lundi, février 19, 2007

Sacré Jean-Luc


Vous n'êtes pas sans savoir que Jean-Luc, notre sympathique plante chevelue, a frolé la mort récemment. Nous n'avions pas pris garde au fait que son petit pot devenait un carcan particulièrement étroit pour une belle jeune plante comme lui. Honte à nous.
Heureusement, attirée par ses petits cris plaintifs, la maitresse de maison a fini par mettre fin à son supplice en investissant dans un pot tout confort. Il s'en est fallu de peu, mais maintenant qu'il peut étendre ses petites racines délicates, notre bon Jean-Luc a repris du poil de la bête. Il rayonne, il respire la joie de vivre.
Nous pensions le cas réglé, et nous réjouissions de pouvoir jeter un oeil de temps en temps vers notre brave compagnon silencieux, fier comme un pape de monter la garde devant notre nouvelle cave. Mais c'était acculer un peu vite notre vigoureux Jean-Luc dans un rôle de vieux garçon.

Et c'est donc tous tremblants d'émotion que nous vous annonçons que Jean-Luc a décidé, après moultes hésitations, de laisser derrière lui sa vie de célibataire pantouflard et a séduit une vibrillonante Martine. Les choses se sont accélérées dernièrement, et Martine a emménagé ce week-end pour une vie de bonheur, d'amour et d'eau fraiche avec son damoiseau.

Enfin, vu le soin avec lequel nous traitons nos plantes, j'espère que leur amour sera particulièrement fort, parce que la livraison d'eau fraîche est franchement aléatoire... Souhaitons leur bonne chance pour la suite!

dimanche, février 18, 2007

La vie des autres


Notre tendresse pour le cinéma allemand, héritier de moultes soirées aixoises inoubliables, fait que nous ne pouvons pas rater les bons films teutons arrivant sur nos écrans ces temps-ci. Il faut dire que c'était une attirance facile à assumer vue la rareté des films allemands passant la frontière, jusqu'à une période récente. Mais il semble que le cinéma allemand connaisse une renaissance, comme en témoigne l'arrivée chez nous de plusieurs films récemment, parmi lesquels Ping pong et La vie des autres.

C'est ce dernier que nous sommes allés voir mardi. Il traite d'un sujet fort peu sexy a priori: l'ambiance diffuse de délation et de contrôle en RDA. Nous suivons un employé zélé de la Stasi, qui a pour mission d'écouter jour et nuit un écrivain de théâtre et son amie actrice. Non que ce couple soit spécialement suspect d'être critique envers le régime: ils sont même de trop parfaits défenseurs du système. Mais il se trouve qu'un haut fonctionnaire est amoureux de l'actrice, et aimerait se débarasser de son encombrant petit copain...
Or les personnages vont évoluer, que ce soit d'une part l'écrivain va progressivement devenir critique envers le régime, ou d'autre part l'espion, qui vit à son rythme, et va le comprendre et le couvrir.

Jusqu'à où? Allez voir le film, qui est une belle réussite. Non seulement il rend bien compte de l'ambiance délétère si particulière de ces régimes totalitaires en fin de vie, mais en plus il est passionnant. On se s'ennuie pas une seconde, ce que je crains toujours de ce type de film: l'histoire est admirablement menée, et superbement défendue par les acteurs, l'espion minéral en tête.
Et vous trouverez en outre certainement, cerise sur le gateau, un charme tout particulier à l'écoute de cette belle langue aux douces harmoniques en allant le voir en VO!

samedi, février 17, 2007

Maceo parker


Ce qu'il y a de malheureux avec toutes les sorties récentes que j'ai à vous raconter, c'est qu'elles ne me laissent pas le temps de vous les raconter! C'est d'autant plus génant dans le cas de Maceo que
  1. le concert était absolument génial
  2. il me donne l'occasion de montrer que je sais aussi aller voir du pas-français-pas-accordéon. Et paf.
Maceo Parker est un saxophoniste qui a notamment fait ses premières armes au service de James Brown. Autant dire que son truc, c'est le saxo péchu. Il s'est depuis affimé comme un grand monsieur de la happy music.
Kesako? De l'avis de Maceo, c'est la musique qui te fait shake your body automatically avec un petit sourire aux lèvres et le regard un peu dans le vide. La recette: 1% jazz, 99% funk, 100% groove! Vous voyez que le monsieur a le sens de la formule, et si vous ne voyez toujours pas de quoi il cause, jetez une oreille sur son magnifique Live on planet funk.

