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samedi, septembre 18, 2010

Treme


Vous allez me croire mono-maniaque, mais je reprends la plume pour vous vanter les qualités d'une série américaine, encore une fois créée et produite par David Simon, et encore une fois impressionnante de finesse, de charme, et d'accroche: Treme.
(Pour les étoudis, David Simon est le créateur de ma série favorite - the Wire - et l'auteur de deux bouquins non fictionnels consacrés respectivement à la division homicide de la police de Baltimore, et au bas de l'échelle des dealeur et drogués de Baltimore - Homicide et The Corner.)

Pour sa nouvelle aventure, Simon sort de sa Baltimore natale pour nous faire découvrir une autre ville immensément riche à son cœur: la Nouvelle Orleans. Bien que l'envie de faire partager l'identité musicale, culinaire et festive de cette ville le travaillait depuis bien longtemps, la passage de l'ouragan Katrina (et la gabegie de la gestion gouvernementale de la catastrophe) est venu donner un coup d'accélérateur à son projet - tout en enrichissant son propos.
La première (et pour l'instant seule) saison se déroule trois mois après le passage de la tempête. Le cœur de la Nouvelle Orléans - le quartier Treme - est ravagé. Les personnages que nous suivons viennent de regagner leurs maisons, dans des états variables, et constatent les dégâts portés à leur chère ville, qu'ils soient matériels ou - plus vicieux - portés à l'esprit de la ville.

A la différence du Wire (et de la plupart des séries dramatiques), il n'y a pas dans Treme d'intrigue principale qui se déroule tout au long de la saison. Certains des personnages majeurs vivent une quête qui s'étend sur les 10 épisodes en question, mais tous ne sont pas engagés dans la même histoire centrale - ce qui ne les empêche pas de se croiser et pour la plupart de se connaitre. Il n'y a pas d'ambiguïté: le sujet principal, c'est ce quartier fascinant du Treme dans toutes ses facettes.
On aurait pu craindre que l'absence de gros ressort dramatique engendre une série peu accrocheuse. Ce serait faire peu de cas du savoir-faire de Simon et de tous ses collègues. LE bonhomme sait y faire pour développer un propos assez théorique (dérive de Baltimore, charme de la Nouvelle Orléans) au sein d'histoires passionnantes. La clé semblant en être de donner corps à des personnages riches, fascinants, et toujours parfaitement défendus par des acteurs sidérants.

Je vous invite à un rapide tour des personnages clé, pour que vous voyiez l'ambiance. A tout seigneur tout honneur, nous suivons un tromboniste relativement reconnu, qui vivote d'un concert à l'autre au sein du Treme. Il est campé par Wendel Pierce, le Bunk du Wire, tout en bonhommie virile. La musique est également représentée par un DJ avocat enthousiaste de la culture locale et passablement timbré, ainsi que par un couple de musiciens de rue dont l'amour va être mis à mal par le fait qu'elle est bien supérieure à son mec musicalement.
Mais la ville a une autre grande spécialité moins connue de ce côté de l'Atlantique: la bouffe. Elle est incarnée par une jeune chef douée mais peinant à s'installer à cause des multiples problèmes hérités du passage de Katrina.
Et on en vient aux personnages se focalisant sur la tempête. L'intrigue au suspense le plus typique des séries concerne une femme d'une quarantaine d'année qui recherche son frère, dont elle n'a plus de nouvelles depuis son incarcération quelques heures avant le passage du cyclone. Elle est épaulée par une avocate rentre-dedans, elle même mariée à un prof de littérature sévèrement remonté contre le peu de solidarité que les USAs portent à sa ville. Ce personnage politique est campé par un énorme John Goodman, dans tous les sens du terme.
Enfin, le dernier personnage principal est un inclassable chef de tribu indienne. Je l'ignorais, mais différentes "tribus" de Noirs américains passent leur temps libre pendant toute l'année à préparer des costumes traditionnels splendides, qu'ils ne portent qu'au défilé de Mardi Gras. Le chef en question se bat pour rassembler ses troupes éparpillées par la tempête, et réussir à préparer les costumes traditionnels dans les délais.

