samedi, février 28, 2009

mercredi, février 25, 2009

Petit lien en passant

Si vous avez un peu de temps, je vous conseille la lecture de ce site lié au Monde consacré aux chroniques judiciaires, et qui relate en ce moment en détail de procès des Tibéri - dans un silence médiatique par ailleurs assourdissant.
Cette note, en particulier, illustre bien le système mis en place en plein cœur de notre capitale.

mardi, février 24, 2009

La cuillère d'argent

Monsieur Gaelou s'exprime une nouvelle fois:

jeudi, février 19, 2009

Parenthèse culture

Aujourd'hui, travaillons les langues en nous amusant:

Big bang theory

Je ne sais plus à quel saint me vouer. Je ne sais plus où j'habite.
Je perds tous mes repères.

S'il est un homme dont les aptitudes devraient nous être connues, s'il est un homme transparent, perpétuellement exposé, dont on devrait connaitre au moins les compétences publiques sur le bout des doigts, c'est bien lui, non?

Et bien il semblerait que non.
Que ce soit une girouette idéologiquement ne devrait pas nous étonner outre mesure (même si je reste un tout petit peu sceptique sur la pérennité du récent virage à gauche que nous attestent les médias).
Que ce soit un piètre sportif, malgré de bien belles images de montée des marche de l'Elysées en tennis ne fait également pas de doute. Je vous ai déjà entretenu de ma déception à la vue de la lourde foulée et des faibles distances que parcourt ce soit-disant joggeur invétéré. Ce gars ne court pas plus souvent qu'un physicien fondamental de ma connaissance, c'est certain.

Par contre, il était entendu que l'homme était un orateur efficace. Un tribun, acclamé de foules nombreuses et la raie bien à droite, qui a su faire avaler à la France entière qu'il avait changé (enfin presque - une petite minorité a résisté). Une bête de scène, perpétuellement sous les projecteurs ou en train de séduire des journalistes dans les backrooms.

Mais alors, comment expliquer son pauvre speech sur la recherche (deux posts plus bas, bande d'infidèles!) Je ne parle pas du fond, je ne veux pas être vulgaire, et puis d'abord il ne faut jamais parler de fond quand on parle de politique sinon on est gauchiste. Il faut parler d'envergure, d'expérience, de pragmatisme, de charisme, enfin de choses sérieuses, quoi.
Mais bref, dans la vidéo, il est mauvais, non? A trop vouloir se la jouer proche des gens, sa rhétorique dépasse à peine le niveau du comptoir. J'ondule à droite et à gauche, je multiplie les silences appuyés de grimaces, je ne fais pas de phrase de plus de cinq mots, c'est minable, non?
Un autre exemple m'a frappé plus encore. Lors de sa longue intervention sur trois de nos six chaines, il nous a livré Sa brillante Pensée concernant le livre de Péan consacré à Kouchner. Regardez-moi ça, c'est le début de la vidéo suivante (je n'ai pas trouvé l'extrait en question seul):

C'est tout bonnement nul, non? "Y a un type, il écrit un bouquin, et moi il faudrait que je vire mon ministre. Non, sérieux, les mecs, un bouquin, avec des pages et tout, tu vois pas la crise. Ah je vais me reprendre un kir, moi."

Ma première théorie consiste à penser que ce type n'a jamais été vraiment bon orateur. Sur-préparé, sur-coaché, il a pu survoler la campagne présidentielle, profitant largement d'une opposition que je qualifierais de peu farouche, et de médias que je qualifierais de peu critiques.
mais maintenant, à force d'être exposé, fatigué, il se révèle tel qu'en lui même.
Théorie n°1. Mouais...

Ma théorie préférée est la deuxième. Sarkozy a effectivement des qualités d'orateur. Ce n'est pas pour rien qu'il a été avocat reconnu, et qu'il a pu se faire élire à tout plein de postes.
Pour les présidentielles, il a eu le flair de suivre le sillon redoutable creusé par Georges W. Bush du parler simple. Des phrases courtes, percutantes, à mille lieues des circonvolutions Royal-esques ou Gore-sques.
Seulement, il s'est piqué au jeu. Il s'éclate. Il aime tant la lumière qu'il adore ses petits one-man shows. Stand-up, je prend le micro dans une main et je déambule dans le public, en racontant toujours la même petite blague.
La plus belle illustration de cette théorie est la suivante:

Mais voila. Notre sympathique héros est bloqué dans son rôle de copain de bistro. Impossible de remonter la pente rhétorique.
Le mauvais côté des choses, c'est qu'on aurait un président Bigaresque pendant encore trois ans. Le bon côté des choses, c'est qu'à trop prendre ses interlocuteurs pour des illettrés, il pourrait rater la réélection.
Enfin peut-être. Ne surestimons pas nos concitoyens non plus (pas plus que les socialistes).

mardi, février 17, 2009

Presque super

Deux films au programme de cette chronique cinéma, deux films qui ont en commun d'être de grandes machines Hollywoodiennes et d'avoir éveillé de ma part de belles attentes: Les noces rebelles et L'étrange histoire de Benjamin Button. Ils ont aussi en commun, sans être déplaisants, de ne pas complètement avoir tenu leurs promesses, à mon sens.

