dimanche, mars 21, 2010

Triple dose

L'engagement culturel ne souffre pas le moindre relâchement.
Grand esthète devant l'éternel, j'ai dû développer des dons d'organisateur hors pair pour ne passer à côté d'aucune échéance majeure. La chose devient délicate quand le calendrier présente plusieurs rendez-vous immanquables en peu de temps. C'est alors qu'il faut faire preuve de discipline et calmement, méthodiquement, sans se poser de question, enchaîner les soirées prestiges les unes après les autres.
Il faut savoir prendre les matchs les uns après les autres, en quelque sorte...

Je viens donc d'achever le brillant triptyque "France-Espagne" (match amical de préparation aux championnats du monde de foot), "Barcelone-Valence" (le 2ème contre le 3ème, Liga de foot espagnole) et enfin "France-Angleterre" (couronnement du grand chelem des Français au rugby). Ça avait sacrément de la gueule sur le papier tout cela!
Sur le terrain, les résultats ont été assez divers.

La grande révélation de "France-Espagne" a été pour moi la grande médiocrité du public. Je n'ai pas du tout trouvé que la prestation des Bleus ait été particulièrement humiliante: opposée à la meilleure équipe du monde, qui a vu ses deux premières actions mener à deux buts avec une réussite maximum, ils n'ont pas baissé les bras et sont courageusement repartis de l'avant.
Mais, même en jetant ce regard positif sur le match en lui-même, ce fut une souffrance terrible de le suivre au milieu d'un public si hostile - et, à mon avis, crétin!
Dès la première minute, un dense nuage de soit-disant spécialistes fait profiter l'ensemble du stade de ses analyses défaitistes, systématiquement négatives et bien souvent injustes. Puis, quand le score prend de l'ampleur, il devient temps de se mettre à huer et siffler ses protégés. Pour finalement partir en faisant la gueule...
Avec des supporters comme cela, on n'a pas besoin d'ennemis! J'ai du mal à comprendre l'intérêt de payer 40 à 100 euros pour cracher sur sa propre équipe. Mec, si t'es si malheureux d'être là, et bien casse-toi! Ah si, ils sont peut-être venus pour le précieux plaisir d'entonner des "Domenech démission", ironiquement souvent lancés dans les temps forts français...

L'ambiance était heureusement bien plus sereine au Camp Nou où j'ai pu, par la grâce d'un autochtone ami ayant de la suite dans les idées, assister à une des plus belles affiches de la saison mettant en scène l'une des plus belles équipes du monde. Privilège rare car toutes les places sont attribuées aux abonnés; il faut donc guetter les petites annonces pour les racheter à ceux qui ne peuvent aller au stade ce week-end là. Le stade, d'ailleurs, est une expérience à lui tout seul: on a du mal à imaginer 90 000 personnes dans un si petit périmètre, sur des gradins effleurant littéralement le terrain.
Le public est assez loin de l'image de foule fanatique portée à incandescence que transmet la téloche. La plupart des socios (supporters-actionnaires du club ayant un abonnement à l'année) vont voir jouer cette équipe depuis des décennies: il s'agit donc essentiellement de grands connaisseurs concentrés qui ont passé l'âge d'insulter l'arbitre à qui mieux mieux (même si, en quelques moments bien choisis, cela fait du bien à tout âge!)
Le match fut quant à lui tout à fait incroyable: un première mi-temps équilibrée qui fit monter la pression; suivi d'un retournement complet de tendance pour laquelle l'entrée de notre Titi Henry national ne fut pas pour rien. Et surtout trois fulgurances de l'extra-terrestre Messi. Un 3-0 mémorable.

Heureusement d'ailleurs que j'ai eu ma dose de spectacle le week-end dernier, car la soirée rugbystique d'hier soir fut triste à pleurer. Certes, les résultats objectifs poussent à la fête: tournois gagné, grand chelem, et victoire face à l'éternel ennemi anglais.
Mais quel ennui! Non seulement les Français n'ont ils pas marqué un seul essai, mais je ne me rappelle pas les avoir vu à moins de 15m de la ligne d'essai adverse! Ils ont peut-être même plus souvent tapé le ballon du pied qu'ils ne l'ont joué à la main! Que les spectacle n'ait pas été l'objectif majeur de la soirée, je veux bien, mais de là à éteindre chaque contre-attaque si systématiquement d'un coup de pied... Au moins le public, calme mais positif, était-il infiniment supérieur à son prédécesseur footballistique...
Au passage, que la performance correcte des Bleus au foot dix jours plus tôt ait donné lieu à une telle descente en flamme dans les médias, alors que cette triste victoire ne donne lieu qu'à quelques bémols au plus profond des articles, cela montre bien que la qualité première du journaliste sportif est de paraphraser le résultat sur des paragraphes et des paragraphes...