Voila autant de prétextes à suivre des histoires dépaysantes et passionnantes, qui brossent le tableau d'une ville unique où l'on a envie de se ruer à la seconde où on finit d'engloutir les 10 épisodes déjà sortis.
Et pas avant! Parce que d'une part on est absorbé par la série, mais d'autre part il serait dommage de rater quelques uns des nombreux concerts superbement restitués dans la série. Qu'ils se déroulent sur des scènes prestigieuses, dans des clubs miteux, sur le trottoir, aux enterrements, pendant les défilés du Mardi Gras, dans les appartements privés, ou même devant les tapis roulants à bagage de l'aéroport, ils sont tous diablement convaincants.

vendredi, novembre 06, 2009

Deuxième couche de wire


C'est officiel. Elles sont maintenant trois.
Trois séries au sommet, dans mon panthéon personnel, loin, très loin, au dessus des autres. Dexter (2 premières saisons), Friends, Desperate (premières saisons), et même New York Police Blues, c'est du très bon, du super divertissement et de la qualité, mais c'est vraiment loin au dessous de ces trois là. Les Sopranos. Six Feet Under.
Et donc, The Wire (ou sur Ecoute, en VF). Je vous en ai déjà parlé alors que nous finissions la première saison, déjà bien impressionnés. Maintenant que nous avons terminé ses cinq saisons cohérentes, variées, intégres et passionantes, je me dois d'en remettre une couche d'en l'espoir de contaminer quelques nouveaux fans (sachant que pour l'heure, les cinq personnes que j'ai convaincu de regarder quelques épisodes sont devenues instantannément des fans absolus, qui ont englouti ses 60 heures avec le même bonheur que nous).

Il s'agit donc de cette série qui, sous prétexte d'enquête policière ("sur écoute"), dévoile les côtés sombres de Baltimore. Les coauteurs maîtrisent le sujet: anciens journalistes, ancien enseignant pour l'un d'entre eux, ils ont passés un an de leur vie à un coin de rue, à observer la vie quotidienne des dealers qui y étaient installés. Expérience dont ils ont tiré un livre et une minie-série, embryon de The Wire.
Les côtés sombres de Baltimore, c'est essentiellement la drogue bien sûr. Mais sa mécanique est complexe, et la série s'attache à en montrer tous les aspects, méthodiquement, saison après saison. La première est centrée sur l'organisation de dealers de l'ancienne école; la deuxième sur l'approvisionnement en drogues avec la complicité plus ou moins volontaire de syndicalistes des docks; la troisième sur la politique et la montée en puissance de la nouvelle école des dealers; la quatrième sur l'éducation et la cinquième sur la presse.
On en ressort grandement enrichi sur le fonctionnement de cette mécanique monstrueuse, mais également humaine. Mais d'abord et avant tout, on y a croisé une centaine de personnages, riches et intéressants, superbement écrits, superbement joués. C'est le pied. On ne ressort pas indemne d'une rencontre avec Omar, Bubs, Stringer ou Bunk.

Car The wire est non seulement une série intelligente, mais surtout passionnante. C'est grand. Enfin, ce que j'apprécie tout particulièrement, c'est que les auteurs ne choisissent jamais de la facilité. Ils n'hésitent pas à sacrifier des personnages charismatiques pour la cohérence du propos. Pour autant, ils ne sombrent pas non plus systématiquement dans le désespoir: certains personnages s'en sortent bien, d'autre mal, des deux côtés de la loi. Certains, d'abord sympathiques, se révèlent bien plus complexes, et vice et versa. Tout en restant parfaitement cohérents.
Prenez vous par la main, et regardez trois-quatre épisodes de la première saison, quoi!

samedi, mai 02, 2009

Sur écoute

Les sériophiles les plus éminents mettent évidemment tous un point d'honneur à peupler leur palmarès personnel de séries cultes peu connues (ou peu reconnues), ce qui est d'ailleurs chose aisée étant donné le nombre et la qualité de la production américaine. Malgré tout, quelques grands noms se dégagent. Passés les deux maîtres toute catégorie confondue (Six Feet Under et les Sopranos), on trouve un petit groupe de séries majeures (The Office, The Shield, Battlestar Galactica, House...) parmi lesquelles nous avons pioché notre grand chouchou du moment: The Wire.
La série - achevée - éclaire en cinq saisons et autant d'enquêtes divers aspects (noirs, déprimants et profondément humains) de la ville américaine de Baltimore, nationalement connue pour son acquarium, sa criminalité et son taux de chômage record. Dans l'ordre des saisons: la guerre contre la drogue, les syndicats, l’éducation, la politique et, pour finir, le journalisme. Je vous avoue n'avoir pour l'instant vu que la première saison, mais elle m'a tant emballé que malgré la crise-qui-bride-mon-pouvoir-d'achat j'ai vendu toutes mes actions et déjà acheté les quatre autres.

