lundi, août 31, 2009

Arrêt sur images gratuit

Je remets une couche au sortir d'une (nouvelle) indispensable émission d'arrêt sur images. Elle n'est pas en contenu libre, mais je vous recommande par contre chaudement le best-of des émissions de l'été dont elle fait partie. Nous en avons vu quatre sur les cinq, et trois d'entre elles sont tout simplement indispensables (Lordon sur la crise économique, Rey sur les mots et Cordier sur Jean Moulin, dont nous venons d'achever le visionnage), tandis que la quatrième est juste très intéressante (Dray sur... Dray).
Je pointe ici sur la page en question. Cependant, comme je suis un abonné (moi!), il est possible que je tombe automatiquement sur une page à accès réservé. Je suis cependant sur qu'une version tout public existe, retournez alors si le lien ne marche pas sur la page d'accueil et cliquez sur "contenu d'utilité publique".

Dans le même genre, les émissions "D@ns le texte" produite par arretsurimages.net, et consacrés à un bouquin dont l'auteur est invité sur le plateau (où il a le temps de parler!) sont accessible jusqu'au 9 septembre gratuitement. Je vous recommande particulièrement Lanzmann, Debray, Desarthe (peut-être la plus intéressante bien que je n'ai jamais rien lu d'elle) et Michon.

jeudi, août 20, 2009

9

Le joli court-métrage dont est tiré un film qui sort cette semaine (et n'apporte pas grand chose au court dont il est tiré, ai-je lu).

mercredi, août 19, 2009

Tu as, tu as toujours de beaux yeux


Quand les petits gars dans mon genre cherchent à sortir un petit peu le museau de leur puits d'inculture, ils doivent se frotter à quelques œuvres incontournables. Le cas du sieur Proust étant provisoirement réglé, je me tourne vers un antipathique auteur le décrivant aimablement, notre fin Marcel, comme un "mi-revenant (... qui) s'est perdu avec une extraordinaire ténacité dans l'infinie, la diluante futilité des rites et démarches qui s'entortillent autour des gens du monde, gens du vide, fantômes de désirs, partouzards indécis (...), chercheurs sans entrain d'improbables Cythères". Tranchante transition! Violent contraste entre de finesse décadente des salons et l'abrupte puanteur du pauvre!
Sachant l'impardonnable voie où l'auteur s'est laissé entrainer par la colère râgeuse, brillante et infatiguable qui agite ses lignes, j'ai longtemps hésité à entamer sa lecture. Il est des fréquentations que je ne peux souffrir. Quelque peu rassuré par la lecture d'articles datant son engagement dégueulasse et jusque-boutiste d'après la rédaction de son oeuvre maîtresse, je m'y suis tout de même aventuré du bout des doigts.
Je me suis retrouvé instantannément happé, soufflé, balancé de ci de là par une manière d'écriture sans concession qui mêle brillament un parlé très familier et des constructions recherchées. Qui vous prennent alternativement ou simultanément à l'intime, à la viande, le plus directement qui soi, ou bien vous proménent au firmament de finesses rhétoriques.
Voila qui donne souffle et force aux noires réflexions de l'auteur, et nous font suivre passionnément son médiocre héros des tranchées des Flandres au New-York anonyme des années 30, en passant par la moite Afrique coloniale.

vendredi, août 14, 2009

On est des grands maintenant


L'ambiance semble la même. Les beaux jours. L'apéritif dans le jardin. Les belles robes et les costumes classes. La famille jouxtant les amis. Deux beaux mariés rayonnants qui tranchent la pièce montée.
L'observateur attentif notera cependant quelques différences. Des petits riens. Un léger changement de tonalité.
Le port du costard est devenu routinier pour nombre de copains. On parle beaucoup moins bitures et jolies filles, et plus du tout examen ou stage. On se demande par contre ce qu'on devient professionnellement, et l'on confronte ses responsabilités respectives. C'est un poste exigeant tu vois, mais j'y apprends beaucoup... On est bien inspiré d'avancer sur des œufs quand on effleure des questions de politique parce que nombreux sont ceux qui sont susceptibles de se vexer plus rapidement. Mais l'on se réconciliera en se remémorant les excès communs passés, il y a un certain nombre d'années déjà.

Surtout, un sujet de conversation majeur a émergé. Inexistant il y a quelques années, il occupe maintenant la majorité des discussions: les enfants. Et leurs nombreux dérivés: couches, modes de gardes, premiers pas, petits frères ou petites sœurs, allaitement, vacances en famille, etc, Alors que les quelques célibataires survivants guettent patiemment un changement de sujet, de nombreux specimens d'enfants gambadent joyeusement pendant l'apéritif, nerveusement pendant le repas, et refusent bruyamment de se coucher au moment du dessert.

