jeudi, mai 24, 2007

C'est trop horrible



Non, je ne suis pas du genre à transformer mon blogs aux longs posts écrits avec amour en une sélection de vidéos!
Mais j'ai pas grand chose à dire, là. Je suis bien allé en Hollande pour le boulot, mais j'ai pas grande anecdote incroyable à vous narrer. Je confirme juste que les hollandais sont hyper grands et mangent de la merde.

dimanche, mai 20, 2007

Manif de droite




Indiqué par mon frangin, un mode d'engagement bien de notre époque. Puisqu'il est entendu qu'il est rétrograde de parler d'autre chose que d'économie, de défendre des valeurs contre la bonne marche du Marché, de croire politiquement à autre chose qu'un bipartisme centre/droite, il est temps de s' engager!
Le pire, c'est qu'à juger par les gesticulations des jeunes bon chic bon genre de la place de la Concorde, et dans une moindre mesure des jeunes centristes tous joyeux dans leurs T-shirts orange, cette initiative pourrait plaire, au premier degré, à ceux qui ne retiennent de l'engagement que la forme, la fête sautillante à la mode footbalistique...

samedi, mai 19, 2007

Piqûre de rappel



Si vous êtes forts, si tout va bien dans votre vie, je vous invite à jouer la vidéo ci-dessus. Il s'agit du titre très sombre et brillantissime, anarchiste pessimiste noir de noir, "Il ne restera rien" du dernier album des ogres. (Vous pouvez d'ailleurs voir un joli making of de leur album à ce lien.)
Une perle fantastique, mais qu'il vaut mieux regarder pour la première fois un samedi ensoleillé avant d'aller boire un coup avec des potes, qu'un soir où on s'est fait plaquer (ou un soir d'élections).

jeudi, mai 17, 2007

Maison et pain dans ta gueule



C'est la magie de Cannes. Profitant d'être parisiens pour au moins cinq jours de suite (ce qui est assez exceptionnel), Elena et moi-même avons décidé de dilapider nos premiers billets-pas-chers-subventionnés-par-le-CE-Philips en allant voir deux films: A casa nostra et Notre pain quotidien.

Le premier est un joli film se jouant à Milan. Il suit différents personnages (chef de banque verreux, aspirante mannequin, flique de la répression des fraudes, vieux bonhomme épicurien, prostituée roumaine...) dont les destins vont se croiser de manière plus ou moins frontale.
Ces intrigues qui se croisent sont racontées avec habileté et sans tape-à-l'oeil, ce qui met en valeur les personnages (servis par de superbes acteurs, dont celui de Montalbano). Le contrecoup est que le film en devient très sobre sur la forme, et qu'il peut donc ressembler à un telefilm à un spectateur peu attentif.
Alors soyez attentifs, bordel, et vous apprécierez ce petit bout d'Italie, avec des vrais morceaux de pourris, mais aussi de généreux et de naïfs, dedans.

Notre pain quotidien est quand à lui un grand documentaire. Il nous dévoile les dessous du fonctionnement de l'industrie agro-alimentaire. On voit ainsi par exemple comment les poussins sont triés, les vaches fécondées, les asperges ramassées, les cochons dépecés, tout ça automatiquement dans une belle efficacité asseptisée.
Le réalisateur, implacable, plante sa caméra face aux différents rouages de cette belle industrie (subventionnée pour bonne partie par nos impots, rappelons-le), et sans commentaire aucun, nous explique par l'exemple le fonctionnement mécanique du rouage en question. Fonctionnement qui peut parfois émouvoir les plus jeunes, car ces jolis rouages brassent des centaines de vies animales ou végétales.
Ce film est une superbe réussite. On a beaucoup parlé de sa beauté formelle, alliant révêrie hypnotique et dénonciation politique. On a fait des gorges chaudes de la puissance de sa narration, sobre et implacable, réussissant à tenir en haleine le spectateur avec des longs plans séquences devant des dispositifs industriels et leurs opérateurs au regard vide.
Mais c'est un autre point qui retient mon attention. Ce film est une ode vribante à l'intentivité des ingénieurs du monde entier qui se sont alliés pour rendre le monde plus efficace, plus asseptisé, et donc meilleur. Ah il faut voir ces toboggans à poussins coupant en deux les mâles, ces éventreurs à poissons suivis d'un souffle par les aspirateurs à boyaux, ces masturbateurs à oliviers permettant d'aspirer les olives tombées au sol plutôt que de les ramasser... Bravo les artistes, le Monde vous dit bravo!

Le président et moi


Foulala. Quelle pression éditatoriale. Je suis pris entre les lecteurs occasionnels qui décrocheront du blog si ils ont l'impression qu'il y a un post toutes les deux heures, et une mystérieuse furieuse nantaise qui réclame sa dose quotidienne avec force points d'exclamation.

Seulement voila, j'ai pas envie de parler de Sarkozy. Il s'agite, il bondit, il créé l'événement sur tous les fronts, il piaille pour qu'on le regarde, encore et encore. Et qu'on ne parle surtout pas de la politique thachérienne qu'il va nous introduire avec force et conviction dans l'orifice prévu à cet effet. Sous les acclamations de la majorité des français dont le côté masochiste demande visiblement à être flatté (Oh oui la France va mal. Oh oui les français sont de méchants faignants. Insulte moi encore Nicolas.).

Une semaine, une polémique: le yatch, la sélection de Kouchner, et ainsi de suite. On occupe l'espace médiatique, on gesticule, et on continue à gonfler la bulle "président-people" en achevant de ringardiser le fond.
Je prend donc mes responsabilités, et du haut de mon audience de six lecteurs et demi, je prend la lourde responsabilité de boycotter ces petites histoires sans intérêt. D'autant qu'on en parle bien mieux que moi sur le bigbangblog.

lundi, mai 14, 2007

dimanche, mai 13, 2007

Olivia Ruiz au cirque d'hiver


On n'est pas du genre à perdre les bonnes habitudes: 36 heures après l'atterrissage de mon avion, nous sommes allés voir Olivia Ruiz en concert au cirque d'hiver. Un événement à ne pas rater tant ses concerts sont rapidement complets: après deux échecs, j'ai pris les places pour celui-ci en décembre!
Cela dit, il ne s'annoncait pas sous les meilleurs auspices: le cirque d'hiver a une acoustique incertaine; les sièges, très confortables pour les cul-de-jatte, laissent une surface infime pour les pieds; deux collègues d'Elena l'ont prévenu peu avant le concert qu'Olivia les avait déçu quand elles l'avaient vu; et la première partie était très moyenne: un duo reprenant exclusivement Elvis et Offspring. Si on ajoute à cela le très mauvais effet qu'a eu sur moi la compromission d'Olivia Ruiz dans les pubs Coca Cola, je sentais le traquenard médiatique (la fausse bête de scène nature et séduisante montée en neige par la télé).

Il n'en a rien été. Le concert a été une réussite, d'abord parce qu'il a fait honneur à la vaste palette de styles de la demoiselle. Avoir un répertoire d'une telle qualité et d'une telle richesse à son deuxième album, chapeau. Epaulée par d'excellents musiciens, discrets et toujours parfaitement en place, Olivia a sauté d'un titre à l'autre avec autant de naturel et d'a-propos que dans les albums.
Elle a d'autre part assuré le show, sillonant la scène circulaire et secouant un public tout acquis à sa cause. On sent qu'elle n'est peut-être pas complétement naturelle dans cet exercice, mais elle y travaille, et ça passe tout seul grâce à son petit charme personnel.
Et enfin, comme sur ses albums, Olivia Ruiz est parfaitement accompagnée. Non seulement elle interprète des chansons écrites pour elle par Juliette, Mali de Tryo ou Mathias de Dyonisos, mais en plus elle effectue quelques duos pas piqués des hannetons. Nous avons eu droit au grand jeu, tournage de DVD oblige, avec Christian des Têtes Raides, son papa,... et, cerise sur le gateau, deux des Noir Désir (le batteur et le bassiste) pour une chanson magnifique (Ohohoh putain de toi, ohohoh pauvre de moi) aux relans de nostalgie pour le fan absolu que je suis.

Bref, une très bonne soirée. Avec en prime quelques piques à Sarkozy à Johnny, ce qui est toujours bon à prendre.