Je l'avais déjà vu il y a quatre ans de cela (c'était mon premier concert parisien!) à l'Elysée Montmartre dans sa formation classique: des vieux brisquards blacks comme lui, dans des costards noirs impeccables, qui, armés de divers cuivres, se mettaient sur orbite les uns après les autres.
J'en garde un si bon souvenir de péche, de bonheur et de talent que je suis retourné le voir mercredi au Grand Rex en compagnie de ma fidèle Elena et d'un consultant saxophoniste qui souhaite garder l'anonymat. Ce désir de discrétion vient du au fait que Maceo, Dieu vivant du saxo, a un style non académique qui révulse la prof de saxo dudit Fred, qui souhaite donc rester anonyme pour éviter toute représaille. Appelons le Bob, alors.

Et arrêtons nous deux secondes sur la salle, le Grand Rex, que nous avons pénétré pour la première fois ce soir là, Elena, Bob et moi. J'en suis resté coi: l'accoustique est à tomber par terre, et l'organisation de la salle en deux étages, avec un dénivellé impressionnant, garantit à tout le monde une vue dégagée sur la scène et une assise très confortable. On comprend qu'elle soit la salle de ciné de référence pour les avant-premières de cinéma.
Dans ces conditions, le craquage des décorateurs pourrait presque être passé sous silence. Mais ce serait quand même dommage de ne rien dire du plafond en forme de voute céleste étoilée, et surtout des deux reconstitutions de villa romaines ou grecques en plâtre rose anoblissant les recoins de la salle.

Bref. Ce concert était un peu particulier en ce sens que Maceo n'était pas venu avec son groupe habituel, mais il a été invité par le WDR Big Band, le big band de la chaîne de radio nationale allemande. Ca sentait le roussi: nous craignions de voir une belle soirée funk glisser dans une ambiance jazz trop difficile à apprécier, et ce d'autant plus que le thème de la soirée était roots and grooves. Roots pour une première moitié de concert consacrée aux racines de l'inspiration de Maceo à travers des reprises de Ray Charles, et groove à travers des reprises de Maceo lui-même à la sauce big band. Nous eussions pu craindre que le roots désigne le jazz chiant qu'ils avaient envie de jouer, et le groove une partie plus commerciale, sans intérêt pour eux, jouée pour éviter que le public de bourrin ne casse la salle.

Non point. La soirée a été des plus réussies: les nombreux ziquos connaissent leur métier et nous ont délivré quelques solos ébouriffants (notamment le clavier, petit pépére chauve qui ne paye pas de mine mais s'agite comme un damné quand c'est à son tour de soliloquer), les chansons étaient des plus accessibles pour nos pauvres oreilles profanes, ... et Maceo a tout pété.
Dans la partie roots, il a rendu hommage à Ray Charles avec sobriété, sans solo trop démonstratif, en montrant notamment qu'il est un très bon chanteur dont la voix de jazzman noir a complétement retourné Elena... Et dans la partie groove, il a tenu toute ses promesses en déroulant son répertoire de happy music qui tue, avec force solos stratosphériques.
Il faut dire que la couleur de la partie groove était annoncée dès le départ par le remplacement du batteur filiforme et du contrebassiste en costard de la partie roots par deux piliers de bar anglais à moitié obèses, qui n'étaient pas là pour faire dans la finesse mais pour faire groover dans les chaumières. Nous avons été en particulier amusés de voir que les cuivres étaient isolés du batteur fou furieux par une paroi vitrée, histoire de ne pas perdre tous leurs tympans dans les cinq premières minutes du concert! Nous avons pu nous rendre compte lors des solos bianires de l'animal que cette précaution était tout à fait justifiée!

Bref, on a fort logiquement passé la moitié de cette deuxième partie de concert debout, à balancer la tête, et nous sommes sortis encore une fois tous tourneboulés des presques trois heures de concert proposées par Maceo. Bob est retourné faire ses gammes toutes la nuit!

