dimanche, mai 31, 2009

Nouvelle fournée






Cela fait un bon mois que je ne vous ai pas tenu informé de l'actualité de mes esgourdes. Je vous sens étouffés par le suspense, le souffle court, n'y tenant plus. Grand seigneur, je m'en vais vous libérer en vous offrant une délicieuse chronique musicale.

Convaincu par une chronique enthousiaste de Télérama, je me suis aventuré loin de mes guitares et accordéons favoris avec Oxmo Puccino et son dernier album, Larmes de paix. Si comme moi vous ne le connaissiez pas, il s'agit d'un rappeur reconnu avant tout pour sa plume.
Je ne sais pas si sa réputation de poète, que les médias ont tendance à décerner à tort et à travers, est parfaitement méritée, mais il n'en reste pas moins que les textes sont riches et intéressants. Le bonhomme commence à être sérieusement connu, ce qui lui vaut un album impeccablement produit, où la musique réhausse des paroles qui ne sont pas laissées à nu. Il a le courage (et l'habileté) de visiter de multiples styles musicaux, souvent avec succès (Sur la route d'Amsterdam, 365 jours), parfois avec moins de bonheur (Partir 5mn).
Bref, l'album ne m'a pas offert de choc esthétique fondateur, mais est bien agréable à écouter. Quand une production efficace a l'intelligence de ne pas étouffer le talent, pourquoi ne pas jeter une oreille...

J'ai une très haute opinion de toi, lecteur, donc je suis certain que tu te rappelles parfaitement du groupe La Blanche, un de mes deux coups de coeur stratosphériques parmi les artistes beaucoup trop peu connus (avec Mr Roux). Et bien ils sortent un nouvel album, Imbécile heureux.
Là où les deux autres albums brillaient par leurs paroles sublimes, fantastiquement belles (on peut pour le coup parler de poésie), défendues par les musiques péchues, le nouvel album choisit de mettre les paroles plus en retrait, pour créer des ambiances plus que pour raconter de longues histoires. C'est une évolution tout à fait intéressante, qui vise à passer en quelque sorte du monde de Brassens à celui de Bashung.
Le pari est réussi, dans un sens: chaque morceau, servi par des musiques subtiles, nous emmène dans un petit monde envoutant. Malheureusement, la production de l'album a visiblement été difficile, puisque le projet est passé en court de route d'album classique à mini-album (5 titres). Les cinq titres survivants restent très bien produits, mieux peut-être que ceux des deux albums précédents, mais c'est court, très court, quand il s'agit de créer de subtiles ambiances et de dépayser l'auditeur.

Et pour finir, on en vient à deux valeurs sures, qui confirment chacun dans leur genre.
Olivia Ruiz d'abord, avec Miss Météore. Voila un autre exemple d'album commercial, avec moultes collaborations médiatiques (des duos en veux-tu en voilà). Oui mais là aussi, le talent est là. Rien de bien bouleversant pour qui connait les autres albums de la demoiselle, mais de très bonnes choses dans la même lignée. Le titre caché, en duo avec le chanteur des Têtes raides, m'a particulièrement tapé dans l'esgourde.

Et puis, enfin, l'homme qui jamais ne déçoit. L'homme qui toujours se réinvente, tout en gardant sa patte. Ben Harper nous offre avec White lies for dark times de nouveau un grand, très grand album.
Après quelques virées gospelisantes, après un album-instantanné enregistré en quelques jours à Paris, après de bien beaux albums parfaitement équilibrés avec les Innocent Criminals, il a choisi de se redonner un coup de fouet en retrouvant les Retentless 7. Une formation plus nerveuse, plus rock que les Innocent Criminals, avec qui il avait déjà sorti Both side of the gun.
Et bien, que vous dire? C'est tout simplement - encore - superbe. Jugez vous-même.

dimanche, mai 24, 2009

Allez les jaunes

Pour certains, ce n'est qu'un résultat sportif sans aucune importance. Pour moi, en plus d'être un petit pincement au coeur devant les errances de mon club préféré, c'est surtout un édifiant exemple de l'efficacité et de la vision à long terme de la gestion libérale: Le Football Club de Nantes va descendre en ligue 2.
Ce club a patiemment développé un style de jeu vif, à une touche de balle, qui, non content d'être efficace (il lui a valu la bagatelle de huit titres de champions de France), en a fait une des équipes les plus appréciées de France. Seulement, ça ne s'est pas fait en deux jours: il a fallu 40 ans pour forger cette philosophie de jeu, étroitement liée au développement d'un centre de formation sortant quelques perles chaque année.
Quarante ans. Et tout cela a été mis par terre en quelques années par deux brillants entrepreneurs, Dassault et Kita.
En 2002, le groupe de Dassault - la Socpresse - achète le club, et vire prestement le dernier entraineur emblématique du "jeu à la nantaise". Attendre que des petits jeunes soient lentement formés n'est plus vraiment à l'ordre du jour: on préfère acheter (cher) des noms plus ou moins fameux, qu'on juxtapose en une équipe anonyme et peu rodée. Comme évidemment ça ne fonctionne pas instantanément, et que Dassault s'est donné des objectifs à horizon très court, on rebouleverse l'équipe du tout au tout l'année suivante, en changeant si possible l'entraineur. Je vais vous surprendre: cette politique n'a pas conduit à un titre de champion d'Europe, mais à une descente en ligue 2.
Le club a alors été vendu à un sombre entrepreneur polonais à la fortune un peu trouble - Waldemnar Kita - coutumiers des déclarations fracassantes. Les proprio changent, la philosophie reste: le FCNA voit défiler 9 entraineurs en 10 ans, lui qui n'en avait vu que 6 en 40 ans. A peine remonté en ligue 1, le club redescendant en ligue 2 cette année.
Maigre consolation: les "entrepreneurs" qui ont sabordé le club ont perdu beaucoup d'argent dans l'affaire. Mais il faudra attendre quelques décennies au moins avant de revoir un FCNA performant et ayant une identité forte...