Quand à aux invités du mariage que nous suivions attentivement, ils se disent que définitivement l'ambiance a bien changé depuis quelques années et leur récent passage à la trentaine. Certains trouvent les ressources, en fin de soirée, pour se rappeler le bon vieux temps en se déchainant sur la piste de danse et en se jetant sur les digestifs, une fois les enfants enfin couchés.
Les autres, plus nombreux, trainent un peu avant de rentrer se coucher. Il est encore tôt, mais le petit se lévera demain aux aurores. Comme chaque matin...

lundi, août 10, 2009

L'hirondelle avant l'orage


Que faire en cette semaine italienne caniculaire, nourri-logé-blanchi et - surtout - Gaelou gardé? Et bien lire, que diable!
A jamais séduits par le monument la compagnie de Robert Littell (oui, le père de son fils) dont je vous avais parlé ici même, Elena et moi-même nous sommes rués d'autant plus rapidement sur son dernier roman, l'hirondelle avant le l'orage, que nous n'en avons entendu que des critiques enthousiastes.
Littell, à l'origine grand reporter pour Newsweek chargé des affaires russes et moyen-orientales, continue à s'intéresser à la Russie de la guerre froide dans ce roman très proche de la réalité historique. Autour du triste destin du (parait-il) grand poète Mandelsman, déporté par la tchéka de Staline, il nous fait vivre de différents points de vue le poids étouffant de la terreur stalinienne, au plus fort de la paranoïa du Kremlin.
Si l'on n'a de toute évidence pas cette fois-ci affaire à un roman d'espionage haletant dont le gros des protagonistes principaux est inventé, on reste proche de la Compagnie par la maîtrise narrative discrète de Littell. S'il écrit dans un style direct, sans artifice, presque journalistique (et pour cause), il choisit une construction complexe où une petite dizaine de personnages nous décrivent les événements de leur point de vue. Voilà qui a le triple avantage d'autoriser différents éclairages sur l'intrigue, de permettre quelques digressions sur des personnages secondaires, et surtout de donner du rythme et du souffle à cette histoire.
Car c'est surtout cela la qualité de ce livre: il est passionnant, il vous absorbe de la première à la dernière page bien que l'on voie assez vite comment les choses vont se terminer. Ce qui rend d'autant plus frappant le climat de peur pure qui habitait la société russe en ces années 30.
Superbe et édifiant.

mardi, août 04, 2009

Mes films de mon mois à moi

Laissez moi vous entretenir des quelques films que j'ai vu au cinéma durant mon long silence blogesque, mettant en particulier à profit mes quelques jours de célibat parisien.


Je ne vais évidemment pas pouvoir égrainer une liste quelque peu fournie, en cette période de l'année, sans vous citer de film d'animation! Pour remplir mon quota estival, je suis allé voir Là-haut. Avant de vous parler du film en lui-même, parlons technique, car je suis allé le voir en 3D.
Je suis étonné de la relative discrétion dans laquelle émerge de cette technologie, car l'impression est tout bonnement incroyable. Est-ce pour ne pas desservir les nombreuses salles non équipées? Est-ce pour ne pas assoir définitivement la supériorité parisienne sur la triste Province? Qui sait...
Toujours est-il que j'ai été emballé par l'effet obtenu. Premièrement, les seuls effets secondaires à accpeter sont un billet au prix majoré (ce qui fait flirter le billet plein tarif avec la barre des 100F, quand même) et de lourdes lunettes (pas si mal faites puisque compatibles avec les lunettes de vue). Il est loin par contre le temps où il fallait se priver des couleurs (avec les fameuses lunettes vertes et rouges), ou supporter un papillonnement par ailleurs assez difficile à régler: les lunettes polarisées permettent de garder le confort de visualisation habituel.
Et la 3D m'a semblé extrêmement naturelle. Il ne s'agit pas de plans grossiers tous plats, mais d'une vraie sensation de profondeur progressive. J'ajoute que cette technologie profite probablement du fait que, comme les films la proposant sortent aussi en version 2D, ils n'ont pas pour seul but de donner dans la démonstration technique mais n'usent de la 3D qu'avec parcimonie et pertinence.
Quand au film en lui même, j'ai beaucoup aimé, bien qu'il soit à peu près l'opposé des films d'animation habituels. J'entends par là que d'ordinaire, on en prend plein les mirettes pendant les scènes d'action, on se tord de rire à de nombreuses blagounettes, mais on doit par contre supporter des scènes tendres assez convenues sans être le moins du monde émus.
Dans le cas de Là-bas, les scènes d'actions sont honnêtes mais pas formidables, et les blagues réussies mais bien moins nombreuses que d'ordinaire. J'ai par contre été touché par l'histoire du vieux héros qui a perdu sa femme avant d'avoir pu réaliser leur rêve commun. Si on arrive à être ému par des formes en 3D, où va-t-on...

Tant qu'on est au rayon animation, j'ai aussi vu l'Âge de glace 3, mais dans des conditions de vision moindres, on va dire. C'est par contre du grand classique, avec de bons morceaux de bravoure impressionnants et des salves de rire imparables.
En ce qui concerne les films vus dans de moins bonnes conditions, je mentionne rapidement un Terminator 4 tout à fait honnête, spectaculaire, avec une histoire pas mal troussée quoique plombée par la facilité dans la conclusion, et un efficace et rythmé Very Bad Trip.