mercredi, février 14, 2007

Plan de travail chargé


Pour ceux qui n'ont pas eu la joie de le recevoir par mail, voici la liste des concerts dont nous pensons prendre des places très bientôt:
  • La Blanche, révélation Vinci 2006, au Café de la Danse le 8 mars.
  • Mr Roux, révélation Vinci 2006 1/2, dans la salle minuscule du studio de l'hermitage le 21 mars.
  • Babylon Circus à la maroquinerie le 3 avril. Du gros reggae-ska qui rend heureux, dans une toute petite salle.
  • Juliette au théâtre du Chatelet le 5 avril. De la chanson française hyper classique aux textes formidables.
  • Hurlements d'Léo à la Maroquinerie le 10 mai. Du gros français-fanfare qui tâche à la Maroquinerie, ça va être le feu.
  • Vincent Delerm à l'Olympia entre le 30 mai et le 1er juin. Il parait qu'il est énorme sur scène, aussi étonnant que ça puisse paraître.
  • Mademoiselle K, révélation Vinci 2007 (pour l'instant), à l'Elysée Montmartre en juin. Du rock sincère et frétillant.
D'autres noms que nous écartons finalement qui pourraient intéresser du monde: Adrienne Pauly, Anis (écartés parce que je serai peut-être à Mada en cette fin avril!), Balbino Medellin (guitariste chanteur hispanique de Mano Solo), Mano Solo (même soir que Babylon Circus!). Quelques gros: Aerosmith, Daft Punk, Air, Bob Dylan, Iggy and the Stooges, Asian Dub Fundation, Jay jay Johanson et André Rieu.

lundi, février 12, 2007

Mais c'est qu'elle insiste!


Jugez plutôt!

Scoop


Le cours d'eau principal du pays le plus pauvre d'Europe, la Moldavie, est la rivière Prout.
Ah quand ça veut pas...

samedi, février 10, 2007

Coup de gueule constructif


Je suis colère. Je bouillonne. Je vous préviens, je sens que je vais péter un coup de gueule, nom de dieu!
Et non, ma frustration ne vient pas du match de football-playstation Nantes-Valenciennes qui s'achéve sur une honteuse victoire des nordistes. Ils n'ont certes pas démérité, mais planter cinq buts au gardien de l'équipe qui aurait due être championne du monde, c'est vraiment pas sympa!
Non, mon couroux est causé par une vermine qui ravage notre belle société mondialisée. Peu à peu, à l'insu de tous, elle s'est immiscée dans notre quotidien sous des dehors séduisants, avant de pourrir viscieusement la vie de l'honnête voyageur, et de monter la population en deux clans iirémédiablement ennemis. Saleté.

Je cesse immédiatement mes effets d'orateur pour vous livrer en pâture l'infâme coupable: le trolley. Vous savez, cette nouvelle sorte de valise à roulette, pourvue d'un manche téléscopique qui évite la pénible tâche d'avoir à la porter.
Elle a dans un premier temps séduit le cadre dynamique: ça fait joli et efficace, et en plus c'est taillé pile-poil pour être admissible comme bagage à main dans les avions. Ce qui permet audit cadre de court-circuiter la si pénible attente de sept minutes à l'atterrissage pour récupérer ses bagages. Evidemment, quand tous les cadres dynamiques font passer leurs valises pour des bagages à main, tous les passagers normaux galérent pour trouver un spot pour déposer leur manteau mais, oh, je bosse moi!
Cette situation scandaleuse eût pu légitimement donner une première prise à une haine viscérale pour le trolley, agent du Capital égoiste, mais heureusement l'interdiction récente des mousses à raser et dentifrices en cabine empêche les cadres dynamiques de continuer à jouer à ce jeu là.
Sauf à puer de la gueule à l'arrivée. Ce qui est assez rédhibitoire pour un jeune cadre dynamique, reconnaissons-le.

Ce n'est donc pas le motif de mon mépris profond pour cet objet démoniaque. Le problème, voyez-vous, c'est qu'il s'est démocratisé. C'est tellement pratique! Le sac à dos, ça fait ados attardé. La valise classique, c'est chiant comme tout à trainer. Alors à côté le trolley, quel bonheur!
Là où le bât blesse, c'est que le trolley a la fâcheuse habitude d'être un petit peu en retard sur son fier possesseur. En position dynamique, s'entend. Voire, quand le bras télescopique est particulièrement long et/ou que son "conducteur" particulièrement petit, il peut être très en retard sur lui. (Je suis assez fier d'avoir écrit cette phrase sans remarque méprisante pour Sarkozy.)
Ceci, c'est de la physique de base, vous êtes bien d'accord avec moi. La distance bras-sol étant inférieure à la distance trolley plus manche, ben quand on bouge, le trolley traine derrière, c'est évident. Même un téléspectateur d'Arthur doit pouvoir comprendre cela, non? Et s'il ne comprend pas, il a qu'à regarder, merde!

