteur voulant se préserver le plaisir du changement d'orientation du film de quitter là sa lecture.
Là. Je compte jusqu'à dix.
(...)

Fort bien. Le deuxième thème, très fort, est le deuil. Un des personnages disparait subitement, et le film montre en grande partie comment les autres essayent d'accepter sa disparition et de repartir dans la vie. Et bien cette mélancolie absolue, ces attentes, ce sentiment d'injustice latent, cette colère sans coupable, sont retrouvent parfaitement dans ces jolies chansons touchantes, sans démonstration excessive, toutes en finesse. C'est simple, c'est imparable, et c'est magnifique.
Et c'est encore plus beau pour qui a les images du film en tête.

mardi, juin 26, 2007

Chercheur? Une passion

Avant d'être un enfoiré de fonctionnaire planqué, les candidats-chercheurs/maîtres de conférence en bavent pour être pris. Il faut démontrer son haut niveau scientifique (ou linguistique, ou historique, ...), ce qui est normal.
Mais pas seulement (voire pas du tout), ainsi que nous l'illustre cet article du Monde sur les concours.

lundi, juin 25, 2007

Forrest is back




... et il est pas tout seul.
M'sieurs dames, je suis pas peu fier de vous annoncer que j'ai fini le premier marathon de ma vie. Et en 3h25 encore! Ca tire encore un peu, mais bon, finalement ça se fait bien...

Surtout quand on le fait en relais, à quatre! Du coup, j'ai pu sans trop de problème effectuer mes 13km en 1h05 (soit 12km/h), ce qui permet à la team Philips, au diapason, de figurer bien plus honorablement qu'elle ne l'aurait cru au palmares du prestigieux marathon-relais de Choisy-le-roi.

PS: C'est moi qui ai pris le dernier relais, d'où mon visage nettement plus marqué que celui des autres sur la dernière photo!

samedi, juin 23, 2007

Sauvons la recherche 2?


Mais il ne sera pas dit qu'une journée pourra passer sans fausse note politique (de mon point de vue). Les menaces sur l'avenir de la recherche française se précisent.
Fidèle à son crédo libéral ("Que l'Etat se retire tant qu'il peut, des petits gars responsables feront les choses bien là où en leur en laissera la liberté"), la fine équipe gouvernementale souhaite donner un maximum d'autonomie aux universités, allant peut-être jusqu'à y rattacher tous les chercheurs (y compris ceux du CNRS, jusque là indépendants).
Une grande victoire pour "la recherche qui sert à quelque chose" (à court terme), qui évidemment écraserait toute recherche à horizon plus lointain et incertain. Je suis tout à fait d'accord que la recherche "moyen terme" est très importante, et il est même logique qu'elle soit dominante (comme c'est le cas aujourd'hui). Mais l'éradication du petit nid de ceux qui essayent de voir un peu plus loin vaut-elle la poignée d'euros qu'elle nous fera économiser?
Et le fait que la loi en question soit prévue pour le milieu de cet été ne laisser augurer rien de bon...

Goods news for people who were waiting for bad news

Je me permets de pointer sur un article sur le fond du nouveau traité européen, avant qu'il ne soit noyé par les coulisses people de sa négociation.
Cet article me semble très intéressant, et m'a même convaincu de renoncer au post que je mijotais pour hurler à la trahison du "non" français. Comme quoi, vous voyez, des fois je peux changer d'avis et renoncer à un coup de gueule!

L'UE reste desespérément sur sa lignée libérale, c'est sûr, mais la concurrence "libre et non faussée" n'est plus affirmée en gros dans les objectifs de l'Union (ironiquement, à la demande de Sarko). Par ailleurs, le fait que ce traité ne porte pas le nom de "Constitution" fait une grosse différence pour moi: c'est une étape intermédiaire, et pas un jalon majeur.
Je retiens aussi au chapitre des bonnes nouvelles le maintien d'un président et d'un ministre des affaires étrangères (portant un nom différent pour ne pas vexer les Anglais), l'extension de la majorité qualifiée (permettant de passer outre des vétos dans quelques domaines bien définis), et surtout la possibilité de former des coopérations renforcées entre états membre souhaitant aller de l'avant. Si cela permet aux européens "sociaux" de se regrouper, ce serait une très bonne nouvelle (mais il semble que ce soit surtout pensé pour que les européens "libéraux" coopérent).
Dans le même ordre d'idée du recul du véto, la double majorité pointe le bout de son nez, même si ce n'est que pour dans dix ans pour rassurer les Polonais.
Enfin, on s'amusera à voir le nombre de point sur lesquels les Anglais font exception!

Bref, je suis peut-être naïf, mais ce traité me semble un peu moins cadenassé dans le libéral que feu la Constitution, ce qui me rend rétrospectivement encore plus fier de mon vote.
En plus il fait beau.

Modest mouse



Délaissé par une Elena partie péter la bise à la famiglia, j'ai conçu un plan démonique pour me venger: je suis allé voir en son absence un concert qu'elle aurait adoré: Modest Mouse à l'Elysée Montmartre (en compagnie de mes fidèles Kate et Tomtom).
Groupe majeur du rock inde pour certains, il est bien moins connu en France qu'aux Etats-Unis, d'où une salle à moitié pleine ce soir là. J'ai découvert ce groupe par l'entremise d'un indé-pendantiste allemand, avec des piqûres de rappel de la part d'un statisticien mayennais. Comme quoi, on aurait tort d'éviter les amis au CV sortant de l'ordinnaire car grâce à eux, j'ai assisté à un concert magistral.

Petite parenthèse pour préciser à qui on a affaire. Modest mouse fait du pur rock indé américain, à ne pas confondre avec le pur rock indé américain.
Il y a en effet rock indé et rock indé. Celui que joue Modest mouse sent le hangar de Portland, avec la bière posée sur les amplis, et les tatouages sur le bras éclairé par la lumière des néons. Mais les compos ne se résument pas à quelques riffs entêtants, des chansons coup de poing de 2 min30 avec des larsens pour finir (ce qui n'est pas un style désagréable du tout, d'ailleurs).

