dimanche, avril 05, 2009

Le billet ciné

Ca m'ôte un poids.
Maintenant que j'ai vu Harvey Milk et Welcome, je vais pouvoir avoir de nouveau une vie sociale normale sans me sentir coupable de passer à côté de films importants. Non que les cinémas en soient dépourvus de films qui valent le coup d'œil (Frost/Nixon, Coco - non je déconne), mais je pense avoir fait le tour des immanquables pour l'instant. Et j'ai sacrément bien fait.

Pour les quelques lecteurs qui n'en n'ont pas entendu parler (ce que c'est d'être lu aussi en province), Harvey Milk raconte l'histoire de ce pionnier de l'activisme homosexuel qui est devenu le premier élu ouvertement gay de San Francisco (et des Etats-Unis, voire du monde) - avant d'être assassiné.
La vie de ce type est riche et passionante, ce qui rendait le sujet prometteur mais aussi sacrément casse-gueule. Premièrement, il fallait réussir à condenser la folle quantité d'événements qui ont émaillé la vie de Milk pendant une décennie de manière digeste et crédible. Et deuxièmement, il fallait que ce bonhomme sympathique, toujours positif et de bonne humeur reste supportable dans un film qui courrait le risque de tourner à l'hagiographie.
A mon avis, le film est une réussite car il ne m'a pas semblé tomber ni dans l'un ni dans l'autre de ces écueils. Je ne sais trop expliquer pourquoi: c'est sans doute grâce à la sincérité et à la maitrise de Gus Van Sant (qui signe pour une fois un film grand public parfaitement accessible), et aussi bien évidemment à Sean Penn (note aux provinciaux: il a été oscarisé pour ce rôle). De tous les plans ou presque, il reste absolument adorable et sonne parfaitement juste malgré le destin compliqué du personnage qu'il habite.


Après m'être intéressé aux pédés, j'ai parfait mon bronzage politiquement correct aux m'intéressant aux bougnouls (notez cette habile mise en abîme: une phrase terriblement politiquement incorrecte - voire dégueulasse - qui se targue de politiquement correct. J'en ris encore).
Bref, je suis allé hier voir Welcome. Il narre comment un calaisien, pas spécialement concerné par le sort des clandestins jusque là, prend sous son aile protectrice un kurde qui s'est mis en tête de rejoindre sa fiancée à Londre en traversant la Manche à la nage.
Là aussi, le beau sujet est sacrément casse-gueule: il est bien tentant d'accoucher d'un film simplement moralisateur, tire-larme et tire-indignation. Ce ne serait pas méprisable, d'ailleurs, mais il se trouve que Welcome dépasse bien le cadre du documentaire engagé.
C'est bien simple: tous les personnages sont parfaitement crédibles, attachants, et les différentes histoires sont parfaitement équilibrées. Le film commence d'ailleurs par ne suivre que Bilal (le kurde), pendant 20 minutes édifiantes. Au terme de cette partie, la démonstration peut commencer à être un peu pesante. C'est alors qu'intervient ce calaisien indifférent, magnifiquement joué par un Vincent Lindon débordant d'humanité.
C'est alors le film prend chair. Bien sûr, le sort des clandestins reste au coeur du film, mais il est d'autant plus fort qu'on croit aux quelques personnages qu'on suit: Bilal, sa fiancée promise à un mariage d'intérêt, Vincent Lindon, sa femme avec qui il est en instance de divorce, et qui milite dans un association d'aide aux immigrés.
On va voir ce film pour en savoir plus sur la façon dont on traite les clandestins. On ressort bouleversés par une belle histoire humaine. Qui est aussi (mais après) un témoignage dérangeant sur la Sarkozie.

Gaelou en mars

Vous l'attendiez tous, voici le montage des progrès du mois du quadripéde le plus dynamique de la galaxie.

jeudi, avril 02, 2009

Ils sont vraiment... ils sont vraiment


Qui parmi vous, lecteurs, ne s'est jamais trouvé avec un groupe d'amis/parents/collègues à déambuler dans une ville inconnue quand sonne l'heure du repas et vient le moment de choisir un resto? Et surtout, qui parmi vous à réussi à s'acquitter de cette tâche en moins d'une heure quand, terrassé par la faim, on cesse de sauter de crêperie en pizzeria puisque, évidemment, le choix ne conviendra jamais parfaitement à tout le monde? "Oh, non, je suis pas très chinois. - Et moi j'ai mangé un pizza hier -Pis là ça a pas l'air très sympa"...
Dès qu'on est en groupe et qu'on doit décider de quelque chose, c'est la croix et la bannière. Ca prend des plombes, on discute sans fin, on se ressert un apéro, et on rediscute encore. C'est très sympa et pittoresque, mais faut pas être pressés.

Or, pressés, on l'est parfois. Ah, ces réunions interminables en entreprise où rien jamais ne se décide! Et bien figurez vous qu'il existe quelques rares exceptions à ces modèles d'inefficacité bavarde que nous sommes.
Et oui.
Nos dirigeants.

A l'occasion du G20, ils se retrouvent pour rien de moins que pour juguler une crise mondiale et refonder un système sur lequel le monde entier se fonde depuis plus d'un demi-siècle (enfin, pas un monde complètement entier sur toute cette période, mais beaucoup beaucoup de gens, tu vois).
Pour corser la chose, ils ne se retrouvent pas à deux ou trois. Ni même huit, comme au bon vieux temps. A 20! Enfin, plutôt à 35 puisque parmi les 20 l'Europe ne compte que pour un siège.
Et puis tu peux y aller sur les différences de point de vue! Y a des pauvres et des riches, des ultra-libéraux et des modérés, des Chinois, des Indiens, des Brésiliens et des Polonais. Perso, j'aimerais pas avoir à choisir un resto avec toute cette smala! Faudrait des semaines! "-On est tous d'acoord? -Ben non, je suis sikh, je ne mange pas de crêpes au froment..."

Pour un resto, ce serait galère, mais pour refonder le capitalisme, pas de problème! Si on regarde de près le programme du G20, on se rend compte que ces messieurs ne se sont réunis qu'aujourd'hui. Et encore, c'est tranquille le petit rythme: petit dej' à 8h, session du matin de 9h à 12h, déjeuner de travail (quand même) puis petite réunion digestive de 14h à 16h, et là on pond le communiqué final. Un coup d'Eurostar, et on est rentré pour l'apéro, justement!

Cinq heures.
A trente-cinq.
Ca doit faire dans les huit minutes de temps de parole par tête. Disciplinés, efficaces les gars! Et je te fais cadeau de la rédaction du communiqué pendant la réunion, ainsi que des problèmes de traduction!

D'où cette légitime interrogation qui me taraude.
Hommes politiques et médias ne nous auraient-ils pas mentis en nous vendant une réunion cruciale-au-sommet-où-tout-se-joue? Les décisions n'ont-elles pas plutôt été prises pendant les semaines qui précédent, entre sherpas travaillant jours et nuits?
Et notre président n'a-t-il pas fait tout un foin pour rien en menaçant de taper de son petit poing sur la table si les débats ne le satisfaisaient pas alors qu'ils connaissait probablement déjà quel serait l'accord final exact?

dimanche, mars 29, 2009

Gaelou et économie

Malgré le vent monumental que je viens de me prendre sur mon top 10 des livres, je vous offre un petit diaporama des trois derniers mois de Gael. Je suis trop bon.

Et puis je vous recommande la lecture d'Alternatives Economiques, en particulier à ceux d'entre vous qui sont en bute à des interlocuteurs hyper-rationnels avec qui on ne peut discuter que si on maîtrise chaque dossier sur le bout des doigts. A la lecture de ce très factuel et très argumenté magasine, on se rend compte qu'on a très souvent bien raison de penser ce que l'on pense sur divers excès du libéralisme.
Ca me fait un bien fou, car à trop cotoyer des interlucteurs s'étonnant de mon parti-pris, j'en viens à douter de mon objectivité. Je sors donc de mes lectures d'AE tout requinqué, gorgé de chiffres que j'ai tôt fait d'oublier et surtout d'une inébranlable confiance en mon opinion. Et puis, il est si bon de voir mille idées reçues démontées avec un calme scientifique. Je cite un exemple parmi tant d'autre (qui a l'avantage d'être accessible en ligne) pour tenter de vous convaincre...