C'est pas nous qui marchons pas droit...


c'est le monde qui va de travers.
Pour mieux connaître la France telle qu'elle est, et qui ne correspond vraiment pas à l'image que je m'en faisais comme cela m'est apparu assez brutalement récemment, ce sondage effectué suite aux élections est d'une aide précieuse.
Il épluche l'électorat des deux candidats, et on y apprend beaucoup de choses:
  • 30% des électeurs de gauche du 1er tour n'ont pas voté Royal au 2nd. 10% ont même voté Sarkozy. Faut croire que Roger Hanin fait école.
  • Les bayrouistes ont été fidèles à leur mollesse atavique, en votant moite-moite pour l'un et pour l'autre.
  • Les 18-24 ans (les jeunes fous?) et les 45-59 ans (les vieux réalistes?) ont voté majoritairement pour Royal. Par contre, les 35-45 ans (les jeunes à pognon?) ont voté Sarkozy. Mais surtout, la classe d'âge la plus polarisée, ce sont les retraités qui au deux tiers s'accordent à penser que vraiment les autres ne se lèvent pas assez tôt pour bosser.
  • Sans surprise, commercants, agriculteurs et professions indépendantes font un plébiscite à Sarkozy, dont l'équivalent ne se trouve que chez les chomeurs et dans une moindre mesure les étudiants pour Royal.
  • La coloration du vote est indépendante du niveau d'étude, et des revenus s'ils ne sont pas extrêmes. Par contre, les très pauvres votent Royal et les très riches Sarkozy.
  • Les villages votent Sarkozy, et les grandes villes restent neutres.
  • Le dernier point est très intéressant: 80% des électeurs de Sarkozy l'ont élu pour le voir au pouvoir, alors que 40% des électeurs de Royal ont voté pour elle surtout pour barrer la route à Sarkozy.
Alors faites moi plaisir: si vous croisez un commerçant proche de la retraite, dans un petit village, foutez lui votre poing dans la gueule.

samedi, mai 12, 2007

Florilège de temps forts malgaches


Puisqu'il est bien difficile de narrer sur un blog un voyage aussi dense et dépaysant que celui que nous avons fait, je vous livre quelques temps forts de ce superbe voyage en attendant l'édition prochaine en livre de poche de notre carnet de bord (ou une belle soirée diapo-rhum).
Je me concentre sur nos petites aventures pittoresques, ce qui ne constitue qu'un des nombreux aspects du voyage. N'oublions pas les paysages incroyables et variés, et le dépaysement complet notamment!

Voici donc les temps forts:
  • Le déjeuner du 24 avril dans une gargotte authentique, c'est-à-dire misérable, surplombant la division viande du marché local. Pas cher, pas mauvais et finalement pas dangereux (ils ne proposent que des mets archi-bouillis), mais pas ragoûtant!
  • La ballade dans un village de fabriquants de petites voitures à partir de cannettes, à la faveur d'une erreur de direction (25 avril). Des gosses souriants nous ont accompagné lors de notre promenade sous une lumière dorée incroyable, sans jamais rien réclamer.
  • Le passage au commissariat de Tana suite au vol de papiers de l'un d'entre nous (26 avril). Couloir extérieur misérable, murs crasseux, plafond troué, mais accueil par un commissaire chic en costard noir avec foulard rayonnant l'incompétence, mais se donnant des airs de fin limier. Un joli sketch.
  • Le mariage, réussite complète: bouffe géniale, ambiance superbe grâce à un groupe jouant live avec talent, animations sympas, et surtout deux mariés crevant l'écran. Nat' magnifique et disponible, et Fred super classe et irradiant de dynamisme (27 avril).
  • Notre mise à la porte de chez les "amis" de Fred et Nat nous hébergeant, qui ont montré là un visage troublant. Partant une semaine à la plage, ils nous ont proprement jeté dehors à 6h30 le lendemain du mariage, sans gêne aucune (28 avril).
  • Notre errance à Antsirabé pour trouver un hotel à prix acceptable (ce qui est très relatif), sous un soleil lourd. Notre acharnement fût récompensé: la résidence des camélias était parfaite (28 avril toujours)!
  • Notre journée de ballade en VTT, avec le professionnel Laurent, à la découverte de deux lacs environnant. Superbes paysages, lacs fascinants et villageois accueillants, mais qu'il est dur d'effectuer 50 km pour bonne partie sur des pistes caillouteuses difficiles pour des fessiers non entrainés (29 avril)! Jeff nous gratifia d'ailleurs d'une jolie cascade, basculant par dessus le parapet en essayant de se faufiler à côté d'une charrue à zébu. La chute sur le béton ne laissa aucune séquelle, grâce au sac à dos qui a amorti le coup.
  • Le split du groupe, avec le retour d'Elena vers Tana le 30 avril, et le trajet de 6 longues heures vers Fianarantsou en taxi-brousse avec la tourista! Loué soit l'Immonium, médicament constipateur qui m'a permi d'endurer l'épreuve dans une relative sérénité (30 avril).
  • Le réveil très matinal à Fianra. Des centaines de chiens, chèvres, coqs et autres gallinacés hurlent tout ce qu'ils peuvent au lever du soleil (5h30 quand même), épaulés par les centaines d'églises du coin (1er mai).
  • Le choix du guide pour nos deux randos du lendemain dans le massif d'Isalo. Nous avions choisi dans un premier temps un rabatteur de notre hotel qui avait l'air compétent, avant que le personnel de l'hotel ne nous le déconseille dans un chuchottement (il n'était en fait que porteur). Devant l'effacement de Jeff, j'ai donc dû nous dédire, puis choisir un guide officiel dans le brouhaha de l'office nationale des forêts. Nous avons fini par nous joindre à un petit groupe très sympa de deux français et une anglaise.
  • La première journée de rando dans le massif: de 8h à 17h, avec 400m de dénivellés. Des paysages incroyables et variés, mais des petites douleurs dans les jambes à la fin de la journée, et un petite fatigue mentale à force de toujours regarder où on mets les pieds (2 mai).
  • Le repas du dernier soir à Isalo, notre table étant entourée de phénomènes de foire: la patrone des lieux bourrée et cherchant à faire danser tout le monde sur n'importe quoi, un groupe de quatre rastas superzens, un groupe de touristes asphyxié par un randonneur ramenant sa fraise de grand globe-trotter sur tous les sujets, et surtout trois russes incroyables. Un couple poupin, portant le même T-shirt orange à rayure (agrémenté d'un foulard de scout pour monsieur). Et leur ami, petit bonhomme tout sec à moustache (genre mineur de Zola, ou coureur du tour de France des années 30), qui ne s'est pas départi de sa lampe frontale de tout le repas. Un feu d'artifice, amorcé la veille par une communauté chrétienne de carte postale (3 mai).
  • Notre imprudente séparation, à Jeff et à moi, à Tuléar, pour à la fois poster nos cartes et changer notre fric. Il nous a fallu une demie-heure pour nous retrouver sous un soleil de plomb (4 mai).
  • Et surtout, l'épopée de notre dernier taxi brousse qui devait relier Tuléar à Ifaty (20 km). Alors que le départ semblait imminent, nous avons attendu deux heures sur la remorque du poids lourd grossièrement aménagé pour accueillir une trentaine de personne. A la fin, nous étions une cinquantaine, à côté de nombreux sacs, barils suspects (essence?) et même poules montés par les voyageurs. Ce chargement a eu lieu dans une ambiance tendue, entre hurlements du personnel et klaxons du conducteur. Nous sommes alors partis de nuit, sur une piste horrible bringuebalante nous envoyant régulièrement dans les branchages. Nous avons évidemment crevé, puis sommes sortis à l'aveuglette car personne ne savait nous indiquer d'hotel. Heureusement, une bonne âme a pu nous mener à bon port au terme de 4 heures d'odyssée.
  • Enfin, l'annulation de notre vol de retour, sans que nous soyons prévenus. Aucune compensation, malgré les efforts de Jeff qui a réussi à faire monter l'affaire jusqu'au chef du chef de la chef de la chef de la guichetière.
Voila pour l'essentiel de nos émotions, à gros traits (et en faisant abstraction du vilain Sarkozy). Plus de détails, et des histoires complétementaires, contre une enveloppe timbrée et un rhum!

jeudi, mai 10, 2007

Photos de Mada


Bon, y a pas que Sarko dans la vie. On va faire abstraction de la médiocrité de nos contemporains, comme d'hab', hein, et continuer à vivre normalement. Et même, à force de parler avec des gens un peu malins, de lire des trucs fins et de s'extasier devant des groupes magistraux, on va oublier un peu le niveau des préoccupations de la masse des spectateurs de TF1, et on sera encore tous surpris dans 5 ans quand Sarko fera 62%. Bref.
Pour vous prouver que je ne suis pas qu'un bourrin bon à cracher sur mes semblables, j'ai passé l'aprem' non à piquer une bonne sieste réparatrice comme ma nuit blanche dans l'avion l'aurait mérité, mais à classer les phénoménales photos de notre superbe séjour malgache. Dont je vous livre une sélection!

C'est joli tout plein, non (grâce à flickr, je le confesse). J'ai encore des progrès à faire pour lui imposer de respecter la chronologie, mais sinon c'est vraiment pas mal, non?
Vous pouvez trouver les photos originales commentées là. Pour clarifier un peu la chronologie avant de prochains posts, divisons le voyage en cinq temps:
  • Du lundi 23 au jeudi 26 avril, nous sommes restés à Tana avec la famille. Nous avons rayonné, à Ambohimanga, au Lemur's park et dans des villages alentours. Nous avons également fait un tour au commissariat de Tana pour cause de vol de passeport.
  • Vendredi 27 avril, c'était le formidable mariage de Nat et Fred.
  • Du samedi 28 au lundi 30, nous étions à quatre (Laurent, Jeff, Ele et moi) à Antsirabé. Nous avons notamment fait une très belle mais dure virée en vélo vers le lac de Tritriva.
  • Elena et Laurent sont alors rentrés, et Jeff et moi avons continué jusqu'au parc de l'Isalo où nous avons fait deux jours de rando le mercredi 2 et le jeudi 3.
  • Nous sommes alors descendus pour deux jours de plage à Ifaty le samedi 5 et dimanche 6.

Nous sommes alors rentrés sur Tana, où nous avons glandé en famille un jour de plus que prévu par la faute d'Air Madagascar.
A très bientôt pour plus de détails, mais là j'ai sommeil!

