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dimanche, janvier 10, 2010

Sortie prestige

Deux précisions pour commencer ce post.
D'abord, je déconnais bien quand je disais que je vous ferai le récit de chacune de mes sorties. Et ensuite, je vous promets que je n'abuserai pas de ce nouveau joujou qu'est ma montre GPS, pour nourrir mes billets quasi-hebdomadaires.
Mais là, vous avouerez qu'il est tout à fait légitime que je vous montre, une fois au moins, le type d'itinéraire que je parcours de manière maintenant hebdomadaire dans la ville lumière.
Jugez plutôt.
Le départ est donné à Denfert-Rochereau. Nous nous mettons en forme en descendant le large trottoir du boulevard nous menant au jardin des plantes. Après cette petite parenthèse herbée, nous traversons la Seine (en profitant de la vue sur l'arrière de l'ile de la Saint Louis), puis longeons le canal de l'Arsenal jusqu'à Bastille. Nous continuons vers le Nord afin de faire honneur au canal Saint-Martin fermé à la circulation. Si le coeur nous en dit, nous pouvons d'ailleurs poursuivre sur le canal de l'Ourq.
Plus raisonnables, nous sommes cette fois-ci redescendu de République vers l'hôtel de ville en passant par des petites rues du Marais. On arrive alors au pic de pittoresque de la course. Nous courons sur les quais, profitant de la vur sur l'île Saint-Louis, puis traversons la cour du Louvre sous les crépitements de flashs internationaux, avant de faire le tour des Tuileries.
Il est alors temps de rentrer, traversant le pont des Arts et l'Assemblée Nationale pour serpenter dans le quartier Saint-Germain. Arrivés à Saint-Sulpice, nous sommes à deux pas des jardins du Luxembourg. On y fait le tour du Sénat, avant de remonter le jardin de l'Arsenal, de longer la clinique Saint-François d'Assise (qui a vu la naissance de Gael), et d'arriver à la maison!
19km550 en 2 heures. Et un parcours de grande classe, n'est-il pas?

PS: Ca n'a rien à voir, mais Gael étant fan de poissons, je lui ai organisé une ou deux séances Youtube de visualisation de ces bébétes. Et je suis tombé sur cette vidéo, que je trouve très belle et apaisante (pour de vrai, c'est pas des conneries).

vendredi, mai 09, 2008

Paris est magique

Je tiens un nouvel argument décisif, pour les nombreux débats Paris/Province. Elena a pris en photo les pelouses du jardin du Luxembourg hier:

C'est pas beau ça? Vous vous rendez compte?
Malgré tout le mal qu'on dit de la vie parisienne, on y retrouve tous les attraits des vacances sur la côté d'Azur: un soleil écrasant, un air stagnant, et surtout, surtout cette convivialité inimitable, cette sympathique densité humaine qui permet de véritablement profiter des beaux jours en se donnant l'illusion de se perdre dans la nature, loin de la frénésie habituelle de la civilisation. Une grande et belle respiration, une sérénité éclatante qui rabattra leur caquet aux tenants du "tout Province"!

C'est ce que j'expliquais, philosophe, à mon fils, peu avant qu'il ne hurle. C'est un grand sensible qui comprend vite, celui là.

lundi, avril 07, 2008

la vie est une jungle

En pur produit de notre bon monde libéral, je suis flexib', comme mec. Je m'adapte, en souplesse et sans arrière-pensées, à mon petit environnement. C'est ainsi que, comme tout bon parisien qui se respecte, je me suis très bien fait au métro.
Je sais, nombreuses sont les personnes sensibles qui ne s'épanouissent pas dans cet environnement parfois un peu trop convivial. Mais là où beaucoup ne voient que lumières blafardes, visages fermés et odeurs suspectes, je ne pense que "déplacement sans soucis, peu onéreux et écologique" et surtout "heure de lecture quotidienne assurée".
Seulement, il est un être vil qui hante les wagons de métros qui me donne des sueurs froides et me réveille parfois la nuit., Un monstre de bêtise et d'égoïsme que je déteste presque à l'égal du manipulateur de trolley inconscient. Une plaie pour l'humanité, quoi.

Figurez vous un métro normalement rempli. J'entend par là qu'on doit pouvoir y entrer sans trop de peine, et pouvoir y lire sans trop de gêne (dès lors qu'avec un peu de métier, on sait se placer correctement, évidemment. Qu'on sait par exemple repérer la dame de petite taille qu'on pourra acculer d'un coup de coude bien placé pour se créer son petit espace à soi, enfin vous voyez ce que je veux dire quoi, c'est l'enfance de l'art). Je ne postule quand même pas un wagon où l'on peut s'assoir, il ne faut pas non plus se placer dans des conditions trop idylliques.
Nous voila donc modérément comprimés, plutôt bien répartis dans le wagon, et chacun vaque à sa petite lecture matinale. Histoire de vous planter le décor, ça signifie typiquement 30% de lecteurs de Métro, 30% de lecteur de 20 minutes (on déconne pas avec la pluralité de l'information), 10% de Figaro (je vais vers la Défense, je vous rappelle), 10% de Micro Hebdo (je vais vers la Défense, je vous rappelle!), 10% d'Anna Gavalda (les filles libre-penseuses) et 10% d'Harlan Coben (les mecs libres penseurs).

