est un caricaturiste du journal Suisse Le Temps qui me fait bien marrer. Son site web est le suivant.
jeudi, septembre 25, 2008
Chappatte...
est un caricaturiste du journal Suisse Le Temps qui me fait bien marrer. Son site web est le suivant.
mardi, septembre 23, 2008
The IT crowd
Et oui, les posts se faisant rares, j'ai décidé de m'adresser à la crème de la crème de mon nombreux lectorat. Aux meilleurs des meilleurs. A la fierté de la France et de l'Humanité.
Je ne parle évidemment pas des financiers, à la face de qui il est enfin bon de cracher ces jours ci, mais bon sans remettre vraiment en cause le système, soyons sérieux. Notre frétillant président vient à peine de prononcer un vribrillonant plaidoyer sur le sujet à la tribune de l'ONU qui doit bien faire marrer ses amis neuilléens. Ils n'ont pas trop à s'en faire, quand on voit par exemple la faible attention avec laquelle l'opinion publique prend connaissance de la chute du prix du pétrole, après six mois pendant lesquels les spécialistes se sont succédés pour lui expliquer que c'était logique, mécanique, et n'avait rien à faire avec la spéculation. Si ça continue, on va finir par découvrir qu'un trois pièces à Paris ne vaut pas vraiment 830 000 euros. (Véridique. Mais il faut dire qu'il a une salle de bain très aérée.)
Bon, je ne vous dérange pas pour déverser tout le mal que je pense sur le manque de sérieux de nos contemporains. Je voulais donc m'adresser à la crème de la crème.
J'ai nommé:
Les ingénieurs.
Amis binoclards, j'ai deux conseils à vous prodiguer, dans deux registres bien différents.
Premier conseil. Si vous vous intéressez un peu à la photo, je vous recommande très chaudement les deux bouquins de René Bouillot: cours de photographie et cours de photographie numérique. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l'optique de formation des images, la chimie des pellicules et l'électronique du numérique. Evidemment, le gars René, c'est pas le poète et l'artiste. C'est pas le gars qui va te raconter l'art de la composition et disserter sur la puissance de l'inspiration. Mais par contre, quel puits de science clairissime sur le moindre des petits aspects de la physique des photos!
Et il a accouché de deux bouquins hyper intéressants bien qu'un brin aride, et pour lesquels un bagage scientifique est très conseillé! Moi, je me régale.
Le deuxième conseil s'adresse par contre à une audience bien plus large. Nous venons de découvrir, avec Ele, une petite série anglaise très marrante: the IT crowd. Le sujet est des plus séduisants: nous suivons la petite division du support informatique d'une grande entreprise, composée d'un geek, d'un nerd, et d'une chef absolument incompétente.
Je sais, le pitch peut laisser sceptique, notamment pour qui ne connait pas la différence entre un geek ou un nerd. Voire ne connaissait pas l'existence de ces deux mots.
Pour ne pas bêtement vous conseiller une série qui risquerait de ne pas vous plaire, je me suis donc muni d'un sujet-test représentatif de la normalité: Ele. Elle rigole assez rarement à mes blagues sur les adresses IP, et ne sais pas configurer un routeur éthernet. Elle ne sait pas ce qu'elle rate, mais passons.
Et bien figurez vous que the IT crowd a obtenu brillament le label tout public en faisant rire aux larmes notre sujet test. Je peux donc chaudement conseiller la série même aux non-informaticiens, qui peuvent se faire une idée de la qualité de la série dès maitenant via cette vidéo sous-titrée (et étrangement accessible légalement sur le net via google vidéos).
Have fun!
vendredi, septembre 19, 2008
vendredi, septembre 12, 2008
C'est la guerre
Bon, je sais, je fais plus jeune que mon âge. Le cheveu est fourni, la barbe quasi-inexistante (quelques spécialistes en ont observé des traces en regardant de très très près), la peau lisse et le ventre plat. Il n'y a pas de quoi se plaindre en somme, et je serais sûrement ravi de sembler avoir 40 ans quand j'en aurais 50, si la chose se poursuit.
Vraiment pas de quoi se plaindre...
...
Certes, il n'y aurait vraiment pas de quoi se plaindre si on ne traitait pas quotidiennement les étudiants attardés (ou ceux qui leurs ressemblent) comme de pauvres irresponsables pas sérieux et qui n'ont rien à foutre!
C'est d'un pénible, de se voir traiter sans cesse comme un petit rigolo sans importance! Ça n'était déjà pas agréable quand j'étais effectivement étudiant attardé, mais bon, il est vrai qu'à l'époque j'étais vraiment un petit rigolo irresponsable, et que je n'avais rien à foutre. Soyons justes. En plus, je fréquentais moins de lieux dont la population habituelle est constituée de pères de familles grisonnants, et où le petit jeune à lunette formait une anomalie qui ne mérite pas grande considération.
Mais alors, maintenant que je ne suis plus l'étudiant glandu que j'ai été pendant fort longtemps, il me sort par les yeux d'être traité comme ça, par dessus la jambe!
Putain, merde, j'ai presque trente ans, et ça fait trente ans que c'est moi qui m'écarte quand je croise un autre jogger sur un chemin étroit! (J'ai commencé tôt, je sais!)
Ca fait quand même 6 ans que je bosse, alors cessez de me prendre pour un lycéen stagiaire, et écoutez ce que je raconte! C'est vrai, je cumule les handicaps pour ne pas être pris au sérieux: je suis chercheur (glandu), j'ai l'air jeune (glandu!), et je ne porte pas de cravate (GLANDU!!!) Mais je fais bien mon taff, et ce depuis 6 ans, et je t'emmerde, mon gars!
Et puis j'achéterais bien une cravate... si les commerçants arrêtaient d'essayer de m'arnaquer comme des malades, ce qu'ils ne tenteraient sûrement pas sur un respectable père de famille grisonnant. (Enfin, je parle des commerçants parisiens, alors je me fais peut-être des idées).
Ca fait un moment que ça couve, mais là cette colère explose à la faveur d'un événement récent. Je me suis fais rembarrer dans un couloir du boulot par le responsable des locaux. Sortant précipitamment de l'unique douche mise à disposition du personnel (1500 personnes) afin de laisser place à d'autres coureurs, j'ai eu le culot de faire mes lacets avec un pied qui effleurait le mur, judieusement choisi en blanc mat. Ce petit bonhomme encravaté d'un cinquantaine d'années, à l'haleine repoussante, m'a interpellé, du haut de son importance, comme un principal oserait à peine traiter un collégien.
Nom de dieu de bordel de merde. Si je n'ai rien lâché sur le moment, je ne lui suis pas rentré dedans comme j'aurais dû. Et bien je vous promets que c'est la dernière fois! Petit bonhomme ridicule, mais de quel droit me parles-tu comme ça!
J'ai peut-être l'air jeune, mais ça ne m'empêche pas d'être compétent et surtout respectueux envers les autres. Et si t'es pas content pour tes murs, t'avais qu'à choisir une autre couleur, et installer plus d'une douche pour 10 coureurs, c'est ton métier tête de noeud. T'énerve pas, et prend un chewing-gum. Je te comprend un peu, faut dire, moi aussi si mon métier c'était de veiller à ce que les tâches de café sur la moquette soient vite nettoyées et qu'il y ait assez de papier dans les chiottes, je mettrais une belle cravate pour avoir l'air important. Mais je me garderais bien d'allumer les jeunes qui vont courir, ne serait-ce que parce que je suis vieux et gros et que je vais bientôt mourir!
Aahhhhhhhh.
Je ne vous promets pas que je vais sortir exactement ce type de diatribe, mais j'en ai marre de me faire marcher sur les pieds. Y a des encravatés qui vont prendre cher, des joggeurs qui vont devoir se jeter dans le fossé en catastrophe, et des commerçants qui vont être tout étonnés que je laisse mon fils chier sur leurs cravates.
dimanche, septembre 07, 2008
L'amérique en 24 épisodes
Et pour prouver que le blog, même au ralenti, gardera sa liberté de ton, voici une vidéo fine et délicate (qui n'a rien à voir):
vendredi, septembre 05, 2008
Gael, ou blogger, il faut choisir
Force est de constater que depuis quelques temps la production du blog a fortement chuté. Evidemment, la présence du petit bonhomme y est pour beaucoup, réduisant notablement le temps que je peux sereinement passer à raconter mes choix musicaux et mes états d'âmes à la demie-douzaine de lecteurs fidèles que vous êtes.