Les noces rebelles (le titre est mauvais) raconte les difficultés d'un couple qui s'est toujours cru brillant et différent de la moyenne, mais qui constate qu'il mène finalement la vie de tout le monde dans ces années 50 Etats-Uniennes. Madame s'occupe de la maison et de ses deux enfants, Monsieur végète dans un boulot de bureau qui ne le plait pas. Prenant conscience de la chose, ils vont essayer de se lancer dans une vie qui leur plairait plus.
Quand le réalisateur d'American Beauty s'empare d'un tel sujet, on peut s'attendre à un film bien acide sur l'american way of life (et par delà, notre quotidien à tous). Quand en plus les deux rôles majeurs (et omni-présents) sont défendus par les excellents Leonardo Di Caprio et Kate Winsley, on peut même s'attendre à quelque chose de grand.
Et ben finalement, je n'ai assisté qu'à quelque chose de correct. De pas mal. Di Caprio et Winsley sont effectivement étourdissants de justesse. Mais le film ne parvient pas, à mon sens, à maintenir toute la tension brillamment installée par la scène d'ouverture. C'est un tout petit peu trop long, un tout petit peu trop lent, un tout petit peu trop appuyé pour être le formidable film intransigeant que ça aurait pu être.

La critique de la longueur peut aussi être faite à Benjamin Button. Là encore, tous les indicateurs étaient au vert fluo: deux acteurs que j'aime beaucoup (Brad Pitt et Kate Blanchet), et surtout un réalisateur aux manettes dont j'ai apprécié (voire adoré) chacun des films (David Fincher).
Pour ceux qui seraient passés au travers, le film raconte la vie de Benjamin Button, né vieillard et qui rajeunit progressivement. Ce pitch étonnant aurait pu donner le meilleur: des mises en situations intimistes touchantes concernant l'apparent vieillard qui découvre la vie, l'homme dans la force de l'âge qui s'éclate comme un ado, l'enfant qui devient sénile, ou surtout l'apparent jeune homme qui vit une belle histoire d'amour avec une femme destinée à vieillir quand lui rajeunit. Le tout enrichi par quelques effets spéciaux ahurissants.
Malheureusement, Fincher se croit obligé de faire également de son film une épopée à la Forrest Gump, sur le mode "je vais vous montrer mon héros traverser le siècle en 2h45". L'Amérique des années 30, la seconde Guerre, un tour du monde, le New-York des années 50, et hop, vous en aurez pour votre argent, m'sieur dames, venez voir ce grand spectacle!
Si cette politique est certainement pour beaucoup dans le succès du film, je trouve que ça pollue pas mal son propos. Benjamin Button, retaillé en 1h30 pour être recentré sur les sentiments du héros, c'eut eu pu être grandiose. Dans l'état actuel des choses, je trouve le film bon, très émouvant sur sa fin, mais inutilement tape-à-l'oeil.

dimanche, février 15, 2009

Pas grand chose


A mon grand regret, je ne reviens finalement pas chargé d'anecdotes passionnantes de Floride. Je n'en ramène que des confirmations: oui, il fait beau en Floride en février; le royaume de Disney pue la guimauve et le carton couleur pastel, et il coûte la peau des fesses; l'avion de nuit c'est pénible, mais l'avion de jour c'est très supportable quand on a un petit écran qui passe les films de notre choix; les margaritas c'est bon, et c'est encore meilleur quand ça passe en note de frais; la recherche dans mon domaine me plait carrément bien; les chercheurs de mon domaine sont rarement des jolies filles; les Américains sont sympas; le centre ville d'une ville même énorme a toute les chances d'être pourri; etc.
Du coup, en attendant des posts plus inspirés, je vous reproduit cette vidéo de notre président disant tout le bien qu'il pense de la recherche (non immédiatement appliquée):

vendredi, février 06, 2009

Rien

En panne d'inspiration (et, il faut bien le dire de sommeil) depuis 5 jours, votre vaillant blogger s'en va se ressourcer en assistant à une conférence scientifique dans un lieu propice à la réflexion et aux échanges bon enfant (là).
Gageons qu'il en reviendra bardé d'anecdotes à vous raconter.

