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jeudi, juillet 01, 2010

Retraites


Puisqu'on me le réclame sur tous les canaux, je m'en vais mettre à profit cette deuxième soirée successive sans foot pour vous parler un petit peu des retraites. En fait, ce post va constituer une rapide et imparfaite paraphrase de l'excellente série de trois articles parus sur le sujet dans arretsurimages.net. J'incite les fidèles abonnés que vous devez être à vous y jeter sans délais, et aux quelques rares de mes lecteurs qui n'ont pas investi les risibles 35 euros annuels nécessaires à s'abonner à réparer cet oubli prestement.
(En plus, maintenant, Didier Porte va effectuer la chronique hebdomadaire qu'il ne peut plus tenir sur France Inter sur arretsurimages.net)

Ces articles commencent par dénoncer une dramatisation exagérée. On nous agite le chiffon d'un incommensurable déficit (2 600 000 000 000 d'euros cumulés en 2050, rien que ça) pour nous vendre les plus drastiques des réformes comme étant inéluctables. En fait, le problème (tout à fait réel) est ramené à de plus justes proportions quand on dit que le poids des retraites devrait passer de 13.4% de la richesse nationale aujourd'hui à 15.3% en 2050 (dans le scénario moyen retenu par le gouvernement). Ça a l'air plus humain, non?
D'où vient donc cet empressement gouvernemental? Et bien du fait que le déficit des recettes s'est creusé très spectaculairement dernièrement (30 milliards). Seulement, c'est un effet purement conjoncturel dû à la crise économique, et non pas une conséquence de l'évolution démographique de fond.
Le déballage de l'artillerie du report de l'âge à la retraite semble donc surtout avoir l'effet bénéfique de permettre au gouvernement de se donner un peu d'air à court terme, ne serait-ce que pour rassurer les pauvres petits marchés qui sont assez tatillons par les temps qui courent. Et ce d'autant plus que le recul de l'âge de la retraite amène tout une série d'effets de trésorerie bénéfiques à court terme...

Passée cette première analyse, on peut se tourner vers l'argument de fond, qui nous est assené encore et encore avec d'autant plus de bonheur qu'il a l'air d'une indéniable logique: puisqu'on vit plus longtemps, il faut travailler plus longtemps.
Là encore, le constat doit être ramené à de plus justes proportions. Si l'espérance de vie augmente de façon spectaculaire, c'est essentiellement (et heureusement) parce que les morts prématurées (dont infantiles) sont évitées de plus en plus souvent. L'espérance de vie à 60 ans progresse elle aussi, mais plus modestement: d'un peu moins de 5 années depuis 1980 (contre les 10 ans annoncés par le gouvernement).
Cela doit être évidemment nuancé par le fait que ce gain est réparti très inégalement dans la population (rare contre-argument audible). Et il est même établi qu'un retard de l'âge à la retraite fera reculer l'espérance de vie!
Mais il est aussi un autre indicateur qui a retenu mon attention. Savez-vous que l'espérance de vie "en bonne santé" (c'est-à-dire sans limitation d'activité) est de 64 ans pour les femmes et de 63 ans pour les hommes? On voit à quel point les quelques années dont il est question sont cruciales: on ne parle pas de réduire la durée moyenne de la retraite de 10%, mais de diviser par deux la durée de la retraite en bonne santé!

Grâce à ASI, le problème est donc ramené à de justes proportions, à la fois économiques et démographiques. Cela dit, il n'en reste pas moins qu'il manque des sous!
Dans la dernière partie de leur enquête, les journalistes passent au crible les trois voies de financement proposées par les partis politiques. Une évaluation à la lueur des très brumeuses projections à 40 ans du fameux rapport du COR.
La solution du gouvernement, outre qu'elle peut paraitre injuste (non?), ne permet d'améliorer le solde que de 17 milliards en 2030, alors qu'il en manque 45 dès 2020. La méthode des socialistes consiste à piocher des sous de ci de là pour rassembler la somme en question, mais elle est très vague par endroit. Un mystérieux plan senior doit notamment ramener 6 milliards d'euro en réduisant fortement le chômage des vieux.
Reste le traitement de l'extrême gauche: prendre de l'argent ailleurs, en taxant ou réduisant les dividendes.

