dimanche, septembre 28, 2008
Paris-Versailles
Chuis bien content, même si l'exploit est très relatif.
jeudi, septembre 25, 2008
Chappatte...
est un caricaturiste du journal Suisse Le Temps qui me fait bien marrer. Son site web est le suivant.
mardi, septembre 23, 2008
The IT crowd

Et oui, les posts se faisant rares, j'ai décidé de m'adresser à la crème de la crème de mon nombreux lectorat. Aux meilleurs des meilleurs. A la fierté de la France et de l'Humanité.
Je ne parle évidemment pas des financiers, à la face de qui il est enfin bon de cracher ces jours ci, mais bon sans remettre vraiment en cause le système, soyons sérieux. Notre frétillant président vient à peine de prononcer un vribrillonant plaidoyer sur le sujet à la tribune de l'ONU qui doit bien faire marrer ses amis neuilléens. Ils n'ont pas trop à s'en faire, quand on voit par exemple la faible attention avec laquelle l'opinion publique prend connaissance de la chute du prix du pétrole, après six mois pendant lesquels les spécialistes se sont succédés pour lui expliquer que c'était logique, mécanique, et n'avait rien à faire avec la spéculation. Si ça continue, on va finir par découvrir qu'un trois pièces à Paris ne vaut pas vraiment 830 000 euros. (Véridique. Mais il faut dire qu'il a une salle de bain très aérée.)
Bon, je ne vous dérange pas pour déverser tout le mal que je pense sur le manque de sérieux de nos contemporains. Je voulais donc m'adresser à la crème de la crème.
J'ai nommé:
Les ingénieurs.
Amis binoclards, j'ai deux conseils à vous prodiguer, dans deux registres bien différents.
Premier conseil. Si vous vous intéressez un peu à la photo, je vous recommande très chaudement les deux bouquins de René Bouillot: cours de photographie et cours de photographie numérique. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l'optique de formation des images, la chimie des pellicules et l'électronique du numérique. Evidemment, le gars René, c'est pas le poète et l'artiste. C'est pas le gars qui va te raconter l'art de la composition et disserter sur la puissance de l'inspiration. Mais par contre, quel puits de science clairissime sur le moindre des petits aspects de la physique des photos!
Et il a accouché de deux bouquins hyper intéressants bien qu'un brin aride, et pour lesquels un bagage scientifique est très conseillé! Moi, je me régale.
Le deuxième conseil s'adresse par contre à une audience bien plus large. Nous venons de découvrir, avec Ele, une petite série anglaise très marrante: the IT crowd. Le sujet est des plus séduisants: nous suivons la petite division du support informatique d'une grande entreprise, composée d'un geek, d'un nerd, et d'une chef absolument incompétente.
Je sais, le pitch peut laisser sceptique, notamment pour qui ne connait pas la différence entre un geek ou un nerd. Voire ne connaissait pas l'existence de ces deux mots.
Pour ne pas bêtement vous conseiller une série qui risquerait de ne pas vous plaire, je me suis donc muni d'un sujet-test représentatif de la normalité: Ele. Elle rigole assez rarement à mes blagues sur les adresses IP, et ne sais pas configurer un routeur éthernet. Elle ne sait pas ce qu'elle rate, mais passons.
Et bien figurez vous que the IT crowd a obtenu brillament le label tout public en faisant rire aux larmes notre sujet test. Je peux donc chaudement conseiller la série même aux non-informaticiens, qui peuvent se faire une idée de la qualité de la série dès maitenant via cette vidéo sous-titrée (et étrangement accessible légalement sur le net via google vidéos).
Have fun!
vendredi, septembre 19, 2008
vendredi, septembre 12, 2008
C'est la guerre

Bon, je sais, je fais plus jeune que mon âge. Le cheveu est fourni, la barbe quasi-inexistante (quelques spécialistes en ont observé des traces en regardant de très très près), la peau lisse et le ventre plat. Il n'y a pas de quoi se plaindre en somme, et je serais sûrement ravi de sembler avoir 40 ans quand j'en aurais 50, si la chose se poursuit.
Vraiment pas de quoi se plaindre...
...
