samedi, juin 23, 2007

Sauvons la recherche 2?


Mais il ne sera pas dit qu'une journée pourra passer sans fausse note politique (de mon point de vue). Les menaces sur l'avenir de la recherche française se précisent.
Fidèle à son crédo libéral ("Que l'Etat se retire tant qu'il peut, des petits gars responsables feront les choses bien là où en leur en laissera la liberté"), la fine équipe gouvernementale souhaite donner un maximum d'autonomie aux universités, allant peut-être jusqu'à y rattacher tous les chercheurs (y compris ceux du CNRS, jusque là indépendants).
Une grande victoire pour "la recherche qui sert à quelque chose" (à court terme), qui évidemment écraserait toute recherche à horizon plus lointain et incertain. Je suis tout à fait d'accord que la recherche "moyen terme" est très importante, et il est même logique qu'elle soit dominante (comme c'est le cas aujourd'hui). Mais l'éradication du petit nid de ceux qui essayent de voir un peu plus loin vaut-elle la poignée d'euros qu'elle nous fera économiser?
Et le fait que la loi en question soit prévue pour le milieu de cet été ne laisser augurer rien de bon...

Goods news for people who were waiting for bad news

Je me permets de pointer sur un article sur le fond du nouveau traité européen, avant qu'il ne soit noyé par les coulisses people de sa négociation.
Cet article me semble très intéressant, et m'a même convaincu de renoncer au post que je mijotais pour hurler à la trahison du "non" français. Comme quoi, vous voyez, des fois je peux changer d'avis et renoncer à un coup de gueule!

L'UE reste desespérément sur sa lignée libérale, c'est sûr, mais la concurrence "libre et non faussée" n'est plus affirmée en gros dans les objectifs de l'Union (ironiquement, à la demande de Sarko). Par ailleurs, le fait que ce traité ne porte pas le nom de "Constitution" fait une grosse différence pour moi: c'est une étape intermédiaire, et pas un jalon majeur.
Je retiens aussi au chapitre des bonnes nouvelles le maintien d'un président et d'un ministre des affaires étrangères (portant un nom différent pour ne pas vexer les Anglais), l'extension de la majorité qualifiée (permettant de passer outre des vétos dans quelques domaines bien définis), et surtout la possibilité de former des coopérations renforcées entre états membre souhaitant aller de l'avant. Si cela permet aux européens "sociaux" de se regrouper, ce serait une très bonne nouvelle (mais il semble que ce soit surtout pensé pour que les européens "libéraux" coopérent).
Dans le même ordre d'idée du recul du véto, la double majorité pointe le bout de son nez, même si ce n'est que pour dans dix ans pour rassurer les Polonais.
Enfin, on s'amusera à voir le nombre de point sur lesquels les Anglais font exception!

Bref, je suis peut-être naïf, mais ce traité me semble un peu moins cadenassé dans le libéral que feu la Constitution, ce qui me rend rétrospectivement encore plus fier de mon vote.
En plus il fait beau.

Modest mouse



Délaissé par une Elena partie péter la bise à la famiglia, j'ai conçu un plan démonique pour me venger: je suis allé voir en son absence un concert qu'elle aurait adoré: Modest Mouse à l'Elysée Montmartre (en compagnie de mes fidèles Kate et Tomtom).
Groupe majeur du rock inde pour certains, il est bien moins connu en France qu'aux Etats-Unis, d'où une salle à moitié pleine ce soir là. J'ai découvert ce groupe par l'entremise d'un indé-pendantiste allemand, avec des piqûres de rappel de la part d'un statisticien mayennais. Comme quoi, on aurait tort d'éviter les amis au CV sortant de l'ordinnaire car grâce à eux, j'ai assisté à un concert magistral.

Petite parenthèse pour préciser à qui on a affaire. Modest mouse fait du pur rock indé américain, à ne pas confondre avec le pur rock indé américain.
Il y a en effet rock indé et rock indé. Celui que joue Modest mouse sent le hangar de Portland, avec la bière posée sur les amplis, et les tatouages sur le bras éclairé par la lumière des néons. Mais les compos ne se résument pas à quelques riffs entêtants, des chansons coup de poing de 2 min30 avec des larsens pour finir (ce qui n'est pas un style désagréable du tout, d'ailleurs).

Les chansons de Modest Mouse sont beaucoup plus complexes et travaillées que cela, comme en témoigne la formation du groupe. Portées par un rythme riche, diverses lignes mélodiques naissent, s'entrecroisent, et meurent: guitares, basse, trompette, chant... et même accordéon!
En arrivant dans la salle, on nous annonce la couleur directement avec deux batteries! Et elles ne sont pas juste là pour délivrer du binaire puissant, mais pour permettre à un des deux batteurs de balancer quelques fioritures tandis que l'autre garde le rythme démoniaque qui porte la chanson. Ils sont épaulé par un bassiste massif qui semble fait l'amour à sa babasse quand il joue ses mélodies groovantes.
Continuous les présentations en en venant à l'homme à tout faire, qui se trouve au milieu de la scène. Claviers, trompette, contrebasse, et basse, selon les besoins de la chanson. Ce qui fait que, oui, sur une des chansons, nous avons eu droit à deux batteries et deux basses. Je vous laisse imaginer la puissance du groove qui nous a porté.
Et enfin viennent les deux guitaristes: la nouvelle recrue, ex-Smith, et le chanteur. Si ce dernier s'est bien troué en parlant au public en amerloque inarticulé au début du concert, il s'est vite fait pardonner par son charisme en chantant comme un possédé, regard énervé dans le vide, guitare bringueballée à droite et à gauche, pour finir par un étonnant chant dans le micro de la gratte.

Non seulement tous ces braves gens sont des brutes à leur instrument respectif, mais en plus ils sont assez malins pour se mettre au service de leurs chansons, sans zèle technique inutile. De toute façon, il y en a pour tout le monde étant donné le répertoire long comme le bras qu'ils cumulent en 15 ans d'expérience, avec moultes pétites plus ou moins connues dedans.
En plus de cela, leur musique a pas mal évoluée au fil du temps, comme leur formation (ils étaient trois au début). Ce qui donne des chansons très variées, plus ou moins directes ou travaillées selon la période à laquelle elles ont été écrites.

Bref, du pur bonheur, intelligent, recherché, intégre et rentre-dedans. Pour me rappeler une éclate rock-indé équivalente à la dernière chanson dont ils nous ont gratifié (20 minutes portées par un rythme de fou, alors que les guitareux se mettent sur orbite l'un après l'autre, tête basse concentrée, sans jamais en faire trop), il me faut remonter aux concerts des dEUS il y a neuf ans de cela, ce qui n'est pas peu dire pour moi.
Même lieu, même richesse, même panard. C'est Elena qui va être jalouse!

mardi, juin 19, 2007

Et ça continue

Alors que l'arrêt d'ASI créée des remous (là et là), et que de nombreux messages d'orphelins réchauffent le coeur (surtout là, ou bien là et là), le blog de Nico Shark s'arrête aussi, pour des motifs un brin brumeux.

Ah sinon, je me suis fait un grand plaisir ce matin.
Un de mes collègues, qui se targue d'être un grand spécialiste politique (pas dans le sens politique morale, ni même people, mais plutôt fascination des manoeuvres du pouvoir, vous voyez), m'a sévérement tacklé sur un détail. Genre: "mon petit bonhomme, t'es vraiment un naït venu d'une autre planète si tu te souviens pas que Borlo est minimistre de l'économie depuis 5 ans". Non mais oh. Quand même...
Ca ferait ni chaud ni froid à n'importe qui, sauf que j'aime pas trop qu'on me fasse passer pour un candide politique devant tout le monde. Mais, bonne pâte et pas si sûr que ça de mon fait, j'étais parti pour accepter l'affront. Sauf qu'un de mes autres collègues a fait calmement remarquer que Borlo était ministre de l'économie depuis 2 mois seulement.
Et paf. Le genre de victoire tranquille, sereine, complétement sans intérêt mais qui mettent la patate pour la journée!

lundi, juin 18, 2007

Aaaaaaaaaaaaaaaaaaah!

Putain de bordel de merde. Nom de dieu de putain de connards.
Ils l'ont donc fait. Pour de vrai.
Et on se sent de plus en plus seuls...

dimanche, juin 17, 2007

On a perdu mais on a gagné


... et autres billevesées.
Mais qu'est-ce que c'est que ces électeurs à la con qui changent d'avis en une semaine? Je sais bien que le mode d'élection majoritaire local magnifie ces effets, mais la différence entre les résultats de dimanche dernier et ceux de ce soir sont quand même incroyables! Et jettent une lumiére tellement vertigineuse sur l'irrationnalité du choix de nombreux de nos concitoyens, que j'ai du mal à me réjouir de la limitation des dégats pour la gauche.

Alors quoi? Il y a vraiment des blaireaux qui ont voté à droite au premier tour, et à gauche au second? Et pouquoi? Parce qu'ils se sont subitement laissés convaincre par la rengaine du "donnez pas tous les pouvoirs à Sarko"? Tu parles, de toute façon il a tous les pouvoirs, et en plus je vous rappelle que la rengaine en question été sifflotée par le choeur dissonant des socialistes, avec Hollande en tête de gondole. Ce qui fait que j'ai du mal à croire à la force de frappe de l'argument.

Autre explication, ce sont les électeurs de gauche qui se sont remobilisés, et les électeurs de droite qui se sont démobilisés entre les deux tours.
C'est joliment dit, mais ça veut juste dire que l'opinion politique des uns comme des autres ne pése pas assez lourd pour qu'ils daignent se déplacer en toute circonstance: il faut que les aimer, leur susurrer des mots doux à l'oreille, leur témoigner de l'affection. Ou au moins leur donner des images télé aguicheuses.
Seulement quand on leur a bien vendu l'importance de l'échéance, les petits chatons daignent se déplacer et s'exprimer. Et faire basculer le destin du pays d'un côté ou de l'autre...