Est-il la peine que je vous dise quelle est ma préférence?
(Pour les lecteurs me connaissant mal: ET BIEN ON POURRAIT POUR UNE FOIS PRENDRE L'ARGENT OU IL SE TROUVE! Et taxer pour changer le capital, nom de Dieu! Vue la conjoncture, il n'y a pas eu récemment de moment où de telles mesures seraient reçues plus favorablement, d'ailleurs.
Et puis, ce serait rigolo qu'on sorte de la logique "faut surtout pas faire de mal aux marchés parce que sinon les investisseurs ils vont déserter et on va tous mourir". Juste pour voir, une fois, comme ça...)

lundi, août 31, 2009

Arrêt sur images gratuit

Je remets une couche au sortir d'une (nouvelle) indispensable émission d'arrêt sur images. Elle n'est pas en contenu libre, mais je vous recommande par contre chaudement le best-of des émissions de l'été dont elle fait partie. Nous en avons vu quatre sur les cinq, et trois d'entre elles sont tout simplement indispensables (Lordon sur la crise économique, Rey sur les mots et Cordier sur Jean Moulin, dont nous venons d'achever le visionnage), tandis que la quatrième est juste très intéressante (Dray sur... Dray).
Je pointe ici sur la page en question. Cependant, comme je suis un abonné (moi!), il est possible que je tombe automatiquement sur une page à accès réservé. Je suis cependant sur qu'une version tout public existe, retournez alors si le lien ne marche pas sur la page d'accueil et cliquez sur "contenu d'utilité publique".

Dans le même genre, les émissions "D@ns le texte" produite par arretsurimages.net, et consacrés à un bouquin dont l'auteur est invité sur le plateau (où il a le temps de parler!) sont accessible jusqu'au 9 septembre gratuitement. Je vous recommande particulièrement Lanzmann, Debray, Desarthe (peut-être la plus intéressante bien que je n'ai jamais rien lu d'elle) et Michon.