samedi, mars 21, 2009

Top 10 des bouquins


Télérama a publié la liste des 10 livres préférés de 100 écrivains français contemporains. Passée ma honte d'en connaitre fort peu, je me suis demandé à quoi ressemblerait la mienne. Exercice difficile, tant il est certain qu'on doit oublier la moitié des livres qui mériteraient d'y figurer. M'enfin, pour ce que ça vaut, voici ma liste:
  • Les mains sales de Jean-Paul Sartre. Assurément le livre qui m'a le plus secoué quand je l'ai lu. Une pièce puissante sur la difficulté de l'engagement quand on n'appartient pas au milieu social considéré.
  • La force de l'âge de Simone de Beauvoir. Des auteurs classiques, j'ai surtout accroché à Sartre et de Beauvoir (du moins quand j'arrive à les comprendre). Les autobiographies de de Beauvoir m'ont donc forcément passionné, entre âfres de l'écriture et engagement politique, du calme de leur chambre d'hôtel aux fonds des cafés de Saint-Germain des Prés.
  • L'écume des jours de Boris Vian. Un monde hallucinant, original, poétique et brillant.
  • Si c'est un homme de Primo Lévi. La shoah de l'intérieur, sobre et secouant comme peu de témoignages sur le sujet.
  • La conscience de Zeno d'Italo Svevo. Une oeuvre peu connue en France mais que j'ai été étonné de voir bien classée par nos auteurs contemporains. L'auteur nous y dépeint les grands échecs de la vie d'un bougeois paumé de Trieste au début du XXème siècle. Dépaysant, précurseur (parait-il), mais surtout très marrant.
  • L'empereur-dieu de Dune de Frank Herbert. Je voulais choisir un des bouquins du cycle de science fiction de Dune; j'ai pris le plus original, qui représente parfaitement la cohérence et l'originalité du monde d'Herbert.
  • Fondation et empire d'Isaac Asimov. Là aussi, il fallait prendre un des livres du cycle de la Fondation. Et là aussi, c'est dans un univers riche, original et parfaitement cohérent que nous sommes conviés à nous plonger.
  • Pars vite et reviens tard de Fred Vargas. Je ne vais pas m'étendre, vous connaissez forcément. Sans surprise, je choisis celui de ces romans qui est considéré comme le plus abouti.
  • Deuil interdit de Michael Connelly. Je vous ai déjà entretenu de la haute estime en laquelle je tiens cet auteur, qui refuse les artifices faciles des coups de théâtre à répétition pour mettre en place des intrigues fortes, sérieuses, et parfaitement bien troussées.
  • La patience de l'araignée d'Andrea Camilleri. Et là aussi, je ne vais pas répéter en longueur des posts précédents: une Sicile pitoresque, mais surtout un personnage fort et charismatique.
Comme à chaque top 10, je vous invite à réagir et à me soumettre votre liste à vous!

vendredi, mars 20, 2009

Fin de sieste

Moment de poésie avec Gaelou qui, à la fin de sa sieste, se demande s'il doit se rendormir ou se lever...

jeudi, mars 19, 2009

Rencontre du troisième type

Pour déconner, je suis allé voir la couverture de la journée de grève par lefigaro.fr. Ils ne peuvent pas nier son succès, mais le premier titre porte sur l'état du trafic SNCF et RATP. N'oublions pas qu'une grève, c'est d'abord prendre le brave travailleur en otage!
Je vous invite à jeter un oeil sur les commentaires de leurs lecteurs sur ce sujet... Très bon, et il y en a tant que ça ne doit pas être du second degré!
Abusez pas, après une demie-douzaine de ces commentaires, l'amusement s'estompe et on commence à avoir sérieusement mal au ventre...

dimanche, mars 15, 2009

Nouvelle rubrique


A l'occasion de la sortie du film Watchmen, j'ai comblé ma honteuse lacune en lisant la BD dont il est tiré. Ce faisant, et malgré l'immense qualité du bouquin, je me suis bien gaussé du terme pompeux de "roman graphique" que nombre de fans préfèrent utiliser à son endroit en lieu et place du banal BD.
Je les comprends quelque part, tant il est vexant de voir certaines œuvres fortes n'ayant rien à envier aux meilleurs des romans être pris pour de bêtes distractions de gosses (l'exemple-type étant évidemment le Maus de Spiegelman). Mais blague autour de ce "roman graphique" mis à part, j'ai réalisé que je vous parlais extrêmement rarement de mes lectures graphiques sur le blog.
Ce post va quelque peu rattraper cette tendance en vous décrivant mes dernières découvertes. Mais je vous réserve aussi un billet futur consacré à quelques BDs un peu plus anciennes qui sont passées au travers de mailles du filet du blog.

Commençons avec Marzi, BD narrant l'enfance d'une polonaise alors que la domination communiste touche à sa fin. Le bouquin est charmant, de part son dessin mangakesque et sa juste observation de l'enfance. Mais on voit bien qu'il s'adresse à un public d'enfants (la BD est publiée dans le journal de Spirou) et si il est certainement des plus justes pour ce qui les concerne (leur ouvrant les yeux sur d'autres enfances), j'aurais aimé plus de noirceur à l'occasion, et que la description du quotidien dans cette dictature soit plus qu'une toile de fond.

Dans le registre noir et beau, je suis servi avec Au revoir Monsieur. D'un trait sec, on nous y narre avec efficacité le déroulement d'un drame dont un enfant est témoin. Le dessin plante parfaitement le décor d'une rude campagne provençale au moment des vendanges, quelque part autour des années 50. Un monde difficile et étouffant, parfait pour une histoire malsaine où le silence règne en maitre.

Venons en aux fameux Watchmen. Je connaissais déjà bien la réputation du scénariste à moitié taré Alan Moore, à qui je devais déjà les frissons du superbe V comme Vendetta, et un From Hell sans compromis. Mais j'étais passé à côté de ce qui semble être, selon les connaisseurs, son œuvre maitresse.
En douze épisodes parfaitement découpés, il nous plonge dans une Amérique contemporaine de la BD (la moitié des années 80) dans laquelle les super-héros existeraient vraiment. Utilisés par le gouvernement, ils matent l'insécurité dans une ambiance bien réactionnaire, permettent la victoire des boys au Vietnam et bloquent le Watergate, ce qui vaut à Nixon d'entamer son cinquième mandat. Seulement, la mécanique se dérègle quand un des super-héros à la retraite se fait assassiner...
Cette BD est effectivement une œuvre d'une grande profondeur. La toile de fond est sacrément travaillée, les personnages sont fouillés et très humains (un épisode est consacré à chacun d'entre eux), et le scénariste s'autorise l'utilisation de moults symboles et clins d'oeils artistico-philosophiques (dont la plupart ont d'ailleurs dû m'échapper).
Tout au plus pourrait-on reprocher à cette BD ses couleurs criardes et son dessin plan-plan, mais ces défauts - dus au fait que les auteurs ont repris les codes des "vraies" BD de super-héros - sont effacés par la maitrise du découpage et des parallèles assez brillants entre les différentes vignettes.
Voila donc une longue BD qui mérite sa réputation - voire, pourquoi pas, le titre de roman graphique. Je me permets cependant de vous prodiguer deux conseils. 1- Essayez de ne pas vous avaler toute la BD en un week-end, comme je l'ai fait. On perd la saveur des épisodes intermédiaires tant on a envie de connaitre la fin. Et 2-, n'attaquez pas le dernier épisode un soir pluvieux de déprime...

Et enfin, l'album que j'ai préféré de cette pourtant excellente moisson est Lulu femme nue de Davodeau. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Etienne Davodeau est un auteur de BD atypique en ce qu'il raconte des histoires peu spectaculaires de "vrais gens". Sa grande spécialité pour ce que je connaissais de lui jusque là, c'était le documentaire (Rural! sur des agriculteurs bio luttant contre une construction d'autoroute, Mauvaises gens sur la vie de ses parents dans un village angevin).
Il raconte dans Lulu l'histoire d'une quadragénaire, mariée et avec trois enfants, qui plaque tout pendant quelques jours lors de sa crise de la quarantaine. Comme d'habitude chez Davodeau, c'est peu spectaculaire mais d'une justesse et d'une humanité époustouflante. J'attends avec grand impatience le tome 2, dont il nous narre la création sur son blog.

samedi, mars 14, 2009

Pas dans la merde

Le court métrage que vient de terminer Yoni Goodman, le réalisateur de Valse avec Bashir.

mardi, mars 10, 2009

Vieux potes


Cette fois-ci, ce sont presque uniquement de vieilles connaissances qui me rendent musicalement visite. Et qui ne me rajeunissent pas des masses.

Suivons donc l'ordre chronologique des souvenirs. Le U2 passionnant s'arrête définitivement pour moi avec Achtung Baby. Le dernier - No line in the horizon - est agréable et pas inintéressant, mais bon, il me passe quand même facilement entre les oreilles sans laisser beaucoup de traces.

Par contre, Sinsemilia et son En quête de sens m'a plus convaincu. Je sais, nombreux sont ceux que leurs paroles de reggae moral rebutent. Je comprends qu'ils peuvent être mépris pour des donneurs de leçon prétentieux. Personnellement, je les crois sincères au delà de tout soupçon quand ils assurent ne pas se donner plus d'importance qu'à n'importe quel type un peu idéaliste, un peu gaucho, refaisant le monde toute la nuit autour d'un feu sur la plage.
Partant de là, leurs paroles sont des plus rafraichissante pour qui veut prendre un peu de recul sur ce monde dont on nous vante le réalisme et le pragmatisme. Dans leurs meilleurs moments elles sont fortes et touchantes, et dans leurs pires phases, j'excuse de grand coeur leur naïveté.
Musicalement, leur rock-reggae est parfaitement en place, et est suffisamment riche pour que l'ambiance change pas mal de chanson en chanson. Ce dernier album ne révolutionne pas la musique, mais il permet de retrouver un vieux bon pote fiable, perdu de vue pendant 5 ans et qui revient fidèle à lui-même, un peu plus mature.

Dans une veine un peu équivalente, la rue Ketanou est également venue nous péter la bise avec A contresens. Ca fait également bien plaisir de retrouver leurs mélodies simples, leur générosité rentre-dedans et leurs paroles au-dessus de la mélée. Cependant, je vais être un peu dur, mais il me semble qu'à la différence de Sinse leur dernier album n'apporte pas grand chose à leur discographie.
C'est un peu cruel car eux aussi essayent de se renouveler musicalement, en s'avançant aux frontières du rock électrique ou en s'ouvrant à des sonorités plus jazz. Mais - peut-être parce qu'ils n'ont pas la profondeur musicale de l'orchestre Sinsemilia - ça n'a pas suffit à complètement renouveler l'intérêt.
Attention, l'album est tout à fait sympathique et je l'écoute avec plaisir, mais il est loin de me marquer autant que les livraisons précédentes. Peut-être vieillis-je, remarquez.