Les chansons de Modest Mouse sont beaucoup plus complexes et travaillées que cela, comme en témoigne la formation du groupe. Portées par un rythme riche, diverses lignes mélodiques naissent, s'entrecroisent, et meurent: guitares, basse, trompette, chant... et même accordéon!
En arrivant dans la salle, on nous annonce la couleur directement avec deux batteries! Et elles ne sont pas juste là pour délivrer du binaire puissant, mais pour permettre à un des deux batteurs de balancer quelques fioritures tandis que l'autre garde le rythme démoniaque qui porte la chanson. Ils sont épaulé par un bassiste massif qui semble fait l'amour à sa babasse quand il joue ses mélodies groovantes.
Continuous les présentations en en venant à l'homme à tout faire, qui se trouve au milieu de la scène. Claviers, trompette, contrebasse, et basse, selon les besoins de la chanson. Ce qui fait que, oui, sur une des chansons, nous avons eu droit à deux batteries et deux basses. Je vous laisse imaginer la puissance du groove qui nous a porté.
Et enfin viennent les deux guitaristes: la nouvelle recrue, ex-Smith, et le chanteur. Si ce dernier s'est bien troué en parlant au public en amerloque inarticulé au début du concert, il s'est vite fait pardonner par son charisme en chantant comme un possédé, regard énervé dans le vide, guitare bringueballée à droite et à gauche, pour finir par un étonnant chant dans le micro de la gratte.

Non seulement tous ces braves gens sont des brutes à leur instrument respectif, mais en plus ils sont assez malins pour se mettre au service de leurs chansons, sans zèle technique inutile. De toute façon, il y en a pour tout le monde étant donné le répertoire long comme le bras qu'ils cumulent en 15 ans d'expérience, avec moultes pétites plus ou moins connues dedans.
En plus de cela, leur musique a pas mal évoluée au fil du temps, comme leur formation (ils étaient trois au début). Ce qui donne des chansons très variées, plus ou moins directes ou travaillées selon la période à laquelle elles ont été écrites.

Bref, du pur bonheur, intelligent, recherché, intégre et rentre-dedans. Pour me rappeler une éclate rock-indé équivalente à la dernière chanson dont ils nous ont gratifié (20 minutes portées par un rythme de fou, alors que les guitareux se mettent sur orbite l'un après l'autre, tête basse concentrée, sans jamais en faire trop), il me faut remonter aux concerts des dEUS il y a neuf ans de cela, ce qui n'est pas peu dire pour moi.
Même lieu, même richesse, même panard. C'est Elena qui va être jalouse!

mardi, juin 19, 2007

Et ça continue

Alors que l'arrêt d'ASI créée des remous (là et là), et que de nombreux messages d'orphelins réchauffent le coeur (surtout là, ou bien là et là), le blog de Nico Shark s'arrête aussi, pour des motifs un brin brumeux.

Ah sinon, je me suis fait un grand plaisir ce matin.
Un de mes collègues, qui se targue d'être un grand spécialiste politique (pas dans le sens politique morale, ni même people, mais plutôt fascination des manoeuvres du pouvoir, vous voyez), m'a sévérement tacklé sur un détail. Genre: "mon petit bonhomme, t'es vraiment un naït venu d'une autre planète si tu te souviens pas que Borlo est minimistre de l'économie depuis 5 ans". Non mais oh. Quand même...
Ca ferait ni chaud ni froid à n'importe qui, sauf que j'aime pas trop qu'on me fasse passer pour un candide politique devant tout le monde. Mais, bonne pâte et pas si sûr que ça de mon fait, j'étais parti pour accepter l'affront. Sauf qu'un de mes autres collègues a fait calmement remarquer que Borlo était ministre de l'économie depuis 2 mois seulement.
Et paf. Le genre de victoire tranquille, sereine, complétement sans intérêt mais qui mettent la patate pour la journée!

lundi, juin 18, 2007

Aaaaaaaaaaaaaaaaaaah!

Putain de bordel de merde. Nom de dieu de putain de connards.
Ils l'ont donc fait. Pour de vrai.
Et on se sent de plus en plus seuls...

dimanche, juin 17, 2007

On a perdu mais on a gagné


... et autres billevesées.
Mais qu'est-ce que c'est que ces électeurs à la con qui changent d'avis en une semaine? Je sais bien que le mode d'élection majoritaire local magnifie ces effets, mais la différence entre les résultats de dimanche dernier et ceux de ce soir sont quand même incroyables! Et jettent une lumiére tellement vertigineuse sur l'irrationnalité du choix de nombreux de nos concitoyens, que j'ai du mal à me réjouir de la limitation des dégats pour la gauche.

Alors quoi? Il y a vraiment des blaireaux qui ont voté à droite au premier tour, et à gauche au second? Et pouquoi? Parce qu'ils se sont subitement laissés convaincre par la rengaine du "donnez pas tous les pouvoirs à Sarko"? Tu parles, de toute façon il a tous les pouvoirs, et en plus je vous rappelle que la rengaine en question été sifflotée par le choeur dissonant des socialistes, avec Hollande en tête de gondole. Ce qui fait que j'ai du mal à croire à la force de frappe de l'argument.

Autre explication, ce sont les électeurs de gauche qui se sont remobilisés, et les électeurs de droite qui se sont démobilisés entre les deux tours.
C'est joliment dit, mais ça veut juste dire que l'opinion politique des uns comme des autres ne pése pas assez lourd pour qu'ils daignent se déplacer en toute circonstance: il faut que les aimer, leur susurrer des mots doux à l'oreille, leur témoigner de l'affection. Ou au moins leur donner des images télé aguicheuses.
Seulement quand on leur a bien vendu l'importance de l'échéance, les petits chatons daignent se déplacer et s'exprimer. Et faire basculer le destin du pays d'un côté ou de l'autre...

J'ai gardé la meilleure explication pour la fin: la TVA sociale. Ah, la TVA sociale! Ca, c'est méchant comme loi, après on va pouvoir s'acheter moins de trucs, alors forcément ça fait réfléchir...
Faut se mettre à la place du petit électeur sarkozyste, charmé par le dynamisme et l'oeil vif de notre président, et/ou dégouté par les graves airs de maîtresse d'école de Royal, qui s'est pris la nouvelle de la TVA sociale sur son petit crane délicat. 'Quoi? Un gouvernement de droite qui hausse les impots concernant tout le monde et allége ceux qui portent sur les plus favorisés! Mais le ciel me tombe sur la tête!'
Mais putain faut se réveiller mon gars, et lire les programmes. Ou même écouter un peu ce qu'ils racontent, tes héros. Parce que s'il y a un reproche qu'on ne peut pas faire à Sarkozy, c'est d'avoir avancé masqué!
Finalement, je ne sais pas si je préfére des gens sincérement et sciemment à droite, à toute cette masse amorphe et sans conviction qui se laisse enfumer par les moindres artifices marketing, et va venir se plaindre pendant 5 ans aprés. Enfin, 4 ans et demi, parce qu'à l'approche de la prochaine présidentielle ils sont susceptibles de se faire re-charmer...