dimanche, août 02, 2009

Indispensable Arrêt sur Images

Chers lecteurs,
non je ne suis pas encore disparu corps et bien dans l'oisiveté de molles vacances bien méritées!
En attendant des posts plus conséquents, je me permets de vous indiquer cette excellente émission d'arrêt sur images qui a été déclarée d'intérêt public par les abonnés, et est donc accessible gratuitement à tout un chacun.
Outre le plaisir de renouer avec cette indispensable émission,vous vous devez de lui consacrer 80 minutes de votre précieux temps pour quatre excellentes raisons:
  1. Le thème de l'émission: l'inconséquence des médias qui n'ont pas vu venir la crise, et n'en ont (eux aussi) tiré aucune leçon en gardant les mêmes intervenants (les "spécialistes") qu'avant pour éclairer notre lanterne, et en posant les mêmes questions flagorneuses qu'avant aux hommes politiques. C'est aussi l'occasion de quelques analyses éclairantes sur la "criminalisation" des banquiers qui évite de se poser trop fort les bonnes questions pour réformer le système.
  2. L'invité: il s'agit de l'indispensable économiste Frédéric Lordon, qui allie clarté d'analyse et rhétorique rigolote. Il est déjà connu et apprécié des auditeurs de Là-bas si j'y suis, chez qui il intervient régulièrement (je vous conseille cette émission relativement récente, ainsi que celle qui parle d'une pétition dont je vous ai entretenu précédemment, et plus encore ce cycle consacré aux années 80 et son virage libéral). Notez qu'il développe son idée aussi dans cette vidéo juste et jubilatoire d'acrimed.
  3. La présentatrice: Maja Neskovic. Schneidermann profite de l'été pour céder son siège de présentateur à quelques anciens collaborateurs, ce qui nous permets de renouer avec le style frais et inimitable de Maja. A titre d'illustration, voici comment elle a formulé la thématique de l'émission:
"Avec la crise, j'ai cru qu'à la télé, dans les journaux, ça allait changer. Qu'on allait tous les virer, ceux qui étaient censés nous informer mais qui n'avaient rien vu venir, les experts qui se succédaient sur les plateaux pour nous dire que le marché ça s'autorégulait et qu'il ne fallait pas s'inquiéter. J'ai attendu l'émission spéciale en direct présentée par Marie Drucker, Arlette Chabot et Laurence Ferrari, où ils seraient tous tout nus et où on leur repasserait leurs déclarations de l'époque. J'ai attendu, attendu, et rien n'est venu."
  1. Enfin, j'apprends à la lecture du Spiegel que les financiers de Goldman Sachs et JP Morgan repartent en guerre comme à la grande époque puisqu'ils ne semblent retenir de la crise qu'ils ont causé que des conséquences très pragmatiques: faut laisser passer l'orage pour ensuite bondir sur les bonnes occasions d'investissement facile permises par le paysage industriel et bancaire désolé. C'est donc reparti pour des prises de risque à gogo (sachant bien qui payera pour sauver leur tête en cas de problème), avec bonus à la clé (ou plus exactement augmentation de leur salaire (de 50% Citigroup, menant à un salaire moyen de 770 000 euros l'année pour les banquiers de Goldman Sachs) puisque c'est un peu plus discret que les bonus).
Bien qu'ayant une piètre image de la finance, je ne pensais pas qu'ils oseraient reprendre aussi ouvertement leurs tranquilles habitudes moins d'un an après que les politiques aient débloqué des aides farimineuses pour sauver leurs fesses. Comme évidemment les financiers ne changent pas, mais surtout comme les politiques ne se décident toujours pas à vraiment modifier les règles du jeu, il ne reste qu'à entretenir notre juste colère en regardant ce type d'émission, et en espérant que ces analyses deviennent tellement évidentes qu'on finira par vraiment changer les choses. Je vous accorde qu'elles peuvent difficilement être plus évidentes, mais il semble que ça ne suffise par encore.

Je vous fais grâce de cette dernière motivation qui m'est plus personnelle. Mais il reste au moins trois excellentes et indiscutables raisons de regarder cette emission sans tergiverser plus avant (surtout par ce temps pourri).

lundi, janvier 12, 2009

Eloge de la subjectivité


Vu le nombre de fois que j'ai fait référence à son site, vous devez connaitre mon affection profonde et mon respect absolu pour Daniel Schneidermann, l'animateur d'arret sur images. C'est donc un honneur mêlé de regret que de voir un sujet de post que je mûrissais depuis quelques jours rédigé sous sa plume ce matin. Evidemment, son billet n'aura pas la puissance de conviction du mien, appuyé par mes capacités rhétoriques hors du commun, mais le bonhomme ayant de la bouteille en tant que chroniqueur, il a quand même réussi à défendre correctement son sujet et il est fort probable que l'Histoire, si fascinée par les premiers, accolera son nom à ce sujet plutôt que le mien. Mais bon... (En parlant de rhétorique, quand je fais une phrase trop longue, je la contre-balance par une autre très courte. Si c'est pas puissant ça.)