Enfin, une petite déception (elle aussi à nuancer: j'ai dit "petite"!) me vient des Fatals Picards et leur Sens de la gravité. Alors que les deux albums précédents étaient pléthoriques en textes à hurler de rire et à s'enrager politiquement, étayés par des musiques variées quoique péchues, le dernier album est plus court et plus monotone. Les textes ont leurs bons moments aussi, mais je n'ai pas trouvé de perles absolues comme sur le dernier album (qui en regorgeait).
Et les 13 courtes chansons souffrent la comparaison d'avec les 17 longs morceaux de Pamplemousse Mécanique, d'autant que deux des 13 sont des auto-reprises! Voila qui donne un goût de mini-CD de transition bien décevant. D'autre part, les Fatals se recentrent clairement sur le gros rock qui tâche point barre. C'est très efficace et ça doit bien donner en concert (voir le formidable Seul et célibataire 2, que je ne peux écouter au boulot sans gigoter partout), mais moins varié qu'avant.
Difficile de ne pas voir dans cette perte (relative) de la richesse des textes et de la musique les conséquences du départ d'Ivan, le minuscule et chauve membre fondateur qui vient de quitter le groupe pour se consacrer à sa carrière perso... Dommage, car - vous l'aurez compris - même si l'album est plaisant, il est loin de ses deux formidables prédécesseurs.

lundi, mars 09, 2009

1h47


Et oui.
Cinq ans, un mariage, une thèse et un Gaelou après sa première tentative, le plus sportif de vos bloggers favoris a explosé sa précédente marque de 6min30 à l'occasion du marathon de Paris. Et ce malgré des conditions déplorables: pluie et vent (relatifs, mais il n'a plu que deux heures ce jour là, et c'était exactement les deux heures de course), et surtout mise en place catastrophique de l'organisation qui nous a contraint de partir en fond de grille, et donc à doubler les plus lents en slalomant sur l'intégralité du parcours.
Nous? Oui, nous. Car un jeune loup s'est joint à ma foulée aérienne, et a même réussi à force de volonté à terminer dans un temps très honorable après s'être épuisé à suivre mon rythme souverain

mardi, mars 03, 2009

Marathon ciné

Je m'en suis déjà agacé concernant les sorties de CDs, mais le cinéma souffre du même maux. Les fins stratèges du marketing nous gratifient de périodes extrêmement fastes en excellents films, ce qui oblige à développer une certaine discipline pour en rater le moins possible (surtout quand il faut garder alternativement un petit être à l'âme d'explorateur). Avant les immanquables prochains mois de disette, voici une nouvelle chronique ciné américaine, Oscars obligent.

Tout d'abord, j'ai été complètement conquis par The Wresler. On y suit une vieille gloire du catch qui continue, bon an mal an, sa carrière déclinante. Il ne remplit plus que des gymnases minables et ses cachets sont tellement faibles qu'il travaille dans un supermarché pour payer le loyer de son mobil-home. On suit donc l'existence tristounette d'un looser qui se satisfait de son sort tant son sport lui plait. Mais une attaque cardiaque le contraint à arrêter le catch, à essayer de séduire la strip-teaseuse elle aussi vieillissante qu'il aime, et à renouer avec sa fille.
Je sais, le milieu du catch mis à part, cela semble cousu de fil blanc. Le héros un peu minable au grand coeur qui va chercher à conquérir sa belle et retrouver la fille qu'il a peu connu, on sent venir les violons à des kilomètres...
Oui mais voila, la mayonnaise prend formidablement. Grâce tout d'abord au réalisateur Aronovky, brillant metteur en scène de Requiem for a Dream, qui a eu l'intelligence de mettre un mouchoir sur sa virtuosité technique pour suivre sobrement, caméra au poing, son héros pratiquement de bout en bout. Grâce ensuite à une classieuse Marisa Tomei, touchante de naturelle, qui donne épaisseur et humanité à son personnage. Et grâce surtout, ça a été dit et redit, à un Mickey Rourke époustouflant dans le rôle titre.
Je vous précise que je ne suis pas allé voir ce film pour admirer une bête de foire tant je ne connais rien à la carrière antérieure de Rourke. Qu'il soit passé de beau gosse à, pour reprendre une expression du Masque et la Plume, "une bestiole étrange, à mi-chemin entre Amanda Lear et Philippe Lucas", je m'en contrefous. Par contre, Dieu qu'il joue parfaitement ce rôle! Il est pratiquement de tous les plans et parvient sans jamais lasser à habiter ce personnage mi-ridicule mi-touchant. Si bien que très vite on lui veut du bien, on souffre avec lui et on se réjouit quand les événements lui sont favorables.
Et enfin, cerise sur le gâteau, il y a cette intéressante immersion dans le surprenant milieu du catch. On y découvre une camaraderie virile étrange entre mâles testotéronnés qui s'étreignent dans les vestiaires après s'être envoyés mille mandales sur le ring, dans des combats truqués qui laissent bonne place à l'improvisation.
Bref, une réussite totale, jusque dans la façon de dénouer cette histoire que je croyais condamnée soit à un happy-end niaiseux, soit à une fin tragique terriblement convenue.

Je suis également content de Gran Torino de Clint Eastwood. Il s'agit de ce film intéressant où Clint campe un vieux vétéran de la guerre de Corée, ouvrier de Ford à la retraite, misanthrope et raciste. A son corps défendant, il va sympathiser avec ses voisins asiatiques et aller jusqu'à nouer un rapport filial avec leur enfant. Voila qui va faire se remettre en question le vieux Clint nationaliste et fier de ses armes.
Le film est réussi. Il est drôle dans sa plus grande partie, lorsqu'il joue sur le choc entre l'univers carré, viril et conservateur de Clint et le monde tel qu'il est. Il est puissant, fort et touchant dans ses parties plus dramatiques (car il est aussi question de gangs de jeunes). Et il est beau, de cette beauté grave et un peu monolithique dont Clint a le secret.
Le film m'a donc plu, vous dis-je.
Par contre, je me vois obligé de nuancer quelque peu. Gran Torino ne m'a pas complétement retourné comme l'intégralité de la critique et bon nombre de mes amis. En particulier, je dois avouer avoir trouvé le scénario bien léger dans la phase de transition où Clint se fait "apprivoiser" par ses voisins. Ces asiatiques sont vraiment des caricatures d'immigrés sympas: tu peux les insulter sans relâche, les repousser une quinzaine de fois, ils restent souriants et détendus (même après avoir échappé de peu à un viol) et t'ouvrent grand les bras. De quoi faire fondre même le plus grogneur des Clint.
Voila. Mais ce n'est qu'un petit bémol tant le film est par ailleurs drôle, touchant, beau, et intéressant dans ce que le vieil inspecteur Harry pense de la violence sur ses vieux jours.

Enfin, je ne l'ai pas vu au ciné, mais j'ai enfin rattrapé mon retard sur Zodiac de David Fincher. Cette histoire vraie d'un serial-killer qui n'a jamais été identifié avec certitude se recentre sur trois personnages que cette enquête a hanté toute leur vie: deux journalistes et un flic. C'est tendu, original (tout en fausses pistes), superbement joué et très fin. Mais je déconseille de le regarder avant de se coucher!

Et enfin, avant de vous laisser, je vous indique cet article de Courrier international qui raconte l'énormité des accusations auxquelles Berlusconi a encore échappé, dans le silence assourdissant d'une opinion publique désintéressée.

Recherche toujours

Je remets une couche:

dimanche, mars 01, 2009

Février à 10 mois

Désolé de faire beaucoup dans l'idôlatrie pro-Gael, mais je sais que bon nombre d'entre vous êtes clients.

samedi, février 28, 2009

mercredi, février 25, 2009

Petit lien en passant

Si vous avez un peu de temps, je vous conseille la lecture de ce site lié au Monde consacré aux chroniques judiciaires, et qui relate en ce moment en détail de procès des Tibéri - dans un silence médiatique par ailleurs assourdissant.
Cette note, en particulier, illustre bien le système mis en place en plein cœur de notre capitale.

mardi, février 24, 2009

La cuillère d'argent

Monsieur Gaelou s'exprime une nouvelle fois:

jeudi, février 19, 2009

Parenthèse culture

Aujourd'hui, travaillons les langues en nous amusant:

Big bang theory

Je ne sais plus à quel saint me vouer. Je ne sais plus où j'habite.
Je perds tous mes repères.

S'il est un homme dont les aptitudes devraient nous être connues, s'il est un homme transparent, perpétuellement exposé, dont on devrait connaitre au moins les compétences publiques sur le bout des doigts, c'est bien lui, non?

Et bien il semblerait que non.
Que ce soit une girouette idéologiquement ne devrait pas nous étonner outre mesure (même si je reste un tout petit peu sceptique sur la pérennité du récent virage à gauche que nous attestent les médias).
Que ce soit un piètre sportif, malgré de bien belles images de montée des marche de l'Elysées en tennis ne fait également pas de doute. Je vous ai déjà entretenu de ma déception à la vue de la lourde foulée et des faibles distances que parcourt ce soit-disant joggeur invétéré. Ce gars ne court pas plus souvent qu'un physicien fondamental de ma connaissance, c'est certain.