J'ai gardé la meilleure explication pour la fin: la TVA sociale. Ah, la TVA sociale! Ca, c'est méchant comme loi, après on va pouvoir s'acheter moins de trucs, alors forcément ça fait réfléchir...
Faut se mettre à la place du petit électeur sarkozyste, charmé par le dynamisme et l'oeil vif de notre président, et/ou dégouté par les graves airs de maîtresse d'école de Royal, qui s'est pris la nouvelle de la TVA sociale sur son petit crane délicat. 'Quoi? Un gouvernement de droite qui hausse les impots concernant tout le monde et allége ceux qui portent sur les plus favorisés! Mais le ciel me tombe sur la tête!'
Mais putain faut se réveiller mon gars, et lire les programmes. Ou même écouter un peu ce qu'ils racontent, tes héros. Parce que s'il y a un reproche qu'on ne peut pas faire à Sarkozy, c'est d'avoir avancé masqué!
Finalement, je ne sais pas si je préfére des gens sincérement et sciemment à droite, à toute cette masse amorphe et sans conviction qui se laisse enfumer par les moindres artifices marketing, et va venir se plaindre pendant 5 ans aprés. Enfin, 4 ans et demi, parce qu'à l'approche de la prochaine présidentielle ils sont susceptibles de se faire re-charmer...

Mais bon, je suis énervé par la colère, alors je suis trop négatif sûrement. Avec les mécanismes de l'élection législative, un petit glissement électoral peut trouver une amplification incroyable. Raccrochons nous au fait que ces indécits frétillants ne forment que 5% de l'électorat (ça se voit que j'y crois pas?) Ou que les électeurs du Modem ont quitté leur neutralité à la con (ça se voit qu'elle m'énerve leur neutralité à la con)?
Ou enfin, regardons les tronches des candidats de droites éliminés. C'est pas très constructif, mais ça fait du bien!

ASI toujours



Alors que l'avenir d'Arrêt sur Images s'assombrit, une autre petite série d'interview d'après l'enregistrement de l'emission, menée par rue 89.
A l'intention de nos lecteurs qui ne sont pas que des spectateurs engagés, mais aussi des esthétes, je précise que Ioulia n'y est pas interviewée pas mais que Soraja y fait une apparition remarquée.

Pour le plaisir



la bande annonce de Persepolis. C'est pour le 27 juin, et ça va être de la balle.

Et toi t'es sur qui?


C'est décidemment la semaine du "pas mal mais pas top", y compris au niveau cinématographique. Je suis hier allé voir, en compagnie de mes petits parents, Et toi t'es sur qui?, film fraichement sorti de Lolla Doillon. Nous y suivons les premiers émois d'un groupe d'ados à travers deux copines d'une quinzaine d'années qui ont décidé de coucher (pour la première fois) avant les vacances d'été, parce que merde c'est de leur âge et il ne s'agira pas de se taper la honte en étant les dernières du groupe à passer à la casserole.

(Parenthése pour ma cousine B.: Ce film donne un exemple navrant, et toi qui est pure et saine, tu ferais bien de continuer à étudier sérieusement et de regarder Arte avec tes parents jusqu'à ce que tu aies 25 ans. Si tu le croises, tu peux dire à ce tordu de A. que je suis toujours à ses trousses parce qu'il ne sera pas dit qu'on tourne impunément autour de ma cousine pure et saine. Fin de la parenthèse.)

Le charme du film tient en sa gallerie de personnages ados, tous plus justes les uns que les autres, et joués avec un naturel bouleversifiant: la copine gothique ("batman"), l'amoureux transi prisonnier de son statut de meilleur copain, la grande gueule finalement pas si sûr de lui, le fana de jeux vidéos, etc. Le mérite en revient avant tout à la jeune réalisatrice, qui a su mettre ses personnages en valeur et croquer les mille détails des "ados d'aujourd'hui", SMS, MSN et compagnie.
Ce naturel très sympa et très juste, qui fait tout le charme du film, est aussi sa limite: au bout d'un moment, le film m'a semblé ronronner et manquer un peu de rythme. C'est probablement le sujet qui veut ça puisque les personnages sont en plein doutes et ne savent pas bien ce qu'ils veulent, mais je suis au regret de vous annoncer que j'en garde le souvenir d'un film gentillet, attachant, mais vraiment pas inoubliable.
Bien mais pas top, quoi.

samedi, juin 16, 2007

Avant le dernier Arrêt sur Image...


...de la saison?
Des vidéos des réactions des intervenants (qui ne savent pas si l'emission sera reconduite) sont sur le blog de Birenbaum (à la date du 16 juin). Des témoignages très intéressants, avec une louche de making of de l'emission, une pincée de people (nos stars favorites avant le maquillage), et en prime une Julia en gros plan.
Des vidéos uniques, qui pourraient même prendre valeur historique si jamais ASI n'était pas reconduit, ce qui m'énerverait grave.

jeudi, juin 14, 2007

Revue de presse du bonheur

Ca m'énerve.
Je sais, je suis d'un tempéramment irritable. Surtout quand on cause politique.
Mais là, faut quand même être solide dans sa tête pour ne pas péter un cable sous l'artillerie lourde de l'actualité, qui aujourd'hui démontre lourdement que le monde ne va pas du tout du côté que j'aimerais. Mais alors pas du tout...

Ca commence avec une nouvelle preuve de l'ouverture d'esprit du Vatican, qui engage ses ouailles à ne plus financer Amnesty International à cause de la position de l'organisation sur l'avortement...
Ca continue avec les nouvelles annonces de notre beau gouvernement, dont le moins qu'on puisse dire est qu'il n'avance pas masqué. On commence par une hausse minimale du Smic, mais dans le flou avant le deuxième tour des législatives. Par contre, les parachutes dorés se portent bien, merci pour eux (même si sur ce coup là, le gouvernement n'est pas à mettre en cause).

Parallèlement à tout cela, on va augmenter l'impot le plus injuste qui soit, la TVA bien sûr! Certes, c'est fait pour moins taxer le travail, ce qui à mon sens n'est pas bête du tout. Mais il est révélateur qu'on en cherche la contrepartie financière non dans l'imposition des richesses (à travers l'impôt le plus juste qui soit, celui sur la succession), mais sur l'obole que verse tout à chacun sur le moindre de ses achats. Et qui tape donc plus sur les pauvres, qui n'épargnent rien, que sur les riches...
Mais les français applaudissent des deux mains en pensant aux 2500 euros que leur laissera mémé un de ces quatre. Et restent interdit devant la batterie d'expert, complaisamment relayés par les médias, qui expliquent que finalement cette hausse de la TVA rendra les produits moins chers! Enorme rigolade, avec l'exemple désormais classique du pull à 100 euros.

Bref. Et on ne peut pas compter sur les médias pour relever le niveau...
Etrange affaire par exemple que ce silence radio autour de la prestation de Sarkozy au G8. Non qu'à mon avis ce soit un fait d'importance nationale, mais je m'étonne de la différence de traitement avec l'affaire de la bravitude de Royal. Surtout qu'un président aui créée des néologisme, ça ne fait pas de mal, alors qu'un président qui soit parfois dans un état second, c'est plus grave.
Nos médias ne peuvent même pas s'inspirer de l'impertinence de la télé Belge qui a relayé l'affaire puisque son présentateur a présenté ses plus plates excuses à notre bon président. Et c'est donc vers les médias allemand qu'il faut se tourner pour avoir le fin mot de l'affaire: surdosage probable de médicaments, d'après le Spiegel.

Je passe sur les traditionnelles nouvelles catastrophiques du Moyen-Orient (comme nos journalistes) pour en venir au ponpon: voilà-t-y pas que mon emission culte - Arrêts sur image - est menacée!
Mais tout fout vraiment le camp, ou je me trompe! Heureusement qu'Elena a été nommée Marraine de Lucrezia aujourd'hui, ça fait au moins une bonne nouvelle!

mercredi, juin 13, 2007

Mademoiselle K

Hier au soir, Elena, notre fidèle Alex et moi-même avons poursuivi notre série de concerts "bien mais pas top" en allant voir Mademoiselle K à l'Elysée Montmartre. Série qui coincide avec le cycle "tête dans le cul au boulot", soit dit en passant.
Grâce à votre assiduité, je commence à avoir de la bouteille dans le compte rendu de concert. Je me dois donc de planter le décor pour les étourdis qui seraient passés à côté de l'excellent disque de la demoiselle. Il s'agit de rock franc et efficace, sans trop de complications mais avec beaucoup de charme et de fraicheur. Les refrains sont entêtants, la rythmique solide et surtout la voix rock de la chanteuse colle à merveille à l'ambiance "ado mal élevé" de l'album.

Il créve l'oreille à qui écoute l'album que ses chansons sont taillées sur mesure pour la scène. Et de fait, épaulée par une formation solide et efficace (bassiste impeccable en tête), mademoiselle K défend ces morceaux avec le talent, la jolie voix, et l'engagement qu'il faut. Ces excellents moments sont magnifiés par le fait qu'à la différence des White Stripes, ce groupe n'hésite pas à valoriser ses tubes avec force solos entêtants, comme sur ce final de toute beauté qui a dû frôler le quart d'heure.