samedi, mai 16, 2009

Gaelou d'avril

Voici la livraison mensuelle, quelque peu en retard.

vendredi, mai 15, 2009

Observatoire des inégalités

J'attire votre attention sur l'observatoire des inégalités, pointé par France Inter ce matin et qui regroupe de nombreuses et intéressantes statistiques sur la relative richesse et pauvreté de chacun. Histoire d'avoir des ordres de grandeurs, notamment à la place de ceux qui n'en ont pas (eux ou même eux).
Mais ça peut aussi nous servir à nous. Personnellement, j'ai appris beaucoup de choses qui me font jouer profil bas (et en plus, il a le bon goût de pointer sur cet excellent article d'alternatives économiques), et de choses qui m'énervent .

Pour ceux qui ont la flemme de suivre mes liens, quelques ordres de grandeur:
  • La revenu médian en France est de 1500 euros net;
  • 90% des salariés gagnent moins de 3100 euros net;
  • le revenu médian des ménages (quelle que soit leur configuration) est de 2250 euros. Pour une personne seule, c'est 1300 euros; pour un couple sans enfant 2500 euros; pour un couple avec deux enfants 3400 euros.
  • un ouvrier non qualifié a en moyenne 10 000 euros de patrimoine; un cadre 200 000 euros.
  • les 10% les plus riches possèdent 46% du patrimoine du pays;
  • 40% des agriculateurs, 50% des ouvriers et des retraités, et 90% des cadres partent en vacances chaque année;
  • 70% des agriculteurs et des ouvriers, contre 20% des cadres (quand même) n'ont pas ouvert un livre (BD et livre pratique compris) dans l'année;
  • la pratique du sport des enfants est corrélée au niveau d'étude de leurs parents;
  • 9% seulement de la population adulte a un diplôme supérieur à bac+2.

mercredi, mai 13, 2009

Tire mon doigt

Ému par la découverte que m'avait échappée une œuvre majeure de la littérature française, portée si haut aux nues par les écrivains contemporains qu'elle se détachait avec une netteté si claire, si évidente, du firmament littéraire qu'on eût pu le croire peuplé de livres de peu d'intérêt; alors qu'il y côtoyait le meilleur de ce que des siècles d'écriture avait produit de plus élégant, de plus fort et et de plus finement observé; je me suis abîmé dans sa lecture malgré les mises en garde d'amis lettrés qui, sans nier l'extraordinaire beauté de l'écrit, insistaient également sur le grand ennui qui pouvait résulter du rythme lent de sa narration. A ma grande surprise, et même si sa richesse eût mérité une lecture plus attentive, qui n'aurait en particulier par été troublée par les multiples interruptions imposée au lecteur usager du métro guettant sa correspondance et cherchant à ignorer la sérénade poussive qu'un violon hésitant portait à ses oreilles, j'ai grandement été touché par ce livre qui effectivement brille par son art virtuose de la description des paysages et du milieu très bourgeois habité par l'auteur, et qui relate des anecdotes et surtout des observations sur l'âme humaine relativisant grandement l'ennui prophétisé par mes amis. Toutefois, je dois avouer qu'alors que je viens seulement d'achever la première des dix parties de cette œuvre, il m'est nécessaire de marquer une pause avant d'en poursuivre la lecture, comme on ressent le besoin de choisir d'autres plats que celui dont on vient à peine de découvrir la saveur délicate et qu'on privilégierait sans hésiter s'il ne fallait en goûter qu'un jusqu'à la fin de ses jours, mais qui écraserait alors tant les autres de sa brillante mais répétitive omniprésence que l'on viendrait à en oublier le plaisir de la variété de ce qu'il nous est donné de goûter par ailleurs, avant que, saturés, agacés, nous ne repoussions de manière épidermique le pourtant somptueux et subtil mets.

vendredi, mai 08, 2009

Nul n'est parfait


La recherche médicale permet entre autre de toucher du doigt le quotidien clinique des hopitaux. Les infirmières débutantes sont à l'écoute des plus expérimentées, qui cohabitent avec des techniciens, tous aux ordres des jeunes médecins, qui eux-mêmes font place nette dès que le chef de service fait son entrée. Au bout du compte, et plus encore quand ledit chef de service est une pointure reconnue, tout le monde - infirmières, techniciens, médecins, industriels de la pharmacie ou de l'industrie médicale - tourne autour d'une seule et même personne dont les paroles ont valeur d'évangile. Tout le monde lui court après pour voir son avis, sik bien qu'il doit être bien difficile de garder les pieds sur terre dans ces conditions.