Mais je dois avouer que si j'avais vraiment la flamme, je pourrais trouver de ci de là le temps de vous causer un brin. Seulement, il se trouve que je préfère mettre à profit les moments de calme restant pour lire de bons bouquins, regarder de bonnes séries ou des matchs tendus, et occasionnellement jouer au poker.
La situation n'est pas définitive: j'ai déjà connu des fluctuations dans mes envies de blogger. Mais je crois plus sage de vous prévenir clairement qu'il est probable que vous n'ayez guère plus que quelques posts à vous mettre sous la dent chaque mois, à la faveur d'un disque apprécié, d'un film adoré, ou d'un coup de gueule à passer.
Je conseille donc aux plus fidèles d'entre vous de passer à un rythme de visites plus espacé pour vous tenir informé des petites nouveautés du blog. Ou mieux, de vous abonner à son flux RSS, pour pouvoir d'un coup d'oeil s'il y a eu du nouveau.
Et nous verrons si le blog repart de plus belle. Ou s'il se tari peu à peu.
dimanche, août 31, 2008
Les premières vacances de Gael
lundi, août 11, 2008
vendredi, août 08, 2008
Avis à mes chers fidèles
Chers fidèles,
tout d'abord, je précise que je vous adore et je vous chéris.
Vous n'aurez pas été sans noter que la folle semaine de reprise acharnée du blogage a été loin de tenir ses promesses. Vous en aurez peut-être conçu quelque rancœur: aller sur un blog fréquemment, c'est un peu comme se rendre tout frémissant à un rendez-vous galant. La déception est énorme quand on se rend compte qu'on s'est vu poser un lapin.
Mais j'ai une excellente excuse.
Non, je n'avais rien d'autre de bien important à faire. Rentré un peu plus tard que d'habitude du boulot, j'ai profité de mon temps libre pour converser avec ma belle éloignée, pour regarder des films et jouer au poker. J'aurais tout à fait pu préférer à une de ces activités un bon petit post des familles, ce qui m'aurait d'ailleurs fait économiser pas mal d'argent si ça avait été en lieu et place de la dernière activité citée. Et par suite, à Gael d'être nourri correctement et de pouvoir aller à la fac. Mais bon, ce qui est fait est fait, et j'ai d'ailleurs vendu ses vêtements de bébé sur ebay pour pouvoir me refaire, alors il n'y a pas d'inquiétude à avoir, vous voyez bien.
Balayant mes archives, j'ai remarqué une courte interruption du blog il y a un bon mois. Et figurez vous que ça a correspondu exactement à la libération d'Ingrid Bétancourt.
Et oui.
Mettez vous à la place des Farcs qui, au fond de leur jungle pleine de moustiques agressifs, n'avaient pour seul loisir que la consultation épisodique de mon blog. Le reste du temps, il fallait écouter l'autre cul-bénite essayer de les convertir avec son chapelet, ça devait être usant.
Le blog sans nouveaux posts, il ont craqué et libéré notre Ingrid.
(Je tiens à préciser que je n'ai pas été le seul à jouer un rôle dans cette histoire. Le président Sarkozy a été un acteur majeur de l'heureux dénouement des événements).
Je me suis donc décidé à renouveler l'exploit. Pour protester contre la tenue des Jeux Olympiques en Chine, je me mets en grève du blog jusque début septembre. Et paf.
Tremblez, pourriture de dictateurs communistes! Déjà c'est pas très sympa d'oppresser un peuple qui n'a pas le droit de choisir ses dirigeants, ni de s'exprimer. Mais bon, sensibilisé par l'habile argumentaire des moralistes du CIO, je n'aurais pas osé protester de ce seul fait tant il est vrai que je dois respecter tous les modèles de société, et pas seulement la démocratie occidentale.
Il est vrai qu'il me faut concevoir que si ça se trouve, les chinois aiment bien se faire passer les coucougnettes à la gégéne quand ils expriment un léger désaccord sur une décision du Parti. Je ne suis pas sinophile, et l'idée de donner des leçons post-colonialistes aux sympathiques dirigeants chinois m'est tout à fait étrangère. Et en plus, les Jeux doivent célébrer l'Amour entre les Hommes, et pas être le théâtre de sordides revendications politiques.
Si je m'oppose avec la dernière énergie à la tenue des Jeux en Chine, c'est pour une raison tout autre. Je trouve inhumain, oui tout bonnement inhumain, de tenir ce grand événement sportif dans un pays qui a le culot de se trouver en fort décalage horaire avec nous.
Quel scandale! C'est qui qui va devoir se lever à 3h du mat' pour regarder du tir couché à 30 mètre? C'est qui qui va mettre sa santé en danger pour rester éveillé pendant les 50 kilomètres de marche? Et c'est qui qui va devoir écarquiller ses pauvres yeux pour apprécier la grâce des lanceuses du poids dès potron-minet?
C'en est trop.
Pour faire plier les caciques de cette triste dictature, même si je dois pour cela vous "prendre en otage" (TM), je me mets en grève illimité du blog pendant mes vacances.
Hasta la victoria sempre,
Che Vinci
samedi, août 02, 2008
Régression
- Les dernières courses d'Elena:
Aubergines, courgettes, roquette, petites tomates, fenouil, mangues, jambon de Parme, parmesan, oeufs, penne, glaces, eau, lait, couches, coton bébé.
- Mes dernières courses (ce midi):
Pizza, flamekueche surgelée, crème fraiche, lardons, choucroute préparée, glaces, bières.
Ahhhhhhhhhhhhhhhhh.
Mon dieu que c'est bon (de temps en temps)!
Je suis passé comme un prince à travers le rayon fruits et légumes sans même un regard pour les courgettes. Et à peine sorti, je suis allé chez Mac Do me prendre un maxi-best of Bic Mac.
Sono di ritorno
Dans un premier temps, je maîtrisais fort bien la destinée de mon avatar: je lui ai trouvé un taff bien, l'ai fait séduire puis épouser une jolie nana, à qui j'ai trouvé un boulot moins bien (comme il se doit), etc. Tout allait comme sur des roulettes, et je commençais à peine à réaliser que le jeu était profondément chiant (pas de monstre à tuer, pas de terroriste à buter, pas de morceau de hard rock à jouer, c'était couru d'avance) quand un événement d'une violence rare a bouleversé la vie de mes personnages.
Ils ont fait un bébé.
A partir de ce moment là, j'ai complètement perdu pied dans le jeu. Quand le bébé-sims a des besoins, il se manifeste avec une telle autorité que bien vite, votre personnage doit abandonner ce qu'il faisait sur le champ pour le satisfaire. On... je veux dire, mes personnages, n'avaient plus le temps de se laver, de manger décemment, et encore moins, vous vous en doutez, de faire un tour. L'un d'entre eux à même perdu son job à force d'arriver en retard au boulot (je vous rassure, il s'agissait de la femme...)
Pire: mes personnages avaient même eu la chance de faire des jumeaux. Il arrivait donc que quand l'un pleurait de manière particulièrement véhémente, mon personnage doive poser l'autre, dont il s'occupait, par terre pour se diriger vers son frangin.
Une horreur.
Vous voyez où je veux en venir, non? (Et non, pas qu'un frère rejoindra Gael, bande de petits tordus). La semaine dernière, en deux ou trois occasions (de 24h quand même), Gael nous a fait revivre ces folles émotions - mais dans le monde réel!
Nous avons réussi à rester propres, à conserver nos boulots, et même à dormir à peu près correctement, mais notre temps libre a été intégralement tourné vers les exigences du petit bonhomme. Les journées lors desquelles il était plus cool étant consacrées à une récupération bien méritée, je n'ai pas bloggé une seule fois cette semaine là.
Je m'en excuse platement.
Mais je vous rassure, le problème est réglé. Premièrement, le mal de ventre de Gael est en grande partie passé. Mais surtout, j'ai trouvé la parade: j'ai envoyé Elena et Gael en pré-vacances en Italie, une semaine avant que je les y rejoigne. Et bien figurez-vous que je me sens bien plus reposé que ces vacanciers! Et que la production du blog devrait s'en ressentir.
lundi, juillet 21, 2008
mercredi, juillet 16, 2008
Les amateurs apprécieront
Les amateurs apprécieront le blabla prétentieux et passe-partout que voila:
Develops and guides the testing or investigations pertaining to the development of very complex new designs, methods, materials, or processes and investigates possible application of results.
Analyzes, evaluates, and plans very complex methods of approach, and organizes means to achieve the solution to problems. Interprets and evaluates test data and results of very complex investigation and develops appropriate recommendations. Develops reports, charts, graphs, and other documents and makes recommendations to senior staff. Develops the design of a variety of very complex products, processes, and components. Reviews and approves related inputs such as very complex drawings and specifications prepared by technical support personnel. Coordinates with engineering support to arrange for the production of very complex experimental runs or for the construction of experimental models and special test equipment.