Seulement, si l'essentiel est donc là, il faut déplorer un certain nombre de ratés. A commencer par un début de concert mollasson et mal à l'aise, heureusement vite oublié. Par une balance parfois approximative. Et par une propension de mademoiselle K a ne plus chanter mais psalmodier dans ses nouvelles chansons. On imagine qu'elle cherche à créer une ambiance hypnotique à la Patty Smith mais bien qu'elle ne s'économise pas, le résultat n'est pas des plus convaincants...
Mais surtout, elle partait avec deux beaux handicaps. Elle a d'une part choisi l'éclairagiste le plus mauvais de la galaxie. Un type insupportable qui joue en permanence avec toutes les options des projecteurs qui s'offrent à lui, qui ne supporte pas de rester tranquille deux secondes et qui en plus de ça est tout le temps à côté de la plaque. Quand il faut mettre un musicien en valeur, il le laisse désespérément dans le noir, et quand il faut magnifier une montée en puissance, il ne peut rien faire puisque tous les spots sont déjà à fond.
Et enfin, je ne sais pas si c'est à cause du stress de cette grande date pour elle, mais mademoiselle K s'est consciencieusement ridiculisée à chaque fois qu'elle a pris la parole entre deux chansons. Elle n'articule pas, lance des anecdotes sans intérêt qu'elle interromps au bout de trois mots pour se moquer de ce qu'elle vient de dire à la manière d'une ado mal dans sa peau... Voila qui plombe bien l'ambiance...

C'est donc malgré de sérieux handicaps que ce concert est resté très agréable. J'ai cela dit bon espoir que les défauts que j'ai impitoyablement listés disparaissent avec un peu de métier, ce qui permettra de redoutables représentations...

mardi, juin 12, 2007

Les chansons d'amour

Mais Elena, moi-même, et notre fidèle Alex, ne sommes pas que des fins musicologues, nous sommes aussi des cinéphiles figurez-vous. C'est ainsi que nous sommes allés voir l'un des 125 films dont nous nous étions promis de ne pas rater la sortie, les chansons d'amour de Christophe Honoré. (Nous y sommes en fait allés exceptionnellement sans Alex).

Il s'agit de cette comédie musicale mélancolique en milieu bobo parisien qui partage la critique. De fait, j'ai été très partagé moi-même.

Bien que j'ai une grande affection pour les bobos (qui ont l'esprit ouvert à la différence de nombre de leurs détracteurs - et paf), la première partie du film m'a pesé. On côtoie des dandys extrêmement cultivés, mais pour qui rien n'est simple (tu peux pas demander qu'on te passe le pain sans une référence maline à Proust) ni sérieux. Si les acteurs n'étaient pas tous si beaux (Mastroiani et Sagnier pour les messieurs, Garel pour les dames), ils auraient mérité des baffes.

Heureusement, alors que mon irritation croissait et que l'envie de quitter la salle commençait à poindre, le film a basculé à la faveur d'un événement que je ne gâcherai pas aux quelques uns d'entre vous qui sont passés au travers des indiscrétions des journalistes. On passe alors dans un registre tout différent, beaucoup plus sérieux, mais traité d'une manière rêveuse et musicale. C'est beau comme tout, charmant comme tout et juste comme tout à partir de ce moment là.
Au final, si je ne peux pas garantir que vous tombiez vous aussi sous le charme de ce film qui a happé Elena dès le début et moi bien plus tard, je vous assure que c'est du bonheur (triste) pour les veinards qui rentrent dedans.

White stripes


Comme stipulé dans notre contrat de mariage, Elena a le droit, pour chaque trentaine de concerts d'accordéon auxquels je la traine, de choisir un concert électrique à son goût. Cette année, elle a opté pour les maîtres du riff saturé qui tue: les white stripes au Zenith.
Pour nos lecteurs de plus de cinquante ans, il s'agit d'un groupe qui se plonge aux sources du rock indé et du blues avec une formation minimale: Mel à la batterie (basique mais carrée) et le virtuose Jack à la guitare.

Je suis passé à deux doigts d'être conquis.
Les animaux savent y faire, et Jack, fidèle à sa réputation, délivre son quintal d'accords surpuissants et pleure de sa voix cassée avec talent. La scénographie est très sympa, inspirée d'un sombre mouvement pictural hollandais n'autorisant que le rouge et le blanc (quoiqu'elle n'invite pas à la sobriété). Et surtout Jack suppure l'énergie pas tous les pores, il scotche à lui tout seul un Zenith de 2000 places à coup de grands riffs magistraux.
Seulement, cette débauche d'énergie m'a semblée très désordonnée. Il m'a manqué, sur la première partie du concert, l'efficacité du blues bien en place de leur dernier album. Et au lieu d'être porté par la bête de scène Jack, j'ai bien souvent été paumé par ses changements de rythme (tous les trois accords parfois) et ses inspirations larséniques. Il transpire le talent, mais même un virtuose comme lui doit être cadré pour donner sa pleine mesure.

Pourtant j'ai failli basculer, à la faveur des morceaux bien en place de la deuxième partie du concert. Il aurait fallu pas grand chose...
Par exemple que Jack s'adresse plus au public, et pas en redneck à 100 à l'heure, typique de l'américain pour qui Paris n'est qu'une date entre Madrid et Londres. Ou que le concert dure un peu plus d'1h20, et se finisse moins brusquement.
Ou encore, surtout, surtout, que LE tube majeur, LE riff majuscule, seven nations army soit plus exploité que cela. On aurait aimé une version live inventive d'un bon quart d'heure, variant autour du refrain original pour nous laisser à genoux. On n'a eu qu'une version très classique, enrichie d'un ou deux refrains supplémentaires, sans plus. Professionnel et sans passion.

Dommage. Par contre, Elena a été conquise. Mais elle a pas de blog, elle.

lundi, juin 11, 2007

Sympa

Le blog de Nico Shark, le nouveau chef du personnel.

dimanche, juin 10, 2007

Les aventures du brave petit soldat Vinci


Oyez, damoiselles et damoiseaux, l'histoire héroïque du brave petit soldat Vinci. Aujourd'hui, épisode 87, le brave petit soldat Vinci au premier tour des législatives.

Ravagé par la branlée présidentielle, le brave petit soldat Vinci en avait gros sur la patate. On le disait amer, démonté, résigné. Mais qu'à cela ne tienne! Rien ne sert de trop pester contre ses contemporains, il faut aller de l'avant, vaille que vaille. Le brave petit soldat Vinci est un champion du fighting spirit, il a en lui cette flamme stupide qui le pousse à se faire ridiculiser encore et encore.

Le brave petit soldat Vinci a donc pris son élan et sa carte d'électeur, et s'est rué courageusement dans l'isoloir. Il a à sa disposition deux armes redoutables:
  • le vote sincère, une arme élégante mais en carton, vouée à une défaite certaine,
  • et le vote utile, une arme terne mais qui elle est recouverte d'alluminium renforcé, et permet donc d'espèrer une victoire contre le lance-flamme libéral une fois tous les cinquante ans.
Je vous laisse dans le flou sur l'arme qu'à finalement choisi le brave petit soldat Vinci. Il s'est pris de toute façon sa baffe habituelle, suivie d'un retourné facial, et il est à l'heure actuelle vautré sur son canapé en buvant des bières.
La semaine prochaine, l'épisode 88. Je garde le suspense, mais sachez que l'anus du brave petit soldat Vinci va être mis à rude épreuve...

Ce vieux Serge

Goûtons les paroles pleines de tendresse et d'affection du toujours actuel actionnaire principal du FCNA, le sympathique Serge Dassault. Il a confié au Parisien sa douleur de se séparer de ce club et de tout ce qu'il représente, en quelques phrases humanistes qui feront chaud au coeur des supporters:
"Le club est à vendre. Si je trouve un client qui me paie bien, tant mieux. Dix à quinze millions d'euros, ça ira. Quinze, ce serait très bien avec l'école de football."

samedi, juin 09, 2007

Joli clip


De Loïc Lantoine.

Petit plaisir


Heureusement qu'on a échappé à Royal. Elle n'avait vraiment pas la stature pour représenter correctement la France au niveau international.

vendredi, juin 08, 2007

Poésie


Qui aime Paris?
Je veux dire, pour y vivre, hein, je ne parle pas du Paris romantique des films américains. Qui aime la vraie capitale, telle qu'elle est?
Personne de sensé. C'est trop cher, les gens sont stressés, impossible d'avoir un bout de jardin, et le parigot arrogant se sent le centre du monde. Point final.

D'extraction provinciale moi aussi, j'ai cultivé également cette haine épidermique de la capitale. Haine renforcée par mes années d'école d'ingénieur en banlieue, lors desquelles je n'ai aperçu que les défauts de Paname.
(Faut dire, mes excursions là bas se résumaient à des courses le samedi après-midi aux Halles ou à Velizy, et à des sorties ciné-resto-bar à Montparnasse le samedi soir. Tout ce qu'il faut fuir comme la peste!)

Maintenant que j'y vis, j'en apprécie aussi les nombreux avantages. Les potes qui y vivent. La nombreuse famille qui y passe. Les inombrables sorties possibles (pour qui a du fric). Et surtout le fait de croiser plein de monde tout le temps.
Et notamment: des meufs.

Plein. Partout. Tout le temps. Toujours différentes. Et y en a même parfois certaines qui sourient. Ou du moins qui ne font pas complétement la gueule...
Tu peux pas lever les yeux de ton journal sans trouver de sympathiques petits minois. Avec une telle densité, et avec une population plutôt jeune, y en a pour tous les gouts m'sieurs dames!
Alors je trouve que dans ces conditions, se focaliser sur les aspects inconfortables des transports en commun parisiens, la densité, la chaleur, l'odeur, tout ça, c'est soit de la mauvaise foi caractérisée, soit c'est signe qu'on a une échelle des valeurs qui frôle la perversité. Qui préfére avoir de la place pour les jambes et respirer l'air de la mer à jouxter un top-model?