Après une journée à discuter avec un de ces grands pontes, et à assister à certaines ses (impressionnantes) interventions, nous sommes allés au restaurant avec lui et certains membres de son équipe, tous tremblants de l'honneur qui nous était ainsi réservé. Bon connaisseur des lieux (pas bêtes, on l'invite évidemment dans un resto qu'il connait et apprécie), il choisit le vin sans même consulter la carte. Il en connait les yeux fermés le cépage, l'origine, et nous débite ces informations avec l'assurance qui accompagnait ses analyses pointues sur divers sujets de recherche clinique. Woaw. Ce vin doit valoir son pesant de cacahouettes.
Nous sommes si coi devant un choix qui semble si renseigné et si solide que nous ne remarquons pas deux détails qui ont évidemment une importance fondamentale. 1- Le vin en question vient d'Afrique du Sud 2- Le bouchon est en métal et se dévisse.

A l'énoncé de ces indices, j'aurais bien évidemment dû avancer prudemment. Mais le toubib, servi le premier, conclut sa dégustation d'une très légère moue approbatrice. Un signe d'approbation plus net ayant fissuré son autorité, je devine qu'il est au comble du bonheur et que le vin dépasse toutes ces attentes.
Servi à mon tour, je le goute. Une horreur. C'eût même été moins pire s'il avait été bouchonné (impossible pour cause de bouchon en métal), ou même s'il n'avait pas correspondu à mon goût.
Là, c'était tout simplement l'incarnation du vin blanc apprécié du mec qui ne sait pas ce que c'est que le vin. Une chose moelleuse à outrance, balançant sans aucune nuance des arômes si banals qu'on trouve plus de richesse dans un soda. Un truc que tu appréhendes si facilement, si immédiatement, si pauvre, si bête, qu'on ne peut pas laisser le bénéfice du doute au type qui l'a choisit. Il n'a pas de goûts différents en matière de vin, ni même mauvais goût; il n'a tout simplement pas de goût. Il ne peut pas prendre de Coca en sembalble compagnie, alors il opte pour ce qu'il y a de plus approchant.

Pour vous dire, c'était si mauvais que j'ai fini mon verre et terminé à l'eau. Je vous rassure, personne n'a pipé mot, tout le monde est resté bien civil. Renseignements pris cependant, tous les français présents à la table partagent mon analyse, même s'ils ont tous comme moi terminé leur verre sans rien laisser paraitre.
C'est triste pour le toubib car si ça se trouve il s'est mis au vin sur le tard, mais il est tellement accoutumé à n'être accompagné que de vassaux qui le regardent respectueusement que personne ne lui a jamais fait goûter une vraie bouteille!
Ah la dramatique solitude du ponte sur son Olympe...

samedi, mai 02, 2009

Sur écoute

Les sériophiles les plus éminents mettent évidemment tous un point d'honneur à peupler leur palmarès personnel de séries cultes peu connues (ou peu reconnues), ce qui est d'ailleurs chose aisée étant donné le nombre et la qualité de la production américaine. Malgré tout, quelques grands noms se dégagent. Passés les deux maîtres toute catégorie confondue (Six Feet Under et les Sopranos), on trouve un petit groupe de séries majeures (The Office, The Shield, Battlestar Galactica, House...) parmi lesquelles nous avons pioché notre grand chouchou du moment: The Wire.
La série - achevée - éclaire en cinq saisons et autant d'enquêtes divers aspects (noirs, déprimants et profondément humains) de la ville américaine de Baltimore, nationalement connue pour son acquarium, sa criminalité et son taux de chômage record. Dans l'ordre des saisons: la guerre contre la drogue, les syndicats, l’éducation, la politique et, pour finir, le journalisme. Je vous avoue n'avoir pour l'instant vu que la première saison, mais elle m'a tant emballé que malgré la crise-qui-bride-mon-pouvoir-d'achat j'ai vendu toutes mes actions et déjà acheté les quatre autres.

