jeudi, juin 12, 2008

La quatrième dimension

Les journalistes sont friands de date-limite, de compte à rebours. La tension monte, et l'audience avec elle. Ils se régalent quand un match-clé se rapproche, quand un palmarès va être annoncé, ou quand une personnalité va annoncer sa candidature pour tel ou tel poste. Mais l'apothéose, l'événement prévisible et attendu par excellence, ce sont les élections. On l'a vu dernièrement avec la longue litanie des différentes primaires américaines.
Le compte-à-rebours du jour, c'est le référendum en Irlande. Vous n'avez pas pu y échapper. La problématique est simple: les Irlandais, seul indéfectible peuple à avoir le droit de s'exprimer sur la constit... pardon le traité européen risquent de dire "non".
Quel suspense. L'auditeur en frissonne: quel coup de théâtre ce serait! L'événement est du pain béni pour le journaliste, qui se plait à en éclairer toutes les conséquences possibles: la mécanique bruxelloise serait bloquée; les 25 pays membres, effondrés de devoir repartir une troisième fois à zéro, alors qu'ils avaient remaquillé à la va-vite la Constitution dans le dos des électeurs; et surtout Sarkozy serait tout marri d'hériter d'une présidence européenne sans importance, lui qui rêve de grandes choses pour distraire son électorat de ses échecs domestiques.

Autant les journalistes sont extrêmement diserts sur toutes ces conséquences, qui ont de claires dimensions "people" (il s'agit en fait de savoir si telle ou telle personne, plus ou moins antipathique, sera frappée par ce coup du sort), autant ils sont particulièrement expéditifs sur les raisons qui pourraient pousser les Irlandais à voter "non". Et là, rien de nouveau sous le soleil: il n'y a pas de bonnes raisons de voter "non", c'est absolument certain. France Inter nous présente d'ailleurs une alternative explicite: il s'agirait ou bien d'un vote protestataire, ou bien d'un vote anti-européen. Le noniste est soit accablé par sa dure vie et un petit peu idiot (ce qui peut au moins lui valoir un peu de commisération de la part des médias), soit méchant et renfermé sur lui-même. Point final.
Aujourd'hui comme hier, politiques et médias sont unanimes pour dire que c'est cette Europe ou rien. Voter "non" pour en avoir une autre reste toujours aussi impensable.
C'est quand même dingue: la "non" est quand même très largement plébiscité (et le sera peut-être à nouveau), mais ni politiques ni médias ne sont prêts à lui accorder ne serait-ce qu'une once de doute, et se remettre un tout petit peu en cause. Remarquez, ça devient un peu un prophétie auto-réalisatrice: à cause de la scandaleuse surdité des politiques (pas beaucoup aiguillonnés par les médias) qui s'entêtent à proposer encore en encore le même schéma libéralo-obscur aux peuples qui le refuse, on n'est pas prêt de voir l'émergence d'une Europe des peuples et non du fric.

mercredi, juin 11, 2008

La pensée du jour

Je vous laisse sur ces deux bons mots footbalistiques, glanés sur l'excellent résumé des premières journées de l'euro proposée par les cahiersdufoot:
  • La Roumanie, c'est une Italie sans attaque.
  • L'Italie, c'est une Roumaine sans défense.
Les connaisseurs apprécieront. Elena me demande aussi de répéter publiquement mon analyse de lundi soir, selon laquelle l'Italie a beaucoup mieux joué que la France. Je le maintiens.
Et enfin, Telerama partage mon sentiment sur les pries commentateurs de la galaxie.

dimanche, juin 08, 2008

Michael Connelly


Le marketing des polars et autres thrillers me sort par les yeux. Voir toutes ces affiches dans le métro, gros plan sur le visage mystérieux de l'écrivain en noir et blanc, limite menaçant, genre "je suis hyper habile, suprêmement intelligent et peut-être un petit peu fou", ça me fatigue. "Le nouveau maître de l'angoisse". "Il joue avec nos peurs les plus intimes". Tout ça tout ça.
Alors quand je croise lors de mes transports parisiens des dizaines de lecteurs accrochés au dernier livre à la mode, j'ai tôt fait de les trouver complètement crétin (ce qui est le mouvement naturel du voyageur parisien: secrètement mépriser les autres - à part les jolies nanas), et de considérer l'écrivain en question comme un pur produit marketing.

