jeudi, janvier 29, 2009

Top 100


Béotien comme pas deux, et échaudé par les médias qui promettent souvent à tort monts et merveilles, je savais qu'on envisageait pour un lointain avenir que la musique et la vidéo à la demande bouleverseraient nos manières d'appréhender les albums et de regarder la téloche.
Soit. J'étais même au fait des possibilités du téléchargement illégal (que je condamne avec la plus extrême fermeté, évidemment).
Mais voila-t-y pas que je découvre coup sur coup:
  1. Que je peux regarder tous les films de Canal, que je rate systématiquement pour cause de coachage de Gael et de couchage précoce, gratos pendant un mois quand je veux, en les téléchargeant depuis une mignone petite widget. (Calmez-vous, ce n'est valable que pour les abonnés!)
  2. Que je peux écouter à peu près ce que je veux, quand je veux, depuis le web, grâce à Deezer. Ca me dispense pas d'acheter les albums, mais ça permet de partager très facilement ses coups de coeur, et de découvrir de nouveaux groupes grâce aux radios intelligentes qui proposent des artistes "s'approchant" de ceux qu'on a choisi au départ. (Ceci n'est pas une hypocrite remarque politiquement correcte, je tiens à vraiment acheter les albums. Quand je vois tant de collègues qui ne donnent pas un sou aux artistes qu'ils écoutent parce que "c'est trop cher", mais qui claquent sans sourciller des centaines d'euros dans des écrans plats ou autres gadgets technologiques, je perd parfois mon sang froid. Bref.)
Je sais, je m'enthousiasme quand la plupart d'entre vous connaissez parfaitement Deezer et le VOD depuis une éternité (enfin disons, quelques mois, on est sur internet)!

Alors, bricoleur comme pas deux, je me suis arrangé pour pouvoir écouter Deezer depuis ma chaine (bon, j'ai juste branché mon ipod sur l'entrée AUX de ma chaine...) Ce qui m'a poussé à me composer une compilation ultime afin d'époustoufler mes hôtes.
J'ai donc décidé de choisir mes 100 chansons préférées. Tous les styles, tous les temps. Je vous dis pas la pression, et les choix cornéliens auxquels il a fallu que je me plie.
Je vous livre donc le résultat, avec deux précisions. Malgré sa richesse, Deezer ne m'a pas permi de convoquer toutes les chansons que je voulais de Camille, et surtout rien de Led Zep ni des Red Hot Chili Peppers (il manque tout simplement leur magnifique album Blood Sugar Sex Magic). Et d'autre part, quand il a fallu arbitrer, je me suis donné pour critère de privilégier les chansons que j'adore, qui me donnent des frisons à l'écoute, en essayant de faire abstraction de l'affection que je porte aux artistes. Ca ne m'a pas trop poussé à favoriser les "tubes" je pense, mais certains artistes très homogènes tels que Radiohead peuvent paraitre sous-représentés au final.
And the winners are...

L'opéra et moi


Ainsi donc, par la grâce d'une femme cultivée et d'amis attentionnés, je me suis retrouvé en chaussures de rando et en T-shirt orange à l'opéra. Et pas pour voir une pièce facile d'accès, genre un opéra de Verdi avec des tas d'air enjoués qu'on connait par cœur, non, un truc russe contemporain à la musique tristounette et saccadée.

Et bien la bonne nouvelle, c'est que je ne me suis pas ennuyé.
A l'opéra. En russe. Pendant 3h30. C'était quand même loin d'être gagné.
Cela dit, j'ai la nette impression que j'ai évité l'ennui pour de mauvaises raisons. Alors que l'assistance devait admirer tout plein de choses dans la technique et la sensibilité de la soprano, qu'elle devait méditer sur la côté provocateur de la pièce et l'audace de la mise en scène, je m'arrêtais à de plus basses considérations.
"Oh bah dis donc ils ont une sacré voix ces mecs là. Pfiou, ça fait un sacré nombre de figurants sur scène, là quand même. Oh la vache, quand ils chantent tous en même temps, ça secoue sacrément! Oh mais dis donc c'est joli, cette structure mécanique qui sort du sol!"

Bref, je ne me suis pas ennuyé, mais j'ai l'impression qu'alors que mes voisins jouissaient de richesses culturelles des plus fines, moi je m'amusais à regarder un Puy du Fou russe.
Du grand spectacle populaire, pour toute la famille! De l'émotion, des cascades, et ne ratez pas son combat d'épée épique!
(Je déconne, y a pas eu de combat d'épée. C'est un lourd regret.)

Je ne regrette donc pas cette soirée, mais je ne peux que constater mon imperméabilité aux finesses de l'opéra. J'ai pas les clés, j'ai pas les codes, et ça ne me parle pas plus que ça.
Tant mieux, parce que ça coûte bonbon, et que ça me ferait un peu chier de devoir me saper comme pour un congrès de l'UMP pour aller chercher me dose de culture! Alors qu'on peut aller en tongues et bermuda au Puy du Fou en toute sérénité!

samedi, janvier 24, 2009

Da da da

Pour ceux que ça intéresse, voici un petit melting-pot des exploits de Gael en janvier. J'espère que cette vidéo contribuera à relancer la carrière de Trio, groupe allemand qui a pondu ce tube en 1981, et est injustement oublié depuis.

D'ailleurs, j'ai (re)découvert cette chanson en tant que générique du film Il Divo. J'ai eu l'occasion de le revoir, cette fois-ci avec Elena, et quand j'en relis ma pourtant élogieuse critique, je réalise que j'ai été trop léger.
Ce film est absolument superbe. Chaque scène est brillante; que ce soit par la mise en scène, l'interprétation, ou tout simplement le scénario (l'entretien avec le directeur de la Reppubblica est un bijou). Je l'ai revu avec encore plus de plaisir qu'à la première vision, et je sais que je le reverrai encore et encore.
Bravo.

vendredi, janvier 23, 2009

A l'opéra


Pour ne par mourir complètement idiot, j'ai accompagné Elena à l'opéra hier, à admirer le joyeux Lady Macbeth de Mzensk. Je vous ferai un compte-rendu détaillé de la chose prochainement, mais avant cela je vais partager avec vous quelques observations recueillies au cours de cette soirée éthnologique.
  • A l'opéra, on parle de soi tout le temps. "Ah, mon Dieu que je m'ennuie! Il ne se passe rien" (Imaginer en russe, et chanté si lentement que l'énonciation de ces phrases doit prendre 30 secondes).
  • A l'opéra, si un homme veut un rôle important, il lui faut une respectable bedaine.
  • A l'opéra, on se jette/on jette les autres facilement par terre. Ca veut dire qu'on est très triste/très en colère.
  • A l'opéra, c'est pas une légende, on se sent seul dans le public en T-shirt et chaussures de rando.
  • A l'opéra, on peut jouer de la musique chiante de film, ça passe.
  • A l'opéra, on appelle l'autre par son prénom toutes les cinq secondes. "A mon Serguei, que je m'ennuie. Il ne se passe rien, Serguei." (Du coup ça passe à quarante secondes).
  • A l'opéra, on doit surjouer parce que les émotions sont vraiment à leur paroxysme. On passe tellement de temps à apprendre à chanter à l'école d'opéra qu'on a oublié de mettre des cours de théâtre.
  • A l'opéra quand on a des sous, on convoque de grandes foules qui suivent le héros en des flux et reflux un peu passifs.
  • A l'opéra, le connaisseur applaudit à la fin de chaque acte, et le bouseux à la fin de chaque scène. La honte.
  • A l'opéra, on peut montrer des nichons et des gens qui niquent, c'est pas vulgaire.
  • A l'opéra, l'intrigue est minimale et la durée est maximale. Je m'ennuie/je trompe mon mari/je tue mon beau-père et mon mari/je me fais choper, ça prend 3h25.
  • A l'opéra, quand un ténor se met à chanter à cinq mètres de toi par un artifice de mise en scène, tu la ramènes moins parce que c'est quand même sacrément impressionnant (en plus, il avait une grosse bedaine).
  • A l'opéra, on peut être très critique avec un peu de mauvaise foi. Je vous ferai donc un descriptif plus honnête de ma soirée bientôt.

mardi, janvier 20, 2009

Groland


Je vous l'accorde, c'est parfois un peu inégal, mais quand même... Quel audace! Quelle originalité! Quel humour! Et quel engagement...
Je me propose de vous en convaincre en cinq minutes trente chronos: rendez-vous sur ce lien, d'aller sur "Toutes les vidéos" (n noir à gauche), puis "Rechercher dans toutes les vidéos" et taper Groland. Choisissez l''émission de la semaine (du 17 janvier exactement).
Placez-vous maintenant à la position 3min55, et enfournez-vous les trois inénarrables sujets qui suivent (jusqu'à 7min22). Le pied. C'est non seulement hyper drôle, mais souvent très juste.
Moi qui passe tous mes Noël en Italie avec la télé à 3 mètres de mes yeux, et ai donc droit à de longues minutes sur l'engagement courageux de Benoit XVI contre les misères du monde, je peux vous dire que je l'ai goûté. Quand au second, qui d'autre à la télé française peut se permettre d'ironiser sur les philosophes/journalistes/chroniqueurs à l'accusation d'antisémistisme très facile?
Quand au troisième, il est juste marrant et irrévérentieux. Dans le même genre, et pour arriver à vos 5 minutes30, je vous conseille chaudement les extraits allant de 13min47 à 14 min20, et de 16 min 20 à 16min51.

dimanche, janvier 18, 2009

Cinéma

Cette année commence fort bien au niveau cinématographique. Elle débute pour nous avec Louise-Michel et Il divo, deux bons choix des plus intéressants.

