lundi, juillet 21, 2008

mercredi, juillet 16, 2008

Les amateurs apprécieront

Pour les besoins de mes recherches, je viens de tomber sur la description qu'un jeune docteur fait de son poste actuel. Je précise qu'il a le physique du parfait jeune loup qui a décidé que la recherche c'était sympa pour mettre un pied dans l'entreprise, mais qu'il ne fallait pas trop s'attarder si on voulait devenir riche et plein de responsabilité assez rapidement.
Les amateurs apprécieront le blabla prétentieux et passe-partout que voila:

Develops and guides the testing or investigations pertaining to the development of very complex new designs, methods, materials, or processes and investigates possible application of results.
Analyzes, evaluates, and plans very complex methods of approach, and organizes means to achieve the solution to problems. Interprets and evaluates test data and results of very complex investigation and develops appropriate recommendations. Develops reports, charts, graphs, and other documents and makes recommendations to senior staff. Develops the design of a variety of very complex products, processes, and components. Reviews and approves related inputs such as very complex drawings and specifications prepared by technical support personnel. Coordinates with engineering support to arrange for the production of very complex experimental runs or for the construction of experimental models and special test equipmen
t.


Rien que ça m'sieurs, dames! C'est ses parents qui doivent être fiers de lui!

Je ne pense pas que ce soit de lui, ça doit être le descriptif de son poste, mais quelle rigolade de prendre ça au pied de la lettre! J'ai une tendresse particulière pour les procédés dont il s'occupe, qui ne sont pas simplement complexes, non non non, il est plus balèze que ça. Ils sont very complexes, comme il est répété 3 fois dans ces dix lignes.


Ah lala. Et pour ceux qui ne goûtent pas ce genre de prose, je conclue avec une réflexion récente de l'attaquant allemand Lukas Podolski:

"

Le foot, c'est comme les échecs, mais sans les dés.

"

lundi, juillet 14, 2008

Valse avec Bashir


Un mode de garde alterné, toléré par notre bon maître Gael, nous a permis de découvrir successivement Valse avec Bashir ce week-end. Il s'agit de ce "documentaire d'animation", catégorie étonnante, reparti bredouille de Cannes à la grande stupéfaction de la plupart des critiques. L'auteur israélien s'étonne du fait qu'il ne garde aucun souvenir de la guerre du Liban qu'il a mené il y a 25 ans de cela, et essaye de reconstruire son passé en rencontrant ses anciens camarades, dont la mémoire est également étrangement sélective.
L'originalité formelle est patente: les interviews sont reconstituées en dessin animé, ce qui permet de rejouer les scènes racontées, réelles ou oniriques. C'est bien plus percutant que de vieilles images d'archive, mais c'est surtout superbement beau. L'animation, les couleurs et la musique sont tout simplement superbes.
Mais c'est pour moi la densité du propos qui est la plus forte. En 1h27, l'auteur nous plonge dans le quotidien d'une recrue moyennement concernée par la guerre qu'elle mène, dans les tracas des anciens combattants; il s'interroge sur les séquelles laissées par cette guerre dans l'inconscient des combattants, si longtemps après; et surtout il nous fait revivre le massacre de Sabra et Chatila, et la complicité passive de l'armée israélienne.
C'est là que le choix du dessin animé est particulièrement puissant. Placé du point de vue de troufions israéliens béats par l'odeur de vacances s'échappant du Beyrout estival, on bascule violemment dans l'horreur la plus absolue. Les petits bonhommes de dessin animé se transforment subitement en bourreaux ou en victime, en un basculement surprenant qui fait percevoir au spectateur toute l'horreur d'une guerre entre fanatiques. Et toute la fragilité de la paix.
Un film d'ailleurs particulièrement indiqué en ce 14 juillet où nous nous rangeons, comme un seul hommederrière notre Grande Muette et admire sans distanciation aucune nos jolis tanks et nos superbes hélicoptères-bombardiers.