Par contre, il était entendu que l'homme était un orateur efficace. Un tribun, acclamé de foules nombreuses et la raie bien à droite, qui a su faire avaler à la France entière qu'il avait changé (enfin presque - une petite minorité a résisté). Une bête de scène, perpétuellement sous les projecteurs ou en train de séduire des journalistes dans les backrooms.

Mais alors, comment expliquer son pauvre speech sur la recherche (deux posts plus bas, bande d'infidèles!) Je ne parle pas du fond, je ne veux pas être vulgaire, et puis d'abord il ne faut jamais parler de fond quand on parle de politique sinon on est gauchiste. Il faut parler d'envergure, d'expérience, de pragmatisme, de charisme, enfin de choses sérieuses, quoi.
Mais bref, dans la vidéo, il est mauvais, non? A trop vouloir se la jouer proche des gens, sa rhétorique dépasse à peine le niveau du comptoir. J'ondule à droite et à gauche, je multiplie les silences appuyés de grimaces, je ne fais pas de phrase de plus de cinq mots, c'est minable, non?
Un autre exemple m'a frappé plus encore. Lors de sa longue intervention sur trois de nos six chaines, il nous a livré Sa brillante Pensée concernant le livre de Péan consacré à Kouchner. Regardez-moi ça, c'est le début de la vidéo suivante (je n'ai pas trouvé l'extrait en question seul):

C'est tout bonnement nul, non? "Y a un type, il écrit un bouquin, et moi il faudrait que je vire mon ministre. Non, sérieux, les mecs, un bouquin, avec des pages et tout, tu vois pas la crise. Ah je vais me reprendre un kir, moi."

Ma première théorie consiste à penser que ce type n'a jamais été vraiment bon orateur. Sur-préparé, sur-coaché, il a pu survoler la campagne présidentielle, profitant largement d'une opposition que je qualifierais de peu farouche, et de médias que je qualifierais de peu critiques.
mais maintenant, à force d'être exposé, fatigué, il se révèle tel qu'en lui même.
Théorie n°1. Mouais...

Ma théorie préférée est la deuxième. Sarkozy a effectivement des qualités d'orateur. Ce n'est pas pour rien qu'il a été avocat reconnu, et qu'il a pu se faire élire à tout plein de postes.
Pour les présidentielles, il a eu le flair de suivre le sillon redoutable creusé par Georges W. Bush du parler simple. Des phrases courtes, percutantes, à mille lieues des circonvolutions Royal-esques ou Gore-sques.
Seulement, il s'est piqué au jeu. Il s'éclate. Il aime tant la lumière qu'il adore ses petits one-man shows. Stand-up, je prend le micro dans une main et je déambule dans le public, en racontant toujours la même petite blague.
La plus belle illustration de cette théorie est la suivante:

Mais voila. Notre sympathique héros est bloqué dans son rôle de copain de bistro. Impossible de remonter la pente rhétorique.
Le mauvais côté des choses, c'est qu'on aurait un président Bigaresque pendant encore trois ans. Le bon côté des choses, c'est qu'à trop prendre ses interlocuteurs pour des illettrés, il pourrait rater la réélection.
Enfin peut-être. Ne surestimons pas nos concitoyens non plus (pas plus que les socialistes).

mardi, février 17, 2009

Presque super

Deux films au programme de cette chronique cinéma, deux films qui ont en commun d'être de grandes machines Hollywoodiennes et d'avoir éveillé de ma part de belles attentes: Les noces rebelles et L'étrange histoire de Benjamin Button. Ils ont aussi en commun, sans être déplaisants, de ne pas complètement avoir tenu leurs promesses, à mon sens.

Les noces rebelles (le titre est mauvais) raconte les difficultés d'un couple qui s'est toujours cru brillant et différent de la moyenne, mais qui constate qu'il mène finalement la vie de tout le monde dans ces années 50 Etats-Uniennes. Madame s'occupe de la maison et de ses deux enfants, Monsieur végète dans un boulot de bureau qui ne le plait pas. Prenant conscience de la chose, ils vont essayer de se lancer dans une vie qui leur plairait plus.
Quand le réalisateur d'American Beauty s'empare d'un tel sujet, on peut s'attendre à un film bien acide sur l'american way of life (et par delà, notre quotidien à tous). Quand en plus les deux rôles majeurs (et omni-présents) sont défendus par les excellents Leonardo Di Caprio et Kate Winsley, on peut même s'attendre à quelque chose de grand.
Et ben finalement, je n'ai assisté qu'à quelque chose de correct. De pas mal. Di Caprio et Winsley sont effectivement étourdissants de justesse. Mais le film ne parvient pas, à mon sens, à maintenir toute la tension brillamment installée par la scène d'ouverture. C'est un tout petit peu trop long, un tout petit peu trop lent, un tout petit peu trop appuyé pour être le formidable film intransigeant que ça aurait pu être.

La critique de la longueur peut aussi être faite à Benjamin Button. Là encore, tous les indicateurs étaient au vert fluo: deux acteurs que j'aime beaucoup (Brad Pitt et Kate Blanchet), et surtout un réalisateur aux manettes dont j'ai apprécié (voire adoré) chacun des films (David Fincher).
Pour ceux qui seraient passés au travers, le film raconte la vie de Benjamin Button, né vieillard et qui rajeunit progressivement. Ce pitch étonnant aurait pu donner le meilleur: des mises en situations intimistes touchantes concernant l'apparent vieillard qui découvre la vie, l'homme dans la force de l'âge qui s'éclate comme un ado, l'enfant qui devient sénile, ou surtout l'apparent jeune homme qui vit une belle histoire d'amour avec une femme destinée à vieillir quand lui rajeunit. Le tout enrichi par quelques effets spéciaux ahurissants.
Malheureusement, Fincher se croit obligé de faire également de son film une épopée à la Forrest Gump, sur le mode "je vais vous montrer mon héros traverser le siècle en 2h45". L'Amérique des années 30, la seconde Guerre, un tour du monde, le New-York des années 50, et hop, vous en aurez pour votre argent, m'sieur dames, venez voir ce grand spectacle!
Si cette politique est certainement pour beaucoup dans le succès du film, je trouve que ça pollue pas mal son propos. Benjamin Button, retaillé en 1h30 pour être recentré sur les sentiments du héros, c'eut eu pu être grandiose. Dans l'état actuel des choses, je trouve le film bon, très émouvant sur sa fin, mais inutilement tape-à-l'oeil.

dimanche, février 15, 2009

Pas grand chose


A mon grand regret, je ne reviens finalement pas chargé d'anecdotes passionnantes de Floride. Je n'en ramène que des confirmations: oui, il fait beau en Floride en février; le royaume de Disney pue la guimauve et le carton couleur pastel, et il coûte la peau des fesses; l'avion de nuit c'est pénible, mais l'avion de jour c'est très supportable quand on a un petit écran qui passe les films de notre choix; les margaritas c'est bon, et c'est encore meilleur quand ça passe en note de frais; la recherche dans mon domaine me plait carrément bien; les chercheurs de mon domaine sont rarement des jolies filles; les Américains sont sympas; le centre ville d'une ville même énorme a toute les chances d'être pourri; etc.
Du coup, en attendant des posts plus inspirés, je vous reproduit cette vidéo de notre président disant tout le bien qu'il pense de la recherche (non immédiatement appliquée):

vendredi, février 06, 2009

Rien

En panne d'inspiration (et, il faut bien le dire de sommeil) depuis 5 jours, votre vaillant blogger s'en va se ressourcer en assistant à une conférence scientifique dans un lieu propice à la réflexion et aux échanges bon enfant ().
Gageons qu'il en reviendra bardé d'anecdotes à vous raconter.

dimanche, février 01, 2009

Attention débat

Chantez caouhettes, sonnez suzes, voici l'heure d'un petit débat. Ce billet m'est inspiré par un coup de gueule entendu au Masque et la plume (dans la bouche de Xavier Leherpeur), et que je trouve fort à propos.
Il a trait au fait qu'en certaines circonstances, le discours dominant présente les athées ou les agnostiques comme des "diminués". Je vais m'expliquer plus en détail, mais je préfère préciser avant tout que je pense que ce billet n'est pas inspiré par de l'anti-cléricalisme primaire (que je pratique à l'occasion, il est vrai), ni par la haine tenace que je voue à la maudite cloche de l'église voisine, qui aime à terroriser tous le voisinage dès qu'une messe est célébrée. Casser les oreilles à une cinquantaine de pâtés d'immeuble parce que trois petites vieilles se retrouvent autour d'un autel, ça a beau être la tradition, je trouve que c'est exagéré.

Entendons nous bien. Je suis loin de penser que, de manière générale, les catholiques (et les autres croyants, d'ailleurs) sont présentés sous un jour particulièrement favorable dans les médias. On vit dans un pays laïc depuis bien longtemps (n'en déplaise à certains), et il semble bien intégré que la foi ou son absence est une affaire privée.
Cependant, en certaines circonstances, les médias présentent les croyants sous une lumière bien complaisante. Je pense aux grandes réunions religieuses (type journées mondiales de la jeunesse), aux grandes fêtes (genre Noël avec son indépassable bénédiction ubi et orbi où - incroyable - le pape se prononce pour la paix dans le monde avec un ton naïf que n'oserait pas prendre une candidate à miss France sous peine de passer pour la dernière des greluches), ou plus encore aux dialogues inter-confessionnels.