Respectons la chronologie avec Louise-Michel, que nous sommes allés voir dans une salle réfrigérée à Nantes. Film made in Groland, Louise-Michel raconte comment une ouvrière (Yolande Moreau) lâchement licenciée par des patrons qui déménagent leurs machines en cachette, convaint ses collègues d'utiliser leur dédommagement pour payer un tueur à gage afin d'éliminer ledit patron. En fait de professionnel, elle recrute un bras cassé (Bouli Lanners) qui aura bien du mal à s'aquitter de sa tâche, d'autant que dans l'économie globalisée il est parfois bien difficile de déterminer qui est exactement le vrai patron ayant décidé la délocalisation.
A l'énoncé du scénario, et en connaissant le registre des grolandais Kervern et Delépine, on se retrouve sans surprise dans un film baignant dans l'humour noir. C'est sa grande force, mais aussi sa petite faiblesse: on accumule les scènes frisant le cultissime, où le second degré le dispute à la diatribe politique. En me les rejouant mentalement, j'admire leur justesse et leur cruauté et espère avoir l'occasion de revoir le film avec des potes sur la même longueur d'onde que moi. Le problème est que lorsque la salle n'est pas au diapason (ce qui était le cas de la mienne), on part dans de grands éclats de rires au début de chacune de ces scènes mais, refroidis par la réaction glaciale de l'assemblée, on a du mal a poursuivre vers le fou rire libérateur final bien mérité. On continue à rire, mi emportés mi gênés, mais on exulte pas comme on devrait.
Bref, Louise-Michel est un film méchamment drôle et dont l'intrigue n'est pas inintéressante, servie par des acteurs parfaits pour leur rôle, mais qu'il faut déguster en bonne compagnie sous peine de ne pas pouvoir le couvrir des hurlements de rire qu'il mérite. Allez-y les yeux fermés, mais en groupe, ou dans le Nord, ou attendez la sortie en DVD pour rassembler le groupe de copain qui va bien et prendre le pied anar que ce très bon film mérite.
(D'autant qu'en plus un certain nombre des copains de Groland (Poolvorde, Kassovitz, Dupontel, Katerine, Salengro, Robert) y font en plus de petites apparitions sympathiques - et pour bon nombre d'entre elles à mourir de rire.)

Autre grosse réussite au style un peu surprenant (mais dans un tout autre genre): Il Divo. Ce film, récompensé à Cannes du prix du jury, se penche sur le mystérieux Giulio Andreotti, homme politique de centre-droit italien occupant la scène depuis la fin de la première guerre mondiale. Sept fois chef du Conseil (soit premier ministre), et 25 fois ministre, il traine une réputation de chef stratége machiavélique, et ses liens avec les francs-maçons de la loge P2 et avec la mafia sont évident (à part aux yeux de la justice).
Voila, de l'aveu même de l'habile Andreotti, un très bon sujet pour un film. Ce qui étonne, c'est que le réalisateur, au lieu d'opter pour un style discret et objectif comme il est de coutume pour les biopics, fait le pari de l'esthétisme et de la subjectivité. La caméra virevolte; une musique dynamique qui n'a rien à envier à Tarantino fait irruption régulièrement; la mise en scèné est nerveuse; Andreotti s'adresse à nous et à Dieu dans des monologues enflammés (quand son naturel est plutôt à la retenue, c'est le moins qu'on puisse dire). Bref, c'est Fight Club au pays du promeneur du champ de Mars.
Et c'est très réussi. Certes, une partie des références historiques nous échappent, mais finalement peu importe tant c'est la personnalité de l'énigmatique Andreotti qui tient le film, défendu par un Toni Servillo impressionnant, surtout pour qui connait l'original. (Sans vouloir me vanter, j'avoue l'avori trouvé aussi bon que dans la pièce de théâtre qu'il a donné à Paris. Ahahah, bande de provinciaux)
Fascinant, brillant, impressionnant et juste. Voila un deuxième grand film à inscrire à vos tablettes.

PS: La bande annonce d'Il Divo est assez peu représentative du film. Cette scène est bien plus juste:

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samedi, janvier 17, 2009

Lantoine encore

Une fois n'est pas coutume, l'édition enrichie de l'album de Lantoine vaut le coût. Le DVD inclus ne contient pas une bête autopromo ou un making of mal foutu, mais deux vidéos bien intéressantes. La première est une interview de Lantoine et Pierron entrecoupée d'extraits de concert, qui éclaire bien la démarche fragile de la paire. En particulier, on y apprend qu'ils se présentent souvent en spectacle en laissant diverses parties à l'improvisation, ce qui confirme deux de mes expériences. Premièrement, il arrive régulièrement qu'il y ait des moments de flotements dans leurs concerts, conséquences de choses peu répétées. Et deuxièmement, il n'est pas étonnant qu'en réunissant les plus réussies de ces prises de risques dans un DVD live, on obtienne un album du tonnerre!
La deuxième vidéo est un court métrage très réussi dénonçant la surconsommation, que les Lantoine diffusent en lever de rideau de leurs concerts. Réalisé par une étudiante pour son projet de fin d'étude, il est sacrément impressionnant. Je l'avais recherché sur le Net après le concert de Lantoine auquel j'avais assisté, sans succès. Il est donc enfin trouvable en toute légalité sur cet album!

jeudi, janvier 15, 2009

Lantoinatitude


Attention, album énorme (qui mérite une image énorme)!
Je parle de l'album live de Loïc Lantoine sorti récemment, A l'attaque. Vous savez certainement tout le bien que je pense du bonhomme, mais je récapitule. C'est d'abord un formidable parolier, voire, disons le, un poète qui convoque avec quelques mots de prolo de superbes images. C'est ensuite un interprète intense, habité, qui fait si bien vivre ses chansons qu'on oublie très vite qu'il ne chante pas mais parle de sa grosse voix.
Et enfin, Loïc Lantoine, ce n'est pas que le chanteur, mais c'est aussi son contrebassiste François Pierron, virtuose modeste qui insuffle leur rythme et leur mélodies aux chansons en mettant en valeur les paroles. (Si j'osais abuser de votre patience, j'ajouterais qu'en plus Lantoine a le bon goût d'être bien bien engagé. Ca fait du bien).
Bref, voila bien une formation complétement suicidaire: deux mecs dégingandés, des textes écrits sur le bord d'un comptoir, un chanteur qui sait pas chanter et un seul ziquos avec un instrument hyper ingrat. Mais la mayonnaise prend fichtrement: on touche au magique et ça ne ressemble à rien d'autre.

Mais, donc, tout cela, nous le savions déjà des deux albums studio du duo. Avec ce live, il y a un vrai plus. D'abord, il marque une gradation dans l'intensité du chant de Lantoine. Face à un public conquis, c'est certainement plus facile de défendre mieux encore ses textes.
Et surtout, les albums studios sont très dépouillés. Jusque là, je croyais que c'était consubstantiel à la Lantoinitude car je ne m'imaginais pas qu'il était possible de préserver la magie du duo Lantoine/Pierron si on enrichissait trop la partie instrumentale. Je pensais qu'on perdrait nécessairement un peu de vue les textes en rompant le subtil équilibre chant parlé-contrebasse.
J'avais bien tort. Lantoine a invité sur sa tournée de concert différents musiciens, doués et subtils (parmi lesquels le batteur de Noir Désir, et le percutioniste de Tryo), qui savent indubitablement enrichir la musique sans nuire à l'ensemble. Les morceaux en sortent indéniablement renforcés.
J'adore. J'écoute en boucle. Et je vous invite très amicalement à y gouter en consacrant dix minutes à cette petite sélection de l'album. Si vous êtes pas scotchés, faut qu'on cause.

lundi, janvier 12, 2009

Eloge de la subjectivité


Vu le nombre de fois que j'ai fait référence à son site, vous devez connaitre mon affection profonde et mon respect absolu pour Daniel Schneidermann, l'animateur d'arret sur images. C'est donc un honneur mêlé de regret que de voir un sujet de post que je mûrissais depuis quelques jours rédigé sous sa plume ce matin. Evidemment, son billet n'aura pas la puissance de conviction du mien, appuyé par mes capacités rhétoriques hors du commun, mais le bonhomme ayant de la bouteille en tant que chroniqueur, il a quand même réussi à défendre correctement son sujet et il est fort probable que l'Histoire, si fascinée par les premiers, accolera son nom à ce sujet plutôt que le mien. Mais bon... (En parlant de rhétorique, quand je fais une phrase trop longue, je la contre-balance par une autre très courte. Si c'est pas puissant ça.)

Je m'agace que les médias ne semblent connaitre que deux façons de traiter un sujet polémique. Variante 1, l'évidence écrasante. On ne présente qu'un aspect de la chose, à grand renfort d'experts et d'hommes politiques sûrs-de-leur-fait-soyons-sérieux-voyons. Les exemples les plus marquants restent le libéralisme (jusqu'à une période récente, et dont je vous pronostique qu'elle ne durera pas plus que la crise actuelle) et la constitution européenne. A ce propos, je ne me lasserai pas de répéter l'avis démocratiquement exprimé des nonistes (dont je suis) a été plus que bafoué. C'est une telle évidence qu'on n'en parle pas, mais pour moi ça discrédite plus la politique que les frasques et petites phrases des uns ou des autres. Fin de la parenthèse.
Variante 2, beaucoup plus répandue, la justaposition de positions antagonistes. On présente successivement le point de vue numéro 1, puis pendant un temps strictement identique le sujet numéro 2, et on clot les débats immédiatement.
Un partout, la balle au centre.

C'est le niveau "C'est mon choix" du débat. Chaque partie s'agite, débale ses arguments, mais à la fin, on s'embrasse, on se respecte, aucune différence d'opinion n'est grave, aucune décision n'est à prendre, aucune synthèse à faire. Pour ou contre le string à l'école? Ben on s'en fout, on peut être pour, on peut être contre, ce qui compte c'est qu'on respecte la diversité de l'autre, et à la semaine prochaine!
Ce qui se défend pour des sujets sociétaux secondaires est beaucoup plus gênant pour des thèmes plus importants. Et comme c'est ce même mode de "débat" en forme de juxtaposition de prise de position qui est utilisée sur tous les thèmes, on glorifie l'ouverture d'esprit absolue au détriment des opinions tranchées et des principes. Pour prendre un exemple récent, on peut faire intervenir un spécialiste convaincu que l'économie va à sa perte, le mettre face à un expert certain que tout va pour le mieux dans le meilleur des monde financier possible, et on se sépare sans avoir avancé d'un pouième dans cette discussion centrale.