C'est ainsi que je considérais Connelly. Jusqu'à ce que mon frangin préféré, au bon goût affirmé, épaulé par sa chère et tendre, elle aussi spécialiste ès polar, me narrent leur admiration pour le bonhomme.
Vous me connaissez: je les ai défoncé. Armé de ma meilleure foi à triple blindage, je leur ai démontré sous tous les angles que cet écrivain dont je n'avais rien lu était nullissime. C'était le minimum syndical, quoi.

Mais je ne suis pas le mauvais gars. Une fois mes hormones polémiques satisfaites, j'ai acheté un ouvrage de Connelly. Trunk music, pour être précis (ou pour les misérables qui lisent les livres en version française - ouh la honte, ils perdent toutes la saveur de la langue: le cadavre de la rolls. Vous voyez bien que le titre, percutant en VO, est tout pourri en VF. Alors même si je dois passer trois fois plus de temps à déchiffrer le roman, même si je dois me ruiner les poignets à manipuler un lourd dictionnaire (pas facile avec un Gael sur le bras gauche), même si je dois ne comprendre les rebondissements qu'avec plusieurs pages de retard, je suis fier de lire en VO. Euh, je ne m'étais pas embarqué dans une parenthèse il y a quelques dizaines de lignes? Et ben je la clôt là)
Bref, comme vous vous en doutez, j'ai été séduit. Le style, très sec, m'a étonné et semblé quelque peu artifiel au début, mais m'a vite plongé dans l'ambiance rêche d'un Los Angeles que Connelly, ancien chroniqueur judiciaire de la ville, connait parfaitement.
Mais surtout, j'ai apprécié le fait que l'auteur prenne le temps de détailler longuement chaque situation avec luxe détail. On est loin des thrillers-vidéo clip à la Harlan Coben qui, quoique fort efficaces, finissent par ne plus être crédibles au trentième rebondissement. Ce qui arrive autour de la page 10.
Au contraire, Connelly me semble parfaitement maîtriser le délicat équilibre consistant à mettre assez de rythme pour surprendre le lecteur, mais à lui laisser le temps de bien goûter chaque situation, chaque mystère. On profite dfonc pleinement de l'intrigue sans avoir l'impression de vivre un jeu vidéo.

Au final, ce fut donc un polar bien dosé, bien foutu, dans un milieu bien rendu et avec des personnages couillus comme il faut.
Très bien, donc. Mais ne le dites pas à mon frère.

samedi, juin 07, 2008

Les posts auxquels vous avez échappé

Je vous aime beaucoup, mais notre conscience est ainsi faite que nous faisons passer nos enfants avant nos écrits sur Internet. Ma production a donc considérablement chuté, et voici une petite liste des posts auxquels vous avez échappé la semaine dernière:
  • Une chronique douce-amère sur les bébés qui attendent sagement les trente secondes-clé entre l'enlevage de la couche souillée et le placement de la nouvelle couche pour faire caca, pipi, ou les deux;
  • Un billet énervé sur cet étonnant réflexe des routiers, corporation votant massivement à droite, à bloquer le pays pour réclamer des aides de l'Etat (exécré en temps normal) afin d'atténuer une crise de laquelle il n'est en rien responsable;
  • Un billet encore plus énervé sur la neutralité médiatique encore plus étonnante des médias vis-à-vis de ce mouvement, qui n'a rien de commun avec l'hostilité envers les grèves de la SNCF ou de la RATP. Je note que lorsque la SNCF et la RATP fait grève, les gens sont bloqués du fait de la grève, mais les mécontents n'ont rien fait de plus que de cesser le travail. Les routiers, ou les pécheurs, emploient des modes de protestations qui n'ont rien à voir avec la grève puisqu'ils imaginent des moyens spécifiques pour bloquer un maximum de monde. Voila qui mériterait de s'interroger sur la légitimité de la chose, à l'heure où l'on nous gonfle avec le "service minimum" dès que ce sont des fainéants de fonctionnaires qui gueulent;
  • Un post ironico-amer sur l'équipe d'Italie, comme ça pour le plaisir;
  • Une critique des deux derniers films que j'ai vu au ciné, grâce à la bonté de ma femme qui a affronté Gael seul à seul pendant ce temps là: Lady Jane de Guédidian et Un conte de Noël de Dépléchin. Si ces deux films m'ont intéressé, voire plu, ils sont assez originaux et je ne pense pas avoir toutes les clés pour bien les comprendre. Ma pénurie de posts m'a donc permi d'éviter l'exercice de style consistant de dire ce que je pense de films dont je ne sais pas trop quoi penser;
  • Un petit mot disant que mes collègues ont remarqué qu'à revenu égal, ils allaient payer 30% de plus d'impôts cette année que l'année précédente. Les cadeaux fiscaux s'en sont donc allé ailleurs, j'imagine. (Je ne peux pas faire la comparaison personnellement car je suis passé entre les deux dernières déclarations du statut de thésard étriqué à celui de richissime chercheur roulant sur l'or.)