Mais bon, je suis énervé par la colère, alors je suis trop négatif sûrement. Avec les mécanismes de l'élection législative, un petit glissement électoral peut trouver une amplification incroyable. Raccrochons nous au fait que ces indécits frétillants ne forment que 5% de l'électorat (ça se voit que j'y crois pas?) Ou que les électeurs du Modem ont quitté leur neutralité à la con (ça se voit qu'elle m'énerve leur neutralité à la con)?
Ou enfin, regardons les tronches des candidats de droites éliminés. C'est pas très constructif, mais ça fait du bien!

ASI toujours



Alors que l'avenir d'Arrêt sur Images s'assombrit, une autre petite série d'interview d'après l'enregistrement de l'emission, menée par rue 89.
A l'intention de nos lecteurs qui ne sont pas que des spectateurs engagés, mais aussi des esthétes, je précise que Ioulia n'y est pas interviewée pas mais que Soraja y fait une apparition remarquée.

Pour le plaisir



la bande annonce de Persepolis. C'est pour le 27 juin, et ça va être de la balle.

Et toi t'es sur qui?


C'est décidemment la semaine du "pas mal mais pas top", y compris au niveau cinématographique. Je suis hier allé voir, en compagnie de mes petits parents, Et toi t'es sur qui?, film fraichement sorti de Lolla Doillon. Nous y suivons les premiers émois d'un groupe d'ados à travers deux copines d'une quinzaine d'années qui ont décidé de coucher (pour la première fois) avant les vacances d'été, parce que merde c'est de leur âge et il ne s'agira pas de se taper la honte en étant les dernières du groupe à passer à la casserole.

(Parenthése pour ma cousine B.: Ce film donne un exemple navrant, et toi qui est pure et saine, tu ferais bien de continuer à étudier sérieusement et de regarder Arte avec tes parents jusqu'à ce que tu aies 25 ans. Si tu le croises, tu peux dire à ce tordu de A. que je suis toujours à ses trousses parce qu'il ne sera pas dit qu'on tourne impunément autour de ma cousine pure et saine. Fin de la parenthèse.)

Le charme du film tient en sa gallerie de personnages ados, tous plus justes les uns que les autres, et joués avec un naturel bouleversifiant: la copine gothique ("batman"), l'amoureux transi prisonnier de son statut de meilleur copain, la grande gueule finalement pas si sûr de lui, le fana de jeux vidéos, etc. Le mérite en revient avant tout à la jeune réalisatrice, qui a su mettre ses personnages en valeur et croquer les mille détails des "ados d'aujourd'hui", SMS, MSN et compagnie.
Ce naturel très sympa et très juste, qui fait tout le charme du film, est aussi sa limite: au bout d'un moment, le film m'a semblé ronronner et manquer un peu de rythme. C'est probablement le sujet qui veut ça puisque les personnages sont en plein doutes et ne savent pas bien ce qu'ils veulent, mais je suis au regret de vous annoncer que j'en garde le souvenir d'un film gentillet, attachant, mais vraiment pas inoubliable.
Bien mais pas top, quoi.

samedi, juin 16, 2007

Avant le dernier Arrêt sur Image...


...de la saison?
Des vidéos des réactions des intervenants (qui ne savent pas si l'emission sera reconduite) sont sur le blog de Birenbaum (à la date du 16 juin). Des témoignages très intéressants, avec une louche de making of de l'emission, une pincée de people (nos stars favorites avant le maquillage), et en prime une Julia en gros plan.
Des vidéos uniques, qui pourraient même prendre valeur historique si jamais ASI n'était pas reconduit, ce qui m'énerverait grave.

jeudi, juin 14, 2007

Revue de presse du bonheur

Ca m'énerve.
Je sais, je suis d'un tempéramment irritable. Surtout quand on cause politique.
Mais là, faut quand même être solide dans sa tête pour ne pas péter un cable sous l'artillerie lourde de l'actualité, qui aujourd'hui démontre lourdement que le monde ne va pas du tout du côté que j'aimerais. Mais alors pas du tout...

Ca commence avec une nouvelle preuve de l'ouverture d'esprit du Vatican, qui engage ses ouailles à ne plus financer Amnesty International à cause de la position de l'organisation sur l'avortement...
Ca continue avec les nouvelles annonces de notre beau gouvernement, dont le moins qu'on puisse dire est qu'il n'avance pas masqué. On commence par une hausse minimale du Smic, mais dans le flou avant le deuxième tour des législatives. Par contre, les parachutes dorés se portent bien, merci pour eux (même si sur ce coup là, le gouvernement n'est pas à mettre en cause).

Parallèlement à tout cela, on va augmenter l'impot le plus injuste qui soit, la TVA bien sûr! Certes, c'est fait pour moins taxer le travail, ce qui à mon sens n'est pas bête du tout. Mais il est révélateur qu'on en cherche la contrepartie financière non dans l'imposition des richesses (à travers l'impôt le plus juste qui soit, celui sur la succession), mais sur l'obole que verse tout à chacun sur le moindre de ses achats. Et qui tape donc plus sur les pauvres, qui n'épargnent rien, que sur les riches...
Mais les français applaudissent des deux mains en pensant aux 2500 euros que leur laissera mémé un de ces quatre. Et restent interdit devant la batterie d'expert, complaisamment relayés par les médias, qui expliquent que finalement cette hausse de la TVA rendra les produits moins chers! Enorme rigolade, avec l'exemple désormais classique du pull à 100 euros.

Bref. Et on ne peut pas compter sur les médias pour relever le niveau...
Etrange affaire par exemple que ce silence radio autour de la prestation de Sarkozy au G8. Non qu'à mon avis ce soit un fait d'importance nationale, mais je m'étonne de la différence de traitement avec l'affaire de la bravitude de Royal. Surtout qu'un président aui créée des néologisme, ça ne fait pas de mal, alors qu'un président qui soit parfois dans un état second, c'est plus grave.
Nos médias ne peuvent même pas s'inspirer de l'impertinence de la télé Belge qui a relayé l'affaire puisque son présentateur a présenté ses plus plates excuses à notre bon président. Et c'est donc vers les médias allemand qu'il faut se tourner pour avoir le fin mot de l'affaire: surdosage probable de médicaments, d'après le Spiegel.