Rien que ça m'sieurs, dames! C'est ses parents qui doivent être fiers de lui!
Je ne pense pas que ce soit de lui, ça doit être le descriptif de son poste, mais quelle rigolade de prendre ça au pied de la lettre! J'ai une tendresse particulière pour les procédés dont il s'occupe, qui ne sont pas simplement complexes, non non non, il est plus balèze que ça. Ils sont very complexes, comme il est répété 3 fois dans ces dix lignes.
Ah lala. Et pour ceux qui ne goûtent pas ce genre de prose, je conclue avec une réflexion récente de l'attaquant allemand Lukas Podolski:
"
Le foot, c'est comme les échecs, mais sans les dés.
"
lundi, juillet 14, 2008
Valse avec Bashir
Un mode de garde alterné, toléré par notre bon maître Gael, nous a permis de découvrir successivement Valse avec Bashir ce week-end. Il s'agit de ce "documentaire d'animation", catégorie étonnante, reparti bredouille de Cannes à la grande stupéfaction de la plupart des critiques. L'auteur israélien s'étonne du fait qu'il ne garde aucun souvenir de la guerre du Liban qu'il a mené il y a 25 ans de cela, et essaye de reconstruire son passé en rencontrant ses anciens camarades, dont la mémoire est également étrangement sélective.
L'originalité formelle est patente: les interviews sont reconstituées en dessin animé, ce qui permet de rejouer les scènes racontées, réelles ou oniriques. C'est bien plus percutant que de vieilles images d'archive, mais c'est surtout superbement beau. L'animation, les couleurs et la musique sont tout simplement superbes.
Mais c'est pour moi la densité du propos qui est la plus forte. En 1h27, l'auteur nous plonge dans le quotidien d'une recrue moyennement concernée par la guerre qu'elle mène, dans les tracas des anciens combattants; il s'interroge sur les séquelles laissées par cette guerre dans l'inconscient des combattants, si longtemps après; et surtout il nous fait revivre le massacre de Sabra et Chatila, et la complicité passive de l'armée israélienne.
C'est là que le choix du dessin animé est particulièrement puissant. Placé du point de vue de troufions israéliens béats par l'odeur de vacances s'échappant du Beyrout estival, on bascule violemment dans l'horreur la plus absolue. Les petits bonhommes de dessin animé se transforment subitement en bourreaux ou en victime, en un basculement surprenant qui fait percevoir au spectateur toute l'horreur d'une guerre entre fanatiques. Et toute la fragilité de la paix.
Un film d'ailleurs particulièrement indiqué en ce 14 juillet où nous nous rangeons, comme un seul hommederrière notre Grande Muette et admire sans distanciation aucune nos jolis tanks et nos superbes hélicoptères-bombardiers.
Best of
samedi, juillet 12, 2008
Six feet under
Le thème de la série est encore plus étonnant que celui des Sopranos (la vie peu glamour de mafieux new-yorkais, entre soucis familiaux, cure chez le psy, petitesses financières et quelques éclats de violence, je vous rappelle): on suit simplement le quotidien d'une famille de croque-mort, de nos jours à Los Angeles. Le pitch a de quoi rebuter: on y flaire l'ennui à des kilomètres, et tout au plus peut-on espérer un peu d'humour de mauvais goût.
Point, mon ami. Si vous pouvez me permettre, vous vous gourrez (comme nous avant vous) totalement.
L'intérêt majeur de la série est de nous faire suivre des personnages succulents, complexes et attachants. Il y a la mère anciennement coincée qui découvre sa nouvelle liberté de veuve avec étonnement. Le fiston propre sur lui qui tarde à révéler son homosexualité à ses proches. L'autre fiston, rebelle affolé par la mort qui va se laisser convaincre de poursuivre l'entreprise familiale. Et la petite dernière, lycéenne décalée en perpétuelle remise en cause.
Bref, autant de prototypes réjouissants (et je ne complète pas la galerie de portraits avec Keith, Rico et Brenda), mais qui sont bien plus fins qu'il n'y parait et qu'on prend plaisir à voir évoluer pendant plusieurs saisons.
Et c'est alors que le cadre - le funérarium - prend toute son importance. D'une part il est prétexte à de multiples rencontres avec des destins tour à tour tragiques, poétiques... et quelque fois tout simplement marrants! Il faut préciser que chaque épisode commence par une scenette présentant le mort du jour: ce n'est pas par simple plaisir pervers, mais pour introduire les personnages secondaires de l'épisode, et avec eux la thématique dont parlera l'épisode.
Mais d'autre part, surtout, ce funérarium mène à se confronter - évidemment - au thème de la mort. Et c'est bien pour cela que cette série a gagné un immense respect critique: elle arrive à se frotter encore et encore à un des sujets les plus casse-gueule et les plus tabous qui soit, et à s'en tirer avec panaches. C'est fait avec tant de doigté qu'on en retient de grands moments d'émotion, et qu'on y développe quelques réflexions pas triviales.
Et enfin, cette série est pétrie du talent dont sont coutumiers les grands spécialistes américains. Graphiquement, elle est superbe; et les acteurs sont tous plus attachants les uns que les autres. Bref, on adore!
jeudi, juillet 10, 2008
Deux bons polars
Si, Gael couché, j'ai rarement l'énergie de vous écrire un petit mot, je lis beaucoup. C'est ainsi que j'ai pu, en sus de mes Spiegel, Telerama et Courrier International hebdomadaires (j'ai de longs trajets en transport en commun, je vous rappelle), régler leurs compte à un nouveau Connelly, et au dernier Vargas (j'ai en outre pas mal de temps morts à meubler durant les têtées, je vous rappelle).
L'un comme l'autre flirte avec l'excellence, mais est tempéré par un bémol assez mineur. Ah bah merde, faut bien faire un peu la fine bouche pour ne pas lasser ses lecteurs!
Le dernier Vargas - un lieu incertain - regorge de toutes les qualités que l'on connait à son auteur. Les personnages sont attachants, la langue musicale, la narration regorge d'anecdotes poétiques, et l'intrigue est accrocheuse.
Mais le petit bémol habituel empêche le roman d'accéder à l'excellence (à mon sens). Cartésien comme pas deux, j'ai du mal à avaler certaines péripéties et explications. C'est dommage, car l'intrigue est par ailleurs fort bien foutue et convaincante, mais quelques autres points et de trop nombreuses coïncidences me chiffonnent.
Mais soyons clairs, ça reste du très bon, comme à l'accoutumée!
C'est aussi un polar, mais le style est complétement différent: Le poéte de Michael Connelly. Point de poésie mais une narration dense, précise, hyper-réaliste. Un chroniqueur judiciaire enquête sur le pseudo-suicide de son frère qui s'avère plus compliqué qu'il n'y parait et le mène à croiser la piste d'un serial killer. Ta-ta-ta!
Il s'agit parait-il d'une des oeuvres maitresses de Connelly, et c'est vrai que les qualités que j'avais déjà trouvé à Trunck Music sautent aux yeux ici encore. La narration est sobre, mais hyper maitrisée. Les personnages sont attachants et très réalistes, et l'histoire est racontée de manière sacrément efficace. La quintessence du polar, en quelque sorte.
Mais je vais me permettre d'ajouter un bémol, encore plus minime que celui porté au débit de Vargas, à ce concert d'éloges. De part et d'autre d'un bouquin raconté à 95% du point de vue du journaliste, Connelly intercale quelques chapitres racontés par le serial killer. Des chapitres extrêmement malsains (car il s'agit d'un pédophile, en plus), qui n'apportent rien à la tension dramatique tant le procédé manque de finesse.
Je recommande donc très volontiers cette excellent polar, mais conseille de sauter les chapitres en question (aisément identifiables) pour un bonheur de lecture absolument complet. Rassurez-vous, vous ne perdrez rien de l'angoisse de la traque, et vous prendrez les coups de théâtres en pleine tête comme tout le monde!
Ah faut oser quand même
Après Frederic Piquione qui assimilait son cas à une prise en otage (il a finalement quitté les centaines de milliers d'euros de Saint-Etienne pour les millions d'euro de Monaco), le foot professionnel nous tirerait des larmes, si on n'y faisait pas gaffe.
On va faire gaffe, quand même.
mercredi, juillet 09, 2008
Coucou, zique et Gael
C'est terrible, je fais de la rétention de posts. Les sujets s'accumulent, s'accumulent, mais je n'ai pas trop le temps de les rédiger (ce dont vous vous rendez compte). Alors du coup ça me dégouline de partout, et ça me frustre de ne pas vous causer.