Certes, il n'y aurait vraiment pas de quoi se plaindre si on ne traitait pas quotidiennement les étudiants attardés (ou ceux qui leurs ressemblent) comme de pauvres irresponsables pas sérieux et qui n'ont rien à foutre!
C'est d'un pénible, de se voir traiter sans cesse comme un petit rigolo sans importance! Ça n'était déjà pas agréable quand j'étais effectivement étudiant attardé, mais bon, il est vrai qu'à l'époque j'étais vraiment un petit rigolo irresponsable, et que je n'avais rien à foutre. Soyons justes. En plus, je fréquentais moins de lieux dont la population habituelle est constituée de pères de familles grisonnants, et où le petit jeune à lunette formait une anomalie qui ne mérite pas grande considération.
Mais alors, maintenant que je ne suis plus l'étudiant glandu que j'ai été pendant fort longtemps, il me sort par les yeux d'être traité comme ça, par dessus la jambe!
Putain, merde, j'ai presque trente ans, et ça fait trente ans que c'est moi qui m'écarte quand je croise un autre jogger sur un chemin étroit! (J'ai commencé tôt, je sais!)
Ca fait quand même 6 ans que je bosse, alors cessez de me prendre pour un lycéen stagiaire, et écoutez ce que je raconte! C'est vrai, je cumule les handicaps pour ne pas être pris au sérieux: je suis chercheur (glandu), j'ai l'air jeune (glandu!), et je ne porte pas de cravate (GLANDU!!!) Mais je fais bien mon taff, et ce depuis 6 ans, et je t'emmerde, mon gars!
Et puis j'achéterais bien une cravate... si les commerçants arrêtaient d'essayer de m'arnaquer comme des malades, ce qu'ils ne tenteraient sûrement pas sur un respectable père de famille grisonnant. (Enfin, je parle des commerçants parisiens, alors je me fais peut-être des idées).
Ca fait un moment que ça couve, mais là cette colère explose à la faveur d'un événement récent. Je me suis fais rembarrer dans un couloir du boulot par le responsable des locaux. Sortant précipitamment de l'unique douche mise à disposition du personnel (1500 personnes) afin de laisser place à d'autres coureurs, j'ai eu le culot de faire mes lacets avec un pied qui effleurait le mur, judieusement choisi en blanc mat. Ce petit bonhomme encravaté d'un cinquantaine d'années, à l'haleine repoussante, m'a interpellé, du haut de son importance, comme un principal oserait à peine traiter un collégien.
Nom de dieu de bordel de merde. Si je n'ai rien lâché sur le moment, je ne lui suis pas rentré dedans comme j'aurais dû. Et bien je vous promets que c'est la dernière fois! Petit bonhomme ridicule, mais de quel droit me parles-tu comme ça!
J'ai peut-être l'air jeune, mais ça ne m'empêche pas d'être compétent et surtout respectueux envers les autres. Et si t'es pas content pour tes murs, t'avais qu'à choisir une autre couleur, et installer plus d'une douche pour 10 coureurs, c'est ton métier tête de noeud. T'énerve pas, et prend un chewing-gum. Je te comprend un peu, faut dire, moi aussi si mon métier c'était de veiller à ce que les tâches de café sur la moquette soient vite nettoyées et qu'il y ait assez de papier dans les chiottes, je mettrais une belle cravate pour avoir l'air important. Mais je me garderais bien d'allumer les jeunes qui vont courir, ne serait-ce que parce que je suis vieux et gros et que je vais bientôt mourir!
Aahhhhhhhh.
Je ne vous promets pas que je vais sortir exactement ce type de diatribe, mais j'en ai marre de me faire marcher sur les pieds. Y a des encravatés qui vont prendre cher, des joggeurs qui vont devoir se jeter dans le fossé en catastrophe, et des commerçants qui vont être tout étonnés que je laisse mon fils chier sur leurs cravates.
dimanche, septembre 07, 2008
L'amérique en 24 épisodes
Et pour prouver que le blog, même au ralenti, gardera sa liberté de ton, voici une vidéo fine et délicate (qui n'a rien à voir):
vendredi, septembre 05, 2008
Gael, ou blogger, il faut choisir
Amis lecteurs, l'heure est grave.Force est de constater que depuis quelques temps la production du blog a fortement chuté. Evidemment, la présence du petit bonhomme y est pour beaucoup, réduisant notablement le temps que je peux sereinement passer à raconter mes choix musicaux et mes états d'âmes à la demie-douzaine de lecteurs fidèles que vous êtes.