dimanche, février 01, 2009

Attention débat

Chantez caouhettes, sonnez suzes, voici l'heure d'un petit débat. Ce billet m'est inspiré par un coup de gueule entendu au Masque et la plume (dans la bouche de Xavier Leherpeur), et que je trouve fort à propos.
Il a trait au fait qu'en certaines circonstances, le discours dominant présente les athées ou les agnostiques comme des "diminués". Je vais m'expliquer plus en détail, mais je préfère préciser avant tout que je pense que ce billet n'est pas inspiré par de l'anti-cléricalisme primaire (que je pratique à l'occasion, il est vrai), ni par la haine tenace que je voue à la maudite cloche de l'église voisine, qui aime à terroriser tous le voisinage dès qu'une messe est célébrée. Casser les oreilles à une cinquantaine de pâtés d'immeuble parce que trois petites vieilles se retrouvent autour d'un autel, ça a beau être la tradition, je trouve que c'est exagéré.

Entendons nous bien. Je suis loin de penser que, de manière générale, les catholiques (et les autres croyants, d'ailleurs) sont présentés sous un jour particulièrement favorable dans les médias. On vit dans un pays laïc depuis bien longtemps (n'en déplaise à certains), et il semble bien intégré que la foi ou son absence est une affaire privée.
Cependant, en certaines circonstances, les médias présentent les croyants sous une lumière bien complaisante. Je pense aux grandes réunions religieuses (type journées mondiales de la jeunesse), aux grandes fêtes (genre Noël avec son indépassable bénédiction ubi et orbi où - incroyable - le pape se prononce pour la paix dans le monde avec un ton naïf que n'oserait pas prendre une candidate à miss France sous peine de passer pour la dernière des greluches), ou plus encore aux dialogues inter-confessionnels.

Ce qui me chiffone dans l'affaire, c'est que j'y vois le sous-texte suivant: "Parlons maintenant de ce groupe de personnes, cette élite, qui sait s'arracher à son quotidien materialiste pour s'élever un peu.". Sourire aux lèvres, journalistes et interviewés nous expliquent la beauté de la Foi, de la réflexion sur le Monde et de la Morale Religieuse.
C'est peut-être moi, mais j'y entends aussi que si on n'a pas la foi, on peut être bien gentil mais on n'est pas vraiment capable de prendre du recul, et d'avoir des Valeurs un peu nobles. Soit tu as une Bible (ou un Coran, ou une Torah, on a l'esprit large) et tu peux réfléchir un peu et te comporter de manière morale, soit tu es un mécréant et tu es forcément matérialiste et individualiste.
Sans foi, tu es juste un mammifère très basique. Alors, ne la ramènes pas trop parce que nous, on passe des heures carrées à méditer sur les Valeurs dans une église/mosquée/synagogue gelée toutes les semaines!

Encore une fois, ce n'est vraiment pas le ton général des médias en toute occasion, mais ça m'agace tout de même franchement parce qu'on pourrait intégrer qu'il n'est pas qu'une seule façon de se détacher de la course au pognon et du consumérisme. (Il fut un temps où j'aurais même insinué que la religion est forcément un frein à toute morale non bêtement bigote, mais je connais quelques brillants contre-exemples qui m'interdisent donc cette volupteuse généralité anti-cléricale.)
Il n'empêche que cette idée reçue comme quoi la religiosité (non fanatique, quand même) dans nos sociétés est un plus incontournable pour qui ne se satisfait pas du monde tel qu'il est me gonfle sérieusement. Ce qui me rend les dernières campagnes athéistes très sympathiques: non, il n'y a pas de honte à être athée!

vendredi, janvier 30, 2009

Pensée du jour

- Quelle est la différence entre le socialisme et le capitalisme?
- Dans le socialisme, on nationalise les banques, puis elles font faillite. Dans le capitalisme, c'est l'inverse.
Angela Merkel, rapportée par le Spiegel