Il faudra bien que je vous parle de Six feet Under, définitivement formidable! Que je vous raconte un peu de mon quotidien de chercheur. Vous touche un mot de Danse avec Bashir (là je triche, je ne l'ai pas encore vu). Vous décrive le prie lit de la galaxie, que j'ai eu l'occasion de fréquenter récemment.
Mais pas le temps pour l'heure. Je vais quand même en profiter pour vous recommander chaudement le groupe italien Musica Nuda, dont vous pouvez voir trois chansons ici, ici et ici (ou plus simplement, et avec une meilleure balance, sur leur myspace). Un contrebassiste de talent, un bon goût indécrotable, une superbe voix, des instrumentations fines et parfaites et une superbe langue. Du bonheur, qui tourne en boucle dans mes esgourdes.
Et je vais vous faire patienter d'ici le prochain post avec un festival de notre grimaceur en chef:
PS: Oh et puis, puisque c'est vous, je vous mets un petit rab' de Musica Nuda. Si après ça vous ne courez pas acheter l'album (qui se trouve facilement en France, soit dit en passant):
vendredi, juillet 04, 2008
Oh bah ça alors
De manière totalement imprévisible, il semble que le bouclier fiscal ne concerne finalement que les foyers (très) fortunés, ainsi que le rapporte le Monde. Les 1291 heureux foyers recevant en moyenne 47000 euros remercient bien les contribuables moins fortunés qu'eux.
jeudi, juillet 03, 2008
Mise en perspective
Une proposition formulée par ailleurs de manière fort peu diplomate quand on s'acharne à trouver 25000 reconduites à la frontière.
dimanche, juin 29, 2008
Ode au drapeau
Avec la parcimonie et la légèreté qu'on connait aux médias, politiques et experts, on entend encore et encore cette litanie à tout bout de champ. Il est visiblement de bon ton de cracher sur ce modèle de société, encore et encore, avec ce petit air de papa-nâvré-mais-un-peu-compatissant devant un gamin attachant, mais terriblement casse-couille.
"-Je suis Français et très attaché à mon pays, mais là voyez vous ma pauv' dame quand même il y a des archaismes nâvrants, gnagnagna gnagnagna, donc le libéralisme c'est super. - Ah bon, ben vu votre jolie cravate vous devez savoir de quoi vous parlez, alors d'accord."
Bon, vous me connaissez, je ne vais pas monter au créneau pour défendre notre fier Drapeau et notre belle Histoire. Remarquez d'ailleurs que les plus fervents pourfendeurs de notre pays attardé, Sarkozy en tête, sont aussi les premiers à chanter la grandeur de notre Histoire, les sacrifices de nos Grands Hommes, et la Place Particulière de Notre Pays dans la Destinée de l'Humanité. Tout ça tout ça.
Mais ne nous y trompons pas: ce n'est pas la France-pays-drapeau-histoire qui est attaquée en rotation lourde dans les médias. C'est à la France-société (un peu) solidaire à laquelle tous ces vibrionnants experts encravatés s'en prennent. Le sous-titre est clair: il est établi qu'il faut abandonner notre système pour aller vers le modèle anglo-saxon (ou, si on veut être poli et avancer masqué, le modèle suédois - en oubliant sa dimension sociale dans un deuxième temps, évidemment).
Cette mode n'est vraiment pas nouvelle, mais je m'effraie de la voir si bien prendre autour de moi. C'est assez vicieux: jouant sur le contresens "défense de la France = nationalisme", ainsi que sur une propension assez naturelle (et saine) à l'autocritique, on a vite fait de se laisser emporter par ces arguments. D'autant que les plis soucieux sur le front des commentateurs paternalistes sont extrêmement convaincants.
Du coup, le gimmick est passé dans le langage commun, à tel point qu'on ne se rend plus bien compte qu'on abonde sans cesse dans le sens des libéraux et qu'on milite à son insu pour l'abrogation de notre société (un peu) partageuse - alors qu'une majorité de Français a l'opinion inverse. Au café, en famille, à la cantine: "Tu sais, c'est typiquement français..."
Ces mesquineries lexicales n'ont l'air de rien, mais elles ont à mon avis une importance cruciale. Un électeur qui a intégré au plus profond de son petit cervelet que "modernité = libéralisme", "archaisme = social = France vieillissante" et "réforme = bien (quelle qu'elle soit)", ne sera pas alarmé quand Sarkozy annoncera ses projets de démantellement à la prochaine présidentielle. Et alors, faute de critère fort, il votera à nouveau pour la candidat qui a la plus belle cravate, la plus "grande dimension internationale" (c'te rigolade), ou qui n'aura pas cet air d'institutrice si énervant.
samedi, juin 28, 2008
Didier Super
Ou encore:
jeudi, juin 26, 2008
Je suis de retour
vous n'aurez pas été sans noter que le blog vit sur un rythme moins enlevé qu'il y a quelques mois. Deux mois et 12 jours pour être précis.
En père consciencieux et aimant, j'ai fait passer le bien-être de mon fiston avant les attentes des milliers de fidèles lecteurs de ma prose.
Et bien c'est fini.
Je repars de plus belle dans des posts quotidiens, car désormais Gael passera au second plan. Et voici pourquoi:
Non mais!
Je m'en vais lui apprendre à respecter son père, et à obéir à la figure d'autorité que je suis, nom de d'la.
PS: Dans cette version moins jolie mais sans décalage de son, vous aurez aussi droit au mot d'amour final, qui scelle le divorse.
lundi, juin 23, 2008
Manu Chao (ouais!) à Bercy (oh...)
Mais attention, je ne parle pas de bête simplement charismatique, le genre à te refourguer une photocopie de son album en bondissant sur scène (ce qui peut ne pas être pas mal, d'ailleurs). Non, Manu Chao est avant tout un type qui s'entoure de musiciens exceptionnels, avec qui il revisite complètement ses très nombreux tubes. Il est avant tout là pour jouer la musique qui lui plait et qu'il réinvente entre l'album et la scène, le tout avec une pêche et un professionnalisme hallucinants.
A Bercy comme à la fête de l'huma, nous avons donc eu droit à de la musique ensoleillée, parfaitement en place et revisitée en virtuose. Que demande le peuple?
Si il pouvait se permettre, si il pouvait rêver au concert parfait, le peuple il demanderait une autre salle de Bercy. L'acoustique y était vraiment épouvantable, et même si la musique de Manu Chao peut y survivre un petit peu (un peu de saturation "sortie du transistor" fait même à son charme), on adorerait avoir des conditions d'écoute correctes.
Certes, il est illusoire de demander à Manu Chao de faire l'Olympia, sauf à mécontenter des dizaine de milliers de fans. D'autant plus que le bonhomme s'est visiblement donné du mal pour que les places soient bien moins chères que d'habitude dans cette salle (30 euros contre 50 pour les concerts pas trop chers, et plus de 100 pour les grands noms). Mais mon dieu que ça aurait été mieux en extérieur, sans réverbérations dégueulasses!
Ca coûté bonbon...
Tremblez Real de Madrid et autres Milan AC! Alors qu'on nous amuse avec les transferts de Christiano Ronaldo et autres Samir Nasri, sachez que le FC Nantes a signé Yohan Moullec.
Ah on va en vendre des maillots les gars!
Saleté d'été
(Il faut dire que le soleil violent ne nous a pas aidé)
dimanche, juin 15, 2008
samedi, juin 14, 2008
De fortunae
Il est frappant de voir à quel point nous sommes incapables d'intégrer la notion de hasard, et ses corolaires de chance/malchance, lorsque nous interprétons des événements qui nous paraissent importants. Certes, on s'incline quand il s'agit de petites choses secondaires: il pleut aujourd'hui/ j'ai raté mon métro à deux secondes près/j'ai croisé mon voisin à l'autre bout de la ville, c'est étonnant, mais je veux bien croire que ce soit complètement aléatoire.
Mais alors, quand il s'agit d'événements d'une toute autre dimension, non, ça ne peut pas être en partie dû au pot. Par exemple (et c'est un exemple purement hypothétique, qui n'a rien à voir avec ma vie personnelle, bande de petits salopiots - le "je" qui suit n'est qu'une figure rhétorique, qu'on soit bien d'accord là dessus), si j'ai été embauché dans le poste de mes rêves, c'est que je le mérite: c'est purement mécanique. Le hasard n'a rien à voir avec la chose. Ca ne peut pas être (aussi) parce que le poste venait de se libérer et qu'il fallait le pourvoir rapidement; parce que les autres candidats étaient particulièrement mauvais; ou parce que les employeurs n'arrivaient pas à choisir et ont donc utilisé un critère complètement secondaire pour trancher. Je ne dis pas que mon profil n'a rien à voir avec mon embauche - il a même certainement joué un rôle prépondérant - je dis juste qu'il n'est pas le seul facteur à jouer. J'aurais fort bien pu me présenter avec le même profil, et me retrouver à pointer à l'ANPE si j'avais eu le malheur d'être mis en compétition avec un futur prix Nobel, par exemple.