Ecrite par un ancien journaliste chargé des affaires de police au Sun de Baltimore, cette série exigeante multiplie les paris risqués. D'abord, son sujet est âpre et amplement politique - car à dépeindre dans le détail le déroulement du traffic de drogue, on comprend bien que l'attention des politiques est porté ailleurs - quand ils ne sont pas complices. Par ailleurs, le moins qu'on puisse dire est que l'auteur ne se sent pas obligé de n'offrir que d'éclatants happy ends.
Ensuite, le traitement refuse tout manichéisme: on passe presque autant de temps parmi les dealers que parmi les policiers. On apprend le quotidien, les petitesses et les moments de grandeurs des uns et des autres. Et sans un seul instant nier la gravité du traffic des premiers, on en gagne une image nuancée et différentiée. Par ailleurs, on découvre une mécanique policière, judiciaire et politique consanguine gangrénée par les enjeux de pouvoir et la corruption. Quand aux simples flics, rares sont ceux finalement qui n'ont absolument aucune arrière-pensée.
Enfin, les enquêtes voient large. The wire est connue pour être la série brassant le plus de personnages majeurs (plus de cinquante), qu'elle prend chacun le temps de détailler et d'humaniser. C'est un plaisir de voir tout ce petit monde qu'on connait si bien intéragir. D'autant qu'évidemment, comme toutes les bonnes séries américaines, les acteurs sont tout simplement parfaits.

Bref, c'est une série courageuse, juste et humaine. Comme si ça ne suffisait pas, l'auteur refuse les coups de théâtre acadabrantesque et préfére avancer sur un faux rythme - ce qui ne manque pourtant pas d'être passionant, et laisse tout bonnement à la renverse lorsqu'un événement majeur se produit (rejoignant en cela le polar à la Connelly).
Dans ce concert de louanges, j'oublie le principal: elle est sacrément réussie. Tout sonne juste, tout passionne, tout fonctionne. Pour vous motiver plus encore, deux articles de Télérama sur le sujet ( et ), et le soutien de Barack Obama, qui a déclaré que c'était sa série préférée.

mardi, avril 28, 2009

Grèce extrême

Nous revenons tout juste d'une très belle semaine de vacances en Grèce. Le pays (enfin, du moins la toute petite partie que nous avons vue) est superbe, les couleurs incroyables, les ruines impressionnantes, et les gens détendus et accueillants (peut-être aidés en cela par le fait que nous soyons venus hors saison).
Mais ce n'est pas ce qui restera comme le fait marquant de ce voyage pour nous.
Non.
Courageux, voire un peu inconscients, nous avons emmené Gael avec nous. Une semaine, tous les trois, à se promener tranquillement dans les îles grecques, ça avait de la gueule.
Sauf que c'était faire abstraction d'un certain nombre de petits détails. Se trainer deux grosses valises et une poussette, par exemple (ce qui est assez plaisant pour sauter sur un ferry). S'arrêter toutes les quatre heures pour lui réchauffer sa bouffe. Ménager des pauses où il peut gambader et jouer avec de petits cailloux. Vérifier qu'il ne s'étrangle pas en avalant de petits cailloux. Le dorloter s'il tombe malade (c'est arrivé, évidemment). Ne pas trop s'inquiéter quand une pédiatre hélène nous dit qu'il faudra l'hospitaliser si la température ne chute pas. L'empêcher de trop hurler au resto, dans les hôtels ou pendant les 3h d'avion...
Du coup, il y a deux façons de juger ces vacances:
  • C'était une lutte acharnée, terrible, et nous en sommes rentrés bien plus fatigués que nous y sommes partis.
  • C'était une sortie si riche d'événements que nous avons eu l'impression de partir pour six mois. Une superbe coupure donc.
Quand on regarde les photos que nous avons ramenées de là-bas, et qu'on prend en compte les nombreuses rencontres intéressantes avec des Grecs gagas permises par un Gael charmeur, devinez quel scénario l'Histoire retiendra...

vendredi, avril 17, 2009

Quelques petits liens...

avant les vacances.
  • D'abord, l'excellent filtre anti-sarkozy sur Internet, signalé par mon frangin;
  • Ensuite, de courageux thésards qui dansent leur sujet de thèse (je vous conseille les vidéos), signalé par Télérama (Alex, j'attends ta chorégraphie!)
  • Et le LipDub: il s'agit de clips en playbacks qui doivent être tournés en une prise, au boulot, et se terminer par une chute commune. Ca se prête pas mal aux start-ups et aux boîtes de com'. Une des plus convaincantes se trouve .

jeudi, avril 16, 2009

Il est frais mon poisson...


Ils sont beaux mes CDs, ils sont beaux mes CDs, m'sieurs dames! La récolte n'a pas particulièrement donné en quantité, mais alors là là qualité mes aïeux, je vous dis que ça!

