Avertissement: Le post qui va suivre peut s'apârenter à un craquage partisant. Désolé. Le week-end ayant été très riche (et s'étant bien passé d'ailleurs, merci!), d'autres posts plus légers suivront! Mais là, ça, ça m'a vraiment gonflé!Nous avons eu ce week-ends des informations d'
insiders sur les méandres de la politique intérieure d'une grande entreprise que je ne citerai pas:
France Telecom. Que ce soit celle là ou une autre ne change pas grand chose à l'étude de cas qui suit à mon avis, même si son passé public rend l'exemple particulièrement truculent.
Cadre du problème:Bref, sortez vos stylos, je vous plante le décor: France Telecom a de nos jours plus ou moins expurgé les dettes dues aux envolées de la direction pendant la bulle de la new enconomy (notons d'ailleurs que les employés n'étaient pour rien dans lesdites envolées, mais pour beaucoup dans leur redressement), et a donc affiché des bénéfices importants cette année. Superbe nouvelle.
Evidemment, cette annonce a été assortie comme il se doit de la décision d'alléger l'effectif de 20% du personnel. Ce qui n'a d'ailleurs pas provoqué de remou démesuré (L'habitude sans doute. Passons).
Seulement voila: du fait de l'héritage trosko-socialiste de la France, ce fleuron de notre belle industrie conférait à ses employés le rétrograde statut de fonctionnaire. Ahhh!
Les plus grands managers se sont donc réunis pour accoucher d'un concept permettant de dégager 20000 personnes qu'on ne peut pas virer. Douloureux dilemme.
A force de transparents powerpoints et de brainstorming, les dirigeants responsables ont trouvé la solution: le concept consiste donc à dégoûter le personnel, à lui répéter sans cesse qu'il est nul et pas efficace, et à lui filer des tâches pas intéressantes, jusqu'à ce que le quotat de 20000 départs soient atteints. Une élégante solution, n'est-il pas?
Question:Vous examinerez de manière scientifique les deux hypothèses suivantes:
(H0) L'entreprise est tournée vers ses clients à qui elle cherche à offrir le meilleur service possible.
(H1) L'entreprise est tournée vers ses actionnaires à qui elle cherche à offrir les gains les plus importants.
Je passe sur la ridicule (H2), qui impliquerait que l'entreprise a aussi des obligations vis à vis de ses salariés. Hihi. Soyons sérieux.
Vos réponses sont attendues par papier timbré, le cachet de la poste faisant foi. Un T-shirt jean-Marie Messier sera offert au plus rapide. Et si vous ne voyez pas, un indice va suivre:
Mon analyse:
(H1) banane! Même si on admet que c'est absolument nécessaire de faire partir 20000 personnes, crois-tu que ça puisse avoir du sens de démotiver l'ensemble du personnel, et ce à l'échelle de plusieurs années!
Non. La seule explication rationnelle est que le seul objectif de la boîte soit de faire plaisir à ses actionnaires, qui ne regardent pas la qualité du service mais seulement deux ou trois indicateurs parmi lesquels - pas de bol pour nous - la charge en personnel. Et tant pis pour les 100000 personnes démotivées que ça va créer!
Mais peut-être ai-je tort et avez-vous d'autres hypothèses? Si oui, envoyez la moi s'il vous plait, ça me désespère un peu là...