Or, ne me demandez pas pourquoi, aucun des blaireaux à trolleys ne semble en avoir conscience. Sous prétexte que le trolley est trainé derrière eux, il n'existe plus, il se dématérialise, il fusionne avec eux... je nais pas, mais en tout cas il ne peut pas géner quiconque. Im-po-ssible.
Cet étrange phénomène psychologique, allié au fait que ces petites valises sont si pratiques à manier qu'elles permettent de se mouvoir sans aucune difficulté, conduit tous les braves voyageurs à trolley à zigzaguer sans vergogne, oublieux de leur bagage, et donc à balayer aveuglément tout ce qui se trouve dans leur sillage.
On assiste ainsi dans toutes les gares, dans toutes les stations de métro, dans tous les aéroports, à des scènes apocalyptiques. De la violence gratuite. De la destruction pure.
Les trolleyeurs, toujours plus nombreux, répandent de longues traines de désolation parmi les autres voyageurs, laissant des milliers de leurs contemporains pliés en deux de douleur. Et paf, un violent coup des les tibias, vicieux, rapide, imparable, à l'italienne. Les innocentes victimes n'ont pas le temps d'apercevoir l'ennemi rampant, vif et sournois, camouflé dans des teintes sombres indiscernables, que les voila extropiées et agonisantes.

Alors de grâce, sachez refuser le charme vénéneux du trolley. Ne vous comportez pas comme ces milliers d'égoistes qui, pour un peu de confort, fauchent leur prochain sans vergogne.
Et si jamais vous cédez, je vous en supplie, gardez ce post dans un coin de votre esprit. Ne serait-ce que pour éviter de fusiller du regard vos victimes, comme si elles avaient fait exprès de shooter dans votre bien! Parce que ça, ça donne vraiment des envies de meurtre! Qu'il faut un long post pour exorciser...

mardi, février 06, 2007

Ca faisait longtemps...


Ce qu'il y a de bien dans une campagne électorale comme celle-ci, lancée bien trop en avance et centrée sur une peopolisation ridicule, c'est qu'elle permet de bien belles réflexions en réaction avec la médiocrité ambiante. Je pense aux Guignols et à Moustic notamment. Et à Arrêt sur image et son corollaire du bigbangblog bien sûr.
Je me répéte évidemment (et soyez gentils de ne pas plus me le reprocher qu'aux "journalistes" qui le font à longueur d'année), mais les deux nouveaux posts qu'on y trouvait ce matin sont encore une fois des plus enrichissants (celui de David Abiker et celui de Judith Bernard). Ils éclairent de deux perspectives intéressante l'émission sarkozienne d'hier soir, évidemment saluée comme une grande réussite par les éditorialistes d'Europe1, de la presse gratuite et... du Figaro (ah ça alors).
Et au hasard du post de Judith Bernard, on trouve un lien vers la pétition d'Alternatives Economiques, pour les impots. Et oui, on peut être *pour* les impots dans ce monde de beauf, n'en déplaise aux boîtes de conseil en déclaration d'impots cassant les couilles de cibles habilement choisies (genre le centralien diplômé depuis plus de cinq ans) le samedi matin. Enfin je me comprend...

dimanche, février 04, 2007

Le Normand ne mâche pas ses mots


Nous rentrons d'un week-end très sympa, comme à l'acoutumée, dans le Cotentin. Déformation blogeuse oblige, je n'ai eu de cesse que de me demander quelle photo je choisirais à mon retour pour illustrer cette nouvelle passionante. Un panorama sauvage dont la région a le secret? Une photo d'art rendant compte de la convivialité alcoolique du week-end? Ou plus traditionnellement une photo ridiculisant Elena?
C'est alors que l'évidence a jailli lorsque notre balade nous a amené à l'entrée du lieu-dit illustrant ce post...

mardi, janvier 30, 2007

L'actualité en débugant

En attendant que le programme il tourne, on n'est pas obligé de rester inactif! Hein? Quand même...
J'en connais qui profiteraient des temps morts pour bosser sur un deuxième projet en parallèle, ou pour se former en lisant des articles morceau par morceau.