Et évidemment cet innocent butinage de jolis profils se conjugue également au féminin, ce qui me permet de clamer haut et fort cet avantage indiscutable, formidable et trop souvent tu de Paris sans risquer le divorce:

A Paris on paye cher, ça pue et y a pas de place. Mais qu'est-ce qu'on peut voir comme beauté(e)s!

Merci de votre attention.

dimanche, juin 03, 2007

Anti-sarko

Vous aurez noté que je ne porte pas notre président dans mon coeur, mais j'ai semble-t-il une originalité par rapport à nombre d'amis partageant mon analyse.
Ce n'est pas son côté sécuritaire qui me fait le plus peur, mais son côté ultralibéral. En un mot, je redoute bien plus sa facette Thatcher que son penchant fasciste supposé, parce que je pense que ça peut toucher bien plus de monde plus vite et d'une manière bien plus insidieuse. Surtout quand on charme les médias avec un grand naturel.

Et d'un point de vue personnel, je le crois sincérement et profondément libéral, alors que je le pense capable de se départir de ses bouffées hormonales sécuritaires quand l'opinion en aura assez. Son amour pour l'uniforme bleu m'a l'air de tenir plus de la posture politique que de la conviction profonde.
Mais je peux bien me tromper. Je vous invite par exemple à jeter un oeil au rapport sans ambiguité qui vient de sortir sur la police en Seine Saint-Denis. D'autant plus effrayant qu'il émane d'un service du ministère de l'Intérieur, et qu'il aurait été caché pendant des mois.
Ou encore au récit de l'expulsion brutale d'un sans-papier en fin de semaine dernière. (A ce sujet, les sensibilisés du problème peuvent signer une pétition sur le site d'éducation sans frontières).
Sans parler des peines très lourdes infligées aux casseurs du soir des présidentielles (normal qu'ils soient sanctionnés, mais on peut s'interroger sur le poids de ces peines).

Heureusement que je suis du genre têtu (vous me connaissez), sinon je serais obligé de modifier un brin mon point de vue...

L'enclume d'or de la semaine

Malgré les nombreux plans-séquences sur notre président (qui semblait croire que le stade était plein en son honneur) et sa joyeuse ministre des sports, j'ai bien apprécié la tranquille victoire des Bleus hier.
Mais elle semble avoir monté à la tête du "journaliste" sportif du Monde mandaté pour l'occasion:

"
Les 20 dernières minutes seront difficiles pour les Ukrainiens. Leur beau maillot jaune perd de son éclat et les fait ressembler à des poussins face aux coqs triomphants.
"

Il est temps que les vacances arrivent que nos amis poétes retrouvent leur juste mesure...

vendredi, juin 01, 2007

Bon dieu de bon dieu...


Je viens d'apprendre que seule 2.4% de la population mondiale est athée, et 12.5% agnostique. Pour 33% de chrétiens, 20% de musulmans, 13% d'hindous, 6% de boudistes et 0.2% de juifs (et 13% de croyances locales).
Soit donc 85% de la population mondiale qui croit contre 15% qui se cantonne au rationnel...
(Source: Encyclopedia britanica 2003).

Je commence à en avoir marre d'être minoritaire, moi!
Vivement la coupe du monde de rugby que je vibre avec la majorité de mes contemporains...

jeudi, mai 24, 2007

Je récidive


Et si je puis me permettre, je vous conseille les plus sombres vidéos suivantes là, ici ou là.

Et allez, ça me fait plaisir, je vous fais cadeau de chiffres qui peuvent vous être très précieux pour les discussions futures avec les obsédés du "travailler plus pour gagner plus".
A l'intention de ceux qui croient que le Français est fondamentalement glandeur alors que ses voisins sont très courageux, l'organisme Eurostat, cité par Politis, nous apprend que les français ont travaillé 36,4 heures par semaine en moyenne (en 2006), alors que la moyenne européenne est de 36,1...
Et les pays travaillant le plus sont la Grèce et le Portugal... Sont-ce les modèles que Sarkozy a en tête? Remarquez, je préfére un petit fado ensoleillé à un triste chant de mineur défilant contre la fermeture de son site...

Mais le plus succulent nous est appris par l'organisme américain Bureau of Labor Statistics. La productivité annuelle moyenne du français est de 71 900$, soit bien moins que l'équivalent américain (81 000$)... mais bien plus que les 64 100$ d'un anglais ou les 59 100$ d'un allemand!
Bref, non seulement les clichés sur la faignantise des français sont faux, n'en déplaise aux nombreux retraités électeurs de Sarkozy, mais en plus ils ne sont pas directement liés à la qualité du travail effectué...

(Il faudra par contre attendre quelques décennies pour expliquer à ces têtes de noeud qu'on peut vouloir prendre en considération des valeurs non mesurables en dollars pour choisir le monde auquel on aspire. N'allons pas trop vite pour leur petit cerveau reptilien égoïste...)

C'est trop horrible



Non, je ne suis pas du genre à transformer mon blogs aux longs posts écrits avec amour en une sélection de vidéos!
Mais j'ai pas grand chose à dire, là. Je suis bien allé en Hollande pour le boulot, mais j'ai pas grande anecdote incroyable à vous narrer. Je confirme juste que les hollandais sont hyper grands et mangent de la merde.

dimanche, mai 20, 2007

Manif de droite




Indiqué par mon frangin, un mode d'engagement bien de notre époque. Puisqu'il est entendu qu'il est rétrograde de parler d'autre chose que d'économie, de défendre des valeurs contre la bonne marche du Marché, de croire politiquement à autre chose qu'un bipartisme centre/droite, il est temps de s' engager!
Le pire, c'est qu'à juger par les gesticulations des jeunes bon chic bon genre de la place de la Concorde, et dans une moindre mesure des jeunes centristes tous joyeux dans leurs T-shirts orange, cette initiative pourrait plaire, au premier degré, à ceux qui ne retiennent de l'engagement que la forme, la fête sautillante à la mode footbalistique...

samedi, mai 19, 2007

Piqûre de rappel



Si vous êtes forts, si tout va bien dans votre vie, je vous invite à jouer la vidéo ci-dessus. Il s'agit du titre très sombre et brillantissime, anarchiste pessimiste noir de noir, "Il ne restera rien" du dernier album des ogres. (Vous pouvez d'ailleurs voir un joli making of de leur album à ce lien.)
Une perle fantastique, mais qu'il vaut mieux regarder pour la première fois un samedi ensoleillé avant d'aller boire un coup avec des potes, qu'un soir où on s'est fait plaquer (ou un soir d'élections).

jeudi, mai 17, 2007

Maison et pain dans ta gueule



C'est la magie de Cannes. Profitant d'être parisiens pour au moins cinq jours de suite (ce qui est assez exceptionnel), Elena et moi-même avons décidé de dilapider nos premiers billets-pas-chers-subventionnés-par-le-CE-Philips en allant voir deux films: A casa nostra et Notre pain quotidien.

Le premier est un joli film se jouant à Milan. Il suit différents personnages (chef de banque verreux, aspirante mannequin, flique de la répression des fraudes, vieux bonhomme épicurien, prostituée roumaine...) dont les destins vont se croiser de manière plus ou moins frontale.
Ces intrigues qui se croisent sont racontées avec habileté et sans tape-à-l'oeil, ce qui met en valeur les personnages (servis par de superbes acteurs, dont celui de Montalbano). Le contrecoup est que le film en devient très sobre sur la forme, et qu'il peut donc ressembler à un telefilm à un spectateur peu attentif.
Alors soyez attentifs, bordel, et vous apprécierez ce petit bout d'Italie, avec des vrais morceaux de pourris, mais aussi de généreux et de naïfs, dedans.

Notre pain quotidien est quand à lui un grand documentaire. Il nous dévoile les dessous du fonctionnement de l'industrie agro-alimentaire. On voit ainsi par exemple comment les poussins sont triés, les vaches fécondées, les asperges ramassées, les cochons dépecés, tout ça automatiquement dans une belle efficacité asseptisée.
Le réalisateur, implacable, plante sa caméra face aux différents rouages de cette belle industrie (subventionnée pour bonne partie par nos impots, rappelons-le), et sans commentaire aucun, nous explique par l'exemple le fonctionnement mécanique du rouage en question. Fonctionnement qui peut parfois émouvoir les plus jeunes, car ces jolis rouages brassent des centaines de vies animales ou végétales.
Ce film est une superbe réussite. On a beaucoup parlé de sa beauté formelle, alliant révêrie hypnotique et dénonciation politique. On a fait des gorges chaudes de la puissance de sa narration, sobre et implacable, réussissant à tenir en haleine le spectateur avec des longs plans séquences devant des dispositifs industriels et leurs opérateurs au regard vide.
Mais c'est un autre point qui retient mon attention. Ce film est une ode vribante à l'intentivité des ingénieurs du monde entier qui se sont alliés pour rendre le monde plus efficace, plus asseptisé, et donc meilleur. Ah il faut voir ces toboggans à poussins coupant en deux les mâles, ces éventreurs à poissons suivis d'un souffle par les aspirateurs à boyaux, ces masturbateurs à oliviers permettant d'aspirer les olives tombées au sol plutôt que de les ramasser... Bravo les artistes, le Monde vous dit bravo!

Le président et moi


Foulala. Quelle pression éditatoriale. Je suis pris entre les lecteurs occasionnels qui décrocheront du blog si ils ont l'impression qu'il y a un post toutes les deux heures, et une mystérieuse furieuse nantaise qui réclame sa dose quotidienne avec force points d'exclamation.