Allez maintenant coucher les enfants que je vous entretienne de Bronson. Il s'agit du film âpre et travaillé d'un cinéaste danois annoncé comme très prometteur, qui évoque le prisonnier le plus violent d'Angleterre. Michael Peterson de son vrai nom est une espèce de psychopathe bagarreur qui s'est retrouvé en prison à la suite d'un braquage minable, et n'en est pratiquement plus sorti. Indomptable et incalculable, il s'est jeté dans toutes les bagarres avec ses codétenus ou ses gardiens, ainsi que dans quelques prises d'otage et tentatives d'évasion de sorte que sa peine ne cesse d'être rallongée.
Dans la lecture du réalisateur, Peterson est habité par une soif de reconnaissance qui le pousse à faire de sa vie carcérale une œuvre d'art - violente. D'où une mise en scène créative et tape-à-l'oeil, épaulée par un éblouissant et méconnaissable acteur principal. J'ai trouvé que les deux moitiés du film correspondaient aux deux versants d'une telle approche: d'abord lourdingue et prétentieuse (avant sa première mise en liberté, alors que Bronson, grimé sur la scène d'un théâtre narre sa propre histoire), puis éblouissante et forte.
Si vous avez l'estomac bien accroché, allez donc départager ces deux points de vues!


Enfin, le gagnant de cette petite sélection somme tout assez homogène est pour moi Whatever works de Woody Allen. Du Woody classique de chez classique avec un milieu d'intellectuel adorant deviser sur le sens de vie et les petits traquas du quotidien, un vieux misanthrope dont tombe amoureuse une greluche, le tout dans un New-York apaisé.
Je vais céder ici encore à mon péché mignon de découpage des films en tranche. J'ai adoré la mise en place du personnage principal, bougon mais juste, ainsi que l'emballement final du dernier tiers du film lors duquel les personnages les moins sympathiques sont retournés comme des crêpes et de manière surprenante. Par contre, la partie centrée autour de la romance entre le misanthrope et la greluche m'a moins charmé.

J'espère pouvoir mettre à profit mon dernier mercredi de liberté pour voir une dernière nouveauté avant de disparaitre de nouveau de vos radars pour des vacances italiennes bien méritées.

dimanche, août 02, 2009

Gaelou de juillet 2

Je n'allais pas partir en vacances sans vous livrer un petit morceau de Gaelou, dont une initiation à la brosse à dents assez succulente:

Indispensable Arrêt sur Images

Chers lecteurs,
non je ne suis pas encore disparu corps et bien dans l'oisiveté de molles vacances bien méritées!
En attendant des posts plus conséquents, je me permets de vous indiquer cette excellente émission d'arrêt sur images qui a été déclarée d'intérêt public par les abonnés, et est donc accessible gratuitement à tout un chacun.
Outre le plaisir de renouer avec cette indispensable émission,vous vous devez de lui consacrer 80 minutes de votre précieux temps pour quatre excellentes raisons:
  1. Le thème de l'émission: l'inconséquence des médias qui n'ont pas vu venir la crise, et n'en ont (eux aussi) tiré aucune leçon en gardant les mêmes intervenants (les "spécialistes") qu'avant pour éclairer notre lanterne, et en posant les mêmes questions flagorneuses qu'avant aux hommes politiques. C'est aussi l'occasion de quelques analyses éclairantes sur la "criminalisation" des banquiers qui évite de se poser trop fort les bonnes questions pour réformer le système.
  2. L'invité: il s'agit de l'indispensable économiste Frédéric Lordon, qui allie clarté d'analyse et rhétorique rigolote. Il est déjà connu et apprécié des auditeurs de Là-bas si j'y suis, chez qui il intervient régulièrement (je vous conseille cette émission relativement récente, ainsi que celle qui parle d'une pétition dont je vous ai entretenu précédemment, et plus encore ce cycle consacré aux années 80 et son virage libéral). Notez qu'il développe son idée aussi dans cette vidéo juste et jubilatoire d'acrimed.
  3. La présentatrice: Maja Neskovic. Schneidermann profite de l'été pour céder son siège de présentateur à quelques anciens collaborateurs, ce qui nous permets de renouer avec le style frais et inimitable de Maja. A titre d'illustration, voici comment elle a formulé la thématique de l'émission:
"Avec la crise, j'ai cru qu'à la télé, dans les journaux, ça allait changer. Qu'on allait tous les virer, ceux qui étaient censés nous informer mais qui n'avaient rien vu venir, les experts qui se succédaient sur les plateaux pour nous dire que le marché ça s'autorégulait et qu'il ne fallait pas s'inquiéter. J'ai attendu l'émission spéciale en direct présentée par Marie Drucker, Arlette Chabot et Laurence Ferrari, où ils seraient tous tout nus et où on leur repasserait leurs déclarations de l'époque. J'ai attendu, attendu, et rien n'est venu."
  1. Enfin, j'apprends à la lecture du Spiegel que les financiers de Goldman Sachs et JP Morgan repartent en guerre comme à la grande époque puisqu'ils ne semblent retenir de la crise qu'ils ont causé que des conséquences très pragmatiques: faut laisser passer l'orage pour ensuite bondir sur les bonnes occasions d'investissement facile permises par le paysage industriel et bancaire désolé. C'est donc reparti pour des prises de risque à gogo (sachant bien qui payera pour sauver leur tête en cas de problème), avec bonus à la clé (ou plus exactement augmentation de leur salaire (de 50% Citigroup, menant à un salaire moyen de 770 000 euros l'année pour les banquiers de Goldman Sachs) puisque c'est un peu plus discret que les bonus).
Bien qu'ayant une piètre image de la finance, je ne pensais pas qu'ils oseraient reprendre aussi ouvertement leurs tranquilles habitudes moins d'un an après que les politiques aient débloqué des aides farimineuses pour sauver leurs fesses. Comme évidemment les financiers ne changent pas, mais surtout comme les politiques ne se décident toujours pas à vraiment modifier les règles du jeu, il ne reste qu'à entretenir notre juste colère en regardant ce type d'émission, et en espérant que ces analyses deviennent tellement évidentes qu'on finira par vraiment changer les choses. Je vous accorde qu'elles peuvent difficilement être plus évidentes, mais il semble que ça ne suffise par encore.