Ce qui me chiffone dans l'affaire, c'est que j'y vois le sous-texte suivant: "Parlons maintenant de ce groupe de personnes, cette élite, qui sait s'arracher à son quotidien materialiste pour s'élever un peu.". Sourire aux lèvres, journalistes et interviewés nous expliquent la beauté de la Foi, de la réflexion sur le Monde et de la Morale Religieuse.
C'est peut-être moi, mais j'y entends aussi que si on n'a pas la foi, on peut être bien gentil mais on n'est pas vraiment capable de prendre du recul, et d'avoir des Valeurs un peu nobles. Soit tu as une Bible (ou un Coran, ou une Torah, on a l'esprit large) et tu peux réfléchir un peu et te comporter de manière morale, soit tu es un mécréant et tu es forcément matérialiste et individualiste.
Sans foi, tu es juste un mammifère très basique. Alors, ne la ramènes pas trop parce que nous, on passe des heures carrées à méditer sur les Valeurs dans une église/mosquée/synagogue gelée toutes les semaines!

Encore une fois, ce n'est vraiment pas le ton général des médias en toute occasion, mais ça m'agace tout de même franchement parce qu'on pourrait intégrer qu'il n'est pas qu'une seule façon de se détacher de la course au pognon et du consumérisme. (Il fut un temps où j'aurais même insinué que la religion est forcément un frein à toute morale non bêtement bigote, mais je connais quelques brillants contre-exemples qui m'interdisent donc cette volupteuse généralité anti-cléricale.)
Il n'empêche que cette idée reçue comme quoi la religiosité (non fanatique, quand même) dans nos sociétés est un plus incontournable pour qui ne se satisfait pas du monde tel qu'il est me gonfle sérieusement. Ce qui me rend les dernières campagnes athéistes très sympathiques: non, il n'y a pas de honte à être athée!

vendredi, janvier 30, 2009

Pensée du jour

- Quelle est la différence entre le socialisme et le capitalisme?
- Dans le socialisme, on nationalise les banques, puis elles font faillite. Dans le capitalisme, c'est l'inverse.
Angela Merkel, rapportée par le Spiegel

jeudi, janvier 29, 2009

Top 100


Béotien comme pas deux, et échaudé par les médias qui promettent souvent à tort monts et merveilles, je savais qu'on envisageait pour un lointain avenir que la musique et la vidéo à la demande bouleverseraient nos manières d'appréhender les albums et de regarder la téloche.
Soit. J'étais même au fait des possibilités du téléchargement illégal (que je condamne avec la plus extrême fermeté, évidemment).
Mais voila-t-y pas que je découvre coup sur coup:
  1. Que je peux regarder tous les films de Canal, que je rate systématiquement pour cause de coachage de Gael et de couchage précoce, gratos pendant un mois quand je veux, en les téléchargeant depuis une mignone petite widget. (Calmez-vous, ce n'est valable que pour les abonnés!)
  2. Que je peux écouter à peu près ce que je veux, quand je veux, depuis le web, grâce à Deezer. Ca me dispense pas d'acheter les albums, mais ça permet de partager très facilement ses coups de coeur, et de découvrir de nouveaux groupes grâce aux radios intelligentes qui proposent des artistes "s'approchant" de ceux qu'on a choisi au départ. (Ceci n'est pas une hypocrite remarque politiquement correcte, je tiens à vraiment acheter les albums. Quand je vois tant de collègues qui ne donnent pas un sou aux artistes qu'ils écoutent parce que "c'est trop cher", mais qui claquent sans sourciller des centaines d'euros dans des écrans plats ou autres gadgets technologiques, je perd parfois mon sang froid. Bref.)
Je sais, je m'enthousiasme quand la plupart d'entre vous connaissez parfaitement Deezer et le VOD depuis une éternité (enfin disons, quelques mois, on est sur internet)!

Alors, bricoleur comme pas deux, je me suis arrangé pour pouvoir écouter Deezer depuis ma chaine (bon, j'ai juste branché mon ipod sur l'entrée AUX de ma chaine...) Ce qui m'a poussé à me composer une compilation ultime afin d'époustoufler mes hôtes.
J'ai donc décidé de choisir mes 100 chansons préférées. Tous les styles, tous les temps. Je vous dis pas la pression, et les choix cornéliens auxquels il a fallu que je me plie.
Je vous livre donc le résultat, avec deux précisions. Malgré sa richesse, Deezer ne m'a pas permi de convoquer toutes les chansons que je voulais de Camille, et surtout rien de Led Zep ni des Red Hot Chili Peppers (il manque tout simplement leur magnifique album Blood Sugar Sex Magic). Et d'autre part, quand il a fallu arbitrer, je me suis donné pour critère de privilégier les chansons que j'adore, qui me donnent des frisons à l'écoute, en essayant de faire abstraction de l'affection que je porte aux artistes. Ca ne m'a pas trop poussé à favoriser les "tubes" je pense, mais certains artistes très homogènes tels que Radiohead peuvent paraitre sous-représentés au final.
And the winners are...

L'opéra et moi


Ainsi donc, par la grâce d'une femme cultivée et d'amis attentionnés, je me suis retrouvé en chaussures de rando et en T-shirt orange à l'opéra. Et pas pour voir une pièce facile d'accès, genre un opéra de Verdi avec des tas d'air enjoués qu'on connait par cœur, non, un truc russe contemporain à la musique tristounette et saccadée.

Et bien la bonne nouvelle, c'est que je ne me suis pas ennuyé.
A l'opéra. En russe. Pendant 3h30. C'était quand même loin d'être gagné.
Cela dit, j'ai la nette impression que j'ai évité l'ennui pour de mauvaises raisons. Alors que l'assistance devait admirer tout plein de choses dans la technique et la sensibilité de la soprano, qu'elle devait méditer sur la côté provocateur de la pièce et l'audace de la mise en scène, je m'arrêtais à de plus basses considérations.
"Oh bah dis donc ils ont une sacré voix ces mecs là. Pfiou, ça fait un sacré nombre de figurants sur scène, là quand même. Oh la vache, quand ils chantent tous en même temps, ça secoue sacrément! Oh mais dis donc c'est joli, cette structure mécanique qui sort du sol!"

Bref, je ne me suis pas ennuyé, mais j'ai l'impression qu'alors que mes voisins jouissaient de richesses culturelles des plus fines, moi je m'amusais à regarder un Puy du Fou russe.
Du grand spectacle populaire, pour toute la famille! De l'émotion, des cascades, et ne ratez pas son combat d'épée épique!
(Je déconne, y a pas eu de combat d'épée. C'est un lourd regret.)

Je ne regrette donc pas cette soirée, mais je ne peux que constater mon imperméabilité aux finesses de l'opéra. J'ai pas les clés, j'ai pas les codes, et ça ne me parle pas plus que ça.
Tant mieux, parce que ça coûte bonbon, et que ça me ferait un peu chier de devoir me saper comme pour un congrès de l'UMP pour aller chercher me dose de culture! Alors qu'on peut aller en tongues et bermuda au Puy du Fou en toute sérénité!

samedi, janvier 24, 2009

Da da da

Pour ceux que ça intéresse, voici un petit melting-pot des exploits de Gael en janvier. J'espère que cette vidéo contribuera à relancer la carrière de Trio, groupe allemand qui a pondu ce tube en 1981, et est injustement oublié depuis.

D'ailleurs, j'ai (re)découvert cette chanson en tant que générique du film Il Divo. J'ai eu l'occasion de le revoir, cette fois-ci avec Elena, et quand j'en relis ma pourtant élogieuse critique, je réalise que j'ai été trop léger.
Ce film est absolument superbe. Chaque scène est brillante; que ce soit par la mise en scène, l'interprétation, ou tout simplement le scénario (l'entretien avec le directeur de la Reppubblica est un bijou). Je l'ai revu avec encore plus de plaisir qu'à la première vision, et je sais que je le reverrai encore et encore.
Bravo.

vendredi, janvier 23, 2009

A l'opéra


Pour ne par mourir complètement idiot, j'ai accompagné Elena à l'opéra hier, à admirer le joyeux Lady Macbeth de Mzensk. Je vous ferai un compte-rendu détaillé de la chose prochainement, mais avant cela je vais partager avec vous quelques observations recueillies au cours de cette soirée éthnologique.
  • A l'opéra, on parle de soi tout le temps. "Ah, mon Dieu que je m'ennuie! Il ne se passe rien" (Imaginer en russe, et chanté si lentement que l'énonciation de ces phrases doit prendre 30 secondes).
  • A l'opéra, si un homme veut un rôle important, il lui faut une respectable bedaine.
  • A l'opéra, on se jette/on jette les autres facilement par terre. Ca veut dire qu'on est très triste/très en colère.
  • A l'opéra, c'est pas une légende, on se sent seul dans le public en T-shirt et chaussures de rando.
  • A l'opéra, on peut jouer de la musique chiante de film, ça passe.
  • A l'opéra, on appelle l'autre par son prénom toutes les cinq secondes. "A mon Serguei, que je m'ennuie. Il ne se passe rien, Serguei." (Du coup ça passe à quarante secondes).
  • A l'opéra, on doit surjouer parce que les émotions sont vraiment à leur paroxysme. On passe tellement de temps à apprendre à chanter à l'école d'opéra qu'on a oublié de mettre des cours de théâtre.
  • A l'opéra quand on a des sous, on convoque de grandes foules qui suivent le héros en des flux et reflux un peu passifs.
  • A l'opéra, le connaisseur applaudit à la fin de chaque acte, et le bouseux à la fin de chaque scène. La honte.
  • A l'opéra, on peut montrer des nichons et des gens qui niquent, c'est pas vulgaire.
  • A l'opéra, l'intrigue est minimale et la durée est maximale. Je m'ennuie/je trompe mon mari/je tue mon beau-père et mon mari/je me fais choper, ça prend 3h25.
  • A l'opéra, quand un ténor se met à chanter à cinq mètres de toi par un artifice de mise en scène, tu la ramènes moins parce que c'est quand même sacrément impressionnant (en plus, il avait une grosse bedaine).
  • A l'opéra, on peut être très critique avec un peu de mauvaise foi. Je vous ferai donc un descriptif plus honnête de ma soirée bientôt.