Best of

En ce jour anniversaire (Gael a 3 mois pile), je vous propose une sélection des meilleurs moments des deux mois écoulés:

samedi, juillet 12, 2008

Six feet under

Maintenant que nous nous sommes débarrassés de l'emprise des séries suivies en parallèle de leurs diffusions aux Etats-Unis (Desperate Housewives et - pour la dernière année - Lost), nous prenons le temps de nous remettre à jour chez les grands classiques. Après les extraordinaires Sopranos dont je vous ai déjà détaillé tout le bien que je pensais en plusieurs occasions, nous nous sommes attaqués aux deuxième grand pilier de la réputation de la chaine cablée HBO: Six feet under (okay, je vais un peu vite en besogne dans mon choix des pilliers en ignorant Oz - trop dur - et surtout Sex and the City - trop fille).
Le thème de la série est encore plus étonnant que celui des Sopranos (la vie peu glamour de mafieux new-yorkais, entre soucis familiaux, cure chez le psy, petitesses financières et quelques éclats de violence, je vous rappelle): on suit simplement le quotidien d'une famille de croque-mort, de nos jours à Los Angeles. Le pitch a de quoi rebuter: on y flaire l'ennui à des kilomètres, et tout au plus peut-on espérer un peu d'humour de mauvais goût.

Point, mon ami. Si vous pouvez me permettre, vous vous gourrez (comme nous avant vous) totalement.
L'intérêt majeur de la série est de nous faire suivre des personnages succulents, complexes et attachants. Il y a la mère anciennement coincée qui découvre sa nouvelle liberté de veuve avec étonnement. Le fiston propre sur lui qui tarde à révéler son homosexualité à ses proches. L'autre fiston, rebelle affolé par la mort qui va se laisser convaincre de poursuivre l'entreprise familiale. Et la petite dernière, lycéenne décalée en perpétuelle remise en cause.
Bref, autant de prototypes réjouissants (et je ne complète pas la galerie de portraits avec Keith, Rico et Brenda), mais qui sont bien plus fins qu'il n'y parait et qu'on prend plaisir à voir évoluer pendant plusieurs saisons.

Et c'est alors que le cadre - le funérarium - prend toute son importance. D'une part il est prétexte à de multiples rencontres avec des destins tour à tour tragiques, poétiques... et quelque fois tout simplement marrants! Il faut préciser que chaque épisode commence par une scenette présentant le mort du jour: ce n'est pas par simple plaisir pervers, mais pour introduire les personnages secondaires de l'épisode, et avec eux la thématique dont parlera l'épisode.
Mais d'autre part, surtout, ce funérarium mène à se confronter - évidemment - au thème de la mort. Et c'est bien pour cela que cette série a gagné un immense respect critique: elle arrive à se frotter encore et encore à un des sujets les plus casse-gueule et les plus tabous qui soit, et à s'en tirer avec panaches. C'est fait avec tant de doigté qu'on en retient de grands moments d'émotion, et qu'on y développe quelques réflexions pas triviales.

Et enfin, cette série est pétrie du talent dont sont coutumiers les grands spécialistes américains. Graphiquement, elle est superbe; et les acteurs sont tous plus attachants les uns que les autres. Bref, on adore!

jeudi, juillet 10, 2008

Deux bons polars

Et là, je surprends doublement mon auditoire. D'une part, ce post suit de moins de 24 heures le précédent. Et d'autre part, il ne porte sur aucun des (nombreux) sujets sous-cités. Ah c'est que je soigne mes effets!
Si, Gael couché, j'ai rarement l'énergie de vous écrire un petit mot, je lis beaucoup. C'est ainsi que j'ai pu, en sus de mes Spiegel, Telerama et Courrier International hebdomadaires (j'ai de longs trajets en transport en commun, je vous rappelle), régler leurs compte à un nouveau Connelly, et au dernier Vargas (j'ai en outre pas mal de temps morts à meubler durant les têtées, je vous rappelle).
L'un comme l'autre flirte avec l'excellence, mais est tempéré par un bémol assez mineur. Ah bah merde, faut bien faire un peu la fine bouche pour ne pas lasser ses lecteurs!