C'est là que je rejoins ce bon Daniel. Cette glorification de l'absence de prise de position touche aussi parfois l'information. Evidemment, il est heureux que nos médias ne soient pas transformés en machine de propagande assenant une vérité officielle sur tous les sujets (ce qui nous raménerait à la variante n°1), mais l'extrême inverse est également gênant.
Pour reprendre l'étude de cas proposée par Daniel, le traitement millimétriquement symétrique de la guerre à Gaza confine au ridicule. Tout le monde (ou à presque - voir ce billet qui pour moi échappe à toute logique, et est définitivement ridiculisé par sa chute) se rend bien compte de l'asymétrie du conflit (si vous voulez mon point de vue sur le sujet, il se recoupe très fortement avec celui-ci). Mais attention, là, pas question de trancher trop clairement, on reste dans l'égalité parfaite de temps de parole (ou devrais-je dire dans l'égalité parfaite du temps de propagande). Surtout que le terrain est glissant, une accusation d'antisémitisme est si vite arrivée...
Cela dit, en l'espèce, j'ai été plutôt agréablement surpris. Même si le point de vue d'Israel est fortement repris (plus que ne le mérite sa cohérence à mon avis), la disymétrie est si forte que l'impartialité journalistique est fissurée. Je n'ai pas beaucoup de doute sur l'opinion profonde de la plupart des journalistes que j'ai entendu parler du sujet.

Je quitte donc le terrain de l'information chère à mon Daniel pour en revenir à cette question des débats sans décision. Ce qui me gêne vraiment, c'est qu'on ancre profondément en beaucoup d'entre nous l'idée qu'avoir des opinions tranchées, c'est mal. Prendre position, ce n'est pas avoir des convictions, des idéaux, ce n'est pas avoir examiné les faits et tranché une bonne fois pour toute en son âme et conscience.
Non. Prendre position, c'est s'enfermer, se ranger à une idéologie, et diaboliser inutilement l'autre côté. C'est être sanguin et bien naïf. S'il y a des gens pour penser le contraire, c'est bien que l'opinion d'en face est défendable. Ce ne sont pas des monstres quand même, non?
Pour bien faire, il faut rester neutre en toute chose, et se décider mollement au cas par cas, prudemment prudemment, sans être vraiment sûr de soi.

Je ne sais pas si ce mal est général dans toutes les couches de la société, mais je peux vous dire que chez les cadres, l'épidémie est à un point très avancé. Si tu n'es pas capable de fonder ton jugement sur Sarkozy sur des arguments qui peuvent chacun être étayés par des articles chiffrés parus dans des journaux d'une neutralité reconnue et des citations dont tu peux réciter le contexte avec précision, tu n'as aucune chance de les convaincre. Si en plus tu t'agites, tu te passionnes, tu t'échauffes, tu apporteras autant de preuve de ta subjectivité, et ton avis sera définitivement discrédité.

Mais bordel, avoir des positions, c'est bien! C'est la preuve qu'on veut quelque chose pour cette vie, plutôt qu'attendre passivement que les événements nous arrivent sur la gueule! C'est le signe d'une morale, d'une vision des choses, qui essaye de se manifester dans la vraie vie.
Et peut-être, de la changer par une impulsion qui dépasse les simples soubresauts de l'économie et des conflits éthniques ancestraux.

Et pour vous remercier de m'avoir suivi jusque là, je vous propose cette vidéo, qui fait autrement plus avancer le schmilblick au niveau philosophique:

dimanche, janvier 11, 2009

My own two hands


Et voilà qui montre d'un coup, d'un seul, que mon Internet ET ma capture de camescope fonctionnent.

mercredi, janvier 07, 2009

Offline


Je le savais! Je le savais!
Mes potes qui m'ont offert un joli camescope ne comprenaient pas ma gêne quand j'ai découvert que les données devaient être transférées de la cassette du camescope au PC via une liaison firewire. Firewire, firewire... mais j'ai pas, ça! (J'avais opportunément évité de cocher la case facultative "firewire" (pour 10 euros) lors de l'assemblage de mon PC...)
"Voila qui est un peu rageant, mais on ne va pas en faire une montagne, mon bon Vinci! Il n'y a qu'à investir dans une carte PCI (à 15 euros) pourvue de ces bonnes prises! Ca se branche en deux secondes, et le problème est résolu! Problème réglé, tiens, ressers-moi un verre plutôt."

Sauf que je rechigne toujours à modifier la config de mon PC. Je vous le confesse, j'ai peur de mon PC. Il me domine psychologiquement. Il a tous les pouvoirs sur moi, je suis sa chose... Pas un truc facile à avouer à des potes assoiffés, surtout quand on bosse dans l'informatique!Mais,
Mais j'ai l'expérience de la chose: à chaque fois que je change un pouième à ma config', le fragile château de carte informatique niché dans mon PC s'effondre immanquablement, et je suis bon pour une semaine à démonter, réinstaller, télécharger et tester.
C'est épanouissant comme tout.

J'ai donc fait tout ce que j'ai pu pour éviter de franchir le pas. J'ai regardé si on ne pouvait pas passer par un port USB2 plutôt que du firewire (non). Si je ne pouvais pas échanger mon caméscope contre un équivalent permettant de passer par un port USB 2 (non).
J'ai commandé une nouvelle façade qui comprend une prise firewire. Ça a été tout un poème de la recevoir: la boîte auprès de laquelle je l'ai commandé s'est plantée dans ses étiquettes d'expédition et j'ai reçu à la grande loterie qui s'en est suivie un magnifique câble Ethernet de 20m de long, très esthétique mais dont je n'ai absolument rien à foutre. Face à cette méprise, ils se sont engagé à lui substituer ma façade, mais ne sont pas venus au premier rendez-vous et se sont perdus au second.
Passons. Enfin en possession de ma précieuse façade, tout frétillant d'impatience, j'ai très vite constaté que je ne pouvais pas l'utiliser car ma carte mère non plus ne contenant pas l'entrée firewire nécessaire (en option, 10 euros!)

De guerre lasse, j'ai craqué.
J'ai commandé la carte PCI-firewire.
...
Mon destin était en marche.

Elle m'est parvenue hier, à 19h45 précise (avec dix jours de retard, quand ça veut pas...). Voici la triste chronologie des événements:
  • 19h45min10s. J'éjecte Gael dans les bras maternels et bondis sur mon PC. Y a des priorités dans la vie.
  • 19h45min45s. J'éteins le PC et débranche tout.
  • 19h46min12s. J'ouvre la tour, retire la carte PCI réseau wifi qui sert à rien, et monte la carte PCI firewire à la place. L'opération se déroule sans embage.
  • 19h47min30s. Je repositionne la tour à sa place, rebranche tout, reboote le PC.
  • 19h47min30s-55s. Je flippe pendant le boot du PC. Que va-t-il se passer cette fois-ci? j'ai peur j'ai peur j'ai peur.
  • 19h48min25. Le PC a booté. Tout à l'air normal. Ouf.
  • 19h48min26s. Eureka! Une bulle apparait et m'annonce que mon nouveau matériel, la carte PCI, a été détectée et que le pilote correspondant est bien installé. Miracle! Vive le science, vive windows!
  • 19h48min35s. Je vérifie qu'Internet marche. Il marche. Je vérifie que la télé marche. Elle marche. Bonheur. J'ai eu tort de douter. Vive l'informatique.
  • 19h48min45s. J'essaie de brancher mon camescope au PC, et constate que le câble que j'emploie n'est pas le bon.
Malgré ce léger point noir, l'opération a l'air couronnée de succès. Satisfait, je me rappelle que j'ai un fils à qui je vais péter la bise. Tiens, il y a même ma femme autour! Allez, un autre bisou!
Le coeur léger, je retourne à mon PC. Pompompom.
Et là, c'est le drame:
  • 19h51. Internet ne fonctionne plus. Je tripote, et me rend compte que la livebox fonctionne toujours très bien (TV, téléphone, wifi ok). C'est donc mon PC qui comprend plus comment lui causer. Je reste calme et je reboote.
  • 19h53. Internet ne marche toujours pas. Je fais quelques tentatives dans les menus du réseau, et n'y comprends goutte. Dans le doute, je reboote.
  • 19h55. Internet ne marche toujours pas. Je me dis que si ça se trouve, c'est la livebox qui n'arrive plus à parler au PC. Je la reboote donc, ce qui se fait de manière assez animale en la débranchant et la rebranchant.
  • 19h55min01. La livebox rebranchée reste inerte. Au lieu d'un joyeux balais lumineux montrant qu'elle essaie de discuter avec tout plein de monde, rien, juste deux lumières palotes et fixes. Je débranche, rebranche, rien, pareil. La livebox m'a l'air morte...
  • 19h55min42s. Les plombs sautent. Ca n'a rien à voir, notre appart' a juste du mal à encaisser trois chauffages qui tournent à fond les ballons, mais ça tombait bien, alors que j'étais agenouillé, mi-indécis mi-accablé, devant ma moribonde livebox!
Donc si je récapitule, alors que je devais brancher une bête carte PCI, opération durant deux minutes en théorie:
  • mon caméscope ne communique toujours pas avec le PC;
  • mon PC ne communiquait pas avec une livebox, même quand celle-ci n'était pas atteinte;
  • ma livebox a trépassé.
Magique! Et le tout en me laissant l'espoir que l'opération s'était bien passée. Cruel destin!
On ne me reverra pas installer quoique ce soit de si tôt! je suis reparti pour l'habituelle semaine de bidouillages informatiques, et nous serons privé d'internet et de téloche jusqu'à ce que les choses s'arrangent...

dimanche, janvier 04, 2009

Dexter

La troisième saison de Dexter vient de se terminer.
Notre serial-killer préféré poursuit ses petites aventures à Miami pour une saison où il a du mal à garder son proverbial calme entre sa meuf qui devient de plus en plus pressante pour officialiser leur liaison, un serial-killer enigmatique, et un nouvel ami étonnament proche.
A l'aube de cette troisième saison, je craignais le pire. Je me demandais comment il serait possible de nous intéresser au personnage principal après deux saisons qui nous en ont déjà raconté beaucoup sur lui. Mais d'un autre côté, Dexter et les personnages secondaires sont si attachants que l'envie de les voir une nouvelle fois à l'oeuvre me tentait furieusement.