Hommage à Béranger

S'il ne doit rester qu'un type de post, ce sera visiblement un post musical. J'ai quelque peu affiné mon jugement sur les albums dont je vous avais parlé un peu plus bas, et il en ressort surtout que j'adore le dernier album de Portishead. Très exigeant dans la composition musicale expérimentale, l'album est rendu tout à fait accessible par la grâce de la voix fantomatique formidable de la chanteuse. C'est courageux, beau, original, bref, je suis conquis!
Mon jugement sur le dernier Moby (nul) et surtout le dernier dEUS (hélas moyen) n'ont pas contre pas changé.

A part cela, trois nouveaux albums me sont passés par les esgourdes. Les Tit Nassels, très bons sur scène, m'ont moyennement emballé sur leur dernier album: leurs voix se marient très bien, leurs textes sont parfois excellents, mais l'album est assez répétitif dans sa forme et inégal dans la pertinence des thèmes abordés. Jetez une oreille sur le formidable "Soixante millions de..." pour en entendre le meilleur.
J'ai pas mal apprécié le dernier Agnès Bihl, quoiqu'il ait aussi quelques défauts. Elle se complait un peu trop dans le rôle de la chipie mal aimée (dans ses textes), et dans l'exploration de thèmes très hards (la pédophilie par contre). Parfois, ça casse donc, mais heureusementça passe beaucoup plus souvent. Sa jolie gouaille, ses accompagnements bien sentis et sa plume militante et drôle donnent de très bons moments, tels Demandez le programme (en écoute sur son myspace) ou La complainte de la mère parfaite (qui me parle pas mal en ce moment).

De bonnes choses donc, mais qui sont malheureusement pour elles complétement écrasées par la révélation de cette moitié d'année pour moi: l'album hommage rendu à François Béranger. C'est bien là que je me rend compte de ma piètre culture musicale: après Allain Leprest, je suis bien heureux que la jeune génération de chanteurs me fasse découvrir les glorieux anciens.
Le parallèle avec Leprest est troublant: voila un autre grand de la chanson des décennies passées, qui a eu sa petite heure de gloire malgré une personnalité profondément a-médiatique, mais qui est complétement tombé dans l'oubli pour le grand public. Heureusement, les jeunes loups de la chanson française ont de la mémoire et Sanseverino, Loïc Lantoine, la rue Kétanou, Tryo, Jeanne Cherhal, Thiefaine ou encore Jamait le rappellent à notre bon souvenir.
La comparaison avec Leprest a aussi ses limites car leur style est assez fondamentalement différent. Là où le premier brille surtout par la poésie de ses textes (bien que son intégrité et ses engagements soient également au dessus de tout soupçon), Béranger coupe surtout le souffle par la dimension politique de ses chansons (bien que la qualité de son écriture soit tout à fait appréciable).
Bref, les 17 chansons de l'album m'ont franchement secoué. Des thèmes forts (l'Algérie, le vote protestataire, le rôle de la chanson... ou quelques sujets légers à l'occasion) traités de front, avec des mots terribles. Le titre de l'album est parfaitement choisi, même si c'est selon moi la seule mauvaise reprise de l'album. Béranger, le libertaire de service de la chanson dans les années 70, a eu il faut dire une vie qui ne prête pas à la tendresse. Ouvrier dans son jeune âge, il a été arrêté après quelques manifs et envoyé trois ans en Algérie. A son retour, il s'est d'ailleurs vite retrouvé en taule avant de se tourner vers la chanson. Tout cela est fort bien raconté dans la chanson Tranche de vie.
Talentueux, mais avant tout énervé, Béranger a par contre, comme Leprest, pas mal profité du coup de jeune donné à ses arrangements par la fine fleur de la chanson qui lui rend hommage. D'où un album énorme, où les chansons pétries de talent s'enchainent si vite qu'il faut une dizaine d'écoute pour en faire le tour.
Et comme s'il fallait en rajouter, Mell et Christian Olivier nous gratifient d'une perle absolue, la reprise de Manifeste. Intelligente, intègre, énervée, maline, marrante et brillante à la fois, cette chanson à elle seule justifierait l'achat de l'album. Un objet à ne pas rater, donc.