Le dernier Vargas - un lieu incertain - regorge de toutes les qualités que l'on connait à son auteur. Les personnages sont attachants, la langue musicale, la narration regorge d'anecdotes poétiques, et l'intrigue est accrocheuse.
Mais le petit bémol habituel empêche le roman d'accéder à l'excellence (à mon sens). Cartésien comme pas deux, j'ai du mal à avaler certaines péripéties et explications. C'est dommage, car l'intrigue est par ailleurs fort bien foutue et convaincante, mais quelques autres points et de trop nombreuses coïncidences me chiffonnent.
Mais soyons clairs, ça reste du très bon, comme à l'accoutumée!

C'est aussi un polar, mais le style est complétement différent: Le poéte de Michael Connelly. Point de poésie mais une narration dense, précise, hyper-réaliste. Un chroniqueur judiciaire enquête sur le pseudo-suicide de son frère qui s'avère plus compliqué qu'il n'y parait et le mène à croiser la piste d'un serial killer. Ta-ta-ta!
Il s'agit parait-il d'une des oeuvres maitresses de Connelly, et c'est vrai que les qualités que j'avais déjà trouvé à Trunck Music sautent aux yeux ici encore. La narration est sobre, mais hyper maitrisée. Les personnages sont attachants et très réalistes, et l'histoire est racontée de manière sacrément efficace. La quintessence du polar, en quelque sorte.
Mais je vais me permettre d'ajouter un bémol, encore plus minime que celui porté au débit de Vargas, à ce concert d'éloges. De part et d'autre d'un bouquin raconté à 95% du point de vue du journaliste, Connelly intercale quelques chapitres racontés par le serial killer. Des chapitres extrêmement malsains (car il s'agit d'un pédophile, en plus), qui n'apportent rien à la tension dramatique tant le procédé manque de finesse.
Je recommande donc très volontiers cette excellent polar, mais conseille de sauter les chapitres en question (aisément identifiables) pour un bonheur de lecture absolument complet. Rassurez-vous, vous ne perdrez rien de l'angoisse de la traque, et vous prendrez les coups de théâtres en pleine tête comme tout le monde!

Ah faut oser quand même

Sep Blatter, mafieux en chef... euh pardon président de la Fifa, est resté un humaniste révolté devant les injustices du monde. Il assimile le cas de ce pauvre Cristiano Ronaldo (retenu par le prestigieux club de Manchester, qui le paye quelques millions d'euros par an, alors qu'il dit rêver de partir pour le Real de Madrid, qui incidemment le payerait encore plus de millions par an) à de l'esclavage moderne. La vache.
Après Frederic Piquione qui assimilait son cas à une prise en otage (il a finalement quitté les centaines de milliers d'euros de Saint-Etienne pour les millions d'euro de Monaco), le foot professionnel nous tirerait des larmes, si on n'y faisait pas gaffe.
On va faire gaffe, quand même.

mercredi, juillet 09, 2008

Coucou, zique et Gael


C'est terrible, je fais de la rétention de posts. Les sujets s'accumulent, s'accumulent, mais je n'ai pas trop le temps de les rédiger (ce dont vous vous rendez compte). Alors du coup ça me dégouline de partout, et ça me frustre de ne pas vous causer.
Il faudra bien que je vous parle de Six feet Under, définitivement formidable! Que je vous raconte un peu de mon quotidien de chercheur. Vous touche un mot de Danse avec Bashir (là je triche, je ne l'ai pas encore vu). Vous décrive le prie lit de la galaxie, que j'ai eu l'occasion de fréquenter récemment.
Mais pas le temps pour l'heure. Je vais quand même en profiter pour vous recommander chaudement le groupe italien Musica Nuda, dont vous pouvez voir trois chansons ici, ici et ici (ou plus simplement, et avec une meilleure balance, sur leur myspace). Un contrebassiste de talent, un bon goût indécrotable, une superbe voix, des instrumentations fines et parfaites et une superbe langue. Du bonheur, qui tourne en boucle dans mes esgourdes.
Et je vais vous faire patienter d'ici le prochain post avec un festival de notre grimaceur en chef:

PS: Oh et puis, puisque c'est vous, je vous mets un petit rab' de Musica Nuda. Si après ça vous ne courez pas acheter l'album (qui se trouve facilement en France, soit dit en passant):

vendredi, juillet 04, 2008

Pour le plaisir


Les vignettes panini peuvent parfois être très cruelles.

Oh bah ça alors

Stupeur.
De manière totalement imprévisible, il semble que le bouclier fiscal ne concerne finalement que les foyers (très) fortunés, ainsi que le rapporte le Monde. Les 1291 heureux foyers recevant en moyenne 47000 euros remercient bien les contribuables moins fortunés qu'eux.

jeudi, juillet 03, 2008

Mise en perspective

Ce magnifique article du Monde jette une lumière crue sur la joie de notre président à la libération d'Ingrid Bétancourt, et plus encore sur sa proposition d'accueillir en France les Farcs qui renonceraient aux armes.
Une proposition formulée par ailleurs de manière fort peu diplomate quand on s'acharne à trouver 25000 reconduites à la frontière.

dimanche, juin 29, 2008

Ode au drapeau

"Le problème en France...". "Le retard français...". "C'est typiquement français...". "Vous savez en France..."
Avec la parcimonie et la légèreté qu'on connait aux médias, politiques et experts, on entend encore et encore cette litanie à tout bout de champ. Il est visiblement de bon ton de cracher sur ce modèle de société, encore et encore, avec ce petit air de papa-nâvré-mais-un-peu-compatissant devant un gamin attachant, mais terriblement casse-couille.
"-Je suis Français et très attaché à mon pays, mais là voyez vous ma pauv' dame quand même il y a des archaismes nâvrants, gnagnagna gnagnagna, donc le libéralisme c'est super. - Ah bon, ben vu votre jolie cravate vous devez savoir de quoi vous parlez, alors d'accord."

Bon, vous me connaissez, je ne vais pas monter au créneau pour défendre notre fier Drapeau et notre belle Histoire. Remarquez d'ailleurs que les plus fervents pourfendeurs de notre pays attardé, Sarkozy en tête, sont aussi les premiers à chanter la grandeur de notre Histoire, les sacrifices de nos Grands Hommes, et la Place Particulière de Notre Pays dans la Destinée de l'Humanité. Tout ça tout ça.
Mais ne nous y trompons pas: ce n'est pas la France-pays-drapeau-histoire qui est attaquée en rotation lourde dans les médias. C'est à la France-société (un peu) solidaire à laquelle tous ces vibrionnants experts encravatés s'en prennent. Le sous-titre est clair: il est établi qu'il faut abandonner notre système pour aller vers le modèle anglo-saxon (ou, si on veut être poli et avancer masqué, le modèle suédois - en oubliant sa dimension sociale dans un deuxième temps, évidemment).

Cette mode n'est vraiment pas nouvelle, mais je m'effraie de la voir si bien prendre autour de moi. C'est assez vicieux: jouant sur le contresens "défense de la France = nationalisme", ainsi que sur une propension assez naturelle (et saine) à l'autocritique, on a vite fait de se laisser emporter par ces arguments. D'autant que les plis soucieux sur le front des commentateurs paternalistes sont extrêmement convaincants.
Du coup, le gimmick est passé dans le langage commun, à tel point qu'on ne se rend plus bien compte qu'on abonde sans cesse dans le sens des libéraux et qu'on milite à son insu pour l'abrogation de notre société (un peu) partageuse - alors qu'une majorité de Français a l'opinion inverse. Au café, en famille, à la cantine: "Tu sais, c'est typiquement français..."