Vous voyez bien que cet exemple n'a rien à voir avec ma vie personnelle. Vous savez tous fort bien que je suis infiniment supérieur à un prix Nobel. Mais puisque je vois que vous avez l'air d'y tenir, je vous donne une illustration portant sur ma vie personnelle: sans que ni Elena ni moi n'y soyons pour quoi que ce soit, Gael aurait fort bien pu être un bébé hideux et méchant, qui serait devenu un financier antipathique de droite à l'haleine chargée. Or, c'est un nourrisson adorable qui sera un artiste reconnu dont la respiration sentira la cannelle.
Il est d'ailleurs bien naturel de sous-évaluer la part que le hasard joue dans nos vies: il serait probablement vertigineux de réaliser qu'on est passé à deux doigts d'épouser un horrible bonhomme, ou qu'il s'en est fallu d'un rien pour qu'on ne devienne une star du rock.
Pourquoi ces profondes considérations philosophiques? Et bien, cher lecteur, non pas pour une mais pour deux raisons. Et oui.
Raison numéro 1, parce que la magnification absolue de ce penchant naturel par les théoriciens d'un libéralisme débridé m'énerve au plus haut point. Pour eux, les top-managers atteignent des sommets de responsabilité (et de rémunération) en vertu de leurs seules qualités. Rien à voir avec des considérations extérieures favorables, telle qu'une naissance dans un milieu doré ou les relations de papa. Dans le même ordre d'idée, un type qui prévoit avec justesse la montée ou la chute d'une action est forcément un visionnaire super malin qui mérite bien de gagner autant que 10000 secrétaires.
Et à l'autre bout de l'échelle, les loosers, à commencer par les chomeurs, doivent plus ou moins s'en prendre à eux mêmes. Je dis pas que c'est facile, mais si ils se secouaient un peu, ils s'en sortiraient forcément. Puisque tu n'as que ce que tu mérites.
Mais c'est surtout la raison numéro 2 qui motive ce post. Venons-en donc à l'essentiel.
S'il est bien un milieu où tout est parfaitement mécanique, logique et prédictible, c'est bien entendu le foot. A en croire les multiples 'nalyses a priori ou a posteriori qui fleurissent dans les médias du moins. Si tu as, disons, perdu 4-1, et ben c'est nécessairement que tu le méritais complétement, absolument, exactement. C'était écris dans la façon dont tu as joué, forcément puisque d'ailleurs tu as perdu 4-1. Pile. Juste comme je pensais.
Alors ces choeurs unanimes qui produisent des centaines de lignes d'analyse argumentée pour t'expliquer a posteriori que tu mérites nécessairement ce qui t'arrive me gonflent. D'abord parce que si il n'y a absolument rien à dire qui dépasse le score final, la mesure de toute chose, et bien on économiserait pas mal de papier en s'épargnant ces stériles analyses.
Et ensuite parce que c'est faux. Le hasard joue un rôle absolument prépondérant dans ce sport. Puisque nous avons en tête le 4-1 d'hier soir, je ne dis pas ici que la France ne méritait pas de perdre. Je ne dis pas non plus que même si il m'avait semblé qu'elle avait mérité de gagner, on aurait dû annuler le résultat final et nous attribuer les points. Non: les règles donnent les points au vainqueur (objectif), et en plus dans ce cas d'espèce les Pays-Bas les méritent.
Je dis simplement que le match tel qu'il a été joué aurait facilement tourner tout autrement. Que ce qu'à fait l'équipe de France, comme ce qu'avait fait l'équipe d'Italie en début de semaine d'ailleurs, n'est pas du tout honteux et que les gros pépères qui t'expliquent que tout cela est bien normal, qu'ils avaient toujours dit que cette année c'était pas comme avant, enfoncent des portes ouvertes avec une mauvaise foi qui m'agace prodigieusement tant elle est répandue.
Voila. Moi j'ai envie de faire un gros bisou à Domenech parce que c'était sympa ce que son équipe a proposé hier soir (alors que je lui en aurais bien collé une après le chiantissime match contre la Roumanie), et allez un autre bécot à Donadoni parce que son équipe d'Italie a un jeu ouvert qui n'est pas du tout payé. Ces deux belles équipes vont probablement être éliminées, c'est tout à fait normal, mais je trouve dommage qu'elles doivent sortir sous les crachats et les regards méprisants tant, fondamentalement, ce qui a changé depuis la finale en 2006 est seulement la façon dont les dés sont tombés.
Et paf. C'était ma 'nalyse à moi.
PS: Pour une 'nalyse juste, il faut évidemment aller là.
Deux petits liens en passant
- Une intéressante émission d'Arrêt sur Images, cette fois-ci accessible sans abonnement, consacrée à la défiance des médias traditionnels et des politiques vis à vis d'internet. Voila une bonne occasion pour les non-abonnés de voir ce qu'ils ratent.
- Denis Robert, le journaliste qui avait découvert Clearstream (et dont je vous avais parlé précédemment) jette l'éponge. La banque-blanchisseuse Clearstream l'a submergé d'assignations devant la justice pour l'épuiser et faire un exemple. Ils ont obtenu gain de cause au Luxembourg sur un de ces procès, ruinant virtuellement Denis Robert. On peut le soutenir là.
jeudi, juin 12, 2008
La quatrième dimension
Le compte-à-rebours du jour, c'est le référendum en Irlande. Vous n'avez pas pu y échapper. La problématique est simple: les Irlandais, seul indéfectible peuple à avoir le droit de s'exprimer sur la constit... pardon le traité européen risquent de dire "non".
Quel suspense. L'auditeur en frissonne: quel coup de théâtre ce serait! L'événement est du pain béni pour le journaliste, qui se plait à en éclairer toutes les conséquences possibles: la mécanique bruxelloise serait bloquée; les 25 pays membres, effondrés de devoir repartir une troisième fois à zéro, alors qu'ils avaient remaquillé à la va-vite la Constitution dans le dos des électeurs; et surtout Sarkozy serait tout marri d'hériter d'une présidence européenne sans importance, lui qui rêve de grandes choses pour distraire son électorat de ses échecs domestiques.
Autant les journalistes sont extrêmement diserts sur toutes ces conséquences, qui ont de claires dimensions "people" (il s'agit en fait de savoir si telle ou telle personne, plus ou moins antipathique, sera frappée par ce coup du sort), autant ils sont particulièrement expéditifs sur les raisons qui pourraient pousser les Irlandais à voter "non". Et là, rien de nouveau sous le soleil: il n'y a pas de bonnes raisons de voter "non", c'est absolument certain. France Inter nous présente d'ailleurs une alternative explicite: il s'agirait ou bien d'un vote protestataire, ou bien d'un vote anti-européen. Le noniste est soit accablé par sa dure vie et un petit peu idiot (ce qui peut au moins lui valoir un peu de commisération de la part des médias), soit méchant et renfermé sur lui-même. Point final.
Aujourd'hui comme hier, politiques et médias sont unanimes pour dire que c'est cette Europe ou rien. Voter "non" pour en avoir une autre reste toujours aussi impensable.
C'est quand même dingue: la "non" est quand même très largement plébiscité (et le sera peut-être à nouveau), mais ni politiques ni médias ne sont prêts à lui accorder ne serait-ce qu'une once de doute, et se remettre un tout petit peu en cause. Remarquez, ça devient un peu un prophétie auto-réalisatrice: à cause de la scandaleuse surdité des politiques (pas beaucoup aiguillonnés par les médias) qui s'entêtent à proposer encore en encore le même schéma libéralo-obscur aux peuples qui le refuse, on n'est pas prêt de voir l'émergence d'une Europe des peuples et non du fric.
mercredi, juin 11, 2008
La pensée du jour
- La Roumanie, c'est une Italie sans attaque.
- L'Italie, c'est une Roumaine sans défense.
Et enfin, Telerama partage mon sentiment sur les pries commentateurs de la galaxie.
dimanche, juin 08, 2008
Michael Connelly
Le marketing des polars et autres thrillers me sort par les yeux. Voir toutes ces affiches dans le métro, gros plan sur le visage mystérieux de l'écrivain en noir et blanc, limite menaçant, genre "je suis hyper habile, suprêmement intelligent et peut-être un petit peu fou", ça me fatigue. "Le nouveau maître de l'angoisse". "Il joue avec nos peurs les plus intimes". Tout ça tout ça.