dimanche, juin 01, 2008

Camille à la Cigale


Euh, salut, vous vous souvenez de moi? Dans le temps, il m'arrivait de mettre un jour un blog plus d'une fois toutes les deux semaines pour rajouter des photos de mon fils. Vous me remettez?
Bien. Parce que je suis de retour, au moins le temps d'un post! Tout comme le jeune cadre dynamique qui allait voir un concert toutes les semaines était de retour mercredi soir, au détriment du père attentionné et autoritaire à qui il a laissé place récemment. Par la grâce de mon frangin et de sa fidèle assistante, nous avons en effet pu nous arracher aux cris d'amour de Gael pour profiter du concert de Camille à la Cigale.

C'était le concert piège par excellence car nous nourrissions de hautes attentes quand au spectacle qui allait nous être offert.
Pour commencer, nous adorons les deux derniers albums de Camille, et saluons l'évolution vers plus de recherche sur les sons bizarres qui a présidé à la réalisation de Music Hole. En plus de cela, la fo-folle bondissante Camille bénéficie d'une réputation de bête de scène que nous avions hâte de voir de nos petits yeux ébahis. En outre, elle est accompagnée de spectaculaires musiciens-vocaux (faisant la batterie, la basse et le scratch à la bouche, par exemple), ce qui assure certainement le spectacle.
Et enfin, plus égoïstement, puisque nous allons nous rendre au concert moins souvent que par le passé (si, si, ne cherchez pas à me consoler, j'en suis sûr), nous voulions vraiment en prendre plein les mirettes. Autant dire que la mère Camille avait toutes les chances de nous décevoir tant la barre était haute.

Ne reculant devant rien, nous lui avons rendu la partie encore plus difficile en n'arrivant *que* quinze minutes avant l'ouverture des portes. Une file impressionnante d'une centaine de mètres était déjà formée ce qui, alliée au nombre de sièges réservés pour les VIPs dans une salle demie-assise, nous a laissé peu de places acceptables.
Petite parenthèse en passant: en temps normal, cette pratique élitiste de la réservation de places aux invités m'horripile. Mais quand les VIPs ont les traits charmant de Sandrine Kiberlain, ben je passe l'éponge. Et quand aux lecteurs malfaisants qui voudraient me faire remarquer que nous pourrions choisir des places debout, je vous répond qu'il n'en est pas question. Nous avons droit à notre petit confort maintenant! Fin de la parenthèse.