Ecrite par un ancien journaliste chargé des affaires de police au Sun de Baltimore, cette série exigeante multiplie les paris risqués. D'abord, son sujet est âpre et amplement politique - car à dépeindre dans le détail le déroulement du traffic de drogue, on comprend bien que l'attention des politiques est porté ailleurs - quand ils ne sont pas complices. Par ailleurs, le moins qu'on puisse dire est que l'auteur ne se sent pas obligé de n'offrir que d'éclatants happy ends.
Ensuite, le traitement refuse tout manichéisme: on passe presque autant de temps parmi les dealers que parmi les policiers. On apprend le quotidien, les petitesses et les moments de grandeurs des uns et des autres. Et sans un seul instant nier la gravité du traffic des premiers, on en gagne une image nuancée et différentiée. Par ailleurs, on découvre une mécanique policière, judiciaire et politique consanguine gangrénée par les enjeux de pouvoir et la corruption. Quand aux simples flics, rares sont ceux finalement qui n'ont absolument aucune arrière-pensée.
Enfin, les enquêtes voient large. The wire est connue pour être la série brassant le plus de personnages majeurs (plus de cinquante), qu'elle prend chacun le temps de détailler et d'humaniser. C'est un plaisir de voir tout ce petit monde qu'on connait si bien intéragir. D'autant qu'évidemment, comme toutes les bonnes séries américaines, les acteurs sont tout simplement parfaits.

Bref, c'est une série courageuse, juste et humaine. Comme si ça ne suffisait pas, l'auteur refuse les coups de théâtre acadabrantesque et préfére avancer sur un faux rythme - ce qui ne manque pourtant pas d'être passionant, et laisse tout bonnement à la renverse lorsqu'un événement majeur se produit (rejoignant en cela le polar à la Connelly).
Dans ce concert de louanges, j'oublie le principal: elle est sacrément réussie. Tout sonne juste, tout passionne, tout fonctionne. Pour vous motiver plus encore, deux articles de Télérama sur le sujet (là et là), et le soutien de Barack Obama, qui a déclaré que c'était sa série préférée.

dimanche, janvier 04, 2009

Dexter

La troisième saison de Dexter vient de se terminer.
Notre serial-killer préféré poursuit ses petites aventures à Miami pour une saison où il a du mal à garder son proverbial calme entre sa meuf qui devient de plus en plus pressante pour officialiser leur liaison, un serial-killer enigmatique, et un nouvel ami étonnament proche.
A l'aube de cette troisième saison, je craignais le pire. Je me demandais comment il serait possible de nous intéresser au personnage principal après deux saisons qui nous en ont déjà raconté beaucoup sur lui. Mais d'un autre côté, Dexter et les personnages secondaires sont si attachants que l'envie de les voir une nouvelle fois à l'oeuvre me tentait furieusement.

Au final, je suis mitigé.
L'idée majeure de la saison - cet ami qui se découvre beaucoup de points communs avec Dexter - était bien intéressante, mais mon Dieu qu'elle est mal amenée. Alors que les deux acteurs en question sont des plus impressionants (Michael "David Fisher" Hall et Jimmy "Bobby Simone" Smits), leur recontre est si artificielle et si mal écrite qu'il nous faut toute la sympathie accumulée par les deux premières saisons pour surmonter les interminables 3-4 premiers épisodes.
Par contre, une fois la machine lancée, l'histoire est beaucoup plus intéressante, si bien qu'on en vient à regretter qu'elle culmine en deux épisodes seulement. J'aurais préféré que les deux amis se jaugent un peu plus longtemps tant la chose est succulente. M'enfin, l'intrigue est alors rondement menée et permet d'en apprendre encore un peu plus sur ce bon Dexter.

Voila pour le principal.
L'autre point positif majeur de la saison tient pour moi aux personnages secondaires qui prennent de l'épaisseur en restant toujours aussi attachants. Par contre, je regrette que le sort du serial killer soit réglé de manière si expéditive (voilà qui sent le scénario écrit à la va-vite), et que certains points ne soient pas éclaircis à la fin de la saison (Qu'en est-il de Quin? Que faisait le frère de Miguel exactement chez Freebo? Et surtout, la rencontre Miguel-Dexter était-elle due au hasard?)

Pour résumer, je dirais que la saison se regarde avec plaisir pour qui s'est déjà attaché à Dexter. Mais je ne l'aurais probablement pas regardé en entier s'il s'était agi de la première saison d'une nouvelle série. J'espère que les scénaristes ficelleront mieux leur production pour la prochaine saison...