Seulement voila, j'ai pas envie de parler de Sarkozy. Il s'agite, il bondit, il créé l'événement sur tous les fronts, il piaille pour qu'on le regarde, encore et encore. Et qu'on ne parle surtout pas de la politique thachérienne qu'il va nous introduire avec force et conviction dans l'orifice prévu à cet effet. Sous les acclamations de la majorité des français dont le côté masochiste demande visiblement à être flatté (Oh oui la France va mal. Oh oui les français sont de méchants faignants. Insulte moi encore Nicolas.).

Une semaine, une polémique: le yatch, la sélection de Kouchner, et ainsi de suite. On occupe l'espace médiatique, on gesticule, et on continue à gonfler la bulle "président-people" en achevant de ringardiser le fond.
Je prend donc mes responsabilités, et du haut de mon audience de six lecteurs et demi, je prend la lourde responsabilité de boycotter ces petites histoires sans intérêt. D'autant qu'on en parle bien mieux que moi sur le bigbangblog.

lundi, mai 14, 2007

dimanche, mai 13, 2007

Olivia Ruiz au cirque d'hiver


On n'est pas du genre à perdre les bonnes habitudes: 36 heures après l'atterrissage de mon avion, nous sommes allés voir Olivia Ruiz en concert au cirque d'hiver. Un événement à ne pas rater tant ses concerts sont rapidement complets: après deux échecs, j'ai pris les places pour celui-ci en décembre!
Cela dit, il ne s'annoncait pas sous les meilleurs auspices: le cirque d'hiver a une acoustique incertaine; les sièges, très confortables pour les cul-de-jatte, laissent une surface infime pour les pieds; deux collègues d'Elena l'ont prévenu peu avant le concert qu'Olivia les avait déçu quand elles l'avaient vu; et la première partie était très moyenne: un duo reprenant exclusivement Elvis et Offspring. Si on ajoute à cela le très mauvais effet qu'a eu sur moi la compromission d'Olivia Ruiz dans les pubs Coca Cola, je sentais le traquenard médiatique (la fausse bête de scène nature et séduisante montée en neige par la télé).

Il n'en a rien été. Le concert a été une réussite, d'abord parce qu'il a fait honneur à la vaste palette de styles de la demoiselle. Avoir un répertoire d'une telle qualité et d'une telle richesse à son deuxième album, chapeau. Epaulée par d'excellents musiciens, discrets et toujours parfaitement en place, Olivia a sauté d'un titre à l'autre avec autant de naturel et d'a-propos que dans les albums.
Elle a d'autre part assuré le show, sillonant la scène circulaire et secouant un public tout acquis à sa cause. On sent qu'elle n'est peut-être pas complétement naturelle dans cet exercice, mais elle y travaille, et ça passe tout seul grâce à son petit charme personnel.
Et enfin, comme sur ses albums, Olivia Ruiz est parfaitement accompagnée. Non seulement elle interprète des chansons écrites pour elle par Juliette, Mali de Tryo ou Mathias de Dyonisos, mais en plus elle effectue quelques duos pas piqués des hannetons. Nous avons eu droit au grand jeu, tournage de DVD oblige, avec Christian des Têtes Raides, son papa,... et, cerise sur le gateau, deux des Noir Désir (le batteur et le bassiste) pour une chanson magnifique (Ohohoh putain de toi, ohohoh pauvre de moi) aux relans de nostalgie pour le fan absolu que je suis.

Bref, une très bonne soirée. Avec en prime quelques piques à Sarkozy à Johnny, ce qui est toujours bon à prendre.

C'est pas nous qui marchons pas droit...


c'est le monde qui va de travers.
Pour mieux connaître la France telle qu'elle est, et qui ne correspond vraiment pas à l'image que je m'en faisais comme cela m'est apparu assez brutalement récemment, ce sondage effectué suite aux élections est d'une aide précieuse.
Il épluche l'électorat des deux candidats, et on y apprend beaucoup de choses:
  • 30% des électeurs de gauche du 1er tour n'ont pas voté Royal au 2nd. 10% ont même voté Sarkozy. Faut croire que Roger Hanin fait école.
  • Les bayrouistes ont été fidèles à leur mollesse atavique, en votant moite-moite pour l'un et pour l'autre.
  • Les 18-24 ans (les jeunes fous?) et les 45-59 ans (les vieux réalistes?) ont voté majoritairement pour Royal. Par contre, les 35-45 ans (les jeunes à pognon?) ont voté Sarkozy. Mais surtout, la classe d'âge la plus polarisée, ce sont les retraités qui au deux tiers s'accordent à penser que vraiment les autres ne se lèvent pas assez tôt pour bosser.
  • Sans surprise, commercants, agriculteurs et professions indépendantes font un plébiscite à Sarkozy, dont l'équivalent ne se trouve que chez les chomeurs et dans une moindre mesure les étudiants pour Royal.
  • La coloration du vote est indépendante du niveau d'étude, et des revenus s'ils ne sont pas extrêmes. Par contre, les très pauvres votent Royal et les très riches Sarkozy.
  • Les villages votent Sarkozy, et les grandes villes restent neutres.
  • Le dernier point est très intéressant: 80% des électeurs de Sarkozy l'ont élu pour le voir au pouvoir, alors que 40% des électeurs de Royal ont voté pour elle surtout pour barrer la route à Sarkozy.
Alors faites moi plaisir: si vous croisez un commerçant proche de la retraite, dans un petit village, foutez lui votre poing dans la gueule.

samedi, mai 12, 2007

Florilège de temps forts malgaches


Puisqu'il est bien difficile de narrer sur un blog un voyage aussi dense et dépaysant que celui que nous avons fait, je vous livre quelques temps forts de ce superbe voyage en attendant l'édition prochaine en livre de poche de notre carnet de bord (ou une belle soirée diapo-rhum).
Je me concentre sur nos petites aventures pittoresques, ce qui ne constitue qu'un des nombreux aspects du voyage. N'oublions pas les paysages incroyables et variés, et le dépaysement complet notamment!

Voici donc les temps forts:
  • Le déjeuner du 24 avril dans une gargotte authentique, c'est-à-dire misérable, surplombant la division viande du marché local. Pas cher, pas mauvais et finalement pas dangereux (ils ne proposent que des mets archi-bouillis), mais pas ragoûtant!
  • La ballade dans un village de fabriquants de petites voitures à partir de cannettes, à la faveur d'une erreur de direction (25 avril). Des gosses souriants nous ont accompagné lors de notre promenade sous une lumière dorée incroyable, sans jamais rien réclamer.
  • Le passage au commissariat de Tana suite au vol de papiers de l'un d'entre nous (26 avril). Couloir extérieur misérable, murs crasseux, plafond troué, mais accueil par un commissaire chic en costard noir avec foulard rayonnant l'incompétence, mais se donnant des airs de fin limier. Un joli sketch.
  • Le mariage, réussite complète: bouffe géniale, ambiance superbe grâce à un groupe jouant live avec talent, animations sympas, et surtout deux mariés crevant l'écran. Nat' magnifique et disponible, et Fred super classe et irradiant de dynamisme (27 avril).
  • Notre mise à la porte de chez les "amis" de Fred et Nat nous hébergeant, qui ont montré là un visage troublant. Partant une semaine à la plage, ils nous ont proprement jeté dehors à 6h30 le lendemain du mariage, sans gêne aucune (28 avril).
  • Notre errance à Antsirabé pour trouver un hotel à prix acceptable (ce qui est très relatif), sous un soleil lourd. Notre acharnement fût récompensé: la résidence des camélias était parfaite (28 avril toujours)!
  • Notre journée de ballade en VTT, avec le professionnel Laurent, à la découverte de deux lacs environnant. Superbes paysages, lacs fascinants et villageois accueillants, mais qu'il est dur d'effectuer 50 km pour bonne partie sur des pistes caillouteuses difficiles pour des fessiers non entrainés (29 avril)! Jeff nous gratifia d'ailleurs d'une jolie cascade, basculant par dessus le parapet en essayant de se faufiler à côté d'une charrue à zébu. La chute sur le béton ne laissa aucune séquelle, grâce au sac à dos qui a amorti le coup.
  • Le split du groupe, avec le retour d'Elena vers Tana le 30 avril, et le trajet de 6 longues heures vers Fianarantsou en taxi-brousse avec la tourista! Loué soit l'Immonium, médicament constipateur qui m'a permi d'endurer l'épreuve dans une relative sérénité (30 avril).
  • Le réveil très matinal à Fianra. Des centaines de chiens, chèvres, coqs et autres gallinacés hurlent tout ce qu'ils peuvent au lever du soleil (5h30 quand même), épaulés par les centaines d'églises du coin (1er mai).
  • Le choix du guide pour nos deux randos du lendemain dans le massif d'Isalo. Nous avions choisi dans un premier temps un rabatteur de notre hotel qui avait l'air compétent, avant que le personnel de l'hotel ne nous le déconseille dans un chuchottement (il n'était en fait que porteur). Devant l'effacement de Jeff, j'ai donc dû nous dédire, puis choisir un guide officiel dans le brouhaha de l'office nationale des forêts. Nous avons fini par nous joindre à un petit groupe très sympa de deux français et une anglaise.
  • La première journée de rando dans le massif: de 8h à 17h, avec 400m de dénivellés. Des paysages incroyables et variés, mais des petites douleurs dans les jambes à la fin de la journée, et un petite fatigue mentale à force de toujours regarder où on mets les pieds (2 mai).
  • Le repas du dernier soir à Isalo, notre table étant entourée de phénomènes de foire: la patrone des lieux bourrée et cherchant à faire danser tout le monde sur n'importe quoi, un groupe de quatre rastas superzens, un groupe de touristes asphyxié par un randonneur ramenant sa fraise de grand globe-trotter sur tous les sujets, et surtout trois russes incroyables. Un couple poupin, portant le même T-shirt orange à rayure (agrémenté d'un foulard de scout pour monsieur). Et leur ami, petit bonhomme tout sec à moustache (genre mineur de Zola, ou coureur du tour de France des années 30), qui ne s'est pas départi de sa lampe frontale de tout le repas. Un feu d'artifice, amorcé la veille par une communauté chrétienne de carte postale (3 mai).
  • Notre imprudente séparation, à Jeff et à moi, à Tuléar, pour à la fois poster nos cartes et changer notre fric. Il nous a fallu une demie-heure pour nous retrouver sous un soleil de plomb (4 mai).
  • Et surtout, l'épopée de notre dernier taxi brousse qui devait relier Tuléar à Ifaty (20 km). Alors que le départ semblait imminent, nous avons attendu deux heures sur la remorque du poids lourd grossièrement aménagé pour accueillir une trentaine de personne. A la fin, nous étions une cinquantaine, à côté de nombreux sacs, barils suspects (essence?) et même poules montés par les voyageurs. Ce chargement a eu lieu dans une ambiance tendue, entre hurlements du personnel et klaxons du conducteur. Nous sommes alors partis de nuit, sur une piste horrible bringuebalante nous envoyant régulièrement dans les branchages. Nous avons évidemment crevé, puis sommes sortis à l'aveuglette car personne ne savait nous indiquer d'hotel. Heureusement, une bonne âme a pu nous mener à bon port au terme de 4 heures d'odyssée.
  • Enfin, l'annulation de notre vol de retour, sans que nous soyons prévenus. Aucune compensation, malgré les efforts de Jeff qui a réussi à faire monter l'affaire jusqu'au chef du chef de la chef de la chef de la guichetière.
Voila pour l'essentiel de nos émotions, à gros traits (et en faisant abstraction du vilain Sarkozy). Plus de détails, et des histoires complétementaires, contre une enveloppe timbrée et un rhum!