Nous constatons donc, que sur la base de rites complexes et de normes remontant à la nuit des temps (et qui échappent aux touristes de passages, récoltant par la même des regards haineux bien mérités), les usagers chevronnés que nous sommes avons su spontanément nous organiser pour occuper aussi bien que possible l'espace. Quatre à six sur chaque barre disponible, et tout le monde est content.
Quand soudain entre l'être vil. Parisien lui aussi jusqu'au bout des ongles, il n'éveille pas la méfiance de l'autochtone que je suis. D'un pas assuré, il se taille lui aussi sa place, donne lui aussi un discret petit coup de coude à la dame de tout à l'heure, dégaine son Figaro (je vous ai dit qu'il était vil!) et...

Au lieu de prendre le poteau à pleine main, ce beau poteau poisseux que des milliers de voyageurs ont pris avant lieu ce même jour, et que des milliers de voyageurs prendront après lui, voila qu'il s'y adosse!
Le fourbe. L'enfoiré. Le salopiot! Comme ça, l'air de rien, monsieur se créée sa petite place trois étoiles, et peut confortablement consulter les cours de la Bourse comme si le métro était quasi-vide.

Mais ce faisant, les quatre autres voyageurs dont l'intégrité physique dépend de ce contact avec le poteau, vital à chaque accélération/décélération, se voient confrontés à une alternative insoluble. Ou bien ils migrent vers d'autres poteaux, tristes et défaits, et devront batailler de plus belle pour gagner un espace acceptable. Ou bien ils restent sur leur poteau d'origine, du bout des doigts, et doivent supporter le contact corporel du malotru.

Evidemment, vous qui ne connaissez pas les pactes secrets de la vie parisienne, vous suggéreriez d'interpeler le quidam pour lui expliquer le problème... Mais non, malheureux, jamais on ne se parle dans ce genre de situation.
Le seul échapatoire envisageable consiste à remuer la main prisonnière de la manière la plus insupportable possible pour le goujat. De fermer le poing pour lui faire une méchante boule dans le dos, là où il est le plus vulnérable. Mais pour peu qu'il soit plongé dans le cours du Nasdaq, qu'il ai de gros problèmes de sudations ou qu'il prenne goût à ce type de torture, et nous voila impuissants, battus, déconfits, penauds. Reste plus qu'à retourner pourchasser la petite dame de tout à l'heure.
Elle va prendre cher, d'ailleurs. Elle payera pour l'autre. Non mais.

vendredi, juin 29, 2007

Les chansons d'amour, le retour


Je ne saurais que trop vous conseiller d'investir dans le CD du film "Les chansons d'amour", film dont je vous ai entretenu plus bas. Il bénéficie d'une offre promotionelle novatrice: l'équipe du film, pour vous remercier de votre achat, et vous envoie à domicile des actrices en vous remercier d'un clin d'oeil plein de charme.
C'est ainsi qu'hier, j'ai voyagé à deux mètres de Clotilde Hesme en rentrant du boulot. Y a pas à dire, voila un regard qui vous clot en beauté un journée de dur labeur...

Vérifiez tout de même que cette offre est aussi valable en Province. Il m'étonnerait que beaux et cultivés comme ils sont, les acteurs aillent se perdre dans vos tristes villages, fut-ce pour vous remercier de l'achat du CD.
Mais vous pourrez vous consoler en l'écoutant encore et encore tant il est magnifique. Vous connaissez certainement le concept: Alex Beaupain a composé les chansons qui émaillent le film à l'intention des acteurs, qui chantent d'une voix un peu hésitante ces balades simples et touchantes.
On est donc à mille lieues des morceaux archi-travaillés de Modest mouse par exemple. Point ici de multiples niveaux de lectures, mais des mélodies entêtantes, pleines de charme mélancolique. Elles se marient à merveille avec les deux thèmes du film: si le premier se révéle dès la bande-annonce (l'amour hésitant), le second vous tombe dessus par surprise au milieu du film. Je laisse donc le temps au lecteur voulant se préserver le plaisir du changement d'orientation du film de quitter là sa lecture.
Là. Je compte jusqu'à dix.
(...)

Fort bien. Le deuxième thème, très fort, est le deuil. Un des personnages disparait subitement, et le film montre en grande partie comment les autres essayent d'accepter sa disparition et de repartir dans la vie. Et bien cette mélancolie absolue, ces attentes, ce sentiment d'injustice latent, cette colère sans coupable, sont retrouvent parfaitement dans ces jolies chansons touchantes, sans démonstration excessive, toutes en finesse. C'est simple, c'est imparable, et c'est magnifique.
Et c'est encore plus beau pour qui a les images du film en tête.