Une chronique musicale ne serait pas vraiment digne de mon blog s'il n'y avait pas un régional de l'étape, un bon petit groupe français pétri de talent. Cette fois-ci, c'est Syrano qui s'y colle, avec son second album Le goût du sans. Syrano présente une étrange fusion des genres entre une musique à forte teinte "chanson", violons et ogre de barbarie en tête, et un chant plus proche du rap, dense et rythmé.
Je vous avais déjà parlé de ce groupe à plusieurs reprises (ils ont pas une vie facile, ils viennent de Chartre. Il faut donc leur faire toute la pub possible!), et j'attendais leur album avec une impatience d'autant plus vive qu'il sort trois ans après le premier. Et c'est une belle réussite. D'abord, leur musique n'a rien perdu de sa pèche ni de son originalité. Les paroles sont intéressantes quoique inégales; émouvantes touchant au poétique parfois, ou bien enrâgées et entrainantes, elles tombent aussi à l'occasion dans le naïf et la facilité.
Bref, ça reste du très bon. Mais en prime, Syrano élargit son répertoire avec cet album, et visite du folk plus classique (seul, chantant à la guitare), et du glam rock du meilleur effet. J'adore. En plus, les illustrations ravissantes de l'album (ainsi que les animations des clips) sont faites par le chanteur avec ses petites mains!
Finalement, le seul reproche que je pourrais faire à l'album est d'être un peu trop long, au risque d'étouffer l'auditeur lors des premières écoutes. M'enfin, quand on n'a que cela à redire...

Venons en à une autre réussite, dans un tout autre style: Grace/Wasteland de Peter Doherty.
Voila un album auquel je ne croyais pas du tout; je voyais d'avance cette grande saucisse poseuse de Doherty se faire téléguider par d'infames producteurs pour capitaliser sur son image d'artiste maudit... Et bien j'ai tout faux: l'album confirme - ce à quoi je ne croyais plus - que Doherty est à tout le moins bourré de talent et de finesse. Et est même possiblement un des tous grands du rock.
L'album est beau, tout simplement. Un mélange irracontable, fin et sensible d'une part, rentre-dedans et brut d'autre part. Les mélodies sont à la fois simples et puissantes, et la voix du bonhomme reflête à plein ce mélange de douceur et d'éraillé. En plus, ceux qui s'y entendent en langue de Shakespeare (ou qui prennent le temps de lire doucement les lyrics) jurent que les textes sont magnifiques.
Un grand album, donc.

Et pour vous remettre, je vous propose une petite chose tout à fait savoureuse: Lost in the eighties des Lost Fingers. Il s'agit tout simplement de la reprise, à la sauce jazz manouche, des tubes les moins recommandables des années 80: Pump it up, Part-time lover, Billie Jean, Tainted love...
Ca nous rajeunit, et permet d'onduler en toute dignité au son de ces tubes efficacissimes. "Hey, c'est du second degré, mec!" D'autant plus que les reprises, pour moi pour qui la culture manouche se limite à Sanseverino, sont des plus agréables!

dimanche, avril 05, 2009

No comment

Et une journée à trois posts! Ca faisait longtemps...

PS: M'man, je sais que le nom d'un homme politique français de petite taille a été lâché. Mais reste calme...

Le billet ciné

Ca m'ôte un poids.
Maintenant que j'ai vu Harvey Milk et Welcome, je vais pouvoir avoir de nouveau une vie sociale normale sans me sentir coupable de passer à côté de films importants. Non que les cinémas en soient dépourvus de films qui valent le coup d'œil (Frost/Nixon, Coco - non je déconne), mais je pense avoir fait le tour des immanquables pour l'instant. Et j'ai sacrément bien fait.

Pour les quelques lecteurs qui n'en n'ont pas entendu parler (ce que c'est d'être lu aussi en province), Harvey Milk raconte l'histoire de ce pionnier de l'activisme homosexuel qui est devenu le premier élu ouvertement gay de San Francisco (et des Etats-Unis, voire du monde) - avant d'être assassiné.
La vie de ce type est riche et passionante, ce qui rendait le sujet prometteur mais aussi sacrément casse-gueule. Premièrement, il fallait réussir à condenser la folle quantité d'événements qui ont émaillé la vie de Milk pendant une décennie de manière digeste et crédible. Et deuxièmement, il fallait que ce bonhomme sympathique, toujours positif et de bonne humeur reste supportable dans un film qui courrait le risque de tourner à l'hagiographie.
A mon avis, le film est une réussite car il ne m'a pas semblé tomber ni dans l'un ni dans l'autre de ces écueils. Je ne sais trop expliquer pourquoi: c'est sans doute grâce à la sincérité et à la maitrise de Gus Van Sant (qui signe pour une fois un film grand public parfaitement accessible), et aussi bien évidemment à Sean Penn (note aux provinciaux: il a été oscarisé pour ce rôle). De tous les plans ou presque, il reste absolument adorable et sonne parfaitement juste malgré le destin compliqué du personnage qu'il habite.