Je vous fais grâce de cette dernière motivation qui m'est plus personnelle. Mais il reste au moins trois excellentes et indiscutables raisons de regarder cette emission sans tergiverser plus avant (surtout par ce temps pourri).

dimanche, juillet 19, 2009

Flashback

Je suis tombé sur quelques archives qui ne nous rajeunissent pas...

jeudi, juillet 16, 2009

mardi, juillet 14, 2009

Musique!



Et oui, ça vous pendait au nez, voici donc la petite chronique musicale qui se faisait attendre depuis quelque temps. Peu de mes groupes français de référence ayant sorti de nouveauté ces deux derniers mois, j'ai ouvert mes esgourdes à tous les vents, avec des fortunes diverses. De lourds échecs (Nine Inch Nails, Sonic Youth), des mélodies pas désagréables mais vite oubliées (Michael Jackson - et oui...), des petites choses accrocheuses dont je vous entrentiendrai peut-être plus tard (Regina Spektor, Peaches)... et d'indiscutables réussites.

Je commence par une valeur sure, Placebo, qui sort après trois années de silence Battle for the sun. On change radicalement, puisque le batteur (presque) original du trio a été remplacé, et qu'une violoniste est en passe de devenir membre à part entière du groupe. On change également le style qui devient moins sombre et plus épique, aidé en cela pas la fougue du nouveau jeune batteur.
On change radicalement mais... au final, ça ne change pas fondamentalement. Battle for the sun reste du Placebo pur jus, frontal, torturé, indissociable de la voix du chanteur. Comme d'habitude à la première écoute, j'ai eu plaisir à retrouver ce groupe que j'aime beaucoup. Comme d'habitude, je me suis surpris à penser à autre chose lors des écoutes suivantes, et me suis dis que cet album était bien mineur. Et comme d'habitude, j'ai réalisé que je l'ai écouté en boucle pendant un mois avec grand plaisir!
Bref, cet album est un digne successeur de la discographie du groupe, plaira à leur large public, et continuera a rebuter le reste des auditeurs.

Un peu à reculons, je me suis lancé dans l'écoute du dernier Gossip, Music for Men. Si le groupe existe depuis une dizaine d'année, il n'a connu un large succès que depuis deux-trois ans avec Standing in the way of control. J'étais quelque peu sur la défensive car je craignais le coup publicitaire tant j'entendais parler de la grosse-chanteuse-lesbienne-à-la-pèche-incroyable-sur-scène. Ca avait des petits airs de Star Ac' un peu déviante...
Et bien je me suis pris une grosse baffe à l'écoute de l'album. Il est vrai que la chanteuse (Beth Ditto) crève l'écran et est omniprésente. Mais ça me semble tout à fait pertinent tant sa voix est belle et puissante et son dynamisme communicatif. Et surtout, elle est loin d'être lâchée en rase campagne pour faire de virtuoses tours de force sans grand intérêt. Ses petits amis la soutiennent d'un rock indé solide bien senti et parfaitement en place.
Voila un disque produit aux petits oignons et qui sent donc un peu le marketing, mais un marketing mis au service de tant de talent et de sincérité qu'on serait bien bête de bouder son plaisir.

Mais je ne vais pas vous abandonner en pure terre anglo-saxonne car l'album que je préfère de cette cuvée (outre l'indispensable Monsieur Roux dont je vous ai parlé il y a peu) est Ivan avec un i. Ses chansons ne sont pas en écoute sur Deezer, alors allez donc jeter une esgourde sur son site, par exemple à J'aime plus les filles ou Moi j'ai Paris (ma favorite, Moins de cent, n'est malheureusement qu'en écoute partielle sur le site de la fnac).
Ivan est l'ancien chanteur de mes chouchous les Fatals Picards, qu'il vient de quitter pour se lancer dans une carrière personnelle. On comprend bien pourquoi à l'écoute Du temps à louer: s'il a gardé sa voix rentre-dedans et une affection pour les guitares saturées qui apparait ponctuellement, il a mis un mouchoir sur son énergie bondissante punkoïde pour prendre un virage romantique. Et oui!
Et bien que j'adorais le second degré teinté de politique des Fatals, je ne regrette pas du tout ce choix. Avec sa plume mal dégrossie et ses expressions à la limite de la correction grammaticale, le bonhomme a un vrai style riche de métaphores étonnantes mais d'une justesse confondante qui m'ont retourné plus d'une fois. Un écriture parfaitement au diapason de son style de fanfaron malpoli qui a le courage de nous faire découvrir une sensibilité des plus touchantes.
Ca a l'air prétentieux comme ça, c'est en fait tout naturel et parfaitement modeste. J'ai beaucoup aimé.