Je passe sur les traditionnelles nouvelles catastrophiques du Moyen-Orient (comme nos journalistes) pour en venir au ponpon: voilà-t-y pas que mon emission culte - Arrêts sur image - est menacée!
Mais tout fout vraiment le camp, ou je me trompe! Heureusement qu'Elena a été nommée Marraine de Lucrezia aujourd'hui, ça fait au moins une bonne nouvelle!

mercredi, juin 13, 2007

Mademoiselle K

Hier au soir, Elena, notre fidèle Alex et moi-même avons poursuivi notre série de concerts "bien mais pas top" en allant voir Mademoiselle K à l'Elysée Montmartre. Série qui coincide avec le cycle "tête dans le cul au boulot", soit dit en passant.
Grâce à votre assiduité, je commence à avoir de la bouteille dans le compte rendu de concert. Je me dois donc de planter le décor pour les étourdis qui seraient passés à côté de l'excellent disque de la demoiselle. Il s'agit de rock franc et efficace, sans trop de complications mais avec beaucoup de charme et de fraicheur. Les refrains sont entêtants, la rythmique solide et surtout la voix rock de la chanteuse colle à merveille à l'ambiance "ado mal élevé" de l'album.

Il créve l'oreille à qui écoute l'album que ses chansons sont taillées sur mesure pour la scène. Et de fait, épaulée par une formation solide et efficace (bassiste impeccable en tête), mademoiselle K défend ces morceaux avec le talent, la jolie voix, et l'engagement qu'il faut. Ces excellents moments sont magnifiés par le fait qu'à la différence des White Stripes, ce groupe n'hésite pas à valoriser ses tubes avec force solos entêtants, comme sur ce final de toute beauté qui a dû frôler le quart d'heure.

Seulement, si l'essentiel est donc là, il faut déplorer un certain nombre de ratés. A commencer par un début de concert mollasson et mal à l'aise, heureusement vite oublié. Par une balance parfois approximative. Et par une propension de mademoiselle K a ne plus chanter mais psalmodier dans ses nouvelles chansons. On imagine qu'elle cherche à créer une ambiance hypnotique à la Patty Smith mais bien qu'elle ne s'économise pas, le résultat n'est pas des plus convaincants...
Mais surtout, elle partait avec deux beaux handicaps. Elle a d'une part choisi l'éclairagiste le plus mauvais de la galaxie. Un type insupportable qui joue en permanence avec toutes les options des projecteurs qui s'offrent à lui, qui ne supporte pas de rester tranquille deux secondes et qui en plus de ça est tout le temps à côté de la plaque. Quand il faut mettre un musicien en valeur, il le laisse désespérément dans le noir, et quand il faut magnifier une montée en puissance, il ne peut rien faire puisque tous les spots sont déjà à fond.
Et enfin, je ne sais pas si c'est à cause du stress de cette grande date pour elle, mais mademoiselle K s'est consciencieusement ridiculisée à chaque fois qu'elle a pris la parole entre deux chansons. Elle n'articule pas, lance des anecdotes sans intérêt qu'elle interromps au bout de trois mots pour se moquer de ce qu'elle vient de dire à la manière d'une ado mal dans sa peau... Voila qui plombe bien l'ambiance...

C'est donc malgré de sérieux handicaps que ce concert est resté très agréable. J'ai cela dit bon espoir que les défauts que j'ai impitoyablement listés disparaissent avec un peu de métier, ce qui permettra de redoutables représentations...

mardi, juin 12, 2007

Les chansons d'amour

Mais Elena, moi-même, et notre fidèle Alex, ne sommes pas que des fins musicologues, nous sommes aussi des cinéphiles figurez-vous. C'est ainsi que nous sommes allés voir l'un des 125 films dont nous nous étions promis de ne pas rater la sortie, les chansons d'amour de Christophe Honoré. (Nous y sommes en fait allés exceptionnellement sans Alex).

Il s'agit de cette comédie musicale mélancolique en milieu bobo parisien qui partage la critique. De fait, j'ai été très partagé moi-même.

Bien que j'ai une grande affection pour les bobos (qui ont l'esprit ouvert à la différence de nombre de leurs détracteurs - et paf), la première partie du film m'a pesé. On côtoie des dandys extrêmement cultivés, mais pour qui rien n'est simple (tu peux pas demander qu'on te passe le pain sans une référence maline à Proust) ni sérieux. Si les acteurs n'étaient pas tous si beaux (Mastroiani et Sagnier pour les messieurs, Garel pour les dames), ils auraient mérité des baffes.

Heureusement, alors que mon irritation croissait et que l'envie de quitter la salle commençait à poindre, le film a basculé à la faveur d'un événement que je ne gâcherai pas aux quelques uns d'entre vous qui sont passés au travers des indiscrétions des journalistes. On passe alors dans un registre tout différent, beaucoup plus sérieux, mais traité d'une manière rêveuse et musicale. C'est beau comme tout, charmant comme tout et juste comme tout à partir de ce moment là.
Au final, si je ne peux pas garantir que vous tombiez vous aussi sous le charme de ce film qui a happé Elena dès le début et moi bien plus tard, je vous assure que c'est du bonheur (triste) pour les veinards qui rentrent dedans.

White stripes


Comme stipulé dans notre contrat de mariage, Elena a le droit, pour chaque trentaine de concerts d'accordéon auxquels je la traine, de choisir un concert électrique à son goût. Cette année, elle a opté pour les maîtres du riff saturé qui tue: les white stripes au Zenith.
Pour nos lecteurs de plus de cinquante ans, il s'agit d'un groupe qui se plonge aux sources du rock indé et du blues avec une formation minimale: Mel à la batterie (basique mais carrée) et le virtuose Jack à la guitare.

Je suis passé à deux doigts d'être conquis.
Les animaux savent y faire, et Jack, fidèle à sa réputation, délivre son quintal d'accords surpuissants et pleure de sa voix cassée avec talent. La scénographie est très sympa, inspirée d'un sombre mouvement pictural hollandais n'autorisant que le rouge et le blanc (quoiqu'elle n'invite pas à la sobriété). Et surtout Jack suppure l'énergie pas tous les pores, il scotche à lui tout seul un Zenith de 2000 places à coup de grands riffs magistraux.
Seulement, cette débauche d'énergie m'a semblée très désordonnée. Il m'a manqué, sur la première partie du concert, l'efficacité du blues bien en place de leur dernier album. Et au lieu d'être porté par la bête de scène Jack, j'ai bien souvent été paumé par ses changements de rythme (tous les trois accords parfois) et ses inspirations larséniques. Il transpire le talent, mais même un virtuose comme lui doit être cadré pour donner sa pleine mesure.