Ben là je ne suis pas de ceux là. Alors j'en profite pour effectuer ma revue de presse, et c'est l'occasion pour moi d'attirer derechef votre attention sur le bigbangblog de Daniel Schneiderman et de sa petite troupe. Parmi toutes les contributions intéressantes qu'on y trouve, je vous conseille les articles récents sur le bilan de Sarkozy, le dégomage des "gaffes" de Royale (ou encore là), la tendresse du Figaro pour Sarkozy (scoop), l'oubli de l'aspect légérement catholique de l'abbé Pierre (auquel était consacré l'Arrêt sur Images de dimanche), le coup étrange des héros cancéreux, etc. Comme quoi la campagne présidentielle peut aussi acoucher d'articles intéressants (pour la critiquer)!

Quasi sans-faute!


Je suis tombé sur cette carte de la pollution atmosphérique en Europe, quantifiée par le N02, hier soir lors de ma lecture du Spiegel. Et je vous demande de préter attention aux hauts lieux de pollution. Attention. Pas aux tristes jaunes de gonzesse, pas aux pauvres rouges cerise de tapettes qui abondent ici et là.
Non, je veux parler des vrais endroits pollués, là où le bitume est palpable dans l'atmosphére, et qui sont localisés par un rouge-noir dégueulasse de bon aloi. Ca se trouve où? Paris-Benelux-Italie du Nord essentiellement. Ou autrement dit: Aachen-Paris-Modena!
Ah on est balèzes! Un quasi sans-faute, quand on rappelle qu'on est allé en vacances à Madrid et Istambul (sans parler de Berlin, Munich et Londres). Mais je dois me retirer de la lumière et laisser le premier plan à Elena, qui elle a eu le courage de ne pas passer ses vingt premières années dans un lieu lâchement protégé tel que Nantes.
Standing ovation pour notre courageuse candidate dont le sourire étincellant ne masque pas les poumons tous noirs!

lundi, janvier 29, 2007

Bretons and Normands will take over


Le Spiegel apporte dans un entrefilet une nouvelle réjouissante et morale. Deux études américaines ont conclu que les employés qui boivent gagnent jusqu'à 14% de plus que les abstinents. Dans le même ordre d'idée, les jeunes qui ont connu des beuveries lors de leurs études gagnent dix ans plus tard nettement plus que leurs petits camarades tournant au jus d'orange. Ceci semble-t-il parce que boire en société permet de tisser des liens assez solides avec des collégues. "Les buveurs en société intégrent plus rapidement les réseaux et entretiennent leurs relations. Leurs blackberries ménent à de nombreux contacts, qui finissent par valeur du cash" nous apprend l'auteur de l'étude "No boose? You may loose".
Il faut tempérer ces résultats sur deux points. Ils ne sont valables que pour les hommes - désolé Elena! Et d'autre part, il semble que se bourrer la gueule tout seul dans son coin n'apporte rien. Dur...

dimanche, janvier 28, 2007

Les vrais champions du monde

Elena a eu la gentillesse d'attirer mon attention sur le classement des pays où il fait le mieux vivre, établi par la revue de voyage américaine International living, et reprise par le Corriere della Sera. Deux gages de sérieux et d'objectivité: le Corriere c'est écrit tout petit donc c'est sérieux, et International living c'est établi par des experts, américains de surcroit donc c'est de l'info blindée-blindée.

Loin des sempiternels indicateurs économiques dont on nous rebat les oreilles (mais, étrangement, me donnent peu envie d'échanger ma place avec un travailleur chinois ou un retraité suisse, n'en déplaise à Jean-Marc Silvestre), loin des coupes du monde qui peuvent être volées honteusement, cette classification se base sur neuf critères objectifs et justes: le coût de la vie, la culture et le temps libre, l'économie, l'environnement, la liberté, les infrastructures, la sécurité (ah!), les risques (?) et le climat. Ca me semble juste, équilibré et facilement quantifiable (la liberté et l'environnement par exemple. M'enfin rien d'insurmontable pour des experts, hein).