dimanche, juillet 12, 2009

Les Gaeliens sont parmi nous

Alors là vraiment je m'insurge! Trop c'est trop!
Passe encore que Bruxelles nivèle l'Europe par le bas en imposant un libéralisme absolu sans aucune vision politique... Passe encore que l'avis du peuple, pourtant exprimé de manière claire à l'occasion du référendum, soit absolument ignoré. Mais lorsque l'administration tentaculaire bruxelloise prétend régenter jusqu'à notre vie privée et s'immisce dans notre liberté et notre vie spirituelle, il faut savoir dire stop!

Je parle bien sûr de cette scandaleuse lutte anti-secte où l'Europe s'acoquine aux états nationaux pour interdire les groupements sectaires soit-disant malsains. Après les témoins de Jéhovah en Allemagne, les Raëliens en France, voici que nous sommes visés à notre tour. On veut interdire les adorateurs de Gael, aussi connus sous le nom de Gaeliens.
Nous ne faisons pourtant aucun mal. Il est vrai que nous sommes regroupés auprès d'un leader charismatique, autour de qui nous organisons notre vie entière. Nous nous plions autant que nous pouvons à ses envies et préceptes. On a ainsi notamment observé des retraités marcher à quatre patte en annonant des paroles sans grand sens. Ou de respectables cadres supérieurs rire aux larmes en jouant à "coucou... Caché"!
Ah, il faut nous voir ensemble, une fraternité d'adorateurs au premier rang desquels la favorite, la reine-mère, assister au bain de sa Grandeur le grand gourou Gaelou! Quel bonheur de tout sacrifier pour avoir l'honneur d'assister aux miracles quasi-quotidiens qu'il dispense: un "papa" bien intelligible, un quatre-pattes d'une rapidité confondante, un caca bien solide ou, comme dernièrement, des premiers pas éblouissants.
En plus, il se murmure qu'il sait communiquer avec les extra-terrestres. Il s'exprime de manière fluide en un babillage ressemblant à s'y méprendre à celui employé par Jacques Villeret dans la soupe aux chous, qui est comme chacun sait compris des martiens.

Cessons donc la dictature républicaine! Rejoignez-nous dans la communauté des Gaeliens! Nous ne demandons que quelques modestes offrandes, correspondant tout au plus à un quart de votre salaire mensuel. Ce n'est pas qu'il soit intéressé, comme le prétendent nos détracteurs, la preuve: il ignore la plupart du temps les plus somptueux des cadeaux pour se focaliser sur leur emballage.
Et, moyennant ce petit effort, vous pourrez rejoindre la cohorte des adorateurs de Gael, dont le sourire béat témoigne de la plus grande félicité intérieure.

samedi, juillet 11, 2009

Culture


On n'y prend pas garde, mais entre la vie intense de Gael, de bien beaux week-ends et quelques occupations professionnelles, le temps passe et je ne vous tiens pas informé de notre actualité culturelle pourtant riche. Je sais l'intense déception qui doit étreindre vos petits cœurs fidèles quand, plusieurs fois par jour, vous rendez visite à votre blog favori et n'y trouvez jamais de nouveau post. Je m'en excuse platement, et promets d'éviter à l'avenir de faire passer l'éducation de mon enfant et mes devoirs professionnels avant la narration virtuelle de ma petite existence.
Je vous prépare une sacrée surprise pour ce billet culturel. Et non, je ne vais pas vous parler ni de CDs (mais ça va pas tarder), ni de concerts (là par contre, ça va trainer...) Pas plus que de ciné, ni même de bouquins.
Figurez-vous que pas plus tard qu'avant-hier je suis allé assister à une pièce de théâtre, et pas dans une sombre salle méconnue (quoique potentiellement très talentueuse) dans un arrondissement reculé - voire en Province, non, au théâtre de Marigny, qui étend sa fière silhouette potelée au bas des Champs Elysées.
Et quand je dis que "je suis allé assister", je pèse mes mots. Et oui, rédiger un post n'est pas une activité à prendre à la légère; chaque mot est choisi avec soin au cours de longues heures de rédactions. "Je suis allé assister", et non pas "nous sommes allés assister", car Elena, qui se faisait elle aussi une joie d'être présente, dût être rappelée à mi-parcours par notre baby-sitter qui, quoique fort compétente en sa vertu de fille de la directrice de notre crèche, se trouvait débordée par un infatigable Gael hurlant depuis le départ de ma mie. (Les plus observateurs d'entre vous auront deviné à la longueur de la phrase précédente que j'ai repris mes lectures proustiennes).