Pourtant j'ai failli basculer, à la faveur des morceaux bien en place de la deuxième partie du concert. Il aurait fallu pas grand chose...
Par exemple que Jack s'adresse plus au public, et pas en redneck à 100 à l'heure, typique de l'américain pour qui Paris n'est qu'une date entre Madrid et Londres. Ou que le concert dure un peu plus d'1h20, et se finisse moins brusquement.
Ou encore, surtout, surtout, que LE tube majeur, LE riff majuscule, seven nations army soit plus exploité que cela. On aurait aimé une version live inventive d'un bon quart d'heure, variant autour du refrain original pour nous laisser à genoux. On n'a eu qu'une version très classique, enrichie d'un ou deux refrains supplémentaires, sans plus. Professionnel et sans passion.

Dommage. Par contre, Elena a été conquise. Mais elle a pas de blog, elle.

lundi, juin 11, 2007

Sympa

Le blog de Nico Shark, le nouveau chef du personnel.

dimanche, juin 10, 2007

Les aventures du brave petit soldat Vinci


Oyez, damoiselles et damoiseaux, l'histoire héroïque du brave petit soldat Vinci. Aujourd'hui, épisode 87, le brave petit soldat Vinci au premier tour des législatives.

Ravagé par la branlée présidentielle, le brave petit soldat Vinci en avait gros sur la patate. On le disait amer, démonté, résigné. Mais qu'à cela ne tienne! Rien ne sert de trop pester contre ses contemporains, il faut aller de l'avant, vaille que vaille. Le brave petit soldat Vinci est un champion du fighting spirit, il a en lui cette flamme stupide qui le pousse à se faire ridiculiser encore et encore.

Le brave petit soldat Vinci a donc pris son élan et sa carte d'électeur, et s'est rué courageusement dans l'isoloir. Il a à sa disposition deux armes redoutables:
  • le vote sincère, une arme élégante mais en carton, vouée à une défaite certaine,
  • et le vote utile, une arme terne mais qui elle est recouverte d'alluminium renforcé, et permet donc d'espèrer une victoire contre le lance-flamme libéral une fois tous les cinquante ans.
Je vous laisse dans le flou sur l'arme qu'à finalement choisi le brave petit soldat Vinci. Il s'est pris de toute façon sa baffe habituelle, suivie d'un retourné facial, et il est à l'heure actuelle vautré sur son canapé en buvant des bières.
La semaine prochaine, l'épisode 88. Je garde le suspense, mais sachez que l'anus du brave petit soldat Vinci va être mis à rude épreuve...

Ce vieux Serge

Goûtons les paroles pleines de tendresse et d'affection du toujours actuel actionnaire principal du FCNA, le sympathique Serge Dassault. Il a confié au Parisien sa douleur de se séparer de ce club et de tout ce qu'il représente, en quelques phrases humanistes qui feront chaud au coeur des supporters:
"Le club est à vendre. Si je trouve un client qui me paie bien, tant mieux. Dix à quinze millions d'euros, ça ira. Quinze, ce serait très bien avec l'école de football."

samedi, juin 09, 2007

Joli clip


De Loïc Lantoine.

Petit plaisir


Heureusement qu'on a échappé à Royal. Elle n'avait vraiment pas la stature pour représenter correctement la France au niveau international.

vendredi, juin 08, 2007

Poésie


Qui aime Paris?
Je veux dire, pour y vivre, hein, je ne parle pas du Paris romantique des films américains. Qui aime la vraie capitale, telle qu'elle est?
Personne de sensé. C'est trop cher, les gens sont stressés, impossible d'avoir un bout de jardin, et le parigot arrogant se sent le centre du monde. Point final.

D'extraction provinciale moi aussi, j'ai cultivé également cette haine épidermique de la capitale. Haine renforcée par mes années d'école d'ingénieur en banlieue, lors desquelles je n'ai aperçu que les défauts de Paname.
(Faut dire, mes excursions là bas se résumaient à des courses le samedi après-midi aux Halles ou à Velizy, et à des sorties ciné-resto-bar à Montparnasse le samedi soir. Tout ce qu'il faut fuir comme la peste!)

Maintenant que j'y vis, j'en apprécie aussi les nombreux avantages. Les potes qui y vivent. La nombreuse famille qui y passe. Les inombrables sorties possibles (pour qui a du fric). Et surtout le fait de croiser plein de monde tout le temps.
Et notamment: des meufs.

Plein. Partout. Tout le temps. Toujours différentes. Et y en a même parfois certaines qui sourient. Ou du moins qui ne font pas complétement la gueule...
Tu peux pas lever les yeux de ton journal sans trouver de sympathiques petits minois. Avec une telle densité, et avec une population plutôt jeune, y en a pour tous les gouts m'sieurs dames!
Alors je trouve que dans ces conditions, se focaliser sur les aspects inconfortables des transports en commun parisiens, la densité, la chaleur, l'odeur, tout ça, c'est soit de la mauvaise foi caractérisée, soit c'est signe qu'on a une échelle des valeurs qui frôle la perversité. Qui préfére avoir de la place pour les jambes et respirer l'air de la mer à jouxter un top-model?

Et évidemment cet innocent butinage de jolis profils se conjugue également au féminin, ce qui me permet de clamer haut et fort cet avantage indiscutable, formidable et trop souvent tu de Paris sans risquer le divorce:

A Paris on paye cher, ça pue et y a pas de place. Mais qu'est-ce qu'on peut voir comme beauté(e)s!

Merci de votre attention.

dimanche, juin 03, 2007

Anti-sarko

Vous aurez noté que je ne porte pas notre président dans mon coeur, mais j'ai semble-t-il une originalité par rapport à nombre d'amis partageant mon analyse.
Ce n'est pas son côté sécuritaire qui me fait le plus peur, mais son côté ultralibéral. En un mot, je redoute bien plus sa facette Thatcher que son penchant fasciste supposé, parce que je pense que ça peut toucher bien plus de monde plus vite et d'une manière bien plus insidieuse. Surtout quand on charme les médias avec un grand naturel.

Et d'un point de vue personnel, je le crois sincérement et profondément libéral, alors que je le pense capable de se départir de ses bouffées hormonales sécuritaires quand l'opinion en aura assez. Son amour pour l'uniforme bleu m'a l'air de tenir plus de la posture politique que de la conviction profonde.
Mais je peux bien me tromper. Je vous invite par exemple à jeter un oeil au rapport sans ambiguité qui vient de sortir sur la police en Seine Saint-Denis. D'autant plus effrayant qu'il émane d'un service du ministère de l'Intérieur, et qu'il aurait été caché pendant des mois.
Ou encore au récit de l'expulsion brutale d'un sans-papier en fin de semaine dernière. (A ce sujet, les sensibilisés du problème peuvent signer une pétition sur le site d'éducation sans frontières).
Sans parler des peines très lourdes infligées aux casseurs du soir des présidentielles (normal qu'ils soient sanctionnés, mais on peut s'interroger sur le poids de ces peines).