mardi, janvier 20, 2009

Groland


Je vous l'accorde, c'est parfois un peu inégal, mais quand même... Quel audace! Quelle originalité! Quel humour! Et quel engagement...
Je me propose de vous en convaincre en cinq minutes trente chronos: rendez-vous sur ce lien, d'aller sur "Toutes les vidéos" (n noir à gauche), puis "Rechercher dans toutes les vidéos" et taper Groland. Choisissez l''émission de la semaine (du 17 janvier exactement).
Placez-vous maintenant à la position 3min55, et enfournez-vous les trois inénarrables sujets qui suivent (jusqu'à 7min22). Le pied. C'est non seulement hyper drôle, mais souvent très juste.
Moi qui passe tous mes Noël en Italie avec la télé à 3 mètres de mes yeux, et ai donc droit à de longues minutes sur l'engagement courageux de Benoit XVI contre les misères du monde, je peux vous dire que je l'ai goûté. Quand au second, qui d'autre à la télé française peut se permettre d'ironiser sur les philosophes/journalistes/chroniqueurs à l'accusation d'antisémistisme très facile?
Quand au troisième, il est juste marrant et irrévérentieux. Dans le même genre, et pour arriver à vos 5 minutes30, je vous conseille chaudement les extraits allant de 13min47 à 14 min20, et de 16 min 20 à 16min51.

dimanche, janvier 18, 2009

Cinéma

Cette année commence fort bien au niveau cinématographique. Elle débute pour nous avec Louise-Michel et Il divo, deux bons choix des plus intéressants.

Respectons la chronologie avec Louise-Michel, que nous sommes allés voir dans une salle réfrigérée à Nantes. Film made in Groland, Louise-Michel raconte comment une ouvrière (Yolande Moreau) lâchement licenciée par des patrons qui déménagent leurs machines en cachette, convaint ses collègues d'utiliser leur dédommagement pour payer un tueur à gage afin d'éliminer ledit patron. En fait de professionnel, elle recrute un bras cassé (Bouli Lanners) qui aura bien du mal à s'aquitter de sa tâche, d'autant que dans l'économie globalisée il est parfois bien difficile de déterminer qui est exactement le vrai patron ayant décidé la délocalisation.
A l'énoncé du scénario, et en connaissant le registre des grolandais Kervern et Delépine, on se retrouve sans surprise dans un film baignant dans l'humour noir. C'est sa grande force, mais aussi sa petite faiblesse: on accumule les scènes frisant le cultissime, où le second degré le dispute à la diatribe politique. En me les rejouant mentalement, j'admire leur justesse et leur cruauté et espère avoir l'occasion de revoir le film avec des potes sur la même longueur d'onde que moi. Le problème est que lorsque la salle n'est pas au diapason (ce qui était le cas de la mienne), on part dans de grands éclats de rires au début de chacune de ces scènes mais, refroidis par la réaction glaciale de l'assemblée, on a du mal a poursuivre vers le fou rire libérateur final bien mérité. On continue à rire, mi emportés mi gênés, mais on exulte pas comme on devrait.
Bref, Louise-Michel est un film méchamment drôle et dont l'intrigue n'est pas inintéressante, servie par des acteurs parfaits pour leur rôle, mais qu'il faut déguster en bonne compagnie sous peine de ne pas pouvoir le couvrir des hurlements de rire qu'il mérite. Allez-y les yeux fermés, mais en groupe, ou dans le Nord, ou attendez la sortie en DVD pour rassembler le groupe de copain qui va bien et prendre le pied anar que ce très bon film mérite.
(D'autant qu'en plus un certain nombre des copains de Groland (Poolvorde, Kassovitz, Dupontel, Katerine, Salengro, Robert) y font en plus de petites apparitions sympathiques - et pour bon nombre d'entre elles à mourir de rire.)

Autre grosse réussite au style un peu surprenant (mais dans un tout autre genre): Il Divo. Ce film, récompensé à Cannes du prix du jury, se penche sur le mystérieux Giulio Andreotti, homme politique de centre-droit italien occupant la scène depuis la fin de la première guerre mondiale. Sept fois chef du Conseil (soit premier ministre), et 25 fois ministre, il traine une réputation de chef stratége machiavélique, et ses liens avec les francs-maçons de la loge P2 et avec la mafia sont évident (à part aux yeux de la justice).
Voila, de l'aveu même de l'habile Andreotti, un très bon sujet pour un film. Ce qui étonne, c'est que le réalisateur, au lieu d'opter pour un style discret et objectif comme il est de coutume pour les biopics, fait le pari de l'esthétisme et de la subjectivité. La caméra virevolte; une musique dynamique qui n'a rien à envier à Tarantino fait irruption régulièrement; la mise en scèné est nerveuse; Andreotti s'adresse à nous et à Dieu dans des monologues enflammés (quand son naturel est plutôt à la retenue, c'est le moins qu'on puisse dire). Bref, c'est Fight Club au pays du promeneur du champ de Mars.
Et c'est très réussi. Certes, une partie des références historiques nous échappent, mais finalement peu importe tant c'est la personnalité de l'énigmatique Andreotti qui tient le film, défendu par un Toni Servillo impressionnant, surtout pour qui connait l'original. (Sans vouloir me vanter, j'avoue l'avori trouvé aussi bon que dans la pièce de théâtre qu'il a donné à Paris. Ahahah, bande de provinciaux)
Fascinant, brillant, impressionnant et juste. Voila un deuxième grand film à inscrire à vos tablettes.

PS: La bande annonce d'Il Divo est assez peu représentative du film. Cette scène est bien plus juste:

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samedi, janvier 17, 2009

Lantoine encore

Une fois n'est pas coutume, l'édition enrichie de l'album de Lantoine vaut le coût. Le DVD inclus ne contient pas une bête autopromo ou un making of mal foutu, mais deux vidéos bien intéressantes. La première est une interview de Lantoine et Pierron entrecoupée d'extraits de concert, qui éclaire bien la démarche fragile de la paire. En particulier, on y apprend qu'ils se présentent souvent en spectacle en laissant diverses parties à l'improvisation, ce qui confirme deux de mes expériences. Premièrement, il arrive régulièrement qu'il y ait des moments de flotements dans leurs concerts, conséquences de choses peu répétées. Et deuxièmement, il n'est pas étonnant qu'en réunissant les plus réussies de ces prises de risques dans un DVD live, on obtienne un album du tonnerre!
La deuxième vidéo est un court métrage très réussi dénonçant la surconsommation, que les Lantoine diffusent en lever de rideau de leurs concerts. Réalisé par une étudiante pour son projet de fin d'étude, il est sacrément impressionnant. Je l'avais recherché sur le Net après le concert de Lantoine auquel j'avais assisté, sans succès. Il est donc enfin trouvable en toute légalité sur cet album!

jeudi, janvier 15, 2009

Lantoinatitude


Attention, album énorme (qui mérite une image énorme)!
Je parle de l'album live de Loïc Lantoine sorti récemment, A l'attaque. Vous savez certainement tout le bien que je pense du bonhomme, mais je récapitule. C'est d'abord un formidable parolier, voire, disons le, un poète qui convoque avec quelques mots de prolo de superbes images. C'est ensuite un interprète intense, habité, qui fait si bien vivre ses chansons qu'on oublie très vite qu'il ne chante pas mais parle de sa grosse voix.
Et enfin, Loïc Lantoine, ce n'est pas que le chanteur, mais c'est aussi son contrebassiste François Pierron, virtuose modeste qui insuffle leur rythme et leur mélodies aux chansons en mettant en valeur les paroles. (Si j'osais abuser de votre patience, j'ajouterais qu'en plus Lantoine a le bon goût d'être bien bien engagé. Ca fait du bien).
Bref, voila bien une formation complétement suicidaire: deux mecs dégingandés, des textes écrits sur le bord d'un comptoir, un chanteur qui sait pas chanter et un seul ziquos avec un instrument hyper ingrat. Mais la mayonnaise prend fichtrement: on touche au magique et ça ne ressemble à rien d'autre.