jeudi, janvier 29, 2009

Top 100


Béotien comme pas deux, et échaudé par les médias qui promettent souvent à tort monts et merveilles, je savais qu'on envisageait pour un lointain avenir que la musique et la vidéo à la demande bouleverseraient nos manières d'appréhender les albums et de regarder la téloche.
Soit. J'étais même au fait des possibilités du téléchargement illégal (que je condamne avec la plus extrême fermeté, évidemment).
Mais voila-t-y pas que je découvre coup sur coup:
  1. Que je peux regarder tous les films de Canal, que je rate systématiquement pour cause de coachage de Gael et de couchage précoce, gratos pendant un mois quand je veux, en les téléchargeant depuis une mignone petite widget. (Calmez-vous, ce n'est valable que pour les abonnés!)
  2. Que je peux écouter à peu près ce que je veux, quand je veux, depuis le web, grâce à Deezer. Ca me dispense pas d'acheter les albums, mais ça permet de partager très facilement ses coups de coeur, et de découvrir de nouveaux groupes grâce aux radios intelligentes qui proposent des artistes "s'approchant" de ceux qu'on a choisi au départ. (Ceci n'est pas une hypocrite remarque politiquement correcte, je tiens à vraiment acheter les albums. Quand je vois tant de collègues qui ne donnent pas un sou aux artistes qu'ils écoutent parce que "c'est trop cher", mais qui claquent sans sourciller des centaines d'euros dans des écrans plats ou autres gadgets technologiques, je perd parfois mon sang froid. Bref.)
Je sais, je m'enthousiasme quand la plupart d'entre vous connaissez parfaitement Deezer et le VOD depuis une éternité (enfin disons, quelques mois, on est sur internet)!

Alors, bricoleur comme pas deux, je me suis arrangé pour pouvoir écouter Deezer depuis ma chaine (bon, j'ai juste branché mon ipod sur l'entrée AUX de ma chaine...) Ce qui m'a poussé à me composer une compilation ultime afin d'époustoufler mes hôtes.
J'ai donc décidé de choisir mes 100 chansons préférées. Tous les styles, tous les temps. Je vous dis pas la pression, et les choix cornéliens auxquels il a fallu que je me plie.
Je vous livre donc le résultat, avec deux précisions. Malgré sa richesse, Deezer ne m'a pas permi de convoquer toutes les chansons que je voulais de Camille, et surtout rien de Led Zep ni des Red Hot Chili Peppers (il manque tout simplement leur magnifique album Blood Sugar Sex Magic). Et d'autre part, quand il a fallu arbitrer, je me suis donné pour critère de privilégier les chansons que j'adore, qui me donnent des frisons à l'écoute, en essayant de faire abstraction de l'affection que je porte aux artistes. Ca ne m'a pas trop poussé à favoriser les "tubes" je pense, mais certains artistes très homogènes tels que Radiohead peuvent paraitre sous-représentés au final.
And the winners are...

L'opéra et moi


Ainsi donc, par la grâce d'une femme cultivée et d'amis attentionnés, je me suis retrouvé en chaussures de rando et en T-shirt orange à l'opéra. Et pas pour voir une pièce facile d'accès, genre un opéra de Verdi avec des tas d'air enjoués qu'on connait par cœur, non, un truc russe contemporain à la musique tristounette et saccadée.

Et bien la bonne nouvelle, c'est que je ne me suis pas ennuyé.
A l'opéra. En russe. Pendant 3h30. C'était quand même loin d'être gagné.
Cela dit, j'ai la nette impression que j'ai évité l'ennui pour de mauvaises raisons. Alors que l'assistance devait admirer tout plein de choses dans la technique et la sensibilité de la soprano, qu'elle devait méditer sur la côté provocateur de la pièce et l'audace de la mise en scène, je m'arrêtais à de plus basses considérations.
"Oh bah dis donc ils ont une sacré voix ces mecs là. Pfiou, ça fait un sacré nombre de figurants sur scène, là quand même. Oh la vache, quand ils chantent tous en même temps, ça secoue sacrément! Oh mais dis donc c'est joli, cette structure mécanique qui sort du sol!"

Bref, je ne me suis pas ennuyé, mais j'ai l'impression qu'alors que mes voisins jouissaient de richesses culturelles des plus fines, moi je m'amusais à regarder un Puy du Fou russe.
Du grand spectacle populaire, pour toute la famille! De l'émotion, des cascades, et ne ratez pas son combat d'épée épique!
(Je déconne, y a pas eu de combat d'épée. C'est un lourd regret.)

Je ne regrette donc pas cette soirée, mais je ne peux que constater mon imperméabilité aux finesses de l'opéra. J'ai pas les clés, j'ai pas les codes, et ça ne me parle pas plus que ça.
Tant mieux, parce que ça coûte bonbon, et que ça me ferait un peu chier de devoir me saper comme pour un congrès de l'UMP pour aller chercher me dose de culture! Alors qu'on peut aller en tongues et bermuda au Puy du Fou en toute sérénité!

samedi, janvier 24, 2009

Da da da

Pour ceux que ça intéresse, voici un petit melting-pot des exploits de Gael en janvier. J'espère que cette vidéo contribuera à relancer la carrière de Trio, groupe allemand qui a pondu ce tube en 1981, et est injustement oublié depuis.