Notre vieille expérience aidant, nous avons réussi à choper des places acceptables à l'étage, seulement gênés par un poteau coupant la scène en deux régions. Mais la vue restait tout à fait acceptable.
Sauf que de petits malins, arrivés plus tard que nous encore et peu satisfaits de la taille moyenne du spectateur présent dans la fosse, ont trouvé un plan d'enfer: en s'agrégeant contre ledit poteau, dans le passage, ils avaient une vue parfaite sur la scène. Certes, chacun d'entre eux cachait le spectacle à une cinquantaine de spectateurs assis, mais si on ne regarde pas derrière, on peut facilement faire semblant de ne pas s'en rendre compte.
Nous évitâmes le fiasco grâce à votre serviteur qui s'en allât courageusement bouter les malotrus dans la fosse. Dès le début de la première partie, je bondis et agressais courageusement une malotrue qui s'en alla la queue entre les jambes. Seulement, je m'étais à peine réassis que de nouveaux goujats débarquèrent et cachèrent la vue fraichement dégagée. J'étais à deux doigts de céder à l'énervement quand une des spectatrices assises dans le même axe que moi pris la relève, et veilla au bon respect du déblayage du poteau pendant tout le concert, résistant stoïquement aux démonstrations de mauvaise foi les plus tourneboulantes (genre "mais on va pas au concert pour être assis" - alors qu'il était impossible de voir quoique ce soit même debout derrière les malotrus). Sans mes disciples, j'aurais peut-être réagi de manière moins diplomatique.

Quoiqu'il en soit, je ne peux pas dire que j'avais l'esprit complètement libéré quand Camille fit son entrée sur scène. Et donc, malgré l'inconfort de notre position, et malgré les très haut niveau d'attente à laquelle elle était exposée, Camille nous a en-chan-tés.
Pour commencer, ses chansons sont magnifiques, ce qui est ma foi assez important. La scénographie était superbe: Camille est accompagnée d'un clavier (la seule concession aux instruments classiques), de deux "human-drum-box" (basse et batterie à la bouche), de deux choristes masculins faisant des percus en sautillant sur leur estrade (enfin, c'est ce que j'imagine car on ne les voyait pas - ils étaient de l'autre côté du poteau), et de deux choristes féminines. Et c'est très impressionnant de voir tout ce monde là chanter au diapason en se tapant sur la poitrine pour établir la rythmique!
Et j'ai surtout apprécié l'intensité que tout ce petit monde mettait dans les chansons. Le groupe emporte le public non pas simplement en faisant quelques petites blagues, mais en se jetant corps et âmes dans des chansons décalées et très travaillées. On est scotché, et carrément conquis quand arrivent les chansons les plus ludiques, lors desquelles on est ravis de faire "miaou-miaou waf-waf" quand on nous l'ordonne.

Bref, Elena, Sandrine et moi-même avons passé une soirée superbe. Merci à Camille, à mes disciples et surtout à Mathieu et Vanessa!

lundi, mai 26, 2008

Vas-y mon fils

Je vais encore essayer d'acheter votre indulgence, m'sieurs dames, pour le peu de mises à jour du blog ces temps-ci, en vous amusant avec les grimaces de notre expert.

samedi, mai 24, 2008

Welcome to a cruel world

La phrase du jour vient de madame Elena F., de Paris. Regardant droit dans les yeux son fils sur la table à langer, elle énonce calmement la sentence suivante:

"Non mais t'as pas honte d'être si petit, toi."

Si ça ne nous fait pas un insurgé enragé devant les injustices de la vie, ça.

vendredi, mai 23, 2008

Salut

Et oui, le blog est bien calme ces jours-ci. Alors que notre appart' est plutôt agité. Allez savoir s'il y a un lien de cause à effet!
En attendant des jours moins hurleurs, je me permet de vous indiquer humblement cet intéressant article de birenbaum.

lundi, mai 19, 2008

Gomorra

Le festival de Cannes m'aura au moins appris que l'édifiant livre de Roberto Saviano, consacré à la Camorra et dont je vous ai entretenu il y a quelques semaines, fait l'objet d'une adaptation cinématographique par Matteo Garrone. Adaptation supervisée par Saviano lui-même.
J'ai cru comprendre que les critiques étaient élogieuses. Je vous en reparlerai si ça se confirme. En attendant, voici la bande-annonce en italien.

samedi, mai 17, 2008

Ils sont forts ces Allemands

Le Spiegel poursuit cette semaine sa série de dossiers consacrés à la démocratie, en se focalisant sur son recul dans l'opinion des Allemands. L'article contient pléthores de sondages déprimants (genre 25% des Allemands s'estiment insatisfaits du fonctionnement de la démocratie en Allemagne), moultes éclairages intéressants (basés sur des entretiens dans divers villages perdus d'Allemagne de l'Est), et avance pas mal d'explications édifiantes sur le pourquoi du recul de la politique dans l'opinion des gens.
La dernière d'entre elles me semble des plus dignes d'intérêt. Je me hasarde à une traduction du passage correspondant pour les quelques rares lecteurs du blog dont les connaissances dans la langue de Goethe sont quelque peu rouillées.