17 ans de solitude


A deux pas de la plage de rêve d'Ifaty, exactement sur les tropiques du Capricorne, je contemplais un ciel étoilé d'une clarté inconnue en France. Le souffle régulier des vagues, la petite brise estivale de la nuit encore jeune, la sega cuivrée de la Réunion en fond sonore lointain, après deux semaines de vacances formidables, le cadre était parfait. Il était 21h15, le dimanche 6 mai.
Mâchoires serrées, regard haineux, effondré sur mon transat triste, j'envisageais sous des perspectives toujours différentes l'insondable immoralité, ou plus probablement la formidable stupidité, de nos concitoyens.

On nous le ressasse, mais c'est tout à fait exact: ces élections furent un modèle de démocratie.
Haut taux de participation, résultat clair, plébiscite pour la droite. Soit la majorité veut en conscience l'éloge du fort et le mépris du faible, soit elle est vraiment d'une bêtise insondable. L'économie comme mesure unique du bonheur; la générosité, la culture, la curiosité insultées; c'était cette fois plus clair encore que d'habitude.

Je me rattache à la solidarité de mes frères de galères dans l'autre hémisphère. Textos d'Ele, de maman, de mamie, de Ludo, de Fred. On me conseille de ne pas baisser les bras, jamais, d'y croire encore, dans 5 ans, dans 10 ans, dans 15 ans encore. J'en pleure. De toute façon, j'aurai en 2012 vécu l'intégralité de ma vie d'électeur, et 17 ans, sous un président de droite.
Et si je préfére les envoyer chier, tous ces cons? J'ai bien le droit de leur en vouloir, à ces minables, à ces égoïstes qui nous maintiennent dans la médiocrité d'une vie besogneuse sans imagination, sans magie, sans rêves autres qu'une déclaration d'impot allégée et des uniformes plus nombreux. Je les emmerde, on n'a rien en commun.

Sarkozy a déjà donné des signaux forts: diner au Fouquet's et vacances sur un yatch, ça c'est le président des smicards. Mais c'est tellement plus facile de haïr le RMIste d'à côté que de s'émouvoir de ce débalage de luxe...

A deux pas de la plage de rêve d'Ifaty, exactement sur les tropiques du Capricorne, je contemplais un ciel étoilé d'une clarté inconnue en France. Après une demie heure à broyer du noir, j'ai vu passer une étoile filante, le première de ma vie (véridique).
Mon souhait, elle peut se le foutre au cul. De toute façon, c'est au dessus de ses forces, apparemment.

dimanche, avril 22, 2007

C'est parti


Madagascar, nous voila!

samedi, avril 21, 2007

Poésie


Qui aime Paris?
Je veux dire, pour y vivre, hein, je ne parle pas du Paris romantique des films américains. Qui aime la vraie capitale, telle qu'elle est?
Personne de censé. C'est trop cher, les gens sont stressés, impossible d'avoir un bout de jardin, et le parigot arrogant se sent le centre du monde. Point final.

D'extraction provinciale moi aussi, j'ai cultivé également cette haine épidermique de la capitale. Haine renforcée par mes années d'école d'ingénieur en banlieue, lors desquelles je n'ai aperçu que les défauts de Paname.
(Faut dire, mes excursions là bas se résumaient à des courses le samedi après-midi aux Halles ou à Velizy, et à des sorties ciné-resto-bar à Montparnasse le samedi soir. Tout ce qu'il faut fuir comme la peste!)

Maintenant que j'y vis, j'en apprécie aussi les nombreux avantages. Les potes qui y vivent. La nombreuse famille qui y passe. Les inombrables sorties possibles (pour qui a du fric). Et surtout le fait de croiser plein de monde tout le temps.
Et notamment: des meufs.

Plein. Partout. Tout le temps. Toujours différentes. Et y en a même parfois certaines qui sourient. Ou du moins qui ne font pas complétement la gueule...
Tu peux pas lever les yeux de ton journal sans trouver de sympathiques petits minois. Avec une telle densité, et avec une population plutôt jeune, y en a pour tous les gouts m'sieurs dames!
Alors je trouve que dans ces conditions, se focaliser sur les aspects inconfortables des transports en commun parisiens, la densité, la chaleur, l'odeur, tout ça, c'est soit de la mauvaise foi caractérisée, soit c'est signe qu'on a une échelle des valeurs qui frôle la perversité. Qui préfére avoir de la place pour les jambes et respirer l'air de la mer à jouxter un top-model?

Et évidemment cet innocent butinage de jolis profils se conjugue également au féminin, ce qui me permet de clamer haut et fort cet avantage indiscutable, formidable et trop souvent tu de Paris sans risquer le divorce:

A Paris on paye cher, ça pue et y a pas de place. Mais qu'est-ce qu'on peut voir comme beauté(e)s!

Merci de votre attention.

jeudi, avril 19, 2007

Magistraux ogres


Formidable.
Incroyable.
Magnifique.

Avant de partir deux semaines dans la jungle, j'aime me rappeler que notre monde occidental ne se limite pas aux agressions sarkoziennes ou au marketing bayrouiste. Dans ces cas là, je m'achète un CD phénoménal, et j'en prend plein les oreilles. Et le coeur.

Les ogres de barback sont donc de retour avec leurs dixième album, peu après avoir fêté leurs dix ans sur scène. Vous savez tout le bien que je pense des ogres, la richesse de leur musique, la variété de leur répertoire, l'originalité du sillon qu'ils creusent, et l'intégrité de leur engagement. Pour faire la fine bouche, je dois dire que, paradoxalement, toute cette richesse musicale rendait leurs albums relativement difficile d'accès (comparativement à leurs prestations sur scène, par exemple): des chansons tellement belles, tellement riches, tellement travaillées qu'elles intimident un peu et emportent moins qu'un refrain simple et bien troussé.
A tel point que pour moi, leurs meilleurs albums étaient leurs lives. Bien que j'adore chacun de leur album, pour être clair. Mais mes chouchous étaient les concerts, plus énergétiques, plus directs.
Ce n'est plus le cas depuis cet album formidable: Du simple au néant.

Je suis dans tous mes états.
La maturité aidant, les ogres ont cette fois-ci sorti un album très différent, moins baroque, plus world et sombre que les autres. La musique ne fait plus d'ombre au morceau, mais le sert du début à la fin. Les ogres ont au passage d'ailleurs encore étendu la gamme de leurs instruments; orgue d'église, harminium et batterie rejoignent la longue cohorte des cuivres, accordéons, guitares et scie musicale. C'est tout aussi riche qu'avant, mais un peu de parcimonie dans les arrangements les rend beaucoup plus puissants.

Les ogres se sont adjoint le producteur de Noir désir, Sonic Youth et Zebda, et ça a l'air de les pousser à être plus directs, et à désinhiber leur talent d'écriture. Les textes, parfois lumineux et chantant l'amour familial, parfois amusants (Marée basse, Con et blasé), parfois tendres (C'est beau, pas bien), sont pour la plupart sombres et dérangeants.
Mais attention, pas le petit sombre du déprimé nihiliste. C'est pas mal ça remarquez, mais pas très très original. Là, je vous parle d'un sombre fort, politique, combattant et philosophique, un sombre qui balance, qui émeut, et qui propose. C'est pas pour rien qu'on croise Mermet ou Magyd Cherfi (de Zebda) sur cet album.

Ma loghorée atteint ses limites. Je multiplie les superlatifs, c'est pas bon, ça va lâsser mon auditoire. Soyons donc scientifique, raisonné et quantifions tout cela. "Comment quantifier l'art?" va-t-on s'égosiller? Mais avec ma fameuse classification "note sur ipod", voyons. Ca c'est de l'objectif, de l'indiscutable!
Trois "4 étoiles" et quatre "5 étoiles"(dont Jérôme, enregistré en cachette dans une église, et Ni dieu ni dieue, qui remet avec une juste colère le clocher sur la place du village) sur les seize chansons de ce putain d'album. Soit trois pépites et quatre joyaux, qu'il est un peu injuste de séparer des neuf autres jolis morceaux (d'autant plus que l'album est assez cohérent)...
Je déconne, mais ce n'est pas anodin. Je crois n'avoir donné que six "5 étoiles" depuis six mois que j'écoute mon ipod dix heures par jour. Que je chronique et rechronique. Que j'ai appris à chipoter, à saquer la moindre imperfection. Juste pour vous expliquer que pour moi, ces quatre morceaux là, ce sont des événements rares qui quittent presque le domaine de la musique. C'est fort, ça m'embarque, ça me concerne et ça me change. Et c'est rare. Normalement.

Et là, pléthore de morceaux forts. Avalanche. Incroyable.
Et encore, deux de ces bijous, d'entre eux Brebis galeuses et Il ne restera rien auraient mérité le 6 étoiles sur 5, tant ils m'ont remué. Le premier d'entre eux raconte avec toute la poésie de Madina N'Diaye une rafle dans un petit village, et m'a ému aux larmes (sans figure de style: j'avais l'air fin au boulot!). Et le second, très très très sombre mais très très très juste, nous rappelle frontalement qu'on est bien peu de choses.