D'ailleurs, j'ai (re)découvert cette chanson en tant que générique du film Il Divo. J'ai eu l'occasion de le revoir, cette fois-ci avec Elena, et quand j'en relis ma pourtant élogieuse critique, je réalise que j'ai été trop léger.
Ce film est absolument superbe. Chaque scène est brillante; que ce soit par la mise en scène, l'interprétation, ou tout simplement le scénario (l'entretien avec le directeur de la Reppubblica est un bijou). Je l'ai revu avec encore plus de plaisir qu'à la première vision, et je sais que je le reverrai encore et encore.
Bravo.

vendredi, janvier 23, 2009

A l'opéra


Pour ne par mourir complètement idiot, j'ai accompagné Elena à l'opéra hier, à admirer le joyeux Lady Macbeth de Mzensk. Je vous ferai un compte-rendu détaillé de la chose prochainement, mais avant cela je vais partager avec vous quelques observations recueillies au cours de cette soirée éthnologique.
  • A l'opéra, on parle de soi tout le temps. "Ah, mon Dieu que je m'ennuie! Il ne se passe rien" (Imaginer en russe, et chanté si lentement que l'énonciation de ces phrases doit prendre 30 secondes).
  • A l'opéra, si un homme veut un rôle important, il lui faut une respectable bedaine.
  • A l'opéra, on se jette/on jette les autres facilement par terre. Ca veut dire qu'on est très triste/très en colère.
  • A l'opéra, c'est pas une légende, on se sent seul dans le public en T-shirt et chaussures de rando.
  • A l'opéra, on peut jouer de la musique chiante de film, ça passe.
  • A l'opéra, on appelle l'autre par son prénom toutes les cinq secondes. "A mon Serguei, que je m'ennuie. Il ne se passe rien, Serguei." (Du coup ça passe à quarante secondes).
  • A l'opéra, on doit surjouer parce que les émotions sont vraiment à leur paroxysme. On passe tellement de temps à apprendre à chanter à l'école d'opéra qu'on a oublié de mettre des cours de théâtre.
  • A l'opéra quand on a des sous, on convoque de grandes foules qui suivent le héros en des flux et reflux un peu passifs.
  • A l'opéra, le connaisseur applaudit à la fin de chaque acte, et le bouseux à la fin de chaque scène. La honte.
  • A l'opéra, on peut montrer des nichons et des gens qui niquent, c'est pas vulgaire.
  • A l'opéra, l'intrigue est minimale et la durée est maximale. Je m'ennuie/je trompe mon mari/je tue mon beau-père et mon mari/je me fais choper, ça prend 3h25.
  • A l'opéra, quand un ténor se met à chanter à cinq mètres de toi par un artifice de mise en scène, tu la ramènes moins parce que c'est quand même sacrément impressionnant (en plus, il avait une grosse bedaine).
  • A l'opéra, on peut être très critique avec un peu de mauvaise foi. Je vous ferai donc un descriptif plus honnête de ma soirée bientôt.

mardi, janvier 20, 2009

Groland


Je vous l'accorde, c'est parfois un peu inégal, mais quand même... Quel audace! Quelle originalité! Quel humour! Et quel engagement...
Je me propose de vous en convaincre en cinq minutes trente chronos: rendez-vous sur ce lien, d'aller sur "Toutes les vidéos" (n noir à gauche), puis "Rechercher dans toutes les vidéos" et taper Groland. Choisissez l''émission de la semaine (du 17 janvier exactement).
Placez-vous maintenant à la position 3min55, et enfournez-vous les trois inénarrables sujets qui suivent (jusqu'à 7min22). Le pied. C'est non seulement hyper drôle, mais souvent très juste.
Moi qui passe tous mes Noël en Italie avec la télé à 3 mètres de mes yeux, et ai donc droit à de longues minutes sur l'engagement courageux de Benoit XVI contre les misères du monde, je peux vous dire que je l'ai goûté. Quand au second, qui d'autre à la télé française peut se permettre d'ironiser sur les philosophes/journalistes/chroniqueurs à l'accusation d'antisémistisme très facile?
Quand au troisième, il est juste marrant et irrévérentieux. Dans le même genre, et pour arriver à vos 5 minutes30, je vous conseille chaudement les extraits allant de 13min47 à 14 min20, et de 16 min 20 à 16min51.

dimanche, janvier 18, 2009

Cinéma

Cette année commence fort bien au niveau cinématographique. Elle débute pour nous avec Louise-Michel et Il divo, deux bons choix des plus intéressants.