jeudi, mai 10, 2007

Photos de Mada


Bon, y a pas que Sarko dans la vie. On va faire abstraction de la médiocrité de nos contemporains, comme d'hab', hein, et continuer à vivre normalement. Et même, à force de parler avec des gens un peu malins, de lire des trucs fins et de s'extasier devant des groupes magistraux, on va oublier un peu le niveau des préoccupations de la masse des spectateurs de TF1, et on sera encore tous surpris dans 5 ans quand Sarko fera 62%. Bref.
Pour vous prouver que je ne suis pas qu'un bourrin bon à cracher sur mes semblables, j'ai passé l'aprem' non à piquer une bonne sieste réparatrice comme ma nuit blanche dans l'avion l'aurait mérité, mais à classer les phénoménales photos de notre superbe séjour malgache. Dont je vous livre une sélection!

C'est joli tout plein, non (grâce à flickr, je le confesse). J'ai encore des progrès à faire pour lui imposer de respecter la chronologie, mais sinon c'est vraiment pas mal, non?
Vous pouvez trouver les photos originales commentées là. Pour clarifier un peu la chronologie avant de prochains posts, divisons le voyage en cinq temps:
  • Du lundi 23 au jeudi 26 avril, nous sommes restés à Tana avec la famille. Nous avons rayonné, à Ambohimanga, au Lemur's park et dans des villages alentours. Nous avons également fait un tour au commissariat de Tana pour cause de vol de passeport.
  • Vendredi 27 avril, c'était le formidable mariage de Nat et Fred.
  • Du samedi 28 au lundi 30, nous étions à quatre (Laurent, Jeff, Ele et moi) à Antsirabé. Nous avons notamment fait une très belle mais dure virée en vélo vers le lac de Tritriva.
  • Elena et Laurent sont alors rentrés, et Jeff et moi avons continué jusqu'au parc de l'Isalo où nous avons fait deux jours de rando le mercredi 2 et le jeudi 3.
  • Nous sommes alors descendus pour deux jours de plage à Ifaty le samedi 5 et dimanche 6.

Nous sommes alors rentrés sur Tana, où nous avons glandé en famille un jour de plus que prévu par la faute d'Air Madagascar.
A très bientôt pour plus de détails, mais là j'ai sommeil!

17 ans de solitude


A deux pas de la plage de rêve d'Ifaty, exactement sur les tropiques du Capricorne, je contemplais un ciel étoilé d'une clarté inconnue en France. Le souffle régulier des vagues, la petite brise estivale de la nuit encore jeune, la sega cuivrée de la Réunion en fond sonore lointain, après deux semaines de vacances formidables, le cadre était parfait. Il était 21h15, le dimanche 6 mai.
Mâchoires serrées, regard haineux, effondré sur mon transat triste, j'envisageais sous des perspectives toujours différentes l'insondable immoralité, ou plus probablement la formidable stupidité, de nos concitoyens.

On nous le ressasse, mais c'est tout à fait exact: ces élections furent un modèle de démocratie.
Haut taux de participation, résultat clair, plébiscite pour la droite. Soit la majorité veut en conscience l'éloge du fort et le mépris du faible, soit elle est vraiment d'une bêtise insondable. L'économie comme mesure unique du bonheur; la générosité, la culture, la curiosité insultées; c'était cette fois plus clair encore que d'habitude.

Je me rattache à la solidarité de mes frères de galères dans l'autre hémisphère. Textos d'Ele, de maman, de mamie, de Ludo, de Fred. On me conseille de ne pas baisser les bras, jamais, d'y croire encore, dans 5 ans, dans 10 ans, dans 15 ans encore. J'en pleure. De toute façon, j'aurai en 2012 vécu l'intégralité de ma vie d'électeur, et 17 ans, sous un président de droite.
Et si je préfére les envoyer chier, tous ces cons? J'ai bien le droit de leur en vouloir, à ces minables, à ces égoïstes qui nous maintiennent dans la médiocrité d'une vie besogneuse sans imagination, sans magie, sans rêves autres qu'une déclaration d'impot allégée et des uniformes plus nombreux. Je les emmerde, on n'a rien en commun.

Sarkozy a déjà donné des signaux forts: diner au Fouquet's et vacances sur un yatch, ça c'est le président des smicards. Mais c'est tellement plus facile de haïr le RMIste d'à côté que de s'émouvoir de ce débalage de luxe...

A deux pas de la plage de rêve d'Ifaty, exactement sur les tropiques du Capricorne, je contemplais un ciel étoilé d'une clarté inconnue en France. Après une demie heure à broyer du noir, j'ai vu passer une étoile filante, le première de ma vie (véridique).
Mon souhait, elle peut se le foutre au cul. De toute façon, c'est au dessus de ses forces, apparemment.

dimanche, avril 22, 2007

C'est parti


Madagascar, nous voila!

samedi, avril 21, 2007

Poésie


Qui aime Paris?
Je veux dire, pour y vivre, hein, je ne parle pas du Paris romantique des films américains. Qui aime la vraie capitale, telle qu'elle est?
Personne de censé. C'est trop cher, les gens sont stressés, impossible d'avoir un bout de jardin, et le parigot arrogant se sent le centre du monde. Point final.

D'extraction provinciale moi aussi, j'ai cultivé également cette haine épidermique de la capitale. Haine renforcée par mes années d'école d'ingénieur en banlieue, lors desquelles je n'ai aperçu que les défauts de Paname.
(Faut dire, mes excursions là bas se résumaient à des courses le samedi après-midi aux Halles ou à Velizy, et à des sorties ciné-resto-bar à Montparnasse le samedi soir. Tout ce qu'il faut fuir comme la peste!)

Maintenant que j'y vis, j'en apprécie aussi les nombreux avantages. Les potes qui y vivent. La nombreuse famille qui y passe. Les inombrables sorties possibles (pour qui a du fric). Et surtout le fait de croiser plein de monde tout le temps.
Et notamment: des meufs.

Plein. Partout. Tout le temps. Toujours différentes. Et y en a même parfois certaines qui sourient. Ou du moins qui ne font pas complétement la gueule...
Tu peux pas lever les yeux de ton journal sans trouver de sympathiques petits minois. Avec une telle densité, et avec une population plutôt jeune, y en a pour tous les gouts m'sieurs dames!
Alors je trouve que dans ces conditions, se focaliser sur les aspects inconfortables des transports en commun parisiens, la densité, la chaleur, l'odeur, tout ça, c'est soit de la mauvaise foi caractérisée, soit c'est signe qu'on a une échelle des valeurs qui frôle la perversité. Qui préfére avoir de la place pour les jambes et respirer l'air de la mer à jouxter un top-model?

Et évidemment cet innocent butinage de jolis profils se conjugue également au féminin, ce qui me permet de clamer haut et fort cet avantage indiscutable, formidable et trop souvent tu de Paris sans risquer le divorce:

A Paris on paye cher, ça pue et y a pas de place. Mais qu'est-ce qu'on peut voir comme beauté(e)s!

Merci de votre attention.

jeudi, avril 19, 2007

Magistraux ogres


Formidable.
Incroyable.
Magnifique.

Avant de partir deux semaines dans la jungle, j'aime me rappeler que notre monde occidental ne se limite pas aux agressions sarkoziennes ou au marketing bayrouiste. Dans ces cas là, je m'achète un CD phénoménal, et j'en prend plein les oreilles. Et le coeur.