Tout cela est en écoute là (onglet Disques). Passez donc quelques minutes sur place, je ne garanti pas que tout le monde sera secoué comme je le suis par cet album, mais même si vous ne vous envolez pas comme moi dans ce post, vous serez forcément conquis.
De quoi garder l'espoir en nos semblables (enfin, à certains d'entre eux) même si on se prend un second tour Sarkozy-Le Pen. Enfin peut-être, j'ai pas tellement envie d'essayer pour être sûr!

mercredi, avril 18, 2007

La phrase du jour


J'interromps mes programmes (et mes recherches) pour vous faire part de toute urgence de la phrase du jour:

"
Le contexte actuel, qui fait apparaître une concurrence plus acerbée, nous amène à redoubler d'efforts, regardant le monde tel qu'il est, mais en restant déterminés à le changer tout de même.
"

C'est beau.
C'est presque de la poésie.
Mais qu'est-ce? Une profession de foi de nos candidats favoris? Une constitution altermondialiste? Le serment que doivent préter les socialistes avant d'abandonner leurs illusions?

Non point, m'sieurs dames. Il s'agit de l'appel à cotisation que me lance mon ancienne et prestigieuse école. Je vous livre l'intégralité du texte:

L'Association a pour vocations premières de contribuer au rayonnement de l'Ecole et de la Communauté et d'être solidaire vis à vis de l'ensemble de ses membres. Le contexte actuel, qui fait apparaître une concurrence plus acerbée, nous amène à redoubler d'efforts, regardant le monde tel qu'il est, mais en restant déterminés à le changer tout de même. Pour cela, nous avons besoin de ton soutien, par le temps que tu pourras nous accorder et aussi ton apport financier en cotisant ou faisant un don à l'Association directement sur xxx ou bien en téléchargeant le fichier suivant xxx et en nous le renvoyant par courrier.

Je suis quand même pas fou, la phrase centrale n'a quand même rien à voir avec la choucroute! Le contexte international? La concurrence plus acerbée? Changer le monde, mais pas trop?
Dans quel monde on vit effectivement si on ne peut plus taxer ses anciens éléves sans parler du développement durable et de la mondialisation galopante...

N'importe quoi!

lundi, avril 16, 2007

Dynamisons la campagne...


avec les Fatals Picards.
Il me semble nécessaire de remettre un coup de fouet à ce blog dans cette dernière ligne droite avant l'évenement de dimanche: notre départ pour Madagascar. Et ouais, Sarko y m'aura pas!

J'en reviens donc à une valeur sure, qui déchaine à chaque fois les passions, comme en témoignent les deux commentaires de ces dernières semaines: la zique. Ah, ma che piacere!
Car voyez-vous, grâce une nouvelle fois à Radio Néo (et à un collègue - un de ceux qui ne passe pas ses loisirs sur Boursorama.com), je suis tombé sur un groupe frais de punk français: les Fatals Picards. Pour tout vous dire, je connaissais déjà un petit peu pour avoir adoré une chanson de leur album précédent (Picardia Independenza) Dors mon fils. Dont le clip se trouve là.
Comme je suis toujours aux aguets, j'ai immédiatement planté ce que j'étais en train de faire (chercher) pour me procurer l'album en question. Mais mon jugement, sévère mais juste, est tombé: ils n'étaient pas encore murs, ces petits jeunes... Trop agressifs, trop punks... Ils n'auraient pas les honneurs du meilleur blog de la galaxie ce coup là.

Leur nouvel opus vient de sortir (Pamplemousse mécanique), et mon jugement, sévère mais juste, est tout autre: c'est de la balle bébé! Du pur bonheur!
Les chansons sont pour la plupart placée sous le signe de la déconne, acide et fun, et il est vrai qu'on se marre comme des baleines. Je pourrais les énumérer toutes (Bernard Lavilliers, Moi je vis chez Amélie Poulain, Djembé man...), mais je retiens surtout au chapitre déconne Cure toujours qui parle avec justesse et émotion de la difficulté à vivre quotidiennement sa gothitude, Et puis merde je vote à droite qui n'est pas toujours très fin mais qui fait du bien, ou Seul et célibataire qui étudie la dépression d'un célibataire avec force comparaisons explicites. ils sont en écoute partielle là, profitez-en pour vous faire un idée.
Mais alors ce qui me plait bien, c'est qu'ils ne se limitent pas à mettre des sketchs en musique. On sent une belle tendresse et un joli engagement dans certaines de leurs chansons, dans lequele je retrouve du Renaud de la belle époque: jetez une oreille sur Mon père était tellement de gauche, la sécurité de l'emploi ou Française des jeux.
Et puis ils ont gommé le travers qui m'a gâché le premier album. Leur musique est certes toujours franche, voire un peu agressive, mais tout à fait écoutable et portée par des refrains finalement pas triviaux et qui trottent dans la tête.

Tout cela nous fait un bien bel album, tordant, lumineux, tendre, péchu. Et si ça ne suffisait pas à vous convaincre, vous vous devez de l'acheter pour supporter la France, car figurez-vous que ce sont eux qui représenteront la France à l'Eurovision! Les qualifications ayant accouché d'une finale Wampas-Fatals Picards, le second degré est à la fête! Un bémol par contre sur la chanson sélectionnée, qui est bien trop calme à mon goût (L'amour à la française).

dimanche, avril 15, 2007

Allocution du président du blog


Mes amis, je vous avais promis de nombreux posts ce week-end. Je vous l'ai promis en toute bonne foi; à l'époque cela semblait tout à fait faisable, logique, inéluctable. Je me réjouissais de vous faire ce plaisir, d'illuminer votre jounée, de faire avancer notre beau pays. Pour vous, pour la France, je comptais me mettre à mon clavier sans coup férir.
Malheureusement, mes chers concitoyens, la conjoncture a changé. Les conditions extérieures ont évolué, à mon corps défendant. Sans que quiconque ait pu le prédir, mon emploi du temps s'est franchement densifié. Je suis de bonne foi: qui aurait pu voir venir cette soirée vendredi soir et ce poker hier après-midi? Qui aurait pu voir venir ce soleil insolent? Qui aurait pu deviner que le pilote de la série Battlestar Galactica serait si prenant - et si long? Saleté de conjoncture, les indicateurs étaient pourtant au vert...

Dans ces conditions, je n'ai pas pu tenir ma parole. J'en souffre. Mais je ne pouvais quand même pas remettre en cause mon footing matinal, ni mon retouchage d'article de thèse!
Française, français, je suis sûr que vous serez magnanimes et que vous n'en m'en tiendrez pas rigueur. Je vois bien dans l'histoire politique récente que ce n'est pas parce qu'un politique ne tiens pas ses promesses que vous n'allez pas le réélire comme un seul homme, s'il a l'air sympa, français, courageux, différent, enfin bref qu'il passe bien sur TF1. Alors me gonflez pas pour ces histoires de post; vous donnez en tête un petit gars agressif qui ose parler du plein emploi dans 5 ans je vous rappelle.
Merde, et vive la France.

vendredi, avril 13, 2007

Chuis toujours là

Mais j'ai vraiment pas eu le temps d'écrire dernièrement. Ce week-end, je n'ai rien à faire qu'à vous laisser des mots doux alors ça va torcher.
Ah si, tant que j'y pense, je vous signale que Sarkozy prone une politque dangereuse, agressive, et asociale. Et que sa personnalité ne me séduit guère. Ce que je pourrais résumer de manière percutante quoiqu'exacte par "Sarkozy est un con méchant".
Voila voila.

jeudi, avril 05, 2007

Toujours écouter maitre Tom...



Sur les bon conseils de notre vénéré Master Crew, j'ai découvert la blogothéque, qui propose en particulier des concerts à emporter à savourer. Sensation rare sur celui là, Arcade fire jouant à merveille le jeu en offrant d'abord une version de Neon Bible en accoustique dans un monte charge, avant de pénétrer à l'Olympia, et un Wake Up formidable au milieu de la fosse. C'est raconté en détail là.
Je ne sais pas si ça répare en partie le manque, ou si ça fait encore plus mal de ne pas avoir trouvé de place pour ce concert.

(Que les impatients avant jusqu'au milieu de la vidéo pour le morceau de bravoure...)

dimanche, avril 01, 2007

Musique toujours


Ah ça, quand on a la chance de pouvoir écouter sa musique au taff, on peut avoir une vie culturelle intense! Et bien cette semaine, j'ai testé pour vous Arthur H, Abd al malik et David Lafore. Rien que ça!

Passons rapidement sur le live d'Arthur H, Show time, sur lequel j'accroche moyennement. Je suis grand admirateur du bonhomme et en particulier de son dernier album, Adieu tristesse, mais là je trouve que les nouvelles instrumentations n'apportent pas grand chose, et surtout que les nouvelles chansons ou reprises sont très décevantes. En particulier Alabama song des Doors, idée qui me semblait très prometteuse, m'a plutôt endommagé les esgourdes qu'autre chose... Remarquez, je dis peut-être ça parce que je suis frustré que H m'ait claqué la porte au nez plusieurs fois: tous ses concerts sont complets à la vitesse lumière!