Respectons la chronologie avec Louise-Michel, que nous sommes allés voir dans une salle réfrigérée à Nantes. Film made in Groland, Louise-Michel raconte comment une ouvrière (Yolande Moreau) lâchement licenciée par des patrons qui déménagent leurs machines en cachette, convaint ses collègues d'utiliser leur dédommagement pour payer un tueur à gage afin d'éliminer ledit patron. En fait de professionnel, elle recrute un bras cassé (Bouli Lanners) qui aura bien du mal à s'aquitter de sa tâche, d'autant que dans l'économie globalisée il est parfois bien difficile de déterminer qui est exactement le vrai patron ayant décidé la délocalisation.
A l'énoncé du scénario, et en connaissant le registre des grolandais Kervern et Delépine, on se retrouve sans surprise dans un film baignant dans l'humour noir. C'est sa grande force, mais aussi sa petite faiblesse: on accumule les scènes frisant le cultissime, où le second degré le dispute à la diatribe politique. En me les rejouant mentalement, j'admire leur justesse et leur cruauté et espère avoir l'occasion de revoir le film avec des potes sur la même longueur d'onde que moi. Le problème est que lorsque la salle n'est pas au diapason (ce qui était le cas de la mienne), on part dans de grands éclats de rires au début de chacune de ces scènes mais, refroidis par la réaction glaciale de l'assemblée, on a du mal a poursuivre vers le fou rire libérateur final bien mérité. On continue à rire, mi emportés mi gênés, mais on exulte pas comme on devrait.
Bref, Louise-Michel est un film méchamment drôle et dont l'intrigue n'est pas inintéressante, servie par des acteurs parfaits pour leur rôle, mais qu'il faut déguster en bonne compagnie sous peine de ne pas pouvoir le couvrir des hurlements de rire qu'il mérite. Allez-y les yeux fermés, mais en groupe, ou dans le Nord, ou attendez la sortie en DVD pour rassembler le groupe de copain qui va bien et prendre le pied anar que ce très bon film mérite.
(D'autant qu'en plus un certain nombre des copains de Groland (Poolvorde, Kassovitz, Dupontel, Katerine, Salengro, Robert) y font en plus de petites apparitions sympathiques - et pour bon nombre d'entre elles à mourir de rire.)

Autre grosse réussite au style un peu surprenant (mais dans un tout autre genre): Il Divo. Ce film, récompensé à Cannes du prix du jury, se penche sur le mystérieux Giulio Andreotti, homme politique de centre-droit italien occupant la scène depuis la fin de la première guerre mondiale. Sept fois chef du Conseil (soit premier ministre), et 25 fois ministre, il traine une réputation de chef stratége machiavélique, et ses liens avec les francs-maçons de la loge P2 et avec la mafia sont évident (à part aux yeux de la justice).
Voila, de l'aveu même de l'habile Andreotti, un très bon sujet pour un film. Ce qui étonne, c'est que le réalisateur, au lieu d'opter pour un style discret et objectif comme il est de coutume pour les biopics, fait le pari de l'esthétisme et de la subjectivité. La caméra virevolte; une musique dynamique qui n'a rien à envier à Tarantino fait irruption régulièrement; la mise en scèné est nerveuse; Andreotti s'adresse à nous et à Dieu dans des monologues enflammés (quand son naturel est plutôt à la retenue, c'est le moins qu'on puisse dire). Bref, c'est Fight Club au pays du promeneur du champ de Mars.
Et c'est très réussi. Certes, une partie des références historiques nous échappent, mais finalement peu importe tant c'est la personnalité de l'énigmatique Andreotti qui tient le film, défendu par un Toni Servillo impressionnant, surtout pour qui connait l'original. (Sans vouloir me vanter, j'avoue l'avori trouvé aussi bon que dans la pièce de théâtre qu'il a donné à Paris. Ahahah, bande de provinciaux)
Fascinant, brillant, impressionnant et juste. Voila un deuxième grand film à inscrire à vos tablettes.

PS: La bande annonce d'Il Divo est assez peu représentative du film. Cette scène est bien plus juste:

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samedi, janvier 17, 2009

Lantoine encore

Une fois n'est pas coutume, l'édition enrichie de l'album de Lantoine vaut le coût. Le DVD inclus ne contient pas une bête autopromo ou un making of mal foutu, mais deux vidéos bien intéressantes. La première est une interview de Lantoine et Pierron entrecoupée d'extraits de concert, qui éclaire bien la démarche fragile de la paire. En particulier, on y apprend qu'ils se présentent souvent en spectacle en laissant diverses parties à l'improvisation, ce qui confirme deux de mes expériences. Premièrement, il arrive régulièrement qu'il y ait des moments de flotements dans leurs concerts, conséquences de choses peu répétées. Et deuxièmement, il n'est pas étonnant qu'en réunissant les plus réussies de ces prises de risques dans un DVD live, on obtienne un album du tonnerre!
La deuxième vidéo est un court métrage très réussi dénonçant la surconsommation, que les Lantoine diffusent en lever de rideau de leurs concerts. Réalisé par une étudiante pour son projet de fin d'étude, il est sacrément impressionnant. Je l'avais recherché sur le Net après le concert de Lantoine auquel j'avais assisté, sans succès. Il est donc enfin trouvable en toute légalité sur cet album!