Alors quand je croise lors de mes transports parisiens des dizaines de lecteurs accrochés au dernier livre à la mode, j'ai tôt fait de les trouver complètement crétin (ce qui est le mouvement naturel du voyageur parisien: secrètement mépriser les autres - à part les jolies nanas), et de considérer l'écrivain en question comme un pur produit marketing.
C'est ainsi que je considérais Connelly. Jusqu'à ce que mon frangin préféré, au bon goût affirmé, épaulé par sa chère et tendre, elle aussi spécialiste ès polar, me narrent leur admiration pour le bonhomme.
Vous me connaissez: je les ai défoncé. Armé de ma meilleure foi à triple blindage, je leur ai démontré sous tous les angles que cet écrivain dont je n'avais rien lu était nullissime. C'était le minimum syndical, quoi.
Mais je ne suis pas le mauvais gars. Une fois mes hormones polémiques satisfaites, j'ai acheté un ouvrage de Connelly. Trunk music, pour être précis (ou pour les misérables qui lisent les livres en version française - ouh la honte, ils perdent toutes la saveur de la langue: le cadavre de la rolls. Vous voyez bien que le titre, percutant en VO, est tout pourri en VF. Alors même si je dois passer trois fois plus de temps à déchiffrer le roman, même si je dois me ruiner les poignets à manipuler un lourd dictionnaire (pas facile avec un Gael sur le bras gauche), même si je dois ne comprendre les rebondissements qu'avec plusieurs pages de retard, je suis fier de lire en VO. Euh, je ne m'étais pas embarqué dans une parenthèse il y a quelques dizaines de lignes? Et ben je la clôt là)
Bref, comme vous vous en doutez, j'ai été séduit. Le style, très sec, m'a étonné et semblé quelque peu artifiel au début, mais m'a vite plongé dans l'ambiance rêche d'un Los Angeles que Connelly, ancien chroniqueur judiciaire de la ville, connait parfaitement.
Mais surtout, j'ai apprécié le fait que l'auteur prenne le temps de détailler longuement chaque situation avec luxe détail. On est loin des thrillers-vidéo clip à la Harlan Coben qui, quoique fort efficaces, finissent par ne plus être crédibles au trentième rebondissement. Ce qui arrive autour de la page 10.
Au contraire, Connelly me semble parfaitement maîtriser le délicat équilibre consistant à mettre assez de rythme pour surprendre le lecteur, mais à lui laisser le temps de bien goûter chaque situation, chaque mystère. On profite dfonc pleinement de l'intrigue sans avoir l'impression de vivre un jeu vidéo.
Au final, ce fut donc un polar bien dosé, bien foutu, dans un milieu bien rendu et avec des personnages couillus comme il faut.
Très bien, donc. Mais ne le dites pas à mon frère.
samedi, juin 07, 2008
Les posts auxquels vous avez échappé
- Une chronique douce-amère sur les bébés qui attendent sagement les trente secondes-clé entre l'enlevage de la couche souillée et le placement de la nouvelle couche pour faire caca, pipi, ou les deux;
- Un billet énervé sur cet étonnant réflexe des routiers, corporation votant massivement à droite, à bloquer le pays pour réclamer des aides de l'Etat (exécré en temps normal) afin d'atténuer une crise de laquelle il n'est en rien responsable;
- Un billet encore plus énervé sur la neutralité médiatique encore plus étonnante des médias vis-à-vis de ce mouvement, qui n'a rien de commun avec l'hostilité envers les grèves de la SNCF ou de la RATP. Je note que lorsque la SNCF et la RATP fait grève, les gens sont bloqués du fait de la grève, mais les mécontents n'ont rien fait de plus que de cesser le travail. Les routiers, ou les pécheurs, emploient des modes de protestations qui n'ont rien à voir avec la grève puisqu'ils imaginent des moyens spécifiques pour bloquer un maximum de monde. Voila qui mériterait de s'interroger sur la légitimité de la chose, à l'heure où l'on nous gonfle avec le "service minimum" dès que ce sont des fainéants de fonctionnaires qui gueulent;
- Un post ironico-amer sur l'équipe d'Italie, comme ça pour le plaisir;
- Une critique des deux derniers films que j'ai vu au ciné, grâce à la bonté de ma femme qui a affronté Gael seul à seul pendant ce temps là: Lady Jane de Guédidian et Un conte de Noël de Dépléchin. Si ces deux films m'ont intéressé, voire plu, ils sont assez originaux et je ne pense pas avoir toutes les clés pour bien les comprendre. Ma pénurie de posts m'a donc permi d'éviter l'exercice de style consistant de dire ce que je pense de films dont je ne sais pas trop quoi penser;
- Un petit mot disant que mes collègues ont remarqué qu'à revenu égal, ils allaient payer 30% de plus d'impôts cette année que l'année précédente. Les cadeaux fiscaux s'en sont donc allé ailleurs, j'imagine. (Je ne peux pas faire la comparaison personnellement car je suis passé entre les deux dernières déclarations du statut de thésard étriqué à celui de richissime chercheur roulant sur l'or.)
Hommage à Béranger
Mon jugement sur le dernier Moby (nul) et surtout le dernier dEUS (hélas moyen) n'ont pas contre pas changé.
A part cela, trois nouveaux albums me sont passés par les esgourdes. Les Tit Nassels, très bons sur scène, m'ont moyennement emballé sur leur dernier album: leurs voix se marient très bien, leurs textes sont parfois excellents, mais l'album est assez répétitif dans sa forme et inégal dans la pertinence des thèmes abordés. Jetez une oreille sur le formidable "Soixante millions de..." pour en entendre le meilleur.
J'ai pas mal apprécié le dernier Agnès Bihl, quoiqu'il ait aussi quelques défauts. Elle se complait un peu trop dans le rôle de la chipie mal aimée (dans ses textes), et dans l'exploration de thèmes très hards (la pédophilie par contre). Parfois, ça casse donc, mais heureusementça passe beaucoup plus souvent. Sa jolie gouaille, ses accompagnements bien sentis et sa plume militante et drôle donnent de très bons moments, tels Demandez le programme (en écoute sur son myspace) ou La complainte de la mère parfaite (qui me parle pas mal en ce moment).
De bonnes choses donc, mais qui sont malheureusement pour elles complétement écrasées par la révélation de cette moitié d'année pour moi: l'album hommage rendu à François Béranger. C'est bien là que je me rend compte de ma piètre culture musicale: après Allain Leprest, je suis bien heureux que la jeune génération de chanteurs me fasse découvrir les glorieux anciens.
Le parallèle avec Leprest est troublant: voila un autre grand de la chanson des décennies passées, qui a eu sa petite heure de gloire malgré une personnalité profondément a-médiatique, mais qui est complétement tombé dans l'oubli pour le grand public. Heureusement, les jeunes loups de la chanson française ont de la mémoire et Sanseverino, Loïc Lantoine, la rue Kétanou, Tryo, Jeanne Cherhal, Thiefaine ou encore Jamait le rappellent à notre bon souvenir.
La comparaison avec Leprest a aussi ses limites car leur style est assez fondamentalement différent. Là où le premier brille surtout par la poésie de ses textes (bien que son intégrité et ses engagements soient également au dessus de tout soupçon), Béranger coupe surtout le souffle par la dimension politique de ses chansons (bien que la qualité de son écriture soit tout à fait appréciable).
Bref, les 17 chansons de l'album m'ont franchement secoué. Des thèmes forts (l'Algérie, le vote protestataire, le rôle de la chanson... ou quelques sujets légers à l'occasion) traités de front, avec des mots terribles. Le titre de l'album est parfaitement choisi, même si c'est selon moi la seule mauvaise reprise de l'album. Béranger, le libertaire de service de la chanson dans les années 70, a eu il faut dire une vie qui ne prête pas à la tendresse. Ouvrier dans son jeune âge, il a été arrêté après quelques manifs et envoyé trois ans en Algérie. A son retour, il s'est d'ailleurs vite retrouvé en taule avant de se tourner vers la chanson. Tout cela est fort bien raconté dans la chanson Tranche de vie.
Talentueux, mais avant tout énervé, Béranger a par contre, comme Leprest, pas mal profité du coup de jeune donné à ses arrangements par la fine fleur de la chanson qui lui rend hommage. D'où un album énorme, où les chansons pétries de talent s'enchainent si vite qu'il faut une dizaine d'écoute pour en faire le tour.