Mais je dois avouer que si j'avais vraiment la flamme, je pourrais trouver de ci de là le temps de vous causer un brin. Seulement, il se trouve que je préfère mettre à profit les moments de calme restant pour lire de bons bouquins, regarder de bonnes séries ou des matchs tendus, et occasionnellement jouer au poker.
La situation n'est pas définitive: j'ai déjà connu des fluctuations dans mes envies de blogger. Mais je crois plus sage de vous prévenir clairement qu'il est probable que vous n'ayez guère plus que quelques posts à vous mettre sous la dent chaque mois, à la faveur d'un disque apprécié, d'un film adoré, ou d'un coup de gueule à passer.
Je conseille donc aux plus fidèles d'entre vous de passer à un rythme de visites plus espacé pour vous tenir informé des petites nouveautés du blog. Ou mieux, de vous abonner à son flux RSS, pour pouvoir d'un coup d'oeil s'il y a eu du nouveau.
Et nous verrons si le blog repart de plus belle. Ou s'il se tari peu à peu.
dimanche, août 31, 2008
Les premières vacances de Gael
lundi, août 11, 2008
vendredi, août 08, 2008
Avis à mes chers fidèles

Chers fidèles,
tout d'abord, je précise que je vous adore et je vous chéris.
Vous n'aurez pas été sans noter que la folle semaine de reprise acharnée du blogage a été loin de tenir ses promesses. Vous en aurez peut-être conçu quelque rancœur: aller sur un blog fréquemment, c'est un peu comme se rendre tout frémissant à un rendez-vous galant. La déception est énorme quand on se rend compte qu'on s'est vu poser un lapin.
Mais j'ai une excellente excuse.
Non, je n'avais rien d'autre de bien important à faire. Rentré un peu plus tard que d'habitude du boulot, j'ai profité de mon temps libre pour converser avec ma belle éloignée, pour regarder des films et jouer au poker. J'aurais tout à fait pu préférer à une de ces activités un bon petit post des familles, ce qui m'aurait d'ailleurs fait économiser pas mal d'argent si ça avait été en lieu et place de la dernière activité citée. Et par suite, à Gael d'être nourri correctement et de pouvoir aller à la fac. Mais bon, ce qui est fait est fait, et j'ai d'ailleurs vendu ses vêtements de bébé sur ebay pour pouvoir me refaire, alors il n'y a pas d'inquiétude à avoir, vous voyez bien.
Balayant mes archives, j'ai remarqué une courte interruption du blog il y a un bon mois. Et figurez vous que ça a correspondu exactement à la libération d'Ingrid Bétancourt.
Et oui.
Mettez vous à la place des Farcs qui, au fond de leur jungle pleine de moustiques agressifs, n'avaient pour seul loisir que la consultation épisodique de mon blog. Le reste du temps, il fallait écouter l'autre cul-bénite essayer de les convertir avec son chapelet, ça devait être usant.
Le blog sans nouveaux posts, il ont craqué et libéré notre Ingrid.
(Je tiens à préciser que je n'ai pas été le seul à jouer un rôle dans cette histoire. Le président Sarkozy a été un acteur majeur de l'heureux dénouement des événements).
Je me suis donc décidé à renouveler l'exploit. Pour protester contre la tenue des Jeux Olympiques en Chine, je me mets en grève du blog jusque début septembre. Et paf.
Tremblez, pourriture de dictateurs communistes! Déjà c'est pas très sympa d'oppresser un peuple qui n'a pas le droit de choisir ses dirigeants, ni de s'exprimer. Mais bon, sensibilisé par l'habile argumentaire des moralistes du CIO, je n'aurais pas osé protester de ce seul fait tant il est vrai que je dois respecter tous les modèles de société, et pas seulement la démocratie occidentale.