Le Spiegel rapporte les propos de la présidente de l'institut pour la Demoskopie Allensbach, la douce Renate Köcher (qu'on ne présente plus).
"
Lors du long entretien qu'elle nous accorde, elle cite diverses menaces pour la popularité de la démocratie - l'Union Européenne, les décisions prises au profit de la sécurité et au détriment de la liberté - mais tout cela ne l'inquiète pas outre mesure. Ce qu'elle craint avant tout, ce sont les gens qui ne tirent leurs informations que de la télévision.
" La télévision a du mal à faire passer des messages complexes et abstraits. Elle a besoin de cas particuliers, de situations, d'individus en particulier." Ceux qui ne s'informent que par le biais de la télé perdent la vision d'ensemble, le sens des perspectives et de la complexité de la démocratie. "On est incapable de raisonnements abstraits en terme de groupes ou de catégories. On préfère former des jugements parcellaires sur la base de cas particuliers."
C'est la lecture permet de corriger ce travers d'après Renate Köcher, mais c'est là qu'elle en vient à un constat qu'elle trouve dramatique. Au début des années 90, plus de 50% des Allemands ayant entre 14 et 29 ans lisaient un quotidien. Ils ne sont même plus 30% à le faire désormais. Et les habitudes de lectures changent très peu au cours d'une vie. Celui qui ne lit pas de journaux à 20 ans n'en lit pas non plus à 50. Et on ne peut pas se consoler avec le fait que les jeunes migrent vers les journaux sur internet. Ce sont en effet essentiellement les lecteurs de journaux papier qui fréquentent les sites parlant de politique.
Qu'est-ce que cela implique pour la démocratie? "La capacité de jugement de la société diminue". On peut en imaginer les conséquences: "une plus grande propension à être manipulé par une sélection ciblée des faits divers, une dictature de l'émotion basée sur des cycles d'indignation". En d'autres termes, la société devient plus sensible aux populistes de tout bord, et souhaite que ce qui est populaire soit imposé sans passer par de lents et compliqués processus démocratiques.
"

Sur un thème voisin, j'ai beaucoup apprécié une chronique de la deuxième heure d'Eclectik sur France Inter. Elle portait sur le "droit de ne pas être informé" dans le cas particulier de l'affaire Fourniret, dont les médias se complaisent à rapporter tout le sordide quotidiennement.
J'aurais aimé écrire sur le blog cette chronique, qui se trouve au début de la deuxième heure de l'émission. Et si vous avez la flemme de le rechercher, vous pouvez aussi écouter l'intéressante interview de Denis Robert.

500

Figurez-vous, chers lecteurs, que vous êtes en train de lire le 500ème post de ce blog.
Et il ne contient absolument aucune information intéressante.
Dingue, non?

mardi, mai 13, 2008

He did it

22h30 - 6h30.
Sans interruption. Pas un pleur, rien.
Standing ovation pour Gael.

lundi, mai 12, 2008

Café du commerce

Mes premières semaines de père me donnent l'occasion de me plonger dans de profondes méditations philosophiques. Et depuis que je suis passé maître dans l'art de bercer un Gael brailleur d'une main tout en tenant mon bouquin de l'autre, je suis devenu un spécialiste de l'actualité internationale.

Je viens de tomber sur un article de Courrier International rapportant que la raison première pour laquelle la ville de Séoul est passée de gauche (son orientation politique traditionnelle) à droite, c'est parce que son électorat habituel de cadres quadras est devenue propriétaire de ses appartements, et a décidé de voter pour le parti le plus susceptible de valoriser son patrimoine immobilier.
Ah bravo les Coréens, me suis-je dis. Monnayer ses convictions pour des impôts locaux un peu plus léger, c'est vraiment une belle démonstration de grandeur d'âme!

Par ailleurs, le Spiegel que je viens de terminer entame un dossier sur la place de la démocratie dans le monde actuel. Oui, je sais, je berce beaucoup ces temps-ci, et lis donc pas mal.
Nous partagions tous l'idée, il y a quelques années, qu'une fois qu'un pays en développement sort la misère, la démocratie ne tarde pas à s'installer car sa population, débarrassée de l'urgence de subvenir aux plus vitaux de ses besoins, réclame bien vite plus de liberté d'expression et une représentativité politique plus juste.
Seulement les contre-exemples abondent, Chine en tête, qui montre que tant que le niveau de vie augmente de manière claire, les libertés individuelles peuvent attendre. Longtemps. C'est le cas en Russie également, à moindre échelle.

Et bien, ils ont une bien piètre opinion de la vie publique, ces Coréens, ces Chinois et ces Russes! Mais à y regarder de plus près, l'Europe est quand même franchement passée à droite, et on ne peut pas dire que ce soient les problématiques de liberté d'expression qui occupent le devant de la scène. Notamment en Italie, pour prendre un exemple récent.
Mais vous rappelez-vous la préoccupation première des Français? Et oui, comme on nous le répète à l'envi: le fameux pouvoir d'achat.

Les Français ne vaudraient pas beaucoup plus que les autres, donc.
Et nous-même? Je me suis demandé la chose suivante: bien sûr, je ne braderais pas notre système politique pour tout l'or du monde. Mais que diriez-vous de l'alternative suivante.
Je multiplie tout ce que vous possédez par deux: votre salaire, la surface de votre appart', que tiens je transforme en petite maison avec, si vous y tenez une petite piscine. La belle voiture dont vous rêviez. Le compte en banque qui vous autorisera de belles vacances au soleil. Bref, je multiplie votre pouvoir d'achat par deux.
En échange, je ne vous renvoie pas au stade de dictature. Non, je ne récupère qu'une ou deux de vos libertés, et j'en atténue une ou deux autres. Tiens, je vous ramène à la situation d'avant mai 68! Une télé docile. Une police qui peut, occasionnellement, devenir féroce. Un président paternaliste. Un peu moins de liberté d'expression, un peu plus d'arbitraire, c'est pas bien méchant.
Vous en dites quoi? Ca doit faire du bien, un bon bain dans la piscine, par cette chaleur! Et j'aimerais bien que Gael puisse gambader dans un jardin prochainement...

L'audience de ce blog comptant la fine fleur des démocrates humanistes de notre beau pays, je n'ai pas de doute sur votre décision finale. Mais si tout cela se présentait très naturellement, en êtes vous si sûrs?
Probablement. Mais peut-être comme moi avez-vous eu besoin d'un temps de réflexion, pour répondre à ces questions en toute honnêteté.
En tout cas, ce petit jeu m'a permis d'un peu mieux comprendre une problématique qui m'obsède. Pourquoi tant de nos contemporains semblent s'inquiéter énormément, et quasi-uniquement, de leur pouvoir d'achat, alors que la question de l'expulsion musclée de nos sans-papiers leur parait infiniment moins importante? Et pourquoi, visiblement, tout le monde, tout le temps, partout, semble devoir voter à droite?
Notre hiérarchie naturelle de valeurs est peut-être moins noble que nous pensons. Et notre attrait pour la piscine assez irrépressible.

Bon, on cause on cause, je prendrais bien encore un pastis avec vous, mais j'entends des braillements qui appellent une petite berceuse...
A la votre!

samedi, mai 10, 2008

Cool


Très bonne nouvelle: Noir Désir serait en train de travailler à un nouvel album, dont l'enregistrement aurait lieu cet hiver. Sept ans après le précédent, et pour (juste) cause. Pas de concert de prévu par contre, Cantat n'en ayant pas le droit pour l'instant.
N'empêche, la nouvelle me ravit tant ce groupe occupe une place à part pour moi (entre autre parce que le meilleur concert que j'ai jamais vu était aussi le premier: Noir Désir bien sûr, lors de la sortie de 666667 club). Chacun de leurs albums m'ayant surpris et follement plu, leur talent, leur intégrité et leur curiosité m'ayant sans cesse emporté, je suis aux anges!

Plus que trois mois...


Toujours dans la lignée des posts auto-centrés (quand j'aurais le temps de lever les yeux du guidon, je vous ferai signe), je vous informe que nos vacances d'été se présentent bien.
Nous venons de louer nos quartiers pour la seconde moitié du mois d'aout. Pour des raisons que les plus sagaces d'entre vous pourront deviner, nos allons opter pour des vacances calmes, loin de nos habituels séjours aventureux aux quatre coins du monde. Que voulez vous, il faut aussi parfois que les intrépides routards que nous sommes prennent le temps de méditer sur le sens de la vie, la place de l'Homme dans l'univers, la vanité sarkolusconienne, et les bienfaits des changements de couches nuitamment.
Notre choix s'est porté sur un petit pays frontalier proche de la France, méconnu mais dont le charme un peu rustre est certain: l'Italie. Bien sûr, il ne faut pas attendre y rencontrer des trésors d'élaboration culturelle, mais le pays est plein de charme et les autochtones, bruyants et bourrus, sont terriblement pittoresques.

Après un passage à Modena où nous allons essayer de soustraire Gael à de trop nombreuses palpations et des bisous trop pressants, nous allons séjourner une semaine dans la campagne près de Lucca. Nous y avons loué une petite maison qui m'a l'air bien sympathique (c'est la première photo). L'épicerie la plus proche est à 7km, ce qui laisse augurer des journées calmes dans les pieds de vigne!
Sans nous laisser abattre, nous allons ensuite passer une semaine en Toscane près de Siène, dans l'agriturismo correspondant à la deuxième photo. Ca devrait bien se passer aussi.
Notez que la maison que nous louons à côté de Lucca dispose de 5 couchages. Vous êtes donc les bienvenus, sous réserve que vous nous préveniez suffisamment à l'avance (car l'idée est aussi de recevoir quelques membres de la famiglia, dans une ambiance plus calme que dans la maison familiale probablement prise d'assaut par tous les grands-oncles du second ordre aux oreilles de qui la présence de Gael serait arrivée). Nous parlons de la semaine du 16 au 23 aout.

Enfin, précisons que nos deux demeures de charme disposent, bien sûr, d'une piscine. Ah bah oui, faut ce qu'il faut!

vendredi, mai 09, 2008

Paris est magique

Je tiens un nouvel argument décisif, pour les nombreux débats Paris/Province. Elena a pris en photo les pelouses du jardin du Luxembourg hier:

C'est pas beau ça? Vous vous rendez compte?
Malgré tout le mal qu'on dit de la vie parisienne, on y retrouve tous les attraits des vacances sur la côté d'Azur: un soleil écrasant, un air stagnant, et surtout, surtout cette convivialité inimitable, cette sympathique densité humaine qui permet de véritablement profiter des beaux jours en se donnant l'illusion de se perdre dans la nature, loin de la frénésie habituelle de la civilisation. Une grande et belle respiration, une sérénité éclatante qui rabattra leur caquet aux tenants du "tout Province"!

C'est ce que j'expliquais, philosophe, à mon fils, peu avant qu'il ne hurle. C'est un grand sensible qui comprend vite, celui là.

lundi, mai 05, 2008

Trop tard...

Un (ancien) ami m'envoie ça:

dimanche, mai 04, 2008

Ultimate grimaces




Ne m'en veuillez pas si je vous donne l'impression d'un peu tourner en rond... Mais voyez-vous, mon emploi du temps actuel ne me donne pas trop loisir de chroniquer sur la vaste palette de sujets dont je suis coutumier. Surtout qu'avec ces saletés de ponts du premier mai, non seulement on ne peut pas créer de la valeur tranquillement et on accumule un retard à l'international qui fait bien marrer nos voisins américains (c'est typiquement français), mais en plus je ne peux pas tranquillement blogger pendant ma digestion au boulot.
Donc c'est 100Mo de grimaces pour vous, et pis c'est tout!