Et qui c'est qui péte tout, qui domine la classification de la tête et des épaules? La France, monsieur! Meilleure infrastructure du monde (mais on paye trop d'impot, je vous rassure), économie solide (quoiqu'on en dise), le meilleur système de santé du monde, un coût de vie relativement peu élevé hors de Paris, des campagnes diverses et magnifique, et une des plus belles et romantiques capitales du monde. Et paf! C'est pas moi qui le dit, c'est écrit en anglais sur le site du magazine. Je ne me permettrais pas...
Le succulent de la chose est que l'Italie, malgré son climat et une note de richesse de culture maximale, n'est que huitième! Ah la honte! Et encore plus doux à nos petites oreilles franchouillardes, nos voisins anglais se retrouvent 37èmes (derrière notamment l'Uruguay et l'Estonie)!
Ah... Merci Elena d'avoir illuminé ma journée en me présentant ce classement tout à fait discutable et subjectif, mais qui fait bien plaisir. Cela dit, quand on sait que l'Australie est deuxième, suivie de la Hollande et de la Nouvelle-Zelande, on se dit qu'effectivement ce type de classement peut donner des surprises...

samedi, janvier 27, 2007

Pinard day



Comme on n'est pas des petits joueurs, nous nous sommes levés ce matin dès potron-minet pour assister à une initiation à la dégustation du vin. Deux heures de théorie et deux heures et demi de pratique, pour être rappelés à la médiocrité de notre odorat et de notre palais, mais surtout pour deviner un peu toute la richesse qui se cache dans des verres bien remplis...
Nous avons de la suite dans les idées alors nous sommes allés cette après-midi peupler notre nouvelle petite cave. Suivant les conseils experts de notre caviste, nous nous sommes offerts 18 bouteilles (euh, 17 à l'heure où je vous parle) diverses et prometteuses, dont une petite demie-douzaine que nous allons chercher à faire viellir un peu. Et qui seront donc les joyaux de notre mini-collection. Ne vous formalisez pas si on ne les débouche pas lors de votre passage; on les garde pour les vrais amis!

Joyeux urbains


C'est pas tout ça, on se laisse griser par quelques posts culinaires, et on en oublie de parler musique. Et c'est d'un très gros morceau de la nouvelle scène française qu'il s'agit: les joyeux urbains.
Pour vous dire, c'est un tellement gros morceau que beaucoup de mes potes partagent leur dévotion pour ce groupe (à vrai dire, tous ceux qui les ont vu en concert), tant et si bien que je les considérais connu de la blogosphère entière. Ce n'est qu'en réalisant que mes disciples nantais, pourtant pointus, n'en avaient jamais entendu parler que j'ai réalisé l'urgence de ce post.
Pour vous re-dire, c'est un tellement gros morceau que c'est le groupe qui a définitivement fait basculer Elena du côté de la nouvelle scène française (avec -M-). Avant cela, elle supportait les concerts où je la trainais, mais se laissait encore abuser par le côté vieillot de l'accordéon et de la chanson à texte. Depuis elle adore et a décidé de prendre la nationalité française. (Ou le décidera très prochainement, je m'en porte garant).
Vous voyez un peu la taille du morceau, non? Il est gros.

Bref. Les joyeux urbains sont quatre, jusqu'à une période récente dans une formation classique: batterie, contrebasse, guitare, accordéon-clavier-guitare. Depuis peu, ils ont décidé d'alléger leur set et c'est devenu guitare-ukulélé-boîte (pour la batterie).
Mais par delà toutes ces finesses, ce qui fait l'intérêt du groupe c'est qu'ils sont incroyablement marrants. Les textes sont une tuerie: Achéte un chien, la canadienne, il est petit, les anglais... et le formidable diner mondain en tête. Que du cultissime.
C'est à hurler de rire sur CD, et est bien sûr encore plus incroyable sur scène. Ce sont des comédiens à part entière bourrés d'énergie. On se marre du début à la fin du spectacle, et en plus de ça ce n'est pas (que) de l'humour facile: ils créent des personnages décalés qui se débattent dans des univers parfois très fins.
Et pour autant, la musique reste importante et n'est pas complétement écrasée par le texte. Les mélodies en particulier sont bien efficaces et contribuent à rendre certaines répliques cultissimes.

Je ne saurais donc trop vous conseiller de faire connaissance avec ces petits loulous. Notamment, s'ils passent en concert à côté de chez vous (ce qui est probable au vu de la tournée qu'ils entament), vous pouvez y aller les yeux fermés, même avec des gens pas trop sensibles à ce type de musique (j'ai essayé).
Sinon, je vous conseille de commencer par leur CD live Devant des gens. Leur album studio de référence serait Supersexy. Je suis moyennement emballé par leur virage ukulélé, qui permet de donner une touche Wriggles à leurs spectacles (donc très beau et très scénique), mais prive un peu leur zique de péche et leur spectacle d'impro par moment. Cela dit, leur dernier album recéle aussi de très bons titres: fais moi un bon café, un peu fort mais ouais et aux portes de la gloire notamment.