lundi, octobre 20, 2008

Damages


Sur les pertinents conseils de la série de reportages L'amérique en 24 épisodes dont je vous ai entretenu il y a peu, nous avons englouti la palpitante série Damages. Si elle n'atteint pas le niveau de mes deux précédents énormes coups de cœur, le références Sopranos et Six Feet Under, elle n'en est pas moins fort bien ficelée et tout à fait intéressante.
Si on m'avait dit que je recommanderais chaudement une série d'avocats enquêtant sur un délit d'initiés un jour, j'aurais eu du mal à le croire. Et pourtant. Cette série nous entraine à la suite d'une jeune et brillante avocate qui, fraichement diplômée, rejoints la prestigieuse et redoutée procureur Glenn Close, pour enquêter sur le d'initié sus-dit délit. Et l'habile construction en flash-forward nous fait vite comprendre qu'elle va mettre le doigt dans une machination compliquée dont elle va avoir d'autant plus de mal à triompher qu'on ne sait jamais à qui se fier. Qui sont les méchants? Combien sont-ils? Et Glenn Close et ses sympathiques associés sont ils vraiment si recommandables?
On n'est donc pas dans une oeuvre hyper-personnelle comme dans le cas des Sopranos et de Six Feet Under, mais il faut reconnaître que si la recette est hyper-connue, elle est ici diablement efficace. A commencer par le scénario, très bien construit et qui a la sagesse de ménager ses effets. Depuis mon overdose de coups de théâtre sans queue ni tête Lost-24-Harlan Coben, j'apprécie beaucoup qu'on ne jette pas toute cohérence par dessus bord pour garder du rythme à tout prix. (Je dois quand même mettre un bémol aux deux derniers épisodes où les choses s'accélérent un peu trop à mon goût). Je souligne d'ailleurs que la saison se termine par une vraie résolution de l'enquête (même si quelques portes restent ouvertes pour une suite. C'est de bonne guerre).
Et tout cela est servi par une production "à l'américaine", au sens noble du terme. Réalisation, éclairage, ambiances, musique, tout est impeccablement léché et pas loin d'être superbe. Et surtout, nous tirons notre chapeau aux interprètes qui crèvent tous tant l'écran (du pourri à l'avocat de la défense, de la petite jeune à son ami associé, etc) qu'on réussit à ne pas être impressionnés par la seule grandiose Glenn Close.
Bref, une série superbement ficelée et très prenante. Une dizaine d'heure de bon suspense pour 30 euros, voilà une valeur refuge en ces temps de crise économique!

PS: Je profite du fait que je sois dans le thème pour mettre à jour mes dernières impressions. Six Feet Under, dont nous avons achevé la 5ème et dernière saison, est tout bonnement à se rouler par terre. Inoubliablement fort, poignant, tourneboulant.
The IT Crowd, après un premier épisode enthousiasmant, est assez décevant. La (courte) série reste sympathique, mais n'a pas l'allant et la grâce du premier épisode à mourir de rire. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle je ne vous conseille Damages qu'après l'avoir vu en entier, pour être sûr de ne pas vous mettre sur de faux rails.
Enfin, the Big Bang Theory est une comédie qui marche très fort outre-atlantique, et dont les héros sont de brillants étudiants en science frisant l'autisme. C'est rythmé et assez efficace, mais ça ronronne un peu en tapant toujours dans la même thématique.

mardi, septembre 23, 2008

The IT crowd


Et oui, les posts se faisant rares, j'ai décidé de m'adresser à la crème de la crème de mon nombreux lectorat. Aux meilleurs des meilleurs. A la fierté de la France et de l'Humanité.
Je ne parle évidemment pas des financiers, à la face de qui il est enfin bon de cracher ces jours ci, mais bon sans remettre vraiment en cause le système, soyons sérieux. Notre frétillant président vient à peine de prononcer un vribrillonant plaidoyer sur le sujet à la tribune de l'ONU qui doit bien faire marrer ses amis neuilléens. Ils n'ont pas trop à s'en faire, quand on voit par exemple la faible attention avec laquelle l'opinion publique prend connaissance de la chute du prix du pétrole, après six mois pendant lesquels les spécialistes se sont succédés pour lui expliquer que c'était logique, mécanique, et n'avait rien à faire avec la spéculation. Si ça continue, on va finir par découvrir qu'un trois pièces à Paris ne vaut pas vraiment 830 000 euros. (Véridique. Mais il faut dire qu'il a une salle de bain très aérée.)

Bon, je ne vous dérange pas pour déverser tout le mal que je pense sur le manque de sérieux de nos contemporains. Je voulais donc m'adresser à la crème de la crème.
J'ai nommé:
Les ingénieurs.

Amis binoclards, j'ai deux conseils à vous prodiguer, dans deux registres bien différents.
Premier conseil. Si vous vous intéressez un peu à la photo, je vous recommande très chaudement les deux bouquins de René Bouillot: cours de photographie et cours de photographie numérique. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l'optique de formation des images, la chimie des pellicules et l'électronique du numérique. Evidemment, le gars René, c'est pas le poète et l'artiste. C'est pas le gars qui va te raconter l'art de la composition et disserter sur la puissance de l'inspiration. Mais par contre, quel puits de science clairissime sur le moindre des petits aspects de la physique des photos!
Et il a accouché de deux bouquins hyper intéressants bien qu'un brin aride, et pour lesquels un bagage scientifique est très conseillé! Moi, je me régale.