Ces mesquineries lexicales n'ont l'air de rien, mais elles ont à mon avis une importance cruciale. Un électeur qui a intégré au plus profond de son petit cervelet que "modernité = libéralisme", "archaisme = social = France vieillissante" et "réforme = bien (quelle qu'elle soit)", ne sera pas alarmé quand Sarkozy annoncera ses projets de démantellement à la prochaine présidentielle. Et alors, faute de critère fort, il votera à nouveau pour la candidat qui a la plus belle cravate, la plus "grande dimension internationale" (c'te rigolade), ou qui n'aura pas cet air d'institutrice si énervant.

samedi, juin 28, 2008

Didier Super

Je vous conseille de jeter une oreille sur "comme un anfant au Brésil" sur le myspace de Didier Super. Les non-connaisseurs peuvent se faire une idée de l'humour (noir) du bonhomme sur cette vidéo, capturée à l'Olympia:

Ou encore:

jeudi, juin 26, 2008

Je suis de retour

Chers lecteurs,
vous n'aurez pas été sans noter que le blog vit sur un rythme moins enlevé qu'il y a quelques mois. Deux mois et 12 jours pour être précis.
En père consciencieux et aimant, j'ai fait passer le bien-être de mon fiston avant les attentes des milliers de fidèles lecteurs de ma prose.

Et bien c'est fini.

Je repars de plus belle dans des posts quotidiens, car désormais Gael passera au second plan. Et voici pourquoi:


Non mais!
Je m'en vais lui apprendre à respecter son père, et à obéir à la figure d'autorité que je suis, nom de d'la.

PS: Dans cette version moins jolie mais sans décalage de son, vous aurez aussi droit au mot d'amour final, qui scelle le divorse.

lundi, juin 23, 2008

Manu Chao (ouais!) à Bercy (oh...)

Après sept années loin de la capitale, Manu Chao y est repassé le temps de deux concerts à Bercy. Nous y étions bien sûr, tant le dernier concert parisien, lors de la fête de l'humanité 2001, nous avait conquis. On ne l'imagine pas nécessairement à écouter ses CDs bidouillo-accoustiques, mais Manu Chao est une absolue bête de scène. (On l'imagine beaucoup plus quand on connait la Mano Negra, il est vrai).
Mais attention, je ne parle pas de bête simplement charismatique, le genre à te refourguer une photocopie de son album en bondissant sur scène (ce qui peut ne pas être pas mal, d'ailleurs). Non, Manu Chao est avant tout un type qui s'entoure de musiciens exceptionnels, avec qui il revisite complètement ses très nombreux tubes. Il est avant tout là pour jouer la musique qui lui plait et qu'il réinvente entre l'album et la scène, le tout avec une pêche et un professionnalisme hallucinants.
A Bercy comme à la fête de l'huma, nous avons donc eu droit à de la musique ensoleillée, parfaitement en place et revisitée en virtuose. Que demande le peuple?

Si il pouvait se permettre, si il pouvait rêver au concert parfait, le peuple il demanderait une autre salle de Bercy. L'acoustique y était vraiment épouvantable, et même si la musique de Manu Chao peut y survivre un petit peu (un peu de saturation "sortie du transistor" fait même à son charme), on adorerait avoir des conditions d'écoute correctes.
Certes, il est illusoire de demander à Manu Chao de faire l'Olympia, sauf à mécontenter des dizaine de milliers de fans. D'autant plus que le bonhomme s'est visiblement donné du mal pour que les places soient bien moins chères que d'habitude dans cette salle (30 euros contre 50 pour les concerts pas trop chers, et plus de 100 pour les grands noms). Mais mon dieu que ça aurait été mieux en extérieur, sans réverbérations dégueulasses!

Ca coûté bonbon...