Sur ce, à vous les studios!

mardi, mars 16, 2010

Grand jeu

Quel est le lien entre les personnalités ci-dessus?
(Cliquer pour voir en plus grand)
Question subsidiaire: si vous avez trouvé, peut-être pouvez vous présenter votre liste à vous?

mardi, mars 09, 2010

Kill rabbits now

Le silence bloguesque se faisait long.
Je pourrais vous raconter que je passe mes journées, prostré, à rabâcher les sujets possibles à aborder (Domenech suite à mon accablante fréquentation du pire public du monde; une polémique que j'ai lancé au boulot comme quoi le ski - cher, loin, froid, blindé - est une activité de gros naze; les chroniques ciné, bouquin et musique...). Et que je suis étreint par l'angoisse de la page blanche, par la crainte de ne pas être au niveau de mes productions himalayennes habituelles, par la paralysante panique d'imaginer vos milliers de visages déçus devant un post qui ne serait pas à la hauteur.
Et bien je ne recourrai pas à ce triste procédé. (D'ailleurs, vous savez bien que l'explication ne tiendrait pas la route tant il est certain que chacun de mes posts dépasse le niveau pourtant stratosphérique du précédent). Je peux me permettre cette franchise car, mieux que des explications parcellaires pour mon silence (San Diego, une liste de lectures étourdissante, des week-ends par monts et par vaux, un entrainement au marathon prenant et émaillé de performances à couper le souffle, la flemme), j'ai un coupable idéal.
Et je vais le balancer.
J'aime pas ça, mais il l'a bien mérité.
Mesdames et messieurs, si vous n'avez rien lu de moi depuis deux semaines, c'est la faute à l'immonde...
LAPINOU
Et oui.
Cette créature infernale, dont les yeux réussissent le tour de force d'être à la fois globuleux et injectés de sang, me pourrit la vie. Elle sabote mon sommeil, rend ma femme irritable, et m'interdit tout loisir.
Cet être abominable n'est pas une simple monstruosité de la nature. Non, elle est sortie du cerveau tordu de l'immonde matray. La moindre de ses courbes inélégantes, le plus petit détail du reflet de son regard idiot, a été mûrement réfléchi. Quel esprit tordu pourrait consacrer des centaines d'heures de son temps libre, et mettre toute une science de graphiste acquise grâce à une éducation, soit dit en passant, largement subventionnée par nos impôts (par ailleurs beaucoup trop élevés, c'est typiquement français) pour effectuer des centaines d'heures de test afin de produire la plus imparfaite des créatures?

Toujours est-il que ce nouveau Frankenstein, ravi de son joli court-métrage bustero-fécal, a naïvement présenté une figure à l'effigie de lapinou à mon enfant. Loin de répondre par un rire frais dont il a le secret, celui-ci a logiquement hurlé, révulsé, en proie à une terreur primale. Et il en est resté durablement traumatisé.
Cette peur s'ajoutant à d'autres, le très jeune homme ne supporte plus de s'éloigner de plus de trois centimètres de nous, ce qui limite fortement nos loisirs. Par ailleurs, il se réveille régulièrement terrorisé et tremblotant. Cela se paye par une série de cernes concentriques sous le visage de votre serviteur, d'autant moins enclin à saisir la première demie-heure de son emploi du temps de libre pour blogger que sa femme, épuisée elle aussi, est absolument irritable et lui rend la vie impossible (je fais tout mon possible pour favoriser des commentaires).

C'est ainsi que cette nuit - véridique - Gaelou a hurlé à 3h30 du matin. Inconsolable, il a résisté sans ciller jusquà 7h à tout notre arsenal habituel de consolation: présence rassurante, petite chanson, courte prise dans les bras, abandon vingt minutes à son sort, rapide séjour dans notre lit, re-abandon sous les insultes, séjour plus long dans notre lit, bénage dans le lit parapluie déplié pour l'occasion à 4h30 du mat'... et séjour indéfini dans notre lit.
Et pour votre information, le 'séjour dans notre lit' n'est pas un moment aussi tendre que vous imaginez peut-être. L'animal est remuant et bruyant. Il lâchait régulièrement dans un souffle (re-véridique):
"A peur lapinou"

mercredi, mars 03, 2010

Gaelou de février

Quand un trop long silence bloguesque se fait jour, à la faveur d'une semaine de déplacement à San Diego, puis d'une semaine de flemme, il est bon de retourner aux valeurs sures.