Je m'agace que les médias ne semblent connaitre que deux façons de traiter un sujet polémique. Variante 1, l'évidence écrasante. On ne présente qu'un aspect de la chose, à grand renfort d'experts et d'hommes politiques sûrs-de-leur-fait-soyons-sérieux-voyons. Les exemples les plus marquants restent le libéralisme (jusqu'à une période récente, et dont je vous pronostique qu'elle ne durera pas plus que la crise actuelle) et la constitution européenne. A ce propos, je ne me lasserai pas de répéter l'avis démocratiquement exprimé des nonistes (dont je suis) a été plus que bafoué. C'est une telle évidence qu'on n'en parle pas, mais pour moi ça discrédite plus la politique que les frasques et petites phrases des uns ou des autres. Fin de la parenthèse.
Variante 2, beaucoup plus répandue, la justaposition de positions antagonistes. On présente successivement le point de vue numéro 1, puis pendant un temps strictement identique le sujet numéro 2, et on clot les débats immédiatement.
Un partout, la balle au centre.

C'est le niveau "C'est mon choix" du débat. Chaque partie s'agite, débale ses arguments, mais à la fin, on s'embrasse, on se respecte, aucune différence d'opinion n'est grave, aucune décision n'est à prendre, aucune synthèse à faire. Pour ou contre le string à l'école? Ben on s'en fout, on peut être pour, on peut être contre, ce qui compte c'est qu'on respecte la diversité de l'autre, et à la semaine prochaine!
Ce qui se défend pour des sujets sociétaux secondaires est beaucoup plus gênant pour des thèmes plus importants. Et comme c'est ce même mode de "débat" en forme de juxtaposition de prise de position qui est utilisée sur tous les thèmes, on glorifie l'ouverture d'esprit absolue au détriment des opinions tranchées et des principes. Pour prendre un exemple récent, on peut faire intervenir un spécialiste convaincu que l'économie va à sa perte, le mettre face à un expert certain que tout va pour le mieux dans le meilleur des monde financier possible, et on se sépare sans avoir avancé d'un pouième dans cette discussion centrale.

C'est là que je rejoins ce bon Daniel. Cette glorification de l'absence de prise de position touche aussi parfois l'information. Evidemment, il est heureux que nos médias ne soient pas transformés en machine de propagande assenant une vérité officielle sur tous les sujets (ce qui nous raménerait à la variante n°1), mais l'extrême inverse est également gênant.
Pour reprendre l'étude de cas proposée par Daniel, le traitement millimétriquement symétrique de la guerre à Gaza confine au ridicule. Tout le monde (ou à presque - voir ce billet qui pour moi échappe à toute logique, et est définitivement ridiculisé par sa chute) se rend bien compte de l'asymétrie du conflit (si vous voulez mon point de vue sur le sujet, il se recoupe très fortement avec celui-ci). Mais attention, là, pas question de trancher trop clairement, on reste dans l'égalité parfaite de temps de parole (ou devrais-je dire dans l'égalité parfaite du temps de propagande). Surtout que le terrain est glissant, une accusation d'antisémitisme est si vite arrivée...
Cela dit, en l'espèce, j'ai été plutôt agréablement surpris. Même si le point de vue d'Israel est fortement repris (plus que ne le mérite sa cohérence à mon avis), la disymétrie est si forte que l'impartialité journalistique est fissurée. Je n'ai pas beaucoup de doute sur l'opinion profonde de la plupart des journalistes que j'ai entendu parler du sujet.

Je quitte donc le terrain de l'information chère à mon Daniel pour en revenir à cette question des débats sans décision. Ce qui me gêne vraiment, c'est qu'on ancre profondément en beaucoup d'entre nous l'idée qu'avoir des opinions tranchées, c'est mal. Prendre position, ce n'est pas avoir des convictions, des idéaux, ce n'est pas avoir examiné les faits et tranché une bonne fois pour toute en son âme et conscience.
Non. Prendre position, c'est s'enfermer, se ranger à une idéologie, et diaboliser inutilement l'autre côté. C'est être sanguin et bien naïf. S'il y a des gens pour penser le contraire, c'est bien que l'opinion d'en face est défendable. Ce ne sont pas des monstres quand même, non?
Pour bien faire, il faut rester neutre en toute chose, et se décider mollement au cas par cas, prudemment prudemment, sans être vraiment sûr de soi.