Venons-en à la pièce, chaudement recommandée par une presse enthousiaste, Masque et la plume et Télérama en tête. Il s'agit de Talking Heads, trois monologues du malicieux écrivain et scénariste anglais Alan Bennett. Ils sont issus d'une série de monologues au féminin, originellement écrits pour la télévision, et que deux actrices ont eu l'idée de porter au théâtre il y a une quinzaine d'année.
Les trois héroïnes, des femmes apparemment naïves d'un certain âge, narrent progressivement des histoires dont nous découvrons peu à peu la complexité, et qui sont toutes diablement habiles, férocement drôles, et finalement bien cruelles. Il y a la secrétaire qui surjoue la joie de vivre et se retrouve bien seule au moment d'affronter la maladie; la femme au foyer sans histoire qui se prend d'affection pour sa voisine qui vient de tuer son mari; et la vieille fille qui se rend de plus en plus fréquemment chez un podologue qui se révèle un fétichiste sans complexe.
Outre l'habileté de l'écriture, la pièce brille d'une part par la qualité des actrices, capables sans grands effets de manche de tenir la salle en haleine pendant 45 minutes, seules en scène, et de révéler peu à peu la finesse de personnages qui semblent amusants mais caricaturaux au premier abord. Mais elle impressionne aussi par la virtuosité de la mise en scène, qui découpe à l'aide de panneaux noirs coulissants le décors dans lequel se situent les narratrices. Un procédé qui autorise des gros plans, des travellings, et même des prises de vues un brin tordues (comme illustré par la photo en en-tête du post).
Voila qui donne envie de se rendre plus souvent au théâtre, ce à quoi nous allons nous atteler pas plus tard que dans dix jours. En espérant assister à la pièce tous les deux, cette fois.

vendredi, juillet 03, 2009

Grande nouvelle

Ca y est!
Deux ans et demi après avoir soutenu ma thèse et cinq ans et demi après l'avoir commencé, je touche enfin à la gloire: mon premier article vient d'être publié dans un journal!
Pour ceux qui ne sont pas au fait de la façon dont on valorise une thèse (c'est-à-dire, dont on nourrit un CV, surtout quand on cherche un boulot de chercheur dans le public), il y a deux types de publications: des articles pour des conférences (plus courts, moins détaillés, bien moins prestigieux), et les papiers journaux (qui doivent être parfaitement solides, et intéressants). Et ainsi donc, après cinq soumissions dans différents journaux, mon boulot a été publié.
Sensibilisé par la notion de gratuité de la connaissance, j'ai choisi - après m'être fait bouler de quatre journaux prestigieux - de soumettre à un journal en ligne parfaitement gratuit et parfaitement pas prestigieux. Ah, on a des valeurs ou on n'en a pas!
L'article en question se trouve là pour sa version HTML. Je conseille à ceux d'entre vous qui auront besoin de plusieurs lectures pour tirer la substantifique moelle de mes travaux révolutionnaires la version PDF.

Ah oui, pis hier il s'est aussi passé ça. C'est beaucoup moins important.

lundi, juin 29, 2009

dimanche, juin 21, 2009

Je hais la fête de la musique

Je hais la fête de la musique.
Oui, je sais. Je suis mordu par la musique; je vous fatigue à longueur de posts en vous relatant mes dernières découvertes; je vous incite lourdement à acheter des albums, particulièrement ceux de petits groupes; je vous inflige les comptes-rendus des concerts auxquels j'assiste en espérant vous inspirer à découvrir les artistes en question sur scène.
Oui, je sais. Engagé à gauche, prônant la solidarité, je devrais me faire le porte-drapeau d'une des rares fêtes populaires qui touche la France dans son ensemble (ou du moins en grande partie).

Oui d'accord. So much pour la théorie. J'ai néanmoins un contre-argument puissant à vous opposer: la fête de la musique, c'est tout pourri.
Peut-être faut-il que je développe?
Mes expériences, nombreuses, de la fête de la musique sont de trois types. Et dans les trois cas, elles sont de cuisants échecs.

Premier cas: on se retrouve avec des copains "dans le centre", sans plan très précis. Nous voila donc dans des ruelles bondées, à passer frénétiquement d'une petite scène à une autre, sans jamais s'arrêter plus d'une demie-chanson sur l'une d'entre elle (ou alors c'est simplement parce qu'on n'arrive pas à avancer).
Premièrement, il est très difficile d'apprécier de petits groupes de styles divers sur des sonos de fortune, surtout quand les deux stands voisins mêlent leur basse métal ou leur batterie jazzy à l'accordéon qu'on cherche à écouter. Et deuxièmement, parce que le groupe de copains n'arrivera jamais à se mettre d'accord sur une scène méritant un arrêt non symbolique (ou retrouve l'emballement de groupe empêchant le choix d'un restaurant dont je me suis fais l'écho un peu plus tôt). Et enfin, je ne sais pourquoi, mais on considérerait avoir raté notre fête de la musique si nous n'avions pas sillonné l'intégralité du "centre" dans la soirée.
Bilan: un butinage inintéressant, beaucoup de bousculades, du stress, des jambes douloureuses et des bières à 8 euros dans des gobelets en plastique. Qui collent aux semelles, ensuite.