Au final, je suis mitigé.
L'idée majeure de la saison - cet ami qui se découvre beaucoup de points communs avec Dexter - était bien intéressante, mais mon Dieu qu'elle est mal amenée. Alors que les deux acteurs en question sont des plus impressionants (Michael "David Fisher" Hall et Jimmy "Bobby Simone" Smits), leur recontre est si artificielle et si mal écrite qu'il nous faut toute la sympathie accumulée par les deux premières saisons pour surmonter les interminables 3-4 premiers épisodes.
Par contre, une fois la machine lancée, l'histoire est beaucoup plus intéressante, si bien qu'on en vient à regretter qu'elle culmine en deux épisodes seulement. J'aurais préféré que les deux amis se jaugent un peu plus longtemps tant la chose est succulente. M'enfin, l'intrigue est alors rondement menée et permet d'en apprendre encore un peu plus sur ce bon Dexter.

Voila pour le principal.
L'autre point positif majeur de la saison tient pour moi aux personnages secondaires qui prennent de l'épaisseur en restant toujours aussi attachants. Par contre, je regrette que le sort du serial killer soit réglé de manière si expéditive (voilà qui sent le scénario écrit à la va-vite), et que certains points ne soient pas éclaircis à la fin de la saison (Qu'en est-il de Quin? Que faisait le frère de Miguel exactement chez Freebo? Et surtout, la rencontre Miguel-Dexter était-elle due au hasard?)

Pour résumer, je dirais que la saison se regarde avec plaisir pour qui s'est déjà attaché à Dexter. Mais je ne l'aurais probablement pas regardé en entier s'il s'était agi de la première saison d'une nouvelle série. J'espère que les scénaristes ficelleront mieux leur production pour la prochaine saison...

samedi, janvier 03, 2009

63 185 925

63 185 925. Vous n'avez pas pu passer à côté de ce chiffre, résultat du dernier recensement qui permet opportunément d'occuper l'espace médiatique en ces périodes de fêtes.
Non d'ailleurs que l'actualité médiatique soit vide, grâce à ce bon état d'Israel qui continue intelligemment à favoriser la paix en répandant morale et amour du prochain. C'est plutôt que les rédactions sont bien vides, et que donc les sujets faciles à traiter en dix minutes sont les bienvenus.
Ce qui me fascine le plus, c'est la précision du chiffre: 63 185 925. Et pas 63 185 924 ou 63 185 926, hein. On peut aussi savoir qu'il y a précisément 2 201 578 parisiens, et 3 450 329 habitants des Pays de la Loire. Pas un de plus, pas un de moins

Alors faisons un rapide calcul.
En admettant que nous sommes bien 63 185 925, et que nous vivons en moyenne 75 ans, soit 75x365x24x60x60 = 3 265 200 000 secondes (ah quand même!). Nous pouvons en déduire qu'un Français meurt à peu près toute les 3 265 200 000 / 63 185 925 = 37,43 secondes.
Et en admettant que la population est à peu près stable (ce qui n'est pas le cas, comme se complaisent à le souligner les journaliste. Nous croissons, nous croissons! Mais taisons que c'est dû en bonne partie à notre solde migratoire, hein, faudrait pas que notre cocorico soit trop teinté de bronzés...). Il s'ensuit qu'un enfant nait aussi toutes les 37,5 secondes en moyenne.
La population française doit donc rester stable environ 19 secondes. Après, y a soit un vieux qui claque, soit un chiard qui nait. C'est mathématique!
Le chiffre magique - 63 185 925 - a donc eu une durée de vie de 20 secondes (je suis large). Quand on sait que le recensement a eu lieu sur quatre années glissantes, on peut se demander quand il a vraiment été atteint. Voire s'il veut vraiment dire quelque chose. Un bon 63 200 000 eut peut-être été plus honnête, même si il eut bien moins été romantique et respiré la précision scientifique que l'autre.

M'enfin, ce recensement m'a permis de réaliser que Marseille est bien plus grosse que je le pensais (850 000 - enfin 847 084) et est clairement la deuxième ville de France alors que je croyais qu'il s'agissait de Lyon (seulement 481 000 - enfin 480 778).
Que Toulouse talonne Lyon (450 000 - ou 444 392).
Et que Nice arrive nettement 5ème (350 735). Comme quoi, les vieux réacs se portent bien.

Le recensement ne dit par contre pas quelle portion des environ 40 000 000 d'électeurs vote en réfléchissant rationnellement au programme des candidats, contre ceux qui votent au feeling de la personnalité du candidat. 80/20? (Je déconne) 50/50? 20/80?

vendredi, janvier 02, 2009

dEUS en concert on-line

Même si je ne trouve pas que leur dernier album soit leur meilleur, dEUS reste un groupe très intéressant... et une des plus grandes sensations en concert que j'ai connu. Le Spiegel a le bon gout de nous offrir ce concert récent gratuitement, et en bonne qualité:

mercredi, décembre 31, 2008

Voeux


En avant-première, les vœux de notre président.
Des messages forts, et une confiance résolue en l'avenir.

lundi, décembre 29, 2008

Top 10 des albums.


Et voici donc, sous vos yeux ébahis, le top 10 des albums de l'année (ou plus exactement, que j'ai découvert cette année). Les cinq premiers sont absolument incontournables, et très difficiles à classer l'un par rapport à l'autre. C'est pourquoi pour compenser j'ai mis Bashung en illustration.

1- Musica Nuda - 55 21 (mais Musica Nuda et Live à FIP sont presque aussi bons).
2- Camille - Music Hole.
3- Batlik - Juste à côté.
4- Album hommage à François Béranger - Tous ces mots terribles.
5- Alain Bashung - Bleu pétrole.

6- Grand corps malade - Enfant de la ville.
7- Yael Naim - Yael Naim.
8- Benabar - Infréquentable.
9- Didier Super - Ben quoi?
10- Everlast - Love, War, and the Ghost of Whitey Ford.

Et, en grand maitre des nouvelles technologies, je vous ai même concocté une playlist avec quelques uns des meilleurs titres des albums sus-cités (du moins, de ceux disponibles sous deezer):

dimanche, décembre 28, 2008

Dernière chronique musicale de l'année


Et bien non, vous n'aurez pas immédiatement droit au top 10 des meilleurs albums de l'année 2008, car je dois au préalable vous narrer mes dernières écoutes. Back to the roots, c'est du français, du français, et encore du français.

Je passe rapidement sur Anais et son deuxième album, The love album. Elle a intelligemment évité de rééditer son Cheap Show, rigolo et bancal, et opté pour un album léché et bien produit. Ce choix courageux et malin est à moitié réussi: l'album n'est pas désagréable, mais il ne m'a pas accroché outre mesure. Il mérite probablement que je lui laisse une chance lorsque l'actualité des disques sera moins chargée.
Le dernier Delerm, 15 chansons, m'a en revanche plu sans réserves. En voila un qui creuse obstinément son sillon d'album en album. Au grand désespoir de ses détracteurs, il préserve sa patte très caractéristique: voix éthérée, namedropping à gogo et chroniques teintées de parisianisme. Je continue cependant à trouver que la chose à du charme, et que les albums successifs se renouvellent (encore une fois, en restant bien dans leur genre) suffisamment pour ne jamais me lasser.

Je ne sais par contre pas trop quoi penser d'Abd el Malik et de son dernier album, Dante. Vous connaissez le style: des textes très bavards, engagés et riches, sur des musiques à mille lieues du rap, convoquant avec bonheur jazz et violons.
Mon cœur balance selon que les textes m'emportent ou m'irritent. Sont-ils sensibles, justes et brillants (Roméo et Juliette, Paris mais, ...), ou pédants, prétentieux et sans talent (Gilles écoute un disque, C'est du lourd, HLM tango, ...)?
A chacun de voir... Je dois avouer cependant que j'écoute beaucoup cet album.

Le diagnostic est beaucoup plus simple à poser concernant le dernier live de Sanseverino (aux Bouffes du Nord): j'adore! Comme il aime visiblement à le faire, il se présente dans une formation différente de son habitude (je vous rappelle que nous l'avons vu se produire accompagné d'un xylophoniste!): deux accordéonistes et sa guitare!
Voila qui donne une relecture intéressante de pas mal de ses morceaux. Mais l'essentiel n'est pas là: on retrouve plutôt toute sa pêche scénique déjantée qui rayonne de l'album, pêche qui ne nuit jamais à la qualité de sa musique, par ailleurs parfaitement en place.
On a même le droit à de beaux inédits, parmi lesquels Rimini des Wampas et une superbe version française de A boy named Sue de Johnny Cash. Et à d'inénarrables prises de parole out of control, que ce soit sur la musique américaine ou l'explication des paroles de ses chansons (lors de laquelle nos amis catholiques prennent un peu cher).

Mais l'album de cette fournée qui m'est resté le plus au travers des esgourdes et l'avant dernier album studio de Batlik, Juste à côté.
Batlik, c'est ce chanteur-guitariste indépendant jusqu'au bout des ongles que j'ai découvert comme beaucoup il y a deux ans à l'occasion de la sortie de son album Utilité. Son style est assez particulier: il a une voix pincée avec laquelle il chante des kilomètres de texte, et une façon virtuose mais assez originale de jouer de la guitare.
Mais passée ces premières constatations, le charme opère instantanément. Batlik est engagé de chez engagé, et ça évidemment, ça me plait, vous me connaissez. Mais c'est loin d'être tout. Ce type est pétri de talent, et a un don pour trouver des harmonies accrocheuses qu'on se surprend à reprendre sous sa douche pendant le mois suivant la première écoute. En plus, il a le bon goût d'être accompagné avec discernement et beaucoup de talent par un multi-instrumentiste dont la clarinette, notamment, fera fondre votre petit cœur. Si son dernier album studio a connu un bon petit succès (encore très loin de celui qu'il mérite), le précédent est fait du même bois.
Engagement, sensibilité, personnalité, talent, harmonie, que dois-je rajouter pour que vous donniez sa chance à Batlik?

Découvrez Batlik!


Histoire de remettre une couche, je vous entretiendrai lors de ma prochaine chronique musicale du live à peine sorti de Batlik, ainsi que de celui de Loïc Lantoine qui a commencé à tourner en boucle dans mon ipod...

Top 10 ciné

L'année se termine, et je ne vous ai pas encore gratifié de mes tops 10. Aujourd'hui, les 10 meilleurs films de l'année au cinéma selon moi (parmi ceux que je suis allé voir, bien évidemment).
1- No country for old men.
2- Valse avec Bashir.
3- La vie moderne.
4- Hunger.
5- Le crime est notre affaire.
6- Mesrine (1ère partie)
7- Be kind rewind.
8- Tonnerre sous les tropiques.
9- La graine et le mulet.
10- Juno.
Mais peut-être n'êtes vous pas tout à fait d'accord?

vendredi, décembre 26, 2008

Dumb or dumber


Mes passages en Italie me donnent l'occasion de me replonger périodiquement dans tout ce que la télévision peut proposer de meilleur. Mes voyages précédents m'ont permis de découvrir des jeux grand public aux règles sans cesse plus navrantes. Non qu'elles soient spécialement trash ou avilissantes, mais simplement d'une bêtise sans nom.
Mais le maître étalon du domaine est et reste à mon sens une émission qui sévissait (et va re-sévir) également chez nous: A prendre ou à laisser.
Même les très respectables lecteurs de ce blog ont probablement dû jeter un œil à cette émission et croiser à la faveur d'un zapping de début de soirée le visage concerné de ce bon Arthur, penché sur l'épaule d'un candidat qui semblait plongé dans des abîmes de réflexion. Mais, étant donné le rythme lentissime des débats, le respectable spectateur surmonte vite la vague curiosité qui l'assaille, et ne prend souvent pas le temps de fouiller l'écheveau de règles qui sous-tend le jeu avant de passer son chemin.
C'est un tort, respectables lecteurs.
Car c'est profondément instructif.

Voyez-vous, le candidat récupère à son entrée en jeu une boiboite contenant un lot. Oui, une boiboite en bois, cubique. Point n'est besoin de ruiner la production en mise en scène compliquée, six planches font bien l'affaire.
Lui font face vingt-trois blaireaux chacun muni de leur propre boiboite, qui contiennent évidemment elles aussi un lot. Caution culturelle: chacun des 24 participants représente une région de la France. Dans les folles jeunes heures de l'emission, la Bretonne se devait de paraitre en costume traditionnel (le mieux disant culturel, que voulez-vous), mais le rythme des émissions s'emballant, les bigoudennes ont rapidement déserté.
Personne sur le plateau ne sait rien du contenu particulier d'aucune des boites, si ce n'est que l'intégralité des lots proposé est affichée à l'écran. Et comme de bien entendu, elle couvre une très large échelle, allant du meilleur (500000 euros) au pire (10 centimes, ou quelques blagues type "paire de chaussette" pour décrisper le dramatique de la situation. Qui serait insoutenable sinon).

Jamais au cours du jeu personne n'apprendra rien sur le contenu potentiel d'une boîte non ouverte. Et pourtant, vous observerez mi-fascinés mi-atterrés 23 fois le candidat se prendre la tête à deux mains pour savoir s'il doit échanger sa boîte (dont il ne sait, encore une fois, rien) contre celle qui lui fait face (dont il ne sait rien).
Ca, c'est du concept.
Mais je vais un peu vite en besogne, il y a une nuance. Régulièrement, le candidat se voit proposé un rachat de sa boîte pour un montant nettement inférieur à son espérance de gain. L'intérêt est double: d'une part cela multiplie les chances de voir le candidat hésiter de manière dramatique, dans une mise en scène subtile où l'animateur compatissant se fait appeler par un mystérieux huissier, et d'autre part cela permet de limiter les dégâts pour la production car rares sont les candidats bien embarqués pour empocher le pactole qui refuseront quelques dizaine de milliers d'euros. Y a pas de petits profits.
(Si vous voulez vous faire une idée plus précise du jeu, vous pouvez vous y adonner en ligne gratuitement là. C'est passionnant)

Et ce jeu fait un malheur.
Voila, je trouve, qui est bien éclairant sur l'état d'esprit de nos contemporains.
Je veux dire, des millions de foyers consacrent une heure de leur temps libre quotidiennement pour voir des inconnus ouvrir des boîtes. La chose pourrait être ficelée en trois secondes en ouvrant directement la putain de boite en question puisque pas une information ne filtrera qui permettra de préférer une boite à une autre, de toute façon. On est bien d'accord, autant lancer un dé à 24 faces dès le début, et on peut passer à autre chose.
Et ben non. Bien que la chose n'ait strictement aucun intérêt, ils sont des millions, concentrés, pénétrés, bercés par Arthur le dramatisateur-sympa en chef à se demander si eux ils échangeraient leur boite ou pas. A en débattre sur le canapé. Et à débriefer après coup. "Tu vois je te l'avais bien dis, je le sentais bien qu'il y avait rien dans cette boîte."
En d'autres termes, ils sont des millions à passer des heures à regarder un jeu sans s'interroger un seul moment sur son intérêt potentiel. Pire, à en imaginer un à base d'instinct et de sixième sens.
Des millions de télespectateurs.
Des millions de citoyens.
Des millions d'électeurs.

Je sais bien, il ne faut pas tout ramener à des activités intellectuelles. On peut bien se marrer, se divertir, sans se prendre la tête, sans être pour cela des pauvres types ou des irresponsables.
Je suis bien d'accord avec vous (hé, j'adore le foot), sur le papier du moins.
Parce que dans ce cas d'espèce, je ne vois vraiment pas quoi sauver. Rien ne devrait donner prise à la discussion: c'est un jet de dé, bordel! Un candidat ne peut pas être ni bon ni mauvais; c'est pas comparable à un match de foot, à questions pour un champion, ou même à la roue de la fortune!
Et en plus de ça, il n'y a pas non plus de spectacle. Interville, Cauet, c'est aussi profondément niais mais au moins il se passe quelque chose, il y a de l'action, une mise en scène. Ou au moins des décolletés pigeonnants.
Et là rien. Le vide. Des millions de personnes aiment se faire avaler par du vide. Regarder des gens qui se posent des questions sur une boite noire dont ils ne savent rien. On leur donne l'image d'une réflexion, d'un suspense minimaliste, sans aucune prise, sans aucun contenu, et eux ils adorent. Je veux dire, on pourrait écrire des bouquins sur ce que ça révèle sur l'âme humaine.

Je m'interroge sur un dernier point. A quel point les producteurs et animateurs sont ils dupe de la situation? Que pensent-ils des candidats? Comment ont-ils qualifié entre eux leur émission dans les multiples réunions qui ont précédé sa mise au point?
J'ai ma conviction sur la question, conviction renforcée par le mépris infantillisant qui rayonne à mon sens d'Arthur et de ses semblables dans ses performances d'animateur.
Quoiqu'il en soit, ils ont vu juste dans leur analyse, vue la liste impressionante de pays dans laquelle est reprise la franchise.

jeudi, décembre 25, 2008

Lui

Le blog en témoigne, et on en est tous là: j'ai tendance à être moins virulent avec Sarkozy qu'il y a six mois seulement. Non que mon opinion sur le personnage ait le moins du monde changé, mais on se lasse de pester contre lui, de s'indigner contre ses mesures, abattus sous le feu nourri de ses initiatives.
Mais je suis tombé dans le Spiegel, journal de grande qualité sans ligne politique bien définie, sur un article d'une étonnante férocité sur notre président. Qu'un Allemand tout calme et rationnel en vienne à le présenter comme un danger sérieux pour la démocratie remets les choses en perspective... Le seul dirigeant européen dont ils aient parlé si mal, autant que je me souvienne, est Berlusconi.
Je vous laisse seuls juges (cela m'étonnerait de vous, mais si vous préférez la version française, elle se trouve ici, traduite par les bons soins de Courrier International)

mardi, décembre 23, 2008

Deux vidéos

Choppées sur le site du Monde.
D'abord, il y a ce joyeux touriste qui danse avec des autochtones dans plein de pays différents:

Mais surtout, ce savoureux court-métrage:

dimanche, décembre 14, 2008

Marketing bébé


Heureusement que les bébés ne sont pas au fait de toutes les finesses juridiques des grands, parce qu'il y aurait de quoi les trainer devant les tribunaux, des fois!

Alors voila, on nous fait miroiter monts et merveilles. Viens petit, tu verras, tu vas arriver dans un monde merveilleux, peuplé d'animaux gentils et d'adultes pleins d'amour qui se donnent la main en gambadant dans les champs! Convaincante, la pub...
Total, je me retrouve à Paname, et le temps que je sois capable de regarder un peu autour de moi il fait gris et froid, et la nuit tombe à 16h. Et en ce qui concerne la solidarité et l'amour, je vous rappelle que mes deux pays sont gouvernés l'un par Sarkozy, l'autre par Berlusconi.

Mais bon, je comprends vite (je tiens de mon père), et je choisis donc comme les grands d'oublier tout rêve d'humanité solidaire et souriante, et de me recentrer sur les plaisirs individuels. N'étant pas assez grand pour pouvoir consommer (j'ai hâte j'ai hâte), j'espérais bien profiter à outrance de longues siestes, de calins infinis et de joujous épanouissants.
Las... Alors que les grands se figurent que la vie de bébé n'est que long et innocent bonheur, je passe mon temps à cumuler les emmerdes. A peine commence-je à prendre mes marques au niveau de l'allaitement maternel qu'on me retire littéralement le nichon des lèvres. A peine m'habitue-je au biberon qu'on me gonfle à m'introduire des aliments solides. Et évidemment, quand je commence à bien les apprécier, on en introduit d'autres. Pour mon bien, évidemment!
Mais le pompon, c'est les tuiles de santé à répétition. Passe encore que mes dents me lacèrent périodiquement les gencives, entrainant par je ne sais quel automatisme tordu la production de selles acides qui m'agressent l'arrière-train. Je suis même près à accepter de payer chaque nouvelle capacité de déplacement que je découvre par son lot de gamelle et autres bosses.
Mais là, l'enchainement trachéïte-otite-varicelle et otite en même temps, ça commence à bien faire! Surtout avec une varicelle vicieuse qui trouve malin de concentrer l'essentiel de ses boutons sur mes petites fesses délicates!
Alors ça suffit maintenant, hein. En cette période de Noël, je demande solennellement un cessez-le-feu pour que je puisse ressentir un peu ce que c'est qu'une vie quand tout va bien. Et je ne vous en tiendrai pas rigueur si je conclut la première année sans avoir connu les oreillons ni qu'on m'enlève l'appendicite!
Bien à vous,

Gaelou

mercredi, décembre 10, 2008

Tchi tcha

Ah heureusement qu'il y a quelques valeurs sures pour nourrir le blog en temps de disette! Votre journée sera donc illuminée par une chronique ciné zeblogienne, nettement plus intéressante que le précédente fournée!

Mon dernier RTT de l'année m'a permis d'aller voir le dernier frères Coen, à sa première séance de diffusion: Burn after reading. Les frangins nous ont habitué à alterner films grandioses et personnels (type: No country for the old man), et des divertissements plus légers mais tout de même de très haut niveau (type Intolérable cruauté). Il faut dire qu'avec leur maitrise de la caméra, leur sens de l'humour noir et leurs amitiés très recommandables (Clooney par exemple), il faut presque le faire exprès pour ne pas réaliser de bons films!
Burn after reading est à classer dans la deuxième catégorie. Il s'agit d'une histoire d'espionnage déjantée où se croisent et s'épient espions ratés, érotomanes incontrolables et idiots complets typiquement coéniens. Cette galerie de personnage étant notamment défendue par Clooney, Malkovitch et un formidable Brad Pitt.
Malheureusement, la mayonnaise ne prend pas complétement. Malgré les excellents acteurs, le ton familier aux Coens et quelques belles surprises, l'intrigue manque notablement de souffle. Reste un divertissement sympathique, là où on pouvait attendre beaucoup mieux.



Cette demie-déception étant évacuée, je peux vous parler des deux grands films que j'ai vu dernièrement. Commençons par Hunger.
Il s'agit de ce film-choc sur l'emprisonnement des activistes de l'IRA qui relate leurs tentatives pour se faire reconnaitre le statut de prisonniers politiques. Alors qu'on ne parle dans les médias quasiment que du dernier pan du film (la grève de la faim de Bobby Sands), deux autres aspects sont également couverts: la révolte des couvertures (les prisonniers de l'IRA refusaient de porter l'uniforme des criminels ordinnaires, et donc vivaient nus avec leur couverture) et leur grève de l'hygiène d'une part, et le quotidien des gardiens d'autre part (dedans et hors des murs).
Ce film a beaucoup fait parler de lui sur deux points: l'exceptionnelle maîtrise de son réalisateur débutant (artiste contemporain reconnu, comme quoi...) et l'horreur quasi-insoutenable qu'il montre. Une fois n'est pas coutume, je suis en accord complet avec les médias. Les sordides détails sur la grève de l'hygiène (murs couverts d'excréments notamment) et la longue agonie de Bobby Sands sont quasiment insoutenables. J'ai failli quitter le visionnage du film à la vingtième minute pour cause de hauts le coeurs.
Mais le jeu en vaut la chandelle. Car le film est non seulement extrêmement fort (il nous fait toucher du doigt l'horreur absolue qu'ont connu ces prisonniers et gardiens -et la force d'esprit insensée qu'ils avaient), mais en plus il est formidablement beau.
Insoutenable souvent, mais magnifique. Le cadre est sublime, la lumière splendide, les corps des prisonniers et gardiens superbement mis en valeur, et les quelques inventions de mise en scène tombent magnifiquement à propos (à part peut-être l'échappée onirique finale qui, si elle n'a rien de honteux, est un peu démonstrative). Outre ces qualités esthétiques, Steve MacQueen (c'est le réalisateur) mène impeccablement son histoire, contre-balançant le point de vue des prisonniers par le quotidien des gardiens par exemple, ou nous faisant pénétrer dans une cellule pour la première fois dans les pas d'un nouveau détenu.
Bref, un film fort et superbe, mais authentiquement très difficile à soutenir.



Dans un style moins hard-core, mais non moins engagé, nous sommes allés voir avec bonheur La vie moderne de Depardon, le dernier épisode du triptique documentaire que le photographe-réalisateur consacre au monde des petits paysans. Là aussi, la maitrise technique (bien plus discrète et subtile) est tout au service du propos du film.
Nous pénétrons avec Depardon dans l'intimité de quelques petits paysans, la plupart vieillissants, avec qui il a mis des années à se lier d'amitié et qui livrent donc, en toute franchise et toute simplicité, leur vision de leur vie et du futur des petits paysans.
Le film respire l'humanité, et plonge en quelques plans le plus citadins des spectateurs dans le charme et la dureté de la vie paysanne. Mais Depardon ne se contente pas de nous faire rencontrer des personnages formidables qu'on pourrait croire d'un autre temps (et de mener magnifiquement leurs interviews), il les filme avec un sens du cadre et des couleurs qui accouche d'images magnifiques (avec une mention spéciale à ce paysan à la chevelure iroquoise qui regarde l'enterrement de l'Abbé Pierre à la lumière de sa vieille teloche mal réglée). Et capte tous ces petits riens qui plantent le décors en un rien de temps (la café servi dans le verre Duralex, la vieille paysanne qui interromps sans cesse la conversation pour inciter le preneur de son à attaquer de toute urgence son gateau qui va refroidir, etc).
Du bonheur et un sens de la nostalgie qui vient d'on ne sait où.

vendredi, novembre 21, 2008

Pan pan boum paf

Ce n'est pas parce qu'on dénigre l'art moderne qu'on est nécessairement un gros bourrin. Vous me connaissez: ivre de culture, de musique délicate et travaillée, de séries complexes, j'ouvre ici la page "critique ciné" que vous aimez tant. Au sommaire de cette édition, quatre films d'auteur, fins et racés: James Bond, Mensonges d'État, Tonnerre sous les tropiques et Mesrine. Sortez la testostérone, mesdames messieurs!
Le hasard a donc fait que les quatre derniers films que j'ai vu sont, disons, plus orientés sur l'action que sur la réflexion ou le sentimental. C'est un monde âpre, violent, tendu, qui peut révéler quelques perles, ... mais aussi quelques catastrophes!

Dans la deuxième catégorie, je rangerais bien le James Bond - Quantum of Solace. Pour réussir à gâcher le charisme de Daniel Craig, le charme de la James Bond girl, le magnétisme d'Amalric et la magie bien rodée de ce vieux James, c'est assez simple. Il suffit de caser une course poursuite de 4 minutes toutes les 5 minutes, de se sentir obligé de décliner tous les types de scène d'action (combat à main nue, gunfight, course poursuite à pieds, sur les toits, en voiture, en bateau, etc), de changer de décors de carte postale toutes les 10 minutes (Siéne, Haïti, La Paz, etc), bref de réduire la recette éprouvée de l'agent-secret-qui-suinte-la-classe-contre-le-méchant-vicieux à un catalogue de scènes d'actions invraisemblable. Dommage.

Le ratage est encore plus complet pour ce qui concerne le dernier Ridley Scott, Mensonges d'Etat. Trompé par la bande annonce et quelques critiques à côté de la plaque, je m'attendais à un jeu de manipulation subtil porté par de bons acteurs, doublé d'une charge contre les agissements de la CIA. Et à quelques scènes d'action magistrales, soyons juste. Comme j'aime bien Crowe et Di Caprio (et qu'en plus ce dernier choisit en général bien ses films), je ne me suis pas posé de questions et j'ai joué un de mes rares jokers "chérie, tu gères le mome, moi je m'éclipse deux heures" pour aller le voir.
Las. C'est tout pourri. Nul. En ce qui concerne la réflexion sur les agissements de la CIA, on repassera: Di Caprio est très très gentil, Crowe très très con, bourrin et manipulateur. Mais surtout, le thriller portant sur la manipulation est un ratage complet: rien ne tient la route, DiCaprio se fait entuber systématiquement par Crowe et se contente en retour de l'insulter un peu, avant de repartir dans une nouvelle aventure encore plus risquée sous ses ordres! Quant à l'habile stratagème imaginé pour faire sortir le chef terroriste du bois ou le dénouement final, il est à pleurer d'invraisemblance! Et je vous fait grâce de l'histoire sentimentale qui se greffe sur tout ça...

Tonnerre sous les tropiques est par contre une franche réussite. Il s'agit du dernier film de Ben Stiller avec ses potes, parmi lesquels Jack Black, Robert Doney Junior... et même Toby McGuire et Tom Cruise dans des rôles étonnants!
Cette comédie plonge cinq acteurs prétentieux au plus profond de la jungle pour le tournage d'un film ambitieux sur le Viet-Nam. Evidemment, allumés comme ils sont, rien ne se passe comme prévu et quand ils se retrouvent livrés à eux même tout en se croyant encore filmés, on part pour une heure et demie d'humour délirant, foufou, et se moquant pas mal du politiquement correct. C'est à voir et à revoir en se tordant de rire.