Je ne sais pas si ce mal est général dans toutes les couches de la société, mais je peux vous dire que chez les cadres, l'épidémie est à un point très avancé. Si tu n'es pas capable de fonder ton jugement sur Sarkozy sur des arguments qui peuvent chacun être étayés par des articles chiffrés parus dans des journaux d'une neutralité reconnue et des citations dont tu peux réciter le contexte avec précision, tu n'as aucune chance de les convaincre. Si en plus tu t'agites, tu te passionnes, tu t'échauffes, tu apporteras autant de preuve de ta subjectivité, et ton avis sera définitivement discrédité.

Mais bordel, avoir des positions, c'est bien! C'est la preuve qu'on veut quelque chose pour cette vie, plutôt qu'attendre passivement que les événements nous arrivent sur la gueule! C'est le signe d'une morale, d'une vision des choses, qui essaye de se manifester dans la vraie vie.
Et peut-être, de la changer par une impulsion qui dépasse les simples soubresauts de l'économie et des conflits éthniques ancestraux.

Et pour vous remercier de m'avoir suivi jusque là, je vous propose cette vidéo, qui fait autrement plus avancer le schmilblick au niveau philosophique:

lundi, novembre 03, 2008

Quelle fatigue!

Ah qu'est-ce qu'ils me fatiguent! Je suis las, fatigué, de ces putains de médias. Et encore, je ne m'abreuve pas à la sauce TF1 mâtinée d'Europe 1, je vous dis pas mon état sinon.
Alors voilà, à tellement surjouer, sur-exposer, sur-commenter l'événement, ils vont réussir à me faire détester Obama. Bien évidemment, on ne peut que se réjouir de son arrivée en lieu et place de Bush à la Maison Blanche. Avant, tout aussi évidemment, de se retrouver tout déçu de ses décisions futures. Ainsi va la démocratie: tu perds tu l'as dans l'os, tu gagnes t'es déçu. Heureusement qu'on gagne pas trop souvent, nous autres!
Bref, mais à force d'envoyés spéciaux, d'émissions spéciales en direct de là bas, d'analyses et re-analyses photocopiées qui ne font pas avancer le débat, j'en ai plein les oreilles. (Pour être poli) Est-ce que son avance dans les sondages est telle qu'il est sûr d'être élu? Ou bien les nombreux vilains racistes US peuvent-ils le faire perdre quand même? Restez avec nous jusqu'à mercredi, ne zappez pas!
Ahhhh mais lâchez nous un peu nom de Dieu! De toute façon, jusqu'aux résultats, il n'y a rien de nouveau à dire, non?

Un événement important, facile à filmer, facile à commenter, et hop c'est la voie royale pour occuper des heures et des heures d'antenne. Ils avaient déjà réussi à me faire détester Bétancourt quelques heures seulement après sa libération. A me gonler avec la crise financière bien qu'il y ait tant de choses importantes à en dire, qui dépassent le "est-ce que ça commence à s'arrêter ou ça ne fait que débuter. Ben on en sait rien." (A ce sujet, une solution originale au problème est proposée ).
Et c'est maintenant Obama que je hais suite à leur pilonnage incessant...

Au passage, une des ficelles pour faire durer le suspense me fait doucement rigoler. L'effet Bradley, vous savez, le fait que dans le "secret de l'isoloir" (expression obligatoire quand le sujet est abordé), les gens sont enclins à ne pas voter pour un Noir même s'il est proche de leur opinion. Ca me fait marrer, non pas parce que cet effet est négligeable ou inintéressant, mais parce qu'il nous est détaillé avec une sorte de condescendance pour ces bouseux d'Américains, tous plus ou moins racistes quoiqu'on en dise. Nous, on est au dessus de tout ça bien sûr...
Hé, les mecs, c'est quel pays qui est sur le point d'élire un Noir? Et quel autre qui a mis Le Pen au second tour? Alors, un peu de retenue, les pépéres.