Deuxième cas: expérimentés et cherchant à éviter le piège du premier cas, on potasse, on se prépare, et on ne vise qu'un seul et unique événement prestigieux. Arthur H, Peter Doherty ou Olivia Ruiz pour les parisiens; Ghislaine et son accordéon ou Toto et sa vielle de gambe pour les Provinciaux. Ce sera ce groupe là, un point c'est tout.
Seulement, quelle n'est pas notre déception de n'assister qu'à un set raccourci d'une petite heure, donné devant un public peu concerné - hé, c'est gratuit, peuchère! A part pour les fidèles absolu qui se sont ménagé une place dans les premiers rangs, il est bien difficile de suivre le mini-concert entre les badauds qui vont et viennent, et les jeunes cools qui passent le concert à se hurler des vannes aux oreilles, ou à s'appeler les uns les autres au portable.
Si vous aimez un artiste, n'allez surtout pas le voir à la fête de la musique. Cassez votre tirelire, et plutôt que de l'apercevoir sur une place qui résonne (et sur laquelle il pleut, si vous êtes à Nantes), vous les verrez pour de vrai, tranquillement, devant un public passionné.
Ne vous méprenez pas, moi je suis pour la culture pour tous, hein! Mais à condition que tous ces cons ne viennent pas me faire chier...

Et j'en viens au troisième type d'expérience de la fête de la musique: je me baricade chez moi, m'occupe de Gaelou et veut me coucher tôt.
Mais voilà, j'habite à 200 mètres de la grande scène de Denfert-Rochereau! Et je n'ai ni double-vitrage, ni boules quiès triple épaisseur telles qu'utilisées par les astronautes de la nasa. Alors, jusqu'à deux heures du mat', et avant que Gaelou ne se réveille sur le coup de 6h, j'entends la version résonnée, filtrée dans les basses, des groupes se produisant sous mes fenêtres.
Et même Spleen ou Alexi HK, que normalement j'aime bien, vont me peser cette nuit. J'envisage toute une série de représailles: ne plus acheter ces artistes; pire, les télécharger; boycotter leurs sponsors: Oui FM (de toute façon, quatre tubes en rotation lourde...), et surtout, Ricard. Pendant toute une semaine, je ne boirai que du pastis 51, na!
Je hais la fête de la musique

samedi, juin 20, 2009

vendredi, juin 19, 2009

Bouffée d'optimisme


La lecture du Spiegel, pour enrichissante qu'elle soit, peut aussi frapper durement au moral. Voici quelques petits extraits de ma lecture de la semaine, que je trouve justes et d'autant plus désespérants qu'ils sont énoncés d'un ton neutre et objectif.

D'abord, issu d'un article d'analyse politique sur la branlée prise par le SPD (le PS allemand) aux Européennes, d'autant plus étonnant que le parti n'avait reculé devant aucune subvention mirobolante aux entreprises pour sauver leurs employés de la crise (Opel, Karstadt...) - et plaire à l'éclectorat, à quelques mois de l'élection du nouveau chancelier..
"Le SPD a dû se rendre à l'évidence dans les dernières semaines: le processus d'individualisation a largement atteint son électorat. Il n'y a plus de conscience de classe de l'Allemand d'en bas, plus de solidarité. L'opérateur travaille à la chaine chez Bayer ne se sentira pas spécialement concerné par l'ouvrier de chez Opel simplement parce que lui aussi travaille à la chaîne. Celui qui gagne le RMI préférerait de loin une hausse du RMI qu'un plan aide évitant le licenciement de la chaine de magasins Karstadt. Le parti des petites gens [le SPD, historiquement] n'a plus affaire à une clientèle cohérente, mais à toute une constellation de "Moi SARL" [nom donné aux entreprises de 1 personne]. Les faibles ne se serrent plus les coudes, et la crise amplifie la sensation du chacun pour soi. On peut se désoler de ce constat. Mais il ne faut pas l'ignorer."

Mais surtout, j'ai été quelque peu retourné par le dossier que le Spiegel consacre aux "enfants de la crise" - aux 20-35 ans. Ils se sont attaqué à la question avec une diligence toute allemande: un sondage de 50 questions à été largement diffusé, et donne lieu à 17 pages d'analyse.
Je vous ai sélectionné quelques extraits qui m'ont particulièrement frappé. En sortant de cette lecture, on n'a pas spécialement envie d'inviter des 20-35 ans à bouffer, et on ne prédit surtout pas un avenir radieux d'amour et de partage à la société, je peux vous dire...
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Le plus étonnant dans cette génération, c'est qu'elle est invisible. Aucun visage connu ne vient à l'esprit quand on parle d'elle, il n'y a personne qui parle en son nom. Pas d'intellectuel, pas d'écrivain, pas d'artiste, pas de musicien. Chacun parle pour soi uniquement.
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Puis:
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Cette génération trouve le monde si compliqué qu'elle ne pense pas à le changer; les jeunes Allemands sont si individualistes que leur regard est porté exclusivement sur eux-mêmes: le monde peut courir à sa perte, ils arriveront bien à se débrouiller pour éviter le naufrage individuel. Et dans le cas contraire, leur échec sera de leur faute, et pas de celle du système.
... Un trait les caractérise: une énorme confiance en eux. Pas à leur génération en général, pas à la société. C'est la croyance qu'ils vont, personnellement, réussir, d'une manière ou d'une autre. 60% prédisent un avenir sombre à la société. Par contre, 73% se voient un futur personnel positif.
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Ce point m'a particulièrement frappé parce que je pense la même chose, et à peu près tous les amis de mon âge avec moi. La société empire, mais notre situation personnelle, bon an mal an, va de mieux en mieux.
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Ils sont apolitiques. Quand on le leur dit, 83% d'entre eux ne le prennent pas mal. La démocratie de partis ne les intéresse pas, et ils sont à des années lumières de rêver à la révolution.
[...]
Ce n'est pas qu'ils méprisent la politique, mais plutôt qu'ils ne voient pas pourquoi ils devraient s'occuper de choses qui n'ont visiblement rien à voir avec leur vie de tous les jours.
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On n'est pas dans la merde, quoi...