Il est vrai qu'il me faut concevoir que si ça se trouve, les chinois aiment bien se faire passer les coucougnettes à la gégéne quand ils expriment un léger désaccord sur une décision du Parti. Je ne suis pas sinophile, et l'idée de donner des leçons post-colonialistes aux sympathiques dirigeants chinois m'est tout à fait étrangère. Et en plus, les Jeux doivent célébrer l'Amour entre les Hommes, et pas être le théâtre de sordides revendications politiques.
Si je m'oppose avec la dernière énergie à la tenue des Jeux en Chine, c'est pour une raison tout autre. Je trouve inhumain, oui tout bonnement inhumain, de tenir ce grand événement sportif dans un pays qui a le culot de se trouver en fort décalage horaire avec nous.
Quel scandale! C'est qui qui va devoir se lever à 3h du mat' pour regarder du tir couché à 30 mètre? C'est qui qui va mettre sa santé en danger pour rester éveillé pendant les 50 kilomètres de marche? Et c'est qui qui va devoir écarquiller ses pauvres yeux pour apprécier la grâce des lanceuses du poids dès potron-minet?
C'en est trop.
Pour faire plier les caciques de cette triste dictature, même si je dois pour cela vous "prendre en otage" (TM), je me mets en grève illimité du blog pendant mes vacances.
Hasta la victoria sempre,
Che Vinci
samedi, août 02, 2008
Régression
- Les dernières courses d'Elena:
Aubergines, courgettes, roquette, petites tomates, fenouil, mangues, jambon de Parme, parmesan, oeufs, penne, glaces, eau, lait, couches, coton bébé.
- Mes dernières courses (ce midi):
Pizza, flamekueche surgelée, crème fraiche, lardons, choucroute préparée, glaces, bières.
Ahhhhhhhhhhhhhhhhh.
Mon dieu que c'est bon (de temps en temps)!
Je suis passé comme un prince à travers le rayon fruits et légumes sans même un regard pour les courgettes. Et à peine sorti, je suis allé chez Mac Do me prendre un maxi-best of Bic Mac.
Sono di ritorno
Malgré ma farouche virilité, il m'est arrivé il y a quelques années de jouer quelque peu aux Sims. Vous savez, ce jeu vidéo où vous gérez la vie quotidienne d'une petite famille, dans un monde virtuel. Votre personnage a faim, vous le nourrissez; il s'ennuie, vous l'envoyez faire un tour; etc. Vous n'êtes pas sans savoir que ce jeu a eu un succès fou, et je voulais donc savoir de quoi il en retournait.Dans un premier temps, je maîtrisais fort bien la destinée de mon avatar: je lui ai trouvé un taff bien, l'ai fait séduire puis épouser une jolie nana, à qui j'ai trouvé un boulot moins bien (comme il se doit), etc. Tout allait comme sur des roulettes, et je commençais à peine à réaliser que le jeu était profondément chiant (pas de monstre à tuer, pas de terroriste à buter, pas de morceau de hard rock à jouer, c'était couru d'avance) quand un événement d'une violence rare a bouleversé la vie de mes personnages.
Ils ont fait un bébé.
A partir de ce moment là, j'ai complètement perdu pied dans le jeu. Quand le bébé-sims a des besoins, il se manifeste avec une telle autorité que bien vite, votre personnage doit abandonner ce qu'il faisait sur le champ pour le satisfaire. On... je veux dire, mes personnages, n'avaient plus le temps de se laver, de manger décemment, et encore moins, vous vous en doutez, de faire un tour. L'un d'entre eux à même perdu son job à force d'arriver en retard au boulot (je vous rassure, il s'agissait de la femme...)
Pire: mes personnages avaient même eu la chance de faire des jumeaux. Il arrivait donc que quand l'un pleurait de manière particulièrement véhémente, mon personnage doive poser l'autre, dont il s'occupait, par terre pour se diriger vers son frangin.
Une horreur.
Vous voyez où je veux en venir, non? (Et non, pas qu'un frère rejoindra Gael, bande de petits tordus). La semaine dernière, en deux ou trois occasions (de 24h quand même), Gael nous a fait revivre ces folles émotions - mais dans le monde réel!