mardi, février 09, 2010

Architruc

Sans l'indice camouflé dans un billet précédent, vous seriez bien en peine de deviner l'ouvrage dont je viens d'achever la lecture. Son auteur a bien été récemment au centre de l'actualité, l'ensemble de son œuvre par les plus respectable spécialistes dans des médias unanimes; et pourtant, petits téléspectateurs piqués par la curiosité que vous êtes, croyez-vous que vous pouviez lire son œuvre maitresse? -Nécessairement, vous écriez-vous, il suffit de se rendre chez son libraire favori, de se connecter sur son site en ligne préféré, et d'en faire l'acquisition. Rien de plus simple!
Et c'est là que les lapereaux naïfs que vous êtes se trompent du tout au tout. Notre belle société - la MEILLEURE!!!, on nous le dit, on nous le répète! - édite des millions d'unités du dernier Dan Brown, garde en mémoire l'intégralité de l'inégalable biographie de Guillaume Musso, mais ne marque par contre aucune tendresse pour un auteur de référence certes, mais terriblement désuet. Ah qu'il s'agisse de s'incliner devant l'auteur majeur, brillant, admirable, et la foule noire des admirateurs éplorés s'étend jusqu'à l'infini. Mais personne - PERSONNE!! - ne se présente pour ressortir une édition originale vieille de 35 ans, et maintenant épuisée.
Par le truchement de ventes d'occasions, j'ai pu me procurer le premier des trois pesants volumes de l'œuvre en question. L'objet est si épais, l'écriture si dense et les lignes si larges que j'ai failli m'incliner, me recroqueviller et me laisser emporter dans les tuyaux amnésiques de la société du divertissement.

Mais l'auteur m'a vite prouvé qu'il méritait bien plus qu'un hochement de tête respectueux. En tant que témoin majeur de l'Histoire, j'avais tendance à le considérer comme une autorité lointaine et obscurément ennuyeuse, comme une statue impressionnante mais immobile. Quelques dizaines de pages ont suffi à me convaincre qu'il avait sauté de son piédestal en deux temps trois mouvements, et qu'il m'avait fermement pris par la main pour me faire pénétrer l'horrible réalité qu'il a connu. Certes, il signe un livre érudit prétendant à la quasi-exhaustivité du sujet traité. Mais surtout, écumant de rage, rayonnant de rancœur, il nous fait goûter, d'anecdote en anecdote, de très très près les multiples facettes répugnante du système qu'il dénonce. Inexorablement, chaque étape de son processus révèle strate sur strate de cruauté et d'inhumanité.
Un putain de choc, traumatisant mais aussi et paradoxalement vivifiant.

dimanche, février 07, 2010

Jewels


Les trois albums de cette chronique musicale comptent une belle confirmation, et deux bijoux. Pas mal comme programme, n'est-il pas?



La confirmation, c'est le nouvel album de Batlik: l'heure des choix. Les textes super-engagés, qui alternent avec des histoires minimalistes plus légères, répondent bien présent. La guitare virtuose et la voix bien particulière marquent les morceaux de la talentueuse patte Batlik.
Mais là où cet album diffère un peu des autres à mon sens, c'est par la complexité des arrangements qui gagnent en profondeur, grâce notamment à une clarinette élégante toujours placée bien comme il faut. Seulement, et je ne sais pas si c'est lié à ce travail en profondeur sur la musique, mais il me semble que l'heure des choix ne comporte pas, comme les deux albums studio précédents, de chanson à la mélodie simple et ravageuse, propre à emporter le nouvel auditeur.
Pour le fan aguerri, ce nouvel opus est tout à fait à la hauteur des précédent, et creuse même un peu plus le sillon du bonhomme. Par contre, de fraiches esgourdes devraient peut-être se tourner vers Juste à côté ou Utilité pour rentrer dans son monde.

Mais rentrons maintenant dans le cœur des bijoux. Les amis d'Allain Leprest nous gratifient d'une deuxième compilation de reprises de ses chansons dans Chez Leprest II. Parmi les intervenants, citons La rue Ketanou, Alexis HK, Olivia Ruiz ou Anne Sylvestre (et oui).
L'idée est de mettre en valeur les splendides textes du méconnu Leprest, dont les enregistrements manquent un peu de puissance musicale. Si le travail sur la musique reste sobre, les intervenants se rattrapent largement sur l'interprétation. Grâce à eux, on se prend en pleine tronche les textes formidables de ce grand bonhomme, ce qui est bien le but de la manœuvre. Tour à tour féroces (Je ne te salue pas), tendres (Arrose les fleurs, la retraite) ou amusants (Le temps de finir la bouteille), ils sont toujours magnifiquement poétiques. Consacrez dix minutes aux quatre chansons que je vous ai sélectionné ci-dessus, et vous allez voir ce que vous allez voir (commencez donc par je ne te salue pas...).
J'adore.