Mais, donc, tout cela, nous le savions déjà des deux albums studio du duo. Avec ce live, il y a un vrai plus. D'abord, il marque une gradation dans l'intensité du chant de Lantoine. Face à un public conquis, c'est certainement plus facile de défendre mieux encore ses textes.
Et surtout, les albums studios sont très dépouillés. Jusque là, je croyais que c'était consubstantiel à la Lantoinitude car je ne m'imaginais pas qu'il était possible de préserver la magie du duo Lantoine/Pierron si on enrichissait trop la partie instrumentale. Je pensais qu'on perdrait nécessairement un peu de vue les textes en rompant le subtil équilibre chant parlé-contrebasse.
J'avais bien tort. Lantoine a invité sur sa tournée de concert différents musiciens, doués et subtils (parmi lesquels le batteur de Noir Désir, et le percutioniste de Tryo), qui savent indubitablement enrichir la musique sans nuire à l'ensemble. Les morceaux en sortent indéniablement renforcés.
J'adore. J'écoute en boucle. Et je vous invite très amicalement à y gouter en consacrant dix minutes à cette petite sélection de l'album. Si vous êtes pas scotchés, faut qu'on cause.

lundi, janvier 12, 2009

Eloge de la subjectivité


Vu le nombre de fois que j'ai fait référence à son site, vous devez connaitre mon affection profonde et mon respect absolu pour Daniel Schneidermann, l'animateur d'arret sur images. C'est donc un honneur mêlé de regret que de voir un sujet de post que je mûrissais depuis quelques jours rédigé sous sa plume ce matin. Evidemment, son billet n'aura pas la puissance de conviction du mien, appuyé par mes capacités rhétoriques hors du commun, mais le bonhomme ayant de la bouteille en tant que chroniqueur, il a quand même réussi à défendre correctement son sujet et il est fort probable que l'Histoire, si fascinée par les premiers, accolera son nom à ce sujet plutôt que le mien. Mais bon... (En parlant de rhétorique, quand je fais une phrase trop longue, je la contre-balance par une autre très courte. Si c'est pas puissant ça.)

Je m'agace que les médias ne semblent connaitre que deux façons de traiter un sujet polémique. Variante 1, l'évidence écrasante. On ne présente qu'un aspect de la chose, à grand renfort d'experts et d'hommes politiques sûrs-de-leur-fait-soyons-sérieux-voyons. Les exemples les plus marquants restent le libéralisme (jusqu'à une période récente, et dont je vous pronostique qu'elle ne durera pas plus que la crise actuelle) et la constitution européenne. A ce propos, je ne me lasserai pas de répéter l'avis démocratiquement exprimé des nonistes (dont je suis) a été plus que bafoué. C'est une telle évidence qu'on n'en parle pas, mais pour moi ça discrédite plus la politique que les frasques et petites phrases des uns ou des autres. Fin de la parenthèse.
Variante 2, beaucoup plus répandue, la justaposition de positions antagonistes. On présente successivement le point de vue numéro 1, puis pendant un temps strictement identique le sujet numéro 2, et on clot les débats immédiatement.
Un partout, la balle au centre.

C'est le niveau "C'est mon choix" du débat. Chaque partie s'agite, débale ses arguments, mais à la fin, on s'embrasse, on se respecte, aucune différence d'opinion n'est grave, aucune décision n'est à prendre, aucune synthèse à faire. Pour ou contre le string à l'école? Ben on s'en fout, on peut être pour, on peut être contre, ce qui compte c'est qu'on respecte la diversité de l'autre, et à la semaine prochaine!
Ce qui se défend pour des sujets sociétaux secondaires est beaucoup plus gênant pour des thèmes plus importants. Et comme c'est ce même mode de "débat" en forme de juxtaposition de prise de position qui est utilisée sur tous les thèmes, on glorifie l'ouverture d'esprit absolue au détriment des opinions tranchées et des principes. Pour prendre un exemple récent, on peut faire intervenir un spécialiste convaincu que l'économie va à sa perte, le mettre face à un expert certain que tout va pour le mieux dans le meilleur des monde financier possible, et on se sépare sans avoir avancé d'un pouième dans cette discussion centrale.

C'est là que je rejoins ce bon Daniel. Cette glorification de l'absence de prise de position touche aussi parfois l'information. Evidemment, il est heureux que nos médias ne soient pas transformés en machine de propagande assenant une vérité officielle sur tous les sujets (ce qui nous raménerait à la variante n°1), mais l'extrême inverse est également gênant.
Pour reprendre l'étude de cas proposée par Daniel, le traitement millimétriquement symétrique de la guerre à Gaza confine au ridicule. Tout le monde (ou à presque - voir ce billet qui pour moi échappe à toute logique, et est définitivement ridiculisé par sa chute) se rend bien compte de l'asymétrie du conflit (si vous voulez mon point de vue sur le sujet, il se recoupe très fortement avec celui-ci). Mais attention, là, pas question de trancher trop clairement, on reste dans l'égalité parfaite de temps de parole (ou devrais-je dire dans l'égalité parfaite du temps de propagande). Surtout que le terrain est glissant, une accusation d'antisémitisme est si vite arrivée...
Cela dit, en l'espèce, j'ai été plutôt agréablement surpris. Même si le point de vue d'Israel est fortement repris (plus que ne le mérite sa cohérence à mon avis), la disymétrie est si forte que l'impartialité journalistique est fissurée. Je n'ai pas beaucoup de doute sur l'opinion profonde de la plupart des journalistes que j'ai entendu parler du sujet.

Je quitte donc le terrain de l'information chère à mon Daniel pour en revenir à cette question des débats sans décision. Ce qui me gêne vraiment, c'est qu'on ancre profondément en beaucoup d'entre nous l'idée qu'avoir des opinions tranchées, c'est mal. Prendre position, ce n'est pas avoir des convictions, des idéaux, ce n'est pas avoir examiné les faits et tranché une bonne fois pour toute en son âme et conscience.
Non. Prendre position, c'est s'enfermer, se ranger à une idéologie, et diaboliser inutilement l'autre côté. C'est être sanguin et bien naïf. S'il y a des gens pour penser le contraire, c'est bien que l'opinion d'en face est défendable. Ce ne sont pas des monstres quand même, non?
Pour bien faire, il faut rester neutre en toute chose, et se décider mollement au cas par cas, prudemment prudemment, sans être vraiment sûr de soi.

Je ne sais pas si ce mal est général dans toutes les couches de la société, mais je peux vous dire que chez les cadres, l'épidémie est à un point très avancé. Si tu n'es pas capable de fonder ton jugement sur Sarkozy sur des arguments qui peuvent chacun être étayés par des articles chiffrés parus dans des journaux d'une neutralité reconnue et des citations dont tu peux réciter le contexte avec précision, tu n'as aucune chance de les convaincre. Si en plus tu t'agites, tu te passionnes, tu t'échauffes, tu apporteras autant de preuve de ta subjectivité, et ton avis sera définitivement discrédité.

Mais bordel, avoir des positions, c'est bien! C'est la preuve qu'on veut quelque chose pour cette vie, plutôt qu'attendre passivement que les événements nous arrivent sur la gueule! C'est le signe d'une morale, d'une vision des choses, qui essaye de se manifester dans la vraie vie.
Et peut-être, de la changer par une impulsion qui dépasse les simples soubresauts de l'économie et des conflits éthniques ancestraux.

Et pour vous remercier de m'avoir suivi jusque là, je vous propose cette vidéo, qui fait autrement plus avancer le schmilblick au niveau philosophique:

dimanche, janvier 11, 2009

My own two hands


Et voilà qui montre d'un coup, d'un seul, que mon Internet ET ma capture de camescope fonctionnent.

mercredi, janvier 07, 2009

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Je le savais! Je le savais!
Mes potes qui m'ont offert un joli camescope ne comprenaient pas ma gêne quand j'ai découvert que les données devaient être transférées de la cassette du camescope au PC via une liaison firewire. Firewire, firewire... mais j'ai pas, ça! (J'avais opportunément évité de cocher la case facultative "firewire" (pour 10 euros) lors de l'assemblage de mon PC...)
"Voila qui est un peu rageant, mais on ne va pas en faire une montagne, mon bon Vinci! Il n'y a qu'à investir dans une carte PCI (à 15 euros) pourvue de ces bonnes prises! Ca se branche en deux secondes, et le problème est résolu! Problème réglé, tiens, ressers-moi un verre plutôt."

Sauf que je rechigne toujours à modifier la config de mon PC. Je vous le confesse, j'ai peur de mon PC. Il me domine psychologiquement. Il a tous les pouvoirs sur moi, je suis sa chose... Pas un truc facile à avouer à des potes assoiffés, surtout quand on bosse dans l'informatique!Mais,
Mais j'ai l'expérience de la chose: à chaque fois que je change un pouième à ma config', le fragile château de carte informatique niché dans mon PC s'effondre immanquablement, et je suis bon pour une semaine à démonter, réinstaller, télécharger et tester.
C'est épanouissant comme tout.

J'ai donc fait tout ce que j'ai pu pour éviter de franchir le pas. J'ai regardé si on ne pouvait pas passer par un port USB2 plutôt que du firewire (non). Si je ne pouvais pas échanger mon caméscope contre un équivalent permettant de passer par un port USB 2 (non).
J'ai commandé une nouvelle façade qui comprend une prise firewire. Ça a été tout un poème de la recevoir: la boîte auprès de laquelle je l'ai commandé s'est plantée dans ses étiquettes d'expédition et j'ai reçu à la grande loterie qui s'en est suivie un magnifique câble Ethernet de 20m de long, très esthétique mais dont je n'ai absolument rien à foutre. Face à cette méprise, ils se sont engagé à lui substituer ma façade, mais ne sont pas venus au premier rendez-vous et se sont perdus au second.
Passons. Enfin en possession de ma précieuse façade, tout frétillant d'impatience, j'ai très vite constaté que je ne pouvais pas l'utiliser car ma carte mère non plus ne contenant pas l'entrée firewire nécessaire (en option, 10 euros!)