mardi, juin 16, 2009

Comédies

Grâce aux conseils de jeunes parents de nous amis, qui connaissent bien la vie, et notamment l'art de garder son équilibre mental en présence de petits quadrupèdes vociférants, nous avons récemment découverts la touche "babysitter" de notre télécommande. Quoi, il n'est pas la peine de convoquer potes ou frangins pour disposer d'une soirée à soi?
L'avenir dira s'il s'agit d'un accident ou bien d'un phénomène de fond, mais pour l'heure nous n'avons mis cette liberté à profit que pour aller voir des comédies. De qualité certes, mais je me demande si nous ne cherchons pas trop à fuir notre présent morose dans de la franche rigolade bien ficelée. Pour lever toute ambiguïté, je propose que nous allions voir Antichrist à la prochaine occasion.


Ca ne date pas d'hier, mais nous nous sommes rendus prestement voir OSS 117 - Rio ne répond plus. Je vous rappelle que nous sommes très clients du personnage, de son insondable bêtise digne et des longs blancs-à-fou-rire ménagés par le réalisateur. A la sortie du premier, Elena avait d'ailleurs emporté de son rire franc toute une salle qui n'avait pas encore complétement saisi le régal second degré du premier opus.
Nous lui avons trouvé un digne héritier dans cette suite. Voila une comédie intelligente, classicieuse (admirez la finition du décor qui rend parfaitement l'époque, détail auquel le commentaire du DVD du premier épisode nous avait sensibilisé), et surtout qui a le courage du second degré. S'il faut ménager de longs instants de malaise pour permettre au spectateur de goûter l'absurdité de la situation, pas de problème! S'il faut répéter, dériver un quiproquo une dizaine de fois, aucun souci! S'il faut briser le tabou des remarques de blaireau antisémite (ainsi que raciste et machiste, bien sûr), on y va gaiement!
Bref, du bon rire, original et inimmitable. Seul petit bémol; j'aurais bien coupé les 10 minutes dans l'antre des méchants, non pour ménager le politiquement correct, mais parce que toutes les blagues sur les nazis qui se sentent mésestimés ne sont simplement pas drôles. J'exclus bien évidemment la mythique course-poursuite en déambulateur, bien sûr!
Cela laisse tout de même 1h30 de bonheur...


Passons à un tout autre style de comédie avec le surprenant Ken Loach: Looking For Eric. Voila un ton qu'on n'associe pas forcément à ce réalisateur habituellement plus sombre et engagé, mais qui finalement lui va assez bien tant il est inégalable pour ce qui est de filmer les scènes de copains - ou de camarades, c'est selon.
Vous connaissez certainement l'histoire: un brave postier qui commence à sérieusement perdre les pédales, entre le fait qu'il a quitté son grand amour et que ses grands enfants se mettent dans le pétrin en fréquentant les gros durs du quartier. C'est alors que lui apparait son idôle de toujours, le grand Eric, qui va le remettre sur scelle grâce à ses judicieux conseils (même s'ils sont parfois difficiles à décrypter).
Voila. C'est un film très sympa, très fraternel, et bien distrayant. C'est déjà beaucoup, mais ça ne va pas plus loin. Une chose quelque peu surprenante, agréable, mais qui ne laisse pas de souvenir impérissable par delà, donc, de superbes scènes de copains.


Et enfin, j'en viens au film le plus récent des trois: les beaux gosses. Le dessinateur Riad Satouf exporte ses chroniques sur l'adolescence sur grand écran. Que celui qui ne reconnaitra pas ses pires années dans ces ados ravagés par les boutons, capables d'un romantisme infini et d'une cruauté sans nom, me jette la première pierre.
Il est à mon avis impossible de regarder ce film sans s'écrier dire mille fois "ah oui, c'était exactement ça"! J'ai crains que cet unique ressort du film, enthousiasmant au début, finisse par être lassant. Ce n'est pas le cas, par la grâce de la multiplicité des anecdotes justes (et tordantes!), du rythme trépidant de la narration, et de la grande qualité des acteurs.
Encore un excellent divertissement, à qui il manque quand même une histoire plus construite pour être parfaitement inoubliable.

samedi, juin 13, 2009