Je me suis d'autre part attaqué enfin à Abd al Malik. J'ai pas mal temporisé parce que je craignais le soufflé médiatique un peu creu. On nous aurait exhibé ce jeune-Noir-qui-parle-bien juste pour faire un contrepoint constructif aux reportages insultants sur les banlieues que ça ne m'aurait pas étonné outre mesure. Comme en plus son style me semblait tendre vers le bavard-précheur, je reniflais le tranquenard et suis passé outre pendant quelque temps...
Et j'avais bien tort. Effectivement, son phrasé est très dense, et ses textes parfois un peu rentre-dedans, mais ils sont d'une sincérité et d'une intensité désarmante, et s'accordent à merveille avec son style. D'autant plus qu'il est admirablement soutenu par de splendides instrumentations électro-jazz, harmonieuses et rythmées.
L'équilibre trouvé est des plus réussi à mon sens: la zique s'occupe du côté harmonique et de donner du rythme, ce qui permet à Abd al malik de nous raconter ses histoires, les yeux dans les yeux, sans nous lâcher. Très très bien.

Mais ce vieux Abd n'aura pas les honneurs de la photo de ce post par la faute de David Lafore, jeune loup à l'album tourneboulant. Nous avons fait sa connaissance en première partie des joyeux urbains à l'Olympia, excusez du peu. Pas intimidé pour un sou par cette salle mythique, Lafore, après une ou deux blagues décalées, a arrosé le premier rang de sa bouteille d'eau (parce qu'il en avait toujours rêvé lors des concerts rocks de son enfance), puis a tombé le costard pour entamer, en slip blanc et avec tout le sérieux du monde son tube interplanétaire: 20 francs. "20 francs, 20 francs le cunilingus..."
Grosse poilade dans l'assistance, mais on aurait vite oublié le rigolo si le gros de son répertoire n'était pas constitué de chansons poétiques d'une grande force. Qui sont tout simplement formidables sur son deuxième album Cinq têtes II. Pour vous donner une idée de leur qualité, sachez qu'il s'agit du seul auteur dont une des chansons s'est vue attribuer la note maximale de 5 étoiles sur mon ipod. Voui voui. Avec Mr Roux et La Blanche, bien sûr! Mais sachant les milliers de chansons qui sont passées sur ce petit appareil, qui chauffe quasiment huit heures par jour, merde, ça intimide!
Le seul petit problème est que les chansons "détentes", rigolotes, telles 20 francs ou jalousie, (qui sont pour beaucoup dans le triomphe qui lui a été fait sur scène) me semblent assez faibles sur l'album. Surtout qu'elles cohabitent, et empiètent un peu, sur la majorité des autres chansons qui parfois tutoient le sublime. Laisse moi mourrir un peu, un baiser une bombe, laissons nous et surtout J'ai massacré tout un pays en tête.
C'est un peu frustrant car ça déséquilibre un peu l'album et donne l'impression que quelques blagues de caserne éclaboussent un oeuvre à part ça grandiose. Et pourtant, Dieu sait que j'aime les blagues de caserne! Mais que ça ne vous dispense pas d'écouter cet album, quand vous voudrez entendre un peu autre chose que la Blanche et Mr Roux! Non mais...
Rompez, et osez David Lafore!

vendredi, mars 30, 2007

Musique toujours


Bonjour à tous, et vive la France.

Je tiens avant tout à préciser que j'aime mon pays, que j'en suis fier et que je remercie tous nos ancêtres de s'être sacrifiés à notre bien être.
Ceci étant dit, j'ai décidé de continuer sur une thématique qui déchaîne les passions: je vais vous parler musique. Musique, oui, mais musique française. Car j'aime mon pays.

Nous sommes en effet allés voir Philippe Katerine mardi soir au Zenith (en traversant la gare du Nord au péril de notre vie). Pour rafraichir la mémoire des plus lents d'entre vous, il s'agit du dandy à la voix haut perchée, auteur de chansons normalement reservées à un public très très restreint de fanatiques d'art moderne, qui connaît un succès invraisemblable depuis le tube interplanétaire Louxor, j'adore. (Et je coupe le son...)
En temps normal, j'aurais vraiment été très méfiant à l'orée d'un concert de ce type. Certes, le monsieur porte à merveille le pull de cashemire rose, certes il est accompagné des très efficaces ex-Little rabbits. Mais bon, ne nous cachons pas que si certaines de ces chansons sont portées par un charme planant certain, avec des gimmicks parfois hypnotisants, une bonne grosse moitié de sa production est complétement inécoutable...

Mais le bouche-à-oreille (pardon, le buzz) incroyable entourant ses spectacles décalés et festifs nous a fait sauter le pas avec enthousiasme. Des témoins dignes de foi (au nombre de quatre), nous ont chaudement recommandé ses concerts. Alors...

Et bien, au risque de tuer le suspense de ce post admirablement construit, je vous révèle immédiatement que nous avons été un peu déçus... Encore une réalisation du célèbre phénomène: "On nous a tellement dit que c'était génial, que comme c'était juste bien, on est tout triste. Alors que si on avait été au concert sans a-priori, on aurait probablement été ravi"...
Et une des raisons majeure pour lesquelles nous n'avons pas été emportés par le show est qu'on nous en avait déjà raconté toutes les belles surprises. Lecteur comptant te rendre à un concert de Katerine, je t'invite donc à arrêter de lire ce post sur le champ.
C'est dur de te priver de ma prose, mais fais moi confiance, c'est mieux ainsi. Bonne route et vive la France.

C'est donc vrai que la mise en scène est moitiée dingue: Katerine se présente le corps couvert de peinture (c'est du body art), il occupe merveilleusement la scène (c'est un ex-danseur je crois), ses ziquos changent trois fois de tenue, des danseuses en slip déboulent à l'improviste sur scène, comme d'ailleurs une troupe de majorettes de gabarits divers, et le public se fait bombarder de petits coeurs qui brillent et de ballons... Qui plus est, Katerine a le bon goût de jouer trois fois Louxor avec une efficacité certaine.
Seulement voilà, quand on sait à quoi s'attendre, tous ces moments sont forcément moins forts. Surtout dans une salle énorme comme le Zenith. D'autre part, le spectacle est tellement rodé qu'il laisse assez peu de place à l'improvisation et aux discussions avec le public, dont je suis friand.
Et enfin, malgré toute la solidité, la précision et le bondissant des musiciens, quand même, il faut regarder la vérité en face: la plupart des chansons de Katerine ne sont vraiment pas belles! (Du moins pour qui n'a pas une culture solide du 63ème degré dans l'art).

Allez, à plus mes petits patriotes, et comme disait Mr Roux: "La France, aimez la ou changez la".

mercredi, mars 28, 2007

Je ne suis pas un héros


Et pourtant...
Et pourtant votre serviteur est passé, au péril de sa vie, non pas une mais deux fois au milieu des émeutes sanglantes qui ont ravagé la gare du Nord hier soir.
Et je vais vous avouer: j'ai même pas eu peur. Je n'ai pas tremblé une seconde, alors que des hordes sauvages de jeunes à cagoules se livraient à des duels mortels avec les forces de l'ordre.
C'est que je suis balèze, moi. Ahah.

Il faut dire qu'il y a une bonne raison à cela: je n'ai rien remarqué du tout. Pourtant, à l'aller, vers 19h30, j'ai traversé la gare du Nord de bout en bout car mon interconnection était annulée (suite à l'émeute). Et ben rien, pas la queue d'une racaille, pas l'once d'une lacrimo. Juste un rassemblement de flics au dehors. Alors soit Paris ne brulait pas vraiment, soit il sait le faire de manière très très discrète.
Au retour, soyons honnêtes, je ne suis pas descendu du métro donc je ne peux rien dire de l'amplitude des combats. Mais par contre donc, je peux vous assurer qu'on était loin de la révolte urbaine agitée par nos journaux à 19h30. Alors que les événements avaient commencé depuis une heure au moins, si je ne m'abuse.

Et sinon, ça n'a rien à voir, mais je n'ai pas pu m'empêcher de me tordre de rire devant la nouvelle affiche de campagne de Bayrou. "Osez Bayrou" dans les tons rouge et or, faut oser quand même... J'ai d'ailleurs visiblement vexé deux passants lors de ma crise de fou rire.
C'est pas le plus choquant des candidats, mais nous vendre un centriste moultes fois membre du gouvernement comme une alternative révolutionaire, et être crédible(!), faut le faire. Bravo aux publicitaires et à la nullité de la plupart des citoyens (tous ceux qui ne se marrent pas devant l'affiche, quoi).

C'est pas tout ça, mais le match de rêve France-Autriche m'attend. Avec la titularisation probable de Clerc, Escudé, Diarra, Mavuba, Diaby et Nasri, je vais me marrer!

jeudi, mars 22, 2007

Mr Roux persiste et signe


Un concert de Mr Roux à la dernière minute, dans une petite salle parisienne inconnue au bataillon? Pas de problème pour nos fringuants héros, accompagnés de leur fidèle saxophoniste!
Tout heureux que nous étions de l'aubaine (ça illumine une journée de débugage!), nous pouvions tout de même craindre quatre terribles dangers...
  • Que la salle, l'inconnu Atelier de l'Hermitage, soit minuscule et naze. En fait, il s'agit d'un hangard très fonctionnel (et vaste), qui vire au grand luxe quand on parvient à chopper les quelques places assises du premier étage. Et à 10 euros la place, ça donne envie d'insulter tous les spectateurs de TF1 du soir...
  • Que la salle soit vide, car malgré le retentissement considérable de mon blog, Mr Roux n'est pas encore très très connu. Et bien il faut croire que radio Néo a pas mal d'auditeur ou que l'intelligencia bretonne est particulièrement bien implantée à Paris (jusqu'à une période récente, le CD du rennais Mr Roux n'était distribué que là bas), mais la salle était bien remplie de 200 fans environ.
  • Que la bière soit chaude. Heureusement, la Leffe était parfaite.
  • Que Mr Roux, incroyable en version studio, ne soit pas bon sur scène.
Et bien je vous rassure aussi sur ce dernier point. Le bonhomme est tout à fait à l'aise, tout à la fois pour décrisper l'atmosphère en déconnant, et pour assumer avec tout le sérieux qu'ils méritent ses textes les plus forts ou les plus touchants.
Il est accompagné de deux ziquos: un contrebassiste donne la pèche à ses mélodies, tout en plaisant aux dames, et un deuxième guitariste-à-tout-faire qui enrichit considérablement les musiques à coups de riffs décalés ou d'envolée bien sentie. C'est vraiment le genre de musicien précieux: toujours en place, pas du tout m'as-tu-vu mais donnant une profondeur certaine aux morceaux, musicalement s'entend.
Sans atteindre la richesse des intrumentations de la Blanche, ils suffisent largement à sortir les intruments du simple rôle de faire valoir des textes de Mr Roux, ce qui n'est pas une mince affaire. En plus, les deux larons font admirablement les coeurs des pucelles aux nichons juvéniles...