Les ogres de barback sont donc de retour avec leurs dixième album, peu après avoir fêté leurs dix ans sur scène. Vous savez tout le bien que je pense des ogres, la richesse de leur musique, la variété de leur répertoire, l'originalité du sillon qu'ils creusent, et l'intégrité de leur engagement. Pour faire la fine bouche, je dois dire que, paradoxalement, toute cette richesse musicale rendait leurs albums relativement difficile d'accès (comparativement à leurs prestations sur scène, par exemple): des chansons tellement belles, tellement riches, tellement travaillées qu'elles intimident un peu et emportent moins qu'un refrain simple et bien troussé.
A tel point que pour moi, leurs meilleurs albums étaient leurs lives. Bien que j'adore chacun de leur album, pour être clair. Mais mes chouchous étaient les concerts, plus énergétiques, plus directs.
Ce n'est plus le cas depuis cet album formidable: Du simple au néant.

Je suis dans tous mes états.
La maturité aidant, les ogres ont cette fois-ci sorti un album très différent, moins baroque, plus world et sombre que les autres. La musique ne fait plus d'ombre au morceau, mais le sert du début à la fin. Les ogres ont au passage d'ailleurs encore étendu la gamme de leurs instruments; orgue d'église, harminium et batterie rejoignent la longue cohorte des cuivres, accordéons, guitares et scie musicale. C'est tout aussi riche qu'avant, mais un peu de parcimonie dans les arrangements les rend beaucoup plus puissants.

Les ogres se sont adjoint le producteur de Noir désir, Sonic Youth et Zebda, et ça a l'air de les pousser à être plus directs, et à désinhiber leur talent d'écriture. Les textes, parfois lumineux et chantant l'amour familial, parfois amusants (Marée basse, Con et blasé), parfois tendres (C'est beau, pas bien), sont pour la plupart sombres et dérangeants.
Mais attention, pas le petit sombre du déprimé nihiliste. C'est pas mal ça remarquez, mais pas très très original. Là, je vous parle d'un sombre fort, politique, combattant et philosophique, un sombre qui balance, qui émeut, et qui propose. C'est pas pour rien qu'on croise Mermet ou Magyd Cherfi (de Zebda) sur cet album.

Ma loghorée atteint ses limites. Je multiplie les superlatifs, c'est pas bon, ça va lâsser mon auditoire. Soyons donc scientifique, raisonné et quantifions tout cela. "Comment quantifier l'art?" va-t-on s'égosiller? Mais avec ma fameuse classification "note sur ipod", voyons. Ca c'est de l'objectif, de l'indiscutable!
Trois "4 étoiles" et quatre "5 étoiles"(dont Jérôme, enregistré en cachette dans une église, et Ni dieu ni dieue, qui remet avec une juste colère le clocher sur la place du village) sur les seize chansons de ce putain d'album. Soit trois pépites et quatre joyaux, qu'il est un peu injuste de séparer des neuf autres jolis morceaux (d'autant plus que l'album est assez cohérent)...
Je déconne, mais ce n'est pas anodin. Je crois n'avoir donné que six "5 étoiles" depuis six mois que j'écoute mon ipod dix heures par jour. Que je chronique et rechronique. Que j'ai appris à chipoter, à saquer la moindre imperfection. Juste pour vous expliquer que pour moi, ces quatre morceaux là, ce sont des événements rares qui quittent presque le domaine de la musique. C'est fort, ça m'embarque, ça me concerne et ça me change. Et c'est rare. Normalement.

Et là, pléthore de morceaux forts. Avalanche. Incroyable.
Et encore, deux de ces bijous, d'entre eux Brebis galeuses et Il ne restera rien auraient mérité le 6 étoiles sur 5, tant ils m'ont remué. Le premier d'entre eux raconte avec toute la poésie de Madina N'Diaye une rafle dans un petit village, et m'a ému aux larmes (sans figure de style: j'avais l'air fin au boulot!). Et le second, très très très sombre mais très très très juste, nous rappelle frontalement qu'on est bien peu de choses.

Tout cela est en écoute là (onglet Disques). Passez donc quelques minutes sur place, je ne garanti pas que tout le monde sera secoué comme je le suis par cet album, mais même si vous ne vous envolez pas comme moi dans ce post, vous serez forcément conquis.
De quoi garder l'espoir en nos semblables (enfin, à certains d'entre eux) même si on se prend un second tour Sarkozy-Le Pen. Enfin peut-être, j'ai pas tellement envie d'essayer pour être sûr!

mercredi, avril 18, 2007

La phrase du jour


J'interromps mes programmes (et mes recherches) pour vous faire part de toute urgence de la phrase du jour:

"
Le contexte actuel, qui fait apparaître une concurrence plus acerbée, nous amène à redoubler d'efforts, regardant le monde tel qu'il est, mais en restant déterminés à le changer tout de même.
"

C'est beau.
C'est presque de la poésie.
Mais qu'est-ce? Une profession de foi de nos candidats favoris? Une constitution altermondialiste? Le serment que doivent préter les socialistes avant d'abandonner leurs illusions?

Non point, m'sieurs dames. Il s'agit de l'appel à cotisation que me lance mon ancienne et prestigieuse école. Je vous livre l'intégralité du texte:

L'Association a pour vocations premières de contribuer au rayonnement de l'Ecole et de la Communauté et d'être solidaire vis à vis de l'ensemble de ses membres. Le contexte actuel, qui fait apparaître une concurrence plus acerbée, nous amène à redoubler d'efforts, regardant le monde tel qu'il est, mais en restant déterminés à le changer tout de même. Pour cela, nous avons besoin de ton soutien, par le temps que tu pourras nous accorder et aussi ton apport financier en cotisant ou faisant un don à l'Association directement sur xxx ou bien en téléchargeant le fichier suivant xxx et en nous le renvoyant par courrier.

Je suis quand même pas fou, la phrase centrale n'a quand même rien à voir avec la choucroute! Le contexte international? La concurrence plus acerbée? Changer le monde, mais pas trop?
Dans quel monde on vit effectivement si on ne peut plus taxer ses anciens éléves sans parler du développement durable et de la mondialisation galopante...

N'importe quoi!

lundi, avril 16, 2007

Dynamisons la campagne...


avec les Fatals Picards.
Il me semble nécessaire de remettre un coup de fouet à ce blog dans cette dernière ligne droite avant l'évenement de dimanche: notre départ pour Madagascar. Et ouais, Sarko y m'aura pas!

J'en reviens donc à une valeur sure, qui déchaine à chaque fois les passions, comme en témoignent les deux commentaires de ces dernières semaines: la zique. Ah, ma che piacere!
Car voyez-vous, grâce une nouvelle fois à Radio Néo (et à un collègue - un de ceux qui ne passe pas ses loisirs sur Boursorama.com), je suis tombé sur un groupe frais de punk français: les Fatals Picards. Pour tout vous dire, je connaissais déjà un petit peu pour avoir adoré une chanson de leur album précédent (Picardia Independenza) Dors mon fils. Dont le clip se trouve là.
Comme je suis toujours aux aguets, j'ai immédiatement planté ce que j'étais en train de faire (chercher) pour me procurer l'album en question. Mais mon jugement, sévère mais juste, est tombé: ils n'étaient pas encore murs, ces petits jeunes... Trop agressifs, trop punks... Ils n'auraient pas les honneurs du meilleur blog de la galaxie ce coup là.

Leur nouvel opus vient de sortir (Pamplemousse mécanique), et mon jugement, sévère mais juste, est tout autre: c'est de la balle bébé! Du pur bonheur!
Les chansons sont pour la plupart placée sous le signe de la déconne, acide et fun, et il est vrai qu'on se marre comme des baleines. Je pourrais les énumérer toutes (Bernard Lavilliers, Moi je vis chez Amélie Poulain, Djembé man...), mais je retiens surtout au chapitre déconne Cure toujours qui parle avec justesse et émotion de la difficulté à vivre quotidiennement sa gothitude, Et puis merde je vote à droite qui n'est pas toujours très fin mais qui fait du bien, ou Seul et célibataire qui étudie la dépression d'un célibataire avec force comparaisons explicites. ils sont en écoute partielle là, profitez-en pour vous faire un idée.
Mais alors ce qui me plait bien, c'est qu'ils ne se limitent pas à mettre des sketchs en musique. On sent une belle tendresse et un joli engagement dans certaines de leurs chansons, dans lequele je retrouve du Renaud de la belle époque: jetez une oreille sur Mon père était tellement de gauche, la sécurité de l'emploi ou Française des jeux.
Et puis ils ont gommé le travers qui m'a gâché le premier album. Leur musique est certes toujours franche, voire un peu agressive, mais tout à fait écoutable et portée par des refrains finalement pas triviaux et qui trottent dans la tête.

Tout cela nous fait un bien bel album, tordant, lumineux, tendre, péchu. Et si ça ne suffisait pas à vous convaincre, vous vous devez de l'acheter pour supporter la France, car figurez-vous que ce sont eux qui représenteront la France à l'Eurovision! Les qualifications ayant accouché d'une finale Wampas-Fatals Picards, le second degré est à la fête! Un bémol par contre sur la chanson sélectionnée, qui est bien trop calme à mon goût (L'amour à la française).

dimanche, avril 15, 2007

Allocution du président du blog


Mes amis, je vous avais promis de nombreux posts ce week-end. Je vous l'ai promis en toute bonne foi; à l'époque cela semblait tout à fait faisable, logique, inéluctable. Je me réjouissais de vous faire ce plaisir, d'illuminer votre jounée, de faire avancer notre beau pays. Pour vous, pour la France, je comptais me mettre à mon clavier sans coup férir.
Malheureusement, mes chers concitoyens, la conjoncture a changé. Les conditions extérieures ont évolué, à mon corps défendant. Sans que quiconque ait pu le prédir, mon emploi du temps s'est franchement densifié. Je suis de bonne foi: qui aurait pu voir venir cette soirée vendredi soir et ce poker hier après-midi? Qui aurait pu voir venir ce soleil insolent? Qui aurait pu deviner que le pilote de la série Battlestar Galactica serait si prenant - et si long? Saleté de conjoncture, les indicateurs étaient pourtant au vert...

Dans ces conditions, je n'ai pas pu tenir ma parole. J'en souffre. Mais je ne pouvais quand même pas remettre en cause mon footing matinal, ni mon retouchage d'article de thèse!
Française, français, je suis sûr que vous serez magnanimes et que vous n'en m'en tiendrez pas rigueur. Je vois bien dans l'histoire politique récente que ce n'est pas parce qu'un politique ne tiens pas ses promesses que vous n'allez pas le réélire comme un seul homme, s'il a l'air sympa, français, courageux, différent, enfin bref qu'il passe bien sur TF1. Alors me gonflez pas pour ces histoires de post; vous donnez en tête un petit gars agressif qui ose parler du plein emploi dans 5 ans je vous rappelle.
Merde, et vive la France.

vendredi, avril 13, 2007

Chuis toujours là

Mais j'ai vraiment pas eu le temps d'écrire dernièrement. Ce week-end, je n'ai rien à faire qu'à vous laisser des mots doux alors ça va torcher.
Ah si, tant que j'y pense, je vous signale que Sarkozy prone une politque dangereuse, agressive, et asociale. Et que sa personnalité ne me séduit guère. Ce que je pourrais résumer de manière percutante quoiqu'exacte par "Sarkozy est un con méchant".
Voila voila.

jeudi, avril 05, 2007

Toujours écouter maitre Tom...



Sur les bon conseils de notre vénéré Master Crew, j'ai découvert la blogothéque, qui propose en particulier des concerts à emporter à savourer. Sensation rare sur celui là, Arcade fire jouant à merveille le jeu en offrant d'abord une version de Neon Bible en accoustique dans un monte charge, avant de pénétrer à l'Olympia, et un Wake Up formidable au milieu de la fosse. C'est raconté en détail là.
Je ne sais pas si ça répare en partie le manque, ou si ça fait encore plus mal de ne pas avoir trouvé de place pour ce concert.

(Que les impatients avant jusqu'au milieu de la vidéo pour le morceau de bravoure...)

dimanche, avril 01, 2007

Musique toujours


Ah ça, quand on a la chance de pouvoir écouter sa musique au taff, on peut avoir une vie culturelle intense! Et bien cette semaine, j'ai testé pour vous Arthur H, Abd al malik et David Lafore. Rien que ça!

Passons rapidement sur le live d'Arthur H, Show time, sur lequel j'accroche moyennement. Je suis grand admirateur du bonhomme et en particulier de son dernier album, Adieu tristesse, mais là je trouve que les nouvelles instrumentations n'apportent pas grand chose, et surtout que les nouvelles chansons ou reprises sont très décevantes. En particulier Alabama song des Doors, idée qui me semblait très prometteuse, m'a plutôt endommagé les esgourdes qu'autre chose... Remarquez, je dis peut-être ça parce que je suis frustré que H m'ait claqué la porte au nez plusieurs fois: tous ses concerts sont complets à la vitesse lumière!

Je me suis d'autre part attaqué enfin à Abd al Malik. J'ai pas mal temporisé parce que je craignais le soufflé médiatique un peu creu. On nous aurait exhibé ce jeune-Noir-qui-parle-bien juste pour faire un contrepoint constructif aux reportages insultants sur les banlieues que ça ne m'aurait pas étonné outre mesure. Comme en plus son style me semblait tendre vers le bavard-précheur, je reniflais le tranquenard et suis passé outre pendant quelque temps...
Et j'avais bien tort. Effectivement, son phrasé est très dense, et ses textes parfois un peu rentre-dedans, mais ils sont d'une sincérité et d'une intensité désarmante, et s'accordent à merveille avec son style. D'autant plus qu'il est admirablement soutenu par de splendides instrumentations électro-jazz, harmonieuses et rythmées.
L'équilibre trouvé est des plus réussi à mon sens: la zique s'occupe du côté harmonique et de donner du rythme, ce qui permet à Abd al malik de nous raconter ses histoires, les yeux dans les yeux, sans nous lâcher. Très très bien.

Mais ce vieux Abd n'aura pas les honneurs de la photo de ce post par la faute de David Lafore, jeune loup à l'album tourneboulant. Nous avons fait sa connaissance en première partie des joyeux urbains à l'Olympia, excusez du peu. Pas intimidé pour un sou par cette salle mythique, Lafore, après une ou deux blagues décalées, a arrosé le premier rang de sa bouteille d'eau (parce qu'il en avait toujours rêvé lors des concerts rocks de son enfance), puis a tombé le costard pour entamer, en slip blanc et avec tout le sérieux du monde son tube interplanétaire: 20 francs. "20 francs, 20 francs le cunilingus..."
Grosse poilade dans l'assistance, mais on aurait vite oublié le rigolo si le gros de son répertoire n'était pas constitué de chansons poétiques d'une grande force. Qui sont tout simplement formidables sur son deuxième album Cinq têtes II. Pour vous donner une idée de leur qualité, sachez qu'il s'agit du seul auteur dont une des chansons s'est vue attribuer la note maximale de 5 étoiles sur mon ipod. Voui voui. Avec Mr Roux et La Blanche, bien sûr! Mais sachant les milliers de chansons qui sont passées sur ce petit appareil, qui chauffe quasiment huit heures par jour, merde, ça intimide!
Le seul petit problème est que les chansons "détentes", rigolotes, telles 20 francs ou jalousie, (qui sont pour beaucoup dans le triomphe qui lui a été fait sur scène) me semblent assez faibles sur l'album. Surtout qu'elles cohabitent, et empiètent un peu, sur la majorité des autres chansons qui parfois tutoient le sublime. Laisse moi mourrir un peu, un baiser une bombe, laissons nous et surtout J'ai massacré tout un pays en tête.
C'est un peu frustrant car ça déséquilibre un peu l'album et donne l'impression que quelques blagues de caserne éclaboussent un oeuvre à part ça grandiose. Et pourtant, Dieu sait que j'aime les blagues de caserne! Mais que ça ne vous dispense pas d'écouter cet album, quand vous voudrez entendre un peu autre chose que la Blanche et Mr Roux! Non mais...
Rompez, et osez David Lafore!

vendredi, mars 30, 2007

Musique toujours


Bonjour à tous, et vive la France.

Je tiens avant tout à préciser que j'aime mon pays, que j'en suis fier et que je remercie tous nos ancêtres de s'être sacrifiés à notre bien être.
Ceci étant dit, j'ai décidé de continuer sur une thématique qui déchaîne les passions: je vais vous parler musique. Musique, oui, mais musique française. Car j'aime mon pays.

Nous sommes en effet allés voir Philippe Katerine mardi soir au Zenith (en traversant la gare du Nord au péril de notre vie). Pour rafraichir la mémoire des plus lents d'entre vous, il s'agit du dandy à la voix haut perchée, auteur de chansons normalement reservées à un public très très restreint de fanatiques d'art moderne, qui connaît un succès invraisemblable depuis le tube interplanétaire Louxor, j'adore. (Et je coupe le son...)
En temps normal, j'aurais vraiment été très méfiant à l'orée d'un concert de ce type. Certes, le monsieur porte à merveille le pull de cashemire rose, certes il est accompagné des très efficaces ex-Little rabbits. Mais bon, ne nous cachons pas que si certaines de ces chansons sont portées par un charme planant certain, avec des gimmicks parfois hypnotisants, une bonne grosse moitié de sa production est complétement inécoutable...

Mais le bouche-à-oreille (pardon, le buzz) incroyable entourant ses spectacles décalés et festifs nous a fait sauter le pas avec enthousiasme. Des témoins dignes de foi (au nombre de quatre), nous ont chaudement recommandé ses concerts. Alors...

Et bien, au risque de tuer le suspense de ce post admirablement construit, je vous révèle immédiatement que nous avons été un peu déçus... Encore une réalisation du célèbre phénomène: "On nous a tellement dit que c'était génial, que comme c'était juste bien, on est tout triste. Alors que si on avait été au concert sans a-priori, on aurait probablement été ravi"...
Et une des raisons majeure pour lesquelles nous n'avons pas été emportés par le show est qu'on nous en avait déjà raconté toutes les belles surprises. Lecteur comptant te rendre à un concert de Katerine, je t'invite donc à arrêter de lire ce post sur le champ.
C'est dur de te priver de ma prose, mais fais moi confiance, c'est mieux ainsi. Bonne route et vive la France.

C'est donc vrai que la mise en scène est moitiée dingue: Katerine se présente le corps couvert de peinture (c'est du body art), il occupe merveilleusement la scène (c'est un ex-danseur je crois), ses ziquos changent trois fois de tenue, des danseuses en slip déboulent à l'improviste sur scène, comme d'ailleurs une troupe de majorettes de gabarits divers, et le public se fait bombarder de petits coeurs qui brillent et de ballons... Qui plus est, Katerine a le bon goût de jouer trois fois Louxor avec une efficacité certaine.
Seulement voilà, quand on sait à quoi s'attendre, tous ces moments sont forcément moins forts. Surtout dans une salle énorme comme le Zenith. D'autre part, le spectacle est tellement rodé qu'il laisse assez peu de place à l'improvisation et aux discussions avec le public, dont je suis friand.
Et enfin, malgré toute la solidité, la précision et le bondissant des musiciens, quand même, il faut regarder la vérité en face: la plupart des chansons de Katerine ne sont vraiment pas belles! (Du moins pour qui n'a pas une culture solide du 63ème degré dans l'art).

Allez, à plus mes petits patriotes, et comme disait Mr Roux: "La France, aimez la ou changez la".