Heureusement que je suis du genre têtu (vous me connaissez), sinon je serais obligé de modifier un brin mon point de vue...

L'enclume d'or de la semaine

Malgré les nombreux plans-séquences sur notre président (qui semblait croire que le stade était plein en son honneur) et sa joyeuse ministre des sports, j'ai bien apprécié la tranquille victoire des Bleus hier.
Mais elle semble avoir monté à la tête du "journaliste" sportif du Monde mandaté pour l'occasion:

"
Les 20 dernières minutes seront difficiles pour les Ukrainiens. Leur beau maillot jaune perd de son éclat et les fait ressembler à des poussins face aux coqs triomphants.
"

Il est temps que les vacances arrivent que nos amis poétes retrouvent leur juste mesure...

vendredi, juin 01, 2007

Bon dieu de bon dieu...


Je viens d'apprendre que seule 2.4% de la population mondiale est athée, et 12.5% agnostique. Pour 33% de chrétiens, 20% de musulmans, 13% d'hindous, 6% de boudistes et 0.2% de juifs (et 13% de croyances locales).
Soit donc 85% de la population mondiale qui croit contre 15% qui se cantonne au rationnel...
(Source: Encyclopedia britanica 2003).

Je commence à en avoir marre d'être minoritaire, moi!
Vivement la coupe du monde de rugby que je vibre avec la majorité de mes contemporains...

jeudi, mai 24, 2007

Je récidive


Et si je puis me permettre, je vous conseille les plus sombres vidéos suivantes là, ici ou là.

Et allez, ça me fait plaisir, je vous fais cadeau de chiffres qui peuvent vous être très précieux pour les discussions futures avec les obsédés du "travailler plus pour gagner plus".
A l'intention de ceux qui croient que le Français est fondamentalement glandeur alors que ses voisins sont très courageux, l'organisme Eurostat, cité par Politis, nous apprend que les français ont travaillé 36,4 heures par semaine en moyenne (en 2006), alors que la moyenne européenne est de 36,1...
Et les pays travaillant le plus sont la Grèce et le Portugal... Sont-ce les modèles que Sarkozy a en tête? Remarquez, je préfére un petit fado ensoleillé à un triste chant de mineur défilant contre la fermeture de son site...

Mais le plus succulent nous est appris par l'organisme américain Bureau of Labor Statistics. La productivité annuelle moyenne du français est de 71 900$, soit bien moins que l'équivalent américain (81 000$)... mais bien plus que les 64 100$ d'un anglais ou les 59 100$ d'un allemand!
Bref, non seulement les clichés sur la faignantise des français sont faux, n'en déplaise aux nombreux retraités électeurs de Sarkozy, mais en plus ils ne sont pas directement liés à la qualité du travail effectué...

(Il faudra par contre attendre quelques décennies pour expliquer à ces têtes de noeud qu'on peut vouloir prendre en considération des valeurs non mesurables en dollars pour choisir le monde auquel on aspire. N'allons pas trop vite pour leur petit cerveau reptilien égoïste...)

C'est trop horrible



Non, je ne suis pas du genre à transformer mon blogs aux longs posts écrits avec amour en une sélection de vidéos!
Mais j'ai pas grand chose à dire, là. Je suis bien allé en Hollande pour le boulot, mais j'ai pas grande anecdote incroyable à vous narrer. Je confirme juste que les hollandais sont hyper grands et mangent de la merde.

dimanche, mai 20, 2007

Manif de droite




Indiqué par mon frangin, un mode d'engagement bien de notre époque. Puisqu'il est entendu qu'il est rétrograde de parler d'autre chose que d'économie, de défendre des valeurs contre la bonne marche du Marché, de croire politiquement à autre chose qu'un bipartisme centre/droite, il est temps de s' engager!
Le pire, c'est qu'à juger par les gesticulations des jeunes bon chic bon genre de la place de la Concorde, et dans une moindre mesure des jeunes centristes tous joyeux dans leurs T-shirts orange, cette initiative pourrait plaire, au premier degré, à ceux qui ne retiennent de l'engagement que la forme, la fête sautillante à la mode footbalistique...

samedi, mai 19, 2007

Piqûre de rappel



Si vous êtes forts, si tout va bien dans votre vie, je vous invite à jouer la vidéo ci-dessus. Il s'agit du titre très sombre et brillantissime, anarchiste pessimiste noir de noir, "Il ne restera rien" du dernier album des ogres. (Vous pouvez d'ailleurs voir un joli making of de leur album à ce lien.)
Une perle fantastique, mais qu'il vaut mieux regarder pour la première fois un samedi ensoleillé avant d'aller boire un coup avec des potes, qu'un soir où on s'est fait plaquer (ou un soir d'élections).

jeudi, mai 17, 2007

Maison et pain dans ta gueule



C'est la magie de Cannes. Profitant d'être parisiens pour au moins cinq jours de suite (ce qui est assez exceptionnel), Elena et moi-même avons décidé de dilapider nos premiers billets-pas-chers-subventionnés-par-le-CE-Philips en allant voir deux films: A casa nostra et Notre pain quotidien.

Le premier est un joli film se jouant à Milan. Il suit différents personnages (chef de banque verreux, aspirante mannequin, flique de la répression des fraudes, vieux bonhomme épicurien, prostituée roumaine...) dont les destins vont se croiser de manière plus ou moins frontale.
Ces intrigues qui se croisent sont racontées avec habileté et sans tape-à-l'oeil, ce qui met en valeur les personnages (servis par de superbes acteurs, dont celui de Montalbano). Le contrecoup est que le film en devient très sobre sur la forme, et qu'il peut donc ressembler à un telefilm à un spectateur peu attentif.
Alors soyez attentifs, bordel, et vous apprécierez ce petit bout d'Italie, avec des vrais morceaux de pourris, mais aussi de généreux et de naïfs, dedans.