Et enfin, je suis navré de ne pas pouvoir vous faire écouter quelques morceaux de Fantazio, intraçable sous deezer. Il ne vous reste plus qu'à vous faire une idée sur leur excellent site.
Le Fantazio Gang, c'est avant tout une bande de quatre habités de la scène aux instruments improbables (monsieur Fantazio le contrebassiste en tête), ne reculant dans aucune expérimentation festive. Je n'ai jamais eu la chance de les voir en concert, mais leur excellent album Cinq mille ans de danse tourne en boucle dans mes esgourdes depuis deux mois. Il respire l'énergie de la scène, les collaborations éclectiques, et les envolées originales. Mais surtout, là où je suis impressionné, c'est que malgré toute cette richesse, l'album reste parfaitement accessible et très bien équilibré.
J'adore aussi.

jeudi, février 04, 2010

jeudi, janvier 28, 2010

The totote incident

En esprit structuré, je prends méthodiquement ma liste de lecture et attaque les livres les uns après les autres. La file d'attente s'allonge, le combat y fait rage, les titres les moins savoureux stagnent dans les profondeurs du classement en se faisant occasionnellement doubler par des petits nouveaux tous fringants. Mais l'ordre est respecté. Point de polylibrisme sous mon toit.
Cependant, tout structuré que je sois, je me dois d'avancer sur plusieurs fronts en même temps. Mes hebdomadaires préférés brisent régulièrement mon rythme de lecture. Et des BDs nouvellement découvertes profitent de quelques soirées où j'expédie Gael au lit de manière anticipée pour s'immiscer dans mon emploi du temps.

C'est ainsi, en rentrant du boulot hier soir dans mon RER favori, j'ai attaqué un dossier du Spiegel consacré à la Shoah. Il m'est alors apparu que mon actualité littéraire était quelque peu chargée.
Je venais en effet de prêter à une collègue la superbe BD Goradze de Joe Sacco, qui relate les atrocités que les civils ont subi pendant la guerre de Yougoslavie. Le sujet de Joe Sacco était venu dans la conversation car je suis précisément en train de lire sa dernière BD, Gaza 1956, où il relate deux massacres oubliés subis par les Palestinien en 1956, en entrecroisant ce récit avec la situation actuelle.
Par ailleurs, à côté de mon lit m'attendait le Télérama de la semaine, qui fait la part belle au tremblement de terre d'Haiti. Et en tâche de fond, je lis le premier tome (édifiant et formidable) de l'archipel du goulag de Soljenitsine.

J'assume complétement la lecture occasionnelle de témoignages éprouvants, que je trouve passionnants et nécessaires. Mais vous avouerez qu'il est des collisions qui sont un peu pesantes.
J'aimerais vous dire que mon premier réflexe de retour au foyer fût d'enlacer mon fils chéri, et de fuir dans son regard vif et curieux toute la violence du monde pour en redécouvrir le merveilleux. C'eût fait une belle chute, mais la réalité ne s'y est pas prêté.
La pensée qui m'a traversée l'esprit fut d'une autre nature. "Quand on sait les atrocités que peut subir l'Homme, tu vas pas me chier une pendule parce que tu arrives pas à suffisamment sucer ta totote vu que tu as le nez bouché!"

dimanche, janvier 24, 2010

Trois films et deux déceptions

A force de ne donner que des avis favorables à chaque compte rendu de film, quand il ne s'agit pas purement et simplement d'injonctions à voir un chef d'œuvre, j'en étais venu à considérer l'alternative suivante: ou bien j'ai un flair infaillible pour choisir mes films, ou bien je suis un benêt bon public. Et bien la livraison critique du jour me rassure: je suis bien un cynique jamais content qui se loupe régulièrement dans le choix de ses films.
Cette brillante entrée en matière est quelque peu caricaturale. Si je n'ai pas détesté les films que je suis allé voir dernièrement, deux d'entre eux, sans être franchement mauvais, m'ont beaucoup déçus.


Certes, je n'attendais pas monts et merveilles d'Invictus, le dernier Clint Eastwood sur l'importance de la coupe du monde de rugby 1995 en Afrique du Sud sur la réconciliation du pays. Je craignais même obscurément qu'on bascule un peu trop dans les bons sentiments, mais comptais sur Eastwood pour rester relativement sobre, et nous régaler des beaux clairs obscurs dont il a le secret.
Las! Ca commence plutôt bien autour d'épisodes de la réconciliation sans faille voulue par Mandela, parmi lesquels son étonnant combat pour que les Springbooks gardent leurs couleurs (vert et or) qui sont aussi celles du régime de l'apartheid.
Mais ensuite, c'est la curée de bons sentiments. Eastwood se fait très insistant sur de multiples scénettes mettant en scène des Blancs et des Noirs initialement irrémédiablement fâchés, et qui se rabibochent par la magie du grand événement national. Même s'il y a sûrement une bonne part de vrai, même si un saint comme Mandela sera forcément dépeint comme un vieux sage, il faut avancer sur des œufs sur un sujet comme celui-là sous peine de se vautrer dans la guimauve. Ce qui ne rate pas, la palme venant aux chauffeurs de taxis racistes (blancs) qui finissent par porter en triomphe un gamin des rues (noir) à la fin de la finale.