Mais surtout, ce concert fut un bonheur total pour nous autres, fans de l'album, parce que Mr Roux nous a fait la bonne surprise de jouer une demie-douzaine de nouveaux titres. C'est plutôt rare, de voir un jeune groupe exhiber un répertoire si large, alors que son premier album est même pas encore sorti (nationalement!)
Et je peux donc d'ors et déjà vous affirmer, en avant-première mondiale de l'univers, que le deuxième album de Mr Roux est une réussite totale, formidable, dans la déconne, le politique ou le touchant.
Comme il ne sera enregistré que dans deux ans très probablement, je vous excuse si vous ne l'achetez pas immédiatement... Mais vous avez bien commandé le premier, hein?

Ah ça va filer droit!

Tu veux changer ta vie pour 33 euros?

C'est facile, tu vas là, puis là. Tu attends deux jours, puis tu t'installes bien dans ton canap', et tu profites...

mercredi, mars 21, 2007

Rafale de chroniques zicales


La bonne surprise de la journée, c'est que le concert de Mr.Roux auquel je ne pensais pas pouvoir aller n'a pas lieu samedi mais ce soir. De sorte que, enthousiastes comme nous sommes, nous allons passer une soirée d'exception.
Pour partager cette joie avec mes fidèles lecteurs, je m'en vais vous chroniquer rapidement les derniers CDs qui me sont passés à travers les paluches. Ceci pour que nous soyons tous imergés dans le fabuleux monde de la musique, certes, mais aussi pour occuper mon départ plus tardif que d'habitude du boulot. Y a pas de petits profits.
Les albums dont je vais vous entretenir sont à mon sens de honnêtes à bons, mais je n'ai rien dégoté d'absolument exceptionnel. Voila pourquoi vous n'avez pas eu droit à des chroniques enthousiastes plus tôt.

Commençons par monsieur Arno et son album Jus de box. Le belge aime les jeux de mots fins, comme vous pouvez le constater... A vrai dire, je n'ai pas grand chose à dire de cet album si ce n'est que c'est du Arno pur jus (de box - ahah): voix rocailleuse, prononciation d'alcoolique flamand, textes décalés, ... C'est tellement particulier que les chansons m'apparaissent très inégales selon que j'accroche (Mourir à plusieurs) ou pas (From zero to hero). Effet amplifié par l'accompagnement musical qui louche vers les 80s parfois.

Parlons ensuite de Riké, le co-chanteur de Sinsemilia qui poursuit sa petite trajectoire personnelle en parallèle du groupe avec son deuxième album Vivons! Moins politique dans les paroles mais plus rêveur, moins reggae-cuivre mais plus reggae accoustique, c'est un peu lourdingue parfois, mais que voulez-vous, moi j'aime beaucoup. Du soleil et de l'innocence qui s'assume, et est donc loin d'être niaise, je ne vois pas ce qu'on peut avoir contre.

Mais je sais aussi faire dans l'international avec le deuxième album de la comète canadienne Arcad Fire: Neon bible. Après la réussite formidable de leur premier album rock baroque mélant hurlements, choeurs et orgues, ils étaient attendus au tournant. Je suis personnellement tout à fait rassuré avec cet album moins brillant et novateur que le premier, mais tout aussi intégre et bidouilleur. il y a peut-être d'ailleurs plus de profondeur dans ce deuxième album qui lâsse moins à l'écoute massive.
Dans le domaine international, j'ai apprécié aussi les Build to spill et les Tapes and tapes qui m'ont été recommandé par un mystérieux lecteur se cachant derrière d'astucieux pseunonymes.

Enfin, je suis en train d'étudier de près le dernier Mano Solo, In the garden. Car voyez-vous, je l'ai avant tout le monde car je fais parti des fans ayant participé à son financement en pré-payant l'album. Et paf.
Et bien, pour l'heure, force est de constater que je suis plutôt déçu. Ca reste du Mano brayeur, énervé et impudique, mais il me manque le brillant de la Marmaille nue ou des années sombres, ou l'étonnant de Dehors ou des animals. J'ai le sentiment d'être confronté à une livraison plus anonyme. Cela dit, je réserve mon jugement final, car d'expérience les albums de Mano sont si arides et travaillés qu'il est possible de devenir infatigable admirateur à la centième écoute seulement.
Et là, c'est qui qui aurait l'air idiot, comme un sondeur après le 1er tour ou un commentateur de foot après la coupe du Monde?

lundi, mars 19, 2007

Bonus track


(Suite du post précédent)
Une pose un peu moins classe: "Et là, mon petit, qu'est-ce que tu vas nous chanter? - Love me, please love me..."

La grosse classe mon pote

Voici le brillant récipiendaire du prix Métivier lors de son discours mémorable. Cet orateur fameux, le regard perdu dans sa prose, semble habité par sa glose, comme en témoigne le mouvement italiénisant de ses petites mimines.
J'ai en plus en tendresse particulière pour le port débonnaire du micro, qui n'a rien à envier aux plus grands prédicateurs américains.

dimanche, mars 18, 2007

Mauvaise pioche

Enfin un week-end pluvieux (enfin, moins ensoleillé que d'habitude)! De sorte que nous avons enfin eu un excuse valable pour refuser nos balades habituelles à la découverte de la Capitale pour rattrapper un peu notre retard cinématographique. Miam miam!
On s'en réjouissait d'avance, et bien le moins qu'on puisse dire c'est n'avons pas bien su en profiter... Ca commence par une comédie sentimentale qui vient de sortir - le Come Back - avec Hugh Grant en chanteur has been des années 80 et Drew Barrymore en parolière fofolle. En temps normal, je me serais fortement méfié de ce canevas, mais Télérama étant des plus élogieux sur les qualités comiques et le message pas si crétin que cela (soit-disant), je me suis laissé entrainer dans ce traquenard. Je ne préciserais pas par qui, mais sachez que les avis d'Elena n'auront plus aucun poids dans le choix de nos sorties dans la décennie qui viendra.
Evidemment, c'était niais, mielleux, et les quelques bonnes répliques ne sauvaient rien tant l'ensemble était tout mou et tout pas rythmé. Un naufrage, qui mérite juste qu'on s'y attarde une demie-heure à la télé après une longue journée de travail. Et encore, à condition que ce soit une craquage ponctuel.

Du coup, nous nous étions promis de remonter le niveau aujourd'hui avec un film grave probablement sublime: les témoins (de Téchiné avec Bouajila, Béart et Blanc). Et bien nous n'avons pas eu la chance de creuser cet intéressant filon, car on fête le printemps du cinéma à Paris.
Pour nos amis provinciaux habitant des villes importantes, je précise que le printemps du cinéma est une opération de trois jours se traduisant par des places à 3 euros 50 (ce qui divise le prix parisien pas trois) et une affluence record. En d'autres termes, on paye peu cher sa place, mais on ne va jamais voir le film qu'on visait.
Pour nos amis provinciaux habitant des villes moyennes telles que Toulouse ou Clermont-Ferrand, je précise que le cinéma est la projection en salle d'un film, tels que ceux du dimanche soir sur TF1. On paye l'entrée pour voir des films récents, n'ayant pas forcément les faveurs de la programmation de TF1, sur des grands écrans à coins pas ronds, et parfois en version originale. Je sais c'est déroutant. C'est ça, la ville lumière.
(Je ne m'adresse pas aux provinciaux habitant de petites villes parce qu'ils ne connaissent pas Internet ni l'eau courante. Chaque chose en son temps.)

Evidemment, les témoins, c'était complet, et nous nous sommes donc tenu le raisonnement suivant. Je cite: "bah on n'a pas fait la queue pour rien, quand même. En plus, vu le prix que ça coûte, on peut toujours aller voir une merde au hasard". Raisonnement que se sont probablement tenu la moitié des spectateurs emplissant la salle des témoins, d'ailleurs, les enfoirés. Cherchez pas, c'est inattaquable, comme raisonnement. Au sens libéral, c'est-à-dire noble, du terme.