Le deuxième conseil s'adresse par contre à une audience bien plus large. Nous venons de découvrir, avec Ele, une petite série anglaise très marrante: the IT crowd. Le sujet est des plus séduisants: nous suivons la petite division du support informatique d'une grande entreprise, composée d'un geek, d'un nerd, et d'une chef absolument incompétente.
Je sais, le pitch peut laisser sceptique, notamment pour qui ne connait pas la différence entre un geek ou un nerd. Voire ne connaissait pas l'existence de ces deux mots.
Pour ne pas bêtement vous conseiller une série qui risquerait de ne pas vous plaire, je me suis donc muni d'un sujet-test représentatif de la normalité: Ele. Elle rigole assez rarement à mes blagues sur les adresses IP, et ne sais pas configurer un routeur éthernet. Elle ne sait pas ce qu'elle rate, mais passons.
Et bien figurez vous que the IT crowd a obtenu brillament le label tout public en faisant rire aux larmes notre sujet test. Je peux donc chaudement conseiller la série même aux non-informaticiens, qui peuvent se faire une idée de la qualité de la série dès maitenant via cette vidéo sous-titrée (et étrangement accessible légalement sur le net via google vidéos).
Have fun!

dimanche, septembre 07, 2008

L'amérique en 24 épisodes

J'attire votre attention sur cette excellente série d'émissions de France Culture (et oui...) sur les séries américaines baptisée "l'amérique en 24 épisodes". Un très instructif historique de leur évolution depuis la guerre. J'ai une tendresse évidemment plus particulière pour la deuxième moitié des reportages (disons, depuis l'épisode 12 "La révolution Hill Street Blues") puisque, des années 80 à nos jours, je connais bien mieux les séries en question.
Et pour prouver que le blog, même au ralenti, gardera sa liberté de ton, voici une vidéo fine et délicate (qui n'a rien à voir):

samedi, juillet 12, 2008

Six feet under

Maintenant que nous nous sommes débarrassés de l'emprise des séries suivies en parallèle de leurs diffusions aux Etats-Unis (Desperate Housewives et - pour la dernière année - Lost), nous prenons le temps de nous remettre à jour chez les grands classiques. Après les extraordinaires Sopranos dont je vous ai déjà détaillé tout le bien que je pensais en plusieurs occasions, nous nous sommes attaqués aux deuxième grand pilier de la réputation de la chaine cablée HBO: Six feet under (okay, je vais un peu vite en besogne dans mon choix des pilliers en ignorant Oz - trop dur - et surtout Sex and the City - trop fille).
Le thème de la série est encore plus étonnant que celui des Sopranos (la vie peu glamour de mafieux new-yorkais, entre soucis familiaux, cure chez le psy, petitesses financières et quelques éclats de violence, je vous rappelle): on suit simplement le quotidien d'une famille de croque-mort, de nos jours à Los Angeles. Le pitch a de quoi rebuter: on y flaire l'ennui à des kilomètres, et tout au plus peut-on espérer un peu d'humour de mauvais goût.

Point, mon ami. Si vous pouvez me permettre, vous vous gourrez (comme nous avant vous) totalement.
L'intérêt majeur de la série est de nous faire suivre des personnages succulents, complexes et attachants. Il y a la mère anciennement coincée qui découvre sa nouvelle liberté de veuve avec étonnement. Le fiston propre sur lui qui tarde à révéler son homosexualité à ses proches. L'autre fiston, rebelle affolé par la mort qui va se laisser convaincre de poursuivre l'entreprise familiale. Et la petite dernière, lycéenne décalée en perpétuelle remise en cause.
Bref, autant de prototypes réjouissants (et je ne complète pas la galerie de portraits avec Keith, Rico et Brenda), mais qui sont bien plus fins qu'il n'y parait et qu'on prend plaisir à voir évoluer pendant plusieurs saisons.

Et c'est alors que le cadre - le funérarium - prend toute son importance. D'une part il est prétexte à de multiples rencontres avec des destins tour à tour tragiques, poétiques... et quelque fois tout simplement marrants! Il faut préciser que chaque épisode commence par une scenette présentant le mort du jour: ce n'est pas par simple plaisir pervers, mais pour introduire les personnages secondaires de l'épisode, et avec eux la thématique dont parlera l'épisode.
Mais d'autre part, surtout, ce funérarium mène à se confronter - évidemment - au thème de la mort. Et c'est bien pour cela que cette série a gagné un immense respect critique: elle arrive à se frotter encore et encore à un des sujets les plus casse-gueule et les plus tabous qui soit, et à s'en tirer avec panaches. C'est fait avec tant de doigté qu'on en retient de grands moments d'émotion, et qu'on y développe quelques réflexions pas triviales.

Et enfin, cette série est pétrie du talent dont sont coutumiers les grands spécialistes américains. Graphiquement, elle est superbe; et les acteurs sont tous plus attachants les uns que les autres. Bref, on adore!

samedi, avril 05, 2008

Top 10 des séries

Allez, pour clarifier un peu tout ça, et en attendant d'un dire plus sur Six feet under, je vous propose un petit top 10 de mes séries préférées.
C'est du très très bon.

1- The Sopranos;
2- Desperate Housewives;
3- Friends (pour l'ensemble de son oeuvre);
4- Six feet under (susceptible de monter dans le classement);
5- New York Police Blues (avec une tendresse particulière pour les saisons 2 à 6);
6- Dexter;
7- Seinfeld;
8- 24 (saisons 1 à 3, surtout pas au delà);
9- The Lost Room;
10- Regenesis.

Je vous fais donc grâce des accrocheurs mais creux Lost et Prison Break. Et j'ai l'honnêteté de ne pas faire figurer Oz dans le classement, série admirable mais si violente et désespérée que je n'arrive pas à m'accrocher au delà de la saison 3. Et dans le genre "succès d'estime auquel je n'accroche pas vraiment", Angels in America a tout mon respect, mais m'a quand même franchement ennuyé.
The Shield m'a paru trop léger, trop clipeux; Rome trop violent et désespéré; Heroes tout simplement pas crédible ni intéressant; Weeds ne me fait honnétement pas rire beaucoup (mais je l'ai regardé en VO, ce qui est vraiment rude); et Joey n'est que l'ombre de l'alchimie réussie du temps de Friends.
Enfin, je signale avoir bien aimé les deux premières saisons de la série française PJ. Mais j'avoue ne pas avoir vraiment donné sa chance ni à Julie Lescaux, ni à Navarro!

Lost pour de bon

C'était la saison décisive pour Lost. Vous savez, cette série où des touristes échoués sur une île mystérieuse affrontent d'énigmatiques autochtones. Une série tout entière montée sur le suspense: "Qui sont les autochtones? Quelle est cette île d'où émanent des phénomènes paranormaux? Et les touristes sont ils vraiment là par hasard?"
Ta-ta-ta... (Musique angoissante)

Après un entrainant début de première saison posant les données du problème, la série s'était fourvoyée dans des intrigues secondaires. Les scénaristes cherchaient au mieux à allonger la sauce pour faire durer la poule aux oeux d'or, au pire à cacher le fait qu'ils n'ont aucune explication à proposer aux mystères initiaux.
Seulement, ça c'est vu et les spectateurs ont commencé à quitter le navire. Les responsables de la série ont pris conscience du problème, et ont juré leurs grands dieux qu'ils arrêteraient de délayer l'intrigue. C'est promis, en trois saisons raccourcies (10 épisodes au lieu de 23), ils allaient tout nous dire, sans plus temporiser (ce qui tombe bien, étant donné que les acteurs réclament des cachets de plus en plus élevés).
J'attendais donc avec impatience la saison 4, d'autant plus que la saison 3 s'était bien terminée: elle a rebondi de manière pour moi convaincante, en semblant s'orienter vers une conclusion. Et en plus, on peut enfin regarder la série en toute légalité grâce au téléchargement payant.

Las. C'est une catastrophe.
Je concède qu'effectivement les scénaristes coupent court aux intrigues secondaires (genre: plongeons dans le passé de deux personnages secondaires pour savoir ce qu'ils faisaient dans l'avion qui s'est écrasé. On s'en fout!). Et effectivement, l'intrigue principale avance à peu près à chaque épisode.

Mais c'est d'une lenteur...
Certes, on se concentre sur l'histoire principale, mais les scénaristes ne veulent surtout pas nous donner trop d'informations à chaque épisode. Alors on lâche un petit quelque chose, qui entraîne une foule d'interrogations logiques... auxquelles on ne répond pas. Ce sera pour plus tard. Et oui, faut tenir les trois années qui restent, quand même.
Et le plus énervant, c'est que la plupart de ces révélations ont lieu lors de dialogues entre les personnages... et on voit systématiquement les interlocuteurs se murer rapidement dans le silence, ou sortir des généralités philosophico-religieuses pour ne pas en dire plus. Sans aucune logique, juste comme ça, et en arborant un regard douloureux genre "si tu savais ce que je sais, tu demanderais pas..." C'est déjà frustrant la première fois, mais imaginez quand c'est systématique!

En outre, je crois bien qu'il faut se rendre à l'évidence: il n'y a pas d'explication qui tienne la route à cet histoire d'île à la con. Les scénaristes essayent dans la douleur de clore la chose de manière aussi satisfaisante que possible, mais c'est visiblement mission impossible. D'où la multiplication de motivations obscures pour le comportement des personnages, souvent camouflées dans un mysticisme qui me sort par les yeux. Histoire d'aller, dans la couleur, vers un dénouement plus que tiré par les cheveux.
"J'ai fait n'importe quoi parce que c'est l'Ile qui veut ça". Ma vaffanculo! Tu vas pas nous jouer ce joker pourri deux fois par épisode?

C'est dommage, parce que j'aurais bien aimé qu'on me prouve que cette série, qui m'a passionné, n'était pas qu'une grosse baudruche sans contenu, mais qu'elle se close de manière satisfaisante. Ca aurait été grand.
Hélas, force est de constater que ce n'était qu'un objet marketing efficace, accrocheur mais sans aucun fond. Tiens, notre fine équipe de communicants n'a-t-elle pas joué un rôle de consultant dans la chose?

Pour nous consoler, nous nous sommes mis à une série grandiose dont je vais bientôt vous entretenir: Six feet under. C'est malin, c'est fin, c'est corrosif, c'est touchant, c'est juste... et ça fait apparaître cruellement la médiocrité des grosses productions tape-à-l'oeil type Lost...

lundi, mars 03, 2008

Dexter

On devrait proposer des séances de désintoxication pour les fans achevant le visionnage des Sopranos. Se retrouver comme ça, du jour au lendemain, privé de cette grande série qui rythmait notre petite vie quasiment quotidiennement, c'est rude! Qui plus est alors que la grève des scénaristes a franchement plombé la productivité des séries établies (encore pris en otage...).
Si nous n'avions eu que les pauvres nouveaux Lost anciens the Shield (bof) à nous mettre sous la dent, nous aurions facilement pu sombrer dans la démence la plus profonde. Heureusement, mon bon frangin a bien pris soin de nous en nous faisant une publicité appuyée pour Dexter.

Et il a bien fait d'appuyer sa publicité l'animal, parce que le pitch semblait bien aride. Dexter s'intéresse en effet à un scientifique de la police, très doué, spécialiste es serial killer... et qui se trouve être un serial killer lui-même.
Alors, l'idée a beau être amusante, on ne pensait pas qu'elle pourrait mener très loin. Et surtout nous ne nous voyions pas passer nos soirées à suivre des heures durant les aventures d'une crevure, fût-ce enrobée avec force humour noir et cynisme.

Et bien au contraire, on adhère à fond.
Car voyez-vous, Dexter est un tueur en série qui a le bon goût d'avoir une éthique: il ne tue que les pires assassins - ce qui le rend plus facile à suivre, et à apprécier. Le grand atout de la série, c'est que le personnage est attachant, figurez-vous. Loin d'être un monstre banal, c'est un observateur cynique dont on découvre progressivement la profondeur - et l'humanité. Ce n'est évidemment pas de la grande psychologie, mais ça tient la route et pave une intringue fort bien gaulée, d'autant plus que l'acteur principal est excellent dans ce rôle.
Evidemment, les excellents scénaristes ricains ne se contentent pas de ce point fort (le personnage de Dexter, suivez bordel), mais enrichissent le tout de nombreux ingrédients de qualité: quelques petites énigmes bien foutues, d'excellentes vannes, des personnages secondaires attachants... et surtout une intrigue principale qui nous tient en haleine toute la saison.

Bref, si on n'atteint pas le grand art des Sopranos, on assiste quand même à une série riche, culotée, divertissante, et fatta bene. Ca n'a l'air de rien, mais c'est la plus belle récompense dans une bouche italienne.

lundi, février 18, 2008

Soprano toujours


Permettez moi de repasser une couche... Nous venons ce week-end de terminer les Soprano. Vous savez, cette série monumentale qui se passe dans la mafia italo-américaine.

Que dire?
C'est formidable. C'est admirable. C'est surprenant. C'est stupéfiant.

Faites-moi confiance: s'il faut quelques épisodes pour véritablement "rentrer dedans" cette série, elle vaut mille fois cet effort. C'est beau. C'est fin. C'est subtil. C'est puissant. Et on n'en sort pas indemne.

Tentez le coup. Et s'il vous faut des données un peu plus concrètes que ma simple parole pour vous décider, voila un article assez complet, quoiqu'un peu béat, sur le sujet.

dimanche, décembre 23, 2007

Les Sopranos


Alors que je vous tiens très informé de mes découvertes musicales et cinématographiques, il est un pan de mes activités culturelles dont je ne me fais jamais l'écho: les séries américaines. Ce n'est pourtant pas que c'est moins prestigieux: je ne renie pas mon affection actuelle pour Desperate housewises et Lost, pas plus que mon intérêt passé pour Friends, NYPD blue, voire 24 ou Prison Break (même si je suis bien revenu des deux derniers cités). Et en plus, c'est une passion quand même plus facile à partager que les concerts, parce que j'imagine que vous savez bien comment vous procurer facilement ces séries, bande de petits salopiots (Vous trouvez les DVDs correspondants dans le commerce, évidemment).

Alors laissez moi vous entretenir de la série dont nous sommes fortement dépendants actuellement: les Sopranos. Vous me permettrez une petite parenthèse en forme de préambule: si un petit malin s'amuse à nous raconter quoique ce soit sur la saison 6, je lui casse les rotules.
Bien. Les Sopranos, c'est la série emblématique de ce qu'ont su faire de mieux les américains dans le domaine cette dernière décennie. Le profane ignore qu'à côté d'énormes séries stéréotypées à gros budget (et qui peuvent d'ailleurs être très agréables à suivre) existent des nombreuses séries plus confidentielles et extrêmement originales. Elles sont diffusées par des réseaux cablés qui dépendent beaucoup moins de la pub que les chaines majeures, et qui se permettent donc de prendre des risques en programmant des objets télévisuels non identifiés, à qui elles laissent le temps de trouver leur public. On peut citer, parmi les plus reconnues, Six feet under (le quotidien d'une famille de croque-mort), Oz (la vie ultra-violente dans une prison futuriste) ou Dexter (les enquêtes d'un flic qui est aussi serial killer).

C'est dans cette veine que s'inscrivent les Sopranos. Nous suivons sur six saisons le quotidien d'une famille mafieuse new-yorkaise, centrée autour de leur boss charismatique: Tony Soprano. Là où c'est particulièrement intéressant, c'est que le cadre est rendu de manière très réaliste: la mafia, ce n'est plus ce cliché sicilien pittoresque noble et plein de panache, mais plutôt un groupe d'entrepreneurs ne pensant qu'à monter arnaque sur arnaque pour gagner de plus en plus de fric. Et si il faut tabasser quelques innocents dans l'histoire, pas de problème. Le code de l'honneur existe toujours, mais il ne pése pas lourd face à quelques milliers de dollars.
Ce souci de réalisme n'empêche pas les personnages d'être très pittoresques (vous n'avez qu'à voir leur gueule). Mais ils n'en restent pas moins très intéressants, d'autant plus que la série prend le temps de fouiller leur personnalité - et que les excellents acteurs, ravis de quitter l'emploi de "cliché mafieux" qui a dû occuper toute leur vie professionnelle, sautent sur l'occasion pour montrer ce qu'ils savent faire.

Et c'est sur ce joli cadre s'ajoute que vient se greffer la montagne Tony Soprano. Car voyez vous, le boss est un type comme tout le monde: il passe le plus clair de son temps à patauger dans les problèmes de sa vraie famille, entre la crise de puberté de sa fille, les mauvais résultats scolaires de son fils et un désamour progressif d'avec sa femme. Le seul truc, c'est qu'il peut aller intimider un débiteur entre deux engueulades avec sa femme.
Et surtout, il a la particularité d'être un grand sensible: il est régulièrement submergé par des crises d'angoisse quand ses problèmes familiaux ou professionnels se font trop pressants. Il va même jusqu'à voir une psy pour en parler! Ce qui est fascinant, c'est que cette facette de sa personnalité coïncide avec celle d'un boss à poigne qui n'hésite pas, à l'occasion, à faire disparaitre les gêneurs qui pourraient troubler son business.
Et que ce personnage très riche est défendu par l'immense James Gandolfini, capable de passer du charisme le plus menaçant à la bonhommie la plus démunie en quelques secondes, de manière très convaincante.

Bref, tout cela est riche, pittoresque, malin, profond, et les auteurs se donnent le temps de creuser leur sillon en six saisons de 13 épisodes si bien léchés qu'ils pourraient presque être des films indépendants. Toi qui garde l'image des séries américaines bon marché de l'après-midi, un coup d'oeil sur les Sopranos suffira à lézarder tes certitudes, et t'ouvrira un monde d'une richesse rare.
D'ailleurs Noël approche à grands pas...