Mais la plus grosse déception vient de A serious Man des frères Coen, unanimement encensé par la critique. Client de beaucoup de films des frangins, je me pourléchais les babines devant le chef d'œuvre annoncé, qui comportait même une part autobiographique des plus intéressantes parait-il. Le film majeur des frères Coen.
Et ben pas pour moi. Certes, on retrouve la patte des réalisateurs: un looser poursuivi par la guigne, un faux rythme réjouissant, des gueules figées filmées en gros plans impitoyables, à faire passer les Deschiens pour des gravures de mode... Le personnage de l'amant onctueux de la femme du héros est tout simplement formidable.
Mais j'ai eu l'impression que les Coen n'allaient pas jusqu'au fond du burlesque des situations, qu'ils ne se lâchaient pas comme, par exemple, dans le Big Lebovski. Ils ne retiennent certes pas leurs coups par compassion pour leur malheureux héros, mais plutôt parce qu'ils construisent une histoire, parce qu'ils cherchent à nous raconter quelque chose.
Et bien ce message caché, s'il a l'air d'avoir frappé et ravi les critiques, m'est resté tout à fait hermétique (ou plus exactement, inintéressant). Et donc non seulement j'ai l'impression de passer pour crétin, mais en plus je suis tout frustré que ce puissant message m'ait condamné à n'assister qu'à un spectacle retenu, feutré, en demie teinte.


Mais il est un film ce mois-ci qui m'a complétement conquis: Vincere de Bellochio. On y suit le triste destin de la première femme de Mussolini (Ida Dalser), qu'il a rapidement répudiée mais qui s'est entêtée pour qu'il la reconnaisse, tant et si bien qu'il a fini par la faire interner.
Le sujet est certes sombre, mais ça n'empêche pas le film d'être absolument formidable. L'intrigue est centrée sur Ida, de sorte qu'il ne se passe finalement pas grand chose mais, signe incontestable de la réussite du film, on ne s'ennuie pas une seconde. Le mérite en revient d'abord et avant tout du réalisateur. Je ne saurais pas trop expliquer pourquoi, mais chaque scène est belle, plastiquement superbe; chaque péripétie sonne juste; et jamais la tension ne retombe. Ce film vous prend et ne vous lâche pas une seconde, deux heures durant.
Mais la réussite du film est aussi celle de son actrice principale, Giovanna Mezzogiorno, quasiment de tous les plans, et dont le regard halluciné crève l'écran.
J'ai bien vu un film majeur ce mois ci, c'est celui là.

vendredi, janvier 22, 2010

Slap time

Contrairement à ce que suggèrent quelques mauvaises langues, je n'aime pas que l'accordéon (quoiqu'il n'y ait pas de honte).
J'aime aussi la basse. La noble et discrète babasse, qui donne toute son épaisseur à bien des morceaux. Quand à la faveur d'un One shot not (émission de concerts sur arte que nous découvrons à peine, et qui nous charme par son aptitude à rendre des ambiances du live), je suis tombé sur cette extraordinaire prestation de Marcus Miller, je me suis dit que je me devais de la présenter à mon lectorat fidèle.
Coupez le téléphone pendant 20 minutes (allez, au moins pendant les 8 minutes qui vont de la deuxième à la dixième), mettez vous à l'aise dans votre petit fauteuil, montez le son, et profitez.

A part ça, les prestations ce Catherine Ringer et de Ben Harper valent également leur pesant de cacahouettes.

lundi, janvier 11, 2010

Mano


A force de le savoir menacé et pourtant de le voir toujours présent, à vif et sans concessions, album après album, j'en étais venu à croire que ce jour n'arriverait pas. La nouvelle de la mort de Mano Solo m'a bouleversé. C'est bien sûr un artiste dont je suis extrêmement client depuis une quinzaine d'année. Mais la proximité avec lui est d'autant plus forte qu'il a utilisé en grande partie ses chansons pour se raconter, se mettre à nu, jeter ses colères, ses tristesses et plus récemment ses joies à ses auditeurs. Plus qu'un chanteur dont j'aime les chansons, j'avais l'impression que c'était un type bien que je connaissais bien.

D'où mon émotion en apprenant par hasard, entre nouvelles du froid hivernal et des soldes saisonières, sa disparition. Je vous fais grâce des longs discours et des citations de ses chansons crépusculaires: plus simplement, ça fait mal et ça fait chier.