Alors voilà, nous nous sommes retrouvés à regarder la cité interdite, film chinois à grand spectacle racontant une tentative de renversement d'un empereur. Entendons nous bien: ce film très esthétique, mené sur un rythme différent des films occidentaux, est loin du naufrage du Come back.
Néenmoins, force est de constater que nous avons été un petit peu endormi par la première moitié, très "or, soie et non-dits", et un petit peu écoeurés par la deuxième moitié, très "or, sang et massacre". Tout cela laissait peu de place à l'identification avec des personnages tordus et trépassant les uns après les autres, mais le film restait superbement mis en scène, et joliment joué. Pas comme l'autre guimauve.

Enfin... Je reste magnanime sur le bilan de ce week-end étant donné la classe de son entrée en matière rugbystique. Et même la cruauté des dieux du football remerciant mal les belles tentatives nantaises n'obscurcira. Nous espérons voir les témoins très bientôt, et d'ici là encore une ou deux merdes parce que, quand même, 3 euros 50, c'est vraiment pas cher.
Allez, je vous laisse, le masque et la plume va commencer. On a comme qui dirait besoin de leurs conseils pour moins se gourrer...

vendredi, mars 16, 2007

Petit coucou


Tiens, au fait, c'es vrai, vous êtes toujours là! Ca somnole là dedans, croyez-vous?
Mon petit blog se prélâsse, profitant des beaux jours pour ne point trop se fouler et avancer caaaalmement sur les posts. De toute façon, j'ai toute une batterie d'excuses. Jugez plutôt: si je mollis du blog, c'est à cause:
  • de mon passage rennais pour récupérer un prix de thèse inconnu dont pourtant tout le monde ne cesse de me parler,
  • des vaccins malgaches,
  • de François Bayrou dont je rêve la nuit. Non j'déconne,
  • des potes chez qui on se fait inviter,
  • de Fred Vargas qui continue de me grignoter mon temps libre.
Alors, c'est pas inattaquable tout ça? Mais si vous manquez de lecture, je vous indique quelques articles des plus intéressants sur la campagne électorale.
A commencer par la mise au point de Judith Bernard à laquelle je souscris complétement: qu'est-ce que c'est que ces électeurs qui veulent qu'on les séduise, mais surtout pas qu'on les ennuie à parler conviction et morale?
Et puis d'autres posts informatifs tels que celui-là, celui-ci ou encore celui-là. Notez que celui-là est vraiment pas mal. Et celui-ci m'a troué.

De là à en déduire qu'il n'y a que sur le bigbangblog que je trouve des infos et des analyses pertinentes sur cette triste campagne... Heureusement qu'ils sont là pour remonter le niveau catastrophique, dont sont responsables à mes yeux par ordre croissant de responsabilité les politiques, les médias et les citoyens.

mardi, mars 13, 2007

Les gros titres de la star


Pas un instant je n'ai cessé de travailler pour la France, et de vous aimer. M'en voilà remercié par les sirènes de la gloire là (qui pointe vers là).
Juste récompense vu mon énorme talent je trouve.

lundi, mars 12, 2007

C'est maintenant officiel

Nous allons à Madagascar marier ma cousine!
On part le dimanche 22 avril avec un petit Jeff dans les bagages, Elena revient le mardi 1er mai (boulot oblige) et moi le 8 mai. Dépaysement, lémuriens, pauvreté, océan indien, baobabs, parcs nationaux, tourista, rhum arrangé, taxis brousses, nous voilà!

vendredi, mars 09, 2007

Magistrale blanche


Une semaine silencieuse sur le blog peut avoir deux raisons: ou bien l'inspiration manquait, ou bien la semaine fut si pleine qu'elle n'a point laissé le temps à chroniquer. Bilan: que ce soit parce que votre blogger préféré est taraudé par la mauvaise conscience, ou bien parce qu'il est habité par de nombreuses histoires formidables à narrer, le blog va s'animer comme un bête.
Et bien nous nous trouvons dans la deuxième situation: semaine culturelle à faible quantité de sommeil et fort nombre de sorties. Et je me dois de commencer par l'événement le plus marquant, qui est aussi le plus récent: le concert d'hier soir de la Blanche, au café de la danse.

Petit rappel: la Blanche, j'adore, à tel point que le groupe s'est vu remettre le demi-prix de la révélation Vinci 2006 (avec Mr.Roux, faut il le préciser). Textes formidables, voix de dandy pouvant être puissante, musique electro-chanson-électrique aux mélodies bien trouvées. Et répertoire large, du délire au poétique en passant par le politique, le tout servi par un talent énorme.
Vue la qualité du CD, je craignais que le groupe ne soit pas tout à fait à sa hauteur sur scène car l'équilibre entre textes et instruments me semblait délicat à trouver, tout comme le juste milieu entre le calme recueilli nécessaire au texte, et la montée d'ambiance du concert.
Autant vous rassurer tout de suite: le concert fut tout à fait au niveau de l'album. D'abord parce que le chanteur à du charisme à revendre (hein, Elena?) Ensuite parce que les ziquos sont à l'aise sur scène. Et encore parce qu'il font de la zique de grande qualité.
Et c'est justement là que je suis conquis: sur l'album, aveuglé par la qualité des textes et porté par la mélodie, j'ai trop oublié la richesse musicale des chansons, au sens instrumental du terme. Mais alors sur scène, la qualité de la musique, sa densité, créve les yeux: les guitaristes, le batteur et la violonceliste font mieux que servir les textes et multiplient encore les niveaux de lectures des différentes chansons. Que du beau.

Bref, j'ai adoré ce concert, bien entamé par une première partie étrange et intelligente: Khaban. Un hybride jazz-chanson qui mélange les genres avec des bonheurs variables (incluant de très grandes réussites), sur des textes sincères (là aussi pouvant être formidables). Seul bémol à cette superbe soirée: le concert s'est achevé de manière très abrupte: après le deuxième rappel, les musiciens ont déguerpi dans la seconde, la lumière s'est allumée instantanément, ma musique d'ambiance est repartie direct... et le public s'est levé et s'est remis à discuter en sortant bien tranquillement immédiatement.
Cette soirée magique aurait mérité un réveil un peu plus doux.

lundi, mars 05, 2007

Aïe


Ouais, ben j'assume.

Quand je me lève le matin, j'aime moudre mon petit café équitable pour me faire un vrai espresso. Ou un capuccino. Je vais au boulot en transports en commun en lisant des journaux qui parlent du monde qui nous entoure. Ce faisant, j'écoute du rock indé ou de la nouvelle scène française sur mon ipod.
Et ben j'assume.

Le soir venu, je regagne mon appart' dans Paris intra muros (sauf quand je vais voir un concert live, une pièce de théâtre ou un film allemand en VO). J'entre en allumant mes nouvelles ampoules économies d'énergie, vu que ma femme bosse aussi et rentre maintenant régulièrement plus tard que moi. Au fait, elle bosse dans la culture.
Et ben on assume.

En l'attendant, je regarde les Guignols ou Arrêts sur image. Ou alors je pars faire un footing pour entretenir mon corps, de préférence en écoutant le masque et la plume.
Après, on aime bien se faire de bonnes bouffes avec des aliments bios. Et à l'occasion, on fait péter une petite bouteille d'un vigneron indépendant, issu de notre cave d'appartement.
Et ouais.

Un jeune loup toulousain m'a récemment fait remarquer que tout ça colle nickel avec un cliché tout beau tout rigolo: le bobo. Il s'agit d'un provincial: il est donc sympathique et pittoresque, mais il n'a pas accès à l'offre culturelle parisienne, ce qui nécessairement le laisse un peu en retrait des choses de l'esprit. Cela dit, j'aime bien le fréquenter: il rappelle que la vie peu être belle aussi à qui la croque avec bonne humeur et au premier degré, ce qui relativise quelque peu les querelles métaphysiques qui agitent nos nuits culturelles parisiennes. Une bonne bouffe animée de quelques rots, puis une sortie à la chasse alcoolisée: cale suffit à rendre ces braves gens tout à fait heureux!
Enfin vous voyez le tableau. Le bougre étant d'un naturel plutôt simple, donc, il s'est amusé des allitérations de cette dénomination, tellement amusantes à ses grossières oreilles qu'il en a déduit un peu abruptement qu'il devait forcément s'agir d'une insulte. C'est qu'on rigole pas tous les jours, à Toulouse... Et plus largement en Province, d'ailleurs.

Et ben j'assume! Ce n'est pas sale, et je suis même prêt à défendre un par un chacun des points sus-cités! Je vais quand même pas me forcer à boire du Nescafé, à m'acheter un 4x4 pour aller au taff, lire Manager magazine ou How to get rich in three weeks, à regarder TF1 en rentrant et à boire du pinard de grande surface, merde!
Non mais...

vendredi, mars 02, 2007

Le ravi de la créche de service


Foulala, ils ont font des trucs incroyables les mecs de l'informatique, avec leurs ordinateurs et leurs serveurs et tout ça!
Bref, c'est pas une info du tout pour les gens qui s'y connaissent un tout petit peu, mais moi, tout candide, j'en étais resté à Google Earth. Un logiciel sympa permettant de survoler la planète, mais qui lasse assez vite, surtout les gars incapable de se repérer sur des images satellites.

Et v'la t'y pas que je découvre Google maps, qui permet une utilisation hybride entre vue satellite et carte, ce qui est quand même carrément plus pratique!
Je trouve ça mortel. Alors moi j'habite là et je bosse là. D'ailleurs, là je ferais mieux de bosser alors je vous quitte, en précisant que maman elle habite là, belle-maman là et mamie ici!