Et comme s'il fallait en rajouter, Mell et Christian Olivier nous gratifient d'une perle absolue, la reprise de Manifeste. Intelligente, intègre, énervée, maline, marrante et brillante à la fois, cette chanson à elle seule justifierait l'achat de l'album. Un objet à ne pas rater, donc.
dimanche, juin 01, 2008
Camille à la Cigale
Euh, salut, vous vous souvenez de moi? Dans le temps, il m'arrivait de mettre un jour un blog plus d'une fois toutes les deux semaines pour rajouter des photos de mon fils. Vous me remettez?
Bien. Parce que je suis de retour, au moins le temps d'un post! Tout comme le jeune cadre dynamique qui allait voir un concert toutes les semaines était de retour mercredi soir, au détriment du père attentionné et autoritaire à qui il a laissé place récemment. Par la grâce de mon frangin et de sa fidèle assistante, nous avons en effet pu nous arracher aux cris d'amour de Gael pour profiter du concert de Camille à la Cigale.
C'était le concert piège par excellence car nous nourrissions de hautes attentes quand au spectacle qui allait nous être offert.
Pour commencer, nous adorons les deux derniers albums de Camille, et saluons l'évolution vers plus de recherche sur les sons bizarres qui a présidé à la réalisation de Music Hole. En plus de cela, la fo-folle bondissante Camille bénéficie d'une réputation de bête de scène que nous avions hâte de voir de nos petits yeux ébahis. En outre, elle est accompagnée de spectaculaires musiciens-vocaux (faisant la batterie, la basse et le scratch à la bouche, par exemple), ce qui assure certainement le spectacle.
Et enfin, plus égoïstement, puisque nous allons nous rendre au concert moins souvent que par le passé (si, si, ne cherchez pas à me consoler, j'en suis sûr), nous voulions vraiment en prendre plein les mirettes. Autant dire que la mère Camille avait toutes les chances de nous décevoir tant la barre était haute.
Ne reculant devant rien, nous lui avons rendu la partie encore plus difficile en n'arrivant *que* quinze minutes avant l'ouverture des portes. Une file impressionnante d'une centaine de mètres était déjà formée ce qui, alliée au nombre de sièges réservés pour les VIPs dans une salle demie-assise, nous a laissé peu de places acceptables.
Petite parenthèse en passant: en temps normal, cette pratique élitiste de la réservation de places aux invités m'horripile. Mais quand les VIPs ont les traits charmant de Sandrine Kiberlain, ben je passe l'éponge. Et quand aux lecteurs malfaisants qui voudraient me faire remarquer que nous pourrions choisir des places debout, je vous répond qu'il n'en est pas question. Nous avons droit à notre petit confort maintenant! Fin de la parenthèse.
Notre vieille expérience aidant, nous avons réussi à choper des places acceptables à l'étage, seulement gênés par un poteau coupant la scène en deux régions. Mais la vue restait tout à fait acceptable.
Sauf que de petits malins, arrivés plus tard que nous encore et peu satisfaits de la taille moyenne du spectateur présent dans la fosse, ont trouvé un plan d'enfer: en s'agrégeant contre ledit poteau, dans le passage, ils avaient une vue parfaite sur la scène. Certes, chacun d'entre eux cachait le spectacle à une cinquantaine de spectateurs assis, mais si on ne regarde pas derrière, on peut facilement faire semblant de ne pas s'en rendre compte.
Nous évitâmes le fiasco grâce à votre serviteur qui s'en allât courageusement bouter les malotrus dans la fosse. Dès le début de la première partie, je bondis et agressais courageusement une malotrue qui s'en alla la queue entre les jambes. Seulement, je m'étais à peine réassis que de nouveaux goujats débarquèrent et cachèrent la vue fraichement dégagée. J'étais à deux doigts de céder à l'énervement quand une des spectatrices assises dans le même axe que moi pris la relève, et veilla au bon respect du déblayage du poteau pendant tout le concert, résistant stoïquement aux démonstrations de mauvaise foi les plus tourneboulantes (genre "mais on va pas au concert pour être assis" - alors qu'il était impossible de voir quoique ce soit même debout derrière les malotrus). Sans mes disciples, j'aurais peut-être réagi de manière moins diplomatique.
Quoiqu'il en soit, je ne peux pas dire que j'avais l'esprit complètement libéré quand Camille fit son entrée sur scène. Et donc, malgré l'inconfort de notre position, et malgré les très haut niveau d'attente à laquelle elle était exposée, Camille nous a en-chan-tés.
Pour commencer, ses chansons sont magnifiques, ce qui est ma foi assez important. La scénographie était superbe: Camille est accompagnée d'un clavier (la seule concession aux instruments classiques), de deux "human-drum-box" (basse et batterie à la bouche), de deux choristes masculins faisant des percus en sautillant sur leur estrade (enfin, c'est ce que j'imagine car on ne les voyait pas - ils étaient de l'autre côté du poteau), et de deux choristes féminines. Et c'est très impressionnant de voir tout ce monde là chanter au diapason en se tapant sur la poitrine pour établir la rythmique!
Et j'ai surtout apprécié l'intensité que tout ce petit monde mettait dans les chansons. Le groupe emporte le public non pas simplement en faisant quelques petites blagues, mais en se jetant corps et âmes dans des chansons décalées et très travaillées. On est scotché, et carrément conquis quand arrivent les chansons les plus ludiques, lors desquelles on est ravis de faire "miaou-miaou waf-waf" quand on nous l'ordonne.
Bref, Elena, Sandrine et moi-même avons passé une soirée superbe. Merci à Camille, à mes disciples et surtout à Mathieu et Vanessa!
lundi, mai 26, 2008
Vas-y mon fils
samedi, mai 24, 2008
Welcome to a cruel world
Si ça ne nous fait pas un insurgé enragé devant les injustices de la vie, ça.
vendredi, mai 23, 2008
Salut
En attendant des jours moins hurleurs, je me permet de vous indiquer humblement cet intéressant article de birenbaum.
lundi, mai 19, 2008
Gomorra
J'ai cru comprendre que les critiques étaient élogieuses. Je vous en reparlerai si ça se confirme. En attendant, voici la bande-annonce en italien.
samedi, mai 17, 2008
Ils sont forts ces Allemands
La dernière d'entre elles me semble des plus dignes d'intérêt. Je me hasarde à une traduction du passage correspondant pour les quelques rares lecteurs du blog dont les connaissances dans la langue de Goethe sont quelque peu rouillées.
Le Spiegel rapporte les propos de la présidente de l'institut pour la Demoskopie Allensbach, la douce Renate Köcher (qu'on ne présente plus).
"
Lors du long entretien qu'elle nous accorde, elle cite diverses menaces pour la popularité de la démocratie - l'Union Européenne, les décisions prises au profit de la sécurité et au détriment de la liberté - mais tout cela ne l'inquiète pas outre mesure. Ce qu'elle craint avant tout, ce sont les gens qui ne tirent leurs informations que de la télévision.
" La télévision a du mal à faire passer des messages complexes et abstraits. Elle a besoin de cas particuliers, de situations, d'individus en particulier." Ceux qui ne s'informent que par le biais de la télé perdent la vision d'ensemble, le sens des perspectives et de la complexité de la démocratie. "On est incapable de raisonnements abstraits en terme de groupes ou de catégories. On préfère former des jugements parcellaires sur la base de cas particuliers."
C'est la lecture permet de corriger ce travers d'après Renate Köcher, mais c'est là qu'elle en vient à un constat qu'elle trouve dramatique. Au début des années 90, plus de 50% des Allemands ayant entre 14 et 29 ans lisaient un quotidien. Ils ne sont même plus 30% à le faire désormais. Et les habitudes de lectures changent très peu au cours d'une vie. Celui qui ne lit pas de journaux à 20 ans n'en lit pas non plus à 50. Et on ne peut pas se consoler avec le fait que les jeunes migrent vers les journaux sur internet. Ce sont en effet essentiellement les lecteurs de journaux papier qui fréquentent les sites parlant de politique.
Qu'est-ce que cela implique pour la démocratie? "La capacité de jugement de la société diminue". On peut en imaginer les conséquences: "une plus grande propension à être manipulé par une sélection ciblée des faits divers, une dictature de l'émotion basée sur des cycles d'indignation". En d'autres termes, la société devient plus sensible aux populistes de tout bord, et souhaite que ce qui est populaire soit imposé sans passer par de lents et compliqués processus démocratiques.
"
Sur un thème voisin, j'ai beaucoup apprécié une chronique de la deuxième heure d'Eclectik sur France Inter. Elle portait sur le "droit de ne pas être informé" dans le cas particulier de l'affaire Fourniret, dont les médias se complaisent à rapporter tout le sordide quotidiennement.