De guerre lasse, j'ai craqué.
J'ai commandé la carte PCI-firewire.
...
Mon destin était en marche.

Elle m'est parvenue hier, à 19h45 précise (avec dix jours de retard, quand ça veut pas...). Voici la triste chronologie des événements:
  • 19h45min10s. J'éjecte Gael dans les bras maternels et bondis sur mon PC. Y a des priorités dans la vie.
  • 19h45min45s. J'éteins le PC et débranche tout.
  • 19h46min12s. J'ouvre la tour, retire la carte PCI réseau wifi qui sert à rien, et monte la carte PCI firewire à la place. L'opération se déroule sans embage.
  • 19h47min30s. Je repositionne la tour à sa place, rebranche tout, reboote le PC.
  • 19h47min30s-55s. Je flippe pendant le boot du PC. Que va-t-il se passer cette fois-ci? j'ai peur j'ai peur j'ai peur.
  • 19h48min25. Le PC a booté. Tout à l'air normal. Ouf.
  • 19h48min26s. Eureka! Une bulle apparait et m'annonce que mon nouveau matériel, la carte PCI, a été détectée et que le pilote correspondant est bien installé. Miracle! Vive le science, vive windows!
  • 19h48min35s. Je vérifie qu'Internet marche. Il marche. Je vérifie que la télé marche. Elle marche. Bonheur. J'ai eu tort de douter. Vive l'informatique.
  • 19h48min45s. J'essaie de brancher mon camescope au PC, et constate que le câble que j'emploie n'est pas le bon.
Malgré ce léger point noir, l'opération a l'air couronnée de succès. Satisfait, je me rappelle que j'ai un fils à qui je vais péter la bise. Tiens, il y a même ma femme autour! Allez, un autre bisou!
Le coeur léger, je retourne à mon PC. Pompompom.
Et là, c'est le drame:
  • 19h51. Internet ne fonctionne plus. Je tripote, et me rend compte que la livebox fonctionne toujours très bien (TV, téléphone, wifi ok). C'est donc mon PC qui comprend plus comment lui causer. Je reste calme et je reboote.
  • 19h53. Internet ne marche toujours pas. Je fais quelques tentatives dans les menus du réseau, et n'y comprends goutte. Dans le doute, je reboote.
  • 19h55. Internet ne marche toujours pas. Je me dis que si ça se trouve, c'est la livebox qui n'arrive plus à parler au PC. Je la reboote donc, ce qui se fait de manière assez animale en la débranchant et la rebranchant.
  • 19h55min01. La livebox rebranchée reste inerte. Au lieu d'un joyeux balais lumineux montrant qu'elle essaie de discuter avec tout plein de monde, rien, juste deux lumières palotes et fixes. Je débranche, rebranche, rien, pareil. La livebox m'a l'air morte...
  • 19h55min42s. Les plombs sautent. Ca n'a rien à voir, notre appart' a juste du mal à encaisser trois chauffages qui tournent à fond les ballons, mais ça tombait bien, alors que j'étais agenouillé, mi-indécis mi-accablé, devant ma moribonde livebox!
Donc si je récapitule, alors que je devais brancher une bête carte PCI, opération durant deux minutes en théorie:
  • mon caméscope ne communique toujours pas avec le PC;
  • mon PC ne communiquait pas avec une livebox, même quand celle-ci n'était pas atteinte;
  • ma livebox a trépassé.
Magique! Et le tout en me laissant l'espoir que l'opération s'était bien passée. Cruel destin!
On ne me reverra pas installer quoique ce soit de si tôt! je suis reparti pour l'habituelle semaine de bidouillages informatiques, et nous serons privé d'internet et de téloche jusqu'à ce que les choses s'arrangent...

dimanche, janvier 04, 2009

Dexter

La troisième saison de Dexter vient de se terminer.
Notre serial-killer préféré poursuit ses petites aventures à Miami pour une saison où il a du mal à garder son proverbial calme entre sa meuf qui devient de plus en plus pressante pour officialiser leur liaison, un serial-killer enigmatique, et un nouvel ami étonnament proche.
A l'aube de cette troisième saison, je craignais le pire. Je me demandais comment il serait possible de nous intéresser au personnage principal après deux saisons qui nous en ont déjà raconté beaucoup sur lui. Mais d'un autre côté, Dexter et les personnages secondaires sont si attachants que l'envie de les voir une nouvelle fois à l'oeuvre me tentait furieusement.

Au final, je suis mitigé.
L'idée majeure de la saison - cet ami qui se découvre beaucoup de points communs avec Dexter - était bien intéressante, mais mon Dieu qu'elle est mal amenée. Alors que les deux acteurs en question sont des plus impressionants (Michael "David Fisher" Hall et Jimmy "Bobby Simone" Smits), leur recontre est si artificielle et si mal écrite qu'il nous faut toute la sympathie accumulée par les deux premières saisons pour surmonter les interminables 3-4 premiers épisodes.
Par contre, une fois la machine lancée, l'histoire est beaucoup plus intéressante, si bien qu'on en vient à regretter qu'elle culmine en deux épisodes seulement. J'aurais préféré que les deux amis se jaugent un peu plus longtemps tant la chose est succulente. M'enfin, l'intrigue est alors rondement menée et permet d'en apprendre encore un peu plus sur ce bon Dexter.

Voila pour le principal.
L'autre point positif majeur de la saison tient pour moi aux personnages secondaires qui prennent de l'épaisseur en restant toujours aussi attachants. Par contre, je regrette que le sort du serial killer soit réglé de manière si expéditive (voilà qui sent le scénario écrit à la va-vite), et que certains points ne soient pas éclaircis à la fin de la saison (Qu'en est-il de Quin? Que faisait le frère de Miguel exactement chez Freebo? Et surtout, la rencontre Miguel-Dexter était-elle due au hasard?)

Pour résumer, je dirais que la saison se regarde avec plaisir pour qui s'est déjà attaché à Dexter. Mais je ne l'aurais probablement pas regardé en entier s'il s'était agi de la première saison d'une nouvelle série. J'espère que les scénaristes ficelleront mieux leur production pour la prochaine saison...

samedi, janvier 03, 2009

63 185 925

63 185 925. Vous n'avez pas pu passer à côté de ce chiffre, résultat du dernier recensement qui permet opportunément d'occuper l'espace médiatique en ces périodes de fêtes.
Non d'ailleurs que l'actualité médiatique soit vide, grâce à ce bon état d'Israel qui continue intelligemment à favoriser la paix en répandant morale et amour du prochain. C'est plutôt que les rédactions sont bien vides, et que donc les sujets faciles à traiter en dix minutes sont les bienvenus.
Ce qui me fascine le plus, c'est la précision du chiffre: 63 185 925. Et pas 63 185 924 ou 63 185 926, hein. On peut aussi savoir qu'il y a précisément 2 201 578 parisiens, et 3 450 329 habitants des Pays de la Loire. Pas un de plus, pas un de moins

Alors faisons un rapide calcul.
En admettant que nous sommes bien 63 185 925, et que nous vivons en moyenne 75 ans, soit 75x365x24x60x60 = 3 265 200 000 secondes (ah quand même!). Nous pouvons en déduire qu'un Français meurt à peu près toute les 3 265 200 000 / 63 185 925 = 37,43 secondes.
Et en admettant que la population est à peu près stable (ce qui n'est pas le cas, comme se complaisent à le souligner les journaliste. Nous croissons, nous croissons! Mais taisons que c'est dû en bonne partie à notre solde migratoire, hein, faudrait pas que notre cocorico soit trop teinté de bronzés...). Il s'ensuit qu'un enfant nait aussi toutes les 37,5 secondes en moyenne.
La population française doit donc rester stable environ 19 secondes. Après, y a soit un vieux qui claque, soit un chiard qui nait. C'est mathématique!
Le chiffre magique - 63 185 925 - a donc eu une durée de vie de 20 secondes (je suis large). Quand on sait que le recensement a eu lieu sur quatre années glissantes, on peut se demander quand il a vraiment été atteint. Voire s'il veut vraiment dire quelque chose. Un bon 63 200 000 eut peut-être été plus honnête, même si il eut bien moins été romantique et respiré la précision scientifique que l'autre.

M'enfin, ce recensement m'a permis de réaliser que Marseille est bien plus grosse que je le pensais (850 000 - enfin 847 084) et est clairement la deuxième ville de France alors que je croyais qu'il s'agissait de Lyon (seulement 481 000 - enfin 480 778).
Que Toulouse talonne Lyon (450 000 - ou 444 392).
Et que Nice arrive nettement 5ème (350 735). Comme quoi, les vieux réacs se portent bien.

Le recensement ne dit par contre pas quelle portion des environ 40 000 000 d'électeurs vote en réfléchissant rationnellement au programme des candidats, contre ceux qui votent au feeling de la personnalité du candidat. 80/20? (Je déconne) 50/50? 20/80?

vendredi, janvier 02, 2009

dEUS en concert on-line

Même si je ne trouve pas que leur dernier album soit leur meilleur, dEUS reste un groupe très intéressant... et une des plus grandes sensations en concert que j'ai connu. Le Spiegel a le bon gout de nous offrir ce concert récent gratuitement, et en bonne qualité: