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lundi, avril 05, 2010

La Canaille



Nous arrivons à un de mes temps préférés de bloggeur émérite. Quand j'ai fait une découverte musicale incroyable, à laquelle j'adhère complètement, et que je peux la partager avec mon large lectorat.
Ce n'est pas tant que j'ai envie de me la péter "découvreur de talents" (quoique c'est vrai que c'est toujours un peu flatteur), mais c'est surtout que j'accroche tant à l'écoute de cet album que j'ai envie qu'un maximum de mes potes y jette une oreille - confiant que le talent du groupe en question fera le reste.
Ainsi donc, après les sommets que constituent Mr Roux, la Blanche et Batlik (voire Loïc Lantoine si on veut bien considérer qu'il n'était pas assez connu quand je l'ai mentionné), let me introduce... la Canaille!

Il s'agit d'un groupe de Montreuil, pas évident à classifier. Si le chant est clairement rap, la musique dépasse de loin la boîte à rythme et les samples répétitifs habituels. La formation de base est même franchement rock (guitare et basse), enrichie d'un solide sampler-scratcheur (ce qui nous ramène au hip-hop). Mais en outre, des amis violonistes, trompetistes et sytaristes se joignent à la fête, ce qui donne de chansons en chansons des colorations jazzs ou world. Vu la profondeur musicale du truc, c'est un peu rude de les limiter au qualificatif de rap!
Le plus simple est de consacrer quelques minutes à la petite sélection de leurs chansons que je vous ai amoureusement concoctée pour vous faire une idée de l'OVNI en question. Seule ma belle-sœur a su condenser l'essentiel de l'esprit de la Canaille en une courte définition qui, si elle n'est pas parfaitement exacte, restitue l'essentiel: c'est du rap gaucho.

En effet, l'intérêt premier de la Canaille ne vient pas pour moi de leur instrumentation (même si elle est de tout premier plan), mais des textes. Sérieusement, férocement, engagés. Mais aussi formidablement talentueux...
Même si j'ai une tendresse toute particulière pour les groupes engagés, je craignais de me lasser d'un groupe dont l'intégralité des textes suinte exclusivement la colère rouge. J'avais peur qu'un réquisitoire trop systématique ne tourne rapidement en rond sans spécialement faire avancer le schmilblick, à la façon de ces groupes adolescents dont l'analyse politique ne va pas plus loin que "casse toi Sarko" et "le racisme, c'est mal". C'est plutôt sympathique, mais ça ne s'écoute pas en boucle.
On en est loin ici. Les chansons varient les tons (parfois), mais surtout les angles pour chanter la colère sociale. Elles sont joliment amenées, bien construites et argumentées, et, disons le, contiennent de jolies et percutantes images poétiques ("le bruissement des pantoufles avant le bruit des bottes", pour ne citer qu'elle). Et elles gardent toujours cette infalsifiable sincérité de la révolte viscérale.
Fort, beau, et intelligent, quoi...

Et j'ajoute prolixe!
Car à peine écouté l'album que je me suis rué à leur concert. Je m'attendais à un moment fort, mais craignais que les garçons n'aient pas un répertoire permettant de tenir beaucoup plus d'une heure. Une heure de panard, c'est déjà énorme, me direz vous.
Et bien figurez vous que les garçons ont en plus la plume généreuse, puisqu'une bonne moitié des chansons ne sont pas présentes sur leur album. Et quel bonheur, de découvrir à cette occasion une brassée de textes tout aussi bien sentis et, chose rare, que l'on peut apprécier dès la première écoute!
Bref, je ne saurais trop vous conseiller de donner sa chance à ce grand groupe...

Plus accessoirement, la Canaille m'a donné l'occasion de me frotter à un public de concert de rap. Expérience partielle puisqu'une bonne partie de la salle était constituée, comme moi, de bobos attirés par les diffusions sur FIP ou France Inter. Mais malgré tout, l'avant scène de la première partie, 100% rap celle là, fut peuplée de jeunes à casquette au milieu desquels j'ai eu l'impression de faire tâche. J'y ai appris, par exemple, qu'apparemment on n'applaudit pas dans ce genre de concert, mais qu'on préfère ovationner un bras en l'air! je le note...
Cela dit, outre cette confrontation pittoresque, j'ai aussi eu l'impression que l'artiste en première partie - Swift Guad - n'avait pas non plus sa plume dans sa poche. Certains de ses textes, servis par une voix de dur whiskyteux (mais desservis par une musique bombomesque sans finesse), m'ont tant plus que je me suis offert son album.
Pour ceux d'entre vous qui 1- auraient écouté la sélection de la Canaille et 2- sauraient faire abstraction de l'imagerie de gros dur de rap bien stéréotypée, je conseille l'écoute (et pas trop la vision) de ce clip:


Et tant que j'y suis, j'expédie le reste de mon actualité musicale vite fait bien fait. C'est court, percutant et forcément injuste, mais je n'ai pas connu de grand choc à part la Canaille ce dernier trimestre.
Le live de Ben Harper est sympathoche, sans plus. L'album accoustique d'Arthur H vaut une écoute, mais n'égale pas les originaux. Le dernier album de Jeanne Cherhal est intéressant, mais pas à se rouler par terre.
Par contre, je me suis mis sur le tard à Izia, jeunette bombe rock. Tout en premier degré frontal comme il convient à ce style, c'est une boule d'énergie au talent vocal considérable. Je l'honore en ajoutant deux de ses morceaux à ma sélection. Côtoyer la Canaille après tout le bien que je viens d'en écrire, ça veut tout dire.

samedi, octobre 24, 2009

The Hyenes vs Cali


Nos sorties étant plus comptées qu'il y a deux-trois ans, nous choisissons avec soin les concerts auxquels nous nous rendons. C'est ainsi que nous sommes allés voir mercredi au Bataclan une formation originale: The Hyenes vs Cali, pour leur Bordel tour.
Je réclame toute votre attention, parce que la chose n'est pas simple. Elle ne présente non pas un, mais deux niveaux de difficulté. The Hyenes n'est pas un groupe normal, régulier, à l'histoire s'étendant sur des années consécutives. C'est une formation occasionnelle compsée de deux membres de Noir Désir (batterie et basse, reconverti en guitare rythmique) ainsi qu'un bassiste et un guitariste issus de deux autres groupes. Un patchwork uni par au moins deux points communs: un énorme niveau musical et l'envie de s'éclater en alliant le délire régressif électrique avec une putain de solidité musicale.
Formé à l'origine pour écrire la bande originale du dernier film de Dupontel, le groupe a prolongé le plaisir en se produisant sur scène, seuls ou avec quelques compagnons de jeu (tel le chanteur de Dyonisos). Et une de ces collaborations s'est si bien passée, avec l'étonnant et apparemment plus sage Cali, qu'ils ont décidé de s'offrir une mini-tournée de trois semaines ensemble: The Hyenes vs Cali.

En pratique, c'est étrange, bancal, et assez réjouissant. A commencer par le public de la salle: une majorité de vétérans des concerts rocks (en grande partie accrochés à Noir Désir je pense) dont nous faisions partie des plus jeunes, entourant une minorité de plus jeunes fans de Cali, concentrés au-devant de la scène. Je craignais que ce déséquilibre n'entraine des réactions à côté de la plaque de la part des Cali-ens (enfin, surtout des Cali-ennes), genre hurlements suraigus perpétuels, cris d'amour à leur idole aux milieux de morceaux électriques interprétés par les Hyenes seules, ou autres fautes de goût.
Il n'en a heureusement rien été. Les petits jeunes devaient finalement savoir où ils mettaient les pieds, et se sont sagement contenté du tiers des morceaux où Cali intervenait vraiment pour se lâcher bruyamment, sans nous gonfler hors de propos lors du reste du concert.

Car la formule était à peu près la suite: un tiers de chansons de Cali revisitées à la sauce rock qui tâche, un tiers de chansons des Hyenes qui lorgnent du côté de punk, et un tiers de reprises bien électriques (Stooges, ACDC, Clash...) Les promesses du concept de la tournée sont donc parfaitement tenues: c'est un joyeux bordel désordonné, joyeux, foutraque et brillant.
Car oui, toute joie régressive mise à part, on reste avec de grands, très grands musiciens. La moindre des reprises de Cali prend tout de suite une sacrée consistance, une vraie épaisseur, quand des pointures telles que Denis Barthe à la batterie, ou Vincent Bosler (un vrai échappé de la fin des années 70 en Angleterre, la maîtrise technique en plus) à la gratte écrivent et exécutent les arrangements. C'était d'autant plus frappant que le concert s'était ouvert par deux premières parties sympas mais minimalistes qui manquaient cruellement, justement, de cette texture travaillée. Quel pied que d'entendre une batterie parfaitement en place, exactement dans le ton, épauler une basse solide qui égréne un riff juste assez présent pour être crucial sans être lourd, sur lesquelles viennent se greffer comme des fleurs deux grattes virtuoses qui ont aussi assez de bouteille pour ne jamais trop en faire.
Et Cali dans tout ça? Et bien, disons qu'il nous a insupporté dans un premier temps par son jeu de scène les-yeux-dans-le-vague-le-corps-crispé-vers-le-public, mais qu'il a fini par sa générosité à nous emporter, notamment en interprétant une chanson debout porté par le public.
Une sacrée soirée!

vendredi, juin 12, 2009

Mr Roux à l'Européen


Ce n'est pas parce qu'on est un jeune père qu'on cesse d'avoir toute vie sociale! J'ai donc profité de ma sortie-concert désormais bisannuelle pour aller voir un de mes deux chouchous-injustement-méconnus: monsieur Roux, à l'Européen. (L'autre, c'est La Blanche, qui passera en Novembre à l'Européen. Chic chic chic, je pourrais me faire ma deuxième sortie de l'année à cette occasion).

Trois ans après son premier - et mythique - album, Erwan Roux affronte donc le virage de tous les dangers en sortant son deuxième album: Un été caniculaire. Permettez moi donc une digression pour commenter ce bel objet, d'ors et déjà promis à une place de choix dans mon palmarès de l'année.
Finalement, la seule chose que je puisse reprocher à cet album, c'est que le premier l'ait précédé. Évidemment, je n'ai pas ressenti le même choc qu'à l'écoute de "Ah si j'étais grand et beau", non pas parce qu'il est moins bon, mais parce que je ne pouvais pas redécouvrir, partant de rien, la verve de ses textes à la fois cyniques, sans concession, tendres et justes.
Non seulement l'été caniculaire est tout à fait au niveau, mais puisqu'il ne peut pas dépasser le côté surprenant, sauvage et brut de décoffrage du premier, il a décidé de l'enrichir, en le développant par d'autres côtés.
La musique est infiniment plus travaillée, et même si le dépouillement du premier album allait tout à fait avec ses textes rentre-dedans, c'est un plus appréciable. Et une fois la patte rouxienne posée sur une bonne moitié des textes (Le vote utile, Fais moi peur, C'était mieux avant, Un été caniculaire pour ne citer qu'eux), le bonhomme décide de mettre sa plume brillante au service d'autres ambiances, parfois à l'occasion de duos fort bien choisis, souvent pour le meilleur (notamment pour un brillant 3870 secondes) et une fois pour le pire (Marie-Chantal - désolé je peux pas).
Mais bon, on cause, on cause, mais le mieux c'est de porter une oreille attentive . Puis, sous le choc, de se mettre debout sur ses petites pattes de derrière et d'aller d'urgence acheter l'album (qui, à la différence du précédent, se trouve sans effort dans toutes les bonnes crémeries).

Mais ce concert, donc?
Ben c'était de la balle, coco. Évidemment, vu mon degré d'affection pour le petit gars, il eût fallu une prestation particulièrement pitoyable pour que j'en ressorte déçu. Mais on en était loin.
Je commence par le public: enthousiaste, nombreux, un peu trop porté sur le filmage en pirate du concert - et surtout, jeunes jeunes jeunes! Se retrouver dans les 10% les plus vieux d'un concert, qui plus est non peuplé de pisseuses amoureuses du chanteur, ça file un choc!
Monsieur Roux était accompagné de ses camarades de toujours: une contrebasse bien en place et un guitariste multi-instrumentiste talentueux, capable à lui tout seul de donner de quelques arpèges à contre-temps du relief à toute chanson. Mais comme Mr Roux commence visiblement à percer, il a pu s'acheter en plus un batteur, et un clavier-orgue.
Ainsi, aux mélodies bien accrocheuses et à l'ambiance détendue distilléeaux transitions est venue s'ajouter une vraie profondeur musicale. Non seulement pas mal de styles musicaux sont visités l'air de rien (rock qui tâche, contry, slow, reggae), mais surtout le groupe est capable de belles montées en puissance musicales qui vous scotchent leur Vinci sur son fauteuil.
Ainsi donc, après avoir acheté votre CD, je vous ordonne de vous rendre à la guichèterie la plus proche, et d'y acheter votre billet pour le prochain concert du garçon près de chez vous. Ou loin d'ailleurs, vous ne le regretterez pas!

Ah et pis tiens, un mot en passant sur la première partie: un mec tout pas beau, qui chante tout seul, avec un cheveu sur la langue. La guitare est bien en place, la voix assez particulière mais les textes si beaux, si marrants, si tendres ou si justes que j'achète les yeux fermés. Le gars s'appelle Boule, son site est (oui, il s'appelle sitedeboule.com), et comme je sais que vous êtes des grosses feignasses en fin de post, je vous mets même deux chansons sur place à emporter.

vendredi, janvier 02, 2009

dEUS en concert on-line

Même si je ne trouve pas que leur dernier album soit leur meilleur, dEUS reste un groupe très intéressant... et une des plus grandes sensations en concert que j'ai connu. Le Spiegel a le bon gout de nous offrir ce concert récent gratuitement, et en bonne qualité:

mercredi, novembre 19, 2008

Arthur H


Il est vrai que nous comptons un peu plus nos sorties-concert qu'auparavant. Mais, après avoir fait des pieds et des mains pour voir Arthur H lors de sa dernière tournée, j'ai bondi sur l'occasion et suis allé le voir pour l'Abondanse.
Son dernier album surprend. Il quitte les ambiances sombres du jazz mélancolique et les ors mats de son dernier album pour se lancer, surprise, dans du disco joyeux et assez inclassable. Parce que du joyeux porté par une voix rocailleuse comme ça, c'est pas exactement du disco classique.
J'apprécie toujours les artistes qui se remettent en question et cherchent à visiter de nouvelles colorations à l'occasion de la sortie de leurs albums. Cela dit, si L'homme du monde est intéressant et assez plaisant, je ne l'ai pas trouvé à la hauteur de ses glorieux prédécesseurs.

Du moins, jusqu'à ce que j'assiste à ce concert. Et que je réalise que toute cette musique fouillée, travaillée, mélant différents étages mélodiques, n'est que l'œuvre d'une formation classique et limitée: un batteur, un bassiste, une clavier-chœur et un guitariste. Soutenus très ponctuellement par un Arthur H à la guitare, et un ou deux jingles enregistré balancés par le clavier. Point barre.
Sentir ce son si puissant et si compliqué sortir de ces quelques musiciens m'a tout retourné. Quelle solidité, quelle virtuosité, quelle capacité à se porter les uns les autres! J'attribue une mention spéciale au guitariste dont la qualité n'a d'égale que la discrétion sur scène (si je jouais 10 fois moins bien que lui, je peux vous dire que je me jetterais sur l'avant-scène à chaque solo!)
Mais je salue d'abord et avant tout la basse surpuissante qui balance une pêche disco du tonnerre , et eut tôt fait d'éteindre mes réserves sur l'album. Entendre ces chansons avec toute la puissance qu'elle mérité, ça vous transcende un album écouté piano au casque!

D'autant qu'évidemment il y a Arthur. Sa voix incroyable s'enrichit d'une belle présence sur scène où il ondule, habité qu'il est par sa musique. Voila qui donne une belle intensité à ses chansons, ce à quoi je m'attendais après l'écoute de son live (et en connaissant son lourd patrimoine génétique).
Mais ce qui m'a le plus étonné est son humour. Le garçon aime bien balancer quelques vannes entre ses chansons et même pendant celles-ci. Témoins, ce Dancing with Madonna transformé en Dancing with Obama, qui se termine en une étreinte passionnée entre Arthur H, Obama, Madonna - et un minuscule Sarkozy qui cherche à s'incruster.
Mais le pompon, ça a été ce rappel étonnant où Arthur arrive déguisé en superman, et nous narre en cinq bonnes minutes ses dernières aventures de H-man. Il revendique notamment la paternité de l'enfant de Rachida Dati.

Comment vous dire donc? Un concert assez excellent, je dirais.

lundi, juin 23, 2008

Manu Chao (ouais!) à Bercy (oh...)

Après sept années loin de la capitale, Manu Chao y est repassé le temps de deux concerts à Bercy. Nous y étions bien sûr, tant le dernier concert parisien, lors de la fête de l'humanité 2001, nous avait conquis. On ne l'imagine pas nécessairement à écouter ses CDs bidouillo-accoustiques, mais Manu Chao est une absolue bête de scène. (On l'imagine beaucoup plus quand on connait la Mano Negra, il est vrai).
Mais attention, je ne parle pas de bête simplement charismatique, le genre à te refourguer une photocopie de son album en bondissant sur scène (ce qui peut ne pas être pas mal, d'ailleurs). Non, Manu Chao est avant tout un type qui s'entoure de musiciens exceptionnels, avec qui il revisite complètement ses très nombreux tubes. Il est avant tout là pour jouer la musique qui lui plait et qu'il réinvente entre l'album et la scène, le tout avec une pêche et un professionnalisme hallucinants.
A Bercy comme à la fête de l'huma, nous avons donc eu droit à de la musique ensoleillée, parfaitement en place et revisitée en virtuose. Que demande le peuple?

Si il pouvait se permettre, si il pouvait rêver au concert parfait, le peuple il demanderait une autre salle de Bercy. L'acoustique y était vraiment épouvantable, et même si la musique de Manu Chao peut y survivre un petit peu (un peu de saturation "sortie du transistor" fait même à son charme), on adorerait avoir des conditions d'écoute correctes.
Certes, il est illusoire de demander à Manu Chao de faire l'Olympia, sauf à mécontenter des dizaine de milliers de fans. D'autant plus que le bonhomme s'est visiblement donné du mal pour que les places soient bien moins chères que d'habitude dans cette salle (30 euros contre 50 pour les concerts pas trop chers, et plus de 100 pour les grands noms). Mais mon dieu que ça aurait été mieux en extérieur, sans réverbérations dégueulasses!

dimanche, juin 01, 2008

Camille à la Cigale


Euh, salut, vous vous souvenez de moi? Dans le temps, il m'arrivait de mettre un jour un blog plus d'une fois toutes les deux semaines pour rajouter des photos de mon fils. Vous me remettez?
Bien. Parce que je suis de retour, au moins le temps d'un post! Tout comme le jeune cadre dynamique qui allait voir un concert toutes les semaines était de retour mercredi soir, au détriment du père attentionné et autoritaire à qui il a laissé place récemment. Par la grâce de mon frangin et de sa fidèle assistante, nous avons en effet pu nous arracher aux cris d'amour de Gael pour profiter du concert de Camille à la Cigale.

C'était le concert piège par excellence car nous nourrissions de hautes attentes quand au spectacle qui allait nous être offert.
Pour commencer, nous adorons les deux derniers albums de Camille, et saluons l'évolution vers plus de recherche sur les sons bizarres qui a présidé à la réalisation de Music Hole. En plus de cela, la fo-folle bondissante Camille bénéficie d'une réputation de bête de scène que nous avions hâte de voir de nos petits yeux ébahis. En outre, elle est accompagnée de spectaculaires musiciens-vocaux (faisant la batterie, la basse et le scratch à la bouche, par exemple), ce qui assure certainement le spectacle.
Et enfin, plus égoïstement, puisque nous allons nous rendre au concert moins souvent que par le passé (si, si, ne cherchez pas à me consoler, j'en suis sûr), nous voulions vraiment en prendre plein les mirettes. Autant dire que la mère Camille avait toutes les chances de nous décevoir tant la barre était haute.

Ne reculant devant rien, nous lui avons rendu la partie encore plus difficile en n'arrivant *que* quinze minutes avant l'ouverture des portes. Une file impressionnante d'une centaine de mètres était déjà formée ce qui, alliée au nombre de sièges réservés pour les VIPs dans une salle demie-assise, nous a laissé peu de places acceptables.
Petite parenthèse en passant: en temps normal, cette pratique élitiste de la réservation de places aux invités m'horripile. Mais quand les VIPs ont les traits charmant de Sandrine Kiberlain, ben je passe l'éponge. Et quand aux lecteurs malfaisants qui voudraient me faire remarquer que nous pourrions choisir des places debout, je vous répond qu'il n'en est pas question. Nous avons droit à notre petit confort maintenant! Fin de la parenthèse.

Notre vieille expérience aidant, nous avons réussi à choper des places acceptables à l'étage, seulement gênés par un poteau coupant la scène en deux régions. Mais la vue restait tout à fait acceptable.
Sauf que de petits malins, arrivés plus tard que nous encore et peu satisfaits de la taille moyenne du spectateur présent dans la fosse, ont trouvé un plan d'enfer: en s'agrégeant contre ledit poteau, dans le passage, ils avaient une vue parfaite sur la scène. Certes, chacun d'entre eux cachait le spectacle à une cinquantaine de spectateurs assis, mais si on ne regarde pas derrière, on peut facilement faire semblant de ne pas s'en rendre compte.
Nous évitâmes le fiasco grâce à votre serviteur qui s'en allât courageusement bouter les malotrus dans la fosse. Dès le début de la première partie, je bondis et agressais courageusement une malotrue qui s'en alla la queue entre les jambes. Seulement, je m'étais à peine réassis que de nouveaux goujats débarquèrent et cachèrent la vue fraichement dégagée. J'étais à deux doigts de céder à l'énervement quand une des spectatrices assises dans le même axe que moi pris la relève, et veilla au bon respect du déblayage du poteau pendant tout le concert, résistant stoïquement aux démonstrations de mauvaise foi les plus tourneboulantes (genre "mais on va pas au concert pour être assis" - alors qu'il était impossible de voir quoique ce soit même debout derrière les malotrus). Sans mes disciples, j'aurais peut-être réagi de manière moins diplomatique.

Quoiqu'il en soit, je ne peux pas dire que j'avais l'esprit complètement libéré quand Camille fit son entrée sur scène. Et donc, malgré l'inconfort de notre position, et malgré les très haut niveau d'attente à laquelle elle était exposée, Camille nous a en-chan-tés.
Pour commencer, ses chansons sont magnifiques, ce qui est ma foi assez important. La scénographie était superbe: Camille est accompagnée d'un clavier (la seule concession aux instruments classiques), de deux "human-drum-box" (basse et batterie à la bouche), de deux choristes masculins faisant des percus en sautillant sur leur estrade (enfin, c'est ce que j'imagine car on ne les voyait pas - ils étaient de l'autre côté du poteau), et de deux choristes féminines. Et c'est très impressionnant de voir tout ce monde là chanter au diapason en se tapant sur la poitrine pour établir la rythmique!
Et j'ai surtout apprécié l'intensité que tout ce petit monde mettait dans les chansons. Le groupe emporte le public non pas simplement en faisant quelques petites blagues, mais en se jetant corps et âmes dans des chansons décalées et très travaillées. On est scotché, et carrément conquis quand arrivent les chansons les plus ludiques, lors desquelles on est ravis de faire "miaou-miaou waf-waf" quand on nous l'ordonne.

Bref, Elena, Sandrine et moi-même avons passé une soirée superbe. Merci à Camille, à mes disciples et surtout à Mathieu et Vanessa!

vendredi, mars 14, 2008

Allain Leprest au Bataclan

Tant que nous sommes jeunes, fous et sans attaches, nous croquons la vie à pleines dents. C'est ainsi que nous sommes allés voir Allain Leprest et ses invités mercredi au Bataclan. Et ouais, Elena était enceinte de huit mois, mais c'est pas ça qui va nous bloquer à la maison! (Surtout quand le concert est assis...)
Je vous ai déjà fait de la pub pour Allain Leprest, ce chanteur aux textes magnifiques dont l'audience est assez confidentielle (car le monsieur fuit les honneurs) mais de grande qualité (on ne compte plus les "grands" de la chanson qui en sont fan).

Quoiqu'il en soit, ses textes sont superbes, touchants, justes, énervés, à fleur de peau et de bistrot. Ils ont d'ailleurs pris un sérieux coup de jeune récemment puisqu'ils ont été repris par différents chanteurs sur l'album-hommage Chez Leprest que je vous re-recommande on ne peut plus chaudement. Je vous rappelle qu'il a quand même fini deuxième au Top Vinci 2007, ce qui n'est pas peu dire. Jetez vous dessus avant que le volume 2 ne sorte (il est prévu pour le milieu d'année), sans quoi vous auriez l'impression désagréable d'avoir un train de retard.

Et donc le concert auquel nous avons assisté mercredi était dans le prolongement de cet album. Leprest a chanté quelques uns de ses plus beaux textes avant de s'assoir à la terrasse du bar monté sur la scène, et de regarder ses amis reprendre ses chansons. Parmi mes chouchous, il y avait Olivia Ruiz, mon côté punk, Loïc Lantoine ou Agnès Bihl, mais on peut aussi citer Enzo Enzo, Nilda Fernandez, Daniel Lavoix, Hervé Villard ou Jamait. Vous voyez, il y en a pour tous les goûts!

Comme sur l'album (mais achetez le nom de Dieu!), ces reprises sont des merveilles: les superbes textes sont revigorés par des instrumentations un peu plus péchues, et surtout des interprétations de grande classe.
Mais - petit regret - leur interprétation en concert ne va pas beaucoup plus loin que dans l'album. C'est probablement intrinséque aux "concerts choraux" avec tant d'invités: chacun joue sa petite partition sans trop s'étendre, d'une part pour ne pas trop tirer la couverture à lui, et d'autre part parce que visiblement il ne maîtrise pas aussi bien la chanson qu'il interpréte que celles de son propre répertoire. (Honte quand même à ceux qui avaient besoin de lire leur texte pour ne pas se tromper... pas terrible quand il s'agit de rendre hommage à un grand écrivain de chansons!). Du coup, on a droit à une copie parfaite des chansons (magnifiques) de l'album, mais sans le petit plus du concert.

Ce petit bémol mis à part, le concert était beau, très agréable (puisque les chansons de l'album - l'ai je évoqué? - sont magnifiques), mais c'est surtout ce diable de Leprest qui a apporté l'énorme plus de la soirée: l'émotion. Tous ses amis partis, il nous a re-chanté lui-même trois ou quatre de ses compositions avec une tension et une énergie palpable. Le bonhomme a beau être moins doué que ses potes au niveau de l'interprétation, il est autrement habité par ses textes, qu'il nous envoie frontalement de sa grosse voix rocailleuse.
C'était tout à fait touchant, d'autant que la salle était au diapason. Leprest est peu connu, mais ses fans (de tous âges, ce qui est très sympa) se sont rués sur ce concert de prestige (et qui fera d'ailleurs l'objet d'un DVD). Le concert était complet plus d'un mois à l'avance.
D'autant que - et ça nous l'ignorions en nous y rendant - Leprest encaisse actuellement une grave maladie avec beaucoup de dignité. Quand, sans se plaindre, il nous envoie ses textes sombres et combatifs à la tronche, je peux vous assurer que l'émotion est là... Et que vivre ça en concert, c'est quelque chose...

mardi, janvier 15, 2008

Volo à l'Européen

C'est le coeur serré que je me suis rendu hier au dernier concert de ma vie, euh je veux dire le probable dernier concert avant la naissance de Bob. Et je finis en beauté car les Volo nous ont distillé un bien joli concert à l'Européen.
Volo est à l'origine formé de deux frangins, tous deux chanteurs, tous deux guitaristes. Cette formation peut sembler quelque peu minimaliste, mais leurs jolies voies et leurs mélodies bien trouvées valent le détour. Et surtout, leurs chansons sont portées par de superbes textes, tour à tour émouvants (Tu es, Le bonheur), marrants (C'est pas tout ça, La finale) ou engagés (Le médef, Comme tout le monde, C'est leur guerre).
Bref, voir ces deux oiseaux à l'oeuvre eût déjà satisfait mes attentes, mais il semble qu'en outre ma vision du groupe datait un peu: ils se présentent maintenant accompagnés d'un batteur, d'une violoncelliste, d'un contrebassiste pétri de talent et d'un guitariste formidable. Tout ce petit monde est admirablement en place, et voila qui donne en plus beaucoup de profondeur aux chansons que j'aimais déjà bien.
Une bien belle soirée donc. Et en plus, une de leurs chansons me parle particulièrement:


PS: J'ajoûterais de plus qu'ils ont bon goût et le sens des valeurs: avant leur concert, ils ont pris l'apéro dans le même bar que Tom et moi!

samedi, décembre 15, 2007

Batlik et Imbert Imbert



Ah mes aïeux, quel finish!
Pour le dernier concert de l'année, et pour l'avant-dernier concert avant le big-bang, quel feu d'artifice! Deux perles de la nouvelle scène française, avec beaucoup de belles et jolies choses à dire, et un talent formidable pour ce faire. Et le tout au Café de la danse, salle qui réussit la quadrature du cercle en étant chaleureuse ET en permettant à tout le monde de bien voir, ce qui ne gâche rien!

Déjà, qu'Imbert Imbert soit relégué en première partie (alors qu'il a été élu révélation des francos 2006, et qu'il remplit sur son seul nom l'Elysée Montmartre), ça donne une idée du niveau!
Imbert Imbert, c'est ce contrebassiste inclassable, qui a volé de groupe en groupe et de style en style (rock reggae ska jazz) avant de se lancer dans une carrière solo. S'il est impressionant de le voir occuper la scène en virtuose de la contrebasse, c'est surtout par ses textes qu'il subjugue l'assemblée. Souvent sombres mais toujours brillants, ils sont superbement mis en valeur par la sobriété musicale de la contrebasse.
Enfin, en habitué des scènes de concert, le bonhomme nous sert ses chansons avec toute l'intensité qu'elles méritent, mais n'hésite pas à détendre l'atmosphère en quelques blagounettes entre ces morceaux de bravoure.
(En cette période de fêtes de fin d'années, je précise que son album est en vente dans toutes les bonnes épiceries, et en écoute partielle . Cela dit, vu son style assez particulier, offrez-vous le donc à vous même, c'est plus sûr!
Et je signale également qu'il est en concert à Toulouse début février, et à Nantes le 4 mars...)


Dans ces conditions, on aurait pu craindre qu'il ne soit pas facile pour Batlik de prendre la suite. Point de problème en fait, tant les styles sont différents (et les bonhommes talentueux).
Batlik présente une formation beaucoup plus musicale: un batteur-bidouilleur d'objets qui font pouet pouet, et un bassiste-clarinettiste de talent. Avec Batlik, lui-même demi-dieu de la guitare, voila qui donne une musique profonde et swingante, et par là même beaucoup plus accessible.
Les textes ne sont pas en reste (même si on atteint pas les bijous poétiques d'Imbert): ils ont souvent un style bavard sanseverinnien qui claque, et atteignent même parfois le sublime (comme "la naissance de la poésie" ou mon chouchou, "si"). Et comme de bien entendu, les ziquos sont parfaitement en place, et Batlik, parfaitement à l'aise, multiplie blagounettes ("Pouquoi il n'y a pas d'intermittents dans Star-Trek? - Parce que c'est dans le futur.") et parenthèses sérieuses.
(En cette période de fêtes de fin d'années, je précise que son album est en vente dans toutes les bonnes épiceries, et en écoute partielle .)

Bref, un pied majuscule, qui personnellement me réconcilie avec le talent et la générosité de (certains de) nos semblables!

samedi, décembre 08, 2007

Arno au Bataclan


En allant voir Arno lundi soir dernier au Bataclan, je m'attendais à un petit concert intimiste, pépére, chaleureux. Genre avec un piano à queue, des lumières tamisées, quelques volutes de cigarettes et entre les chansons de longues disgressions dans le français si particulier de ce flamand.

J'avais tout faux. Le Arno en concert change fondamentalement du Arno à la télé, sorte de philosophe pince sans rire de comptoir. C'est en fait un concentré d'énergie qui déboule sur scène à la tête d'une formation plutôt heavy-rock, et qui scande de sa voix puissante ses chansons sur une musique saturée.
Etonnant et fascinant, d'autant plus que les musiciens sont parfaitement en place et que le guitariste, absolument époustouflant, a tout loisir d'exprimer l'étendue de sa classe. Et moi, j'aime être surpris dans un concert.

Seulement voila: pour étonnante et talentueuse qu'elle soit, cette facette profondément rock d'Arno n'est pour moi pas la meilleure.
J'ai suivi cette première partie du concert, d'abord enthousiaste, puis mollement intéressé, mais sans savoir trop quoi reprocher au groupe. C'est alors que batteur, bassiste et guitariste sont partis, laissant Arno et son clavier nous chanter quelques chansons calmes et intimistes.
Et ben là c'était formidable. Magnifique. Beau comme tout. Et je n'avais pas à me forcer pour accrocher aux chansons.

J'aime être surpris par un concert, mais je préfére encore, et de loin, ces jolis moments plein de grâce qu'Arno a distillé. Comme cet incroyable "Les yeux de ma mère" dont la vidéo ouvre ce post.
(Essayez de surmonter les gros plans sur Dechavane ou Fogiel qui jouent les mecs bouleversés, c'est dur mais ça vaut le coup)

mardi, novembre 13, 2007

The power of concert

Nous avons eu du mal hier à nous motiver pour aller voir la soirée du festival des Inrocks pour laquelle nous avions pris nos billets. Le genre de spectacle qu'on vise deux mois à l'avance, en se disant "oh, ben faudrait aller en voir un une fois. Un peu de rock bizarre et travaillé, ça se tente"!
Le raisonnement est bon, sauf que le jour même, ce ne sont plus les mêmes priorités qui dominent. En sortant du boulot et avant une semaine chargée en mouvements sociaux, comment dire, on se dit qu'on ne serait vraiment pas mal à la maison, tranquilles... Et pis personne ne saurait qu'on aurait séché le concert, hein...

Mais bon, vous nous connaissez, on n'est pas du genre à se laisser abattre par la flemme (quoiqu'à voir mon dynamisme au boulot cet aprem', on aurait peut-être dû...). On s'est trainé à l'Olympia quand même...
Au menu: Loney Dear (bien), Remi Nicole (bof), Beirut (superbe groupe, mitigé sur scène) et... le phénoménal Andrew Bird... Inutile que je me fatigue à vous décrire sa performance: la vidéo suivante en donne une bonne idée... C'est complétement dingue.

Le raisonnement était bon donc: IL FAUT ALLER AU CONCERT (raisonnement à amender quand un ou plusieurs Bob trainent dans les parages...). Même si je dois avouer que nous avons un peu manqué de panache en partant à 22h45 avant le dernier groupe de la soirée (Devendra Banhart)...

mercredi, octobre 24, 2007

Mo côté punk


On s'en revient d'un concert de Mon côté punk, ce collectif initié par les chanteurs de la rue Ketanou et qui, après avoir agrégé des membres de divers groupes (dont Loïc Lantoine), a l'air de se stabiliser en un groupe moins pléthorique et plus structuré. Formidable, évidemment.
C'est LE groupe de scène par excellence: des chanteurs péchus, généreux, bordéliques, portés par des musiciens impressionnants et parfaitement en place. Ils trainent leur curiosité à travers plein de styles musicaux: rock, punk, français accoustique, raï, tzigane, fanfare yougo, etc.
Cette prise de risque permanente a un prix: les chansons sur album sont plus inégales; on va de perles absolues (C'est peut-être), à des choses plus banales (Le Nord). Par contre sur scène mon vieux, là ça ne se discute pas. Une fois n'est pas coutume, la vidéo capturée au téléphone portable ouvrant ce post vous permet de vous en faire une idée. Ou, mieux encore, le medley de leur myspace.
Si vous avez l'occasion, allez donc les voir (les dates sont sur le myspace), d'autant plus que les billets sont pas chers (ils y tiennent), et que les membres du groupe se balladent tranquillou dans le public avant leur entrée en scène, tous disposés à discuter un peu avant de mettre de feu.

mardi, octobre 09, 2007

Les fatals picards


La saison des concerts est repartie! Elle a débuté la semaine dernière par la dernière date parisienne des Fatals picards avant que leur chanteur-fondateur charismatique Ivan ne quitte le groupe, et autant le dire tout de go: ce concert a tenu toutes ses promesses.
Je vous avais déjà parlé de leur excellent dernier album, Pamplemousse mécanique, perle d'énergie, d'humour et d'engagement que je vous engage à écouter d'urgence (ou à tout le moins de jeter une oreille sur les quatre chansons à vot' service sur leur myspace). A l'écoute de l'album, on se dit que ces chansons rythmées, nerveuses, inventives et de bonne humeur doivent être un bonheur sur scène.
Et on a bien raison. Elles sont portées par trois ziquos (guitare basse batterie) discrets mais solides (le batteur est d'ailleurs un sosie du papa d'Elena), qui font place nette à deux chanteurs bondissants, survitaminés, qui on la particularité, quand ils ne partent pas dans des disgressions souvent très drôles, en plus de chanter bien. De la balle donc.

D'autant plus que tous les éléments étaient de leur côté: la salle (la Cigale), en format fosse, est un cocon des plus conviviaux et bien foutu, avec un plancher qui s'éléve bien comme il faut. Le public était au quart de poil: passionné mais pubère, il sautait partout au bon moment, mais sans sombrer dans l'hystérie hurleuse des petits jeunes (qui peuvent parfois pourrir un concert avec leur zèle mal placé). En plus, l'audience était gentille et a patiemment applaudi une première partie pourtant pénible.
Et enfin, nous avons eu droit à un bien joli cadeau, avec le passage de Didier Wampas sur scène. Vous n'êtes pas sans savoir que les Wampas étaient l'autre grand groupe punk candidat à représenter la France à l'Eurovision cette année, et qu'ils ont été battu par les Fatals sur le fil. Ce qui nous a donné droit à un chambrage en règle (les Fatals ayant fini avant-avant-derniers de cette prestigieuse compétition), puis aux reprises des deux des plus grands tubes des Wampas (Faut voter pour nous et Rimini).
Voila deux heures de bonheur et de pêche. La cuvée 2007-2008, qui risque d'être la dernière que nous pourrons vivre sans retenue, commence sur les chapeaux de roue!

PS: Comme les Fatals ont eu droit à une jolie vidéo il y a peu, j'illustre ce post par une vidéo des Wampas!

jeudi, août 02, 2007

La rentrée concert

Et hop! Ca va repartir plus sauvagement que jamais à la rentrée. Voici la petite sélection des concerts du trimestre à venir de tonton Vincent (avec en gras ceux que je ne raterai à aucun prix):

  • 29 aout: Sonic Youth à la cité de la musique.
  • 27 septembre: Cocorosie à l'Olympia.
  • 28 septembre: Imbert Imbert au zébre.
  • 2 octobre: Abd Al Malik à l'Olympia.
  • 3 octobre: les Fatals Picards à la Cigale.
  • 16 octobre: les Ogres au grand Rex.
  • 23 octobre: mon côté punk au café de la danse.
  • 29 octobre: Fantasio à l'Européen.
  • 30 octobre: Imbert Imbert au bataclan (si jamais on le rate au zébre...)
  • 12 novembre: Devendra Banhart et Andrew Bird à l'Olympia dans le festival des Inrocks.
  • 19 novembre: No smoking orchestra au Bataclan (c'est le groupe de Kusturika).
  • 28 novembre: Riké au bataclan.
  • 3-4 décembre: Arno au Bataclan.
Vivement la fin des vacances!

jeudi, juillet 05, 2007

Chin chin bumcello birdy nam nam

Ne cherchez pas, je ne craque pas, je ne suis pas devenu un fou tout bégayant, pas plus que je ne cherche à faire venir les extraterrestres en choisissant un titre si étrange pour ce post. Il s'agit tout simplement des trois groupes que nous sommes allés voir hier soir au Cabaret remixé: Chinchin, Bumcello et Birdy Nam Nam. Parfaitement.
Loins de mes chers accordéons et à mille lieues des guitares saturées chères au coeur d'Elena, nous nous sommes aventurés sur les terres étranges et fascinantes de l'électro. Un peu par acquis de conscience, pour prouver à la Terre entière notre ouverture d'esprit, car nous pensions nous ennuyer ferme au pays des boumboums électroniques.
Tout faux. Le concert fut formidable, péchu, virtuose.

En bon cadre assistant à un concert en milieu de semaine, j'ai accueilli la première partie (Chin chin donc) avec le silencieux mépris de celui qui ne voit dans leur prestation que l'heure de sommeil qui s'envole. Et bien cet effet n'a pas duré bien longtemps.
Formation étrange batterie-guitare-clavier-jembé-xylophone(-tambourin-flute traversière), ils nous ont servi avec enthousiasme un rock-électro-funk bizarre qui suait le talent. Monstrueux sur scène, ils ont vite mis dans leur poche le sage public parisien avec une belle énergie à paillette. Une double palme au bassiste phénoménal qui vout fait groover n'importe quoi avec ses gros doigts bondissants, et surtout au chanteur au look incroyable (costume jaune, feutre, et cheveux longs dignes d'une pub de shampoing) à l'incommensurable énergie.
C'est un bonheur complet sur scène, et vaut peut-être également le coup sur CD (je vous confirme ça dès que possible).

Après un lever de rideau de ce calibre, la partie était loin d'être jouée pour les deux groupes qui allaient leur succéder: Birdy Nam Nam et Bumcello. Birdy Nam Nam, c'est un collectif de turntablism, comprendre de jeunes penchés sur leurs platines avec leur casque sur une oreille. Ils sortent des sons bizarres de leurs engins, qu'ils modulent avec leurs petites mains afin de sortir le jimmick qui tue. Toute la finesse du truc, c'est qu'ils sont quatre à mixer simultanément, de sorte qu'il leur faut se comprendre pour sortir le bon son au bon moment. C'est très sympa à voir.
Et ils ont donc partagé la scène avec Bumcello pour une soirée en impro total. Il s'agit du duo ultra-talentueux formé de Cyril Atef à la batterie et Vincent Ségal au violoncelle. Je sais, sur le papier on peut difficilement imaginer formation plus bancale que celle là, mais ils sont d'une inventivité folle pour bricoler des morceaux hypnotisants avec leurs instruments de prédilection et deux bouts de ficelle. Ce qui fait qu'on se les arrache (ils ont participé à des dizaine de CDs, dont celui de -M-, et ménent des projets en parallèle), mais ils continuent à faire de ci de là des concerts en impro totale qui fascinent les spectateurs.

Et donc hier, ces deux groupes se sont rencontrés pour le plus grand plaisir de nos esgourdes. C'est très impressionnant de voir ces champions du feeling se proposer diverses pistes d'impros les uns aux autres, en essayant de ne pas prendre toute la place. Ca tatonne, ça tatonne, ça se cherche du regard, et petit à petit ça se met en place, les gimmicks sont de plus en plus entrainants et justes, les variations tombent pile, sous les hourras public attentif mais prêt à s'enflammer dans les plus beaux moments de bravoure.
Très impressionnant. Je dois avouer que les Bumcellos ont de mon avis plus crevé l'écran que Birdy Nam Nam, probablement parce que les instruments traditionnels me sont plus familiers (et on voit ce qu'ils font!) et se fondent moins dans une rythmique de fond hypnotisante. D'autant plus que leurs envolées virtuoses gagnent en profondeur grâce au solide boulot des platines...

C'est donc sur cette heure et demie en apesanteur, fascinés par cette musique dépaysante et étonnés par la virtuosité des ziquos que s'est achevée cette fort belle soirée au pays de l'électro. Super.
On y reviendra très probablement.

samedi, juin 23, 2007

Modest mouse



Délaissé par une Elena partie péter la bise à la famiglia, j'ai conçu un plan démonique pour me venger: je suis allé voir en son absence un concert qu'elle aurait adoré: Modest Mouse à l'Elysée Montmartre (en compagnie de mes fidèles Kate et Tomtom).
Groupe majeur du rock inde pour certains, il est bien moins connu en France qu'aux Etats-Unis, d'où une salle à moitié pleine ce soir là. J'ai découvert ce groupe par l'entremise d'un indé-pendantiste allemand, avec des piqûres de rappel de la part d'un statisticien mayennais. Comme quoi, on aurait tort d'éviter les amis au CV sortant de l'ordinnaire car grâce à eux, j'ai assisté à un concert magistral.

Petite parenthèse pour préciser à qui on a affaire. Modest mouse fait du pur rock indé américain, à ne pas confondre avec le pur rock indé américain.
Il y a en effet rock indé et rock indé. Celui que joue Modest mouse sent le hangar de Portland, avec la bière posée sur les amplis, et les tatouages sur le bras éclairé par la lumière des néons. Mais les compos ne se résument pas à quelques riffs entêtants, des chansons coup de poing de 2 min30 avec des larsens pour finir (ce qui n'est pas un style désagréable du tout, d'ailleurs).

Les chansons de Modest Mouse sont beaucoup plus complexes et travaillées que cela, comme en témoigne la formation du groupe. Portées par un rythme riche, diverses lignes mélodiques naissent, s'entrecroisent, et meurent: guitares, basse, trompette, chant... et même accordéon!
En arrivant dans la salle, on nous annonce la couleur directement avec deux batteries! Et elles ne sont pas juste là pour délivrer du binaire puissant, mais pour permettre à un des deux batteurs de balancer quelques fioritures tandis que l'autre garde le rythme démoniaque qui porte la chanson. Ils sont épaulé par un bassiste massif qui semble fait l'amour à sa babasse quand il joue ses mélodies groovantes.
Continuous les présentations en en venant à l'homme à tout faire, qui se trouve au milieu de la scène. Claviers, trompette, contrebasse, et basse, selon les besoins de la chanson. Ce qui fait que, oui, sur une des chansons, nous avons eu droit à deux batteries et deux basses. Je vous laisse imaginer la puissance du groove qui nous a porté.
Et enfin viennent les deux guitaristes: la nouvelle recrue, ex-Smith, et le chanteur. Si ce dernier s'est bien troué en parlant au public en amerloque inarticulé au début du concert, il s'est vite fait pardonner par son charisme en chantant comme un possédé, regard énervé dans le vide, guitare bringueballée à droite et à gauche, pour finir par un étonnant chant dans le micro de la gratte.

Non seulement tous ces braves gens sont des brutes à leur instrument respectif, mais en plus ils sont assez malins pour se mettre au service de leurs chansons, sans zèle technique inutile. De toute façon, il y en a pour tout le monde étant donné le répertoire long comme le bras qu'ils cumulent en 15 ans d'expérience, avec moultes pétites plus ou moins connues dedans.
En plus de cela, leur musique a pas mal évoluée au fil du temps, comme leur formation (ils étaient trois au début). Ce qui donne des chansons très variées, plus ou moins directes ou travaillées selon la période à laquelle elles ont été écrites.

Bref, du pur bonheur, intelligent, recherché, intégre et rentre-dedans. Pour me rappeler une éclate rock-indé équivalente à la dernière chanson dont ils nous ont gratifié (20 minutes portées par un rythme de fou, alors que les guitareux se mettent sur orbite l'un après l'autre, tête basse concentrée, sans jamais en faire trop), il me faut remonter aux concerts des dEUS il y a neuf ans de cela, ce qui n'est pas peu dire pour moi.
Même lieu, même richesse, même panard. C'est Elena qui va être jalouse!

mercredi, juin 13, 2007

Mademoiselle K

Hier au soir, Elena, notre fidèle Alex et moi-même avons poursuivi notre série de concerts "bien mais pas top" en allant voir Mademoiselle K à l'Elysée Montmartre. Série qui coincide avec le cycle "tête dans le cul au boulot", soit dit en passant.
Grâce à votre assiduité, je commence à avoir de la bouteille dans le compte rendu de concert. Je me dois donc de planter le décor pour les étourdis qui seraient passés à côté de l'excellent disque de la demoiselle. Il s'agit de rock franc et efficace, sans trop de complications mais avec beaucoup de charme et de fraicheur. Les refrains sont entêtants, la rythmique solide et surtout la voix rock de la chanteuse colle à merveille à l'ambiance "ado mal élevé" de l'album.

Il créve l'oreille à qui écoute l'album que ses chansons sont taillées sur mesure pour la scène. Et de fait, épaulée par une formation solide et efficace (bassiste impeccable en tête), mademoiselle K défend ces morceaux avec le talent, la jolie voix, et l'engagement qu'il faut. Ces excellents moments sont magnifiés par le fait qu'à la différence des White Stripes, ce groupe n'hésite pas à valoriser ses tubes avec force solos entêtants, comme sur ce final de toute beauté qui a dû frôler le quart d'heure.

Seulement, si l'essentiel est donc là, il faut déplorer un certain nombre de ratés. A commencer par un début de concert mollasson et mal à l'aise, heureusement vite oublié. Par une balance parfois approximative. Et par une propension de mademoiselle K a ne plus chanter mais psalmodier dans ses nouvelles chansons. On imagine qu'elle cherche à créer une ambiance hypnotique à la Patty Smith mais bien qu'elle ne s'économise pas, le résultat n'est pas des plus convaincants...
Mais surtout, elle partait avec deux beaux handicaps. Elle a d'une part choisi l'éclairagiste le plus mauvais de la galaxie. Un type insupportable qui joue en permanence avec toutes les options des projecteurs qui s'offrent à lui, qui ne supporte pas de rester tranquille deux secondes et qui en plus de ça est tout le temps à côté de la plaque. Quand il faut mettre un musicien en valeur, il le laisse désespérément dans le noir, et quand il faut magnifier une montée en puissance, il ne peut rien faire puisque tous les spots sont déjà à fond.
Et enfin, je ne sais pas si c'est à cause du stress de cette grande date pour elle, mais mademoiselle K s'est consciencieusement ridiculisée à chaque fois qu'elle a pris la parole entre deux chansons. Elle n'articule pas, lance des anecdotes sans intérêt qu'elle interromps au bout de trois mots pour se moquer de ce qu'elle vient de dire à la manière d'une ado mal dans sa peau... Voila qui plombe bien l'ambiance...

C'est donc malgré de sérieux handicaps que ce concert est resté très agréable. J'ai cela dit bon espoir que les défauts que j'ai impitoyablement listés disparaissent avec un peu de métier, ce qui permettra de redoutables représentations...