Dingue.

mercredi, février 28, 2007

Ce vieux François...


Un lecteur de Télérama rapporte la réflexion suivante, qui reléve le niveau de certaines conversations impoistes ou people-politique que j'ai entendu aujourd'hui.

A méditer en ces temps de campagne électorale
"Parmi nous et de nos jours, le ministère de l'Instruction publique est de tous les départements ministériels le plus populaire, celui auquel le public porte le plus de bienveillance et d'espérance. Bon symptôme en ces temps où les hommes ne sont, dit-on préoccupés que de leurs intérêts matériels et actuels".
François Guizot (1787-1874),
Mémoires pour servir à l'histoire de mon temps, t.III... en 1860.

Parlant des impôts, la pétition d'Alternative Economiques est toujours en route pour ceux que ça branche...

lundi, février 26, 2007

C'est pas beau de vieillir


Madame est pas là pendant quelques jours.
Monsieur pourrait en profiter pour retrouver les joies du célibat. Monsieur pourrait aller voir un film d'action, ou louer un DVD idoine. Il pourrait regarder un match de foot. Il pourrait s'installer un jeu vidéo régressif, et buter de l'extra-terrestre. Ou encore jouer au poker sur internet (mais Madame lui a interdit). Ou enfin trouver quelques potes-collégues-amis pour se murger à la bière.
Et ben non. Monsieur il préfére s'allonger sur son petit canap', et siroter une grappa en lisant un bon bouquin. Alors de deux choses l'une: ou bien Monsieur vieillit, ou bien Fred Vargas pond vraiment des polars passionants.

dimanche, février 25, 2007

Le problème en France...


... c'est qu'on paye trop d'impôts, et que ça brise l'esprit d'entreprise. Non je déconne.
Allez, plus sérieusement:

Qu'il fasse chaud en hiver, je veux bien! Que la gauche socialiste s'éloigne inexorablement de la gauche, je commence à l'intégrer. Que les italiens soient champions du monde me révulse, mais je cesse d'y penser dix fois par heure. Et que notre voisin du dessous nous prenne pour de dangereux fétards quand on discute avec des amis autour d'une table à 22h20, je peux le comprendre, quand on me l'explique calmement.
Bref, je suis souple, je m'adapte. Cependant, il faut que certains repères demeurent, merde! Ou va-t-on sinon? Et là, je ne demande ici aucun retour aux Valeurs, à la Morale conservatrice ou républicaine, à l'Ordre juste, etc, mais à au respect de la chose la plus fondamentale pour mon équilibre intérieur: à la logique sportive.

Et la plus importante de ces règles fondamentales qui valent depuis que Dieu a fait l'homme joueur et la ballon rond ou ovale est la suivante:

Les équipes de bas de tableau sont des brèles incapables de gagner un match

C'est pas des conneries! Dieu, il est apparau en haut de son nuage et il a dit que quand on était mauvais, on était mauvais, point, on ne devenait pas irresistible du jour au lendemain! Sinon ça n'a aucun intérêt d'être bon, enfin comprenez le!

Or, alors que le Football Club de Nantes, avec toute la classe et l'abnégation qu'on lui connait, respecte à la lettre ce Commandement, je suis outré que les autres clubs reléguables empruntent un rythme de champions de France depuis la reprise. L'OGC Nice enchaîne les victoires, Valenciennes nous terrasse à domicile, Troyes engrange les bons résultats, et voici même que notre compagnon d'infortune le plus fiable - le FC Sedan - commence à relever la tête.
Mais c'est quoi ce bordel? Du coup, malgré quelques matchs nuls contre des bonnes équipes, voila les braves nantais complétement décrochés. C'est sans queue ni tête cette histoire. Et ça vire même à la mascarade la plus complète quand on sait que même le PSG va mieux, et a enchaîné quatre victoires consécutives!
Je vais me mettre au rugby, tiens. Nantes doit y être certainement moins mauvais qu'au foot...

My brother



Petit délire de mon petit frangin, comme en passant...

samedi, février 24, 2007

Halte à l'hypocrisie!

Contrairement à ce que laisse penser ce blog, qui met en lumière les aspects dynamiques et culturels de notre petite vie, nous ne sommes point de parfaits petits intellectuels péchus, croquant inlassablement les richesses culturelles de la capitale! D'ailleurs, vous le savez bien, hein, ne nous voilons pas la face, on se connait tous personnellement... C'est hyper has been dans le cyber-world, à l'époque de Second Life, mais que voulez vous...

Hier donc, loin d'aller dans un petit cinéma indépendant voir dans une salle inconfortable un film allemand de qualité (tel Ping pong, toujours sur notre liste), nous nous sommes adonné à un grand moment de cinéma régressif à la maison. En bons cadres vidés par une semaine de boulot, nous nous sommes affallés devant ce qui promettait d'être une merde sans non: 40 ans et encore puceau. Il s'agit, figurez-vous, d'une comédie américaine, dont le synopsis tient plus ou moins bien dans le titre.

Et bien sachez que contre toute attente, ce film est absolument excellent (dans son genre). Les blagues fusent dans tous les sens, du plus trivial et vulgaire (mais efficace) au plus recherché et politiquement incorrect. Les scénaristes, complétement incontrolables, semblent ne rien se refuser, pourvu que ce soit marrant.
Bien que le film soit plutôt à gros budget, on a plutôt l'impression d'être face à un petit truc indépendant sous ecstazy, genre Clercs. Et comme les personnages sont attachants et bien joués (encore une fois, dans leur genre), ne boudons pas notre bonheur et recommandons à tous ce film (qui passe en ce moment sur Canal+) pour une petite soirée régressive secouée par les rires.
Je ne m'étais pas autant marré depuis Mary à tout prix, pour moi une référence dans le défoulement rigolo sans égard pour rien ni personne.

jeudi, février 22, 2007

La poésie du parisien


Petite respiration bucolique de l'honnête travailleur parisien quittant son boulot (exceptionnellement avant la nuit tombée): admirez ce joli arc-en-ciel qui anoblit la délicate skyline de la Défense, au bout de cette rue de Suresnes...

Ah...
Dis donc...
On est bien peu de chose quand même...

Mais bon, faut pas que je traine si je veux pas perdre de temps dans les transports!

mercredi, février 21, 2007

Petit défoulement médiatique

J'ai beau essayer d'ignorer le feu nourri d'info à la con concernant nos prétendants à la présidentielle, cette nouvelle preuve de la nullité de nos médias finit par entamer ma sérénité.
La mode est depuis quelques jours aux sondages, ce qui suplante même quelque peu la dimension people (machin aime pas truc...) des comptes rendu politiques, l'avez-vous remarqué? Après le people, le compte-rendu d'avant-match à la mode l'Equipe! Alors au delà du fait que c'est complétement con, puisqu'il a été prouvé et re-prouvé que les sondages se plantent très régulièrement (qui plus est à trois mois de l'échéance), cette nouvelle mode illustre encore joliment la subjectivité des médias.

Après deux semaines à s'acharner sur la chute de Royal, et une semaine à nous seriner que Bayrou peut créer la surprise, le sondage du jour nous annonce la remontée de Royal et le maintien de Bayrou. Alors devinez qui doit mécaniquement descendre? Sarko. Mais va-t-on en faire tout un foin, voire insinuer qu'il traverse un "trou d'air"?
Oh bah non alors, il fait trop sérieux lui!

A force de nous faire des coups comme ça (j'ai aussi beaucoup de tendresse pour les attaques sur le financement des mesures de Royal, alors que celles de Sarkozy coûtent plus cher (selon le Monde), et qu'il a même été désavoué par l'UMP à ce sujet), je vais finir par me ranger du côté de Royal sans même étudier les autres options!
(Non je déconne)

lundi, février 19, 2007

Sacré Jean-Luc


Vous n'êtes pas sans savoir que Jean-Luc, notre sympathique plante chevelue, a frolé la mort récemment. Nous n'avions pas pris garde au fait que son petit pot devenait un carcan particulièrement étroit pour une belle jeune plante comme lui. Honte à nous.
Heureusement, attirée par ses petits cris plaintifs, la maitresse de maison a fini par mettre fin à son supplice en investissant dans un pot tout confort. Il s'en est fallu de peu, mais maintenant qu'il peut étendre ses petites racines délicates, notre bon Jean-Luc a repris du poil de la bête. Il rayonne, il respire la joie de vivre.
Nous pensions le cas réglé, et nous réjouissions de pouvoir jeter un oeil de temps en temps vers notre brave compagnon silencieux, fier comme un pape de monter la garde devant notre nouvelle cave. Mais c'était acculer un peu vite notre vigoureux Jean-Luc dans un rôle de vieux garçon.

Et c'est donc tous tremblants d'émotion que nous vous annonçons que Jean-Luc a décidé, après moultes hésitations, de laisser derrière lui sa vie de célibataire pantouflard et a séduit une vibrillonante Martine. Les choses se sont accélérées dernièrement, et Martine a emménagé ce week-end pour une vie de bonheur, d'amour et d'eau fraiche avec son damoiseau.

Enfin, vu le soin avec lequel nous traitons nos plantes, j'espère que leur amour sera particulièrement fort, parce que la livraison d'eau fraîche est franchement aléatoire... Souhaitons leur bonne chance pour la suite!