Nous avons réussi à rester propres, à conserver nos boulots, et même à dormir à peu près correctement, mais notre temps libre a été intégralement tourné vers les exigences du petit bonhomme. Les journées lors desquelles il était plus cool étant consacrées à une récupération bien méritée, je n'ai pas bloggé une seule fois cette semaine là.
Je m'en excuse platement.
Mais je vous rassure, le problème est réglé. Premièrement, le mal de ventre de Gael est en grande partie passé. Mais surtout, j'ai trouvé la parade: j'ai envoyé Elena et Gael en pré-vacances en Italie, une semaine avant que je les y rejoigne. Et bien figurez-vous que je me sens bien plus reposé que ces vacanciers! Et que la production du blog devrait s'en ressentir.
lundi, juillet 21, 2008
mercredi, juillet 16, 2008
Les amateurs apprécieront
Pour les besoins de mes recherches, je viens de tomber sur la description qu'un jeune docteur fait de son poste actuel. Je précise qu'il a le physique du parfait jeune loup qui a décidé que la recherche c'était sympa pour mettre un pied dans l'entreprise, mais qu'il ne fallait pas trop s'attarder si on voulait devenir riche et plein de responsabilité assez rapidement.Les amateurs apprécieront le blabla prétentieux et passe-partout que voila:
Develops and guides the testing or investigations pertaining to the development of very complex new designs, methods, materials, or processes and investigates possible application of results.
Analyzes, evaluates, and plans very complex methods of approach, and organizes means to achieve the solution to problems. Interprets and evaluates test data and results of very complex investigation and develops appropriate recommendations. Develops reports, charts, graphs, and other documents and makes recommendations to senior staff. Develops the design of a variety of very complex products, processes, and components. Reviews and approves related inputs such as very complex drawings and specifications prepared by technical support personnel. Coordinates with engineering support to arrange for the production of very complex experimental runs or for the construction of experimental models and special test equipment.
Rien que ça m'sieurs, dames! C'est ses parents qui doivent être fiers de lui!
Je ne pense pas que ce soit de lui, ça doit être le descriptif de son poste, mais quelle rigolade de prendre ça au pied de la lettre! J'ai une tendresse particulière pour les procédés dont il s'occupe, qui ne sont pas simplement complexes, non non non, il est plus balèze que ça. Ils sont very complexes, comme il est répété 3 fois dans ces dix lignes.
Ah lala. Et pour ceux qui ne goûtent pas ce genre de prose, je conclue avec une réflexion récente de l'attaquant allemand Lukas Podolski:
"
Le foot, c'est comme les échecs, mais sans les dés.
"
lundi, juillet 14, 2008
Valse avec Bashir
Un mode de garde alterné, toléré par notre bon maître Gael, nous a permis de découvrir successivement Valse avec Bashir ce week-end. Il s'agit de ce "documentaire d'animation", catégorie étonnante, reparti bredouille de Cannes à la grande stupéfaction de la plupart des critiques. L'auteur israélien s'étonne du fait qu'il ne garde aucun souvenir de la guerre du Liban qu'il a mené il y a 25 ans de cela, et essaye de reconstruire son passé en rencontrant ses anciens camarades, dont la mémoire est également étrangement sélective.
L'originalité formelle est patente: les interviews sont reconstituées en dessin animé, ce qui permet de rejouer les scènes racontées, réelles ou oniriques. C'est bien plus percutant que de vieilles images d'archive, mais c'est surtout superbement beau. L'animation, les couleurs et la musique sont tout simplement superbes.
Mais c'est pour moi la densité du propos qui est la plus forte. En 1h27, l'auteur nous plonge dans le quotidien d'une recrue moyennement concernée par la guerre qu'elle mène, dans les tracas des anciens combattants; il s'interroge sur les séquelles laissées par cette guerre dans l'inconscient des combattants, si longtemps après; et surtout il nous fait revivre le massacre de Sabra et Chatila, et la complicité passive de l'armée israélienne.
C'est là que le choix du dessin animé est particulièrement puissant. Placé du point de vue de troufions israéliens béats par l'odeur de vacances s'échappant du Beyrout estival, on bascule violemment dans l'horreur la plus absolue. Les petits bonhommes de dessin animé se transforment subitement en bourreaux ou en victime, en un basculement surprenant qui fait percevoir au spectateur toute l'horreur d'une guerre entre fanatiques. Et toute la fragilité de la paix.