Notre pain quotidien est quand à lui un grand documentaire. Il nous dévoile les dessous du fonctionnement de l'industrie agro-alimentaire. On voit ainsi par exemple comment les poussins sont triés, les vaches fécondées, les asperges ramassées, les cochons dépecés, tout ça automatiquement dans une belle efficacité asseptisée.
Le réalisateur, implacable, plante sa caméra face aux différents rouages de cette belle industrie (subventionnée pour bonne partie par nos impots, rappelons-le), et sans commentaire aucun, nous explique par l'exemple le fonctionnement mécanique du rouage en question. Fonctionnement qui peut parfois émouvoir les plus jeunes, car ces jolis rouages brassent des centaines de vies animales ou végétales.
Ce film est une superbe réussite. On a beaucoup parlé de sa beauté formelle, alliant révêrie hypnotique et dénonciation politique. On a fait des gorges chaudes de la puissance de sa narration, sobre et implacable, réussissant à tenir en haleine le spectateur avec des longs plans séquences devant des dispositifs industriels et leurs opérateurs au regard vide.
Mais c'est un autre point qui retient mon attention. Ce film est une ode vribante à l'intentivité des ingénieurs du monde entier qui se sont alliés pour rendre le monde plus efficace, plus asseptisé, et donc meilleur. Ah il faut voir ces toboggans à poussins coupant en deux les mâles, ces éventreurs à poissons suivis d'un souffle par les aspirateurs à boyaux, ces masturbateurs à oliviers permettant d'aspirer les olives tombées au sol plutôt que de les ramasser... Bravo les artistes, le Monde vous dit bravo!

Le président et moi


Foulala. Quelle pression éditatoriale. Je suis pris entre les lecteurs occasionnels qui décrocheront du blog si ils ont l'impression qu'il y a un post toutes les deux heures, et une mystérieuse furieuse nantaise qui réclame sa dose quotidienne avec force points d'exclamation.

Seulement voila, j'ai pas envie de parler de Sarkozy. Il s'agite, il bondit, il créé l'événement sur tous les fronts, il piaille pour qu'on le regarde, encore et encore. Et qu'on ne parle surtout pas de la politique thachérienne qu'il va nous introduire avec force et conviction dans l'orifice prévu à cet effet. Sous les acclamations de la majorité des français dont le côté masochiste demande visiblement à être flatté (Oh oui la France va mal. Oh oui les français sont de méchants faignants. Insulte moi encore Nicolas.).

Une semaine, une polémique: le yatch, la sélection de Kouchner, et ainsi de suite. On occupe l'espace médiatique, on gesticule, et on continue à gonfler la bulle "président-people" en achevant de ringardiser le fond.
Je prend donc mes responsabilités, et du haut de mon audience de six lecteurs et demi, je prend la lourde responsabilité de boycotter ces petites histoires sans intérêt. D'autant qu'on en parle bien mieux que moi sur le bigbangblog.

lundi, mai 14, 2007

dimanche, mai 13, 2007

Olivia Ruiz au cirque d'hiver


On n'est pas du genre à perdre les bonnes habitudes: 36 heures après l'atterrissage de mon avion, nous sommes allés voir Olivia Ruiz en concert au cirque d'hiver. Un événement à ne pas rater tant ses concerts sont rapidement complets: après deux échecs, j'ai pris les places pour celui-ci en décembre!
Cela dit, il ne s'annoncait pas sous les meilleurs auspices: le cirque d'hiver a une acoustique incertaine; les sièges, très confortables pour les cul-de-jatte, laissent une surface infime pour les pieds; deux collègues d'Elena l'ont prévenu peu avant le concert qu'Olivia les avait déçu quand elles l'avaient vu; et la première partie était très moyenne: un duo reprenant exclusivement Elvis et Offspring. Si on ajoute à cela le très mauvais effet qu'a eu sur moi la compromission d'Olivia Ruiz dans les pubs Coca Cola, je sentais le traquenard médiatique (la fausse bête de scène nature et séduisante montée en neige par la télé).

Il n'en a rien été. Le concert a été une réussite, d'abord parce qu'il a fait honneur à la vaste palette de styles de la demoiselle. Avoir un répertoire d'une telle qualité et d'une telle richesse à son deuxième album, chapeau. Epaulée par d'excellents musiciens, discrets et toujours parfaitement en place, Olivia a sauté d'un titre à l'autre avec autant de naturel et d'a-propos que dans les albums.
Elle a d'autre part assuré le show, sillonant la scène circulaire et secouant un public tout acquis à sa cause. On sent qu'elle n'est peut-être pas complétement naturelle dans cet exercice, mais elle y travaille, et ça passe tout seul grâce à son petit charme personnel.
Et enfin, comme sur ses albums, Olivia Ruiz est parfaitement accompagnée. Non seulement elle interprète des chansons écrites pour elle par Juliette, Mali de Tryo ou Mathias de Dyonisos, mais en plus elle effectue quelques duos pas piqués des hannetons. Nous avons eu droit au grand jeu, tournage de DVD oblige, avec Christian des Têtes Raides, son papa,... et, cerise sur le gateau, deux des Noir Désir (le batteur et le bassiste) pour une chanson magnifique (Ohohoh putain de toi, ohohoh pauvre de moi) aux relans de nostalgie pour le fan absolu que je suis.

Bref, une très bonne soirée. Avec en prime quelques piques à Sarkozy à Johnny, ce qui est toujours bon à prendre.

C'est pas nous qui marchons pas droit...


c'est le monde qui va de travers.
Pour mieux connaître la France telle qu'elle est, et qui ne correspond vraiment pas à l'image que je m'en faisais comme cela m'est apparu assez brutalement récemment, ce sondage effectué suite aux élections est d'une aide précieuse.
Il épluche l'électorat des deux candidats, et on y apprend beaucoup de choses:
  • 30% des électeurs de gauche du 1er tour n'ont pas voté Royal au 2nd. 10% ont même voté Sarkozy. Faut croire que Roger Hanin fait école.
  • Les bayrouistes ont été fidèles à leur mollesse atavique, en votant moite-moite pour l'un et pour l'autre.
  • Les 18-24 ans (les jeunes fous?) et les 45-59 ans (les vieux réalistes?) ont voté majoritairement pour Royal. Par contre, les 35-45 ans (les jeunes à pognon?) ont voté Sarkozy. Mais surtout, la classe d'âge la plus polarisée, ce sont les retraités qui au deux tiers s'accordent à penser que vraiment les autres ne se lèvent pas assez tôt pour bosser.
  • Sans surprise, commercants, agriculteurs et professions indépendantes font un plébiscite à Sarkozy, dont l'équivalent ne se trouve que chez les chomeurs et dans une moindre mesure les étudiants pour Royal.
  • La coloration du vote est indépendante du niveau d'étude, et des revenus s'ils ne sont pas extrêmes. Par contre, les très pauvres votent Royal et les très riches Sarkozy.
  • Les villages votent Sarkozy, et les grandes villes restent neutres.
  • Le dernier point est très intéressant: 80% des électeurs de Sarkozy l'ont élu pour le voir au pouvoir, alors que 40% des électeurs de Royal ont voté pour elle surtout pour barrer la route à Sarkozy.
Alors faites moi plaisir: si vous croisez un commerçant proche de la retraite, dans un petit village, foutez lui votre poing dans la gueule.

samedi, mai 12, 2007

Florilège de temps forts malgaches


Puisqu'il est bien difficile de narrer sur un blog un voyage aussi dense et dépaysant que celui que nous avons fait, je vous livre quelques temps forts de ce superbe voyage en attendant l'édition prochaine en livre de poche de notre carnet de bord (ou une belle soirée diapo-rhum).
Je me concentre sur nos petites aventures pittoresques, ce qui ne constitue qu'un des nombreux aspects du voyage. N'oublions pas les paysages incroyables et variés, et le dépaysement complet notamment!