jeudi, janvier 15, 2009

Lantoinatitude


Attention, album énorme (qui mérite une image énorme)!
Je parle de l'album live de Loïc Lantoine sorti récemment, A l'attaque. Vous savez certainement tout le bien que je pense du bonhomme, mais je récapitule. C'est d'abord un formidable parolier, voire, disons le, un poète qui convoque avec quelques mots de prolo de superbes images. C'est ensuite un interprète intense, habité, qui fait si bien vivre ses chansons qu'on oublie très vite qu'il ne chante pas mais parle de sa grosse voix.
Et enfin, Loïc Lantoine, ce n'est pas que le chanteur, mais c'est aussi son contrebassiste François Pierron, virtuose modeste qui insuffle leur rythme et leur mélodies aux chansons en mettant en valeur les paroles. (Si j'osais abuser de votre patience, j'ajouterais qu'en plus Lantoine a le bon goût d'être bien bien engagé. Ca fait du bien).
Bref, voila bien une formation complétement suicidaire: deux mecs dégingandés, des textes écrits sur le bord d'un comptoir, un chanteur qui sait pas chanter et un seul ziquos avec un instrument hyper ingrat. Mais la mayonnaise prend fichtrement: on touche au magique et ça ne ressemble à rien d'autre.

Mais, donc, tout cela, nous le savions déjà des deux albums studio du duo. Avec ce live, il y a un vrai plus. D'abord, il marque une gradation dans l'intensité du chant de Lantoine. Face à un public conquis, c'est certainement plus facile de défendre mieux encore ses textes.
Et surtout, les albums studios sont très dépouillés. Jusque là, je croyais que c'était consubstantiel à la Lantoinitude car je ne m'imaginais pas qu'il était possible de préserver la magie du duo Lantoine/Pierron si on enrichissait trop la partie instrumentale. Je pensais qu'on perdrait nécessairement un peu de vue les textes en rompant le subtil équilibre chant parlé-contrebasse.
J'avais bien tort. Lantoine a invité sur sa tournée de concert différents musiciens, doués et subtils (parmi lesquels le batteur de Noir Désir, et le percutioniste de Tryo), qui savent indubitablement enrichir la musique sans nuire à l'ensemble. Les morceaux en sortent indéniablement renforcés.
J'adore. J'écoute en boucle. Et je vous invite très amicalement à y gouter en consacrant dix minutes à cette petite sélection de l'album. Si vous êtes pas scotchés, faut qu'on cause.

lundi, janvier 12, 2009

Eloge de la subjectivité


Vu le nombre de fois que j'ai fait référence à son site, vous devez connaitre mon affection profonde et mon respect absolu pour Daniel Schneidermann, l'animateur d'arret sur images. C'est donc un honneur mêlé de regret que de voir un sujet de post que je mûrissais depuis quelques jours rédigé sous sa plume ce matin. Evidemment, son billet n'aura pas la puissance de conviction du mien, appuyé par mes capacités rhétoriques hors du commun, mais le bonhomme ayant de la bouteille en tant que chroniqueur, il a quand même réussi à défendre correctement son sujet et il est fort probable que l'Histoire, si fascinée par les premiers, accolera son nom à ce sujet plutôt que le mien. Mais bon... (En parlant de rhétorique, quand je fais une phrase trop longue, je la contre-balance par une autre très courte. Si c'est pas puissant ça.)

Je m'agace que les médias ne semblent connaitre que deux façons de traiter un sujet polémique. Variante 1, l'évidence écrasante. On ne présente qu'un aspect de la chose, à grand renfort d'experts et d'hommes politiques sûrs-de-leur-fait-soyons-sérieux-voyons. Les exemples les plus marquants restent le libéralisme (jusqu'à une période récente, et dont je vous pronostique qu'elle ne durera pas plus que la crise actuelle) et la constitution européenne. A ce propos, je ne me lasserai pas de répéter l'avis démocratiquement exprimé des nonistes (dont je suis) a été plus que bafoué. C'est une telle évidence qu'on n'en parle pas, mais pour moi ça discrédite plus la politique que les frasques et petites phrases des uns ou des autres. Fin de la parenthèse.
Variante 2, beaucoup plus répandue, la justaposition de positions antagonistes. On présente successivement le point de vue numéro 1, puis pendant un temps strictement identique le sujet numéro 2, et on clot les débats immédiatement.
Un partout, la balle au centre.