Mais ça les vaut!
Tremblez Real de Madrid et autres Milan AC! Alors qu'on nous amuse avec les transferts de Christiano Ronaldo et autres Samir Nasri, sachez que le FC Nantes a signé Yohan Moullec.
Ah on va en vendre des maillots les gars!

Saleté d'été

Comme l'année dernière, j'ai couru un marathon en relais avec mes collègues. Nous avons décidé cette fois-ci de nous y rendre non entrainés, pour rigoler. Et bien je vous rassure, c'est désormais prouvé: l'entrainement a un impact très positif sur la performance et la prestance des coureurs. En témoigne notre temps général (3h57 contre 3h25), mon temps personnel (1h23 contre 1h02 pour 12 km), et cette jolie photo de notre arrivée.
(Il faut dire que le soleil violent ne nous a pas aidé)

dimanche, juin 15, 2008

Un blog bien marrant

Il s'appelle Vidberg, et il croque l'actu en patates.

samedi, juin 14, 2008

De fortunae


Il est frappant de voir à quel point nous sommes incapables d'intégrer la notion de hasard, et ses corolaires de chance/malchance, lorsque nous interprétons des événements qui nous paraissent importants. Certes, on s'incline quand il s'agit de petites choses secondaires: il pleut aujourd'hui/ j'ai raté mon métro à deux secondes près/j'ai croisé mon voisin à l'autre bout de la ville, c'est étonnant, mais je veux bien croire que ce soit complètement aléatoire.
Mais alors, quand il s'agit d'événements d'une toute autre dimension, non, ça ne peut pas être en partie dû au pot. Par exemple (et c'est un exemple purement hypothétique, qui n'a rien à voir avec ma vie personnelle, bande de petits salopiots - le "je" qui suit n'est qu'une figure rhétorique, qu'on soit bien d'accord là dessus), si j'ai été embauché dans le poste de mes rêves, c'est que je le mérite: c'est purement mécanique. Le hasard n'a rien à voir avec la chose. Ca ne peut pas être (aussi) parce que le poste venait de se libérer et qu'il fallait le pourvoir rapidement; parce que les autres candidats étaient particulièrement mauvais; ou parce que les employeurs n'arrivaient pas à choisir et ont donc utilisé un critère complètement secondaire pour trancher. Je ne dis pas que mon profil n'a rien à voir avec mon embauche - il a même certainement joué un rôle prépondérant - je dis juste qu'il n'est pas le seul facteur à jouer. J'aurais fort bien pu me présenter avec le même profil, et me retrouver à pointer à l'ANPE si j'avais eu le malheur d'être mis en compétition avec un futur prix Nobel, par exemple.
Vous voyez bien que cet exemple n'a rien à voir avec ma vie personnelle. Vous savez tous fort bien que je suis infiniment supérieur à un prix Nobel. Mais puisque je vois que vous avez l'air d'y tenir, je vous donne une illustration portant sur ma vie personnelle: sans que ni Elena ni moi n'y soyons pour quoi que ce soit, Gael aurait fort bien pu être un bébé hideux et méchant, qui serait devenu un financier antipathique de droite à l'haleine chargée. Or, c'est un nourrisson adorable qui sera un artiste reconnu dont la respiration sentira la cannelle.

Il est d'ailleurs bien naturel de sous-évaluer la part que le hasard joue dans nos vies: il serait probablement vertigineux de réaliser qu'on est passé à deux doigts d'épouser un horrible bonhomme, ou qu'il s'en est fallu d'un rien pour qu'on ne devienne une star du rock.
Pourquoi ces profondes considérations philosophiques? Et bien, cher lecteur, non pas pour une mais pour deux raisons. Et oui.

Raison numéro 1, parce que la magnification absolue de ce penchant naturel par les théoriciens d'un libéralisme débridé m'énerve au plus haut point. Pour eux, les top-managers atteignent des sommets de responsabilité (et de rémunération) en vertu de leurs seules qualités. Rien à voir avec des considérations extérieures favorables, telle qu'une naissance dans un milieu doré ou les relations de papa. Dans le même ordre d'idée, un type qui prévoit avec justesse la montée ou la chute d'une action est forcément un visionnaire super malin qui mérite bien de gagner autant que 10000 secrétaires.
Et à l'autre bout de l'échelle, les loosers, à commencer par les chomeurs, doivent plus ou moins s'en prendre à eux mêmes. Je dis pas que c'est facile, mais si ils se secouaient un peu, ils s'en sortiraient forcément. Puisque tu n'as que ce que tu mérites.

Mais c'est surtout la raison numéro 2 qui motive ce post. Venons-en donc à l'essentiel.
S'il est bien un milieu où tout est parfaitement mécanique, logique et prédictible, c'est bien entendu le foot. A en croire les multiples 'nalyses a priori ou a posteriori qui fleurissent dans les médias du moins. Si tu as, disons, perdu 4-1, et ben c'est nécessairement que tu le méritais complétement, absolument, exactement. C'était écris dans la façon dont tu as joué, forcément puisque d'ailleurs tu as perdu 4-1. Pile. Juste comme je pensais.
Alors ces choeurs unanimes qui produisent des centaines de lignes d'analyse argumentée pour t'expliquer a posteriori que tu mérites nécessairement ce qui t'arrive me gonflent. D'abord parce que si il n'y a absolument rien à dire qui dépasse le score final, la mesure de toute chose, et bien on économiserait pas mal de papier en s'épargnant ces stériles analyses.
Et ensuite parce que c'est faux. Le hasard joue un rôle absolument prépondérant dans ce sport. Puisque nous avons en tête le 4-1 d'hier soir, je ne dis pas ici que la France ne méritait pas de perdre. Je ne dis pas non plus que même si il m'avait semblé qu'elle avait mérité de gagner, on aurait dû annuler le résultat final et nous attribuer les points. Non: les règles donnent les points au vainqueur (objectif), et en plus dans ce cas d'espèce les Pays-Bas les méritent.
Je dis simplement que le match tel qu'il a été joué aurait facilement tourner tout autrement. Que ce qu'à fait l'équipe de France, comme ce qu'avait fait l'équipe d'Italie en début de semaine d'ailleurs, n'est pas du tout honteux et que les gros pépères qui t'expliquent que tout cela est bien normal, qu'ils avaient toujours dit que cette année c'était pas comme avant, enfoncent des portes ouvertes avec une mauvaise foi qui m'agace prodigieusement tant elle est répandue.
Voila. Moi j'ai envie de faire un gros bisou à Domenech parce que c'était sympa ce que son équipe a proposé hier soir (alors que je lui en aurais bien collé une après le chiantissime match contre la Roumanie), et allez un autre bécot à Donadoni parce que son équipe d'Italie a un jeu ouvert qui n'est pas du tout payé. Ces deux belles équipes vont probablement être éliminées, c'est tout à fait normal, mais je trouve dommage qu'elles doivent sortir sous les crachats et les regards méprisants tant, fondamentalement, ce qui a changé depuis la finale en 2006 est seulement la façon dont les dés sont tombés.
Et paf. C'était ma 'nalyse à moi.

PS: Pour une 'nalyse juste, il faut évidemment aller .

Deux petits liens en passant

  • Une intéressante émission d'Arrêt sur Images, cette fois-ci accessible sans abonnement, consacrée à la défiance des médias traditionnels et des politiques vis à vis d'internet. Voila une bonne occasion pour les non-abonnés de voir ce qu'ils ratent.
  • Denis Robert, le journaliste qui avait découvert Clearstream (et dont je vous avais parlé précédemment) jette l'éponge. La banque-blanchisseuse Clearstream l'a submergé d'assignations devant la justice pour l'épuiser et faire un exemple. Ils ont obtenu gain de cause au Luxembourg sur un de ces procès, ruinant virtuellement Denis Robert. On peut le soutenir .