Après m'être intéressé aux pédés, j'ai parfait mon bronzage politiquement correct aux m'intéressant aux bougnouls (notez cette habile mise en abîme: une phrase terriblement politiquement incorrecte - voire dégueulasse - qui se targue de politiquement correct. J'en ris encore).
Bref, je suis allé hier voir Welcome. Il narre comment un calaisien, pas spécialement concerné par le sort des clandestins jusque là, prend sous son aile protectrice un kurde qui s'est mis en tête de rejoindre sa fiancée à Londre en traversant la Manche à la nage.
Là aussi, le beau sujet est sacrément casse-gueule: il est bien tentant d'accoucher d'un film simplement moralisateur, tire-larme et tire-indignation. Ce ne serait pas méprisable, d'ailleurs, mais il se trouve que Welcome dépasse bien le cadre du documentaire engagé.
C'est bien simple: tous les personnages sont parfaitement crédibles, attachants, et les différentes histoires sont parfaitement équilibrées. Le film commence d'ailleurs par ne suivre que Bilal (le kurde), pendant 20 minutes édifiantes. Au terme de cette partie, la démonstration peut commencer à être un peu pesante. C'est alors qu'intervient ce calaisien indifférent, magnifiquement joué par un Vincent Lindon débordant d'humanité.
C'est alors le film prend chair. Bien sûr, le sort des clandestins reste au coeur du film, mais il est d'autant plus fort qu'on croit aux quelques personnages qu'on suit: Bilal, sa fiancée promise à un mariage d'intérêt, Vincent Lindon, sa femme avec qui il est en instance de divorce, et qui milite dans un association d'aide aux immigrés.
On va voir ce film pour en savoir plus sur la façon dont on traite les clandestins. On ressort bouleversés par une belle histoire humaine. Qui est aussi (mais après) un témoignage dérangeant sur la Sarkozie.

Gaelou en mars

Vous l'attendiez tous, voici le montage des progrès du mois du quadripéde le plus dynamique de la galaxie.

jeudi, avril 02, 2009

Ils sont vraiment... ils sont vraiment


Qui parmi vous, lecteurs, ne s'est jamais trouvé avec un groupe d'amis/parents/collègues à déambuler dans une ville inconnue quand sonne l'heure du repas et vient le moment de choisir un resto? Et surtout, qui parmi vous à réussi à s'acquitter de cette tâche en moins d'une heure quand, terrassé par la faim, on cesse de sauter de crêperie en pizzeria puisque, évidemment, le choix ne conviendra jamais parfaitement à tout le monde? "Oh, non, je suis pas très chinois. - Et moi j'ai mangé un pizza hier -Pis là ça a pas l'air très sympa"...
Dès qu'on est en groupe et qu'on doit décider de quelque chose, c'est la croix et la bannière. Ca prend des plombes, on discute sans fin, on se ressert un apéro, et on rediscute encore. C'est très sympa et pittoresque, mais faut pas être pressés.

Or, pressés, on l'est parfois. Ah, ces réunions interminables en entreprise où rien jamais ne se décide! Et bien figurez vous qu'il existe quelques rares exceptions à ces modèles d'inefficacité bavarde que nous sommes.
Et oui.
Nos dirigeants.

A l'occasion du G20, ils se retrouvent pour rien de moins que pour juguler une crise mondiale et refonder un système sur lequel le monde entier se fonde depuis plus d'un demi-siècle (enfin, pas un monde complètement entier sur toute cette période, mais beaucoup beaucoup de gens, tu vois).
Pour corser la chose, ils ne se retrouvent pas à deux ou trois. Ni même huit, comme au bon vieux temps. A 20! Enfin, plutôt à 35 puisque parmi les 20 l'Europe ne compte que pour un siège.
Et puis tu peux y aller sur les différences de point de vue! Y a des pauvres et des riches, des ultra-libéraux et des modérés, des Chinois, des Indiens, des Brésiliens et des Polonais. Perso, j'aimerais pas avoir à choisir un resto avec toute cette smala! Faudrait des semaines! "-On est tous d'acoord? -Ben non, je suis sikh, je ne mange pas de crêpes au froment..."

Pour un resto, ce serait galère, mais pour refonder le capitalisme, pas de problème! Si on regarde de près le programme du G20, on se rend compte que ces messieurs ne se sont réunis qu'aujourd'hui. Et encore, c'est tranquille le petit rythme: petit dej' à 8h, session du matin de 9h à 12h, déjeuner de travail (quand même) puis petite réunion digestive de 14h à 16h, et là on pond le communiqué final. Un coup d'Eurostar, et on est rentré pour l'apéro, justement!

Cinq heures.
A trente-cinq.
Ca doit faire dans les huit minutes de temps de parole par tête. Disciplinés, efficaces les gars! Et je te fais cadeau de la rédaction du communiqué pendant la réunion, ainsi que des problèmes de traduction!

D'où cette légitime interrogation qui me taraude.
Hommes politiques et médias ne nous auraient-ils pas mentis en nous vendant une réunion cruciale-au-sommet-où-tout-se-joue? Les décisions n'ont-elles pas plutôt été prises pendant les semaines qui précédent, entre sherpas travaillant jours et nuits?
Et notre président n'a-t-il pas fait tout un foin pour rien en menaçant de taper de son petit poing sur la table si les débats ne le satisfaisaient pas alors qu'ils connaissait probablement déjà quel serait l'accord final exact?

dimanche, mars 29, 2009

Gaelou et économie

Malgré le vent monumental que je viens de me prendre sur mon top 10 des livres, je vous offre un petit diaporama des trois derniers mois de Gael. Je suis trop bon.