C'est le niveau "C'est mon choix" du débat. Chaque partie s'agite, débale ses arguments, mais à la fin, on s'embrasse, on se respecte, aucune différence d'opinion n'est grave, aucune décision n'est à prendre, aucune synthèse à faire. Pour ou contre le string à l'école? Ben on s'en fout, on peut être pour, on peut être contre, ce qui compte c'est qu'on respecte la diversité de l'autre, et à la semaine prochaine!
Ce qui se défend pour des sujets sociétaux secondaires est beaucoup plus gênant pour des thèmes plus importants. Et comme c'est ce même mode de "débat" en forme de juxtaposition de prise de position qui est utilisée sur tous les thèmes, on glorifie l'ouverture d'esprit absolue au détriment des opinions tranchées et des principes. Pour prendre un exemple récent, on peut faire intervenir un spécialiste convaincu que l'économie va à sa perte, le mettre face à un expert certain que tout va pour le mieux dans le meilleur des monde financier possible, et on se sépare sans avoir avancé d'un pouième dans cette discussion centrale.

C'est là que je rejoins ce bon Daniel. Cette glorification de l'absence de prise de position touche aussi parfois l'information. Evidemment, il est heureux que nos médias ne soient pas transformés en machine de propagande assenant une vérité officielle sur tous les sujets (ce qui nous raménerait à la variante n°1), mais l'extrême inverse est également gênant.
Pour reprendre l'étude de cas proposée par Daniel, le traitement millimétriquement symétrique de la guerre à Gaza confine au ridicule. Tout le monde (ou à presque - voir ce billet qui pour moi échappe à toute logique, et est définitivement ridiculisé par sa chute) se rend bien compte de l'asymétrie du conflit (si vous voulez mon point de vue sur le sujet, il se recoupe très fortement avec celui-ci). Mais attention, là, pas question de trancher trop clairement, on reste dans l'égalité parfaite de temps de parole (ou devrais-je dire dans l'égalité parfaite du temps de propagande). Surtout que le terrain est glissant, une accusation d'antisémitisme est si vite arrivée...
Cela dit, en l'espèce, j'ai été plutôt agréablement surpris. Même si le point de vue d'Israel est fortement repris (plus que ne le mérite sa cohérence à mon avis), la disymétrie est si forte que l'impartialité journalistique est fissurée. Je n'ai pas beaucoup de doute sur l'opinion profonde de la plupart des journalistes que j'ai entendu parler du sujet.

Je quitte donc le terrain de l'information chère à mon Daniel pour en revenir à cette question des débats sans décision. Ce qui me gêne vraiment, c'est qu'on ancre profondément en beaucoup d'entre nous l'idée qu'avoir des opinions tranchées, c'est mal. Prendre position, ce n'est pas avoir des convictions, des idéaux, ce n'est pas avoir examiné les faits et tranché une bonne fois pour toute en son âme et conscience.
Non. Prendre position, c'est s'enfermer, se ranger à une idéologie, et diaboliser inutilement l'autre côté. C'est être sanguin et bien naïf. S'il y a des gens pour penser le contraire, c'est bien que l'opinion d'en face est défendable. Ce ne sont pas des monstres quand même, non?
Pour bien faire, il faut rester neutre en toute chose, et se décider mollement au cas par cas, prudemment prudemment, sans être vraiment sûr de soi.

Je ne sais pas si ce mal est général dans toutes les couches de la société, mais je peux vous dire que chez les cadres, l'épidémie est à un point très avancé. Si tu n'es pas capable de fonder ton jugement sur Sarkozy sur des arguments qui peuvent chacun être étayés par des articles chiffrés parus dans des journaux d'une neutralité reconnue et des citations dont tu peux réciter le contexte avec précision, tu n'as aucune chance de les convaincre. Si en plus tu t'agites, tu te passionnes, tu t'échauffes, tu apporteras autant de preuve de ta subjectivité, et ton avis sera définitivement discrédité.

Mais bordel, avoir des positions, c'est bien! C'est la preuve qu'on veut quelque chose pour cette vie, plutôt qu'attendre passivement que les événements nous arrivent sur la gueule! C'est le signe d'une morale, d'une vision des choses, qui essaye de se manifester dans la vraie vie.
Et peut-être, de la changer par une impulsion qui dépasse les simples soubresauts de l'économie et des conflits éthniques ancestraux.

Et pour vous remercier de m'avoir suivi jusque là, je vous propose cette vidéo, qui fait autrement plus avancer le schmilblick au niveau philosophique:

dimanche, janvier 11, 2009

My own two hands


Et voilà qui montre d'un coup, d'un seul, que mon Internet ET ma capture de camescope fonctionnent.