Outre que le matraquage médiatique est abrutissant, il a en plus l'effet secondaire de cacher les vraies infos importantes. (Oui, l'élection américaine c'est important, mais qu'on nous en parle une fois le résultat connu, plutôt que de nous pomper avec les derniers voyages de McCain et Obama!) Après 10 minutes sur le sujet, et avant 3 minutes de sport (sur lesquelles je ne crache pas), il ne reste plus de la place que pour parler d'une nouvelle.
Grand jeu, laquelle est-ce, parmi les trois suivantes:
  • La retraite à 70 ans. (Ah mais seulement pour les volontaires bien sûr! Ahaha)
  • Le rejet partiel de la proposition de taxation des stock options, des parachutes dorés et des actions gratuites pourtant émise bruyamment par notre président (source: Reuters cité par arrêt sur images).
  • Une dame a été bouffée par des chiens (d'où l'image classieuse illustrant ce post. Slogan: dogs don't always have it easy - les chiens n'ont pas toujours une vie facile).

Emballé par les événements, Brice Hortefeux, très joueur, a décidé de tenter le banco. "Putain, ils sont tellement focalisés sur Obama qu'ils ne verraient même pas que je vais faire une réunion européenne sur l'immigration à Vichy! Tu me crois pas? Chiche? Je le tente"
C'est pas passé loin, Brice, mais ça c'est quand même vu...

samedi, juin 14, 2008

Deux petits liens en passant

  • Une intéressante émission d'Arrêt sur Images, cette fois-ci accessible sans abonnement, consacrée à la défiance des médias traditionnels et des politiques vis à vis d'internet. Voila une bonne occasion pour les non-abonnés de voir ce qu'ils ratent.
  • Denis Robert, le journaliste qui avait découvert Clearstream (et dont je vous avais parlé précédemment) jette l'éponge. La banque-blanchisseuse Clearstream l'a submergé d'assignations devant la justice pour l'épuiser et faire un exemple. Ils ont obtenu gain de cause au Luxembourg sur un de ces procès, ruinant virtuellement Denis Robert. On peut le soutenir .

samedi, mars 22, 2008

Si l'UIMM m'était contée

Non content d'être toujours une émission des plus intéressante sur les travers des médias, Arrêt sur Images donne une seconde chance aux citoyens un peu distraits comme moi pour comprendre la vraie portée de certaines informations. Il y a quelques mois, ils m'avaient déjà permis de mieux comprendre la ténébreuse affaire Clearstream en m'encourageant à ne pas me laisser distraire par une péripétie secondaire (le bidouillage des listings pour incriminer des hommes politiques), qui cachait le vrai problème du blanchiment d'argent à niveau quasi industriel, et sur le sol européen.

ASI met en ligne une émission du même acabit consacrée à la caisse noire de l'UIMM. Bien qu'elle plus facile à comprendre que Clearstream (il ne s'agit après tout que d'une bête histoire de corruption), force est de constater que je me suis vite satisfait des explications officielles: il s'agirait d'une ancestrale histoire de financement des syndicats, nous a-t-on dit. Et quand l'affaire revient sous le feu des médias, c'est sur des histoires finalement très secondaires de personnes: Gauthier-Sauvagnac contre Parisot.
Si vous regardez l'émission (qui est accessible à tous les internautes, même aux non abonnés à ASI), vous serez sûrement comme moi sous le coup des questions majeures sur lesquelles nous ne nous sommes pas arrêtés. Est-on sûr de la destination des fonds? Pourquoi personne ne fait-il état de l'hypothèse la plus nauséabonde (et pas la moins probable): une partie de l'argent aurait servi à acheter des votes parlementaires pour des lois écrites par l'UIMM? Pourquoi la justice est-elle exceptionnellement lente sur le sujet, laissant le temps au puissant Gauthier-Sauvagnac de négocier (et monnayer) le pacte du silence avec l'UIMM? Alors que dans le bureau d'en face du juge d'instruction chargé de l'affaire travaille Van Ruinbeck, autrement plus actif sur un dossier impliquant le petit Kerviel? Et pourquoi personne ne souligne t-il que Sarkozy (alors ministre des finances) et Breton ont été mis au courant de l'affaire il y a plus de trois ans, sans rien entreprendre?
En plus, l'émission nous donne l'occasion, en marge de toutes ces questions centrales, de mieux comprendre le quotidien d'un journaliste d'investigation financière... particulièrement succulent quand il raconte que son employeur d'alors, le Figaro, pas particulièrement hostile au Medef, a bien été obligé de publier ses premières révélations.