dimanche, janvier 10, 2010

Sortie prestige

Deux précisions pour commencer ce post.
D'abord, je déconnais bien quand je disais que je vous ferai le récit de chacune de mes sorties. Et ensuite, je vous promets que je n'abuserai pas de ce nouveau joujou qu'est ma montre GPS, pour nourrir mes billets quasi-hebdomadaires.
Mais là, vous avouerez qu'il est tout à fait légitime que je vous montre, une fois au moins, le type d'itinéraire que je parcours de manière maintenant hebdomadaire dans la ville lumière.
Jugez plutôt.
Le départ est donné à Denfert-Rochereau. Nous nous mettons en forme en descendant le large trottoir du boulevard nous menant au jardin des plantes. Après cette petite parenthèse herbée, nous traversons la Seine (en profitant de la vue sur l'arrière de l'ile de la Saint Louis), puis longeons le canal de l'Arsenal jusqu'à Bastille. Nous continuons vers le Nord afin de faire honneur au canal Saint-Martin fermé à la circulation. Si le coeur nous en dit, nous pouvons d'ailleurs poursuivre sur le canal de l'Ourq.
Plus raisonnables, nous sommes cette fois-ci redescendu de République vers l'hôtel de ville en passant par des petites rues du Marais. On arrive alors au pic de pittoresque de la course. Nous courons sur les quais, profitant de la vur sur l'île Saint-Louis, puis traversons la cour du Louvre sous les crépitements de flashs internationaux, avant de faire le tour des Tuileries.
Il est alors temps de rentrer, traversant le pont des Arts et l'Assemblée Nationale pour serpenter dans le quartier Saint-Germain. Arrivés à Saint-Sulpice, nous sommes à deux pas des jardins du Luxembourg. On y fait le tour du Sénat, avant de remonter le jardin de l'Arsenal, de longer la clinique Saint-François d'Assise (qui a vu la naissance de Gael), et d'arriver à la maison!
19km550 en 2 heures. Et un parcours de grande classe, n'est-il pas?

PS: Ca n'a rien à voir, mais Gael étant fan de poissons, je lui ai organisé une ou deux séances Youtube de visualisation de ces bébétes. Et je suis tombé sur cette vidéo, que je trouve très belle et apaisante (pour de vrai, c'est pas des conneries).

dimanche, janvier 03, 2010

Gaelou de décembre - part 2

Un épisode essentiellement italien.

Merci Papa Noël

Il y a coureur et coureur.
On peut courir bêtement, sans but et surtout sans données précises.
Ou bien, on peut laisser libre court à sa geekitude (geetikitude en jogging certes, mais geetitude quand même) en investissant dans un petit appareil qui change notre innocente vie de jogger. Une montre GPS avec cardiofréquencemètre!
La chose ne se contente pas de donner l'heure et de chronomètrer, non. Elle mesure aussi votre rythme cardiaque, ainsi que votre position grâce au GPS, ce qui permet d'inférer le parcours, la vitesse, le dénivellé, et de calculer tout plein d'indicateurs passionnants à partir de ça!
Voici, par exemple, le résultat de ma course de samedi:
Vous pouvez immédiatement voir le détail du parcours le long de la Loire dont il s'est agit. La courbe rouge vous montre mon rythme cardiaque au long de cette sortie; vous pouvez vous rendre compte qu'il s'agissait d'un fractionné "doux", comptant quatre séries de 5km au seuil (85% de la FCMax, bande de nazes), entrecoupées de pauses de 7-8 minutes pour retourner au calme. Vous noterez que ces retours au calme se payent, bien évidemment, instantanément sur le plan de la vitesse, figurée en bleu.
Je ne manquerai pas de vous tenir informé ici même de l'intégralité de mes sorties (3 par semaine jusqu'au début avril), ce qui mettra pas mal de piment dans l'actualité du blog.

lundi, décembre 28, 2009

Pub


Sise sur une noble plaine verdoyante à deux pas des majesteuses montagnes des Apeninis, la casa della famiglia offre un service tout confort à l'ingénieur harassé par plusieurs mois de labeur ininterrompu.
Votre séjour commence alors que notre chef d'équipe vient vous chercher à l'aéroport, et profite du dense réseau routier environnant pour vous emmener dans vos pénates. Commence alors une semaine de détente absolue lors de laquelle toute activité domestique est proscrite. Trois générations de maitresses de maisons chevronnées se succèdent aux fourneaux pour vous faire découvrir des spécialités locales de grande qualité, qui porteront au septième ciel le robuste gastronome qui saura ne pas se formaliser de la quantité de calories absorbées. Le connaisseur raffiné que vous êtes ravira l'assemblée en reprenant une troisième assiette de tortellinis, sans pour autant hypothéquer son secondo.
L'absence d'offre culturelle et touristique à proximité vous permettra de vous recentrer sur une saine semaine de remise en forme, placée sous le signe de la gastronomie (déjà mentionnée), du sport pour monsieur et du shopping pour madame, et de la lecture pour tout le monde. Déchargé des contraintes domestiques et professionnelles, et ramolli sous le double effet de la nourriture et du chaleureux chauffage hivernal, il est aisé d'atteindre une moyenne de 150 pages par jour.
Mais la spécialité dans laquelle notre équipe excelle, c'est d'abord et avant tout la garde d'enfant, de jour comme de nuit. Nous serons ravis de proposer à votre bimbo une série de plats sur mesure où le risotto le dispute aux tortellinis. Et entre ces plats, de nombreux animateurs prendront en main les distractions de l'enfant. Dès que le maitre de maison donnera quelque signe de faiblesse (elle commence à poindre après trois bonnes heures de portage aux ordres de l'enfant), des tantes compétentes prendront la suite sans que le chérubin ne souffre de l'absence de sourires et de stimulation plus d'une demie seconde.
C'est notre engagement, un engagement au service du client. Pour vos vacances détentes, pour vos vacances amorphes, choisissez la casa della famiglia! Le prix de la prestation est modique: quelques vagues cadeaux, qui vous seront retournés au centuple, et pour une bonne part en monnaie sonnante et trébuchante. Et enfin, l'été, vous serez ravis de profiter de notre dépendance en haute altitude pour profiter de la quiètude habituelle au frais.

PS: Afin d'améliorer notre service, nous avons récemment, suite aux demandes pressantes de nos meilleurs clients, muni notre chambre d'hôte d'un accès Internet haute vitesse, et par ailleurs nous avons muselé la TV.
Quand aux irruptions intempestives de semis-étrangers dans la maison, nous y travaillons avec quelque succès.

dimanche, décembre 27, 2009

Un SMS qui tourne dans la famiglia

Caro bambino Gesu,
quest'anno ti sei portato via:
  • il mio cantante preferito Mickael Jackson,
  • il mio attore preferito Patrick Swayze,
  • la mia attrica preferita Farrah Fawcett,
  • il mio presentatore preferito Mike Bongiorno.
Volevo dirti che il mio politico preferito é Silvio Berlusconi. E che l'anno sta per finire.


Soit, si vous ne vous formalisez pas qui je vous le traduise:
"
Cher enfant Jésus,
cette année, tu as rappelé à toi:
  • mon chanteur préféré Mickael Jackson,
  • mon acteur préféré Patrick Swayze,
  • mon actrice préférée Farrah Fawcett,
  • mon présentateur préféré Mike Bongiorno.
Je voulais te dire que mon homme politique préféré est Silvio Berlusconi. Et que l'année n'est pas encore terminée.
"

A moins que vous ne pensiez qu'il faille aussi traduire "Silvio Berlusconi"?

vendredi, décembre 25, 2009

Boulet

On pourrait s'attendre à ce que, arrivés au sommet, nous nous complaisions dans notre quant-à-soi satisfait, fermés sur les autres. Voire que, jaloux les uns des autres, nous nous complaisions dans de mesquines querelles.
Et bien vous seriez surpris de constater que nous autres, les bloggers à succès, sommes unis par un esprit de joyeuse camaraderie, sans concurrence aucune. C'est donc sans arrière-pensée aucune que je suis heureux de recommander à ceux d'entre vous qui ne le connaissent pas encore le blog de boulet, le blog BD le plus visité du web francophone.
En bon blogger qui se respecte, l'auteur nous gratifie périodiquement de notes sur des sujets divers, que ce soient des anecdotes du quotidien, générales (là, là, là) ou particulières à l'auteur (là, là, là), voire des petites réflexions philosophiques (là, là,ou là) ou quelques envolées poétiques (là ou ailleurs mais je retrouve pas, cherchez vous même!). Mais son fond de commerce reste d'abord et avant tout les anecdotes étudiantes (là, là, là, là), et des histoires de geek (là, là, là, là).
Monsieur Boulet ne se contente pas d'avoir de bonnes idées de blagues qu'il pourrait se contenter de raconter à la va-vite. Au contraire, il les amène incroyablement bien (cette histoire de raclette par exemple), ou les illustre sous pléthore d'angles différents, avec une invention graphique renouvelée quasiment à chaque case.
Bref, non seulement on se marre comme des baleines, mais en plus c'est de la grande qualité. Et certaines notes font même un bien fou (par exemple celle là et celle là)!
Je vous conseille d'y goûter par les liens experts que je vous ai indiqué (et qui m'ont pris une petite heure à reconstituer!), mais si vous décidez de vous plonger plus avant dans l'historique de son blog, je vous signale que les notes sont éditées sous forme de BD. C'est autrement plus confortable...

mardi, décembre 22, 2009

Le Top 10 ciné 2009

On me demande souvent quel peut bien être l'intérêt de tenir un blog (fût-ce au rythme fort peu soutenu que je suis depuis un certain 14 avril 2008). La chose est peu évidente, et parmi les nombreux arguments que j'ai mis en avant au fil des années (mettre ses idées au clair, tenir la famille/les amis au courant des coups de coeur et de gueule, etc), il en est un qui est indiscutable - et égoïste. Il me permet de garder trace des différentes sorties que j'ai faites, des concerts que j'ai vu, des CDs que j'ai écouté et des films que j'ai vus au ciné dans l'année!
2009 touchant à sa fin, il est l'heure de repasser mes chroniques cinés de l'année passée pour établir mon incontournable Top 10 2009. Je précise qu'il s'agit des films que j'ai vus dans l'année, ce quine veut pas nécessairement dire qu'ils soient sortis en 2009; Il Divo et Louise Michel sont en fait apparus en salle fin 2008.
Mais trêve de blabla, rompons le silence, le verdict est le suivant:

1- The wrestler.
2- Un prophète.
3- Il divo.

4- Harvey Milk.
5- Welcome.
6- Louise-Michel.
7- Inglorious basterds.
8- Là haut.
9- Qu'un seul tienne et les autres suivront.
10- Les beaux gosses.

Comme vous l'aurez compris par le subtil saut de ligne qui les sépare des films suivants, les trois premiers de la liste sont pour moi au dessus du lot. Absolument sublimes. Et assurément inoubliables.
D'autre part, fidèles et attentifs comme vous êtes, vous n'aurez pas été sans remarquer la présence de deux films dont je ne vous avais pas encore parlé. C'est que, voyez-vous, j'ai mis à profit mes trois jours de célibats récent pour rattraper quelque peu mon retard.


Commençons par Inglorious basterds, le film déjanté de Tarantino sur un groupe de chasseurs de nazis. J'ai longtemps hésité à aller le voir tant je n'aime pas voir un type immature comme Tarantino s'amuser sur un tel sujet.
Evidemment, les artistes sont libres de raconter ce qu'ils veulent de la façon qu'ils le veulent. Mais pour que moi je ne me sente pas mal à l'aise, j'ai besoin de sentir que le gars est clair dans ses intentions quand il aborde l'Holocauste. J'aurais aimé qu'il dise qu'évidemment le sujet historique est grave, qu'il ne relativise absolument pas la responsabilité nazie dans ce génocide, mais qu'il avait envie de ce cadre pour planter un western comme il sait les faire. Des platitudes certes, mais qui désamorcent un sujet très glissant.
Or, je suis tombé sur une interview dans le Spiegel exactement à l'opposé. Tarantino se prenait maladroitement les pieds dans les arguments style "je ne juge pas, personne n'est ni tout blanc ni tout noir", ce qui s'applique effectivement bien au film mais est évidemment très malheureux en la circonstance.
J'ai donc pris la noble décision de boycotter le film. Pendant des semaines, j'ai tenu. Mais finalement, à force d'entendre des comptes rendus enthousiastes, j'ai fini dans un moment de faiblesse par craquer. Et, comme vous pouvez en juger par la bonne place dans mon palmarès, j'ai malgré tout beaucoup aimé le film.
La scène d'ouverture (un nazi fait craquer un villageois hébergeant des juives par un long dialogue dans un suspence à couper au couteau) est magistrale, mais à la lueur de mes réserves, il a presque achevé de me convaincre de quitter la salle. Presque, heureusement, car Tarantino a ensuite le bon goût de cesser toute scène malsaine de chasse au juif, pour nous plonger plutôt dans une chasse aux nazis sans prétention.
Avec des personnages de cartoon. Des gros effets. De la musique qui pète. Des dialogues au cordeau. Des personnages ou des scènes entières dynamitées pour un trait d'humour. Bref, un truc réjouissant, techniquement superbe, qui fait bien plaisir à voir. Et en plus, les quatre langues parlées dans le film (français, anglais, allemand et italien) sont aussi les notres, ce qui fait qu'on peut se la péter à ne pas lire les sous-titres!
Et donc soit Tarantino a bien raté son interview, soit il a bien été encadré par ses producteurs pour éviter la faute de goût majeure.


Et le petit dernier est Qu'un seul tienne et les autres suivront. C'est un petit film français fraichement sorti, et dont la jeune réalisatrice, dont c'est le premier film, cumule les prix de mise en scène. On suit trois histoires (la maman qui veut rencontrer l'assassin de son fils, la jeune fille qui veut revoir son amoureux emprisonnée, et le brave mec qui doit prendre la place d'un taulard pour quelques jours) qui vont se rejoindre dans une scène finale au parloir de la prison.
Quelle maitrise! Chaque histoire est forte, parfaitement maitrisée et superbement jouée. Tout sonne juste et, coup de maitre, on ne se lasse pas de passer d'une histoire à l'autre bien qu'elles ne soient pas vraiment reliées. Le film m'a scotché du début à la fin, non par l'enjeu des intrigues, mais par l'humanité des personnages et des situations, admirablement rendues par acteurs et réalisatrice.
Apparamment simple, mais superbement juste.

lundi, décembre 21, 2009

Sois gentil

Tais toi, parle juste avec tes pieds. Un très juste article des cahiers du foot.

dimanche, décembre 20, 2009

Ca s'emballe

Papa
Maman

Nounours totote
Encore
Non
Balais (ou scopa) acqua (puis "de l'eau") balle ballon chaussette assiette

Pépé mémé (ou mamie) tata tonton (ou concon) vroumvroum bébé
Bouhbouh (aboiement) cotcot coacoa rrrrron (cri de cochon) pflpflpfl (imitation ratée d'un hénissement)
Lait banane pomme poire gâteau patate poisson chat chien vache baleine poussin corbeau poubelle pinpon bateau moto sac dodo chaud (ou caldo) boum hop bain "beau sapin" "c'est-quoi-ça" nez tête pantalon polo roue dessiner poussette fleur rouge blanc pipi couche là-bas voila coucou "au revoir"