Un film d'ailleurs particulièrement indiqué en ce 14 juillet où nous nous rangeons, comme un seul hommederrière notre Grande Muette et admire sans distanciation aucune nos jolis tanks et nos superbes hélicoptères-bombardiers.
Best of
samedi, juillet 12, 2008
Six feet under
Maintenant que nous nous sommes débarrassés de l'emprise des séries suivies en parallèle de leurs diffusions aux Etats-Unis (Desperate Housewives et - pour la dernière année - Lost), nous prenons le temps de nous remettre à jour chez les grands classiques. Après les extraordinaires Sopranos dont je vous ai déjà détaillé tout le bien que je pensais en plusieurs occasions, nous nous sommes attaqués aux deuxième grand pilier de la réputation de la chaine cablée HBO: Six feet under (okay, je vais un peu vite en besogne dans mon choix des pilliers en ignorant Oz - trop dur - et surtout Sex and the City - trop fille).Le thème de la série est encore plus étonnant que celui des Sopranos (la vie peu glamour de mafieux new-yorkais, entre soucis familiaux, cure chez le psy, petitesses financières et quelques éclats de violence, je vous rappelle): on suit simplement le quotidien d'une famille de croque-mort, de nos jours à Los Angeles. Le pitch a de quoi rebuter: on y flaire l'ennui à des kilomètres, et tout au plus peut-on espérer un peu d'humour de mauvais goût.
Point, mon ami. Si vous pouvez me permettre, vous vous gourrez (comme nous avant vous) totalement.
L'intérêt majeur de la série est de nous faire suivre des personnages succulents, complexes et attachants. Il y a la mère anciennement coincée qui découvre sa nouvelle liberté de veuve avec étonnement. Le fiston propre sur lui qui tarde à révéler son homosexualité à ses proches. L'autre fiston, rebelle affolé par la mort qui va se laisser convaincre de poursuivre l'entreprise familiale. Et la petite dernière, lycéenne décalée en perpétuelle remise en cause.
Bref, autant de prototypes réjouissants (et je ne complète pas la galerie de portraits avec Keith, Rico et Brenda), mais qui sont bien plus fins qu'il n'y parait et qu'on prend plaisir à voir évoluer pendant plusieurs saisons.
Et c'est alors que le cadre - le funérarium - prend toute son importance. D'une part il est prétexte à de multiples rencontres avec des destins tour à tour tragiques, poétiques... et quelque fois tout simplement marrants! Il faut préciser que chaque épisode commence par une scenette présentant le mort du jour: ce n'est pas par simple plaisir pervers, mais pour introduire les personnages secondaires de l'épisode, et avec eux la thématique dont parlera l'épisode.
Mais d'autre part, surtout, ce funérarium mène à se confronter - évidemment - au thème de la mort. Et c'est bien pour cela que cette série a gagné un immense respect critique: elle arrive à se frotter encore et encore à un des sujets les plus casse-gueule et les plus tabous qui soit, et à s'en tirer avec panaches. C'est fait avec tant de doigté qu'on en retient de grands moments d'émotion, et qu'on y développe quelques réflexions pas triviales.
Et enfin, cette série est pétrie du talent dont sont coutumiers les grands spécialistes américains. Graphiquement, elle est superbe; et les acteurs sont tous plus attachants les uns que les autres. Bref, on adore!
jeudi, juillet 10, 2008
Deux bons polars
Et là, je surprends doublement mon auditoire. D'une part, ce post suit de moins de 24 heures le précédent. Et d'autre part, il ne porte sur aucun des (nombreux) sujets sous-cités. Ah c'est que je soigne mes effets!Si, Gael couché, j'ai rarement l'énergie de vous écrire un petit mot, je lis beaucoup. C'est ainsi que j'ai pu, en sus de mes Spiegel, Telerama et Courrier International hebdomadaires (j'ai de longs trajets en transport en commun, je vous rappelle), régler leurs compte à un nouveau Connelly, et au dernier Vargas (j'ai en outre pas mal de temps morts à meubler durant les têtées, je vous rappelle).
L'un comme l'autre flirte avec l'excellence, mais est tempéré par un bémol assez mineur. Ah bah merde, faut bien faire un peu la fine bouche pour ne pas lasser ses lecteurs!
Le dernier Vargas - un lieu incertain - regorge de toutes les qualités que l'on connait à son auteur. Les personnages sont attachants, la langue musicale, la narration regorge d'anecdotes poétiques, et l'intrigue est accrocheuse.
Mais le petit bémol habituel empêche le roman d'accéder à l'excellence (à mon sens). Cartésien comme pas deux, j'ai du mal à avaler certaines péripéties et explications. C'est dommage, car l'intrigue est par ailleurs fort bien foutue et convaincante, mais quelques autres points et de trop nombreuses coïncidences me chiffonnent.
Mais soyons clairs, ça reste du très bon, comme à l'accoutumée!
C'est aussi un polar, mais le style est complétement différent: Le poéte de Michael Connelly. Point de poésie mais une narration dense, précise, hyper-réaliste. Un chroniqueur judiciaire enquête sur le pseudo-suicide de son frère qui s'avère plus compliqué qu'il n'y parait et le mène à croiser la piste d'un serial killer. Ta-ta-ta!
Il s'agit parait-il d'une des oeuvres maitresses de Connelly, et c'est vrai que les qualités que j'avais déjà trouvé à Trunck Music sautent aux yeux ici encore. La narration est sobre, mais hyper maitrisée. Les personnages sont attachants et très réalistes, et l'histoire est racontée de manière sacrément efficace. La quintessence du polar, en quelque sorte.
Mais je vais me permettre d'ajouter un bémol, encore plus minime que celui porté au débit de Vargas, à ce concert d'éloges. De part et d'autre d'un bouquin raconté à 95% du point de vue du journaliste, Connelly intercale quelques chapitres racontés par le serial killer. Des chapitres extrêmement malsains (car il s'agit d'un pédophile, en plus), qui n'apportent rien à la tension dramatique tant le procédé manque de finesse.
Je recommande donc très volontiers cette excellent polar, mais conseille de sauter les chapitres en question (aisément identifiables) pour un bonheur de lecture absolument complet. Rassurez-vous, vous ne perdrez rien de l'angoisse de la traque, et vous prendrez les coups de théâtres en pleine tête comme tout le monde!
Ah faut oser quand même
Après Frederic Piquione qui assimilait son cas à une prise en otage (il a finalement quitté les centaines de milliers d'euros de Saint-Etienne pour les millions d'euro de Monaco), le foot professionnel nous tirerait des larmes, si on n'y faisait pas gaffe.
On va faire gaffe, quand même.
mercredi, juillet 09, 2008
Coucou, zique et Gael
C'est terrible, je fais de la rétention de posts. Les sujets s'accumulent, s'accumulent, mais je n'ai pas trop le temps de les rédiger (ce dont vous vous rendez compte). Alors du coup ça me dégouline de partout, et ça me frustre de ne pas vous causer.
Il faudra bien que je vous parle de Six feet Under, définitivement formidable! Que je vous raconte un peu de mon quotidien de chercheur. Vous touche un mot de Danse avec Bashir (là je triche, je ne l'ai pas encore vu). Vous décrive le prie lit de la galaxie, que j'ai eu l'occasion de fréquenter récemment.
Mais pas le temps pour l'heure. Je vais quand même en profiter pour vous recommander chaudement le groupe italien Musica Nuda, dont vous pouvez voir trois chansons ici, ici et ici (ou plus simplement, et avec une meilleure balance, sur leur myspace). Un contrebassiste de talent, un bon goût indécrotable, une superbe voix, des instrumentations fines et parfaites et une superbe langue. Du bonheur, qui tourne en boucle dans mes esgourdes.
Et je vais vous faire patienter d'ici le prochain post avec un festival de notre grimaceur en chef:
PS: Oh et puis, puisque c'est vous, je vous mets un petit rab' de Musica Nuda. Si après ça vous ne courez pas acheter l'album (qui se trouve facilement en France, soit dit en passant):