Bref, je vous encourage à y jeter un oeil, en vous avertissant qu'il m'a fallu bien dix minutes pour accrocher véritablement au débat. Une fois cet effort fait, c'est passionnant, et je pense que le sujet mérite vraiment qu'on s'y attarde une petite heure.
S'il vous reste deux-trois minutes à la fin du visionnage, cet article d'alternatives économiques sur les tenants et aboutissants de la gueguerre Parisot-Gauthier Sauvagnac est aussi très instructif.

vendredi, février 15, 2008

Ils sont vraiment trop forts

C'est à travers de telles perles que je site d'arretsurimages prouve comme il est essentiel: en enquêtant sur ce dont nous ne pensons pas à nous méfier.
Dans l'article en question, ils démontrent que le chiffre, pourtant très plaisant pour moi, des 40% d'augmentation de gains pour les grands patrons du CAC 40 ne veut absolument rien dire. On y apprend entre autre chose que les calculs étaient faits avant la baisse de la bourse, et surtout que seuls les patrons dont les traites étaient en hausse y étaient pris en compte!
Les heureux abonnés d'ASI peuvent dès maintenant lire l'article complet, les autres attendre qu'il soit déclaré d'utilité publique... ou s'abonner!

mardi, novembre 27, 2007

jeudi, septembre 13, 2007

Youpi!

Arrêt sur images rebondit. Pour ceux qui n'ont pas suivi, viré de la télé malgré près de 200000 pétitionnaires, Schneiderman and co s'installent sur le web. Soutenus par les petits bras des abonnés...
En attendant la version définitive de leur site - avec notamment des vidéos de chroniques et débats comme à la télé - des billets écrits se trouvent sous arretsurimages.net.
Abonnons nous, abonnons nous!

vendredi, juin 29, 2007

Revue de web

Alors que la pétition bat des records inattendus, l'affaire Arrêt sur Images n'en finit pas de connaître des péripéties. Un point clair (et un peu partial, mais qu'importe quand le partial a raison) nous est donné sur desourcesure.com, qui reporte le passage de Schneiderman sur En Aparté ce midi.
En bonus, pas de Ioulia cette semaine, mais les pensées de David Abiker, et surtout des documents d'archives du jeune chien fou Schneiderman rentrant dans Serge July il y a près de 20 ans. Il faisait déjà les gros yeux.

Enfin, Birenbaum revient sur l'efficacité du web pour faire exploser quelques affaires récemment. Et il en profite pour pointer sur un reportage sur notre hyper-président dont le second degré est d'autant plus succulent qu'il est passé au journal de 20 heures de France2.

dimanche, juin 17, 2007

ASI toujours



Alors que l'avenir d'Arrêt sur Images s'assombrit, une autre petite série d'interview d'après l'enregistrement de l'emission, menée par rue 89.
A l'intention de nos lecteurs qui ne sont pas que des spectateurs engagés, mais aussi des esthétes, je précise que Ioulia n'y est pas interviewée pas mais que Soraja y fait une apparition remarquée.