J'aurais aimé écrire sur le blog cette chronique, qui se trouve au début de la deuxième heure de l'émission. Et si vous avez la flemme de le rechercher, vous pouvez aussi écouter l'intéressante interview de Denis Robert.
500
mardi, mai 13, 2008
lundi, mai 12, 2008
Café du commerce
Je viens de tomber sur un article de Courrier International rapportant que la raison première pour laquelle la ville de Séoul est passée de gauche (son orientation politique traditionnelle) à droite, c'est parce que son électorat habituel de cadres quadras est devenue propriétaire de ses appartements, et a décidé de voter pour le parti le plus susceptible de valoriser son patrimoine immobilier.
Ah bravo les Coréens, me suis-je dis. Monnayer ses convictions pour des impôts locaux un peu plus léger, c'est vraiment une belle démonstration de grandeur d'âme!
Par ailleurs, le Spiegel que je viens de terminer entame un dossier sur la place de la démocratie dans le monde actuel. Oui, je sais, je berce beaucoup ces temps-ci, et lis donc pas mal.
Nous partagions tous l'idée, il y a quelques années, qu'une fois qu'un pays en développement sort la misère, la démocratie ne tarde pas à s'installer car sa population, débarrassée de l'urgence de subvenir aux plus vitaux de ses besoins, réclame bien vite plus de liberté d'expression et une représentativité politique plus juste.
Seulement les contre-exemples abondent, Chine en tête, qui montre que tant que le niveau de vie augmente de manière claire, les libertés individuelles peuvent attendre. Longtemps. C'est le cas en Russie également, à moindre échelle.
Et bien, ils ont une bien piètre opinion de la vie publique, ces Coréens, ces Chinois et ces Russes! Mais à y regarder de plus près, l'Europe est quand même franchement passée à droite, et on ne peut pas dire que ce soient les problématiques de liberté d'expression qui occupent le devant de la scène. Notamment en Italie, pour prendre un exemple récent.
Mais vous rappelez-vous la préoccupation première des Français? Et oui, comme on nous le répète à l'envi: le fameux pouvoir d'achat.
Les Français ne vaudraient pas beaucoup plus que les autres, donc.
Et nous-même? Je me suis demandé la chose suivante: bien sûr, je ne braderais pas notre système politique pour tout l'or du monde. Mais que diriez-vous de l'alternative suivante.
Je multiplie tout ce que vous possédez par deux: votre salaire, la surface de votre appart', que tiens je transforme en petite maison avec, si vous y tenez une petite piscine. La belle voiture dont vous rêviez. Le compte en banque qui vous autorisera de belles vacances au soleil. Bref, je multiplie votre pouvoir d'achat par deux.
En échange, je ne vous renvoie pas au stade de dictature. Non, je ne récupère qu'une ou deux de vos libertés, et j'en atténue une ou deux autres. Tiens, je vous ramène à la situation d'avant mai 68! Une télé docile. Une police qui peut, occasionnellement, devenir féroce. Un président paternaliste. Un peu moins de liberté d'expression, un peu plus d'arbitraire, c'est pas bien méchant.
Vous en dites quoi? Ca doit faire du bien, un bon bain dans la piscine, par cette chaleur! Et j'aimerais bien que Gael puisse gambader dans un jardin prochainement...
L'audience de ce blog comptant la fine fleur des démocrates humanistes de notre beau pays, je n'ai pas de doute sur votre décision finale. Mais si tout cela se présentait très naturellement, en êtes vous si sûrs?
Probablement. Mais peut-être comme moi avez-vous eu besoin d'un temps de réflexion, pour répondre à ces questions en toute honnêteté.
En tout cas, ce petit jeu m'a permis d'un peu mieux comprendre une problématique qui m'obsède. Pourquoi tant de nos contemporains semblent s'inquiéter énormément, et quasi-uniquement, de leur pouvoir d'achat, alors que la question de l'expulsion musclée de nos sans-papiers leur parait infiniment moins importante? Et pourquoi, visiblement, tout le monde, tout le temps, partout, semble devoir voter à droite?
Notre hiérarchie naturelle de valeurs est peut-être moins noble que nous pensons. Et notre attrait pour la piscine assez irrépressible.
Bon, on cause on cause, je prendrais bien encore un pastis avec vous, mais j'entends des braillements qui appellent une petite berceuse...
A la votre!
samedi, mai 10, 2008
Cool
Très bonne nouvelle: Noir Désir serait en train de travailler à un nouvel album, dont l'enregistrement aurait lieu cet hiver. Sept ans après le précédent, et pour (juste) cause. Pas de concert de prévu par contre, Cantat n'en ayant pas le droit pour l'instant.
N'empêche, la nouvelle me ravit tant ce groupe occupe une place à part pour moi (entre autre parce que le meilleur concert que j'ai jamais vu était aussi le premier: Noir Désir bien sûr, lors de la sortie de 666667 club). Chacun de leurs albums m'ayant surpris et follement plu, leur talent, leur intégrité et leur curiosité m'ayant sans cesse emporté, je suis aux anges!
Plus que trois mois...
Nous venons de louer nos quartiers pour la seconde moitié du mois d'aout. Pour des raisons que les plus sagaces d'entre vous pourront deviner, nos allons opter pour des vacances calmes, loin de nos habituels séjours aventureux aux quatre coins du monde. Que voulez vous, il faut aussi parfois que les intrépides routards que nous sommes prennent le temps de méditer sur le sens de la vie, la place de l'Homme dans l'univers, la vanité sarkolusconienne, et les bienfaits des changements de couches nuitamment.
Notre choix s'est porté sur un petit pays frontalier proche de la France, méconnu mais dont le charme un peu rustre est certain: l'Italie. Bien sûr, il ne faut pas attendre y rencontrer des trésors d'élaboration culturelle, mais le pays est plein de charme et les autochtones, bruyants et bourrus, sont terriblement pittoresques.
Après un passage à Modena où nous allons essayer de soustraire Gael à de trop nombreuses palpations et des bisous trop pressants, nous allons séjourner une semaine dans la campagne près de Lucca. Nous y avons loué une petite maison qui m'a l'air bien sympathique (c'est la première photo). L'épicerie la plus proche est à 7km, ce qui laisse augurer des journées calmes dans les pieds de vigne!
Sans nous laisser abattre, nous allons ensuite passer une semaine en Toscane près de Siène, dans l'agriturismo correspondant à la deuxième photo. Ca devrait bien se passer aussi.
Notez que la maison que nous louons à côté de Lucca dispose de 5 couchages. Vous êtes donc les bienvenus, sous réserve que vous nous préveniez suffisamment à l'avance (car l'idée est aussi de recevoir quelques membres de la famiglia, dans une ambiance plus calme que dans la maison familiale probablement prise d'assaut par tous les grands-oncles du second ordre aux oreilles de qui la présence de Gael serait arrivée). Nous parlons de la semaine du 16 au 23 aout.
Enfin, précisons que nos deux demeures de charme disposent, bien sûr, d'une piscine. Ah bah oui, faut ce qu'il faut!
vendredi, mai 09, 2008
Paris est magique
C'est pas beau ça? Vous vous rendez compte?
Malgré tout le mal qu'on dit de la vie parisienne, on y retrouve tous les attraits des vacances sur la côté d'Azur: un soleil écrasant, un air stagnant, et surtout, surtout cette convivialité inimitable, cette sympathique densité humaine qui permet de véritablement profiter des beaux jours en se donnant l'illusion de se perdre dans la nature, loin de la frénésie habituelle de la civilisation. Une grande et belle respiration, une sérénité éclatante qui rabattra leur caquet aux tenants du "tout Province"!
C'est ce que j'expliquais, philosophe, à mon fils, peu avant qu'il ne hurle. C'est un grand sensible qui comprend vite, celui là.
lundi, mai 05, 2008
dimanche, mai 04, 2008
Ultimate grimaces
Ne m'en veuillez pas si je vous donne l'impression d'un peu tourner en rond... Mais voyez-vous, mon emploi du temps actuel ne me donne pas trop loisir de chroniquer sur la vaste palette de sujets dont je suis coutumier. Surtout qu'avec ces saletés de ponts du premier mai, non seulement on ne peut pas créer de la valeur tranquillement et on accumule un retard à l'international qui fait bien marrer nos voisins américains (c'est typiquement français), mais en plus je ne peux pas tranquillement blogger pendant ma digestion au boulot.
Donc c'est 100Mo de grimaces pour vous, et pis c'est tout!