Ouf, l'oubli est réparé, et avec moulte cirage (mérité)! Ah, sauf que dans tout ça j'ai oublié de vous préciser que nous sommes allé les re-re-re-voir en concert lundi à l'Olympia. Et qu'évidemment c'était formidablement drôle.

jeudi, janvier 25, 2007

Et n'y reviens plus


Je vous rassure, suite à mon cri d'hier soir, les choses sont revenues à la normale. Un tirage d'oreille bien mérité après, me voila dignement accueilli par des spaghettis aux fruits de mer. C'est pourtant pas compliqué!

mercredi, janvier 24, 2007

Ma femme vire au bio


... et c'est horrible.
De retour d'un petit périple professionnel dans un pays où on sait apprécier la cuisine franche et sans fioriture (j'étais à Hambourg, où la Currywurst coulait à flots), je me réjouissais déjà des raffinements culinaires qui m'attendaient à la maison. Le mariage délicat des deux meilleures cuisines du monde, française et italienne. Serais-je accueilli par un bon confit, par une tartiflette ou par des lasagnes ou carbonaras? Quelle douce incertitude!
Erreur! Voila t'y pas que ma femme prète oreille aux tristes augures qui prétendent qu'il faut manger des légumes, qu'il ne faut pas abuser du beurre, et que la viande n'est pas indispensable. N'importe quoi! Voyez un peu le truc qu'elle a préparé: une assiette d'oeufs, de potimarron (kesako?) et de champignons...
Mais qu'est-ce-que c'est que ces conneries! C'est quand même pas vraiment mangeable ce truc là? A la limite quand on a été malade, je veux bien, mais là j'ai rien fait de mal, j'ai aucune raison de m'infliger ça! C'est spongieux, ça a pas de goût et c'est tout pas gras! Je ne vois vraiment pas l'intérêt, merde!
Les choses vont donc changer dans les plus brefs délais. J'achète dès demain une nouvelle friteuse pour recentrer les débats. Non mais...

La star


Ma jolie thèse ne cesse de procoquer des remous en plus haut lieu. Scientifiquement, c'est un pavé dans la mare, ce que reconnait le jury de la célèbre fondation Métivier en lui attribuant le prix de la meilleure thèse (2006, menée à l'IRISA, en collaboration avec l'industrie. Ouais d'accord on devait être trois à concourrir!)
Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est plus ou moins l'antichambre du prix Nobel. Plus ou moins.

samedi, janvier 20, 2007

Un lexomil et une BD

Le blog est décidément fort pauvre en coups de gueule ces jours-ci. Pourtant, les gué-guerres pré-électorales offrent un terrain fertile à l'indignation... Mais bon, j'ai déjà dit et répété que je considérais que les premiers coupables du grave virage 100% people de la politique étaient les médias (vous ai-je déjà conseillé la vision d'Arrêts sur Image?)... et leurs téléspectateurs minables. Quand on veut du divertissement, du divertissement, du fun et des paillettes, mais surtout pas de vilaines prises de tête, ben il ne faut pas s'étonner que médias et politiques ne proposent plus que ça.
Bref. Du coup, je me désintéresse complétement de cette pré-campagne. La question pour moi centrale (vote utile ou vote sincère) donnera lieu à de sévéres prises de tête, des lectures attentives de programmes (vous savez, le document indigeste que personne ne ne lit) et qui sait des posts passionnants, mais plus tard. Contrairement à ce qu'on essaye de nous faire croire, y a pas le feu. C'est fin avril si je ne m'abuse, et en plus un français sur quatre se décide dans le dernière semaine, ce qui relativise le cirque actuel.

Mais cetta absence de coups de gueule me frustre un peu. J'ai en effet une théorie à laquelle je tiens beaucoup, selon laquelle il est sain de s'énerver, de pousser des coups de gueule, de s'indigner. On me rétorque à l'envi qu'objectivement ça ne change rien, que Chirac reste toujours aussi minable, l'économie toujours aussi aveuglément libérale et l'Italie toujours championne du monde que je gueule ou pas. Alors je ferais bien pour mes petites artères et pour la sérénité des débats à table de ma calmer un petit peu, des fois.
Mais donc je ne suis pas d'accord. Tant qu'on ne révolte devant les trucs révoltants, au moins on n'est pas indifférents, et c'est déjà beaucoup. On risque moins de se comporter comme un connard après. Enfin, vous connaissez la chanson, je pense.