Enfin, j'ai beaucoup aimé le premier film consacré à Mesrine (il parait malheureusement que le second est loin d'être à la hauteur). C'est une belle réussite qui fait penser à du Scorcese pour son ambition, son souffle épique (on suit le gangster sur une vingtaine d'années quand même) et son âpreté.
Le film est parfaitement mené, la narration maitrisée comme tout, et le scénario au quart de poil: avec la vie que Mesrine a mené, il n'y a pas besoin d'en rajouter. Et il vrai qu'en plus la performance de ce cabotin de Cassel colle parfaitement à l'égo surdimensionné et à l'animalité de Mesrine. Un très bon film pour qui n'est pas rebuté par la violence.

mercredi, novembre 19, 2008

Arthur H


Il est vrai que nous comptons un peu plus nos sorties-concert qu'auparavant. Mais, après avoir fait des pieds et des mains pour voir Arthur H lors de sa dernière tournée, j'ai bondi sur l'occasion et suis allé le voir pour l'Abondanse.
Son dernier album surprend. Il quitte les ambiances sombres du jazz mélancolique et les ors mats de son dernier album pour se lancer, surprise, dans du disco joyeux et assez inclassable. Parce que du joyeux porté par une voix rocailleuse comme ça, c'est pas exactement du disco classique.
J'apprécie toujours les artistes qui se remettent en question et cherchent à visiter de nouvelles colorations à l'occasion de la sortie de leurs albums. Cela dit, si L'homme du monde est intéressant et assez plaisant, je ne l'ai pas trouvé à la hauteur de ses glorieux prédécesseurs.

Du moins, jusqu'à ce que j'assiste à ce concert. Et que je réalise que toute cette musique fouillée, travaillée, mélant différents étages mélodiques, n'est que l'œuvre d'une formation classique et limitée: un batteur, un bassiste, une clavier-chœur et un guitariste. Soutenus très ponctuellement par un Arthur H à la guitare, et un ou deux jingles enregistré balancés par le clavier. Point barre.
Sentir ce son si puissant et si compliqué sortir de ces quelques musiciens m'a tout retourné. Quelle solidité, quelle virtuosité, quelle capacité à se porter les uns les autres! J'attribue une mention spéciale au guitariste dont la qualité n'a d'égale que la discrétion sur scène (si je jouais 10 fois moins bien que lui, je peux vous dire que je me jetterais sur l'avant-scène à chaque solo!)
Mais je salue d'abord et avant tout la basse surpuissante qui balance une pêche disco du tonnerre , et eut tôt fait d'éteindre mes réserves sur l'album. Entendre ces chansons avec toute la puissance qu'elle mérité, ça vous transcende un album écouté piano au casque!

D'autant qu'évidemment il y a Arthur. Sa voix incroyable s'enrichit d'une belle présence sur scène où il ondule, habité qu'il est par sa musique. Voila qui donne une belle intensité à ses chansons, ce à quoi je m'attendais après l'écoute de son live (et en connaissant son lourd patrimoine génétique).
Mais ce qui m'a le plus étonné est son humour. Le garçon aime bien balancer quelques vannes entre ses chansons et même pendant celles-ci. Témoins, ce Dancing with Madonna transformé en Dancing with Obama, qui se termine en une étreinte passionnée entre Arthur H, Obama, Madonna - et un minuscule Sarkozy qui cherche à s'incruster.
Mais le pompon, ça a été ce rappel étonnant où Arthur arrive déguisé en superman, et nous narre en cinq bonnes minutes ses dernières aventures de H-man. Il revendique notamment la paternité de l'enfant de Rachida Dati.

Comment vous dire donc? Un concert assez excellent, je dirais.

mardi, novembre 18, 2008

Noir Dez

Pour ceux qui seraient passé au travers, Noir Désir a mis deux nouvelles chansons en téléchargement gratuit sur son site. Je les trouve excellentes: la voix à la limite de la rupture, entre colère et sensibilité, est toujours portée par la mécanique électrique impitoyable du groupe. J'attend avec impatience le nouvel album auquel ils travaillent probablement.

lundi, novembre 17, 2008

Sujet polémique


Je le concède, je suis un bourrin de béotien: je ne connais rien en matière de peinture. Je me soigne comme je peux: ma chère et tendre essaye de me faire toucher du doigt certains concepts, de me faire approcher la magie de certaines œuvres contemporaines, mais rien n'y fait. Je suis complètement imperméable à la peinture du XXème siècle.
Notre dernière tentative a été un échec cuisant: nous avons visité le saint du saint de l'art contemporain: le MoMA (Modern Museum of Art) à New-York. Elena était au bord des larmes devant certaines œuvres, mais en ce qui me concerne, l'ennui fut total. Pourtant, bardé de bonnes intentions, j'ai écouté religieusement l'audioguide qui devait entrouvrir pour moi les arcanes du milieu, et ai lu avec la plus profonde attention les notices explicatives.
Rien. Nada. Je ne sens rien. C'est bien simple, je me sens aussi proche d'un fan d'art moderne que d'un mec de droite lisant le Figaro. Notez que ces deux groupes d'individus se recouvrent largement, d'ailleurs.

Enfin, pour tout vous dire, je ne sens pas exactement rien devant ces toiles. Une pensée de plus en plus précise s'est faite même jour au fil de la visite chronologique, alors que les oeuvres devenaient de plus en plus abstraites. Petit à petit, une voix me murmurait de plus en plus clairement:
Petit Vincent, petit Vincent... Dis moi, petit Vincent, petit Vincent... Mais bordel à la fin est-ce qu'on se foutrait pas complètement de ta gueule? Est-ce que tu n'es pas là, concentré comme un blaireau, à essayer de donner un sens à de grands n'importe quoi? Tu te rends compte que tu es en train de te prendre la tête pour savoir pourquoi un petit con prétentieux à attaché ce costard au mur? (Véridique.)
Alors je sais, depuis la jurisprudence Duchamp, mettre des trucs de la vie quotidienne dans une expo est censé nous faire réfléchir sur ce que c'est que l'art exactement. Si vous voulez mon avis, ça pue la tartufferie à des kilomètres, c't'histoire! Je veux bien que les deux-trois premiers ready-made (c'est le terme technique, que ce bon audioguide m'a appris) aient eu leur intérêt, mais de là à en produire à la chaine! Et si l'amateur d'art a besoin d'une roue de vélo à 100000 euros dans son salon pour réfléchir au sens de l'art, ça en dit long sur le niveau du mec. Tu bosserais pas dans la finance, toi?

Alors entendons-nous bien. Je vous parle des concepts vraiment récents là, pas des Picasso ou des Dali qui restent intéressants, et souvent beaux au plus grand nombre (dont il se trouve que je fais partie). Non, je parle des trucs hardcores: un étalage de poussière par terre ou des pièces de ferrailles pour citer les plus évidentes. Mais pour moi, même Warhol ou Kandinski, c'est franchement limite. A part que certaines de leurs pièces sont hyper connues. On peut par exemple se demander ce que les 36 peintures de boîtes apportent, à part un effet marketing.
Et c'est justement ça qui me gène. J'ai l'impression que ce type d'art se résume souvent à une formule marketing.
- Bonjour, je suis Duchamp, et j'ai décidé de m'interroger sur la définition de l'art: donne moi 500000 euros pour une pissotière.
- Bonjour,je suis Kandinski, et j'ai décidé que les formes, ça sert à rien: donne moi un million pour mon gribouillage!
- Salut, c'est Mondrian. Moi, mon kiff, c'est les traits noirs à la règle qui se croisent sur fond blanc. Je te mets un peu de couleur, et tu me files une baraque?
- Yo, c'est Newman. Moi j'ai eu un choc quand j'ai décidé des "zips", des lignes droites verticales sur fond rouge, et c'est de la balle, baby. Par contre, une fois, un con qui m'a acheté une toile hyper cher m'a demandé de l'expliquer pour quelques amis à lui. Je l'ai insulté. M'abaisser à ça...
Et le conservateur de musée, ou la fan éclairé, de se mettre à frétiller devant ces concepts follement novateurs et provocants. Ohohoh, pas de forme, mais c'est fou ça! Ben mon coco, tu as gagné: tu seras riche toute ta vie, et tu l'as bien mérité alors!

Oui, je sais, je suis injuste, mais ça fait du bien quand tu as l'impression d'être le dernier des imbéciles, celui qui ne comprend rien au milieu d'une foule fascinée! Dans le fond, je n'ai rien contre le fait que des mecs s'éclatent à peindre ce qu'ils veulent, à développer les concepts qui les éclatent. Je suis même prêt à accepter l'idée qu'il y ait une petite minorité sur Terre, hyper érudite et sincèrement passionnée, qui vibre au diapason devant les nouveautés du domaine.

Mais j'aime pas ne pas comprendre/ressentir. Je sais qu'il ne faut pas voir ça au travers le prisme scientifique de la "compréhension". Je veux dire que, par exemple, je n'apprécie pas la danse, la musique classique, où la peinture d'avant 1920, mais je comprend tout à fait que des gens puissent se passionner pour ces domaines. Et j'ai même du respect pour eux. Rien de tel pour l'art moderne. Surtout dans cette sorte de mécanisme pervers, où:
  • on te donne l'impression que nombreux sont ceux qui comprennent/ressentent. (Est-ce vrai, ou est-ce du bluff?);
  • il s'agit (sur le papier) d'un domaine provocateur/novateur/anticonformiste pour qui je devrais avoir la plus grande sympathie;
  • il me semble que l'art moderne te dit, quelque part: "prend ça dans ta gueule, et vois si tu es assez malin et ouvert pour capter quelque chose. Si tu n'y arrives pas, tant pis, tu ne fais pas partie des Élus." Te voila piégé: le fait que tu ne comprennes pas (comme tant d'autres) fait partie du concept;
  • la société est aux pieds de ces grands "artistes". Leurs œuvres sont devenues des objets de spéculation aux prix insensés, les musées présentant les tableaux les plus connus ne désemplissent pas, et elles font l'unanimité, à droite comme à gauche.
Dans ces conditions, j'arrête là l'hypocrisie et clame haut et fort que je n'y comprend rien, que je ne trouve pas ça beau, que ça ne me fait rien ressentir du tout et ne me fait m'interroger sur rien. Ça m'emmerde et je vous emmerde!