Et puis je vous recommande la lecture d'Alternatives Economiques, en particulier à ceux d'entre vous qui sont en bute à des interlocuteurs hyper-rationnels avec qui on ne peut discuter que si on maîtrise chaque dossier sur le bout des doigts. A la lecture de ce très factuel et très argumenté magasine, on se rend compte qu'on a très souvent bien raison de penser ce que l'on pense sur divers excès du libéralisme.
Ca me fait un bien fou, car à trop cotoyer des interlucteurs s'étonnant de mon parti-pris, j'en viens à douter de mon objectivité. Je sors donc de mes lectures d'AE tout requinqué, gorgé de chiffres que j'ai tôt fait d'oublier et surtout d'une inébranlable confiance en mon opinion. Et puis, il est si bon de voir mille idées reçues démontées avec un calme scientifique. Je cite un exemple parmi tant d'autre (qui a l'avantage d'être accessible en ligne) pour tenter de vous convaincre...

samedi, mars 21, 2009

Top 10 des bouquins


Télérama a publié la liste des 10 livres préférés de 100 écrivains français contemporains. Passée ma honte d'en connaitre fort peu, je me suis demandé à quoi ressemblerait la mienne. Exercice difficile, tant il est certain qu'on doit oublier la moitié des livres qui mériteraient d'y figurer. M'enfin, pour ce que ça vaut, voici ma liste:
  • Les mains sales de Jean-Paul Sartre. Assurément le livre qui m'a le plus secoué quand je l'ai lu. Une pièce puissante sur la difficulté de l'engagement quand on n'appartient pas au milieu social considéré.
  • La force de l'âge de Simone de Beauvoir. Des auteurs classiques, j'ai surtout accroché à Sartre et de Beauvoir (du moins quand j'arrive à les comprendre). Les autobiographies de de Beauvoir m'ont donc forcément passionné, entre âfres de l'écriture et engagement politique, du calme de leur chambre d'hôtel aux fonds des cafés de Saint-Germain des Prés.
  • L'écume des jours de Boris Vian. Un monde hallucinant, original, poétique et brillant.
  • Si c'est un homme de Primo Lévi. La shoah de l'intérieur, sobre et secouant comme peu de témoignages sur le sujet.
  • La conscience de Zeno d'Italo Svevo. Une oeuvre peu connue en France mais que j'ai été étonné de voir bien classée par nos auteurs contemporains. L'auteur nous y dépeint les grands échecs de la vie d'un bougeois paumé de Trieste au début du XXème siècle. Dépaysant, précurseur (parait-il), mais surtout très marrant.
  • L'empereur-dieu de Dune de Frank Herbert. Je voulais choisir un des bouquins du cycle de science fiction de Dune; j'ai pris le plus original, qui représente parfaitement la cohérence et l'originalité du monde d'Herbert.
  • Fondation et empire d'Isaac Asimov. Là aussi, il fallait prendre un des livres du cycle de la Fondation. Et là aussi, c'est dans un univers riche, original et parfaitement cohérent que nous sommes conviés à nous plonger.
  • Pars vite et reviens tard de Fred Vargas. Je ne vais pas m'étendre, vous connaissez forcément. Sans surprise, je choisis celui de ces romans qui est considéré comme le plus abouti.
  • Deuil interdit de Michael Connelly. Je vous ai déjà entretenu de la haute estime en laquelle je tiens cet auteur, qui refuse les artifices faciles des coups de théâtre à répétition pour mettre en place des intrigues fortes, sérieuses, et parfaitement bien troussées.
  • La patience de l'araignée d'Andrea Camilleri. Et là aussi, je ne vais pas répéter en longueur des posts précédents: une Sicile pitoresque, mais surtout un personnage fort et charismatique.
Comme à chaque top 10, je vous invite à réagir et à me soumettre votre liste à vous!

vendredi, mars 20, 2009

Fin de sieste

Moment de poésie avec Gaelou qui, à la fin de sa sieste, se demande s'il doit se rendormir ou se lever...

jeudi, mars 19, 2009

Rencontre du troisième type

Pour déconner, je suis allé voir la couverture de la journée de grève par lefigaro.fr. Ils ne peuvent pas nier son succès, mais le premier titre porte sur l'état du trafic SNCF et RATP. N'oublions pas qu'une grève, c'est d'abord prendre le brave travailleur en otage!
Je vous invite à jeter un oeil sur les commentaires de leurs lecteurs sur ce sujet... Très bon, et il y en a tant que ça ne doit pas être du second degré!
Abusez pas, après une demie-douzaine de ces commentaires, l'amusement s'estompe et on commence à avoir sérieusement mal au ventre...

dimanche, mars 15, 2009

Nouvelle rubrique


A l'occasion de la sortie du film Watchmen, j'ai comblé ma honteuse lacune en lisant la BD dont il est tiré. Ce faisant, et malgré l'immense qualité du bouquin, je me suis bien gaussé du terme pompeux de "roman graphique" que nombre de fans préfèrent utiliser à son endroit en lieu et place du banal BD.
Je les comprends quelque part, tant il est vexant de voir certaines œuvres fortes n'ayant rien à envier aux meilleurs des romans être pris pour de bêtes distractions de gosses (l'exemple-type étant évidemment le Maus de Spiegelman). Mais blague autour de ce "roman graphique" mis à part, j'ai réalisé que je vous parlais extrêmement rarement de mes lectures graphiques sur le blog.
Ce post va quelque peu rattraper cette tendance en vous décrivant mes dernières découvertes. Mais je vous réserve aussi un billet futur consacré à quelques BDs un peu plus anciennes qui sont passées au travers de mailles du filet du blog.

Commençons avec Marzi, BD narrant l'enfance d'une polonaise alors que la domination communiste touche à sa fin. Le bouquin est charmant, de part son dessin mangakesque et sa juste observation de l'enfance. Mais on voit bien qu'il s'adresse à un public d'enfants (la BD est publiée dans le journal de Spirou) et si il est certainement des plus justes pour ce qui les concerne (leur ouvrant les yeux sur d'autres enfances), j'aurais aimé plus de noirceur à l'occasion, et que la description du quotidien dans cette dictature soit plus qu'une toile de fond.

Dans le registre noir et beau, je suis servi avec Au revoir Monsieur. D'un trait sec, on nous y narre avec efficacité le déroulement d'un drame dont un enfant est témoin. Le dessin plante parfaitement le décor d'une rude campagne provençale au moment des vendanges, quelque part autour des années 50. Un monde difficile et étouffant, parfait pour une histoire malsaine où le silence règne en maitre.

Venons en aux fameux Watchmen. Je connaissais déjà bien la réputation du scénariste à moitié taré Alan Moore, à qui je devais déjà les frissons du superbe V comme Vendetta, et un From Hell sans compromis. Mais j'étais passé à côté de ce qui semble être, selon les connaisseurs, son œuvre maitresse.
En douze épisodes parfaitement découpés, il nous plonge dans une Amérique contemporaine de la BD (la moitié des années 80) dans laquelle les super-héros existeraient vraiment. Utilisés par le gouvernement, ils matent l'insécurité dans une ambiance bien réactionnaire, permettent la victoire des boys au Vietnam et bloquent le Watergate, ce qui vaut à Nixon d'entamer son cinquième mandat. Seulement, la mécanique se dérègle quand un des super-héros à la retraite se fait assassiner...
Cette BD est effectivement une œuvre d'une grande profondeur. La toile de fond est sacrément travaillée, les personnages sont fouillés et très humains (un épisode est consacré à chacun d'entre eux), et le scénariste s'autorise l'utilisation de moults symboles et clins d'oeils artistico-philosophiques (dont la plupart ont d'ailleurs dû m'échapper).
Tout au plus pourrait-on reprocher à cette BD ses couleurs criardes et son dessin plan-plan, mais ces défauts - dus au fait que les auteurs ont repris les codes des "vraies" BD de super-héros - sont effacés par la maitrise du découpage et des parallèles assez brillants entre les différentes vignettes.
Voila donc une longue BD qui mérite sa réputation - voire, pourquoi pas, le titre de roman graphique. Je me permets cependant de vous prodiguer deux conseils. 1- Essayez de ne pas vous avaler toute la BD en un week-end, comme je l'ai fait. On perd la saveur des épisodes intermédiaires tant on a envie de connaitre la fin. Et 2-, n'attaquez pas le dernier épisode un soir pluvieux de déprime...

Et enfin, l'album que j'ai préféré de cette pourtant excellente moisson est Lulu femme nue de Davodeau. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Etienne Davodeau est un auteur de BD atypique en ce qu'il raconte des histoires peu spectaculaires de "vrais gens". Sa grande spécialité pour ce que je connaissais de lui jusque là, c'était le documentaire (Rural! sur des agriculteurs bio luttant contre une construction d'autoroute, Mauvaises gens sur la vie de ses parents dans un village angevin).
Il raconte dans Lulu l'histoire d'une quadragénaire, mariée et avec trois enfants, qui plaque tout pendant quelques jours lors de sa crise de la quarantaine. Comme d'habitude chez Davodeau, c'est peu spectaculaire mais d'une justesse et d'une humanité époustouflante. J'attends avec grand impatience le tome 2, dont il nous narre la création sur son blog.

samedi, mars 14, 2009

Pas dans la merde

Le court métrage que vient de terminer Yoni Goodman, le réalisateur de Valse avec Bashir.