Voici donc les temps forts:
  • Le déjeuner du 24 avril dans une gargotte authentique, c'est-à-dire misérable, surplombant la division viande du marché local. Pas cher, pas mauvais et finalement pas dangereux (ils ne proposent que des mets archi-bouillis), mais pas ragoûtant!
  • La ballade dans un village de fabriquants de petites voitures à partir de cannettes, à la faveur d'une erreur de direction (25 avril). Des gosses souriants nous ont accompagné lors de notre promenade sous une lumière dorée incroyable, sans jamais rien réclamer.
  • Le passage au commissariat de Tana suite au vol de papiers de l'un d'entre nous (26 avril). Couloir extérieur misérable, murs crasseux, plafond troué, mais accueil par un commissaire chic en costard noir avec foulard rayonnant l'incompétence, mais se donnant des airs de fin limier. Un joli sketch.
  • Le mariage, réussite complète: bouffe géniale, ambiance superbe grâce à un groupe jouant live avec talent, animations sympas, et surtout deux mariés crevant l'écran. Nat' magnifique et disponible, et Fred super classe et irradiant de dynamisme (27 avril).
  • Notre mise à la porte de chez les "amis" de Fred et Nat nous hébergeant, qui ont montré là un visage troublant. Partant une semaine à la plage, ils nous ont proprement jeté dehors à 6h30 le lendemain du mariage, sans gêne aucune (28 avril).
  • Notre errance à Antsirabé pour trouver un hotel à prix acceptable (ce qui est très relatif), sous un soleil lourd. Notre acharnement fût récompensé: la résidence des camélias était parfaite (28 avril toujours)!
  • Notre journée de ballade en VTT, avec le professionnel Laurent, à la découverte de deux lacs environnant. Superbes paysages, lacs fascinants et villageois accueillants, mais qu'il est dur d'effectuer 50 km pour bonne partie sur des pistes caillouteuses difficiles pour des fessiers non entrainés (29 avril)! Jeff nous gratifia d'ailleurs d'une jolie cascade, basculant par dessus le parapet en essayant de se faufiler à côté d'une charrue à zébu. La chute sur le béton ne laissa aucune séquelle, grâce au sac à dos qui a amorti le coup.
  • Le split du groupe, avec le retour d'Elena vers Tana le 30 avril, et le trajet de 6 longues heures vers Fianarantsou en taxi-brousse avec la tourista! Loué soit l'Immonium, médicament constipateur qui m'a permi d'endurer l'épreuve dans une relative sérénité (30 avril).
  • Le réveil très matinal à Fianra. Des centaines de chiens, chèvres, coqs et autres gallinacés hurlent tout ce qu'ils peuvent au lever du soleil (5h30 quand même), épaulés par les centaines d'églises du coin (1er mai).
  • Le choix du guide pour nos deux randos du lendemain dans le massif d'Isalo. Nous avions choisi dans un premier temps un rabatteur de notre hotel qui avait l'air compétent, avant que le personnel de l'hotel ne nous le déconseille dans un chuchottement (il n'était en fait que porteur). Devant l'effacement de Jeff, j'ai donc dû nous dédire, puis choisir un guide officiel dans le brouhaha de l'office nationale des forêts. Nous avons fini par nous joindre à un petit groupe très sympa de deux français et une anglaise.
  • La première journée de rando dans le massif: de 8h à 17h, avec 400m de dénivellés. Des paysages incroyables et variés, mais des petites douleurs dans les jambes à la fin de la journée, et un petite fatigue mentale à force de toujours regarder où on mets les pieds (2 mai).
  • Le repas du dernier soir à Isalo, notre table étant entourée de phénomènes de foire: la patrone des lieux bourrée et cherchant à faire danser tout le monde sur n'importe quoi, un groupe de quatre rastas superzens, un groupe de touristes asphyxié par un randonneur ramenant sa fraise de grand globe-trotter sur tous les sujets, et surtout trois russes incroyables. Un couple poupin, portant le même T-shirt orange à rayure (agrémenté d'un foulard de scout pour monsieur). Et leur ami, petit bonhomme tout sec à moustache (genre mineur de Zola, ou coureur du tour de France des années 30), qui ne s'est pas départi de sa lampe frontale de tout le repas. Un feu d'artifice, amorcé la veille par une communauté chrétienne de carte postale (3 mai).
  • Notre imprudente séparation, à Jeff et à moi, à Tuléar, pour à la fois poster nos cartes et changer notre fric. Il nous a fallu une demie-heure pour nous retrouver sous un soleil de plomb (4 mai).
  • Et surtout, l'épopée de notre dernier taxi brousse qui devait relier Tuléar à Ifaty (20 km). Alors que le départ semblait imminent, nous avons attendu deux heures sur la remorque du poids lourd grossièrement aménagé pour accueillir une trentaine de personne. A la fin, nous étions une cinquantaine, à côté de nombreux sacs, barils suspects (essence?) et même poules montés par les voyageurs. Ce chargement a eu lieu dans une ambiance tendue, entre hurlements du personnel et klaxons du conducteur. Nous sommes alors partis de nuit, sur une piste horrible bringuebalante nous envoyant régulièrement dans les branchages. Nous avons évidemment crevé, puis sommes sortis à l'aveuglette car personne ne savait nous indiquer d'hotel. Heureusement, une bonne âme a pu nous mener à bon port au terme de 4 heures d'odyssée.
  • Enfin, l'annulation de notre vol de retour, sans que nous soyons prévenus. Aucune compensation, malgré les efforts de Jeff qui a réussi à faire monter l'affaire jusqu'au chef du chef de la chef de la chef de la guichetière.
Voila pour l'essentiel de nos émotions, à gros traits (et en faisant abstraction du vilain Sarkozy). Plus de détails, et des histoires complétementaires, contre une enveloppe timbrée et un rhum!