Chers lecteurs, j'attends avec impatience vos commentaires constructifs. Mais avant de me traiter de tous les noms (Ele vient de me traiter de nazi, c'est assez indépassable), je vous invite à regarder les highlights du Moma. Si vous trouvez sincèrement beau, ou intéressant, des trucs à partir de la page 10, vous avez mon plus grand respect.
Votre,
Le boulet.

mercredi, novembre 12, 2008

New York, New Yoooork


Et oui, nous voilà fraichement de retour de LA ville, la ville des villes: New-York. Trois journées plus que bien remplies, à la faveur d'un temps ensoleillé bien que frais.
Jugez plutôt: Financial Center (dont Ground Zero et Wall Street), Battery Park, ferry pour la statue de la liberté et Ellis Island, Midtown, Time Square, Rockefeller Center et Central Park le dimanche. Chinatown, Little Italy, Soho, East Village et le Museum of Modern Art (MoMA pour les intimes) le lundi. Et enfin, Greenwich village, shopping et Chelsea le mardi!
Le pied. On a donc pu à la fois voir les incontournables (qui valent nettement leur réputation), et découvrir des quartiers moins intimidants (sans gratte-ciels) et ayant beaucoup de charme. Le tout en mangeant très bien (même les hamburgers étaient bons), et en buvant tout notre saoul de shopping.
Maintenant, il ne reste plus qu'à récupérer du décalage horaire!

vendredi, novembre 07, 2008

Musique maestro!


Il est vrai que cela fait quelque temps que je ne vous ai point entretenu de la bonne musique qui est passée par mes esgourdes. Il y a deux bonnes raisons à cela: d'une part je n'ai pas eu de coup de cœur foudroyant récemment, et d'autre part il m'a fallu pas mal de temps pour me faire une idée de la qualité de certains albums.

J'ai une bonne excuse: il y en a toute une colonie dont je trouve certaines chansons formidables, et d'autres très oubliables.
Commençons par Debout sur le Zinc et leur petit dernier De Charybde en Scylla. Il contient quelques perles à se rouler par terre, dont J'ai (en écoute sur leur site) et De Charybde en Scylla. On y retrouve leur capacité à marier leurs différents intruments (clarinette, violon, trompette, guitare, banjo, contrebasse et batterie) en experts dans des montées en puissance à laisser coi. Elles s'enrichissent en plus sur cet album de tonalités électriques du meilleur goût. Malheureusement, je trouve pas mal de titres assez fades, et leurs paroles assez moyennes.
Verdict mitigé également pour l'album d'Alex Beaupain, 33 Tours. Il s'agit de l'auteur des chansons du film Des Chansons d'amour, qu'il a amplement inspiré car il a perdu son grand amour brusquement. Ses chansons valent surtout par leurs paroles mélancoliques, souvent brillantes, mais souffrent d'une instrumentation sommaires et d'un brin de voix parfois énervant. Le meilleur y côtoie le pas terriblei.
Dans un registre plus joyeux, j'ai bien aimé le dernier Anis. Du blues péchu, portée par sa voix et son débit si caractéristique: c'est très sympa, mais tourne peut-être un peu en boucle. Jetez une oreille sur Hagard du Nord, ça donne envie de creuser le filon.

Dans la catégorie déception, je place le dernier Oasis (dont je n'attendais pas grand chose) et du nouvel ACDC (qui n'apporte rien de rien de neuf). Mais surtout, et ça me fait très mal, le dernier Tryo, Ce que l'on sème.
Fan de la première heure, je ne suis pas de ceux qui ne jurent que par le premier album. Je trouve que tous leurs albums (jusque là) étaient non seulement excellents, mais en plus se renouvellaient intelligemment en sortant du ghetto "reggae accoustique".
Malheureusement, cette superbe série s'arrête là en ce qui me concerne. Le dernier album me semble avoir perdu le subtil équilibre entre le rage de Guizmo et la bonne humeur de Mali; on n'a plus que de la guimauve emmerveillée avec quelques coups de griffe à contre-temps. Et la profondeur musicale de Manu n'arrive pas à sauver les meubles.
Je suis dur car je reste un grand amateur de leur musique. Et cet album m'a franchement déçu.

Mais il y a aussi quelques belles satisfactions.
Commençons par une surprise: Everlast. Telerama m'a convaincu de donner une chance à son dernier album "Love, War, and the Ghost of Whitey Ford". Me faire écouter du hip hop américain chanté par un tatoué semblant sortir de prison, c'est une prouesse.
L'album est en fait extrêmement riche, et est au moins autant à ranger du côté du blues et du rock que du hip hop. Les mélodies sont très accrocheuses et sa voix profonde et implacable a pas mal de charme. Très bien produit, l'album porte son lot de ballades grand public, contrebalancées par des chansons violentes dont une reprise du Folson Prison Blues d'anthologie.
Tout cela est très efficace et agréable.

Et enfin, il en est un qui jamais ne déçoit: c'est monsieur Benabar. On connait ses limites - les musiques un peu plan-plan - mais ils servent souvent très bien les textes, toujours aussi variés, justes et marrants. J'ai une tendresse particulière pour A la campagne et Infréquentable.
S'il ne fallait retenir qu'un album de cette moisson diverse, ce serait celui là.

jeudi, novembre 06, 2008

Grand jeu

Question rouge: de quel ouvrage est tiré la citation suivante:
"
Une chose est sure: New-York ne vous laissera pas indifférent. Elle éblouie par son gigantisme et envoute par sa diversité. Car New-York, c'est LA ville, la ville des villes. Trop petite pour être un pays et trop grande pour être une simple cité. (...)
New-York, c'est la ville de toute les cultures, de toutes les ethnies, de toutes les cuisines... C'est la ville-monde. Chaque borough, chaque quartier a son identité propre. mais attention, New-York bouscule ceux qui se la coulent douce. Faire un pause, c'est régresser. Il faut bruler les étapes, aller toujours plus vite. (...)
"
Et questions subsidiaires: quelle juste sanction mérite l'auteur de ces lignes? Quelle note aurait mérité une rédaction de 3ème sur des vacances américaines? Combien de ligne de cocke peuvent excuser cet exrait? Et quand vais-je enfin me tenir à mes résolutions de boycott du routard et du petit futé?

lundi, novembre 03, 2008

Quelle fatigue!

Ah qu'est-ce qu'ils me fatiguent! Je suis las, fatigué, de ces putains de médias. Et encore, je ne m'abreuve pas à la sauce TF1 mâtinée d'Europe 1, je vous dis pas mon état sinon.
Alors voilà, à tellement surjouer, sur-exposer, sur-commenter l'événement, ils vont réussir à me faire détester Obama. Bien évidemment, on ne peut que se réjouir de son arrivée en lieu et place de Bush à la Maison Blanche. Avant, tout aussi évidemment, de se retrouver tout déçu de ses décisions futures. Ainsi va la démocratie: tu perds tu l'as dans l'os, tu gagnes t'es déçu. Heureusement qu'on gagne pas trop souvent, nous autres!
Bref, mais à force d'envoyés spéciaux, d'émissions spéciales en direct de là bas, d'analyses et re-analyses photocopiées qui ne font pas avancer le débat, j'en ai plein les oreilles. (Pour être poli) Est-ce que son avance dans les sondages est telle qu'il est sûr d'être élu? Ou bien les nombreux vilains racistes US peuvent-ils le faire perdre quand même? Restez avec nous jusqu'à mercredi, ne zappez pas!
Ahhhh mais lâchez nous un peu nom de Dieu! De toute façon, jusqu'aux résultats, il n'y a rien de nouveau à dire, non?

Un événement important, facile à filmer, facile à commenter, et hop c'est la voie royale pour occuper des heures et des heures d'antenne. Ils avaient déjà réussi à me faire détester Bétancourt quelques heures seulement après sa libération. A me gonler avec la crise financière bien qu'il y ait tant de choses importantes à en dire, qui dépassent le "est-ce que ça commence à s'arrêter ou ça ne fait que débuter. Ben on en sait rien." (A ce sujet, une solution originale au problème est proposée là).
Et c'est maintenant Obama que je hais suite à leur pilonnage incessant...

Au passage, une des ficelles pour faire durer le suspense me fait doucement rigoler. L'effet Bradley, vous savez, le fait que dans le "secret de l'isoloir" (expression obligatoire quand le sujet est abordé), les gens sont enclins à ne pas voter pour un Noir même s'il est proche de leur opinion. Ca me fait marrer, non pas parce que cet effet est négligeable ou inintéressant, mais parce qu'il nous est détaillé avec une sorte de condescendance pour ces bouseux d'Américains, tous plus ou moins racistes quoiqu'on en dise. Nous, on est au dessus de tout ça bien sûr...
Hé, les mecs, c'est quel pays qui est sur le point d'élire un Noir? Et quel autre qui a mis Le Pen au second tour? Alors, un peu de retenue, les pépéres.

Outre que le matraquage médiatique est abrutissant, il a en plus l'effet secondaire de cacher les vraies infos importantes. (Oui, l'élection américaine c'est important, mais qu'on nous en parle une fois le résultat connu, plutôt que de nous pomper avec les derniers voyages de McCain et Obama!) Après 10 minutes sur le sujet, et avant 3 minutes de sport (sur lesquelles je ne crache pas), il ne reste plus de la place que pour parler d'une nouvelle.
Grand jeu, laquelle est-ce, parmi les trois suivantes:
  • La retraite à 70 ans. (Ah mais seulement pour les volontaires bien sûr! Ahaha)
  • Le rejet partiel de la proposition de taxation des stock options, des parachutes dorés et des actions gratuites pourtant émise bruyamment par notre président (source: Reuters cité par arrêt sur images).
  • Une dame a été bouffée par des chiens (d'où l'image classieuse illustrant ce post. Slogan: dogs don't always have it easy - les chiens n'ont pas toujours une vie facile).

Emballé par les événements, Brice Hortefeux, très joueur, a décidé de tenter le banco. "Putain, ils sont tellement focalisés sur Obama qu'ils ne verraient même pas que je vais faire une réunion européenne sur l'immigration à Vichy! Tu me crois pas? Chiche? Je le tente"
C'est pas passé loin, Brice, mais ça c'est quand même vu...