Mais alors ce qui m'impressionne au plus haut point, c'est les gens qui dépassent ce qu'adroitement je résumerais par le dualisme "engagement/casse-couille". Bref, des types qui arrivent à être intéressés, impliqué, engagés sans hurler tout le temps et avoir envie d'insulter tout lecteur du Figaro croisant son chemin.
Etienne Davodeau est de ceux-là. (Putain, elle part de loin cette intro!) Il s'agit d'un auteur de BD réaliste, genre dont nous raffolons. Vous savez, ces BDs souvent en noir et blanc, racontant des histoires d'aujourd'hui avec finesse et humilité (Joe Sacco et Alex Robinson entre autres).
Mon frangin et ma belle soeur, fins connaisseurs de mes petites passions, m'ont offert un joli coffret de Davodeau, rassemblant trois albums: Quelques jours avec un menteur, rural! et les mauvaises gens. Le premier raconte une semaine de vacances entre potes qui dégénére en un terrorisme à la peinture à l 'eau des plus sympathiques, Rural! raconte l'histoire vraie de paysans bio confrontés au tracer d'une autoroute et Mauvaises gens raconte la naissance de l'engagement des parents de l'auteur dans la campagne angevine.
Ce dernier album, couvert de récompenses, est particulièrement brillant: il raconte un parcours particulièrement pour moi atypique (engagement politique grâce au catholicisme!), et le fait avec une simplicité et une justesse incroyable. Et c'est cela aussi qui transpire dans rural!, autre sujet engagé: avant tout, les histoires de Davodeau sont humaines, calmes et mesurées. Sans coup de gueule. Et elles n'en sont que plus fortes, car moins partisanes (en apparence).
Alors moi je dis bravo. Et accessoirement je vous conseille la lecture assidue de cet auteur, parce qu'en plus de cela ses bouquins sont passionnants et que les personnages, très attachants, nous sont particulièrement proches.

jeudi, janvier 18, 2007

Moi 1 - Philippe 0


Je continue mes efforts désespérés de me replonger aux sources du rock sous les conseils de Philippe Manoeuvre, pape du bon goût en blouson de cuir. Il est sympa Philippe, je ne doute pas qu'il ait une culture majeure du domaine, mais peut-être devrait-il faire plus sobre dans ses critiques. Par exemple, je cite:
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Dans le meilleur des cas, je drône des Sonic Youth s'élève vers les hauteurs d'un jazz modal trépané par des guitares hélicoïdales. La rythmique vit sa vie et des guitares savament désaccordées saturent le haut du spectre, comme une toîle de Rauschenberg.
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Je veux bien prendre sur moi, passer outre certains abus, mais avouez que là il y a des baffes qui se perdent! Une douche froide et au lit, merde!
Surtout que le bonhomme continue de me conseiller des grands noms qui me laissent froid: Can, Neil Young, Johnny Cash, tout ça m'ennuie gentiment. Je sais que c'est furieusement pas cool et ça évoquerait certainement des images suréalistes sur fond de guerre industrielle trépanée à Philou, mais je dois avouer que ça résonne vieillot et lointain à mes petites oreilles.

Mais par contre, je me suis laissé conseiller par moi-même le premier album de mademoiselle K, et là ça déchire. Je ne suis que rarement déçu par mon bon goût.
Le hasard veut que ce soit l'album le plus purement rock délivré depuis longtemps par la nouvelle scène française. Formation tout ce qu'il y a de plus classique: basse-guitare-batterie, autour de la chanteuse-guitariste, qui a fort bien fait de rater son Capes pour se lancer la tête la première dans le rock.
C'est tout en première intention, basique, efficace et sincère, et en plus porté par la jolie voix de la chanteuse. Elle est capable de passer de tons très féminins à une voix parfaitement androgyne, comme sur le tube matraqué à la radio (mais qui n'en reste pas moins très bon) ça me vexe. Je trouve l'album parfois un peu faible sur les morceaux plus lents (quoique...), mais tous les morceaux péchus sont un bonheur complet. Loin du blabla de Philou, des bons vieux morceaux rentre dedans qui font taper du pied et bouger la tête avec classe.
Elle passe en concert à l'Elysée Montmartre le 12 juin... Quelque chose me dit qu'on y sera. Et pas Philippe, vu que ses guitares ne m'ont pas l'air hélicoïdales...